‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 15 sur 224 · LLON 4Q · texte numérisé non relu

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I leur avait confié et crurent devoir l'en détourner. Ils lui confièrent la direction des affaires temporelles du cloître, et en firent uu trésorier, depositarius] et un cellerier , cellarius. Mais il ne se sentait aucune aptitude pour garder la caisse et la cave, et supplia instamment ses supérieurs de lui assigner une autre charge. On l'envoya à l'abbaye de Sainte Denis, en juillet 1663, et il y fut investi des fonctions de trésorier. En cette qualité il était obligé de montrer aux nombreux visiteurs qui affluaient à Saint-Denis les tombeaux des rois, le trésor de la sacristie et les curiosités du couveut, ce qui lui faisait perdre un temps précieux, et, malgré cette distraction forcée, il se perfectionna dans toutes les branches de la théologie, en profitant de tous les moments que lui laissaient les visiteurs pour lire les Pères de l'Église. A cette époque déjà, ayant appris que sa congrégation préparait une nouvelle édition très-correcte des Pères, il avait lu avec attention les œuvres de S. Bernard, en avait comparé plusieurs manuscrits , afin de venir en aide aux éditeurs, sans soupçonner qu'il deviendrait l'âme d'une entreprise qui a immortalisé le nom de la congrégation de Saint-Maur. Les supérieurs, ayant apprécié les travaux préliminaires de Manillon , finirent par ne plus mettre d'entrave a ses goûts littéraires, et l'envoyèrent, en juillet 1664, à Paris , à l'abbaye de Saint-Germain des Prés, pour seconder le bibliothécaire du couveut, le fameux Luc d'Achery (I), dans la publication de son Spicilegium. D'Achery, qui demandait à ses supérieurs le concours des plus jeunes prêtres de son ordre , afin de les mettre en état de continuer , après sa mort , ses grands travaux historiques, trouva dans M ibillon l'homme qu'il lui fallait. Mabillon mit à profit, avec un infali-

(1) roy. D'AciiEnt.

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gable zèle, les matériaux réunis par d'Achery, en fit un ensemble, et travailla sans relâche, sous la direction de son vieux maître, aux derniers volumes du Spicilegium. Mais il eut bientôt l'occasion de diriger personnellement une entreprise littéraire considérable. On allait publier uue édition des Pères de l'Église. Déjà on avait réuni les vieux manuscrits , qu'on devait en majeure parties aux recherches des Bénédictins et qu'on avait tirés des diverses bibliothèques de l'ordre; déjà dom Claude Chantelou, qui avait vivement poussé à cette publication, avait publié un volume des Discours de S. Bernard , lorsque la mort de ce savant arrêta toup à coup l'œuvre nouvelle. Mabilion se chargea alors de diriger tout le travail et s'occupa d'abord exclusivement des écrits de S. Bernard. Ces Opéra S. Bernardi parurent en 1667 en deux belles éditions, l'une en 2 vol. in-fol. , l'autre en 9 vol. in-8<>, et Mabilion fut bientôt obligé d'en publier une troisième , à la demande du Pape Alexandre VIII.

Immédiatement après on le chargea d'un travail plus considérable encore , qui devint l'occupatiou de toute sa vie. Les Bénédictius avaient pris l'habitude, depuis la fondation de leur ordre , de consigner exactement par écrit les divers événements survenus soit dans leurs couvents, soit dans le monde, quand ceux-ci avaient quelque influence sur l'histoire de leur société. Il en était résulté , par la diffusion même de l'ordre dans tout l'Occident , une masse de manuscrits et de documents qui pouvaient servir à éclaircir l'histoire profane autant que celle de l'Église et révéler des faits jusqu'alors parfaitement inconnus. La congrégation de Saint- M an r réunit tous ces manuscrits à Paris, les destina à la rédaction d'une histoire complète de l'ordre des Bénédictins, et ce travail fut confié à Mabilion.

Il l'entreprit avec joie ; cependant sa prédilection pour les œuvres édifiantes le détermina à publier d'abord la vie des saints de l'ordre , et dès 1668 parut le premier volume de ses Acta Sanctorum ordinis S. Benedicti , auquel, jusqu'en 1702 , succédèrent huit autres volumes. Cet ouvrage, accueilli avec grande faveur, excita toutefois le mauvais vouloir de quelques-uns de ses confrères, qui pensaient que Mabilion était allé trop loin dans la critique des anciens actes des saints , et qu'en représentant comme douteux ou étrangers, dubios, extraneos, certains personnages dont les actes lui avaient paru suspects ou qui, vus de près, n'appartenaient pas à l'ordre, il avait manqué à l'honneur de son corps. En conséquence ils remirent au chapitre général une plainte contre Mabilion et demandèrent qu'on exigeât de lui une rétractation. Mabilion , qui considérait la recherche rigoureuse de la vérité comme une obligation sacrée de l'historien, se défendit si bien que le chapitre désapprouva le zèle inconsidéré de ses accusateurs et donna à son amour de la vérité les éloges qu'il méritait. Dès lors rien ne vint plus l'interrompre dans les travaux consacrés à l'histoire de son ordre et des saints de sa congrégation, à la surveillance de l'édition des Pères de l'Église, à la rédaction de plusieurs opuscules de circonstance qu'il publia successivement, par exemple sa Dissertatio de Pane eucharistico azymo et fermenta to , dédiée au cardinal Boua, et enfin à sa correspondance avec tous les savants de son temps.

Les travaux que ce pieux et infatigable Bénédictin publia, malgré sa débile santé, sont prodigieux.

Il se levait habituellement vers deux heures après minuit, et, sauf les heures consacrées à sou bréviaire, à la prière et à la messe, il travaillait sans interruption jusqu'à midi; il se remettait au

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travail immédiatement après le repas, sans prendre aucune récréation, et continuait jusque bien avant dans la nuit.

Ce genre de vie le soutenait plutôt qu'il

Une preuve sensible de sa modestie est qu'il partageait volontiers avec ses confrères la gloire de travaux dont tout le poids reposait sur lui. Comme en élaborant les Jeta Sanctorum il eut sous la main une masse de documents du moyen âge, tirés des bibliothèques de France et de Hollande, qui ne coucernaient pas directement l'histoire de son ordre , et qu'il fut obligé de faire des recherches dans un grand nombre de couvents, il voulut utiliser les matériaux qu'il avait recueillis et en publier la partie la plus intéressante.

C'est ce qu'il fit dans ses Jnalecta Felerum, dont le premier volume parut en 1675, lequatrième et dernier en 1685. Ils renferment une collection d'excellentes dissertations sur les usages liturgiques, quelques ouvrages inédits des Pères , des fragments d'histoire et de chroniques, des décrets des conciles, des documents sur les origines de beaucoup de couveuts et d'églises, des lettres d'empereurs, de rois, de Papes, d'évêques, et beaucoup d'autres pièces inédites, en prose et en vers, d'anciens écrivains.

Mais il acquit une plus grande renommée encore en publiant en 1681 son ouvrage : de Re diplomatica. L'examen d'une foule d'anciens documents et de vieux manuscrits , auxquels ses travaux l'avaient obligé, lui suggéra la pensée de soumettre l'art diplomatique à des principes sûrs et à des règles fixes. Laurent Yalla, en 1440, et plusieurs savants avaient déjà, il est vrai, essayé de tracer la voie de la critique diplomatique; mais il n'avait encore rien paru de systématique à cet égard. Mabillon posa la vraie théorie de cet art.

Ce travail excita l'attention de Col-

bert, et , comme Mabillon y prenait la défense des droits des rois de France, Colbert lui fit assigner une pension de 2,000 livres sur la cassette du roi. Mais l'humble religieux refusa la faveur du miuistre en disant qu'il n'avait besoin que du nécessaire et que sa congrégation ne manquerait pas d'y pourvoir. Mabillon était un vrai religieux ; il aimait sa pauvreté. Tout était chez lui de la plus extrême simplicité, sa cellule, son vêtement, sa nourriture et l'homme dont les savants les plus célèbres et les personnages les plus illustres recherchaient l'amitié vivait humble, pauvre et austère, derrière les murailles du cloître de Saint-Germain.

Une fois que Colbert eut reconnu la valeur du pieux Bénédictin, il ne cessa plus de recourir à des services si glorieux pour la France. En 1682 il l'envoya, d'après les ordres du roi, en Bourgogne pour y découvrir des documents concernant la généalogie de la maison royale. L'heureuse issue de cette mission encouragea Colbert, qui obtint de Louis XIV l'autorisation d'envoyer Mabillon , aux frais du roi , en Allemagne, consulter les bibliothèques et les archives des chapitres et des couvents, et y recueillir ce qui pouvait être utile à l'histoire en général et à celle de France en particulier. Mabillon partit en 1683, en société de son confrère dom Michel Germain, parcourut l'Alsace, la Souabe, le nord de la Suisse , le Tyrol , la Bavière jusqu'à Salzbourg, et fit de nombreuses et importantes découvertes, qu'il publia dans le quatrième volume des Jnalecta.

Durant ce voyage, qui dura cinq mois, l'intelligent protecteur de Mabillon , le grand Colbert, mourut et fut remplacé par Le Tellier, archevêque de Reims.

Ce prélat sut également apprécier le mérite du Bénédictin et eut recours à son savoir. Encouragé par le succès du voyage d'Allemagne, Le Tellier pro-

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posa au roi d'envoyer Mabillou en Italie pour y acheter des livres au compte de la Bibliothèque royale et enrichir la littérature des résultats de ses nouvelles recherches. Louis XIV, toujours prêt à tout ce qui pouvait augmenter sa renommée et favoriser l'essor de la littérature en France, donna aussitôt l'ordre de faire partir Mabillon, non-seulement à ses frais, mais sous ses auspices, et, en quelque sorte, en qualité de son légat. Mabillon commença son voyage le V avril 1685, toujours en compagnie de dom Germain, passa par Lyon , traversa les Alpes , visita Turin , Milan, Vérone, Padoue, Venise, Florence, arriva le & juin à Rome, alla de là à Saples, visita les bibliothèques, les musées, les églises, et fut partout reçu avec autant de considération que d'amitié.

Ce voyage ne satisfît pas seulement l'ardente curiosité du savant , il répondit au pieux sentiment du moine, qui , tout en parcourant les bibliothèques, en fréquentant les savants, visita tous les lieux saints où il pouvait se recueillir, méditer et entrer en commerce intime avec Dieu. Ce fut dans ces sentiments de piété fervente qu'il se retira dans la grotte de Vallombreuse , où jadis le saint abbé Jean Gualbert avait fondé sa fameuse congrégation; qu'il pénétra dans la caverne du désert de Subiaco, en s'écriaut , dans son enthousiasme :

In hoc sacro specu Benedictus ordinem suutn, obstetricante gratta, pariuriit; hic cunabula gentis nostrx, hxc petra unde excisi sumus ! qu'il entra , au mont Cassin, dans la cellule où autrefois le grand S. Benoît avait vécu, et d'où se répandirent sur tout l'Occident l'esprit, la règle, les branches de l'ordre immense qu'il créa. Ce fut avec ces sentiments d'admiration, de dévotion , de tendre reconnaissance, qu'il pria à Notre-Dame de Loreltc devant l'image de la sainte Mère de Dieu ; à

Pavie devant les reliques de S. Augustin , à Verceil devant celles de S. Eusèbc , à Milan sur les tombes de S. Ambroise et de S. Charles Borromée. Rien, à son retour, ne le touchait autant que le souvenir de sa visite aux tombeaux des saints Apôtres, aux églises incomparables de Rome, aux catacombes des martyrs.

Après avoir, pendant les quinze mois de son séjour, examiné, scruté, étudié les trésors de sainteté et de science de l'Italie, rendu au jour des œuvres ensevelies depuis des siècles dans l'oubli, ramassé des livres précieux et copié des manuscrits qu'on ne pouvait acheter à aucun prix , il revint eu France vers le milieu de 1686, et enrichit U Bibliothèque royale de plus de 3,000 ouvrages rares et manuscrits précieux. Bientôt après il publia la description de son voyage , en y ajoutant plusieurs écrits et documents remarquables, sous le titre de Muséum Italicum.

Il était rentré daus son couvent et y vivait si retiré, si obscur, que personne n'aurait reconnu dans l'humble et silencieux moine le savant dont l'Allemagne et l'Italie avaient salué la venue, fété la présence et glorifié les services.

Bientôt après il fut, d'après l'ordre de ses supérieurs , chargé d'un ouvrage qui donna un nouvel éclat a son nom et qui eut une salutaire influence nonseulement sur sa congrégation , mais sur la vie monastique en général et sur l'esprit des communautés religieuses, en même temps qu'il suscita uu vif débat entre lui et le célèbre abbé de la Trappe, Armand Bouthilier de Rancé.

Ce fut son Traité des Etudes monastiques , qui parut à Paris en 1691 et fut immédiatement traduit en plusieurs langues.

Mabillon y montre que le travail littéraire et l'étude des sciences non-seulement ne sont pas en contradiction avec • l'état ecclésiastique et n'ont jamais été

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interdits aux moines , mais que , sagement diriges, ils sont nécessaires au maintien de la discipline, de la piété et du véritable esprit des ordres religieux. Il prouve sa thèse par l'interprétation de la règle de S. Benoît , par les travaux remarquables des membres de son ordre, par la fondation des plus ancieunes bibliothèques dont les couvents se font honneur, par les nombreux manuscrits et les documents littéraires qu'on doit presque uniquement au zèle des moines. Il énumère ensuite les diverses sciences dont il recommande l'étude aux religieux, décrit l'art d'étudier et les moyens de faire des progrès. Finalement il indique les ouvrages dont il voudrait voir garnie toute bibliothèque monastique.

Peu de temps auparavant l'abbé de Rancé avait publié son livre de fitx monasticm officiis , dans lequel il avait interdit aux religieux toutes les sciences sans exception et la lecture de tous les livres, sauf récriture sainte et quelques ouvrages rigoureusement moraux et ascétiques, parlant d'ailleurs d'une manière très-ironique des savants travaux des Bénédictins. Comme Mal) i lion, dans son Traite, soutenait précisément le contraire, il fallait bien s'attendre à ce que l'abbé de la Trappe, dans sa vivacité connue , élevât la voix , puisqu'il pensait que l'ouvrage de Mabillon devait entraîner la décadence des mœurs monastiques et ruiner l'humilité indispensable aux religieux. En effet il publia en 1692 un écrit dirigé contre Manillon , intitulé : Réponse au Traité des Études monastiques , dans lequel il attaquait Manillon et tout l'ordre des Bénédictins. Manillon ne put garder le silence. Encouragé par plusieurs évéques de France et obéissant aux ordres de ses supérieurs , il répliqua par son opuscule : Réflexions sur la réponse de M. l'abbé de la Trappe au Traité des Études monastiques, réfutant avec

beaucoup de modestie, mais d'une façon péremptoire, les objections de M. de Rancé. La discussion en resta là. Ces deux grands hommes s'entendirent bientôt sur leurs opinions, si différentes en apparence, en reconnaissant que l'un avait écrit contre les abus d'une vaine érudition, l'autre en faveur des progrès de la science véritable. Le livre de Mabillon obtint dès lors une faveur universelle et fut approuvé par les Papes Innocent XII et Clément XI.

Mabillon éprouva de nouveaux désagréments à la suite d'une publication faite d'abord sous le voile de l'anonyme et intitulée : Eusebii Romani ad Théophilum Gaffum epistola de Cultu Sanctobum ignotohum, opuscule qu'il avait écrit plusieurs années auparavant, et qu'il mit au jour, à la demande de quelques-uns de ses amis, en 1698.

Quoique Mabillon observât dans cet écrit sa réserve et sa prudence ordinaires , qu'il parlât avec tout le respect convenable du culte des reliques, et ne s'élevât avec force que contre l'abus introduit, surtout en France, par le culte des prétendues reliques rapportées de Rome et provenant de saiuts inconnus, sancti ignoti aut baptizati (l),cet opuscule souleva de sévères critiques.

On accusa Mabillon, car il s'était fait connaître comme l'auteur du livre attaqué, d'avoir amoindri le respect dû à l'Église romaine , et on poussa l'affaire si loin que déjà sou livre était menacé d'un jugement de la congrégation de l'Index.

Heureusement le crédit dont Mabillon jouissait auprès du Pape Clément XI et des cardinaux arrêta le jugement redouté. On autorisa l'auteur, qui s'était toujours montré un fils pieux et soumis de l'Église catholique, à corriger luimême son livre. Mabillon fit, autant que possible, disparaître la première édition,

(1) foy. Catacombes.

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expliqua ce qui était obscur, adoucit ce qui était trop dur, laissa de côté tout ce qui pouvait être matière de scandale, et envoya cette seconde édition corrigée, et publiée en 1705, au Pape, au jugement duquel il se soumettait humblement, lui et son œuvre. Cette édition fut approuvée par la congrégation de l'Index et recommandée par ce tribunal.

Ces deux discussions ne firent qu'augmenter la renommée de Mabillon. Il recevait presque sans interruption de tous les pays du monde des lettres dans lesquelles on demandait son conseil ; les hommes d'État les plus considérables ne dédaignaient pas de consulter , dans de graves circonstances , l'humble reclus. Ses confrères reconnaissaient le trésor qu'ils possédaient en sa personne ; lorsqu'ils vantaient tout haut ses services, il leur répondait avec un visage attristé : « Je ne reconnais pas le mérite que vous m'attribuez, je ne connais que mes défauts. Priez pour moi, et demandez à Dieu qu'il fasse de moi ce que vous prétendez que je suis. » La reconnaissance publique ne lui fit pas non plus défaut ; l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres le nomma un de ses membres en 1701. Mais ses forces commençaient à diminuer ; ses travaux et ses exercices religieux, car sa vie se partageait entre l'étude et la prière, l'avaient épuisé ; les souffrances de sa jeunesse se renouvelèrent avec une extrême intensité, et les soixante-neuf ans qui pesaient sur sa tète ne lui permettaient plus le moindre retard dans ce qu'il voulait achever avant de mourir. Il se hâta donc de publier les Annales de Vordre des Bénédictins, auxquelles il avait travaillé avec ardeur pendant tant d'années, dont il avait fait le but de toutes ses études, et qui demeurera une mine inépuisable pour l'étude des écrivains du moyen âge. En 1703 parut le premier volume de cette grande œuvre his-

torique , auquel succédèrent trois autres volumes, jusqu'en 1707.

Le cinquième volume était également achevé, mais Mabillon ne put le publier. Au mois de décembre 1707 il se rendait de bon matin à Chelles, dans un couvent de religieuses Bénédictines, où il avait quelques devoirs spirituels à remplir : il tomba malade en route ; un mauvais chirurgien de campagne empira son mal ; le médecin appelé de Paris le déclara sans remède. On rapporta Mabillon mourant à Paris le 27 décembre 1707, et le pieux moine, entouré dans sa cellule de ses frères en prières, rendit sa belle âme au Seigneur. Sic moriebatur, dit D. Ruinart, son élève, ut vivere non recusaret, sic autem vitebat ut supremum non me~ tueret diem,et spiritu magno vidit

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