M AUR {CONGRÉGATION OB SAINT
De même que S. Placide avait répandu la règle de S. Benoît en Sicile, S. Maur, son disciple favori, fonda les premiers couvents de cette règle dans l'empire frank. De là la vénération dont S. Maur jouit dans les couvents dé*s Bénédictins et dans l'Église en général. Sa principale fondation, la célèbre abbaye de Glanfeuil , fut appelée de son nom Saint-Maur sur Loire.
La congrégation de Saint-Maur acquit une renommée toute spéciale par l'intégrité de ses mœurs et l'étendue de sou savoir. Elle dut son origine à la réforme qui fut introduite en 1613 dans l'abbaye de Saint-Augustin de Limoges et confirmée par l'Église en 1621 et 1627. Cette congrégation, à qui un décret du chapitre général donna le nom de Saint-Maur, comprenait environ cent vingt-quatre abbayes ou prieurés ; elle était distribuée en sept provinces
et dirigée par un général, qui résidait dans l'abbaye de Saint-Germain des Prés, à Paris. On comptait parmi ses principales maisons Saint-Denis, Fleury ou Benoit sur Loire, Marmoutier, Vendôme, Saint-Rémy de Reims, Saint- Pierre de Corbie, Fécamp, etc., etc.
Il y avait uuc très-étroite liaison entre elle et la congrégation de Saint-Vanne et de Saint- Hidulphe. Leurs statuts étaient à peu près les mêmes. La congrégation de Saint-Maur était une réforme assez radicale de l'ordre de Saint- Benoit ; elle jouit, dès son origine, de la faveur particulière de Richelieu. La discipline se relâcha quelque peu dans la suite ; mais la science y fut toujours très-sérieusement cultivée, et les noviciats demeurèrent des écoles savantes dans lesquelles les aspirants suivaient des cours réguliers et se préparaient à leur admission dans l'ordre par des études profondes et réglées. Dans chaque province il y avait deux noviciats, d'où les novices passaient dans d'autres couvents pour y recommencer un noviciat de deux années, y suivre pendant cinq ans des cours de philosophie et de théologie, et y faire encore une année de retraite avant de recevoir le sacerdoce.
A la tête de la congrégation était un général, élu d'ordinaire pour trois ans. Il était aidé par deux assistants ; chaque province avait un v isiteur et des définiteurs élus par le chapitre général. Tous les généraux de la congrégation furent jusqu'à la fin des hommes remarquables. La sévérité des statuts de S. Benoît avait été largement modifiée dans la cougrégration. Les religieux occupés de travaux littéraires étaient en général exempts du chœur et pouvaient voyager en vue de la science. La règle était fort adoucie pour les autres religieux. On évitait le mécontentement parmi eux en leur permettant de changer de couvents et de paroisses. C'était