‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 60 sur 224 · Le vicariat apostolique de Bréda, avec M pa · texte numérisé non relu

Le vicariat apostolique de Bréda, avec M pa

Cf. Hôninghaus, État actuel de l'Église romaine dans le monde, 1836 ; H. Léo, Douze Livres d'histoire des Pays-Bas, en deux parties, Halle, 1835; Gallia Christiana, t. V, Paris, 1731; Alzog, Histoire universelle de f Église , traduite par I. Goschler; P. Charles de Saint- Aloyse , l'Église catholique dans son extension octuelle sur la terre, Ratisbonne, 1845; Lettres de Belgique, dans les Feuilles historiques et politiques, t. VII, VIII, XI.

Fhitz.

malines (conciles ds). La circonscription des diocèses de Belgique avait été réglée dans le seizième siècle par la bulle du Pape Paul IV, du 12 mai

1559, et par celle de Pie IV, du 11 mars

1560. Cette province ecclésiastique comprenait alors les diocèses d'Anvers, de Gand, de Bruges, d'Ypres, d'Herzogen-

(1 ) Depuis Pape sous le nom de Grégoi re XV I . (S) Conf. Mûller, Lexique de Droit eccM*., * édit.. 1. 1, p. 597.

MALINES (conciles db)

busch et de Ruremonde. Antoine Pérenot de Granvelle , fils du chancelier de Charles-Quint, qui avait été jusqu'alors évéque d'Arras, fut nommé en juillet 1660, par le Pape» premier archevêque de Maliues, créé cardinal le 26 février 1561 , prit possession de son siège par un mandataire le 28 novembre, et entra en personne dans son diocèse le 21 décembre. On compte trois conciles provinciaux de Malines tenus en 1570,1574 et 1607, et deux conciles diocésains qui eurent lieu en 1574 et 1609.

Le premier concile provincial de 1570 fut principalement convoqué pour aviser à la réception et à la publication des canons et des décrets du concile de Trente, pourvoir aux besoins de la province et prendre des mesures propres à rétablir la discipline ecclésistique. Le cardinal Granvelle, se trouvant encore à Rome, chargea son grand-vicaire, Maximilien Morillon, d'ouvrir en son nom, le dimanche 11 juin, le concile provincial, auquel assistèrent les six évéques suffragants, dix abbés, les députés des chapitres et des couvents, les doyens ruraux et quelques docteurs de Louvain. Après la messe du Saint-Esprit, célébrée au maître-autel de la cathédrale, et la procession, le vicaire-général prononça le discours d'usage et lut le décret d'ouverture. Les onze premiers jours , jusqu'au 22 juin , furent remplis à peu près par la promulgation des décrets du concile de Trente. Le reste du temps fut pris par des mesures préparatoires, comme l'examen des procurations, des excuses, des propositions, et de deux Mémoires de Lindanus , évéque de Ruremonde, et de Sonnius, évéque d'Anvers. Du 23 juin au 15 juillet eurent lieu la lecture et la publication des décrets assez étendus du concile, en vingt-quatre titres; ils concernaient l'administration des sacrements, les ordinations, les fiançailles et le mariage, le culte, les fêtes, les jeûnes, les ima-

I ges dans les églises, les indulgences, la superstition, les fonctions épiscopales, le sceau, les serviteurs de l'Église, les doyens et les curés, la conduite des ecclésiastiques, la pénalité canonique, les écoles , les écoles du dimanche, les séminaires, les biens ecclésiastiques, les moines et les religieuses, les rescrits pontificaux et les juges délégués, l'usure, les visites.

On trouve ces actes et ces décrets , avec un discours d'introduction, dans de Ram : Nota et absolut a collectio Synodorum tam provincialium quam diœcesanarum arc/tiepiscopatu* MechliniensU, P.I, p. 8-167.

Le second concile de 1574 n'eut pas lieu à Malines, ravagé les deux années précédentes par la guerre et des épidémies , mais à Louvain , qui était alors plus à l'abri de l'ennemi. Le cardinal Granvelle avait été nommé par Philippe II vice-roi de Naples, en 1571, et on ne pouvait espérer qu'il reviendrait de si tôt dans son diocèse. Le concile fut donc convoqué, conformément au décret du concile de Trente (1), à la demande des évéques suffragants, surtout de Lindanus, évéque de Ruremonde, par le plus ancien des évéques suffragants, Martin-Baudouin Rhythovius, d'Ypres. Le cardinal Granvelle ne parut pas d'abord approuver cette convocation; mais il finit par y donner son assentiment. Il s'agissait surtout de procéder systématiquement à la réalisation des décrets du premier concile provincial. On reprit de nouveau les titres i - M et XX-XXII de ce synode, et on y fit les modifications et les additions nécessaires. Ce concile fut par conséquent, à certains égards, le complément du premier. Les délibérations avaient commencé le 10 mai; les décrets, en quinze chapitres, furent lus et signés le 20 mai. On trouve ces actes et ces

(I) Ses*. XXIV, c. 2, de Riform.

MALINES (conciles db)

décrets dans de Ram, loc. cit., p. i08-

Le troisième concile provincial fut tenu en 1607 à Mali nos. D'après les décrets du concile de Trente il aurait dû se réunir trois ans après celui de 1574; mais la guerre et les malheurs qui accablèrent le diocèse de Malioes, administré depuis 1589, pendant sept ans, par des vicaires capitulaires, ne permirent la convocation du concile provincial qu'au bout de trente-trois ans.

Les négociations ouvertes à La Haye, en 1606, pour la paix, qui ne fut conclue qu'en 1609, permirent toutefois la réunion du synode. Le nouvel archevêque, Matthias Havius , le fixa au 25 juin.

L'ouverture eut lieu le 26, au matin, et le synode se prolongea jusqu'au 20 juillet. Les évéques surfragants, beaucoup d'abbés et de prélats avaient comparu ; les chapitres et les couvents avaient envoyé leurs fondés de pouvoir. L'archevêque, dans sa lettre à ses suffragants, les avait engagés à réfléchir mûrement d'avance sur les matières qui devaient être traitées et à préparer leurs propositions. On en a conservé quelques-unes. Les délibérations se firent soit dans des sessions plénières, auxquelles assistait tout le clergé, soit dans des réunions particulières tenues entre l'archevêque et ses suffragants, seuls juges ayant voix délibérative. Les grandes sessions avaient lieu dans la chapelle du palais archiépiscopal, les réunions privées dans le conclave, c'est-àdire dans un local particulier du séminaire où s'étaient retirés les évêques; cependant, à dater du 13 juillet, elles furent tenues au palais de l'archevêque. Enfin les congrégations solennelles, dans lesquelles les décrets étaient publiés, eurent lieu dans l'église de Saint-Rumoid. Les actes recueillis par de Ram, Le., p. 289, font connaître à peu près jour par jour l'histoire de ces intéressants travaux.

Les décrets, divisés en seize titres, ont

pour objet : la profession de foi, les sacrements en général, le Baptême, la Confirmation, la Pénitence, l'indulgence, l'Eucharistie, l'Extréme-Onotion, l'Ordination, les fiançailles, le Mariage, la prédication , le culte, les fêtes , les jeunes, les images, les reliques, la superstition ; les fonctions épiscopales, la vacance du siège ; les archiprétres , les curés et les gens d'Église; la manière de vivre des ecclésiastiques, les biens de l'Église, leur réparation; les moines, les religieuses; la juridiction ecclésiastique , les immunités, les synodes provinciaux et diocésains. Ces décrets se trouvent dans de Ram, 1. c, p. 229-438, ainsi que tous les actes du concile, p. 229-438.

Depuis lors, à la place des conciles provinciaux , se succédèrent une série de congrégations épiscopales de la provinoe ecclésiastique de Malioes, de 1617, 1628, 1624, 1625, 162a7, 1628, 1630, 1631, 1645, 1665, 168*3, 1691, 1692, 1697. On en trouve les actes dans de Ram, p. 441-650. Ces conférences épiscopales renferment beaucoup de conclusions importantes et instructives.

Au dix-huitième siècle il y eut également un grand nombre de négociations et de conférences des archevêques de Malines avec leurs suffragants, au sujet de la bulle Unigenitus en 1718, des couvents en 1773, des dispenses de mariage eu 1781 et 1782, des mariages mixtes en 1782, des professeurs du séminaire général érigé en 1787 à Louvain. On en peut voir les actes dans de Ram,l. e., H, («184.

Le premier synode diocésain de 1574 se rattacha au concile provincial qui avait précédé, et nese réunit si tard qu'à cause de la difficulté des circonstances politiques. Il dura depuis le 19 jusqu'au 21 avril ; les statuts, divisés en sept titres, traitaient des sacrements, de la vie spirituelle, des officiers de l'Église, de la résidence des curés, du culte, des

MALTE — MALVENDA

testaments, des fêtes. Les actes sont dans de Ram, 1. c., p. 187-308.

Le second synode de 1609 se rattache de même au troisième concile provincial de 1 607, et traite, en vingt-quatre titres : de la profession de foi, des sacrements en général , du Baptême, de la Confirmation, de la Pénitence, de l'Eucharistie, de l'Extrême-Onction, de l'Ordination, des fiançailles, du Mariage, de la prédication, du culte, des fêtes, des jeûnes, des reliques, des images, de la superstition, des exorcismes, de la vacance du siège, de rarchiprétre, des curés, des sacristains, de la vie cléricale, des bénéfices, des écoles, des séminaires, des biens de l'Église, des moines, des religieuses, des juges, des examinateurs, des synodes provinciaux et diocésains. Ces titres montrent l'étroit rapport de ce synode avec le concile provincial dont il dépend. Tous ces actes et décrets sont réunis dans de Ram, I. c, p. 209-248. Les décrets se trouvent dans Hartz, Conc. Germ., IX, 1-12.

Floss.

M A LIT I OS A DESERTIO. Von. DÉ- SERTION, t. VI, p. 236.

malte (MiXtm), la plus méridionale des îles d'Europe, située entre la Sicile et les côtes d'Afrique. La ville de Malte se trouve à l'embouchure du grand golfe formé par les promontoires de Bon et de Rapat , connue par le naufrage qu'y essuya S. Paul (1). Ptolémée attribue Malte à l'Afrique, probablement à cause de l'affinité de la langue (sémitique) de ses habitants avec celle de l'Afrique; car Malte était une colonie phœnico-carthaginoise , et fut une des échelles principales du commerce de Carthage jusqu'au jour où celle-ci fut ruinée par les Romains.

Lorsque les chevaliers de Saint-Jean occupèrent cette île, ils y trouvèrent

11, Jet. (Us Apôtre^ 28, i.

beaucoup de restes de la civilisation et du luxe carthaginois, et un grand nombre d'inscriptions puniques. Leur origine et leur langue en font appeler les habitants , par l'auteur des dictes des Apôtres y patpgafci. Sous la domination romaine Malte fut administré par un préfet, placé lui-même sous l'autorité du préteur de Sicile. Malte n'est pas l'île 'ihpMa dont parle Homère, comme on l'a prétendu, et ainsi 'n-pftan'est pas le nom le plus ancien de cette île. Pline place Ogygia, l'Ile de Calypso (1), avec Tiris, Éranusa et Mélossa, dans la mer des Cyclades (Péninsule italique).

Le sol granitique de cette petite île, coupée par des vallées étroites, et qui a 6 milles carrés d'étendue , a été , par l'industrie de ses habitants, converti en un des lieux les plus fertiles de la terre. Les abords du sud sont des rocs escarpés sans anfractuosi té; le nord a de nombreuses criques, dont l'une s'appelle la baie de Saint-Paul , parce que, suivant la tradition, l'apôtre aborda en cet endroit après son naufrage. Les Arabes conquirent Malte au neuvième siècle.

Vers la fin du douzième (1190) cette île tomba entre les mains de Roger, comte de Sicile, et depuis lors elle resta unie à la Sicile jusqu'à ce qu'en 1530 Charles-Quint la donna en fief aux chevaliers de Saint-Jean.

Cf. Jean {chevaliers de Saint-).

Schbgg.

MALTE (OBDEE DE). Voyez JEAN

{chevaliers de Saint-).

malvenda (Thomas), savant Dominicain, né en 1566, d'une famille notable deXativa, en Espagne, montra de bonne heure de grandes dispositions pour les lettres et apprit le grec et l'hébreu sans maître. En 1581 il entra au couvent des Dominicains de sa ville natale, où il professa pendant quatre ans la philosophie, pendant dix ans la

(1) Odyss., v, 2W.

MALVEND A

théologie. Lecteur assidu, instruit et intelligent des annales et du martyrologe de Bar oui us , il écrivit en 1600 à ce cardinal, aussi humble que savant, une lettre dans laquelle il lui marquait sincèrement ce qui lui déplaisait dans ce martyrologe. Baronius reçut parfaitement cette communication , et, reconnaissant dans Malvenda un homme qui pouvait lui rendre de sérieux services, il obtint du général de Tordre des Frères Prêcheurs de le faire appeler à Rome. Une fois à Rome , Malvenda vint en aide à Baronius, s'acquitta heureusement de la mission que lui donna la congrégation de Y Index d'expurger la Bibliotheca Patrum de M. de la Bigne, fut chargé par son ordre de corriger les missels et les bréviaires des Dominicains et d'écrire leurs annales (ou plutôt Yapparatui de ces annales, qui ne vont que jusqu'en 1246) , et publia son livre sur l'Antéchrist. Rappelé en Espagne en 1608, il continua ses savants travaux dans le couvent des Dominicains de Valence , et mourut en 1628 dans le palais de l'archevêque, où il avait été obligé de prendre son logement depuis l'élévation au siège de cette ville de son ami Isidore Aliaga.

Malvenda est un des plus estimables exégètes de son temps. Ses ouvrages principaux sont :

1. De Àntichristo libri XI, qu'il publia à Rome en 1604, augmenta considérablement à Valence en 1621 , et qui lui valut l'approbation de tout le monde savant. On trouve une analyse de ce livre dans Du Pin, Nouv. Bibl., t. XVII, p. 86, et sec. édit., Amst., 1711;

2. Commentaria in S. Scripturam, una cum nova de verbo ad verbum ex Hebrœo translatione variisque iectionibus, Lugd., 1650 ;

3. De Paradiso volupiatis, Romae, 1605. Une analyse de ce livre se trouve

également dans Du Pin, vol. 1. Voir Échard et Quétif, Script, ord. Praed., t. II, p. 454. Scrbôol.

mamachi (Thomas-Mabib) , savant Dominicain, naquit le 3 décembre 1713, dans l île de Chio, d'une famille grecque. Il vint jeune encore en Italie, entra dans l'ordre des Frères Prêcheurs, se distingua par ses talents et son ardeur pour la science, devint en 1740 professeur de la Propagande à Rome , et fut successivement revêtu d'autres charges. Le séjour de Rome offrit à sa passion pour la science l'aliment qui lui était nécessaire et le mit en rapport avec les hommes les plus instruits de son ordre, notamment Concilia, Orsi et Dinelli. Il fit des progrès immenses dans la connaissance des antiquités chrétiennes, si bien que le Pape Benoît XIV lui conféra, par un bref des plus honorables, le grade de docteur en théologie et la place de coosulteyr de Y Index.

L'impartialité dont il fit preuve dans cette fonction, aussi bien à l'égard des appelants (Jansénistes) que des Jésuites (par rapport à leurs livres), le fit accuser de faiblesse de caractère ; mais Rome le tint toujours en grand honneur, et Pie VI le nomma maitre du sacré palais (1). Le Pape se servit souvent de son conseil et de sa plume. En outre Mamachi dirigea la publication du journal ecclésiastique qui paraissait à Home depuis 1785. Il mourut en juin 1792, d'une fièvre bilieuse, à Cornéto, près de Monlefiascone , où il s'était retiré pour rétablir sa santé.

Ses œuvres sont :

1. De Ethnicorum oraculis, de cruce Constantino visa et de evangelicaChronotaxi, Florence, 1738;

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