‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 28 sur 224 · MAGDALA · texte numérisé non relu

MAGDALA

l'approbation du Pape Benoît XIV.

Dans son écrit : Setenza cavalleresea, il démontra que le duel est contraire à la religion , aux bonnes mœurs et aux intérêts de la vie civile. Dans un autre écrit , Dell' Impiego del danaro, il prouva qu'on peut prêter de l'argent à intérêt. 11 écrivit aussi quelques opuscules contre l'existence de la magie.

Voir Mafféi, Storiadella Lett. ital., t. III, p. 281.

SCHRÔDL.

MAGDALA (Mo^oXoî), situé au bord du lac de Génézareth (1), aujourd'hui Madschel, est un sale et misérable village (2). D'anciennes murailles marquent encore l'enceinte et l'importance de l'antique Magdala. D'après les rabbins Magdala était si rapproché de Tibériade qu'on pouvait entendre de l'une à l'autre de ces villes les crieurs publics(3). Aujourd'hui les ruines de ces deux villes sont à peu près à uue lieue les unes des autres. La Vulgate, au lieu de MayV*> %, qui sfttrouve dans S. Mat th., 15, 39, a lu Mepto; B, D, Syr. Cant.

(adoptés par Lachmann), ont Ma-vx^âv.

On ne trouve plus ce nom; il put facilement disparaître devant celui de Magdala, plus connu par Marie-Madeleine, Magdalena. Il faut, dans tous les cas, chercher ce Magédan, tout comme le nS"UO des rabbins, au bord occidental du lac (4). Seulement, si les deux endroits ne sont pas identiques, on ne peut déterminer exactemeut la position du second.

magdebourg, archevêché. On peut faire remonter l'existence de Magdebourg ( Magadaburch , Magathaburg, Magadeburg, Maugetheburg, Parthenopolis) jusqu'au temps de Charlema-

(1) f'oy. GÉKtZARETR.

(2) Schubert, III, 250.

(3) Hieroa., Schevrii., fol. 58, 4.

(»} Cf. Dalmanutiu. «

gne (t). Sa prospérité date d'Othuu le Grand. Cet empereur, à la demande de sa femme Édith, agrandit Magdebourg (929-939). Les reliques du martyr Innocent furent apportées, par ordre de l'empereur, avec de grandes démonstrations de vénération dans la ville. Othou fonda et dota aussi les églises de Saint- Pierre, de Saint-Maurice et de Saint-Innocent (21 et 27 septembre 937), et fit don de la ville même à sa femme. Édith mourut en 940, après une union de dix-neuf années.

Magdebourg et ses environs appartenaient au diocèse de Halberstadt. Tant que Bernhard, septième évéque de Halberstadt (2), vécut, il s'opposa à l'érection d'un évéché à Magdebourg, qu'Othon désirait depuis longtemps. Après sa mort, son successeur, Hilliward, consentit au vif désir d'Othon, et céda une portion notable de sou diocèse au territoire de l'évéché nouvellement fondé, partemque parochix , quœ sita est inter Aram, etAthim, et Badam /lurios, et insuper riam g use Fritherici dicitur, Deo concessit sanc toque M ritio ac imperatori (3). Il y ajouta toutes les cures situées entre le lac Salé, la Saale, l'Unstrut, la Helme et le fossé près de Walhausen. Pour que l'archevêché eût aussi ses suffragants, on lui subordonna les trois nouveaux diocèses de Mersebourg, Meisseu et Zeitz. Plus tard Havelberg et Brandebourg, deux évéchés fondés sous Othon et subordonnes à Mayeuce, furent unis à l'archevêché de Magdebourg (968).

Le premier archevêque de Magdebourg fut Adalbert v970). Cet Adalbert consacra les premiers évéques de Mersebourg, de Zeitz et de Meissen, et leur fit promettre, ainsi qu'aux évéques déjà sacrés de Brandebourg et de Havelberg, l'obéissance canonique envers lui et ses

(1) Capit. Car. AfM n. 805.

(2) foy. HamursTADT.

(S) Thielmar, M. Chrvn., Il, 1*.

MAGDEBOURG

nés dîmes et à quelques domaines en litige. Il mourut eu 1051. Krantz le nomme un homme craignant Dieu.

Engelhard lui succéda en 1063. Henri IV, qui l'aimait, enrichit le diocèse de treize districts nouveaux et d'autres domaines. Werner, frère de Hanno, archevêque de Cologne, fut son successeur. Il prit parti dans la lutte des Saxons contre Henri IV. Eu 1075 l'empereur battit les Saxons près de Hohenbourg, et il les soumit entièrement après une seconde campagne entreprise contre eux. Us furent obligés de livrer en otage un certain nombre de seigneurs, qu'on donna à garder aux princes d'Allemagne. Werner de Magdebourg et Bucco, évéque d'Halberstadt, furent également remis par l'empereur à la garde de ses partisans.

En 1076 Henri IV renvoya quelques uns de ces otages et entre autres Werner, qui, malgré cela, se rangea de nouveau parmi les adversaires de l'empereur. Ceux-ci élurent en 1077, à Forchheim, Rodolphe de l^guabe eu qualité d'antiempereur, tandis qu'Henri IV se trouvait encore eu Italie. Wrcrner se rangea du côté de Rodolphe et combattit pour sa cause à la bataille de Melrichstadt, aux frontières de Franconie (8 août 1078), bataille dans laquelle la victoire sembla incliner du côté d'Henri IV. Werner fut atteint et tué en fuyant dans un bois.

Son successeur, élu à la demande de l'antiempereur, fut Rodolphe Harduicus, autrefois premier aumônier de Siegfried , archevêque de Mayence. II s'éleva aussi contre Henri IV, et fut, à la demande de l'empereur, déposé dans un concile de Mayence de 1085. Un autre Harduicus, abbé de HirschTeid, fut appelé à le remplacer, tandis que l'archevêque demeura à peu près quatre ans en exil. En 1089 il fut rétabli dans sa dignité par Henri IV, après lui avoir

D'après Thietmar, il sacra aussi, dit-on, Jordan, premier évéque de Posen.

L'empereur Othon fut enseveli à Magdebourg (973). Adalbcrt, ayant administré son archevêché en Gdèle pasteur pendant treize ans, mourut en 981. Il eut pour successeur Gisilharius , qui avait été antérieurement évéque de Mersebourg. Il conserva ces deux évêchés l'un à côté de l'autre, fut, après la mort d'Othon 111 (1000 après J.-C), appelé à Rome pour rendre compte de sa conduite, et bientôt après l'empereur Henri II lui ordonna d'abandonner l'archevêché et de retourner à son évéché de Mersebourg; mais il mourut peu de jours après avoir reçu cet ordre, en

On nomma à sa place, à la prière de l'empereur, le chancelier de l'empire Dagan (Taginus), dont ou loue « la justice, la piété, l'aménité, la générosité, la fidélité, la chasteté, la douceur, la prudence et la constance. »

Dagan eut pour successeur Waltherdus , que l'histoire prône également (1012). Il avait été choisi avant Dagan, mais avait dû céder le pas à celui-ci à la demande de l'empereur. Il mourut au bout de quelques semaines.

Le chapitre élut alors Théodoric ; mais à la recommandation de l'empereur l'élection fut modifiée : Géro, aumônier d'Henri II, Tut nommé archevêque, et Théodoric devint aumônier de l'empereur. Géro, qu'Albert de Stade nomme un saint homme, administra le diocèse pendant dix ans (jusqu'en 1023).

A sa mort le diocèse fut gouverné par un nouveau prélat recommandé par Henri II, Hunfrid (Manfrid), ancien aumônier de l'empereur et moine de WTùrzbourg. Après une longue contestation élevée entre Magdebourg et Ualberstadt au sujet des limites et des biens des deux diocèses, Hunfrid renonça à vinçt-deux paroisses, à certai- I promis fidélité. 11 administra alors le

MAGDEBOURG

diocèse jusqu'au moment de sa mort, en

Henri d'Asie, chanoine d'Uildesheim, lui succéda, mais n'administra que peu d'années, étant mort en 1107.

Après lui Adelgot gouverna le diocèse jusqu'en 1119, ayant de rudes combats à soutenir contre l'empereur Henri V.

L'archevêque Ruggérus mourut en

La nouvelle élection suscita de nouvelles luttes ; trois partis étaient en présence; l'un des compétiteurs, Arnold, fut tué par les bourgeois de Magdebourg. L'empereur Lothaire II , pour calmer les esprits et les réconcilier, proposa de nommer Norbert (1) au siège vacant.

Il fut accueilli avec enthousiasme. U mourut en 1 134.

Conrad, comte de Querfurt, fut unanimement élu à sa place ; il régna pendant sept ans, jusqu'en 1142.

Frédéric administra le diocèse jusqu'en 1152.

Wichmann, autrefois évéque de Naumbourg , le remplaça. Il prit parti pour l'empereur Frédéric Ier contre le Pape Alexandre III. Il flt, avec les grands du pays et d'autres évéques, la guerre à Heuri le Lion ; cependant les adversaires se réconcilièrent si bien qu'Henri, en partant pour la Palestine (1172), remit à Wichmann l'administration de ses États. En 1177 ce prélat négocia la paix entre l'empereur et le Pape, en se rendant à Venise. Il gouverna le diocèse jusqu'en 1192.

Son successeur, Ludolphe, combattit pour Philippe de Souabe contre Othon de Brunswick. Il régna jusqu'en 1205.

Après lui Albert (2), confirmé par le Pape dans sou autorité, fut créé cardinal. En 1207, le vendredi saint, la cathédrale de Magdebourg fut ruinée par

(1 ) f'oy. Norbert (S.).

(2) foy. ALBERT.

truclion de la nouvelle cathédrale, qui fut dédiée, comme la précédeute, à S.

Maurice, en 1211. On continua a. bâl'\r pendant plusieurs générations jusqu'en 1327. En 1363 la nouvelle cathédrale fut consacrée ; on y déposa le chef de S. Maurice et un doigt de Ste Catherine. Albert mourut en 1234.

Son successeur, Willebrand, mourut en 1253.

Après Rodolphe de Dingelstedt(i 260), Rupert fut élu archevêque et consacré à Rome par le Pape Alexandre IV.

Rupert, mort en 1268, eut pour suc cesseur Conrad deSternberg (1278).

A la mort de Conrad il y eut une double élection. Les deux élus se retirèrent moyennant une indemnité , et Gunther de Schwalenberg fut nommé; mais il renonça à sa charge dans Tannée même.

Son successeur, Bernhard , mourut en 1282, après deux années d'administration.

Éric, margrave de Brandebourg, qui, après la mort de Conrad, avait déjà été élu par uue partie des électeurs, obtint cette fois les voix de la majorité, au graud déplaisir des bourgeois de Magdebourg. A peine fut-il arrivé dans leur ville qu'ils se soulevèrent contre lui ; il fut obligé de fuir. Cependant il parvint à se réconcilier avec la bourgeoisie et resta en charge jusqu'en 1295.

Après Bernhard II (1304) et Henri II (1307) vint Burchard III. La guerre éclata de nouveau entre le pasteur et son troupeau. Burchard fut contraint dje quitter la ville, et l'assiégea en 13 14, à l'aide du margrave de Meissen et du duc de Brunswick. La ville fut prise ; mais la lutte intestine dura encore bien des années. En 1325 Burchard fut surpris par des conjurés, jeté en prison et égorgé. La ville fut frappée d'excommunication par le Pape Jean XXII.

Eu 1327 Othon, landgrave de H esse,

MAODEBOURG

fut élu, à la recommandation du Pape Jean XXII, et il administra jusqu'en 1361, au milieu de perpétuelles agitations.

Enfin, grâce à l'intervention de l'empereur Charles IV et du Pape Innocent VI, le chapitre éleva au siège archiépiscopal Théodorlc, évéque de Minden (1). Ce prélat veilla avec une sollicitude parfaite au bien-être spirituel et temporel de son diocèse. Il acquit une foule de domaines nouveaux. Le 27 octobre 1863 eut lieu In dédicace de la nouvelle cathédrale, à laquelle assistèrent sept ou huit évéques, six abbés, huit à douze princes de l'empire, un grand nombre de comtes et de chevaliers, outre la noblesse du pays. Le conseil municipal présenta le vin d'honneur à ces illustres hôtes; les quatre jours suivants furent employés à des tournois et à toutes sortes de réjouissances. Tout désordre, tout danger avait été prévu et prévenu par les sages dispositions de cet enfant de la ville de Stcndal (l'archevêque était le fils d'un tailleur de Stendal). Jamais on n'avait rien vu d'aussi magnifique à Magdebourg, et il avait fallu un siècle et demi de préparatifs pour arriver à ce résultat (2).

Théodoric mourut en 1867 et se fit ensevelir dans le couvent de Lehnin, dont il avait fait partie. D'après d'autres récits il fut enterré dans la cathédrale de Magdebourg,

Le chapitre élut, pour lut succéder, Frédéric, évéque de Mersebourg ; mais l'empereur Charles IV lui fit recommander, par le Pape Urbain V, comme candidat, Albert de Bohême. Ce prélat déposa bientôt cette dignité, en changeant de titre avec Pierre, évéque de Leuthomischl (1872).

Ce Pierre de Leuthomischl demeura archevêque de Magdebourg jusqu'en

(1) Voir Monographie du prof. Guerickt à Helnutudi, Hanovre, 17W.

(1) Voir LentMo, HUt. de Magdebourg.

1881, renonça alors à cette haute pré-

lature et mourut en 1387 à Olmùtz, où il s'était retiré. Louis, fils de Frédéric, landgrave de Thuringe, sut alors s'emparer de Magdebourg sous le titre d'administrateur du diocèse.

Ce prélat passa de diocèse en diocèse, cherchant partout du repos et ne le trouvant nulle part. Il avait été successivement évéque à Halberstadt et à Bamberg; il obtint de Grégoire XI, à la demande de Charles IV, le pallium de Mayence ; mais il ne put l'emporter sur son compétiteur, Adolphe de Nassau. Ne voulant pas renoncer à Mayence, il ne se nomma qu'administrateur de Magdebourg; mais la mort régla l'affaire; il périt dans un incendie à Calbe, en 1381, en tombant du haut d'un escalier.

Frédéric de Mersebourg, nommé plus haut, était depuis quelques mois archevêque (1382) lorsque la mort l'enleva.

Alors Albert de Querfurt administra, pendant vingt aus, avec gloire l'Église de Magdebourg. Il chercha, autant qu'il le put, à conserver la paix, et augmenta les richesses de son Kglise (1403).

Gunther, comte de Schwarzbourg, son successeur, passa à la guerre presque tout le temps de son épiscopat. En 1 429 son diocèse fut ravagé par les Hussites; Gunther, malgré son humeur guerrière, n'osa pas hasarder une bataille contre eux. L'armée réunie près de Leipzig contre les Hussites, renforcée par tous les princes de la Saxe, se dispersa (1430). Là-dessus éclatèrent de longs différends entre la ville de Magdebourg et Gunther , à la suite desquels la ville fut excommuniée. L'administration agitée de Gunther se termina en 1444. A son lit de mort il recommanda, comme un solide successeur, le comte Frédéric.

Frédéric s'efforça surtout de maintenir la paix. Nicolas de Cuse, qui visitait alors l'Allemagne en qualité de légat du Pape, et qui fut accueilli avec

MAGDEBOURG

joie à Magdebourg, foulant caractériser le zèle employé par Frédéric en faveur de la religion, disait de lui qu'il n'avait trouvé qu'un seul évéque dans toute l'Allemagne. Frédéric s'appliqua surtout à la réforme des mœurs des couvents et donnait l'exemple à tous; il portait constamment un cilice. Il mourut en 1464. Son épitaphe porte : Ci gît In dépouille d'un éminent pasteur, qui fut la loi des couvents, la lumière du clergé, la paix des peuples.

Jean, jusqu'alors évéque de Munster, fut, en tout, le digne successeur de Frédéric.

Le dernier évéque du quinzième siècle fut Ernest, duc de Saxe, que les intrigues de son père, l'électeur Ernest, auprès du Pape Sixte IV, de l'empereur Frédéric III, de l'archevêque Jean et du chapitre de Magdebourg, firent nommer coadjuteur de Magdebourg, quoiqu'il n'eût que onze ans. En 1495 Ernest parvint à régler les longs différends élevés entre la ville et l'archevêque. Ernest mourut en 1513. Son épitaphe porte: « Il vécut quarante-neuf ans; il gouverna l'Église de Magdebourg trentesept ans et celle d'Halberstadt trentetrois. Que son âme repose dans la lumière et la paix. *

Le successeur d'Ernest futÀlbert(l), de la maison de Braudebourg. Il devint la même année administrateur d'Halberstadt, et, en 1514, archevêque -électeur de Mayence.

Albert n'eut pas le temps de s'occuper de l'archevêché de Magdebourg et ne put par conséquent pas s'opposer à l'introduction de la réforme. Elle eut lieu en 1524. Alors les archevêques furent remplacés par des administrateurs, la plupart de la maison de Brandebourg(2), qui se succédèrent jusqu'au moment où le diocèse fut incorporé à la principauté

(\) Foy. Albkrt.

12} l'oy. BKAtVDKBOCHC

électorale de Brandebourg. Ces administrateurs furent, outre le cardinal Albert, qui mourut en 1546, Albert, Frédéric, Sigismond, Jean-Frédéric et Chrétien - Guillaume , tous margraves de Brandebourg ; enfln Auguste de Saie.

L'administrateur Albert était encore évéque; il mourut en 1549. Son successeur, Frédéric, mourut en 1552. Son frère, Sigismond, lui succéda à l'Age de quatorze ans ; le soi-disant archevêque, qui en 1657 usurpa en outre l'évéché d'Halberstadt (1), abolit le culte idoldtrique des Catholiques. Après sa mort le chapitre , presque entièrement composé d'hérétiques, élut, avec le consentement de l'empereur Maximilien II , administrateur du diocèse , Joachim- Frédéric, fils de l'électeur Jean-Georges de Brandebourg (1566). Ce Frédéric avait été évéque de Havelberg (2) et de Lébus (3) , diocèses que son père Jean-Georges avait administrés pendant sa minorité.

Frédéric acheva l'œuvre de la réforme du diocèse commencée par son oncle. En 1570 l'archevêque Joachim-Frédéric célébra, avec l'assentiment de son chapitre, son mariage à Cùstrin; il épousa Catherine , fille de son oncle Jean , margrave de Brandebourg, mariage qui ne demeura pas stérile. A la mort de son père , Jean-Georges , Joachim- Frédéric lui succéda comme électeur de Brandebourg, et laissa à son second fils Chrétien - Guillaume l'archevêché de Magdebourg. Ce Guillaume était né à Wolwirstàdt en 1587, et ne se mit à la tête de l'administration épiscopale de Magdebourg qu'en 1 608. La paix de Prague assura 1 archevêché de Magdebourg au prince Auguste de Saxe, sa vie durant, à la condition qu'il payerait annuellement 12,000 thalers à Chrétien-Guillaume.

(1) foy. Halbf.rktadt.

(2) Foy. lUvtLBEllC.

(I) f oy. Ltois.

MAGDEBOURG

La paix de West plia lie remplaça cette pension annuelle par des domaines dont Chrétien •Guillaume jouit jusqu'à sa mort, en 1665; il n'eut point de descendance mâle. A la mort d'Auguste (1680), Magdebourg, d'après les dispositions de la paix de Westphalic, échut en partage, sous le nom de duché, à la principauté électorale de Brandebourg, et il est demeuré jusqu'à ce jour à cette maison souveraine.

On compte jusqu'à Auguste quarantehuit archevêques de Magdebourg.

Quant a la manière dont la réforme s'introduisit à Magdebourg, quiconque a lu l'histoire de la réforme d'une ville sait cette histoire pour tous les endroits de la terre; ce qu'elle fut partout, elle le fut à Magdebourg. Toutefois cette ville précéda les autres cités d'Allemagne dans son empressement à embrasser les doctrines nouvelles. Les prédications de Melchior van der Heyden (Myricius), moine augustin chassé de Hildesheim, d'Éberhard Widensée, renvoyé d'Halberstadt, et du Franciscain Fritschhans, qui attaquaient surtout le clergé et les cérémonies religieuses de l'Église, furent favorablement accueillies par une portion notable des habitants.

Ils se réunirent, le 23 juin 1524, à sept prédicateurs dans le couvent des Augustins , et formulèrent les demandes suivantes qu'ils soumirent au sénat.

L'autorité municipale , disaient-ils, devait faire : 1° prêcher la pure parole de Dieu sans mélange de doctrine humaine; 2° interdire la messe; 3* autoriser la communion sous les deux espèces; 4° former une caisse ecclésiastique commune à toutes les fondations de l'Église ; 5° abolir les couvents , permettre aux moines et aux religieuses de se marier ; laisser à cbacuu la liberté de demeurer dans son ordre, si cela lui convenait, à condition de déposer son costume et de renoncer aux vieilles momeries et de se faire

instruire dans l'Évangile; 6° exiger enfin que le clergé remplit ses fonctions gratuitement.

Le sénat accueillit ces demandes, obtînt de l'électeur Frédéric de Saxe l'envoi du réformateur Nicolas Amsdorf, et l'Évangile fut introduit grâce à un bouleversemeut général. Le culte catholique fut abrogé, ses fêtes furent rayées du calendrier ; une populace furieuse se précipita dans les églises , armée de pierres et de bâtons, et y fit main basse sur les prêtres violemment interrompus au milieu de leurs fonctions ; de simples laïques montèrent en chaire et proclamèrent qu'il fallait défendre la parole de Dieu le glaive à la main. Les reliques furent dispersées, les saintes images déchirées, les vases sacrés pillés, les couvents dévastés, les religieuses jetées sur le pavé.

Le sénat s'était arrogé l'autorité épiscopale et en exerçait les droits ; il promulga une ordonnance instituant le culte nouveau, abolit la messe, introduisit la communion sous les deux espèces, le chant allemand, et crut devoir justifier ces actes d'usurpation dans un Mémoire spécial qu'il publia.

Le 31 décembre 1526 toutes les lumières furent éteintes dans la cathédrale, et c'en fut fait de l'antique culte de cette vénérable métropole. Le sénat , ayant été appelé à rendre compte de tous ces faits devant l'empereur, justifia ses actes en les déduisant des droite et des obligations des autorités chrétiennes, et s'excusa d'avoir été dans l'impossibilité de mettre un frein à la fureur d'un peuple déchaîné. Cependant le sénat, tout en se justifiant, se prépara à la défense ; il mit quinze cents cavaliers sur pied, les arma en cas d'attaque et s'associa bientôt à l'alliance de Torgau. Ce que le sénat, les prédicants et la populace avaient encore laissé de-

(1) roy. A X8D0RF.

Page 1