MARTIN DE DUMA (S.) — MARTIN DE TOURS (S
ment. En effet une maladie épidémique affligeait le royaume, et le fils de Kararich allait succomber. « De quelle religion était donc ce Martin qui opère tant de miracles dans les Gaules? » demanda Kararich. « Il était Catholique, » lui répondit-on. « Allez donc, reprit le roi, offrir des préseuts sur la tombe de ce saint, et, si mon fils revient à la santé, j'examinerai et j'embrasserai certainement la foi catholique. » La légation ayant pris autant d'or et d'argent qu'en pesait l'enfant malade , pensa to ergo auro argen toque ad jilii pondus, partit, fit son offrande, et pria sur la tombe de S. Martin ; mais le jeune prince ne guérit pas. Kararich , ne se rebutant pas, fit bâtir en l'honneur du saint une belle église, déclarant vouloir croire tout ce que les prêtres de Tours enseignaient s'ils le jugeaient digne d'obtenir des reliques du saint archevêque. Une nouvelle légation se mit en route et obtint les reliques demandées, qui lui furent remises au chant des psaumes. La Providence voulut que le fidèle serviteur de Dieu, Martin de Duma, abordât en même temps que les députés qui rapportaient les reliques dans le port de la Galice. Les reliques furent accueillies avec une grande dévotion, l'enfant malade guérit. Kararich et toute sa maison embrassèrent la religion catholique, et le peuple suivit l'exemple de son roi.
Martin de Duma travailla efficacement à cette conversion du peuple en l'instruisant des vérités de la foi, à la réception desquelles les miracles opérés par l'intervention de S. Martin de Tours l'avaient parfaitement disposé (l). Théodo m i r (2), fils et successeurde Kararich, favorisa l'œuvre commencée, et fit cadeau, probablement encore du vivant de son père, à Martin, d'un endroit près de Braga nommé Duma, pour qu'il y
(!) Voir Grep. Tur., Mime, S. Mart., I, il. (2) AWeuri, Arlamir, Mir.
érigeât un couvent, qui devint bientôt après le siège d'un évéché dont Martin fut le premier titulaire. En 563 le clergé suève, réuni dans un concile tenu à Braga, promulgua la profession de foi catholique et une nouvelle discipline ecclésiastique fut introduite. Martin assistait à ce concile et eut une grande part aux dispositions qui y furent arrêtées. Il mourut, en qualité de métropolitain de Braga, le 20 mars 580. Il laissa plusieurs écrits.
Voir Greg. Tur., 1. c. ; Isid. Hispal., L. de Vir. illiutr., c. 35 ; Bolland, ad 20 Martii; Ferréra et Lembke , Hisf.
d'Espagne, et l'article Capitulairbs
OES ÉVÊQUES, t. VI, p. 11.
SCHRÔDL.
MARTIN DE Dl'M \ . Voyez DUNIN.
MARTIN DE TOURS (SAINT), évê-
que, naquit entre 316 et 317 à Sabaria , en Pannonie (1)., Son père était un soldat qui s'était élevé des derniers rangs à celui de tribun. Martin, jeune encore, vint avec sa famille à Pavie, en Italie, où il fut élevé. Quoique ses parents fussent païens il se fit admettre , à l'âge de 20 ans, au rang des catéchumènes. Ce fut Punique école qu'il fréquenta. Cependant il fit preuve plus tard d'une éloquence qui, abstraction faite de l'esprit divin qui l'animait, ne manquait ni de forme, ni de pureté, ni d'érudition. Malgré un goût très-prononcé pour la solitude il fut obligé, par ses parents, à s'enrôler et à entrer dans les rangs de la cavalerie romaine. Bien des soldats romains avaient eu, durant la persécution, le courage et le bonheur de mourir pour le Christ; marchant sur leurs traces, Martin se consacra au Seigneur dans le fond de son âme, et, au milieu des exercices de sa dure profession, pratiqua activement la miséricorde envers les malheureux. Le monde entier connaît
(1) Foy. Grau.
MARTIN DK
TOURS (S
le trait de charité qui le porta à partager son manteau avec un pauvre transi de froid, qu'il rencontra à la porte d'Amiens. On sait que, la nuit suivante, le Sauveur lui apparut, revêtu de la moitié du manteau que le généreux soldat avait cédée au pauvre, el que les anges répétaient en chœur, autour du Christ : « Martin, catéchumène, m'a revêtu de ce manteau. » A la place où Martin avait accompli cet acte de charité on bâtit plus tard une chapelle.
A l'âge de vingt-huit ans il reçut eufin le Baptême. 11 demeura encore deux ans au service, attendant son capitaine, qui avait promis qu'après ce délai il se retirerait avec lui. Sulpice Sévère raconte qu'ayant obtenu son congé il se retira à Poitiers auprès de S. Hilaire. Si ce renseignement de Sulpice Sévère est exact, Martin dut venir à Poitiers vers le temps où S. Hilaire était encore laïque ; mais il y a nécessairement une inexactitude dans ce texte , puisque Sulpice Sévère raconte plus loin que S. Hilaire le garda pour son église et voulut l'ordonner diacre, sans pouvoir l'y déterminer, Martin ne consentant qu'à être promu au rang d'exorciste.
Il est probable que Sulpice Sévère a passé sous silence, dans son récit, plusieurs années écoulées entre le congé militaire de Martin et son voyage à Poitiers. Quoi qu'il en soit, Martin, peu après son ordination comme exorciste, entreprit un voyage en Pannouic dans l'espoir de convertir ses parents, qui s'étaient retirés dans leur patrie et qui avaient persévéré jusqu'alors dans leurs croyances païennes. Au moment où Martin traversait les Alpes il fut attaqué par des brigands, mais il fît une telle inipressiou sur celui qui allait le tuer, par son calme, sa confiance en Dieu et la tranquillité avec laquelle il lui dit « qu'il tremblait non pour luimême, mais pour des hommes qui se rendaient indignes de la miséricorde