‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 84 sur 224 · M ARA — MARAN · texte numérisé non relu

M ARA — MARAN

rent point d'eau. Ils arrivèrent à Mara, et ils n'en purent boire les eaux, parce qu'elles étaient amères (1). » A Aïn Musa commence le désert de Sur; un peuple entier a bien trois jours de marche jusqu'à Mara. Ce désert est totalement privé de sources, et Aïn Howara est Tunique source, absolument amère, de toute la côte. Cette amertume fait parfaitement comprendre les plaintes et les murmures du peuple, habitué à l>au savoureuse et salutaire du Nil. Aujourd'hui encore, dit Burckhard, il n'y a pas de peuple qui soit aussi sensible au manque de bonne eau potable que l'habitant du Nil. « En face de la source (à droite de la route des caravanes) se trouve une petite vallée encaissée qui semble parfaitement disposée par la nature à servir de lieu de campement. Le sol y est humide en divers endroits; il y pousse des fleurs de la famille des crucifères, avec des feuilles grasses, qui dénoteut la fertilité de l'endroit (2). » Burckhard pense que Moïse employa les baies savouréuses de l'arbuste gharkad, qui a, dit-on, la propriété de rendre douces les eaux amères. Mais il s'agissait d'un peuple de plus d'un million d'âmes et de leurs troupeaux ! Quelle tisane !

Schubert, le savant voyageur, notre garant, n'a jamais entendu parler d'une pareille expérience, et la faiblesse de cette interprétation est depuis longtemps démontrée.

Voir Gésénius sur Burckhard, II, p. 107 ;Robinson, Palestine, I, p. 107.

MARAN (Pbudence), savant Bénédictin de Saint-Maur, éditeur des œuvres de S. Justin et de S. Cyprien, naquit à Sézanne, en Brie, le 14 octobre 1683. Après avoir achevé avec succès ses études au collège des Quatre-Ifations,

(1) Exode, 15, 22,23.

(2) Schubert, Voyait en Orient, II, 274.

ENCfCL THÉOL. CATH. — T. XIV.

à Paris, et y avoir surtout acquis une . connaissance approfondie* du grec, il entra, à l'âge de vingt ans, dans la congrégation de Saint-Maur et fit ses vœux dans l'abbaye de Saint - Faron, près de Meaux (30 janvier 1703). 11 continua ensuite ses études à l'abbaye de Saint-Denis, où il fit la connaissance de l'abbé Passiouéi, qui devint cardinal. Le futur cardinal, dans les fréquentes visites qu'il faisait à l'abbaye, apprit à apprécier le jeune savant, et demeura en correspondance avec lui jusqu'à sa mort. Maran fut bientôt envoyé à Saint- Germain-des-Prés, où il devait seconder les travaux de son savant confrère dom Toutée , occupé à publier les œuvres de S. Cyrille de Jérusalem.

Ce travail terminé, Maran se livra tout entier à son goût pour les études bibliques etpatristiques, et ses travaux furent couronnés des plus beaux succès. Cependant il ne négligeait pas les devoirs du prêtre et du pasteur ; il catéchisait les enfants de la paroisse et les serviteurs du couvent ; ce que ses travaux littéraires lui rapportaient était employé à l'achat de bons livres qu'il donnait aux enfants et aux pauvres. La charité active envers les pauvres était le trait saillant de son caractère ; elle laissa sa mémoire en bénédiction parmi les malheureux. Le cardinal de Bissy l'ayant soupçonné d'empêcher l'acceptation de la bulle Unigenitus parmi les membres de sa congrégation , Maran fut exilé à l'abbaye d'Orbais, en 1734. Il y demeura, ainsi qu'à l'abbaye de Saint- Martin de Pontoise, pendant deux ans, au bout desquels il put revenir à Paris, dans la maison des Blancs-Manteaux.

Il y resta pendaut vingt-cinq ans, constamment occupé à remplir avec conscience ses devoirs de religieux, à vaquer avec ardeur à ses travaux de savant , à accomplir avec zèle les œuvres de la charité. 11 avait un talent particulier pour guérir les scrupuleux. Une hydro-

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