‹ Dictionnaire encyclopédiqueChapitre 64 sur 98 · DIEUX · texte numérisé non relu

DIEUX

nous a transmise de la statue de la Diane d'liph6se, il paraît que c'était un symbole de la Nature. Le temple d'Éphèse fut brùK' par un nommé Erostrate ou lîratostrate, qui réussit en elTet beaucoup plus sûrement à immortaliser son nom par ce forfait que les artistes ne réussirent à inniiortaliser les leurs par les chefs-d'œuvre que ce temi)le renfermait, et que les dévots de la Diane par les e.r-voto dont ils l'avaient enrichi. Mais qu'est-ce qu'une mémoire que l'exécration accompagne ? Ne vaut-il pas mieux être oublié ?

DIEUX, s. m. pi. {MythoL),se dit des faux dieux des Gentils, qui tous étaient des créatures auxquelles on rendait les honneurs dus à la divinité.

\\ faut remarquer que parmi les Grecs et les Latins, les peuples, par le nom de Dieu, n'entendaient point un être trèsparfait dont l'éternité est un attribut essentiel. Us appelaient dieux tous les êtres qu'ils regardaient comme supérieurs à la nature humaine, ou qui pouvaient leur être de quelque utilité, ou même de la colère desquels ils avaient à craindre ; car les Anciens, comme les modernes, ont presque toujours été conduits par l'intérêt propre, c'est-à-dire l'espérance du bien et la crainte du mal. Les hommes mêmes, selon eux, pouvaient devenir des dieux après leur mort, parce que leur âme pouvait acquérir un degré d'excellence qu'ils n'avaient point eu pendant leur vie. Mais qu'on ne croie pas que les sages comme Socrate, Platon, Gicéron,et les autres parlassent toujours selon les idées du peuple : ils étaient cependant quelquefois obligés de s'y conformer pour n'être pas accusés d'athéisme. C'était le prétendu crime que l'on imputait à ceux qui ne croyaient qu'un Dieu.

Les poètes, suivant la remarque du P. Le Bossu, étaient théologiens, et ces deux fonctions, quoique séparées aujourd'hui, étaient pour lors réunies dans la même personne.

Ils personnifièrent les attributs divins, parce que la faiblesse de l'esprit humain ne saurait concevoir ni expliquer tant de puissance et tant d'action dans une substance aussi simple et aussi indivisible qu'est celle de Dieu.

C'est ainsi qu'ils ont représenté la toute-puissance de Dieu sous la personne et le nom de Jupiter; sa sagesse sous celui de Minerve ; sa justice sous celui de Junon.

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