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CONSOLATION

j)rt'si(ler à la conception des hommes qu'il favorisait h sa maiii(!iv, dont on ne nous instniii point. L'acte de la gcMirration avait paru au\ Anciens de telh; importance, qu'ils avaient plac('' autour de ceux qui s'en occupaient un grand nombre de dieux et de déesses, dont les fonctions seraient d'un détail contraire à l'honnêteté. Il y en a qui préicndcnt que ce Consevius est le môme que Janus.

CONSOLATION, s. f. {Moral et IViôlor.) est un discours par lequel on se propose de modérer la douleur ou la peine des autres.

Malherbe a adressé à son ami Duperrier une très-belle ode pour le consoler de la mort de sa fille, et qui commence ainsi :

Ta douleur, Duperrier, sera donc éternelle, etc.

C'est là qu'on trouve ces stances si nobles, où le poëte, personnifiant la mort, la représente comme un tyran qui n'épargne personne, et des coups duquel on doit d'autant plus se consoler, qu'ils sont inévitables dans toutes les conditions.

La mort a des rigueurs à nulle autre pareilles, etc.

On pourrait dire à tous ceux qui s'afiligent de quelque perte : Le temps fera presque nécessairement ce que la raison et la religion n auront pas fait, et vous aurez perdu tout le mérite du sacrifice. Un sentiment assez singulier, et qui n'est pas hors de la nature, c'est celui d'un amant qui s'adligeait de ce qu'il se consolerait un jour de la perte de celle qu'il aimait.

Consolation {Hist. ecclés.) Cérémonie des manichéens albigeois, par laquelle ils prétendaient que toutes les fautes de la vie étaient effacées ; ils la conféraient à l'article de la mort ; ils l'avaient substituée à la pénitence et au viatique. Elle consistait à imposer les mains, à les laver sur la tête du pénitent, à y tenir le livre des Évangiles, et à réciter sept Pater avec le commencement de l'Évangile selon saint Jean. C'était un prêtre qui en était le ministre. Il fallait, pour son eflîcacité, qu'il fût sans péché mortel. On dit que lorsqu'ils étaient consolés, ils seraient morts au milieu des flammes sans se plaindre, et qu'ils auraient donné tout ce qu'ils possédaient pour l'être. Exemple

frappant de ce que peuvent l'enthousiasme et la superstition, lorsqu'ils se sont une fois emparés des esprits.

CONSTANCE, s. f. {Morale.) C'est cette vertu par laquelle nous persistons dans notre attachement à tout ce que nous croyons devoir regarder comme vrai, beau, bon, décent et honnête. On ne peut compter sur ce que dit le menteur; on ne peut compter sur ce que fait l'homme inconstant ; l'un anéantit, autant qu'il est en lui, le seul signe que les hommes aient pour s'entendre; l'autre anéantit le seul fondement qu'ils aient de se reposer les uns sur les autres. Si l'inconstance était aussi grande et aussi générale qu'il est possible de l'imaginer, il n'y aurait rien de permanent sur la surface de la terre, et les choses humaines tomberaient dans un chaos épouvantable. Si l'attachement est mal placé, la constance ^rend le nom d'ojjùiiâtreté^ et l'inconstance celui de raison. Les Anciens avaient fait de la constance une divinité, dont on voit souvent l'image sur leurs médailles.

CONSTERNATION, s. f. C'est le dernier degré de la frayeur. On y est jeté par l'attente ou la nouvelle de quelque grand malheur. Je dis l'attente ou la nouvelle, parce qu'il me semble que le mal arrivé cause de la douleur, mais que la consternation n'est l'effet que du mal qu'on craint. La perte d'une grande bataille ne répandrait pas la consternation dans les provinces, si elles n'en craignaient les suites les plus fâcheuses. Aussi en pareil cas n'y a-t-il proprement que les provinces voisines du champ de bataille qui soient consternées. Si la mort de Germanicus eût été naturelle, Rome n'aurait été plongée que dans la plus grande douleur; mais comme on y soupçonna le poison, les sujets tournèrent les yeux avec effroi sur les monstres qui les gouvernaient, et la douleur fut mêlée de consternation.

CONSUL, s. m. [Hist. anc.) Ce fut, après l'expulsion de Tarquin le Superbe, le dernier roi, mais non le dernier tyran de Rome, le premier magistrat de la république. Cette dignité commença l'an 245 de la fondation de la ville. On créait tous les ans deux consuls-, ils gouvernaient ensemble la république. L. Junius Rrutus, et L. Tarquinius Collatinus, mari de Lucrèce, furent les premiers honorés de cette dignité. Qu'il fut doux au peuple, qui avait servi jusqu'alors comme un esclave, de se voir assemblé par centuries, en comices, se choisissant lui-

TTK^mo dos magistrats amiiiols, ariiovibles, liivs elo la niasso commune par sa voix, et y roloinbant au bout de l'année! Cette élection fut conduite par un ùitenr.r, selon (juclques-uns; selon d'autres, par un préfet de la ville; mais ces deux fonctions qu'on vit réunies dans la j)ersonne de Sp. Lucrctius Tricepetinus n'étant point incompatibles, celui qui présida aux premiers comices libres du peuple romain put les exercer ensemble. Les deux premiers ronsiils no finiront point leur année; le peuple cassa CoUalinus, qui lui parut plus ennemi du roi que de la royauté; et Brutus et Aronce, fils de Tarquin, s'entretuèrent à coups do lance.

Le nom de consul rappelait sans cesse à ce magistrat son premier devoir, et les limites de sa charge; c'est qu'il n'était que le conseiller du peuple romain, et qu'il devait en toute occasion lui donner le conseil qui lui semblait le plus avantageux pour le bien public. On créa deux consuls, et on rendit leur dignité annuelle, afin qu'il ne restât pas même l'ombre de l'autorité royale, dont les caractères particuliers sont l'unité et la perpétuité. Ils ne tenaient leur autorité que du peuple, et le peuple ne voulut point qu'ils pussent, sans son consentement, ni faire battre de verges, ni mettre à mort un citoyen. Il paraît cependant que ces limites n'étaient point encore assez étroites pour prévenir les vexations, puisque, dès l'an 260, c'est-à-dire quinze ans après la création des consuls, le peuple fut obligé de se faire des protecteurs dans les tribuns. Leur autorité cessa l'an 302 ; on la remplaça par celle des decemviri legutn scrihendarum; elle reprit l'an 306; elle cessa encore en 310; la république eut alors ses tribuns militaires, consulari potestate. Après plusieurs révolutions, le consulat rétabli dura depuis l'année 388 de Rome jusqu'en 5A1 de Jésus-Christ; qu'il finit dans la personne de FI. Basilius, dernier consul, qui l'était sans collègue. Ce fut Justinien qui en abolit le nom et la charge; cette innovation lui attira la haine publique, tant ce vieux simulacre était encore cher et respecté. Sa durée fut de 10^7 ou là09 ans. Cette dignité ne conserva presque rien de ses prérogatives sous Jules César et ses successeurs. Les empereurs la conférèrent à qui bon leur semblait ; on n'en était revêtu quelquefois que pour trois mois, six mois, un mois. Plus un homme était vil, plus son consulat durait. Avant ces temps malheureux,

l'élection des consuls se faisait dans le champ de Mars. Un des consuls en charge était le président des comices ; il les ouvrait en ces termes : quœ î^es mihi, magislratriique meo, popido plchique romance féliciter eveniat, consul es designo. Le peuple accompagnait jusque chez eux, avec des acclamations, les consuls désignés. La désignation se faisait ordinairement à la fin du mois de juillet; les fonctions ne commencèrent, du moins à compter depuis l'an 599 ou 600, qu'au premier de janvier. On accordait ce temps aux compétiteurs. Si l'on parvenait à démontrer que la désignation était illégitime, qu'il y avait eu de la brigue, des largesses, des corruptions, des menées basses, le désigné était exclu. Ce règlement était trop sage pour qu'il durât longtemps, et que l'observation en fijt rigoureuse. Au premier de janvier, le peuple s'assemblait devant la maison des désignés; il les accompagnait au Capitole; chaque consul y sacrifiait un bœuf; on se rendait de là au sénat; l'un des consuls prononçait un discours de remercîment au peuple. Sous les empereurs, il se faisait, dans cette cérémonie, des distributions de monnaies d'or et d'argent; il y eut jusqu'à cent livres d'or destinées à cet emploi. Yalens et Marcian abolirent cet usage. Justinien le rétablit, avec la restriction qu'on ne distribuerait que de petites pièces d'argent. Mais les désordres occasionnés par cette espèce de largesse, qui excluait encore du consulat quelques honnêtes gens qui avaient plus de mérite que d'écus, comme cela arrive assez souvent, la fit entièrement supprimer par l'empereur Léon; on donna seulement un repas aux sénateurs et aux chevaliers, et on leur envoya quelques présents, qui s'appelèrent munera consularia. Les consuls juraient immédiatement après leur élection de ne rien entreprendre contre les lois; ils haranguaient le peuple aux rostres; ils avaient prêté serment devant le consul à leur désignation; à leur entrée en charge, ils le prêtaient devant le peuple; tout ce cérémonial durait cinq jours au plus. Les consuls furent d'abord tous patriciens; mais le peuple obtint par force, en 388, qu'il y en aurait toujours un de son ordre. L. Sextus Lateranus fut le premier de cette création. On ne pouvait briguer le consulat avant quarante et un ans, et même quarante-trois. César enfreignit cette loi, appelée lex annuaria, en nommant consul Dolabella, qui n'était âgé. que de vingt-cinq ans. Les empereurs qui

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lui surc»''(l("!rent fireiH des consuls (jiii n'avaient pas niriii(! de barbe; ils poussèrent l'abus jus({u'ii désigner leurs enfants avant qu'ils eussent l'usage delà parole. Dans ces temps, où la dignité de consul n'était (|u'un vain nom, il était assez indifférent à qui on la conl'éràt. On n'avait auparavant dérogé à celte sage institution que dans des cas extraordinaires, en faveur de personnages distingués, tels que le fils adoptif de Marius, qui entra en charge à vingt-six ans , et Pompée à trente-quatre, avant que d'avoir été questeur. 11 fallait avoir été préteur pour être co)isul; il y avait même un interstice de deux ans, fixé entre le consulat et la dignité prétorienne, et un interstice de dix ans entre la sortie du consulat et la rentrée dans la même fonction. Le peuple s'était déjà relâché du premier de ces usages sous Marius; les empereurs foulèrent aux pieds l'un et l'autre; et le peuple, à qui ils avaient appris à souffrir de plus grandes avanies, n'avait garde de se récrier contre ces bagatelles. Les faisceaux furent originairement les marques de la dignité consulaire; ils en avaient chacun douze, qui étaient portés devant eux par autant de licteurs. On ne les baissait que devant les vestales. Cet appareil effaroucha le peuple; il craignit de ne s'être débarrassé d'un tyran que pour s'en donner deux; et il fallut lui sacrifier une partie de cette ostentation de souveraineté; on portait des faisceaux devant un des consuls ^ l'autre n'était précédé que par les licteurs. Ils eurent alternativement de mois en mois les licteurs et les faisceaux. Après la mort de Brutus, Valérius, dont le peuple se méfiait, détermina même son collègue à quitter les faisceaux dans la ville, et à les faire baisser dans les assemblées. La loi Julienne décerna dans la suite les faisceaux au plus âgé des consuls; ils appartinrent aussi de préférence, ou à celui qui avait le plus d'enfants, ou à celui qui avait encore sa femme, ou à celui qui avait déjà été consul. Lorsque les haches furent supprimées, pour distinguer le consul en fonction de son collègue, on porta les faisceaux devant celui-là, et on les porta derrière l'autre. Sous les empereurs, le consulat eut des intervalles d'éclat, et on lui conserva quelquefois les faisceaux. La chaire curule fut encore une des marques de la dignité consulaire; il ne faut pas oublier la toge prétexte, qui restait le premier jour de leur magistrature devant les pénates, et qui se transportait le jour suivant au Gapitole

pour y être exposée à la vue du peuple; le bâton d'ivoire terminé par l'aigle; et sous les empereurs, la toge peinte ou fleurie, les lauriers autour des faisceaux, les souliers brodes en or, et d'autres ornements qui décoraient le stupide consul à ses yeux et aux yeux de la multitude, mais qui ne lui conféraient pas le moindre degré d'autorité. Le pouvoir du consulat fut trèsétendu dans le commencement: il autorisait à déclarer la guerre, à faire la paix, à former des alliances, et même à punir de mort un citoyen. Mais bientôt on appela de leur jugement à celui du peuple, et l'on vit leurs sentences suspendues par le veteamus d'un tribun. Il y avait des circonstances importantes où l'on étendait leurs privilèges; vidèrent ne quid détriment resjmhlica caperet-, mais ils ne furent jamais dispensés de rendre compte de leur conduite. Si les consuls étaient si petits en apparence devant le peuple, ils n'en étaient pas moins grands aux yeux des étrangers , et ils ont eu des rois parmi leurs clients. Les autres magistrats leur étaient subordonnés, excepté les tribuns du peuple ; ils commandaient en chef à la guerre, alors ils punissaient de mort ; ils influaient beaucoup dans les élections des tribuns, des centurions, des préfets, etc.; ils étaient tout-puissants dans les provinces, ils avaient droit de convoquer le peuple, ils faisaient des lois, ils leur imposaient leur nom, ils recevaient les dépêches des pays éloignés, ils convoquaient les autres magistrats, ils donnaient audience aux envoyés, ils proposaient dans les assemblées ce qui leur paraissait convenable; ils recueillaient les voix. Sous les empereurs, ils affranchissaient les esclaves, ils avaient l'inspection du commerce et de ses revenus, ils présidaient aux spectacles, etc. Auparavant, l'un deux restait ordinairement à Rome, à la tête du sénat et des affaires politiques; l'autre commandait les armées; leur magistrature étant de peu de durée, et chacun se proposant de fixer la mémoire de son année par quelque chose d'important, on vit et l'on dut voir par ce seul moyen les édifices somptueux, les actions les plus éclatantes, les lois les plus sages, les entreprises les plus grandes, les monuments les plus importants se multiplier à l'infini; telle fut la source de la splendeur du peuple romain dans Rome ; la jalousie du peuple et l'inquiétude de ses maîtres qui, pour n'en être pas dévorés au dedans, étaient obligés de le lâcher au dehors sur des enne-

mis qu'ils lui pirscnlaicnl sans cesse, furent la source de ses guerres, de ses trioniplies et d(; sa puissance prodigieuse au dehors. Après l'année du consulat, le comul faisait une harangue aux rostres; il jurait avoir rempli (idèlemenl ses fonctions; lors([ue le peuple en riait mécontent, il interdisait ce serinent; et Gicéron, nonobstant tout le bruit qu'il fit de son consulat, essuya cette injure publique. On passait communément du consulat à la dignité de proconsul et à un gouvernement de province. Les gouvernements se tiraient au sort, à moins que les cansuls ne prissent entre eux des arrangements particuliers, ce qui s'appelait /?rt!/r/v mm collcga ou rompaïuire. C'est là qu'ils se dédommageaient des dépenses qu'ils avaient faites pendant leur consulat. Les pauvres provinces pillées, désolées, payaient tout; et tel Romain s'était illustré à la tète des affaires, qui allait se déshonorer en Asie, ou ailleurs, par des concussions épouvantables. La création et succession des consuls sont dans la chronologie des époques très-sûres. On a vu plus haut ce que c'était que l'état du consul désigné. Il y eut sous Jules César des consuls honoraires, consul honorarins ^ c'étaient quelques particuliers qu'il plaisait à l'empereur d'illustrer, de ces gens qui croyaient sottement qu'il dépendait d'un homme d'en faire un autre grand, en lui disant : sois grand, car tel esl ma volonté. L'empereur leur conférait les marques et le rang de la dignité consulaire. Ces titulaires sont bien dignes d'avoir pour instituteur un tyran. La race en fut perpétuée par les successeurs de Jules César. Celui des deux consuls qui était de service, et devant qui l'on portait les faisceaux, dans le temps où on les distinguait en les faisant porter devant ou derrière, s'appelait consul major. Il y en a qui prétendent que l'épithète de major a une autre origine, et qu'on la donna à celui qui avait été le premier désigné. Le consul qui entrait en charge le premier janvier s'appela consul ordinarius, pour le distinguer de celui qui entrait dans le courant de l'année. Lorsqu'un des deux consuls ordinaires venait à mourir ou à être déposé, on l'appelait sujfectus. Il y en eut sous l'empereur Commode jusqu'à vingt -cinq dans la même année; c'était une petite manœuvre par laquelle on parvenait à s'attacher beaucoup de gens qui faisaient assez de cas de cet éclat d'emprunt, et assez peu d'eux-mêmes pour se vendre à ce prix.

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