‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 148 sur 224 · MARTIN V — MARTIN DE DUMA (S · texte numérisé non relu

MARTIN V — MARTIN DE DUMA (S

lité de légat du Pape Nicolas III, que l'esprit de la cour l'animait plus que l'esprit de Dieu. Élu Pape en 1281, moins par les cardinaux que par Charles d'Anjou (1), qui avait besoin d'un souverain Pontife d'origine française, il devint en effet, entre les mains de Charles, un instrument docile de la politique et de la tyrannie de ce prince et de la cour de France, et il ne put, quaud il l'aurait voulu, et comme il l'essaya de temps à autre, se débarrasser de ces entraves. « C'est, dit Dôllinger, de cette malheureuse élection de Martin IV que datèrent les désastres qui accablèrent le Saint-Siège , son abaissement et sa décadence; \a faveur, la politique , la tyrannie des Français portèrent à la dignité et à l'autorité du Saint-Siège des coups plus sensibles et plus profonds que ne le firent jamais les atteintes des fiers HohenstaufTen. Martin IV embrassa le premier cette politique à courte vue qui ne songe qu'aux besoins du moment et saisit aveuglément tout moyen propre à les satisfaire, sans s'inquiéter des conséquences de l'avenir. » Esclave de Charles d'Anjou, qu'il nomma sénateur de Rome et auquel il abandonna autant qu'il le pouvait l'autorité dans Rome, il alluma la guerre des Guelfes et des Gibelins, prit fait et cause pour les Français après la catastrophe des Vêpres Siciliennes , abusa des censures, disposa des dîmes et des impôts ecclésiastiques en faveur des Français, et mina ainsi toute l'autorité du Saint- Siège. Il fut aussi peu habile dans la position qu'il prit à l'égard de l'empereur Michel Paléologue, et contribua plutôt à la ruine qu'au maintien de l'union des Églises grecque et latine, opérée au concile de Lyon de 1276.

Martin IV mourut en 1285, à Pérouse.

(1) Foy. CHAHLE8 D'AWOO.

Conr. Raynald, Annal., 1281-1285; Muratori, Script., t. III, p. 2; Pagi, Brer. fi. P.

mahtin v (cardinal Otto Colonna), né à Rome. On peut, sur l'élection et l'activité de ce Pape au synode de Constance , lire l'article Constance {concile de). A la On du concile Martin se rendit en Italie et reconstitua les États de l'Église, qui, durant le schisme, étaient en majeure partie tombés en mains étrangères. En vertu de la promesse qu'il avait faite à Constance il convoqua, eu 1423, à Pavie, un concile universel qui fut bientôt après transféré à Vienne, et dissous par le Pape, pour être derechef ouvert à Baïe. Voyez, à ce sujet, Balb (concile de). Martin mourut en 1431 , dans la nuit du 19 au 20 février.

Cf. Muratori, Script., III, p. 2; Léo, Hist. d'Italie, t. IV ; Pagi, Brev. fi. P.

SCHRÔDL.

Martin de DUMA (S.) , archevêque de Braga, Apôtre de l'Église d'Espagne, naquit en Pannonie, clans la patrie de S. Mutin de Tours, au sixième siècle. Il s'était rendu en Palestine pour visiter les saints lieux , et y était devenu moine, lorsque, persuadé probablement par un pèlerin espagnol, il prit la résolution de se rendre en Galice pour convertir à l'Église catholique les Suèves ariens qui avaient formé un royaume en Espagne, en 411, sous la conduite de leur prince Hermerieh. Les Suèves, au moment où ils envahirent l'Espagne, étaient encore païens, quoique leur roi Réchiar (f 456) fût catholique. Plus tard (465) Remismond (f apr. 469) embrassa l'arianisme et entraîna les Suèves à sa suite.

Les Suèves demeurèrent ariens jusqu'au règne de Kararich (f 559). Celui-ci, vers 550, se convertit au Catholicisme avec tout son peuple , et Martin de Duma contribua beaucoup pour sa part à cet heureux ebange-

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