C. Cod. Regius
De plus 58 manuscrits cursifs.
De tous ces manuscrits unciaux il n'y en a pas un seul qui soit complet; dans tous il y a des lacunes plus ou moins grandes, plusieurs même ne sont que des fragments de peu d'étendue, comme INOPQRTWYT Ev. et Act.
Très-peu renferment tout le Nouveau Te > ta ment, ou sont, comme on dit, Codices (ex tus perpetui , comme A et C Ev. et presque B Ev.
Quant aux additions au texte, on distingue d'abord les manuscrits qui offrent purement le texte , Cod. puri, des manuscrits qui ont des observations,
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des scolies , etc., Cod. wrâ7i, comme par exemple X E r.; puis ceux qui ne contiennent que le texte grec, Cod.
Grseci , de ceux qui donnent en même temps une traduction, Cod. bilingues.
A cette dernière classe appartiennent T, Graeco-Copticu* , puis D et A/it>., E Act.yT> E F G Epist. Pauli , qu'on appelle Gracco-Latini.
Quant à la calligraphie même, on distingue des manuscrits antérostichométriques, sticbométriques et postérostichométriques.
Originairement on écrivait, d'après la coutume générale des anciens, les livres du Nouveau Testament sans interruption ni entre les propositions ou les membres de la proposition , ni entre les mots, sans ponctuation ou avec une ponctuation des plus défectueuses, script iu continua. Comme cette habitude en rendait la lecture très-peu commode, le diacre Euthalius, d'Alexandrie, au milieu du cinquième siècle, partagea le texte des livres du Nouveau Testament (à l'exception probablement de l'Apocalypse) en lignes, <m'x«, dont chacune comprenait autant de mots qu'on pouvait en dire d'une seule haleine. Les manuscrits écrits d'après cette division se répandirent assez facilement ; cependant on ne conserva point partout les lignes euthaliques ; on les changea de côté et d'autre, au gré du copiste; on les allongea, on les raccourcit. Comme cette manière d'écrire demandait beaucoup trop de place, on l'abandonna, en ce sens qu'avec la fin d'un <m'Xeç on ne recommença pas une nouvelle ligne, mais on marqua celle-ci par an signe,* et on continua à écrire h la suite. De là naquit peu à peu une ponctuation formelle.
Parmi les grands manuscrit* anciens il n'y en a pas qui présentent cette séparation ; ainsi les manuscrits A B C Z Ev. sont antérostichométriques;D/iv., E Act.y D F G H EpUt. Pauli sont
sUchométriques; ERLV Ev. sont postérostichométriques.
Quant a Vdge% on divise les manuscrits en anciens et récents. Les manuscrits unciaux , en général , portent un caractère plus ancien, les cursifs n'étant devenus en usage que dans le dixième siècle. Cependant il se peut que certains manuscrits cursifs soient antérieurs aux manuscrits M Y X. L'âge des manuscrits peut être déterminé par les inscriptions, les ménologes, les commentaires qui y sont ajoutés. Mais, ce qui est souvent le cas, si ces points de repère manquent, il faut se servir des moyens de la diplomatique pour induire l'âge d'un manuscrit qu'on a sous les yeux. Il faut par conséquent faire attention à la forme des lettres, à l'existence ou à l'absence de la stichométrie, de Paccentuation , de la ponctuation, au nombre des colonnes, etc., et il faut examiner tous ces points à la fois, car chacun d'eux seul peut induire en erreur.
Quant au matériel des manuscrits existants, il est multiple, vu qu'il n'existait pas de prescriptions scrupuleusement exactes à cet égard, comme pour les copistes de l'Ancien Testament. Originairement on n'employait guère que le papyrus ; mais le manuscrit J seul est, de tous ceux qu'on possède, en papyrus. Les autres manuscrits unciaux sont écrits sur du parchemin, qui fat plus tard en usage pour tous les écrits importants. Pour les manuscrits cursifs, à côté du parchemin on se servait de papier de coton et de fil.
Ces deux espèces de manuscrits sont en général écrits avec de l'encre; cependant J et N ont des lettres d'or et d'argent sur du papyrus ou du parchemin de couleur pourpre. Plusieurs manuscrits cursifs sont également écrits avec beaucoup de luxe et ornés de miniatures.
Au point de vue de la forme exté-
rieur e, tous les manuscrits du Nouveau Testament sont en tomes (codices) et non plus en rouleaux ( volumina ) , comme c'est presque généralement le cas des manuscrite de l'Ancien Testament.
II. La différence des manuscrite, quant aux caractères intérieurs , se rapporte à la forme du texte qu'ils présentent. L'observation faite par Ben gel, que maints manuscrits sont d'accord dans certaines leçons particulières, et prouvent par conséquent une source commune, éveilla en lui la pensée de grouper les manuscrits du Nouveau Testament en certaines familles.
Cette opération devait procurer à la critique l'avantage de n'avoir plus besoin, en rétablissant les textes, d'examiner tous les témoignages et de n'avoir plus qu'à considérer les leçons des familles.
Ben gel distingua une famille africaine et une famille asiatique; mais il faut remarquer que Bengel, aussi bien que ses successeurs, comptaient là dedans non - seulement des manuscrits grecs, mais des versions des Pères de l'Église et tout ce qui peut servir à un texte pour l'établir. La pensée de Bengel fut propagée , mais défigurée, par Semler, en ce que, en place du mot de familles, il se servit de la malheureuse expression de recensions.
La pensée de Bengel ne fut complétée que par Griesbach, et, d'un autre côté, par Hug.
Griesbach distingue trois recensions, nne alexandrine ou orientale, une occidentale, et une constantinopolitaine. Il indique comme caractéristique de la recension alexandrine l'exactitude grammaticale , la pureté de la langue, et il pense reconnaître cette origine dans les manuscrits B C L Ev. et A B C Epist. Paul.
En revanche l'occidentale se distingue par les gloses qui y sont mêlées,
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par des changements dans là manière d'écrire, par la conservation de toutes les duretés grammaticales, des hébraïsmes, des aramalsmes, qu'il pense reconnaître dans les manuscrits D, 1, 13, 69 Ev., D E F G Epist. Paul.
La constantinopolitaine, dit Griesbach, résulte d'un mélange des deux précédentes, et il cherche à en trouver les traces dans A E F G H S Ev. et dans le manuscrit de Moscou des Épîtres de S. Paul.
Le système de Hug est plus compliqué. Il admet que le texte du Nouveau Testament fut corrompu de bonne heure. Ce texte corrompu, il le désigne par l'expression Kmvti f*$o(n; , editio vulgariSf et il pense qu'on la retrouve dans D, I, 13, 69 Ev. et dans DEFG Epist. Paul. Mais il distingue deux espèces de KctvTi f**G<m, une syriaque et une alexandrine. La première , il pense en trouver un exemplaire dans la Peschito; la dernière, dans Clément d'Alexandrie, Origène, dans les anciennes versions latines, etc.
Cette distinction est importante pour nous, en ce que Hug admet qu'il y eut, vers la fin du troisième siècle, des copies de ces deux formes de texte qui doivent se retrouver encore dans des manuscrits existants.
La Kotrri syriaque en effet doit avoir été soumise à une revue de la part du prêtre Lucien, et celle d'Alexandrie de la part de l'évéque égyptien Hésychius.
Hug trouve la première recension dans E F G H S Ev. , Epist . Paul., etc. ; la seconde dans PCL Ev. et ABC Epist. Paul.
Hug, outre ces deux recensions, en admet encore une, il est vrai sur de faibles motifs, qu'Origène aurait entreprise vers la fin de sa vie. C'est de cellelà, pense Hug, que sont nées les leçons de A K M Ev.
Eichhorn se rattache sous bien des rapporte à Hug. 11 ne distingue plus
MANUSCRITS DE LA BIBLE — MAPPA
i'après les recensions, mais d'après les textes, dont il appelle l'un africain ou alexandrin , l'autre astatico-byzantin; le troisième mixte, provenant des deux autres.
Ce qu' Eichhorn nomme texte africain ou alexandrin est assez en rapport avec ce que Hug nomme la recension d'Hésychius. De même la recension de Lucien (de Hug) est à peu près celle qu'Eichhorn donne comme texte asiatico- byzantin. Enfin le texte mixte d'Eichhorn se confond en grande partie arec la Ko™ de Hug. Eichhorn rejette toute recension d'Origène.
Le critique le plus récent, sous ce rapport, Augustin Scholz, n'admet que deux formes de texte : l'une dont les témoins sont toujours d'accord entre eux ; l'autre dont les témoins nonseulement ne s'accordent pas avec ceux de la première, mais ne s'accordent pas entre eux. Celle-ci il la nomme, par abréviation, Yalexandrine, et il pense qu'en revisant et rétablissant le texte on ne peut pas y avoir égard. Celle-là il la nomme constant inopolit aine, et il pense qu'elle présente le véritable texte du Nouveau Testament. Les motifs qu'il donne sont peu solides, comme Tischendorf l'a démontré en détail dans les Prolégomènes de son édition du Nouveau Testament de 1841.
Cf. les éditions du Nouveau Testament de Griesbach, Matthœi, Scholz, Tischendorf, et les Introductions au Nouveau Testament de Hug, Eichhorn, Scholz, de Wette, etc.
Abbrlb.
m AON , ^VO. I. Demeure de Nabal, aux bords du désert de Juda, qui se nommait, en cet endroit, le désert de Maon(l). C'est le Ma' in moderne, village situé sur une montagne conique, d'où on a une vue magnifique, à neuf milles rom. S.-S.-E. d'Hébron.
(t)I Jtow, 25,2. J<wu«f,15, 55.
Robinson y trouva des ruines assez considérables, des murs de fondation en pierres de taille, une muraille quadrangulaire et diverses citernes.
II. Peuplade arabe, qui est citée parmi les ennemis d'Israël (1), avec les Sidoniens et les Amalécites.
Dans les Paralip., I, 4 , 41 (dans le Keri), et id., Il, 28, 7, cette tribu paraît sous le nom de Meunim fa^TOO).
Les anciens ne connaissaient déjà plus ce nom ; S. Jérôme l'a pris, dans le texte I Par., 4, 41, pour un nom propre, et dans le second passage il l'a traduit par Ammonites. H le traduit, Juges, 10, 12, par Canaan flfWO — habitants de Canaan).
I*es Septante partagèrent la même incertitude. Ils disent, au livre des Paralipomènes, Mtvaîci , peuplade de l'Arabie Heureuse, aux bords de la mer Rouge-, mais ceux-ci étaient beaucoup trop au sud (23° 20' lat.) pour être entrés en hostilité avec les Israélites; c'est pourquoi il est plus naturel d'identifier la ville de Maan, dans l'Arabie Pétrée, avec le Maon biblique. Maan est encore une ville dans les environs de laquelle on trouve beaucoup de ruines.
Elle est située sur la route de la Mecque, presque au milieu, entre l'extrémité méridionale de la mer Morte et l'extrémité septentrionale du golfe d'Akaba.
Schbgg.
mappa (nappe). On entend, dans le style liturgique par ce mot les nappes en lin dont on recouvre les autels ; çà et là on les nomme aussi tobalex.
Les rubriques relatives à ces nappes portent :
1° Il doit y en avoir trois sur chaque autel ; cependant on tolère que la nappe de dessous soit double, de sorte qu'à la rigueur il n'y a dans ce cas que deux (2).
(1) Juges, 10, 12.
(2) Ni$*ale rw&r., pa»l, 1,2».