L. CC
P) Foy. LAMBERT (S.).
W Voy. Rumold iS.).
Liège (1), plus tard sous celle de l'évêque de Cambrai. Mais comme autrefois les Pay6-Bas avaient été séparés politiquement de l'empire, Charles-Quint eut la pensée de les séparer de l'Allemagne au point de vue de la juridiction ecclésiastique. Les deux diocèses de Liège et d'Utrecht embrassaient à peu près les quatre cinquièmes de tout le cercle de Bourgogne ; l'évéque de Liège lui-même était prince de l'empire germanique, indépendant du souverain des Pays-Bas bourguignons; ils avaient tous trois pour métropolitain l'électeur de Cologne, chancelier de l'empire. L'empereur voyait avec peine cette dépendance religieuse des Pays-Bas. Cependant la séparation ne fut réalisée que par son fils, Philippe IL
Trois archevêchés durent embrasser les diocèses des Pays-Bas : au sud et pour le sud, celui de Cambrai ; au nord, celui d'Utrecht; celui de Malines au centre. L'archevêque de Malines dut être en même temps primat des Pays- Bas. Philippe II envoya , pour réaliser ce plan, le LV Sonnius à Rome, et celuici réussit parfaitement dans sa mission.
Le Pape Paul IV érigea, en 1559, Malines en archevêché ; il y attacha la dignité primatiale des Pays-Bas ; Anvers et Herzogenbusch dans le Brabant , Gand, Bruges et Ypres dans les Flandres , et Ruremonde dans les Gueldres, lui furent subordonnés comme évéchés suffragants. Pie IV, en 1561, arrêta une circonscription et une division plus précise encore du ressort de la métropole.
Plusieurs motifs contribuèrent à faire voir d'un mauvais oeil l'organisation nouvelle. La nécessité de doter les nouveaux évéchés , de dédommager les archevêques de Cologne et de Reims et l'évéque de Liège de la portion de leurs diocèses qu'on leur enlevait, et cela aux frais du clergé régulier et des
MAURES (conciles db)
prébeudiers, produisit de l'agitation dans beaucoup de familles nobles et dans une partie du peuple. Les Belges, qui inclinaient vers telle ou telle hérésie , furent effrayés par la perspective de la sévérité future des tribunaux ecclésiastiques et de la stricte surveillance qu'exercerait l'autorité. La ville d' Anvers, qui crut son commerce principal menacé par le nouvel évêque , gardien rigoureux des mœurs et de la foi, ne s'apaisa que lorsqu'elle eut la certitude que le nouvel évêque ne serait pas installé dans sa ville épiscopale avant le retour de Philippe II, qui était en Espagne. On désignait, non sans raison, le cardinal Granvelle(t) comme le principal moteur de la nouvelle organisation , et le fait de sa nomination à l'archevêché de Malines et à la primatie des Pays-Bas n'était pas propre à rendre les nouvelles mesures populaires, puisqu'on prétendait n'y voir que le résultat des intrigues intéressées d'un odieux étranger.
Après le cardinal Granvelle, dont nous avons apprécié ailleurs (2) le vrai mérite, d'éminents prélats s'assirent successivement sur le siège de Malines.
Nous ne rappellerons ici que le cardinal de Frankenberg (3). C'est à ces hommes de haute intelligence et de dévouement sincère que l'Église dut la victoire que la foi catholique remporta en Belgique sur l'hérésie, et l'autorité qu'elle y a conservée jusqu'à nos jours.
De nouvelles perturbations politiques amenèrent des changements nécessaires dans l'organisation de l'Église des Pays- Bas, qui fut réglée moyennant un concordat, conclu le 18 juin 1827 entre le Pape Léon XII et le roi Guillaume I«% par l'intermédiaire de deux plénipoten-
(1) Voy. Gramvelle.
(2) V oy. Ibid.
(5) Voy. FRANKfiKBEHC.
tiaires, le cardinal Mauro Capellari (I) et le comte Ghislain de Celles, concordat ratifié par le roi le 25 juillet et par le Saint-Siège dans la bulle Quamdiu, du 16 août de la même année (2).
D'après ce concordat les Pays-Bas furent organisés de la manière suivante :
Archevêché : Malines;
Évéchés suf frayants :