I. Goschleb
maître, magister. On nommait originairement ainsi dans les chapitres les ecclésiastiques auxquels étaient confiées l'instruction et l'éducation des domicelii (1). Le maître des écoles, magister scholarum, l'écolâtre, le SCOlastique, scholasticus , professait et surveillait en même temps tout le personnel de l'enseignement ; mais peu à peu la charge de l'écolâtre devint une dignité capitulaire. L'écolâtre ne dirigea plus que d'une manière générale les écoles, et ce fut lui qui nomma les véritables maîtres.
Après l'abu lition de la vie canonique, dans certaines localités, les domicelli continuèrent à demeurer dans des bâtiments communs, sous la surveillance de l'écolâtre; dans d'autres localités ces écoles tombèrent complètement.
C'est pourquoi le troisième concile de Latran ordonna (2) que dans chaque église cathédrale on instituerait un maître, magister, auquel l'évêque assignerait un bé né lice , et qui aurait l'obligation d'enseigner gratuitement la grammaire aux écoliers du lieu et à ceux du dehors qui seraient pauvres, magister grammatices,grammaticus.
Il devait y avoir de même, dans chaque métropole, un magister theologix, theologus, chargé d'enseigner gratuitement les diverses parties de la théologie, et notamment l'exégèse et la pas-
(1) Voy. DOMICELU.
12) C. U X, de Ma9Ulri,t 6, ».
torale (1). La signification du mot magister se modifia complètement, avec toute l'organisation des études, lorsque les universités se constituèrent. Chaque professeur public qui avait réuni un certain nombre d'écoliers autour de lui, et qui leur faisait un cours, soit de théologie, soit de jurisprudence , de médecine ou de belles-lettres, fut appelé maître, magister, ou docteur, doctor, sans que ces mots désignassent, dans l'origine, une dignité spéciale. Peu à peu seulement le titre de maître ou de docteur désigna une véritable dignité académique (2). Le magister et le docteur marchaient de pair ; ils avaient le grade le plus élevé; ils jouissaient des mêmes droits, des mêmes privilèges, et, quand on établissait quelque différence entre ces deux titres, cela dépendait de quelques particularités locales, de quelques coutumes spéciales.
Ainsi, en France, en Espagne et en Italie, ceux qui avaient obtenu la plus haute dignité académique en théologie se nommaient régulièrement magistri theologiœ, tandis que le grade correspondant dans les autres facultés était le doctorat; toutefois les gradués en philosophie se nommaient aussi maîtres.
Cette dénomination est tombée dans les temps modernes.
Cf. Reiffenstuel, J. C. T., t. V, lib. V, tit. S; Fagnani, Comment, in I part. lib. V Décret., p. 203; Ferraris, Prompta Bibl.t s. v. Magister.
Kobeb.
MAITRE-AUTEL. Voyez A UT EL CHEZ LES Cfl B i TIENS.
MAITRE DU SACRÉ PALAIS, fflO-
gister sacri palatii. S. Dominique (3), étant à Rome, interprétait, dans la cour pontificale où se trouvaient les écoles de théologie, la sainte Écriture devant un nombreux auditoire, et c'est
(1) c. t, x, fi. t.
(2) V oy. Dec tu s ac nnr miqles.
(S) f'uy. Dominique (S).