COUPON
on enfonçait un long bâton en terre ; on en plaçait un autre à son extrémité, sur laquelle il faisait l'équilibre; on accrochait aux extrémités de celui-ci [deux plats de balance ; on mettait sous ces plats deux seaux, et dans ces seaux deux petites figures de bronze. Quand on avait vidé sa coupe jusqu'à une certaine hauteur fixée, on se plaçait à quelque distance de cette machine que nous venons de décrire, et on tâchait de jeter le reste de sa coupe dans un des plats de la balance; s'il en tombait dans le plat autant qu'il en fallait pour le faire pencher, en sorte qu'il frappât la tête de la figure de bronze qui était dessous, et que le coup s'entendit, on avait gagné, sinon on avait perdu. Cet amusement était accompagné de chansons. Les Siciliens, qui en étaient les inventeurs, avaient des lieux publics pour s'y exercer. Ils donnèrent le nom delaiax, et à la liqueur lancée, et au bruit qu'elle faisait en retombant. Les Grecs, qui s'étaient entêtés du cottabc, auguraient bien ou mal du succès de leurs amours par la manière dont il leur réussissait.
COTYTTÉES, adj. pris subst. {Myth.) Mystères ;de Gotytto, déesse de la débauche. Son culte passa de la Thrace dans Athènes. Alcibiade s'y fit initier; et il en coûta la vie à Eupolis pour avoir plaisanté sur cette initiation. Les mystères abominables de Gotytto se célébraient avec un secret impénétrable. Il est inconcevable qu'on en vienne jusqu'à croire honorer les dieux par des actions qu'on ne cache avec tant de soin que parce qu'on les regarde comme déshonnêtes et déshonorantes aux yeux des hommes.
GOULER, v. n. Terme qui marque le mouvement de tous les fluides, et même de tous les corps solides réduits en poudre impalpable. Rouler, c'est se mouvoir en tournant sur soi-même. Glisser, c'est se mouvoir en conservant la même surface appliquée au corps sur lequel on se meut.
GOUPOiN. [Corn.) Espèce de toile d'ortie qui se fait à la Ghine, d'une plante appelée co, qui ne se trouve guère que dans la province de Fokien. G'est une espèce de lierre, dont la tige donne un chanvre qui sert à la fabrique du coupon. On la fait rouir, on la teille ; on laisse la première peau, qui n'est bonne à rien ; on garde la seconde qu'on divise à la main , et dont, sans la battre ni filer, on fait une toile très-fine et trèsfraîche. N'aurions-nous point dans nos contrées de plantes qu'on
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pût dôpouillci' d'uno [)rnnière peau sous laquelle il y en eût une autre propre à l'ourdissage? Cette reclicrche ne serait pas indigne d'ini botaniste.
COUR. [Ilist. tnic. et u/od.) (l'est toujours le lieu qu'habite un souverain; elle est composée des princes, des princesses, des ministres, des grands et des principaux officiers. Il n'est donc pas étonnant que ce soit le centre de la politesse d'une nation. La politesse y subsiste par l'égalité où l'extrême grandeur d'un seul y tient tous ceux qui l'environnent, et le goût y est raffiné par un usage continuel des superlluités de la fortune. Entre ces superlluités il se rencontre nécessairement des productions artificielles de la perfection la plus recherchée. La connaissance de cette perfection se répand sur d'autres objets beaucoup plus importants; elle passe dans le langage, dans les jugements, dans les sentiments, dans le maintien, dans les manières, dans le ton, dans la plaisanterie, dans les ouvrages d'esprit, dans la galanterie, dans les ajustements, dans les mœurs même. J'oserais presque assurer qu'il nj a point d'endroit où la délicatesse dans les procédés soit mieux connue, plus rigoureusement observée par les honnêtes gens, et plus finement affectée par les courtisans. L'auteur de VEsprit des Lois définit l'air de cour : l'échange de sa grandeur naturelle contre une grandeur empruntée. Quoi qu'il en soit de cette définition, cet air, selon lui, est le vernis séduisant sous lequel se dérobent l'ambition dans l'oisiveté, la bassesse dans l'orgueil, le désir de s'enrichir sans travail, l'aversion pour la vérité, la flatterie, la trahison, la perfidie, l'abandon de tout engagement, le mépris des devoirs du citoyen, la crainte de la vertu du prince, l'espérance sur ses faiblesses, etc., en un mot la malhonnêteté avec tout son cortège, sous les dehors de l'honnêteté la plus vraie ; la réalité du vice toujours derrière le fantôme de la vertu. Le défaut de succès fait seul dans ce pays donner aux actions le nom qu'elles méritent : aussi n'y a-t-il que la maladresse qui y ait des remords.
COURSES DU CIRQUE. {Hist. anc.) Ces courses {ox^di^nl la partie principale des jeux qu'on y célébrait. Elles se faisaient ou sur des chars, Voyez Chars, ou sur des chevaux, ou même à pied. La course des chevaux et des chariots se commençait à la ligne blanche; on s'avançait vers les bornes avec le plus de