CONJECTURE
deux airs, entre ces deux visages, entre leurs façons d'agir; au liçu que conformité ne s'applique qu'aux objets intellectuels, et même plus souvent aux puissances qu'aux actes; il semble qu'il ne faille que la présence d'une seule et même qualité dans deux sujets pour faire de la ressemblance, au lieu qu'il faut la présence de plusieurs qualités pour faire conformité. Ainsi on dit : 27 y a conformité entre ces deux projets; il y a conformité entre leur manière d'agir et de penser; il y a conformité dans leurs caractères. Ainsi ressemblance peut s'employer presque partout où l'on peut se servir de conformité; mais il n'en est pas de même de celui-ci.
CONFUS, adj. [Gram.), Il désigne toujours levice d'un arrangement, soit naturel, soit artificiel de plusieurs objets, et il se prend au simple et au figuré : ainsi il y a de la confusion dans ce cabinet d'histoire naturelle, il y a de la confusion dans ses pensées. De l'adjectif confus, on a fait le substantif confusion. La confusion n'est quelquefois relative qu'à nos facultés; il en est de même de presque toutes les autres qualités et vices de cette nature. Tout ce qui est susceptible de plus ou de moins, soit au moral, soit au physique, n'est ce que nous en assurons que selon ce que nous sommes nous-mêmes.
CONJECTURE, s. f. [Gram.). Jugement fondé sur des preuves qui n'ont qu'un certain degré de vraisemblance, c'est-à-dire sur des circonstances dont l'existence n'a pas une liaison assez étroite avec la chose qu'on en conclut pour qu'on puisse assurer positivement que les unes étant, l'autre sera ou ne sera pas : mais qu'est-ce qui met en état d'apprécier cette liaison? L'expérience seule. Qu'est-ce que l'expérience, relativement à cette liaison? Un plus ou moins grand nombre d'essais, dans lesquels on a trouvé que telle chose étant donnée, telle autre l'était ou ne l'était pas; en sorte que la force de la conjecture, ou la vraisemblance de la conclusion, est dans le rapport des événements connus pour aux événements connus contre : d'où il s'ensuit que ce qui n'est qu'une faible conjecture pour l'un devient ou une conjecture très-forte, ou même une démonstration pour l'autre. Pour que le jugement cesse d'être conjectural, il n'est pas nécessaire qu'on ait trouvé dans les essais que telles circonstances étant présentes, tel événement arrivait toujours, ou n'arrivait jamais. 11 y a un certain point indiscernable où nous