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CONVERSION

de disparates entre les âges, que les fortunes se rapprochent, que les naissances sont égales; plus vous multiplierez ces sortes de rapports, en les étendant au tempérament, à la figure, au caractère, plus vous augmenterez la convenance. On dit d'un homme qui a rassemblé chez lui des convives qu'il a gardé les convenances s'il a consulté l'âge, l'état, les humeurs et les goûts des personnes invitées; et plus il aura rassemblé de ces conditions qui mettent les hommes à leur aise, mieux il aura entendu les convenances. En cent occasions les raisons de convenance sont les seules qu'on ait de penser et d'agir d'une manière plutôt que d'une autre, et si l'on entre dans le détail de ces raisons, on trouvera que ce sont des égards pour sa santé, son état, sa fortune, son humeur, son goût, ses liaisons, etc. La vertu, la raison, l'équité, la décence, l'honnêteté, la bienséance, sont donc autre chose que la convenance. La bienséance et la convenance ne se rapprochent que dans les cas où l'on dit : cela était à sa bienséance ; il s'en est emparé par raison de convemince. D'où l'on voit que la convenance est souvent pour les grands et les souverains un principe d'injustice, et pour les petits le motif de plusieurs sottises. En effet, y a-t-il dans les alliances quelque circonstance qu'on pèse davantage que la convenance des fortunes? Cependant qu'a de mieux à faire un honnête homme qui a des richesses que de les partager avec une femme qui n'a que de la vertu, des talents et des charmes? De tout ce qui précède il s'ensuit que la convenance consiste dans des considérations, tantôt raisonnables, tantôt ridicules, sur lesquelles les hommes sont persuadés que ce qui leur manque et qu'ils recherchent leur rendra plus douce ou moins onéreuse la possession de ce qu'ils ont. Voyez

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