‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 68 sur 224 · MANNE · texte numérisé non relu

MANNE

saires savants, malgré la sévérité des lois impériales, malgré la folie de leur système, la secte des Manichéens s'est perpétuée pendant plus de mille ans, d'abord sous leur nom, plus tard sous le nom des Priscillianistes, des Pauliciens, des Bogomiles, des Albigeois et des Vaudoi8(l).

Cf. Tïllemont, Mém., t. IV, VHérètie des Manichéens, p. 867-411; Beausobre, Hist. critique de Manicliée et du Manichéisme, Amsterdam, 1734- 173», 2 vol.; Cave, Histor. liter.

Script. Eccl., s. v. Mânes, Basilea?, 1741, vol. I, p. 138-45; Walch, Hist.

Hxres., vol. I, p. 685 sqq. ; Basnagius, in Prœf. gênerai., c. 1 , ad Canisii Lect. antiq., v. I, p. 1-10; P.-Th. Cacciari , Exercitationes in unîversa Leonis M. opéra, Romac, 1751 , in-fol., p. 1-200 {Hist. Manichxorutn); A.

Néander, Hist. del'Égl., t. I,part. II, p. 813-59, Hambourg, 1826.

Fessler.

MANIPULE. Voyez VÊTEMENTS SA- CERDOTAUX.

manne, \0, aliment dont les Israélites furent miraculeusement nourris dans le désert de Sin.

Le livre de l'Exode (2) et celui des Nombres (3) racontent que la manne tombait avec la rosée sur la terre, et restait, le matin, lorsque la rosée se dissipait, sur la surface du sol, sous la forme d'une poussière granulée, fine, semblable à du givre, blanche et transparente comme le bdolach ( bdellium) (4), de la grandeur de la semence de coriandre. On la faisait moudre ou on la pilait; on la cuisait ou on ha mettait au four pour en faire des gâteaux. Elle avait alors le goût du miel. On devait en ramasser chaque jour un orner par

(1) F oy. ton» ces noms dans notre Dictionnaire.

(2) Ch. 16.

(S) Ch. 11.

(ft) V oy. Bdelliom.

téte (suivant Thénius (1) un peu plus de deux litres de Dresde), deux omers le sixième jour à cause du sabbat. On ne pouvait la conserver, car elle se corrompait rapidement.

Les exégètes ont prétendu interpréter ce miracle comme les autres prodiges racontés par le Pentateuque, et n'y voir qu'un phénomène naturel. La manne décrite par Moïse, disent-ils, n'était autre chose que la résine encore connue aujourd'hui et employée dans la pharmacie sous ce nom, et qu'on tiré de plusieurs arbres et arbustes de l'Europe méridionale et de l'Orient, tels que le fraximis ornus, Yhedysarum alhagi, le tamarix mannifera, et qui nous arrive en gouttelettes sèches ou en graines. Ces graines sont souvent, à ce qu'il paraît, emportées par le vent et tombent alors comme une rosée de miel, comme un miel aériforme, àspoj*£Xt. C'est la manne dont il est question au livre de Moïse , qui la représente comme tombant du ciel.

Mais le récit biblique est absolument coutraire à cette explication.

Moïse raconte le fait comme un miracle, et il veut qu'on y voie un miracle, parce qu'il a la conviction que c'en est un ; l'interprétation naturelle va directement à rencontre de l'importante signification qu'avaient ce miracle et ceux que raconte ailleurs le Pentateuque, pour le développement spirituel du peuple durant sa pérégrination dans la péninsule sinaïtique. Le Seigneur donne cette nourriture comme une nourriture extraordinaire , qui doit faire reconnaître la grandeur de sa miséricorde (2) ; la manne est un pain du ciel (3); elle fut considérée comme telle pendant toute la suite des temps; le Psaume 77, 24 , la nomme le fro-

(1) Ancienne» Mesures hébraïque*, p. 56.

(2) Exode, 16, 5-7.

(3) lbid.t v. ».

MANNE — MA NSI

ment du ciel ; les Septante traduisent ce passage par <x?to; ày^ttow; le livre de la Sagesse, 16, 20, l'appelle à^').»* Tpo<pi , ce qui veut dire que la manne était envoyée par Dieu d une manière extraordinaire du haut du ciel, où Ton s'imagine que les anges ont leur résidence. La manne ne se corrompait pas le jour du sabbat comme les autres jours (1); la manne demeura pendant quarante ans la nourriture de mille milliers d'Israélites dans le désert (2). Tous ces détails prouvent que l'historien raconte un miracle, qui, comme tous les miracles opérés en Égyptc, avait une base naturelle. La manne naturelle formait la base de la manne surnaturelle, et c'est précisément ce rapport qui confirme le miracle.

La maune actuelle de la péninsule arabique a la forme de gouttelettes transparentes qui sont suspendues aux branches, mais non aux feuilles, du tamaris, li (tamarix Gallica mannifera), et qui suintent de l'arbre à la •suite d'uue piqûre faite par un insecte du ^enre Coccus manniparu$. Elles ont l'apparence d'une gomme et sont d'un .goût douceâtre. Cette gomme ne se produit souvent qu'au bout de cinq ou six ■ans. Toute la récolte qu'on en peut faire •dans la péninsule entière monte à peine à six quintaux, ordinairement tout au •plus au tiers de cette quantité (3). La uneitleure manne est la manne orientaie, fpersique, ^-jar^j, Terensc/ta-

On «explique de diverses manières le nom 6e manne Jp (man) : suivant les uns yp est une forme aramaïque inu-

(1) Exode,

(S) Cf. Robinson,!, 189. Schubert, Voyages, II, 547.

(4) Cf. Gmrtin , Voyage en Perte, III, 28. Hiébuhr, Récits, 145. Burckbardt, Voyages, II, W2.

sitée pour HO , quidf Les Israélites, ne sachant ce qu'était ce phénomène extraordinaire , se demandèrent ( 1 ) : p3 (= 7M2) H VI « Qu'est-ce que cela ?» et la question demeura le nom de la chose. Cette explication anomale n'est pas facile à admettre et n'est pas nécessaire d'après le texte. Il y a un jeu de mots, comme il arrive souvent dans l'Écriture , mais qui laisse subsister le fait en lui-même. Les Israélites nomment généralement le pain ]p = ^j+a, c'est-à-dire don , présent ; ne sachant pas ce que c'était que ce phénomène, quid ? na , ils lui donnèrent le nom qui désigne un don, un présent en général. Le Lexique de Kimchi interprète de même. Kônig.

mavsi (Jban- Dominique), dune famille patricienne de Lucques, naquit dans cette ville le 16 février 1692. Quoique (ils ai ne, il se voua à l'état ecclésiastique, entra dans la congrégation des Clercs réguliers de la Mère de Dieu , fondée à Lucques par Jean Léonard (en 1583), professa la théologie pendant plusieurs années à Naples, fut rappelé par son archevêque, Fabius Collorédo, et nommé son théologien. Mansi , désireux d'augmenter ses connaissances, d'entrer en rapport avec les savauts les plus renommés de son époque , et de mettre à profit les grandes bibliothèques de l'Europe, parcourut l'Italie, l'Allemagne et la France. A son retour il fonda une académie qui devait s'occuper spécialement d'histoire ecclésiastique et de liturgie. Ses savants travaux lui valurent une renommée européenue. En 1765 le Pape Clément XIII le nomma archevêque de Lucques. Mansi mourut quatre ans après son élévation, le 27 septembre 1769, à l'âge de soixante-dixsept ans.

(I) Exode, 16,15.

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