‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 188 sur 224 · VII · texte numérisé non relu

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MÈD1E

à Test , se rattache par la côte maritime de Gbilan à la mer Caspienne ; au nord elle s'incline peu à peu vers la haute vallée du cours supérieur de l'Araxe ; à l'ouest elle touche à l'Arménie, et a, au sud, d'une part, pour frontières le Kurdistan, d'autre part conflue à la grande Médie, dont elle est séparée par le fleuve Kizil-Ousen ÇMardus). C'est un pays alpestre extraordinairement élevé, d'où naissent les plus grands fleuves de l'Asie occidentale , l'Euphrate, le Tigre et l'Araxe. L'Atropatène renferme, dans un double et profond bassin, deux grands lacs, qui constituent un système d'eau spécial, sans aboutissant à la mer, et qui sont presque de tous les côtés entourés de cimes formidables, de montagnes solennelles, couvertes déneige, défendant l'accès de ce plateau, semblable à une fie, par des remparts difficiles à franchir. L'élévation du niveau de TArmia est de 1500 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Le grand plateau entre le lac de Van (Ardjich) et le lac Armia est de 2335 mètres, et les cimes les plus hautes ont de 2665 à 5000 mètres. Cette région élevée renferme, à côté des vallées les plus ravissantes et les plus fertiles, les gorges les plus effroyables, les chaînes de montagnes les plus abruptes ; c'est le pays des immenses hauteurs et des profonds abîmes, des passes les plus sauvages et des paysages les plus enchanteurs, du froid le plus rigoureux et de la chaleur la plus bienfaisante, étendant sa douce influence jusque dans les plus profondes vallées ; c'est le pays des contrastes, le pays le plus pittoresque de tout j l'Iran, celui des cités populeuses, des i pasteurs nomades et des hordes de bri- ' gands (1). La Médie occupe un espace de 2500 milles carrés, situés entre le 390-36° lat. et le 60°-64° long., dans sa plus grande étendue.

(1) Rilter, Géogr., IX, T6H.

La nature de la grande Médie, qui s'étend vers le sud, présente un autre type. Vers le sud et l'est le caractère alpestre se perd peu à peu; les longues vallées, qui fendent les montagnes, se perdent dans le désert; on ne trouve plus ni les lacs immenses, ni les grands fleuves; le soleil du tropique commence à dévorer le sol là où il n'y a pas d'abondantes eaux.

Cependant la majeure partie du pays, traversée par la formidable chaîne du Zagros (Djébeltak), est verdoyante et extrêmement fertile ; elle était autrefois couverte des plus magnifiques forêts de cèdres et portait les produits des tropiques, si bien que les poètes de Mawaschan, situé dans le voisinage d'Ecbatane, métropole de la Médie, disaient : « Si tu veux chanter le paradis, contemple la vallée de Mawaschan, »

et que Diodore dit, de son côté, des environs de Bagistan : « Ce jardin, rempli d'arbres fruitiers, comblé de tout ce qui fait les délices de la vie, ravirait les dieux eux-mêmes (1). » Nous connaissons déjà la partie septentrionale de ce pays ; vers l'est il est limité par un grand désert salé ; vers l'ouest, par le déclin du Zagros ; vers le sud, par la longue vallée du Yézid-Khast.

Cette merveilleuse vallée (sous le 31° lat.) sépare l'antique Perse de la Médie; on peut suivre le sol de ce défilé, qui a 33 mètres de haut et environ 66 mètres de large, depuis Yézid- Khast, pendant trois jours de marche, vers l'est, jusque dans le désert, parce que la route vers Yézid se prolonge dans cette direction ; de là il s'étend, à travers ce désert salé, à une distance inconnue. Fraser le considère comme le lit d'un fleuve autrefois considérable, qui n'est plus aujourd'hui qu'un ruisseau sans nom. Cette hypothèse recule la limite méridionale du

(i) XVHI, iio.

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