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CONTINUER

l'homme continent est d'être tourmenté par ces mouvements, et d'y résister : d'où il s'ensuivrait qu'il y aurait réellement plus de mérite à être continent qu'à être chaste. La chasteté tient beaucoup à la tranquillité du tempérament, et la continence à l'empire qu'on a acquis sur sa fougue. Le cas qu'on fait de cette vertu n'est pas indifférent dans un État populaire. Si les hommes et les femmes affichent l'incontinence publiquement, ce vice se répandra sur tout, même sur le goût; mais ce qui s'en ressentira particulièrement, c'est la propagation de l'espèce qui diminuera nécessairement à proportion que ce vice augmentera; il ne faut que réfléchir un moment sur sa nature pour trouver des causes physiques et morales de cet effet.

CONTINUEL, adj. {Gram.) Terme qui est relatif aux actions de l'homme et aux phénomènes de la nature, considérés par rapport à toute la durée successive du temps, ou seulement à une portion indéterminée de cette durée, et qui marque qu'il n'y a aucun instant de la durée prise sous l'un ou l'autre de ces aspects pendant lequel l'action ou le phénomène ne subsiste pas. Un seul exemple suffira pour éclaircir cette définition. Quand on parle du mouvement continuel d'un corps céleste, on n'entend pas la même chose que quand on parle du mouvement ro;*/mM<'/ d'un enfant; il me semble qu'on rapporte l'un à une portion successive indéterminée de la durée, et l'autre à la durée en général. 11 y a cette différence entre continu et continuel, que continu se dit de la nature même de la chose, et que continuel se dit de son rapport avec le temps; l'exemple en est évident dans un mouvement continu et un mouvement continuel.

CONTINUER [Gram. et verbe) s'emploie diversement, mais il a toujours rapport à une chose commencée et à un temps passé. On dit : // a commencé ses éludes, et il les continue-, il a eu avec moi de bons procédés, et il continue, tout court, ou il continue d'en avoir, mais non il les continue. Cet ouvrage se continue, le bruit continue. Continuer peut être relatif à continué et à continu : quand il est relatif à continu, il ne marque point d'interruption; quand il est relatif à continué, il en peut marquer, car le continu n'a point cessé, et le continué a pu cesser.

CONVKNANCli:. 221

CONTIV'VDKITION se prend tu Morale pour un jugement opposi' à un autre ju^ornenl di'jà porté. Il y a des (;s[)rils (jui y sont portés naturellement, ce sont ceux qui n'ont aucun principe fixe : ils sont incommodes dans la société, surtout pour ceux qui n'aiment point à prouver ce qu'ils avancent.

(iONTUK [Cram.], préposition qui marque ou proximité ou opposition : ainsi dans toutes ces phrases : il écrit contre les athées, il s'est élevé con/rc mon avis, il ytavle conlre sa pensée; fontrc marque de l'opposition considérée sous différentes faces : et dans celle-ci, il est assis contre le mur, il est placé contre le feu, contre marque proximité. Contre entre en composition avec un grand nombre de mots de la langue.

COiNTROVERSE, s. f. Dispute par écrit ou de vive voix sur des matières de religion. On lit dans le Dictionnaire de Trévoux qu'on ne doit point craindre de troubler la paix du christianisme par ces disputes, et que rien n'est plus capable de ramener dans la bonne voie ceux qui s'en sont malheureusement égarés : deux vérités dont nous croyons devoir faire honneur à cet ouvrage. Ajoutons que pour que la controverse puisse produire les bons effets qu'on s'en promet, il faut qu'elle soit libre de part et d'autre. On donne le nom de controversiste à celui qui écrit ou qui prêche la controverse.

CONVENABLE, adj. [Gram. et Morale). J'observerai d'abord que convenance n'est point le substantif de convenable, si l'on consulte les idées attachées à ces mots. La convenance est entre les choses, le convenable est dans les actions. 11 y a telle manière de s'ajuster qui n'est pas convenable à un ecclésiastique : on se charge souvent d'une commission qui n'est pas convenable au rang qu'on occupe; ce n'est pas assez qu'une récompense soit proportionnée au service, il faut encore qu'elle soit convenable à la personne. Le cofivenable consiste souvent dans la conformité de sa conduite avec les usages établis et les opinions reçues. C'est, s'il est permis de s'exprimer ainsi, l'honnête arbitraire. Voyez Convenance^ Décence.

CONVENANCE, s. f. {Gram. et Morale.) Avant que de donner la définition de ce mot, il ne sera pas hors de propos de l'appliquer à quelques exemples qui nous aident à en déterminer la notion. S'il est question d'un mariage projeté, on dit qu'il y a de la convenance entre les partis, lorsqu'il n'y a pas

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