II. Schisme mélétien dC Antioche
Après le concile de Nicée, le parti eu- 8ébient patronant les Ariens, exerça sa vengeance sur ses principaux adversaires, et le premier évéque qu'ils renversèrent par leurs fausses accusations et par des intrigues de toute espèce, en 330, Tut Eustalhe d'Antioche (4). Le siège archiépiscopal de la capitale de l'Asie fut alors oiTert à l'historien Eusèbe, qui appartenait au parti eusébien; il le refusa, et, tandis qu'Eustathe vivait dans l'exil, plusieurs Eusébiens furent, les uns après les autres, élevés au siège d'Antioche.
La série n'en était déjà plus exactement connue des anciens et fut par ce motif diversement indiquée par eux.
La majeure partie des fidèles d'Antioche réputa la déposition d'Eustathe injuste ; mais, comme il arrive dans ce cas, la masse finit par accepter le fait accompli et reconnut les évêques eusébiens intrus. Une vigoureuse minorité, en revanche, continua à voir dans Eustathe l'évêque légitime, expulsé par la force, se sépara du reste de la communauté et célébra son culte à part dans des maisons particulières. S. Athanase s'efforça d'obtenir de l'autorité impériale pour les Eustalhieru, comme on les appelait, une
(1) I, 8, p. 80, ed. Mog
(2) Hist. ccclés.% I, 9, p. 32, ed. Mog. (S) Theod., Hœrtt. Fabul., IV, 7.
(ft) roy. Eustathe.
église dans Antioche (I). Tel Tut l'état des choses pendant une trentaine d'années , lorsque Eudoxius , évéque arien ou eusébien d'Antioche, éloigné de ce siège , fut tout à coup élevé sur celui de Constantinople. Un concile, réuni à Antioche en présence de l'empereur Constance, nomma alors (360 ou 361) Mèlétius évéque de cette ville.
II était né à Mélitine, dans l'Asie Mineure, avait été pendant quelque temps évéque de Sébaste, puis avait renoncé à ce siège, et vécu, à ce qu'il paraît, en simple particulier à Berrhée, en Syrie.
C'était un homme d'une grande vertu, très-considéré, qui n'avait pas fait connaître encore nettement ses tendances théologiques. Les Ariens le comptaient parmi les leurs, et c'était leur parti qui l'avait porté au siège d'Antioche , dans l'espoir que sa douceur et sa vertu gagneraient en leur faveur les habitants orthodoxes de cette ville. D'un autre côté les orthodoxes, notamment les évêques qui avaient assisté au choix du synode, étaient fort satisfaits de l'élection de Mèlétius ; malgré ses relations avec les Ariens, ils le savaient intérieurement orthodoxe. Us insistèrent pour qu'on rédigeât immédiatement un acte obligatoire dans l'avenir, constatant l'élection accomplie (2). Socrate se trompe donc lorsqu'il dit que MéléUus avait antérieurement souscrit le symbole arien de Séleucie (3); son nom manque parmi les souscripteurs de ce symbole, qui sont connus (4), et les savants des partis les plus opposés l'ont défendu contre cette accusation (5).
Dès que Mélétius fut élu, Fempereur Constance le fit appeler à Antioche par une lettre spéciale, et lorsqu'il y ar-
(1) Sozom., III, 20.
(2) Théodor., UUU ecclé*., II, si. Sozomène, IV, 28.
(S) H, ûft.
(£.) Mans!, t. III, p. 822.
(5) Walcb, HUU des Uërts., U IV, p. «9.
MÉLÉTIEN (s
riva il y fut reçu avec un éclat extraordinaire. Tous les évêques , le clergé et une partie du peuple allèrent audevant de lui ; les Juifs eux-mêmes et les païens accoururent pour voir le célèbre Mélétius (I). Dans le commencement il ne prêcha, par prudence, que sur des sujets de morale (2); mais, dès qu'il fut dans le cas de proclamer ses opinions dogmatiques , il le fit avec une grande fermeté. L'empereur avait désiré que Mélétius et d'autres évêques prêchassent sur le texte des Proverbes, 8, 22 : « Le Seigneur m'a créé au commencement du monde. »
George de Laodicée parla le premier dans un sens tout à fait arien; puis Acace de Césarée dans le même sens, mais d'une manière plus modérée. Mélétius exposa très-nettement la doctrine orthodoxe et obtint l'approbation de ses auditeurs. Pour représenter en même temps d'une manière symbolique à la fois et sensible la doctrine de la Trinité chrétienne, il étendit d'abord trois doigts, puis en releva un seul, pour indiquer que les trois ne sont qu'un (3).
Sozomène (4) raconte les choses de cette manière : « Mélétius ayant proclamé publiquement la foi orthodoxe, l'archidiacre arien voulut l'empêcher de continuer et lui ferma la bouche ; alors Mélétius étendit d'abord trois doigts, puis éleva un doigt seul pour proclamer, du moins par signe, sa foi en la Trinité. »
Plus tard on fut scandalisé de ce qu'on appelait cette dactyliologie (5) ; mais on oublia que de nos jours encore les Grecs et les Orientaux représentent le dogme de la Trinité par les positions significatives de la main et des
(1) Théod., 1. &
(2) Soiom.,lV, 28.
(S) Théod., I. c.
(5) Walch, I. c, p. m.
doigts, et que ce qui nous semble quelque peu ridicule est chez eux mœurs et coutume.
Le sermon de Mélétius devenu si célèbre nous a été conservé par S. Épiphane (l), et on ne peut méconnaître que, malgré toute la bonne volonté de l'orateur, le théologien manque de précision dogmatique.
La conséquence de cette confession de foi orthodoxe de Mélétius fut le retour de beaucoup d'habitants d'Antioche à la foi de l'Église, comme le témoigne S. Chrysostome dans son panégyrique de Mélétius (2).
Les Ariens , de leur côté f au bout d'un mois, obtinrent de l'empereur un ordre qui condamnait Mélétius, sur son refus de se rétracter, à quitter Antioche et l'exilait dans sa ville natale. Le motif ostensible de cet arrêt fut le soupçon de sabellianisme, car on sait que les Ariens accusaient tous les docteurs orthodoxes d'être Sabelliens. En outre on fit valoir contre Mélétius qu'il avait replacé quelques prêtres (probablement orthodoxes) destitués par son prédécesseur (3).
Les Ariens mirent à la place de Mélétius Euzoïus et augmentèrent par là le schisme existant; car il y eut dès lors trois partis dans Antioche : celui des Ariens, celui des Eustathiens et celui des orthodoxes, c'est-à-dire de ceux qui depuis trente ans avaient été en communion avec les Ariens, mais qui, après l'expulsion de Mélétius, se séparèrent des Ariens et célébrèrent leur culte dans une église de l'ancienne ville (4). Le parti eustathien aussi bien que celui des Mélétiens était orthodoxe,
(t) H*n$.% LXXIH, 29.
(2) Opp.% rd. BB., t. II, p. 519.
(S) Sozom., I. c. Tliéodor., I. c. Philostorgr, V, 115. Chrysost, I. c. Walch, t. c, p. 4J5. S. Jérôme, Chron. ann. D. 564, parle de ce fait; mais il est défavorable, et | tans raison, à Mélétius.
(ft) Walch, p. MS.
MELETIEN
et ils ne divergeaient que dans l'expression, les Eustathiens ne parlant que d'une seule hypostase divine (parce qu'ils prenaient ce mot comme synonyme de cùaia, substance), tandis que les M de tiens pariaient de trois hypostases divines (dans le sens de personnes). Mais S. Athanase reconnut que les deux partis étaient d'accord dans le fond et n'étaient séparés que par les termes (l). On éprouva par conséquent bientôt le désir de faire cesser un schisme scandaleux, divisant les orthodoxes entre eux, et, grâce aux instances d'Eusèbe, évéque de Verceil (2), un synode d'Alexandrie nomma une commission chargée d'aplanir ce différend.
Alors l'ardent évéque de Cagliari, Lucifer (3), prit sur lui de se rendre en toute hâte à Antioche aGn de rétablir la paix , pensait-il , en faisant élire un nouvel évéque. Il consacra en effet Paulin ; mais les Eustathiens seuls le reconnurent et le schisme subsista ; il y eut même de fait deux évêques orthodoxes dans Antioche, puisque Mélétius obtint la faculté d'y revenir après la mort de Constance, sous le règne de Julien l'Apostat (4). Ainsi Mélétius fut reconnu par la plupart des Orientaux, Paulin par la majorité des Occidentaux, notamment par S. Athanase. Cet évéque se déclara résolument en faveur de Paulin, qui, durant son séjour à Antioche , lui avait remis sa confession de foi (5), sans toutefois méconnaître l'orthodoxie des Mélétiens (6).
Bientôt après l'empereur Yalens persécuta les orthodoxes, et Mélétius rut de nouveau (une fois ou deux) exilé,
(1 ) Alhanasii Epiit. ad Antiocheno$t c 5 sq. Opp., L I, p. II, p. 616 gq. , ed. B& Patav Walch,l.c, p.ft93.
12) V oy. Eu&èbe dk Verceil.
(5) f 'oy. LtciFEii de Cagliari.
W Voy. Julien l'Aiostat. Théodoret, Hitt. ecd.es,, III, S. Socrate, VI, 9. WaJch, p. UkU.
(5) Épiph., Hteret., LXXVII, 21.
(6) Walch, p. MX
tandis que Paulin put demeurer à Antioche. Basile le Grand , plus spécialement favorable à Mélétius, se donna à cette époque beaucoup de peine pour abolir le schisme d' Antioche , et entra à cet effet en une correspondance trèsactive avec Mélétius, avec Athanase, avec l'évéque de Rome et les autres évêques d'Occident , par des lettres et des envoyés. Mais l'affaire n'avança guère, et Rome reconnut dans Paulin l'évéque orthodoxe. Pierre, patriarche d'Alexandrie, déclara même Mélétius un hérétique (t). Gratien, étant monté sur le trône, rappela tous les évêques orthodoxes bannis, ordonna qu'on enlevât les églises aux Ariens et qu'on les remit à ceux qui étaient en communion ecclésiastique avec Damase , de Rome.
Sapor, général de l'empereur, fut chargé d'exécuter cet édit, et les Eustathiens aussi bien que les Mélétiens, et même les Apollinaristes (2), qui, dans Tinter? valle, avaient fondé une communauté, dirigée par leur évéque Vital, à Antioche, s'efforcèrent alors de faire constater leur orthodoxie et leur accord avec le Pape Damase (3). Mélétius proposa à Paulin un arrangement : ils devaient administrer tous deux simultanément l'Église d'Antioche ; à la mort de l'un d'eux le survivant devait seul être évéque, sans qu'on en élût d'autre. D'après Théodoret (4) Paulin n'aurait point accepté cette proposition } suivant le témoignage du concile d'Aquilée (vers 380) (5) il y aurait consenti, et Walcli présume d'après cela (6) que Paulin rejeta la première partie du projet, c'està-dire l'administration commune de l'épiscopat, et qu'il accepta la seconde partie, portant qu'après la mort de l'un
(1) Ba$ilii Bp. 214, 216, 266. Walcb, p. 4M.
(2) V oy. APOLLINAR1STE8.
(S) Théodoret, HisU ecclét.% V, 2, S.
(ft) L. c
m ™ÏT*iCoUt ***** f-m'P-
MÉLÉTIEN (schisme)
d'entre eux il n'y aurait pas d'élection nouvelle. Du reste Sapor remit les églises d'Antioche à Mélétius; les Occidentaux , en revanche , et noiam ment le concile d'Aquitée, que nous venons de citer et dont S. Ambroise était la tête, se prononcèrent en faveur de Paulin (I). Mélétius ordonna alors plusieurs évêques pour des Églises voisines, notamment le célèbre Diodore (3), évéque de Tarse (3). A la même époque Théodose, qui n'était encore que général de l'empereur Gratien, eut un songe dans lequel il vit Mélétius d'Antioche, qu'il n'avait jamais rencontré, le revêtir du manteau impérial. En effet, peu après Théodose fut associé à l'empire d'Orient par Gratien; il convoqua immédiatement les évêques de son empire à un grand concile de Constantinople (381), qui plus tard fut proclamé comme le second concile œcuménique. Mélétius s'y rendit, fut reconnu par l'empereur pour être celui qu'il avait vu en songe et tenu en grande considération (4). Naturellement Mélétius, en qualité de patriarche d'Antioche, occupa un rang éminent dans le concile; on dit même qu'il en fut pendant quelque temps le président; ce fut lui aussi qui, à cette époque, consacra S. Grégoire de Naziance, élu évéque de Constantinople (5). Mais, tandis que le concile continuait ses délibérations , Mélétius mourut à Constantinople même. De grands orateurs, tels que S. Grégoire de Nysse, prononcèrent son oraison funèbre. Son corps fut transporté solennellement à Antioche.
Enfln l'Église* grecque aussi bien que l'Église latine l'honora comme un saint (6).
(1) Théodor., )■ c. Maosi, 1. c
(2) f'oy. Diodore.
(S) y oirThéodoret, 1. C, C. 4.
(4) Théodor., V, 6, 7.
(5) F oy. Grégoire de Nazunce (S.).
{fi) Cf. Ballerinl, de yi et ratione primatuê, etc., p. 827, et Walch, I. c, p. 40ô , sur la pré-
Après la mort de Mélétius son parti ne demeura pas fidèle aux conventions arrêtées , parce que Paulin ne les avait pas acceptées, et il élut le prêtre Flavien en qualité d'évéque mélétien.
Flavien avait été autrefois un partisan zélé d'Eustathe et l'avait même accompagné en exil; c'est pourquoi il n'approuvait pas que les Eustathiens se séparassent du reste de la communauté, et Eustathe lui-même, disait-on, avait été de cet avis. Eustathe mort, Flavien se rangea du côté de Mélétius, tout en demeurant un ardent défenseur de l'orthodoxie. Peu de temps après son élévation à l'épiscopat, un concile de Rome de 382 décida toutefois que c'était non pas Flavien, mais Paulin, qui était l'évéque légitime, et qu'on ne devait pas entretenir de communion ecclésiastique avec Flavien et ses nmis, notamment Diodore de Tarse (1). Les évêques d'Orient eux-mêmes, comme Grégoire de JNaziance, blâmèrent le parti mélétien d'Antioche d'avoir prolongé le schisme en élisant un nouvel évéque. En revanche un synode de Constantinople (382) se prononça nettement en faveur de Flavien (2), qui était aussi en grande faveur auprès de Théodose le Grand. Il rendit de grands services à son diocèse . en allant à la cour pour calmer l'empereur irrité de ce que les habitants de cette ville avaient renversé ses statues (687). S. Chrysostome, que Flavien ordonna prêtre, ne se lasse pas de chanter ses louanges (3).
Vers 388 Paulin, l'évêque des Eustathiens , mourut, après avoir désigné pour lui succéder dans sa petite communauté le prêtre Évagre. Comme les évêques de la province n'avaient point
tendue contradiction résultant de ce que Rome ne reconnut pas d'abord Mélétius comme évéque et le proclama saint après sa mort.
(1) Walch, p. 475.
(2) Id., I. c., p. 470, 475,409.
(S) Cf. le discours de S. Cbrysostome lors de son ordinaUon et ses discours sur les statues.
MftLETIEN (scHisifB) — MELITON
coopéré à son élection et qu'il n'avait point été sacré par trois évéques, il ne fut reconnu que par un petit nombre et ne le fut pas par les Occidentaux, quoique ces derniers continuassent leur opposition à Flavien (I). Alors un synode de Capoue statua que le jugement du différend entre Flavien et Évagre serait soumis à l'évéque d'Alexandrie et à ses sufïragants, qui n'avaient point encore pris de parti (î). Mais Flavien fit des démarches auprès de l'empereur pour se soustraire à cette enquête. Il sut également faire retirer un ordre émané de l'empereur qui lui prescrivait de se rendre personnellement à Rome pour terminer cette affaire. Théodose exhorta même les Occidentaux à reconnaître Flavien comme évêque légitime (3). Bientôt après, Évagre mourut, et Flavien parvint à empêcher l'élection d'un nouvel évêque (4). Mais la paix ne fut complètement rétablie que par S.
Chrysostome, lorsqu'il fut appelé au siège de Constantinople. Chrysostome gagna d'abord son consécrateur, Théophile d'Alexandrie, et obtint son désistement à l'opposition qu'il faisait à Flavien et l'envoi d'une députation chargée de négocier la paix à Rome.
En effet le Pape Siricius admit, en 398, Flavien à la communion de l'Église (5). Mais, quoique Flavien fût universellement reconnu alors, un petit parti d'Eustathiens s'opiuiâtra dans son schisme à Antioche. Flavien eut pour successeur Porphyre, qui retomba en discussion avec les Occidentaux, non à propos de l'affaire mélétienne, mais au sujet de celle de S. Chrysostome. A Porphyre succéda, en 412, Alexandre, qui mit définitivement fin au schisme,
(1) Walch, p. 478.
(2) Ambros., Ep. 59, 2. Opp.t t II, p. 1000, ed. bb.
(S) Walch, p. ft78.
(ft) Socrate, V, 15.
(5) Walch, p. A83.
entre 413 et 415. Théodoret raconte le fait de cette manière (1) : « Alexandre se distinguait par sa sagesse , par la sévérité de sa vie , son éloquence et mille autres qualités. Il rallia les Eustathiens au corps de l'Église par la force de sa parole et de ses exhortations, et institua une féte solennelle pour célébrer cette réconciliation. Il se rendit avec ses prêtres et avec une foule de laïques au lieu où les Eustathiens s'étaient réunis jusque alors. Ceux-ci étaient occupés à chanter des psaumes; Alexandre fit entonner les mêmes chants aux siens, et revint processionnellemeut dans la cathédrale, accompagné des Eustathiens mêlés au reste des fidèles. Les Juifs et les Ariens gémirent d'une réconciliation qui n'était pas de leur goût. » Mais le schisme était heureusement terminé, après avoir duré quatre-vingt-cinq ans, depuis l'ordination de MéléUus (de 360 à 415) (2).
Héfélé.
melguëil. V oyez Cluny.
.m km ton, évêque de Sardes en Lydie (Asie Mineure), vécut vers le milieu et dans la seconde moitié du second siècle, et appartient aux évéques les plus remarquables et aux plus grands savants de cette période. Tertullien, qui fut à peu près son contemporain, vante l'élégance de son style et l'éloquence de sa parole (elegans et declamatorium ingenium) (3), en remarquant que la plupart des fidèles le considéraient comme un prophète. Polycrates d'É.
phèse, dans sa lettre au Pape Victor sur la question de la Pâque r . lui rend ce témoignage qu'il agissait toujours dans le Saint-Esprit, «v cbïua nveûtxaTt iratvTJt
iroXiTw«i*jjuvt,v , et le nomma eunuque , parce qu'il vivait dans le célibat. S. Jérôme le compte parmi les historiens de
(2j Voir Théodoret., III, 5.
(5) Dan» Hieron., CataL Script, eceht , C. 24.
MELITON
l'Église les plus renommés (1). Anastase le Sinaïtc, au septième siècle, l'appelle un docteur divin, un théosophe, 6tîc;, Otdocço; (2). Dans un fragment d'Eusèbe (3), qui a été conservé, Mfliton raconte de lui-même qu'il Gt un voyage en Orient, dans les contrées où se passèrent les événements de l'Ancien Testament, etqu'il rechercha leslivresauthentiques de la Bible. Il fit par conséquent un voyage en Palestine. Kn outre nous savons de lui qu'il remit à l'empereur Marc-Aurèle une Apologie des Chrétiens et qu'il mourut à Sardes. Polycrates, qui rapporte ce fait (4), ne le nomme pas martyr, tandis que dans le même passage il nomme formellement d'autres martyrs, tels que Polycarpe, Thraséas. Il n'est indiqué nulle part dans quelle année Méliton mourut; mais comme Eusèbe(5) dit que l'Apologie à Marc-Aurèle fut le dernier ouvrage de cet écrivain, et que cet»e apologie fut achevée , selon toute vraisemblance, en 170 ou 171, on peut présumer que Méliton mourut peu de temps après (6).
Quant aux ouvrage* de Méliton, Eugène a donné, dans son Histoire de l'Eglise (7), une liste des écrits « qui sont parvenus à sa connaissance. » S. Jérôme profita de cette liste dans son ouvrage sur les écrivains ecclésiastiques (8), et Rufin la traduisit également dans sa version de l'Histoire d'Eusèbe.
Cependant ces trois listes diffèrent sur certains points les unes des autres, et il est impossible de décider toujours quelle est la véritable leçon.
(1) Bp. 10, ad Magnum, n. à.
(2) Hodeg., c. 15, ed. Grelser, p. 258. (S) IV, 2fl.
(4) Eusèbe, V, 2*.