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ves, lui subordonnait les évéques de Brnndebourg et de Havelberg, et lui concédait le droit d'ériger des sièges épiscopaux dans certaines localités, telles que Mersebourg, Zeitz et Meissen. L'empereur créa, en effet, les deux nouveaux évéchés de Mersebourg (I) et de Zeitz, sépara du diocèse de Brandebourg le district de Lusici, et fonda pour les Miltsiens, les Lusaciens et leurs voisins slaves, en deçà du Bober, un évéché spécial, dont il établit le siège à Meissen. Les frontières de ce diocèse s'avançaient plus que celles des autres évéchés dans les provinces slaves. Elles s'étendirent des sources de l'Oder à celles de l'Elbe ; de là, à l'ouest, jusqu'au point où la Bohême et le district de Visani, situé aux bords de l'Elbe, se confondent; puis, au delà de l'Elbe, jusqu'aux sources de la Mulde, le long de la Mulde jusqu'à son embouchure dans l'Elbe, en remontant l'Elbe jusqu'au district de Visizi , et de là, embrassant les districts de Lusici et de Selpoli, jusqu'à la forteresse de Sulpizi et jusqu'à l'Oder, remontant ensuite ce dernier fleuve jusqu'à sa source. On voit par là jusqu'où, vers l'orient, s'étendait l'empire d'Olhon. Ce qui est remarquable, c'est que nul domaine particulier ne fut attribué à cet évéché. En revanche il fut statué que tous ceux qui demeureraient dans les limites précitées acquitteraient envers l'Église de Meissen la dîme de tous les fruits de la terre, de tout le bétail, de l'argent, des vêtements, de tout ce qui est utile aux hommes. Ce fut vers la fin de 968 qu'eut lieu l'installation solennelle de l'évéque à Magdebourg, en même temps que les nouveaux évéques nommés de Mersebourg, Zeitz et Meissen, furent consacrés.

1 . Burkard (2) fut le premier évéquede Meissen. 11 mourut, dit la Chronique, dès

(1) Voy. MERKEBOuac.

(2) Foy. Bcrkard.

ËlfCTCL. TIIÉOL. CAT1I - T. XIV.

.972, à la suite d'une chute de cheval.

2. La même année il eut pour successeur Volcold (Volcrad?). Gisiler de Mersebourg s'étant poussé, à force d'intrigues, sur le siège de Magdebourg, ce diocèse fut divisé en trois parties, dont l'une fut attribuée à Zeitz, l'autre à Meissen, Gisiler ayant conservé pour lui les neuf villes les plus importantes. Dithmar de Mersebourgdj déplore cette perte, à la suite de laquelle l'évêché de Meissen gagna la partie de Mersebourg qui est située à l'est dans le district de Chatizi, et qui est enfermée entre leChemnitz et l'Elbe, avec Wiesenbourg et Lostau, dans le voisinage de la Mulde. Ceci arriva en 981.

Trois ans après, Volcold fut chassé de son siège par les Bohèmes. Il fut amicalement accueilli par Villigis, de Mayenee, et obtint, comme il le désirait, Erfurt pour résidence provisoire, jusqu'au moment où, Boleslas de Bohême quittant Meissen, il put remonter sur son siège (984). L'empereur Othon III 8t, durant l'administration de cet évêque, de riches donations, situées sur l'Elbe, à l'évêché de Meissen (989).

D'après Dithmar Volcold fut pendant vingt-trois ans évêque de Meissen (f 994).

3. Il eut pour successeur le noble et savaut Ido (ou Égédus, Eid ou Eicus), dont Dithmar dit : « Eid, un de nos religieux, homme juste, d'uue grande simplicité de cœur, fut , à 1 a demande de l'archevêque Gisiler, élu évêque.

Nous aurons, en sou temps, à raconter de lui et de ses remarquables qualités bien des choses qui pourront servir à notre édification (2). » Il s'efforça de répandre l'Évangile parmi les Slaves de l'autre côté de l'Elbe.

L'empereur Othon UT, peu après son élévation au trône, allant eu Pologne, passa par Meissen, où il fut reçu avec

(2) Chr.t |. IV, 5, dans Perlz.

MEISSEN

tous les honneurs imaginables par l'évêque Eid et le margrave Ékihard. Dans la même année (995) Otlion de Havelberg 6t à l'Église de Meissen une importante donation des biens du comte Ésico.

Lorsqu'en 1005 Henri II rétablit l'Église de Mersebourg, Eid dut restituer la portion du diocèse qui était échue à son prédécesseur et qui avait précédemment appartenu à Mersebourg. Mais il n'en fut rien, à en juger par les plaintes de Dithmar , qui dit : « Quoique j'eusse réclamé souvent auprès de mon empereur la portion que l'Église de Meissen avait enlevée à mon diocèse et qu'on avait formellement promis de me rendre, j'attendis en vain, et mes espérances furent complètement trompées (1). »

En 101Î l'évêque Eid sacra Waltherdus , le quatrième évéque de Magdebourg, qu'il ne quitta pas jusqu'au moment où, deux mois après son sacre, H mourut. Eid ordonna de même le nouvel archevêque Géro.

En 1013 l'empereur Henri, à la prière d'Eid, fit à l'évêché de Meissen, cruellement ravagé par les Slaves, donation de six domaines , dont quatre en Thaleminci , le cinquième en Gudici, le sixième en Niseni. Parmi ces domaines se trouvaient , suivant Emser, les châteaux de Bresnitz et de Gédau. Mais le diocèse fut bientôt réduit à de tristes extrémités par la guerre qui s'éleva entre Boleslas de Pologne et les Allemands. Géro, margrave de la Lusace, perdit la vie par surprise (1015). L'empereur envoya l'évêque Eid, en qualité de négociateur, aux Polonais, leur demander une sépulture honorable pour ceux qui avaient succombé et réclamer le corps du margrave Géro. Eid obtint de Boleslas ce qu'il désirait ; il rapporta le corps de Géro à Meissen.

Bientôt après, Meissen fut assiégé par Miséco, fils de Boleslas; la ville

(i) Chr.% vil, 57.

Bi-

nasse fut abîmée, tandis que les Allemands, commandés par le comte Hermaun, défendirent assez longtemps la forteresse pour qu'on pût venir à leur secours. Après ces événements Eid, qui était revenu de Pologne comblé de présents, tomba malade et mourut dans la ville de Libzi (Leipzig). Son corps fut porté à Meissen. Il est dit à sa louange : « On le croyait souvent mort, et, eu effet, il avait peine à revenir à la vie, tant il exténuait son corps par le jeûne et la fatigue, allant toujours nu- pieds plutôt que de monter à cheval. Les larmes avaient presque épuisé ses yeux.» Après un laborieux et pénible épiscopat de plus de vingt-trois ans, il prédit sa mort et demanda à n'être pas inhumé à Meissen; mais le comte Hermann, qui espérait que l'intercession du saint protégerait le maître de Meissen contre l'ennemi, le garda dans cette ville. Plus tard, après 1056, la dépouille d'Eid fut, comme il l'avait désiré, transférée à Colditz (1).

4. En 1015 l'empereur Henri II nomma évêque de Meissen Eilward (Agilwardus), antérieurement chapelain du margrave de la Lusace. Géro, de Magdebourg, le sacra à Mersebourg. Ses vertus et surtout sa modération le firent regretter. Il mourut en 1023.

5. Huprecht (Wipert) , homme d'un grand zèle, fut le 5e évéque de Meissen.

6. Au bout d'un an il eut pour successeur Théodoric Ier (1024). Nous n'avons pas de renseignements certains sur sa vie et sa mort. Fabricius place celle-ci en 1045.

7. Meinward est cité par quelques chroniqueurs comme le 9e évêque de Meissen ; d'après Galles il fut le 7e et administra le diocèse de 1046 à 1051.

8. Il eut pour successeur Réginher ou Reinher ; celui-ci bâtit sur la

(1) Dithm., Chr.t VII, 18.

MEISSEN

colline occidentale de Meissen un couvent en l'honneur de Ste Afre.

Cette colline, nommée tnons Jfranus, était unie par un pont immense à la colline sur laquelle s'élevait la cathédrale. Le couvent de Sainte-Afre était occupé par des chanoines réguliers de Saint-Augustin. L'impératrice Agnès ût, en 1054, don à l'Église de Meissen de cinquante arpents de terre qu'elle possédait dans le territoire de Deleminc, dans le margraviat d'Othon. Héginher mourut en 1066.

9. Il fut remplacé par Craft, prieur de Goslar, qui mourut aussi la même année d'une manière déplorable et laissa la triste réputation d'avoir trop aimé l'argent.

10. Le 10* évêque de Meissen fut S. Benno (1066-1 106) (1). Ce fut le plus célèbre des évéques de ce diocèse.

11. Le 11" fut lardent Herwig. La guerre se ralluma sous son épiscopat entre les Slaves et les Allemands. Dans un synode des sufTragants de Magdebourg, auquel assistait Herwig, on fit un appel à une croisade contre les Saxons. Herwig fut le fondateur de l'église collégiale de Wurtzen.

12. IlmourutenttlSeteut pour successeur Grambert(Gramber), qui mourut en 1125.

13. Godebold lui succéda. Celui-ci présida, eu 1130, un synode diocésain.

Conrad, margrave de Meissen, fit, à cette occasion , une donation aux chanoines de la cathédrale. En 1131 le Pape Innocent II confirma, à la demande de Godebold, l'Église de Meissen dans ses possessions et ses biens.

Lorsque S. Norbert, archevêque de Magdebourg et ami de Godebold, mourut, en 1134, Godebold assista à ses funérailles avec les évéques Anselme de Uavelbcrg et Ludolph de Brandebourg.

Godebold mourut en 1 140.

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