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CONSENTEMENT

nexité, la liaison que les qualités existantes dans les objets, indépendamment de nos réflexions, constituent entre ces objets. Ainsi, il y aura connexion entre des abstraits, et connexit/' qïxXyq des concrets; et lesqualités et les rapports qui font la connexité seront les fondements de la connexion; sans quoi notre entendement mettrait dans les choses ce qui n'y est pas : vice opposé à la bonne dialectique.

COjSSEMEMEiNT, Agrément, Permission. {Gram.), termes relatifs à la conduite que nous avons à tenir dans la plupart des actions de la vie, où nous ne sommes pas entièrement libres, et où l'événement dépend en partie de nous, en partie de la volonté des autres. Le consentement se demande aux personnes intéressées; la jjennission se donne par les supérieurs qui ont le droit de veiller sur nous, et de disposer de nos occupations ; y agrément s'obtient de ceux qui ont quelque autorité ou inspection sur la chose dont il s'agit. Nul contrat sans le consentement des parties : les moines ne sortent point de leurs maisons sans une permission : on n'acquiert point de charge à la cour sans Y agrément du roi. On se fait quelquefois prier pour consentir à ce qu'on souhaite ; tel supérieur refuse des pertnissions, qui s'accorde des licences; un concurrent protégé rend quelquefois Xagrément impossible.

CONSENTEMENT, s. m. [Logique et Morale.). C'est un acte de l'entendement par lequel tous les termes d'une proposition étant bien conçus, un homme aperçoit intérieurement, et quelquefois désigne au dehors, qu'il y a identité absolue entre la pensée et la volonté de l'auteur de la proposition, et sa propre pensée et sa propre volonté. La négation et l'afiTirmation sont, selon les occasions, des signes de consentement. L'esprit ne donne qu'un seul consente^nent à une proposition, si composée qu'elle puisse être; il faut donc bien distinguer le consentement du signe du consentement : le signe du consentement peut être forcé; il n'en est pas de même du consentement. On a beau m'arracher de la bouche que mon sentiment est le même que celui de tel ou de tel, cela ne change point l'état de mon âme. Le consnitement est ou exprès, ou tacite, ou présumé, ou supposé; il s'exprime par les paroles; on l'aperçoit, quoique tacite, dans les actions; on le présume par l'intérêt et la justice; on le suppose par la liaison des membres avec le chef. Les misan-

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ihropes rejetteront sans (loiiic le ionsmlcincnl présinni'; niais c'est une injure tijratuilo ([u'ils feront à la nature humaine; il est fondé sur les ])rinci|)(îs niorauv les plus généraux et les plus forts : les (lillicultés qu'on pourrait faire sur le consentcmcnl supposé ne sont pas plus solides que celles qu'on ferait sur le présumé. Le pacte exprés naît du consiiitcment exprès; le tacite, (lu tacite; le présunu', du présumé, et le supposé, du supposé. Le consentemini de l'enfance, de la folie, de la fureur, de l'ivresse, de l'ignorance invincible, est réputé nul : il en est de même de celui qui est arraché par la crainte, ou surpris par adresse; en toute autre circonstance, le consentement fonde l'apparence de la faute, et le droit de châtiment et de représaille.

CONSÉQUENCE, s. f. [Logiq.). C'est dans un raisonnement la liaison d'une proposition avec les prémisses dont on l'a déduite ; ainsi il est indifférent que les prémisses soient vraies ou fausses pour que la liaison soit bonne, et pour que \di conséquence soit accordée ou niée. Exemple : Si les bons étaient suffisamment récompensés dans ce monde par les plaisirs de la vertu, et les méchants suffisamment punis par les suites fâcheuses du vice, il n'y aurait aucune récompense ni aucune peine à venir, sans qu'on pût accuser Dieu d'injustice: or les bons sont suffisamment récompensés dans ce monde par les plaisirs de la vertu, et les méchants suffisamment punis par les suites du vice; donc il n'y aurait aucune récompense ni aucune peine à venir, sans qu'on pût accuser Dieu d'injustice. On peut avouer ce donc sans convenir des prémisses auxquelles il a rapport. La conséquence est bien tirée, mais il est de foi que la mineure est fausse. Il est évident que le conséquent peut être distingué, mais non la conséquence : on nie ou l'on accorde qu'il y a liaison. Voyez Conséquent.

CONSÉQUENT (le), adj. pris subst. (Logiq.). C'est la proposition qu'on infère des prémisses d'un raisonnement. Exemple : 11 semble que si les hommes étaient naturellement méchants, c'est de la vertu et non du vice qu'ils devraient avoir des remords ; or c'est du vice seulement qu'ils ont des remords ; donc ils ne sont pas naturellement méchants. Ils ne sont pas naturellement méchants-, voilà le conséquent; donc est le signe de la conséquence ou de la liaison qu'on suppose entre X^consé-

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qncnl et les prémisses. Si le comêqucnt est équivoque, c'est-àdire s'il y a un sens dans lequel il soit bien déduit des prémisses, et un sens dans lequel il soit mal déduit des prémisses, on dit en répondant au raisonnement : je distingue le eonséqueni-y en ce sens, j'avoue la conséquence; en cet autre sens je nie ia conséquence, ou j'avoue la liaison de la proposition avec les prémisses, ou je nie la liaison de la proposition avec les prémisses. Voyez Conséquence.

CONSERVATION, s. f. [Morale.) La loi de conservation est une des lois principales de la nature; elle est, par rapport aux autres lois, ce que l'existence est par rapport aux autres qualités; l'existence cessant, toutes les autres qualités cessent; la loi de conservation étant enfreinte, le fondement des autres lois est ébranlé. Se détruire, de quelque manière que ce soit, c'est se rendre coupable de suicide. Il faut exister le plus longtemps qu'il est possible pour soi, pour ses amis, pour ses parents, pour la société, pour le genre humain ; toutes les relations qui sont honnêtes et qui sont douces nous y convient. Celui qui pèche contre la loi de conservation les foule aux pieds : « Je ne veux plus être votre père, votre frère, votre époux, votre ami, votre fils, votre concitoyen, votre semblable. » Nous avons contracté librement quelques-uns de ces rapports; il ne dépend plus de nous de les dissoudre sans injustice. C'est un pacte où nous n'avons été ni forcés ni surpris; nous ne pouvons le rompre de notre propre autorité; nous avons besoin du consentement de ceux avec qui nous avons contracté. Les conditions de ce traité nous sont devenues onéreuses ; mais rien ne nous empêchait de le prévoir; elles pouvaient le devenir aux autres et à la société ; dans ce cas, on ne nous eût point abandonnés. Demeurons donc. 11 n'y a moralement personne sur la surface de la terre d'assez inutile et d'assez isolé pour partir sans prendre congé que de soi-même; l'injustice d'un pareil procédé sera plus ou moins grande; mais il y aura toujours de l'injustice. Fais en sorte que toutes tes actions tendent à la conservation de toi-même, et à la conservation des autres, c'est le cri de la nature; mais sois par-dessus tout honnête homme. Il n'y a pas à choisir entre l'existence et la vertu.

CONSEVIUS ou CoNsivius, s. m. [Myth.) Dieu ainsi appelé du verbe consero, Je sème, et de sa fonction qui consistait à

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