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MADRUZZ
à Brixen (1537), en même temps qu'il devint doyen de la cathédrale de Trente et ambassadeur de l'empereur Ferdinand auprès de la république de Venise. Il réussit dans la mission dont il était chargé et gagna l'estime de Lando , doge de Venise. Bientôt après mourut le célèbre cardinal Bernard de Clés, prince-évéque de Trente. L'empereur Charles-Quint recommanda Madruzz au chapitre, qui l'élut, et que le Pape confirma, en 1539, prince-évéque de Trente, quoiqu'il ne fût que sous-diacre et dgé de vingt-sept ans. Le nouveau prélat alla rendre visite à l'empereur dans les Pays Bas, et, au bout de quelque temps, il fut envoyé, en qualité d'ambassadeur, à la diète de Bâtisbonne, où il défendit chaudement la cause de l'Église contre les erreurs de Luther. Enfin, en 1542, il se fit ordonner diacre, prêtre et évêque. Peu de temps après il fut demandé par le chapitre deBrixen, et, en effet, nommé administrateur du diocèse (1543). La même année le Pape Paul III l'éleva à la dignité de cardinal-prêtre , au titre de S. Césaire , non sans penser d'avance aux services que cet illustre prinee de l'Église pourrait rendre au concile universel de Trente, qu'on était en voie de réunir. A dater de cette époque, et pendant les dix-huit années de la durée du concile, le cardinal exerça une influence considérable en sa qualité d'évéque de Trente, de prince du territoire sur lequel se tenait cette grave assemblée, d'ami et de conseiller de l'empereur, et enfin de gouverneur de Milan (1555-58).
Quelques années après la clôture du concile (1567) il résigna l'évéché de Trente en faveur de son neveu, Louis Madruzz. Il avait déjà antérieurement obtenu du Pape qu'un autre de ses neveux, Jean-Thomas de Spaur, fût nommé son coadjuteur à Brixen, évéché dont il conserva le titre jusqu'à
sa mort. Il passa les dernières années de sa vie en Italie, en qualité de cardinal-évêque de Sabine, plus tard de Préueste, et enfin de Porto. Il mourut à l'âge de soixante-six ans, à Tivoli , le 5 juillet 1578. Nous ne nous occuperons point ici des services politiques qu'il rendit à l'empereur et à l'empire, et qui lui valurent la faveur particulière de Charles-Quint, du roi des Bomains, Ferdinand, et de son fils Maximilien, pour ne nous arrêter que sur la part active que le eardinal Madruzz prit aux travaux du concile de Trente et le zèle avec lequel il travailla à la réforme du diocèse de Brixen.
Il soutint avec beaucoup d'autorité, au concile, les demandes des Allemands, qu'appuyait l'empereur et qui avaient rapport à la réforme de la discipline ecclésiastique, réforme au moyen de laquelle les Catholiques espéraient encore pouvoir s'entendre à l'amiable avec les protestants. C'était dans cet espoir que le cardinal demandait, au nom de l'empereur, qu'on traitât de la réforme de la discipline avant d'entamer la discussion des dogmes de foi. Déjà la plupart des évéques inclinaient dans ce sêns, lorsque le premier légat du Pape, en déclarant qu'il n'avait rien à objecter contre cette manière de procéder, remarqua qu'il faudrait, dans ce cas, qu'avant tout les cardinaux et les évéques présents consentissent à donner l'exemple, à ne conserver qu'un seul diocèse, à dépouiller toute pompe, tout luxe, toute vanité mondaine (Madruzz aimait la pompe et l'éclat); que, quant à lui, il était tout prêt et attendait les ordres du concile. Les paroles du légat furent comprises. Madruzz et les évéques de son parti cessèrent leurs instances et leurs agitations tumultueuses, et l'on convint de traiter simultanément, dans toutes les sessions, des dogmes de foi et de la réforme de la discipline.
MADRUZZ
Madrtizz insista beaucoup aussi pour obtenir la traduction de la sainte Écriture en langue populaire, et prit vivement fait et cause pour les Allemands qui désiraient obtenir la communion sous les deux espèces. Tout eu suivant les travaux du concile, et après leur clôture , il mit un soin extrême à maintenir la vraie foi et à rétablir une bonne discipline dans son diocèse de Brixen. A cette fin il fit sérieusement observer les commandements de l'Église, la confession et la communion annuelles, qu'on ne devait administrer que sous une espèce , conformément aux décrets du concile ; il veilla au renvoi des mattres d'école suspects, à la prohibition des livres dangereux, et, à cet égard, invoqua énergiquement le concours du pouvoir temporel. Il institua de fréquentes assemblées du clergé, Gt de nombreuses visites pastorales, mit aussi promptcment que possible les décrets du concile de Trente à exécution. Il signifia aux membres de son clergé rémii : 1° qu'ils eussent, dans le délai de quinze jours, à éloiguer de leur maison toute personne suspecte ; 2° qu'ils se gardassent de fréquenter les auberges et les cabarets et de se livrer aux excès de la boisson ; 3° qu'ils eussent à remplir exactement les obligations résultant de leurs bénéfices, menaçant de l'excommunication quiconque violerait ses prescriptions. Il échoua contre des obstacles indépendants de sa volonté dans le dessein qu'il avait d'établir le séminaire ecclésiastique prescrit par le concile pour chaque diocèse. Il publia une ordonnance judiciaire destinée à sa principauté de Trente , intitulée Constitutions Christophorinx. Il publia de même, pour le diocèse de Brixen, une nouvelle édition de l'ancien ObsequiaU (de Melchior de Mekau), avec quelques améliorations (1555), devant servir de règle dans l'administration des sacrements et le rit des
cérémonies (Obsequiale secundum consuetudinem et statu ta Brixinensis diœcesis. Dilingx excudebat Sebaldus Mayer, io-4°), en enjoignant à tous les prêtres, lors de l'administration des sacrements et des autres actes et cérémonies du culte, de se conformer rigoureusement à cette règle commune du diocèse.
Le cardinal était instruit, lettré, ami de la science , et d'une libéralité sans borne. Lorsqu'on considère les énormes dépenses que son titre de prince de Trente lui imposa durant la tenue du concile, l'hospitalité qu'il dut exercer à l'égard de tous les évéques , de tous les ambassadeurs réunis dans cette ville, celle qu'il pratiqua si largement à l'égard de l'empereur et de sa cour, du Pape et de sa suite , on est disposé à excuser le cardinal d'avoir occupé, durant le concile, non-seulement deux diocèses, mais encore d'avoir touché depuis 1546, par une faveur spéciale de Charles-Quint, une pension annuelle de 2,000 ducats sur les revenus de l'archevêché de Saint-Jacques de Compostelle.
Les savants pleurèrent sa mort ; les circonstances justifièrent ses faiblesses.
Ses travaux au concile de Trente immortalisèrent son nom.
Cf. Bonelli , Monumenta Ecclesix Tridentinx, vol. III, P. II, Tridenti, 1765, p. 195-211 , et le volume précédent du même ouvrage, sous le titre :
Notizie istorico-critiche délia Chiesa di Trento, vol. III, P. I, dans lequel se trouve une collection de documents émanant du cardinal ; Memorie Madruzktne, p. 399-448 ; Cf. l'Église de Saint-Vigile etses pasteurs, de Schuitzer, Botzcn , 1825, t. I, p. 816-34*; Sinnacher, Documents pour servir à l'histoire de l'évéché de Sàben et de Brixen en Tyrol, VII t., Brixen, 1830, p. 392-616; enfin Pallavicini, Historia concilii Tridentini, lib. 5, 6, 7 et 8. Fessler.
MAFFÉI
mafpéi.— I. Maffri (Végius), né à Lodi, chanoine de Saint-Jean de Latran et dataire pontifical, mort en 1458, est l'auteur d'excellent* ouvrages. Suivant Du Pin (l), parmi les écrivains de son temps nul n'a dit des choses plus utiles d'une manière plus agréable et plus élégante que Maflei. A la téte de ses ouvrages se place son Traité de l'Éducation chrétienne, un des écrits les plus complets et les mieux pensés sur cette matière ; les six livres de la Persévérance religieuse , le Discours sur (es quatre Fins dernières sont égaleraeut remarquables par le fond et la forme. On peut encore citer le Dialogue sur l'exil de la vérité, plusieurs poésies, la traduction du 18* livre de l'Enéide, etc.
II. Mappbi (Raphaël) , né en 1450 à Vol terra, en Toscane, mort en 1522, se Ot connaître par ses Commentaria Urbana, Lyon, 1599, et par la traduction latine de quelques ouvrages grecs, tels que dix discours de S. Basile.
III. Mafféi {Bernardin), cardinal, né à Rome en 1514, mort en 1553 , fut prôné, par ses contemporains comme protecteur des sciences et auteur de quelques ouvrages estimés.
IV. Mafféi (Giampiétro), célèbre Jésuite, naquit en 1535 à Bergame, fut pendant quelque temps au service d'un prélat romain ; y entra en rapport intime avec Caro, les Mauuce et d'autres savants; professa, à dater de 1563, avec un grand succès, l'éloquence à Gènes, et revint deux ans après à Borne. Il entra en 1565 , le 25 août, dans la Société de Jésus, et continua de professer l'éloquence au Collège romain. Ayant acquis une grande célébrité par la traduction latine de l'histoire des Indes par le P. Aosta , il fut appelé à Lisbonne par le cardinal Henri de Por-
(I) Nouv. BibtMJt. de* dut. ceci. , t. XII, p. ï», l'uri», 17QQ.
tugal pour y travailler à une histoire générale des Indes, d'après les documents originaux des archives de cette ville. A la fin d'un séjour de plusieurs années dans la péninsule pyrénéenne, il revint en Italie, vécut encore quelques années soit à Borne, soit à Sienne, et mourut à Tivoli en 1603. Le roi d'Espagne, Philippe II, et le Pape Grégoire XIII le tenaient en haute estime.
Ses écrits se distinguent par une belle latinité, à laquelle il tenait tant qu'on prétendit qu'il avait demandé au Pape l'autorisation de dire le bréviaire en grec. Il composa une Biographie de S. Ignace de Loyola , Y Histoire universelle des Indes, en 16 livres, que nous avons citée, et Y Histoire du pontifical de Grégoire Mil. Voir Maffci, Storia délia Lett. i7o/.,M l o no, 1825, t. II, p. 275; Feller, Dictionnaire historique.
V. Mafféi (François- Scipion), né à Vérone en 1675, mort en 1755, le plus célèbre des Mafféi : poète , réformateur du théâtre, éditeur d'urje gazette littéraire qui exerça une grande influence sur la littérature de son temps, fondateur d'une société savante à Vérone , ayant pour but les progrès de l'étude du grec; antiquaire et archéologue, diplomate et historien remarquable (Storia d iplomatica, Mantua , 1727 ; Verona Ulustrata, Verona, 1731-32, in-fol., et 1792-93, t. VIII). Il enrichit aussi le domaine religieux et moral de plusieurs ouvrages intéressants. Sou édition des œuvres de S. Hilaire de Poitiers parut en 1730, à Vérone; son Istoria teologica délie dottrine e délie opinioni corse nei cinque priml secoti délia Chiesa, in proposilo delta divina grazia , del libero arbitrio et délia predestina%ione , est dirigée contre le jansénisme; son traité dei Teatri antichi et moderni, combat les censures exagérées du P. Concina contre le théâtre, et obtint