MAACHA
conquis par les enfants d'Israël sans être occupé par eux, et que les habitants idolâtres n'en furent pas chassés (1) , nous ne pouvons le chercher qu'aux frontières orientales, au sud de Damas, nsyn signifie enfoncement, abaissement^); ce nom fait allusion à rabaissement du terrain, qui va en s'inclinant en effet de Damas à l'Euphrate.
Cependant il ne faut pas placer Maacha dans les environs de Ilaran (K*pfw, pn de la Bible), et encore moins identifier l'un avec l'autre. Haran (3) était situé beaucoup trop au nord, 57»
de long, et 36* de latit. , tandis que nous ne pouvons pas aller au delà de 33° de latit. et 54» de longitude. Burckard (4) nomme aussi un Charran dans le canton de Ledscha , ce qui est d'accord avec la situation que nous admettons.
Le pays de Maacha avait des rois particuliers. On voit du reste que c'était une contrée de peu d'importance.
Le verset 6 du chapitre 10, au second livre des Rois , semble aussi énumérer, parmi les voisins et les alliés des Ammonites, d'abord ceux du nord, puis ceux de l'est.
II. Maacha, nom propre porté par des hommes et des femmes, III Rois, 2, 39 ; I Par., II , 45 ; II Rois, 3, 3, etc.
mabillon (Jean), le plus célèbre Bénédictin de la congrégation de Saint- Mau r, et un des plus grands savants du dix-septième siècle, naquit le 23 novembre 1632 à Pierremont, village du diocèse de Reims , aux frontières de la Champagne. Il fut élevé d'abord dans la maison de son oncle , curé des environs. Le jeune élève, montrant des dispositions très- heureuses, fut envoyé à Reims, où bientôt son application extraordinaire, la vivacité de son
(1) Josui, is, s.
fl) Cf. Furst, Ouomasl. taer. de Concord. (5) Voy. Haran.
(») foyaget, 11, 550.
MABILLON
esprit, sa piété et sa modestie lui valurent l'amitié et l'intérêt particulier de ses maîtres. Après avoir terminé ses humanités, il obtiut une place au séminaire métropolitain, que l'archevêque de Reims, le cardinal de Lorraine, avait fondé à son retour du concile de Trente, d'après le modèle de celui de Saint- Borromée, à Milan. Mabillon y fut également assidu à ses études scientifiques et à ses exercices de piété, et se prépara sérieusement au sacerdoce, incertain encore s'il entrerait dans le elergé séculier ou dans un ordre monastique.
Depuis longtemps l'ordre de Saint- Benoît, et spécialement la congrégation deSaint-Maur,qui possédait l'abbaye de Saint- Denis, à Reims, avait attiré son attention, et la vie laborieuse et retirée de ces Bénédictins touchait son âme pieuse et recueillie. 11 se décida à entrer, le 5 septembre 1653, dans l'abbaye de Saint Denis, et au bout de Tannée de noviciat, le 6 septembre 1654, il fit vœu et se lia à la congrégation dont il devait devenir la gloire. Le zèle avec lequel il se consacra à l'étude des sciences sacrées, et la stricte ponctualité avec laquelle il remplit les règles de son ordre, décidèrent ses supérieurs à lui confier la direction des candidats nouveaux; et c'est ainsi qu'avant d'être prêtre il devint successivement profès, maître des novices, donnant à ses élèves l'exemple de la piété du Chrétien, de l'ardeur du savant, de la fidélité du moine.
Cependant cette application soutenue le fatigua et lui causa des migraines si vives et si persistantes qu'elles affaiblirent sa constitution, frêle d'ailleurs, et qu'il fut obligé d'interrompre tout travail sérieux. Le seul remède que les médecins lui conseillèrent fut de s'abstenir de tout travail et de changer d'air. Ses supérieurs l'envoyèrent en conséquence à l'abbaye de Notre-Da- I me de Ko§|pt, entre Laon et Soissons.
Il recouvra en effet dans le silence de cette antique maison, habitée par quelques vieillards, la santé et la force; les nombreux restes d'antiquité et les vieux ouvrages d histoire qu'il y trouva servirent à la fois à le distraire et à lui inspirer l'amour des recherches archéologiques, qui lui firent entreprendre dans la suite de si magnifiques travaux.
Lorsque les supérieurs de Mabillou surent la prédilection qu'il avait conçue pour les études archéologiques, ils l'envoyèrent à Corbie (1), qui devait offrir de riches matériaux à ses investigations ; ils lui défendirent toutefois d'accepter toute fonction qui pourrait le fatiguer. Il entra au couvent de Corbie en 1658. Comme on le réputait peu capable d'uue occupation sérieuse , on le nomma portier et distributeur habituel des aumônes, fonctions auxquelles il se soumit en toute humilité.
Sa santé s'étant raffermie, il fut ordonné prêtre à Amiens le 27 mars 1660, et, de retour à Corbie, il ne se laissa plus détourner de ses travaux, examina les collections théologiques du couvent, et recueillit, parmi les merveilleux manuscrits de sa riche bibliothèque, des documents du plus haut intérêt, dont plus tard il profita pour ses grands ouvrages.
Il trouva dans les archives de ce couvent la biographie de S. Adelhart, frère de Carloman , qui avait abandonné la cour et était mort moine à Corbie.
Cette biographie, écrite au onzième siècle par S. Gérard, l'enthousiasma tellement qu'il la mit en vers, et la publia avec plusieurs hymnes en l'honneur de la reine Bathilde, fondatrice du couvent de Corbie : ce furent ses premières productions littéraires. Cependant les supérieurs de Corbie craignirent que ces travaux ne pussent nuire à la santé à peine rétablie du jeune moine qu'on
(1) f'oy. COIIBIE.
UC1CL NIÉOL C.VTI1. — T. XlV.