‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 191 sur 224 · MÉDITATION · texte numérisé non relu

MÉDITATION

tion du Chrétien, et notamment du prêtre, et c'est pourquoi l'Église l'a recommandée dans les termes les plus pressants aux fidèles et aux ecclésiastiques, en y attachant diverses indulgences (par exemple, Benedicti XIF bulla : Quemadmodum nihil est).

Ainsi le cinquième concile de Milan (c. 3, tit. de examinandi ratione) demande que les candidats qui doivent être ordonnés soient examinés sur la manière dont ils font la méditation. On distingue dans la méditation : la préparation éloignée, la préparation immédiate, la méditation elle-même, l'examen et la récapitulation.

Cf. Reottl. S. Ignatii, Praxis fructuose meditandi, Monachii , 1702; Kugler, le Prêtre, Ratisbonne, 1844, p.l sq.

medler (Nicolas), réformateur du seizième siècle, né à Hof, dans le Voigtland, en 1502, vint à Wittenberg, y entra en relations intimes avec Luther et Mélanchthon, y fit, dès l'âge de vingt ans, des cours publics sur la Bible, parcourut, en qualité de missionnaire luthérien et de mathématicien voyageur, la Thuringe et la Franconie, résida quelque temps comme prédicateur à Éger, en Bohême, et revint de là dans sa patrie, où il fut nommé recteur de l'école et prédicateur. En 1525 il prit le grade de docteur en théologie à Wittenberg; il devint superintendant à Nnumbourg en 1536, à Brunswick en 1545, et enfin, en 1551, il se retira à Bembourg, dans le duché d'Anhalt, où il mourut au bout de quelques semaines au milieu d'une prédication. La vie de Medler avait été un enchaînement continu de discussions et de querelles avec tous ses collègues et avec les Luthériens en général, qui ne voulaient pas ployer les genoux devant lui. Il entra même en contestation avec le soidisant évêque Amsdorf (1), que lui et

(i) Voy. Absdorp.

MEICHELBECK. 457

Luther avaient ordonné. Il soutint une lutte passionnée contre le prédicateur Mohr, de Naumbourg, parce que ce dernier n'invectivait pas assez énergiquement le Pape et les papistes. Quand il était sûr du succès il employait assez volontiers la force. 11 se précipitait quelquefois, dans sa vivacité, sur sa querelleuse femme , l'épée à la main.

On ne peut, toutefois, lui refuser une perspicacité quasi-prophétique. Lorsqu'il exposait sa pensée sur la situation de la nouvelle Église, il tremblait, écrivait-il à Juste Jonas, en 1547, en pressentant le terme où tout ce mouvement aboutirait. On a quelques écrits de lui.

fioir Dôllinger, la Réforme, t. II.

SCHRÔBL.

MEICHELBECK (Chables) naquit de parents pauvres, le 29 mai 1669, à Oberndorf, dansl'Algau, diocèse d'Augsbourg. Il reçut au Baptême les noms de Jean-Georges, qu'il échangea contre celui de Charles , en religion. Son père, qui était cordier, mena son enfant, frais et dispos, à l'âge de huit ans, au couvent de Bénédictbeuern, où il devait apprendre le latin et la musique. L'enfant s'y fit remarquer par ses heureuses dispositions. Au bout de quatre ans il se rendit au gymnase de Munich, avec la réputation d'un écolier studieux, plein de capacité et d'espérances, et il y soutint sa bonne renommée. Il passait le plus souvent les vacances à Bénédictbeuern, où il finit par se faire agréer, le 5 octobre 1687, dans l'ordre de Saint-Benoit. Il acheva son noviciat dans le couvent de Prifiing, sous la direction du P. ^idius Kibler, d'Andechs, et le 21 décembre 1688 il fit profession. On l'envoya étudier pendant deux ans la philosophie à Scheyern, la théologie et le droit canon à l'université de Salzbourg (1691), et en 1694 il fut ordonné prêtre à Augsbourg. En 1696 il devint bibliothécaire de Béné-

ME1CHELBECK

dictbeuern. Le prince-évêque de Freysing, Jean-François d'Ecker, ayant, en 1G97, fondé à Freysing une école latine qu'il confia aux Bénédictins, le jeune Père Charles fut chargé d'uue classe de grammaire. Il y enseigna , pendant quatre ans , le latin et le grec, et gagna l'amitié et la confiance de son évèque. Au bout de ce temps il fut appelé au couvent de Rott, sur l'Inn, pour enseigner la philosophie aux élèves réunis de la congrégation des Bénédictins de Bavière, et, bientôt après, le cours de théologie de Bénédictbeuern lui fut confié. C'est alors qu'il publia : Exercitationes philosophiez XI, publicis dUputationibusexpositx, iu-4°, 1702-1705; Exercitationes théologien VI, 1705-1709.

En 1708 il reçut de son ordre l'honorable mission de continuer les Annales de la congrégation des Bénédictins de Bavière, commencées par Grégoire, abbé de Scheyern, et continuées jusqu'en 1698 par le P. Guettrather. Il renonça alors au professorat ; mais à ses travaux littéraires vint se joindre le soin des affaires de sa congrégation, qui le nomma son secrétaire officiel, notarius publions. 11 se chargea en même temps de la pénible mission de remettre de l'ordre dans les archives du couvent de Bénédicibeuern , que les malheurs des temps et une longue négligence avaient réduites à un déplorable état. 11 les rangea méthodiquement dans plus de 431 casiers, auxquels il joignit un catalogue exact, critique, enrichi d'observations savantes, en quatre volumes. Cependant il revenait de temps à autre à ses études théologiques, comme le prouve l'écrit qu'il publia, en 1709, à l'occasion de l'apostasie d'un moine, sous le titre singulier de : Examen exact et approfondi, fait à la lumière de la véritable Église et des saints Pères, des vieilles armes rouillèes tirées du misérable arsenal de

Luther et dirigées contre C Église catholique par Joseph-Dominique de Senso, moine apostat, actuellement marié et curé de Darmshein, en Wurtemberg, Munich, 1709, in-8°. A la même époque il écrivit: Vie, souffrances, mort et gloire de la grande et sainte martyre Anastasie, dont les reliques furent déposées, en l'an de grdee 1035, dans l'ancien couvent de Bénédictbeuern, et qui signalent encore leur présence par de constants miracles, Munich, 1710, in-8°.

En 1712 son couvent l'envoya à Rome pour y suivre une affaire importante, longtemps en litige entre Freysing et Munich, et déférée finalement au Saint-Siège. 11 y arriva le 24 octobre, et s'y acquitta si heureusement de sa mission que, dès 1713, l'affaire était résolue en faveur de son couvent. Son séjour à Rome fut plein d'intérêt pour lui et lui donna l'occasion de découvrir dans les bibliothèques de nombreux trésors scientifiques. En 1719 il reçut une invitation du prince-abbé de Kempten, Rupert, qui voulait le nommer son conseiller ecclésiastique et désirait le garder à ses côtés. Meichelbeck refusa le titre, de même que la mission que l'abbé de Fuld voulut lui confier, en 1720, d'écrire l'histoire de son couvent. En 1722 Jean-François, prince-évêque de Freysing, le nomma conseiller ecclésiastique et historiographe de sa cour ; peu auparavant l'abbé de Kempten l'avait également nommé conseiller. Le prince-évêque avait le désir de voir le savant moine écrire l'histoire du diocèse de Freysing ; il l'en avait prié dès 1709, et, comme on allait célébrer le dixième jubilé séculaire du diocèse, on attendait la publication de l'histoire projetée. En effet, au bout de deux ans parut le premier volume : Historia Frisingensis. Tom. I. Prima quinque ab adventu S. Corbiniani, primi episcopi, sxcula, seu res ab anno Christ i

MEICHELBECK

724 utque ad a. 1224 Frisingx gestas exhibent. Partes II, ÀugusttB Vindelicorum, 1724. Il fit eu même temps paraître en allemaud : Chronique ou Histoire abrégée de Freysingy de set éréques, de leurs faits mémorables, de f 'origine des couvents, collégiales et églises, tirée des meilleures sources, Freysing, chez Immel, 1724, in-4°.

A l'occasion de la féte séculaire, qui dura huit jours, il publia : Descriptio solemnitatis jubilai cathedralis Ec~ clesix Frisingensis, in-fol., 1725. Tous ces travaux furent accueillis avec une grande faveur. En 1720 parut le deuxième volume de l'histoire de Freysing : Historia Frisingensis. Tomus 11. Poste rior a quinque sœcula, seu res ab a. Chr. 1227 ad annum 1724 Frisingx gestas exhibent. ParsJ. Historiea, in qua acta posteriorum XXXI antistitum Frisingensium, a Geroldo usquê ad Joannem Franciscum, ordine LV'l, continuata, etc., Aug. Vindel., 1729.

Pars II. Instrumentai, in qua plut qua m quadringenta (nttrumenta Pontificum, cardinalium, metropolitanorum, episcoporum, canonicorum, item imperatorum, regum, archiducum, ducum,etc, recententur,eto., adjectis indicibus. Ibid., 1729, in-fol.

Meichelbeck s'était crée un nom immortel en Allemagne par son Histoire de Freysing. Il fut engagé par la cour de Vienne à écrire l'histoire de la maison impériale ; mais il déclina cet honneur. Sa santé avait beaucoup souffert ; il commençait à sentir les suites fâcheuses de ses veilles prolongées, et pourtant il ne pouvait se résoudre à y renoncer.

En 1730 il acheva sa Chronique de Bénédictbeuern ; elle ne parut qu'après sa mort sous le titre de Chronicon Benedicto-Buranum , opus posthumum, cur. Alphonso llaidenfetd, 1753, in-fol. D'autres ouvrages manuscrits qu'il laissa ne furent pas imprimés, en-

tre autres le catalogue mentionné plus

haut, Archivum Benedtcto-Buranum, t. IV; Annales almx et exempt x congregationis Benedictino- Bavaricx ad annos 84, in-fol. ; Necrologium novum Benedicto-Buranum, ab anno 1707 usque ad ann. 1730, in-fol. ; Historia eremitorii Ifahlnseensis, in-4°.

Meichelbeck entretînt, surtout dans ses dernières années, une correspondance littéraire très-étendue avec les savants catholiques et protestants de l'Europe. Il termina sa vie, toute consacrée à la science et à la piété, dans son couvent, le 2 avril 1734, à l'âge de ^soixante-cinq ans. Haîdenfeld a publié "une biographie de Meichelbeck et une liste de ses ouvrages, dans sa préface à l'édition de la Chronique de Bénédictbeuern, p. 50-68 (1).

Cf. Grunewald, Parnass. Boic, t.

IV; Schrank, f'oyageen Barière,Munich, 178G,p. 112; Zapf, t'oyage littér., nouv. édit., t. I, p. 58; Meusel, Lexique det Auteurt morts, Leipz., 1809, t. IX, p. 19; Rotermund, Lexique, Brème, 1813, t. IV, p. 1203; Aecro-

(l) Un moine bénédictin da même nom, Meinrad Meichelbeck, de Reichenau, mérite d'être nommé ici. Il prit à tache de faire recouvrer à son couvent son antique auionomie, qu'il avait perdue dès 1540 par son incorporation au diocèse de Constance. Meichelbeck, poursuivant ce projet, se rendit à Vienne et dans d'autres cours de l'empire; il remit à l'empereur un écrit intitulé : Gémisse-

I ment» et larmes du prieur et du couvent de Reichenau. Mais durant son absence un coup fatal atteignit la fondation millénaire de S. Firmln. Le 50 mars 1757 les commissaires épiscopaux fermèrent le couvent , qui île fait fut aboli. Meichelbeck continua ses efforts , soumit la cause • la diète, écrivit plusieurs Mémoires; les abbayes de Bénédictins de Bavière et de Souabe et surtout la congrégation de Salnt-Maur lui fournirent de l'argent; les rois «le France et de Prusse le prirent sous leur

I protection; mais il mourut sans avoir pu atteindre son but. Reichenau cessa d'exister avant la sécularisation. — Cf. Scbœnhuth, Chronique

cftf ^îtf s*cA ^TM û w ^ p* 7 •

MKLNHOLD

loge du couvent de Bènédict., 1734; Ziégelbauer, J/ist. lit. ord. S. Bened., t. III, p. 465 ; Bougine, Manuel d' Histoire litt., t. IV, p. 477 ; Hirsching, Lexique des Couvents et des Diocèses , t. I, p. 338; ibid., t. V, P. 1, p. 182; Ladvocat, Lexique portatif, t. VI, p.

1322; Braun, Hist. des Bénédictins dCAugsbourg, t. IV, p. 647 , Fôrtsch, Catalogus professorum lycei Frisingensis^ in-4°, Monachii, 1797; Baader, Lexique des Ecrivains bavarois, Augsbourg et Leipzig, 1824, t. VIII, P. 2, p. 20.

Floss.

meil. Voyez Grand- prêtre.

MEINHArd. Voyez Livonik. t

MEINHOLD (JEAN-GUILLAUME), fils

d'un pasteur protestant, naquit le 27 février 1 797 à Netzelkow, dans l'Ile d'Usedom. Après avoir reçu sa première instruction de son père, il se rendit en 1813 à l'université de Greifswald pour y étudier la théologie. Kosegarten, qui était alors recteur de l'université, remarqua ses heureuses facultés et l'encouragea à étudier sérieusement la littérature classique. Après avoir honorablement subi ses examens de théologie, il devint d'abord précepteur privé, et enGn recteur d'Usedom et curé de Koscrow. C'est alors seulement que commença sa carrière littéraire. En 1824 il publia des mélanges de poésie qui firent d'abord peu de sensation. Cependant il reçut une lettre d'encouragement de Jean-Paul, qui avait reconnu en lui le sentiment tragique. Gôthe , dans ses œuvres posthumes (1) , s'exprime en termes trèsélogieux sur le jeune poète.

Cependant Meinhold cherchait par un travail assidu à remplir les lacunes qu'il sentait dans ses études et notamment dans celles de théologie. Le rationalisme théologique qu'il avait d'a-

(1) T. XLYI, p. «6, »or la poésie individuelle.

bord embrassé ne put résister à ses recherches consciencieuses; en étudiant sérieusement, mais surtout au point de vue romantique et à la lumière de l'histoire, la vie des peuples, il saisit le fil conducteur du Christianisme positif, perdu dans le labyrinthe des erreurs contemporaines. Meinhold, voulant sincèrement la vérité, trouva ce qu'il cherchait et plus qu'il ne cherchait.

Ses découvertes le rapprochèrent de l'Église catholique. La lutte qui s'éleva entre ses convictions naissantes et ses préjugés protestants fut longue et pénible. On peut considérer comme un résultat psychologique remarquable de cette lutte d'éléments contraires, se disputant son intelligence, son poème épique intitulé : Athanasia ou l'Apothéose de Frédéric-Guillaume ///(l). Cette œuvre eut un grand retentissement, et les feuilles publiques de l'époque dirent , en en rendant compte, qu'elle était, par l'élévation du style et la force de l'expression, comparable aux œuvres du Tasse et de Dante , quoique d'ailleurs d'une parfaite obscurité et de nulle valeur au point de vue théologique.

Meinhold, continuant ses travaux théologico-romantiques, publia la Sorcière de Bernstien; Sidonie de Borck, ou la Sorcière du couvent de Maricnfliess, et ces deux romans philosophico-théologiques portèrent un coup inattendu à la critique moderne. Ces récits sous forme de chronique, écrits dans le style du dix-septième siècle, prouvèrent combien la critique moderne se fourvoie souvent, combien elle est facilement trompée par la forme , puisqu'elle prend , sans s'en douter, du nouveau pour de l'ancien , du vieux pour du neuf, des fables pour de l'histoire, de l'histoire pour des romans, et Meinhold appliquait avec un succès généralement reconnu cette dé-

(1) Magdebourg,

MEIMIOLD -

moustration à tout ce qu'on avait débité contre l'autorité de la Bible, que Strauss prétendait avoir définitivement rejetée du domaine de la vérité historique.

Au milieu de ces travaux littéraires de Meinhold, la lecture des Pères et celle de l'histoire de la réforme fortifièrent de plus en plus ses convictions catholiques. Le célèbre archevêque Ladislas Pyrker, avec lequel il était en correspondance littéraire et auquel il faisait part de ses doutes théologiques, fut, de son côté, un des agents les plus efficaces de la grâce à son égard. Lorsqu'il 1848 les conséquences dont la réforme menaçait le monde depuis trois cents ans devinrent une terrible réalité, les dentiers préjugés du protestantisme s'évanouirent dans l'esprit de Meinhold au bruit de l'ébranlement général, et il déclara nettement et hardiment ses opinions catholiques. Il le fit, avec le courage qui le caractérisait, dans son écrit politique intitulé : la Confusion des langues et des idées à Babel. Il renonça à ses fonctions, à son riche bénéfice de la cure de Rehewjnkel, en Poméranie, et se retira, avec une modique pension, à Charlottenbourg. Là il travailla avec une infatigable ardeur à son Chevalier fidèle ou Sigismond Hager et la Réforme^ œuvre dans laquelle, donnant un corps aux doctrines opposées des deux confessions, il exposa les diverses phases de leur développement dans des scènes vivantes et dramatiques. C'était une apologie pratique du Catholicisme, par laquelle il espérait pouvoir, pour sa part, contribuer à la conversion de ses frères protestants et les ramener au giron de l'Église. Cette œuvre devait lui assurer à lui-même une position, en même temps qu'il allait embrasser publiquement le Catholicisme; mais Dieu, qui en avait disposé autrement, le rappela inopinément à lui. Meinhold mourut d'une attaque d'apoplexie foudroyante,

MEINWERK 461

le 30 novembre 1851. Son livre de Sigismond Hager était son œuvre de prédilection; il l'avait commencé par la prière, le continua jusqu'à sa mort en priant, et se prépara ainsi, tout en travaillant, au coup qui l'enleva sans le surprendre. La première partie et l'esquisse de la seconde parurent, après sa mort, chez Pustet, à Ratisbonne. Wéber, de Leipzig, avait déjà publié antérieurement une édition complète de ses œuvres.

m i i.wvkkk, évêque de Paderborn de 1009 à 1036, était parent de la maison impériale de Saxe. Son père se nommait Imed; sa mère, A t héla. Il avait un frère, nommé Thiédéric, et deux sœurs, Glismodet Azéla ; celle-ci entra dans le couvent de Saint-Vit, à Elten , tandis que Glismod épousa un noble Bavarois. Thiédéric devait hériter des dignités de son père, et Meinwerk, destiné à l'état ecclésiastique , fut conduit par ses parents au couvent de Saint-Étienne, à Halberstadt. Après y avoir reçu sa première éducation, il continua ses études dans l'école de la cathédrale d'Hildesheim, où il eut pour condisciple le futur empereur Henri II.

Meinwerk, en sortant des écoles, fut nommé chanoiue d'Halberstadt. Recommandé à la fois par sa haute naissance, par ses liens avec la famille impériale et par l'agrément de ses manières, Meinwerk devint aumônier de l'empereur, peu de temps après l'élévation d'Othon III au trône. Le successeur d'Othon, Henri II, se souvint de son camarade d'enfance et lui resta toujours attaché. Rathérius, le neuvième évêque de Paderborn, étant mort en 1009, les députés de cette ville vinrent à Goslar supplier l'empereur de leur donner un prélat digne du siège vacant. L'empereur tint conseil avec les évêques et les grands qui l'entouraient, et ses regards s'arrêtèrent sur Meinwerk. Celui-ci résista d'abord et

MEINWERK

finit par se résigner à accepter le pauvre siège de la ville de Paderborn, qui avait été incendiée en l'an 1000. Willigis, archevêque de Mayence , le sacra à Goslar, et les habitants de Paderborn l'accueillirent avec joie. Le nouvel évéque s'occupa d'abord de la reconstruction de sa cathédrale, puis il se mit à visiter son diocèse pour se tenir au courant de tous les abus; il alla même jusqu'à se déguiser en marchand, pour atteindre plus sûrement son but. Il consacra, pendant deux ans, toutes ses forces aux intérêts de son diocèse. En 1011 il fut nommé conseiller de l'empire et obligé de s'occuper des affaires publiques. 11 assista aux conciles et aux diètes, et accompagna l'empereur Henri II (1) dans son voyage à Rome (1013). Meinwerk obtint de grands domaines pour son église avant et après ce voyage. Le Pape Benoît VIII, qui avait couronné l'empereur, fit cadeau à l'évêque de Paderborn de précieuses reliques pour son église, et ratifia solennellement toutes les donations et tous les privilèges accordés à son diocèse. L'acte authentique s'en trouve dans les Bollandistes (2). A son retour Meinwerk visita, avec l'empereur, le couvent de Cluny (3). Il demanda et obtint treize moines, qu'il emmena avec lui à Paderborn, et qu'il installa dans un couvent fondé pour eux. Ce furent les commencements du couvent d'Abdinghoffen , qui ne fut d'abord qu'une chapelle bâtie à l'ouest de Paderborn, en l'honneur de S. Benoît (1016), et dont le frère Sigehard devint l'abbé. Meinwerk acheva et consacra la nouvelle cathédrale, près de laquelle il bâtit aussi la demeure de l'évêque. En 1017 il visita l'abbaye de Corbie (4), dans laquelle la discipline

(1) Foy. Henri IL

(2) T. I.Juiu, p. 520.

(S) Foy, Cluny.

W Foy. Corbie.

était déchue ; mais il fut indignement repoussé par les moines. 11 s'en plaignit à l'empereur; Wahl, abbé du monastère, fut destitué, et Druthmar fut mis à sa place. — Vers 1018 Athéla, mère de Meinwerk, affiigea profondément l'évêque par un crime affreux. Après la mort du comte Imed elle avait épousé le comte Balderich ; poussée par son second mari, elle s'oublia jusqu'à faire périr son propre fils Thiédéric, dans la burg d'Uplag, près d Elten. Elle fut condamnée à mort par l'empereur, qui toutefois lui fit grâce, à la demande de Meinwerk. Elle mourut pauvre et délaissée à Cologne , et le repos ne fut pas même accordé à sa dépouille.

Meinwerk cependant, continuant ses travaux , construisait à Paderborn une chapelle en l'honneur de S. Alexis, à la suite d'un vœu qu'il avait fait à Rome, où il avait été, ainsi gue ses gens, épargné par la peste ; la chapelle devait jouir du droit d'asile. Il consacra l'église d'Herford, entoura la ville de nouvelles murailles, favorisa les progrès des sciences, et toutes les branches des connaissances humaines furent enseignées dans l'école de Paderborn. Il en sortit des hommes célèbres, tels que Altmann, le saint évéque de Passau, Anno de Cologne et Frédéric de Munster.

L'empereur Henri II s'arrêta souvent chez son ami l'évêque de Paderborn. On lit dans la Chronique de Dithmar:

« Durant le dernier Carême le roi vint à Weri et y fut longtemps malade. II guérit, grâce aux prières et aux larmes de son peuple, et célébra 'dignement la fête de Pâques à Paderborn, chez Meinwerk, son intime ami. Il y passa également les fêtes de Noël, en 1014 et en 1016 (1).» En 1017 l'empereur se dirigea vers l'est, dit Dithmar, et manda l'impératrice auprès de lui, en un endroit nommé Patherbrunnen. De là

(1) Chron. Uildesh., inler Script. Uni.

Franc, t. III.

MEINWERK

— MEISSEN

tous deux se rendirent à Magdebourg, où l'empereur donna, par un acte authentique, de nouveaux domaines à Meinwerk. En 1018 Henri célébra la féte de Noël à Patherbrunneu (1). En 1021 il fit don à révéque et à son église du comté de Dodico, comprenant Hessiga, Netga, Nitherga. En 1023 l'empereur, se trouvant de nouveau à Paderborn, fit cadeau à l'église de ses domaines d'Erwète, en Westphalie, de Steini et de Hardinghausen (2).

L'évéque de Paderborn jouit de la même faveur auprès de Conrad II (3), successeur d'Henri II, et en obtint également de grands domaines pour lui et son église. Lorsque Conrad se rendit à Rome, en 102G, Meinwerk fit partie de sa suite. Avant son départ, en 1025, l'empereur avait assisté à Paderborn à la messe de la Chandeleur. En 1030 il fêta Noël à Patherbrunnen ; Aribo, archevêque de Mayence, y prêcha.

En 1031 ce fut encore à Paderborn que l'empereur Conrad passa les fêtes de Noël. Peu auparavant le couvent d'Abdinghoffen avajt été terminé et consacré. Meinwerk avait reçu de Wolfgang, patriarche d'Aquilée, le corps de S. Félix, qu'il déposa avec pompe au pied du maître-autel du couvent, après qu'un miracle eut constaté l'authenticité de ces saintes reliques. Humbert, archevêque de Magdebourg, les évêques Godehard, d'Ilildesheim , Sibert, de Minden, Siglfried, de Munster, et quatre autres prélats assistèrent à cette inauguration. Le jour de la Toussaint, 1031, le couvent fut consacré sous l'invocation de la Mère de Dieu et dédié aux saints Apôtres Pierre et Paul et à tous les saints, et Meinwerk le pourvut de domaines considérables.

Plus tard, l'empereur, sur la prière que lui en fit l'évéque, ratifia toutes les do-

(1) Chron. J/itd.

(2) Cf. Fita Meinw., c. 13.

(3; Foy. Conrad II.

nations faites au couvent, dans lequel Meinwerk voulut être enterré. Mais son heure n'était pas venue encore. Il envoya l'abbé Wino à Jérusalem pour prendre les dimensions de l'église du Saint-Sépulcre. 11 fit ensuite bâtir en dehors de la ville une église, pour le service de laquelle il nomma des chanoines. En 1036 il fit la dédicace de cette église collégiale, qu'il dota richement, en présence de Bardon, archevêque de Mayence, d'Hériman^ de Cologne, et de Bruno, évêque de Wiirzbourg. A peine Meinwerk eut-il achevé cette œuvre que, le jeudi avant l'Ascension, il se sentit faible et prévit que le jour de sa mort approchait.

La veille de la Pentecôte il reçut le saint Viatique, et il mourut quelques heures après , élevant ses yeux et ses mains vers le ciel et recommandant son âme à Dieu. A la même heure mourut inopinément, au milieu d'une conversation, le moine Boson, de Corbie, que Meinwerk avait cité au tribunal suprême. S. Godehard de Hildesheim fut averti par une révélation de la mort de Meinwerk, qu'il recommanda vivement à Dieu.

En 1376 Meinwerk fut canonisé.

Cf. Mon u men t a Paderborn e n si a , 1772 ; Stolberg, /lis t. de in religion de Jésus-Christ, t. XXXIII, p. 478; Jeta Sanet., junii t. I, pag. 503-553; Pcrtz, Script., t. M.

Gams.

■EIOSIS. VoyCZ ÎÎYPEUUOLE.

sieissf.x (diocèse de). Les plus anciens habitants de la marche de Meissen furent des Dalmates et des Serbes ou Sorabes. L'empereur Henri Pr (I) utilisa le temps de repos que lui laissèrent les Hongrois (de 924 à 933) pour soumettre les peuples slaves, les Obotrites, les Wiltses, les Dalmates, les Bohèmes, etc. Il attaqua Grona, capi-

(1) Foy. Hknhi I",

image not available

MEISSEN

Page 1