MAISTRE (J. DB
US
dateur des apanages des princes. Joseph était l'alné de dix enfants; il entra dans la magistrature. Sénateur à Chambéry en 1787, il s'était marié en 1786 avec mademoiselle de Morand, dont il eut un fils, le comte Rodolphe, qui suivit la carrière des armes, et deux filles : Adèle, mariée à M. Terray, et Constance, qui épousa le duc de Laval-Montmorency.
Il éinigra en 1793, après l'occupation de sa patrie par les Français, séjourna à Lausanne, en Suisse , et publia, durant ce séjour, les Considérations sur la France; les Lettres d'un Royaliste s a rois ie h; V Adresse des Émigrés à la Convention nationale; Cinq Paradoxes, etc., etc. Le roi de Sardaigne ayant été obligé en 1 799 de quitter la terre-ferme, le comte de Maistre le sui-* vit dans 111e de Sardaigne et y fut nommé régent de la chancellerie royale (première place de la magistrature dans l'île).
En 1802 il fut envoyé comme ministre plénipotentiaire à la cour de Russie. Ce fut à Saint-Pétersbourg qu'il composa : des Délais de la Justice divine; Essai sur le Principe générateur des institutions humaines; du Pape; de ï Église gallicane; les Soirées de Saint-Pétersbourg; Examen de la Philosophie de Bacon (posthume), et plusieurs opuscules : deux Lettres à une dame protestante et à une dame russe; Lettres sur lf Éducation publique en Russie; Lettres sur C Inquisition espagnole; Examen d'une édition des Lettres de madame de Sévigné. Il ne revint en Italie qu'en 1817, en qualité de ministre d'État, chef de la grande chancellerie de Sardaigne et membre de l'Académie des Sciences. En 1818 M. de Maistre perdit son frère André, évéque d'Aoste. Ce fut pour lui une immense douleur, qui rendit chance* lante une santé qui avait résisté au climat de Saint-Pétersbourg et à celui de la Sardaigue.
Il mourut subitement à Turin, le 36 février 1821, à l'âge de soixante-sept ans.
Outre les ouvrages que nous venons de citer on a publié, depuis la mort du comte de Maistre :
I. Lettres et Opuscules inédits, 2 vol. in -8°, Parts, Vaton, 1851 , publiés par son fils, le comte Rodolphe;
II. Mémoires politiques et correspondance diplomatique , avec explication et commentaires historiques, par Albert Blanc , docteur en droit de l'université de Turin, Paris, 1868; 2« édit., corrigée, 1859.
III. Correspondance diplomatique (1811-1847), recueillie et publiée par Albert Blanc , 2 vol. in-8% Paris, Michel Lévi, 1860.
IV. Quatre Chapitres inédits sur la Russie, publiés par son fils, le comte R. de Maistre, Paris, Vaton, 1859.
La foi catholique est l'âme des livres de M. de Maistre, aussi remarquables par la forme que par le fond. Personne n'a démontré avec plus d éloquence, de raison, de force et de génie, que l'ébranlement général de l'Église et de l'État a ses causes véritables et profondes dans les fausses doctrines du temps, et que la religion est le premier et le plus indispensable besoin de la société. Le comte de Maistre fut le premier écrivain qui entreprit d'exposer les services rendus par la Papauté à la civilisation européenne et de prouver que l'autorité pontificale est le vrai fondement de la société moderne. Il le fit avec un incomparable esprit, dans un style étincelant et original, qui fait de M. de Maistre un des premiers écrivains du siècle, comme il est un des plus grands penseurs de tous les siècles.
C'est surtout dans la correspondance de cet homme, aussi bon que spirituel et aussi spirituel que sage , qu'on peut apprendre à connaître la vivacité de cette intelligence toute française, la