MAITRE DU SACRÉ PALAIS - MAJOR
à ce fait que se rattacha, dit-on, peu à peu, la charge de maître du sacré palais et la coutume d'en revêtir toujours un Dominicain i . Suivant une autre version, S. Dominique, s'étant aperçu que, tandis que les cardinaux étaient en affaires avee le Pape, leurs gens perdaient leur temps dans l'oisiveté et dans des folies, obtint du Pape Honorius III que, pendant les heures passées par leurs maîtres avec le souverain Pontife , on les réunirait pour leur expliquer l'Écriture sainte, et, à la demande du Pape, S. Dominique entreprit cet enseigoement et fonda ainsi , en quelque sorte, la charge permanente de maître du sacré palais (2).
Au treizième siècle, dit Échard (3), les fonctions du maître du sacré palais consistaient surtout à diriger les écoles romaines et pontificales , et à expliquer publiquement l'Écriture sainte, in tcho-
in publica S. Scriptura expositione.
Peu à peu l'autorité et les attributions du maître du sacré palais s'accrurent, surtout à dater de Turrécrémata (4), qui fut en même temps théologien du Pape, ayant rang d'auditeur de rote.
Depuis, c'est au maître du sacré palais d'examiner si ce qui, à la cour romaine, doit être soumis au Pape, est conforme à la doctrine catholique ; de désigner, pour certaines solennités, les prédicateurs, et d'examiner leur sermon. Il est censeur de tous les livres qui se publient à Rome, dans plusieurs congrégations; il avec les auditeurs de rote , à la suite desquels il prend place dans la chapelle papale, à la tenue du conclave, peut conférer le grade de docteur en théo-
(1) Bolland. ad 4 Alignât, de S.
Comment, prtrv., $ XXIX. Ëchard et Quétif, ScripL ord. Pral., t. I, p. 15, et t. II, p. 996.
(2) Voir Bolland., I. a
(S) Script, ord. Pned., t, I, p.
(ft) Voy. TUlKlCHtMATA.
logie et en philosophie, et jouit encore de plusieurs autres prérogatives (l).
MAJESTÉ DE DIEU. Voyez DlEU.
MAJESTÉ LETTRE DE). Voy. GUBBBB DB TbEMTE-ANS.
MAJESTÉ (DBOITSDB). Voyez JUBA CIBCA SACBA.
MAJOLUS, ABBE DB CLUNY. Voyez
Cluny.
MAJOR. Oint roy El. S F. DES Majo-
n i s tes. Cette controverse, qui fut principalement suscitée par Major, et dans laquelle il s'agissait de la nécessité des bonnes œuvres, commença en 1552, souleva, pendant bien des années, toute l'Allemagne, et contribua surtout à la solution particulière que la doctrine protestante de la justification reçut dans la Formule de concorde (2).
Ma job, George^ naquit le 25 avri 1502 à Kurenberg, et fut élevé, en qualité d'enfant de chœur, à la cour de Frédéric le Sage. Grâce aux secours généreux de l'électeur de Saxe et du conseil de Nurenberg , il put suivre, en 1521, les cours de l'université de Wittenberg. 11 s'adonna avec ardeur à l'étude de la philologie et de la philosophie, et entra en rapports avec Luther et Mélanchthon. En 1520 on lui confia la direction de l'école de Magdebourg, qui, grâce à ses soins, devint très-florissante. Sept ans plus tard il devint superintendant à Eisleben, et en 1539 il fut nommé professeur de théologie et prédicateur de l'église du château de Wittenberg. En 1544 il obtint la dignité de docteur en théologie. Major, jugé digne de cette mission par Luther, fut, le 10 janvier 1546, envoyé à la conférence religieuse ouverte, suivant le désir de l'empereur, à Ratisbonne, avec Bucer, Brenz et Schnepf, qui avaient pour instructions de régler leurs délibérations et leurs résolutions
(1) Zaccaria, Carte diRoma^ Roma, 171*, t. U.
(2) Voy. COMCOHDB (formule de}.
MAJOR
d'après laConfcssiond'Augsbourgetson apologie.
On parvint si peu à s'entendre que les députés de Saxe quittèrent Ratisbonne dès le 20 mars. Alors éclata la guerre de Smalkalde, et Major se vit obligé de quitter Wittenberg, menacé par le parti adverse. Il n'échappa à la misère, lui et sa femme, que grâce à l'offre que lui lit le duc Auguste d'une place de prédicateur à la cour et de superintendant à Mersebourg, en 1547.
L'année suivante ayaut vu la fin de la guerre, il put revenir à Wittenberg.
En vain le roi de Danemark et le duc de Holstein, Frédéric, lui offrirent de brillantes situations; il préféra accepter, en 1552, la place de superintendaut de l'église de Mansfeld, à Eisleben. Cependant il était dès lors devenu suspect au parti des zélateurs pour avoir pris une part active aux négociations de l'intérim de Leipzig (1), intérim dans lequel ils voyaient une foule d'erreurs papistes, et surtout pour avoir adopté l'opinion suivant laquelle l'homme n'est pas simplement un bloc inerte dans l'œuvre de son amendement et de sa justification.
En outre, à la fin de 1551, Amsdorf(2) lui avait reproché, dans un libelle, de favoriser l'adiaphorisme (3) et d'avoir falsifié la doctrine de la justification :
1° En écrivant dans un de ses ouvrages qu'il ne voulait passe disputer sur le petit mot $ola, ou sur la formule de la foi qui seule justifie;
2° En se servaut de l'expression :
C'est la foi surtout qui sauve;
3o En enseignant formellement que les bonnes œuvres sont nécessaires au salut.
Les prédicateurs du comté, ardents adversaires de l'intérim, firent d'abord des difficultés pour reconuaître Major comme leur supérieur, et ne se soumi-
(l) Voy. Intérim de Leipzig.
(ï) V oy. AMSDORr.
\i) Fvy. ÀDIAPHOMSTES.
rent qu'à la condition que le nouveau superiutendant ne changerait rien à la situation où il trouvait l'église et se justifierait de l'accusation publiquement portée contre lui. Major rédigea en conséquence, en 1552, une réponse au pamphlet accusateur d'Amsdorf et repoussa la première inculpation comme fausse, en défiant qui que ce fût de lui montrer dans ses écrits l'expression incriminée. Ensuite il s'expliqua de la manière la plus nette au sujet de la doctrine de la foi qui seule justifie ; mais il se crut aussi autorisé, au sujet de la doctrine des bonnes œuvres, à ne plus garder aucune réserve, et fit par conséquent imprimer dans sa réponse ces mots : « Ce que je reconnais, pour l'avoir enseigné, et l'enseigner encore, et vouloir l'enseigner tous les jours de ma vie, c'est que les bonnes œuvres sont nécessaires au salut. Je soutiens publiquement, en termes clairs, que personne ne peut être sauvé par des œuvres mauvaises, que personne ne peut être sauvé sans bonnes œuvres.
Je dis plus : quiconque enseigne le contraire, quand ce serait un ange du ciel, qu'il soit anathème ! »
Major, effrayé des conséquences de sa nouvelle doctrine de la justification , voulait en atténuer le danger par des restrictions, et il s'y croyait d'autant plus autorisé que non-seulement l'on trouvait dans les écrits de Mélanchthon, qui avait principalement fixé les termes de la nouvelle théologie, que les bonnes œuvres étaient nécessaires au salut, qu'elles méritent une récompense spirituelle et temporelle dans ce monde et dans l'autre (1), mais encore que Luther lui-même, surtout dans sa controverse antinomiste contre Agricola, s'était prononcé de la manière la plus formelle pour les bonnes œuvres.
(1) Foit S* édif. des Loci théologie t de 1543, dans le chnpitre de Boni» Operibuê*
MAJOR
Mais la graude masse des partisans du luthéranisme s'était trop imprégnée de la doctrine de l'inutilité absolue des bonnes œuvres, doctrine que les réformateurs avaient soutenue d'abord, pour que des restrictions postérieures, tendant à obvier aux suites dangereuses de ce système , pussent trouver accès auprès d'elle , et par conséquent il devait être très-facile aux adversaires ardents de Major de le rendre suspect d'hérésie en l'accusant d'être en contradiction flagrante avec les principes, une fois admis, de la nouvelle Église. Amsdorf , Flacius, Gallus, les prédicateurs de Hambourg et de Luheck, ceux de Lunebourg , Magdebourg et Mansfeld , s'empressèrent tous de protester par leurs ouvrages ou leurs avis motivés contre cette nécessité des bonnes œuvres, de quelque manière qu'on voulût la présenter et la justifier. La première conséquence de cette protestation générale fut qu'Albert, comte de Mansfeld, fit dire à Major que, sous peine d'un traitement sévère , il eût à quitter Eisleben et le comté. On ne communiqua pas même à l'accusé les plaintes élevées contre lui.
Major trouva prudent de céder aux ordres du comte par un éloignement rapide , qui ressemblait à une fuite, et il revint dans son ancien séjour de Wittenberg. Là il s'appliqua minutieusement à envelopper son thème de tant de clauses et de formules restrictives, à amoindrir tellement son assertion sur la nécessité des bonnes œuvres , qu'il put paraître tolérable à des oreilles protestantes; il se défendit vivement de toute idée de mérite ; il savait bien , disait-il, que l'homme est sauvé par la foi, sans les œuvres; qu'en tant que Chrétien justifié il possède déjà la béatitude ; qu'ainsi les bonnes œuvres ne servent absolument pas à conquérir le salut, que l'homme possède par la foi seule; il soutenait, ajoutait-il, non le
mérite , mais la nécessité du rapport des bonnes œuvres avec la foi, nécessita tem conjunctinois et debiti, non me~ riti , parce que la foi ne peut exister sans les bonnes œuvres, qui en sont les conséquences. Mais il ne manqua pas de montrer aussi les contradictions et les dangers que présentait la doctrine de l'inutilité des bonnes œuvres.
Les adversaires combattirent d'abord l'assertion de Major, qui avait soutenu que la nécessité des bonnes œuvres admise par lui n'impliquait pas qu'elles eussent aucune espèce de mérite par rapport au salut , et il faut avouer qu' Amsdorf et les autres adversaires de Major étaient dans leur droit et avaient raison de rejeter sa distinction comme inadmissible. Quand on dit que les bonnes œuvres sont nécessaires au salut, cette nécessité ne peut avoir d'autre motif que la promulgation, faite par Dieu même, que la sainteté et les bonnes œuvres, qui en sont le fruit, sont la condition indispensable du salut éternel , de telle sorte que celui qui a les bonnes œuvres conquiert le salut par là même , avec la condition posée par Dieu et accomplie par l'homme ; et comme, d'après les usages universels du langage humain, accomplir ce par quoi un bien ou un bienfait peut être acquis, ou remplir la condition sous laquelle le bienfait est promis , se nomme un wicritey quelque incommensurable que soit la différence entre la condition remplie et le bien donné ou la récompense promise , il est juste de dire que l'idée du mérite des bonnes œuvres ne peut être séparée de l'idée de leur nécessité pour le salut. Enfin Major retira tout à fait la proposition attaquée (en 1662), et, comme néanmoins on ne le laissait pas tranquille, il en appela , dans une nouvelle déclaration faite en 1567 et dans son testament de 1570, au tribunal de Dieu , qui sonde et connaît les œuvres, attestant qu'il n avait jamais eu l'inten-
MAJOR
tion de porter la moindre atteinte à la stricte doctrine luthérienne de la foi, qui seule sauve. Vaine protestation! Les théologiens d'iéna firent paraître un Mémoire, appuyé sur la parole de Dieu, dans lequel ils engageaient le monde à ne pas croire un mot de toutes ces assurances, priant Dieu de vouloir bien convertir le pauvre vieillard, pour qu'il ne mourût pas sans pénitence, ajoutant, toutefois , qu'ils craignaient bien qu'il n'y eût plus lieu de lui venir en aide.
Flacius(l) conclut même un opuscule qu'il avait opposé au Testament de Major en suppliant le Christ d'écraser le plus tôt possible la téte du serpent. Au milieu de ce conflit si long, si passionné, si amer (2), aucun des théologiens qui prirent part à la lutte, sauf le superintendant de Gotha, Juste Ménius, ne voulut reconnaître que Major, d'après son aveu, s'était écarté non du fond même de la pure doctrine de Luther, mais seulement de ses expressions. Ménius, peut-être par opposition contre Amsdorf, refusa de signer, en 1 554, une lettre ofûcielle qui condamnait formellement la doctrine de Major; mais il attira par là même la persécution sur sa tête. Le duc Jean-Frédéric le fit menacer d'une enquête des plus sévères. 11 ne réalisa pas immédiatement ces menaces, parce qu'on manquait encore de preuves; mais les zélateurs répandirent parmi le peuple le bruit que Ménius était devenu papiste. Ménius , pour se laver de ce soupçon , publia, deux ans après (1556), un opuscule sur la préparation à la bonne mort et un sermon sur la béatitude. Il professa dans ces deux écrits, de la manière la plus nette et la plus patente, la pure doctrine luthérienne , comme quoi et pourquoi nul ne peut être sauvé par la loi et les œuvres, et se
(1) Foy. Flaciur.
(J) a. G. Arnold, Hisu des Hérésie,, pan n, 1. 10, c 27, 8 8 «m.
garda soigneusement de faire allusion à la nécessité de la pénitence pour le salut. Cependant, dans le sermon, il avait montré que ceux qui sont sauvés sans la loi ni les œuvres , par la foi seule au Christ, doivent prendre garde de perdre par des péchés patents contre Dieu et contre leur conscience le salut qu'ils ont obtenu sans mérite aucun et par pure grâce, et s'efforcer de le conserver dans un cœur pur, dans une bonne conscience, avec une foi sincère, et de se maiutenir dans ces dispositions salutaires. Amsdorf découvrit le venin majoriste dans ces paroles et d'autres du même genre. Ménius, dénoncé par Amsdorf, fut frappé alors par la mesure dont il avait été antérieurement menacé, suspendu de ses fonctions, et dut comparaître devant une commission théologique réunie à Eisenach. Ménius fit avorter le plan conçu pour sa perte par la promptitude avec laquelle il signa une profession de foi strictement luthérienne que lui soumit la commission , et assura qu'il n'avait pas soupçonné les intentions qu'on avait trouvées dans ses paroles, et qu'il rectifierait volontiers toutes les expressions qui pouvaient être mal interprétées. Cette solution du procès intenté à Ménius amena un schisme entre les stricts Luthériens eux-mêmes. Ménius, malgré sa condescendance, perdit sa charge et mourut bientôt après à Leipzig, où il avait obtenu une place. Mais Amsdorf, mécontent du refus fait par plusieurs de ses partisans d'adhérer à la proposition qu'il soutenait que les bonnes œuvres ne sont dans aucun sens , et sous aucun rapport, nécessaires au salut, poussa ses assertions jusqu'à leurs dernières limites, et publia, en 1559, un opuscule intitulé : Comme quoi la pro* position : Us bonnes œuvres sont nul siblbs au salut, est une proposition vraie, chrétienne, enseignée etpréchée par S. Paul et S. Luther. - Wigand dit
MAJOR -
auss! dans une lettre à Weller : « On peut bien soutenir que les bonnes oeuvres sont nuisibles au salut ; quiconque ne professe pas cette doctrine diminue l'horreur du pécbé et la sévérité des jugements de Dieu ; qu'on dise, au contraire, que les bonnes œuvres sont nuisibles , on relève les mérites du Christ et exalte son obéissance. »
On comprend qu'aucune controverse du temps n'eut une influence aussi puissante et aussi générale sur la forme et le fond de l'enseignement religieux que la controverse majoriste, et que les laïques devaient prendre autant d'intérêt à la décision du litige que les théologiens et les prédicateurs.
La crainte de se rapprocher de la doctrine catholique que faisaitnaltre l'ensei- • gnement de Major, la conviction qu'il est plus facile de se consoler et de se tranquilliser, quand on fait dépendre le salut de l'acte de foi ou de la simple confiance que de la nécessité des bonnes œuvres, déterminèrent la solution, d'autant plus qu'on savait d'ailleurs que les doctrines favorables à la licence de la multitude sont toujours les mieux accueillies. La Formule de concorde rejeta le majorisme, quoique plusieurs rédacteurs de cette formule, tels que Jacques Andréa; lui-même (1), fussent enclins au majorisme. Major ne fut pas témoin de la fin de la controverse. Après avoir été malade pendant près de trois ans, il mourut à Wittenberg le 28 novembre 1574.
Une partie de ses œuvres a été publiée sous ce titre : Opéra D. G. Ma~ joris, Viteb., 1569, in-fol., 8 vol.
Cf. Adam, Vit. theolog.; Schrockh, Hist. de l'Église dep. la réf., t VI ; Plank, Hist. des Dogmes protestants, t. IV; Dôllinger, la Xé forme, t. III; Menzel, Nouv. Hist. des Allem., t. II et IV ; Walch, Controverses religieu-
(i) yoy. Amjhk.l (Jacques).
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ses de l'Êgl. luthérienne, Cf. aussi l'article Chemiutz.
Fritz.
majorims. Voyez Doit atistes.
majoritas. On prend cette expression de droit ecclésiastique dans un sens subjectif et dans un sens objectif.
1° Dans le sens subjectif on en tend par là la préséance à laquelle nonseulement le clergé en général, formant l'Église enseignante et dirigeante, a droit sur les laïques, mais encore celle à laquelle ont droit les ecclésiastiques entre eux, et que donne par exemple, toutes choses égaies d'ailleurs, l'ordination la plus ancienne, et, dans le cas où les ordres sont différents, l'ordre supérieur sur le degré inférieur (1).
Celui qui a été ordonné par le Pape a le pas sur celui qui a le même ordre, sans égard à la date de l'ordination (2). Les ecclésiastiques séculiers ont le pas sur les réguliers du même ordre ; parmi les séculiers, les chanoines des cathédrales sur les chanoines des collégiales ; parmi les religieux, les chanoines réguliers sur les moines, les ordres de moines sur les ordres mendiants ; parmi ceux-ci, les Dominicains sur tous les autres (3).
2° Dans le sens objectif on entend par là l'autorité résultant de la fonction, c'est-à-dire l'idée même du pouvoir attaché à une fonction ecclésiastique.
Les personnes revêtues de ces fonctions se nomment les supérieurs ecclésiastiques, superiores eecleslastlci, et constituent la hiérarchie, status hierareni* eus. A l'autorité ecclésiastique correspond l'obéissance canonique, obedientia canonica, du côté du subordonné, non-seulement parmi ceux qui n'ont pas de fonctions, mais encore parmi ceux qui en ont d'inférieures ; car les
(1) C. 1, 15, X, de Mqjor. et Obed., I, Si.
(2) C. "7, X, eod.
(S) Cf. Bened. XIV, d< Syn- dicte., I. III, c.10, qui traite en détail ce* precuiiuencet de raiiR.
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fonctionnaires de l'Église sont entre eux dans une rigoureuse subordination et s'obligent par un serment formel à obéir aux supérieure.
Cf. Obéissance canonique, Sbb-
MENT D'OBEDIENCE et COMPETENCE.
Peemanedeb.
MAL DANS LE MONDE. Voy. OPTI- MISME, PÉCHÉ, ThÉODICÉE.
MAL (LE). FuiJtZ PÉCHÉ.
MALABABE. Voyez FbANÇOIS-Xavieb et Indes.
m a la ce a. Voy. Fbançois-Xavieb.
MALACHIE [Maleachi, '?gTC) »
LXX , MaX*x«« ; Vulg., Malachias ), le dernier des douze petits prophètes.
L'Écriture sainte ne dit rien de sa vie. Son nom signifie : Mon envoyé, mon ange, ou envoyé de Dieu, pour
nj^nSo, et se trouve, par ce motif,
traduit par ott^c , dans la version des Septante, de même que les Pères le citent souvent sous le nom é'Jngelus.
La pensée d'Origène, que c'était en effet un ange sous la figure humaine, ce que l'on croit aussi d'Aggée (1), résulte du sens de son nom et a déjà été réfutée par S. Jérôme (2).
Les rabbins et S. Jérôme (3) considèrent Malachie comme identique avec Esdras; mais il n'y a aucun motif raisonnable pour soutenir cette opinion.
D'après le Pseudo-Épiphane et Dorothée il était de Sapha , dans la tribu de Zabulon , et mourut encore jeune.
Il aurait reçu son nom de ce qu'un ange apparut au peuple et confirma ses prophéties. D'après la tradition rabbinique, il était, en même temps que Daniel, Aggée, Zacharie et Esdras, membre de la grande synagogue et du synode tenu sous Darius Hystaspes pour fixer le canon de la Bible.
(\) Vo*. ACCÊE.
(1) lu Ag*., 1, 1 S, ProU in Mal.
(S) Proi. im Mal.
MALACHIE (S)
La seule chose certaine, c'est que Malachie parut après Aggée et Zacharie et après l'achèvement du second temple (1). Sa courte prophétie (qui renferme trois chapitres ; daus la Vulgate lechap. 3, 19-24, forme un quatrième chapitre) se rapporte soit au présent, soit à l'avenir. Il blâme le peu de confiance que ses contemporains ont en Dieu : dans leur malheur ils se plaignent que Dieu ne les aime plus et qu'il est inutile de le servir (2) ; il reproche aux prêtres de mépriser la loi, de profaner le sanctuaire par la parcimonie de leurs sacrifices (3) -, il condamne notamment dans le peuple de fréquents divorces, des mariages avec des femmes étrangères (4), le refus de la dîme (5). Puis il annonce la venue du Messie et de son précurseur. Le Messie purifiera les prêtres et le peuple, comme le feu purifie l'or et l'argent (6).
Le passage sur « le pur sacrifice qui sera offert en tous lieux au nom de Dieu» est célèbre (7).
Reusch.
malachie (S.), archevêque d'Armaghf en Irlande. Voici le résumé de la Biographie que S. Bernard , abbé de Clairvaux et ami de Malachie, rédigea à la demande de l'abbé Conganus, Irlandais.
Malachie naquit en Irlande, au milieu d'un peuple barbare ; il fut élevé et formé à Armagh. Il était issu d une maison considérée; ses facultés naturelles furent chrétiennement dirigées par sa pieuse mère. Il passa son enfance et sa jeunesse dans la simplicité et la pureté du cœur, et grandit en âge et
(I) Mal., 1, 19; S, t.
(ft) 2. 10-16.
(5) S, 7sq-
(6) S et a.
(7) 1, 11. Voir aussi Haneterg, Histoire de ta Révélation biblique, trad. par I. Cttchler, 1 1, arl. Malachie.
MALACHIE (S
en sagesse devant Dieu et devant les hommes.
Il se mit sous la direction d'un solitaire, nommé Imarus, et beaucoup de ses condisciples suivirent son exemple.
Tout à coup, et contre son gré, son évêque l'ordonna diacre. Sa principale occupation, en cette qualité, fut d'ensevelir les morts. A l'âge de vingt-cinq ans environ il fut ordonné prêtre , et bientôt l'évêque en fit son représentant dans la plupart de ses affaires. Malachie eut bien des mauvaises herbes à arracher dans le champ qu'il cultivait , notamment des usages superstitieux , des haines héréditaires, avant de pouvoir répandre la bonne semence de la parole de Dieu. Il signala son administration par d'excellentes mesures. Il tint rigoureusement la main à l'exécution des décrets et des pratiques de l'Église romaine dans toutes les paroisses soumises à sa surveillance; car jusqu'à lui les heures de l'office canonique n'avaient pas été observées en Irlande comme dans le reste du monde catholique.
Il introduisit le chant ecclésiastique tel qu'il l'avait appris dans sa jeunesse, ainsi que l'usage salutaire de la confession, des sacrements de Confirmation et de Mariage ; il rétablit tout ce que ses compatriotes ignoraient ou négligeaient.
Le couvent, autrefois célèbre, alors déchu, de Bangor, fut relevé par Malachie, qui, à cette occasion , fit son premier miracle, miracle bientôt suivi de beaucoup d'autres. Peu à peu l'activité de Malachie changea la face de l'Irlande, si bien que la parole du prophète pouvait parfaitement s'appliquer alors aux Irlandais : « Ce peuple, qui n'était pas le mien, est devenu mon peuple. »
Lorsque Celse, archevêque d'Armagh, qui avait ordonné Malachie diacre, prêtre et évéque, sentit qu'il allait quitter la terre, il recommanda son disciple et son ami comme un pontife digne de lui succéder.
Malheureusement le siège de Saint- Patrice était, d'après une ancienne coutume, depuis cinq générations, donné par la faveur et d'après la prééminence de la naissance. Huit fois avant Celse ce siège épiscopal avait été occupé par des hommes mariés, qui n'avaient pas même reçu les Ordres sacrés. De là le désordre , de là le nouveau paganisme qui s'était introduit dans l'Ile sous le nom de Christianisme. C'était partout une dissolution des moeurs, des meurtres, des abominations de tout genre, et une barbarie qui menaçait d'étouffer les derniers restes de la civilisation chrétienne.
Malachie fut envoyé de Dieu pour arrêter cette ruine et ramener l'Irlande à l'Évangile. S. Patrice reparut sous ses traits pour faire encore une fois de l'Irlande l'île des Saints. Mais, avant que Malachie devînt archevêque, l'Église d'Armagh demeura encore entre les mains d'un certain Maurice , qui l'administra non en évéque, mais en tyran, pendant cinq années.
A l'âge de trente-huit ans Malachie fit son entrée dans Armagh comme métropolitain de toute l'Irlande. Quelques années plus tard il fit un voyage au tombeau des princes des Apôtres à Rome et visita en passant S. Bernard à Clairvaux.
Innocent II régnait alors (1130-1143).
Malachie réclama du Pape la grâce de pouvoir vivre et mourir à Clairvaux, mais elle ne lui fut pas accordée. Le Pape le nomma son légat pour toute l'Irlande, et Malachie revint, à la grande satisfaction de tout son peuple, dans sa patrie. Il exerça alors dans toute l'île les pouvoirs que lui avait délégués le Pape. Il fit prêcher partout des homélies. De nombreux miracles confirmèrent sa haute mission. Après en avoir rapporté divers exemples S. Bernard ajoute : « Cela prouve suffisamment quelle était la grandeur du mérite de
MALACHIE (S
Malachie , qui accomplit tant et de si éclatants miracles dans un temps où ils ont cessé presque partout. Quelle espèce de miracles des temps anciens Malachie n'a -t -il pas accomplie ? Si nous apprécions le peu que nous venons d'en rapporter, nous remarquerons qu'il fut doué du don de prophétie et de révélation , qu'il lui fut donné de reconnaître et de punir les impies , de guérir les malades, de changer les cœurs et'de ressusciter les morts. »
Au moment où le Pape Eugène III t'arrêta en France (1147), Malachie désira s'y rendre, entre autres motifs parce qu'il n'avait pas encore reçu le pallium pour l'Église d'Irlande. * Cependant il tarda à réaliser son projet, et lorsqu'il arriva en France le Pape était reparti pour l'Italie. Malachie alla visiter alors son ami S. Bernard , qui le reçut avec joie. Il fut atteint d'une maladie qui d'abord ne parut pas dan* gereuse. Déjà antérieurement Malachie avait dit qu'il ne mourrait pas en Irlande, et que c'était à Clairvaux qu'il voulait finir ses jours.
Son désir rut accompli, de même que la prophétie qu'il avait faite qu'il mourrait le jour de la Toussaint.
Sa mort fut sainte comme sa vie. Les nombreux moines de l'abbaye l'accompagnèrent à son retour en Irlande, tenant des palmes à la main, chantant des psaumes et des cantiques en l'honneur du frère qui avait pris possession de la gloire. Malachie avait cinquante-quatre ans lorsqu'il s'endormit dans le Seigneur, et, quoique tous les frères eussent les yeux fixés sur le saint expirant, nul ne put apercevoir le moment où il passa d'une vie à une autre. Il paraissait vivre encore lorsqu'il ne respirait plus. C'était en 1 148. Après sa mort, comme durant sa vie, Malachie fit de nombreux miracles. Il fut canonisé par le Pape Clément 111, le 6 juin 1189.
La prophétie dite de les Papes n'a d'autre rapport avec S. Malachie que d'avoir été publiée et d'avoir été reproduite jusqu'à nos jours sous son nom. Jamais personne n'a pu donner de preuve positive de l'authenticité de cette prophétie. Ce qui prouve contre elle, c'est que le Bénédictin Arnold Vion, qui publia le premier cette prophétie, Prvp/tetia de futuris Pontificibus Romanis, avec les remarques du Dominicain François-Alphonse Ciacconi , jusqu'à Clément VIII, in Ugnovitje, I. II, p. 807- Sl 1, Venet., 1595, n'indique pas la source d'où il l'a tirée. La soi-disant prophétie n'était pas connue auparavant.
En outre S. Bernard parle bien du don de prophétie de S. Malachie, mais il ne dit pas un mot de cette prophétie particulière. D'ailleurs le vague de la forme et l'ambiguïté des termes employés, qui permet de les appliquer à ce qu'on veut, ne peut caractériser une véritable prophétie. Les Catholiques les plus célèbres et les plus zélés n'ont pas tenu grand compte de ce
, najuoiuuB , etc. } n'en font cas. Cependant nous répéterons volontiers avec Bintérim ; « Quoiqu'il soit plus que vraisemblable que cette prophétie ne provient pas de S. Malachie, je ne me permetterai pas de lut dénier toute espèce de valeur (1). » « Il faut avouer, dit Fe4ler, que quelques-unes des prophéties dites de S. Malachie sont singulièrement en rapport avec les faits ; telle est celle du Peregrinus apostolicus, qui , dans cette longue série, désigne Pie VI , et qui semble avoir trouvé son accomplissement par le voyage de ce Pape en Allemagne (2). » Quant à la prophétie Crux de Cru ce on ne
(1) Memorab., 111,1, p. 107.
1 (2) Feller, Biogr. univ., s, v .
MALADES (visite des)
pourra en juger que lorsque la carrière du Pape actuel sera close, et on ne peut méconnaître que depuis de longs siècles il y a eu peu de Papes qui aient eu une croix plus lourde à porter que Pie IX. La plupart des critiques pensent que ces soi disantes prophéties de Malachie furent inventées au conclave de 1590, et cela par le parti du cardinal Simoncelli, qui voulait désigner ceux qu'il désirait voir élever au trône pontifical.
Cf. Bernardi Malachiœ Hiberniœ episcopi, in Abb. L. de vita et rébus gestis S. Bernardi opéra, ed.
Mabill., t. II, p. 663-698; Sermones II in transitu S. Malachiœ, ib., t. II, p. 1048 sq. ; Schrôckh, Hist. de FÊglise,\. XXVI, p. 124; Fabricius, Biblioth. med. et inf. Lat., t. V, v; Malachias; Ménestrier, Traité sur les Prophéties attribuées à S. Malachie; Jean Germano, Ma, gesti et predicationi del padre san Malachia, Napl., 1670, 2 vol. in-4°. t'oyez Célestih II
et lELANDB. G a Mi.