‹ Dictionnaire encyclopédiqueChapitre 19 sur 98 · CASUISTE · texte numérisé non relu

CASUISTE

glon, ne piiis-je pas demander si Voiibli que je viens de proposer par rapport aux corrupteurs obscurs de la morale cli rétienne n'est pas applicable à tout autre auteur dangereux, pourvu qu'il ait écrit en langue savante? Il me semble qu'il faut, ou embrasser l'affirmative, ou abandonner les casuîsies; car pourquoi les uns mériteraient-ils plus d'attention que les autres? Des casuistes relâchés seraient-ils moins pernicieux et plus méprisables que des inconvaincus?

Mais, dira-t-on, ne vaudrait-il pas mieux qu'il n'y eût ni incrâdules ni mauvais casuistes, et que les productions des uns et des autres ne parussent ni en langue savante, ni en langue vulgaiî-e? Rien n'est plus vrai, de même qu'il serait à souhaiter qu'il n'y eût ni maladies ni méchanceté parmi les hommes. Mais c'est une nécessité qu'il y ait des malades et des méchants, et il y a des maladies et des crimes que les remèdes ne font qu'aigrir. Et qui vous a dit, continuera- t-on, quil est aussi nécessaire qu'il y ait pai^tni nous des casuistes relâchés et des incrédules, que des méchants et des malades? N'avons-nous pas des lois qui peuvent nous mettre à couvert de l'incrédulité et du relâchement? Je ne prétends point donner des bornes aux puissances ecclésiastiques et civiles : personne ne respecte plus que moi l'autorité des lois publiées contre les auteurs dangereux ; mais je n'ignore pas que ces lois existaient longtemps avant les casuistes relâchés et \e,\iv apologiste^, et qu'elles ne les ont pas empêchés de penser et d'écrire.

Je sais aussi que par l'éclat de la procédure, les lois civiles pourraient arracher des productions misérables à l'obscurité profonde où elles ne demanderaient qu'à rester, et que c'est là précisément ce qu'elles auraient de commun avec les lois ecclésiastiques dans la censure de casuistes ignorés, qu'une délation maligne aurait fait connaître mal à propos.

Au reste, c'est moins ici une opinion que je prétends établir qu'une question que je propose. C'est aux sages magistrats, chargés du dépôt des lois, et aux illustres prélats qui veillent pour le maintien de la foi et de la morale évangélique, à décider dans quel cas il vaut mieux ignorer que punir; et quelles sont, pour me servir de l'expression d'un auteur célèbre, les

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