Livre d'Exemples, Augsb
Tous ces ouvrages ont été souvent réimprimés et sout très-répandus en Allemagne.
Voir Provincia Rhenana Fratrum minor. Capucin., Moguntiac, \iz£.
Herschel.
Martin i«r (saint), successeur du Pape Théodore, naquit à Todi , en Toscane, fut envoyé par le Pape Théodore en qualité de légat à Constantinople, et élevé sur le trône pontifical en 649. Il présida, en octobre 649,1e célèbre concile de Latran contre le monothélisme, qui fut condamné, ainsi que VEcthèseet le Type, par le Pape et cent cinq évêques, sans toutefois qu'aucune censure fut prononcée contre les empereurs Héraclius(i) et Constance II. Le Pape fit connaître en Orient comme en Occident les actes et la lettre syuodale adressée par le concile à tous les fidèles , et les décrets furent peu à peu respectés par tous les Catholiques comme ceux d'un concile universel. De leur côté les Papes, même après le sixième concile œcuménique , eurent soin, dans la profession de foi qu'ils avaient coutume, au moment de leur élévation, d'adresser aux principales fcglises, de faire mention du synode du Pape Martin à côté des autres conciles œcuméniques dont ils promettaient d'observer les décrets. Le Pape écrivit, en même temps que le concile, directement à l'empereur Constance II une lettre ferme et polie, dans laquelle il l'exhortait à la fidélité à la foi orthodoxe, mais évitait de lui attribuer la rédaction primitive du Type. L'empereur Constance, entraîné par les intrigues des prélats monothélites , irrité de ce que le Pape refusait de se soumettre à son césaropapisme , et habitué, suivant la tradition de ses prédécesseurs, à traiter les évê.]ucs d'Orient comme de misérables esclaves, répondit au Pape en le faisant arrêter ,
(1) F cy. HÉRACUUI.
en juin G53 , par l'exarque Calliopas.
Le Pape malade fut traîné sur un navire qui fit avec intention très* lentement le trajet d'Italie en Grèce, hiverna à Naxos, et n'aborda à Constantiuople qu'au bout d'un an, le 1 7 septembre 654.
Beaucoup d'âmes pieuses s'empressèrent durant le trajet d'apporter au Pape des présents, que les gardiens avaient soin de s'attribuer. Cependant les Romains, craignant que l'empereur ne prétendît leur imposer un Pape monothélite, élurent Eugène 1er, élection qui n'adoucit pas la triste situation du Pape et qu'il admit lorsqu'il en fut instruit plus tard. Débarqué sur le port de Constantinople, il fut abandonné aux insultes du peuple pendant toute une journée ; puis on le laissa languir pendant 93 jours en prison, et le 19 décembre 654 il fut traîné enfin devant un tribunal. Deux soldats étaient obligés de le souteuir pour qu'il pût entendre debout l'acte d'accusation. Des témoins payés l'accusèrent d'avoir trahi l'empereur, de s'être entendu avec les Mahométans d'Afrique, auxquels il avait envoyé des armes et de l'argent. Le Pape rejeta ces accusations avec calme et dignité. Il n'en fut pas moins déposé, condamné à mort, dépouillé, en présence de l'empereur, par la main du bourreau, de ses vêtements pontificaux, traîné à travers les rues chargé de chaînes, un anneau de fer au cou, et, s'il ne fut pas exécuté, ce fut uniquement parce qu'on craignit le soulèvement du peuple, que ces mauvais traitements avaient exaspéré. Cependant sa mort était résolue. On le replongea daus son cachot, puis on l'envoya en exil dans la Cherson ut se , où il arriva le 15 mai 655 et où il mourut le 16 septembre de la même année, dans une profonde misère, les Romains, comme il s'en plaignit dans des lettres touchantes écrites de Cherson, n'ayant pas osé ou voulu, soit par crainte, soit par haine, lui envoyer le