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Le p. Sanchez

CASUISTK. 37

galion (le rappIiqiUM" sans pailiiililr; cl quand il ouhlii! son devoir, il se rend plus coupable qu(î celui ({ui vend aux peuples leur sul)sistau('e l('in|)()relle à faux |)()i(ls el à fausse mesure.

Le aisui.sfc esl donc un personnage iu)portant par son (^'lat et par son caractère; un homme d'autorité dans Israël, dont par conséquent la conduite et les écrits ne peuvent être trop rigoureusement examinés : voilà mes principes. Cependant je ne sais s'il iaut approuver la plaisanterie éloquente et redoutable de Pascal, et le zèle peut-être indiscret avec lequel d'autres auteurs, d'ailleurs très-habiles et très-respectables, poursuivirent vers le milieu du siècle dernier la morale relâchée de quelques casiiistes obscurs. Ils ne s'aperçurent pas sans doute que les principes de ces rasuisles recueillis en un corps, et exposés en langue vulgaire, ne manqueraient pas d'enhardir les passions, toujours disposées à s'appuyer de l'autorité la plus frêle. Le monde ignorait qu'on eût osé enseigner qii'il est quelquefois permis de mentir, de voler, de calomnier, d'assassiner pour une pomme, etc. Quelle nécessité de l'en instruire? Le scandale que la délation de ces maximes occasionna dans l'Église fut un mal plus grand que celui qu'auraient jamais fait des volumes poudreux relégués dans les ténèbres de quelques bibliothèques monastiques.

En effet, qui connaissait Villalobos, Connink, Llamas Achozier, Dealkoser, Squilanti, Bizoteri, Tribarne, de Grassalis, de Pitigianis, Strevesdorf, et tant d'autres, qu'on prendrait à leurs noms et à leurs opinions pour des Algériens? Pour qui leurs principes étaient-ils dangereux? pour les enfants qui ne savent pas lire? pour les laboureurs, les marchands, les artisans et les femmes qui ignorent la langue dans laquelle la plupart ont écrit? pour les gens du monde qui lisent à peine les ouvrages de leur état, qui ont oublié le peu de latin qu'ils ont rapporté des collèges, et à qui une dissipation continuelle ne laisse presque pas le temps de parcourir un roman? pour une poignée de théologiens éclairés et décidés sur ces matières? Je voudrais bien qu'un bon casuistc m'apprît qui est le plus coupable, ou de celui à qui il échappe une proposition absurde qui passerait sans conséquence, ou de celui qui la remarque et qui l'éternisé.

Mais, ap)rl's avoir protesté contre tout désir d'une liberté qui s'exercerait aux dépens de la tranquillité de l'Etat et de la reli-

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