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proque entre eux, comme la substance et l'accident qui la modifie; la troisième enfin, pour les êtres qui ne sont tous deux que des modalités. La première de ces distmctiom s'appelle réelle majeure, la seconde mineure, et la troisième la plus petite; comme si la distinction était susceptible de plus et de moins.
La distinction mentale ou de raison est de deux sortes; l'une est dite distinction rationis ratiocinantis; et l'autre rationis ratiocinatœ, comme l'on parle dans les écoles. La première est celle que l'esprit met dans les choses, sans qu'il y ait en elles aucun fondement qui autorise une telle distinction : telle serait, par exemple, la distinction qui se trouve entre Cicéron et Tullius. Comme cette distinction ne roule que sur des mots, ceux qui en sont les défenseurs sont appelés nominaux. Un de leurs chefs est Okam, cordelier anglais, qui vivait dans le xiv^ siècle. Ils entraient dans un grand détail des mots, s'appesantissaient scrupuleusement sur toutes les syllabes; c'est ce qui leur attira le reproche injurieux de vendeurs de mots ou marchands de paroles. Cette secte s'éleva vers la fin du xi^ siècle. Ils prétendaient être sectateurs de Porphyre et d'Aristote; mais ils ne commencèrent à porter le nom de nominaux que du temps d'Okam : ils furent les fondateurs de l'université de Leipsik. On trouve encore aujourd'hui beaucoup de philosophes qui se piquent d'être nominaux.
La distinction de raison raisonnée, rationis ratiocinatœ, est celle que l'esprit met dans les choses, lorsqu'il y a une raison légitime pour cela. Le fondement do cette distinction est de deux sortes : ou il est extrinsèque, et c'est alors la variété des effets qui donne naissance à la distinction; ou il est intrinsèque, et c'est alors l'excellence d'une vertu qui produit différents effets. Si l'on considère cette distinction du côté de la chose, elle est appelée virtuelle; mais si on l'envisage par rapport à l'esprit, elle retient le nom de distinction de raison raisonnée. Considérée sous le premier rapport, c'est moins une distinction que le fondement d'une distinction; considérée de la seconde manière, c'est une vraie distinction appuyée sur un fondement réel. On appelle autrement cette distinction thomistique, du nom des thomistes.
DISTRACTION, s. f. [Morale.), application de notre esprit à un autre objet que celui dont le moment présent exigerait que
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nous conliiuia.ssions de nous occuper. L-à. dislnicliun ;i su source dans une excellente qualité de l'entendement, une extrême facilité dans les idées de se réveiller les unes les autres. C'est l'opposé de la stupidité qui reste sur une môme idée. L'homme clLstrail les suit toutes iudisiiuctement à mesure qu'elles se montrent; elles l'entraînent et l'écartcut de sou but : celui au contraire qui est maître de son esprit jette un coup d'œil sur les idées étrangères à son objet, et ne s'attache qu'à celles qui lui sont propres. Un bon esprit doit être capable de distractions, mais ne doit point être distrait. La disfraction est presque toujours un manque d'égards pour ceux avec qui nous nous entretenons. Elle leur fait entendre très-clairement que ce qui se passe dans notre âme nous intéresse plus que ce qu'ils nous disent. On peut, avec un peu d'attention sur soi-même, se garantir de ce libertinage d'esprit, qui fait tenir tant de discours déplacés, et commettre tant d'actions ridicules. L'homme dans la distraction perd de vue tout ce qui l'environne; et quand il revient de son délire, il agit comme si rien n'avait changé autour de lui; il cherche des objets où ils ne sont plus; il s'entretient de choses dont il n'est plus question ; il se croit à tout, et.il n'est plus à rien; parce que la distraction est une absence dont souvent on ne s'aperçoit pas, et dont on ne connaît presque jamais exactement la durée. 11 n'y a qu'un moyen d'apprécier l'intervalle de la distraction : c'est d'en pouvoir rapporter le commencement et la fin à deux instants différents d'une action continue, dont la durée nous soit connue par expérience.
DIVINATION, s. f. (Ordr. encyclop. Entend. Raison ou Scienc. Science des esprits^ Bivinat.). C'est l'art prétendu de connaître l'avenir par des moyens superstitieux. Cet art est très-ancien. Voyez Prophète, Prophétie, etc.
Il est parlé dans l'Écriture de neuf espèces de divination. La première se faisait par l'inspection des étoiles, des planètes et des nuées; c'est l'astrologie judiciaire ou apotélesmatique, que Moïse nomme mconen. La seconde est désignée dans l'Écriture par le mot menaschesch, que la Vulgate et la plupart des interprètes ont rendu par celui d'augure. La troisième y est appelée mecascheph, que les Septante et la Vulgate traduisent maléfices ou pratiques occultes et pernicieuses. La quatrième est
celle des lihobcr ou enchanteurs. La cinquième consistait à interroger les esprits pythom. La sixième, que Moïse appelle des j'udeonij était proprement le sortilège et la magie. La septième s'exécutait par l'évocation et l'interrogation des morts, et c'était par conséquent la nécromancie. La huitième était la rabdomancie, ou sort par la baguette ou les bâtons, dont il est question dans Osée, et auquel on peut rapporter la bélomancie qu'Ézéchiel a connue. La neuvième et dernière était l'hépatoscopie ou l'inspection du foie. Le même livre fait encore mention des diseurs de bonne aventure, des interprètes de songes, des divinations par l'eau, par le feu, par l'air, par le vol des oiseaux, par leur chant, par les foudres, par les éclairs, et en général par les météores, par la terre, par des points, par des lignes, par les serpents, etc.
Les Juifs s'étaient infectés de ces différentes superstitions en Egypte, d'où elles s'étaient répandues chez les Grecs, qui les avaient transmises aux Romains.
Ces derniers peuples distinguaient la divination en artificielle et en naturelle.
Ils appelaient divination artificielle un pronostic ou une induction fondée sur des signes extérieurs liés avec des événements à venir; et divination naturelle, celle qui présageait les choses par un mouvement purement intérieur, et une impulsion de l'esprit indépendante d'aucun signe extérieur.
Ils subdivisaient celle-ci en deux espèces, l'innée et l'infuse : l'innée avait pour base la supposition que l'âme circonscrite en elle-même, et commandant aux différents organes du corps, sans y être présente par son étendue, avait essentiellement des notions confuses de l'avenir, comme on s'en convainc, disaientils, par les songes, les extases, et ce qui arrive à quelques malades dans les approches de la mort, et à la plupart des autres hommes lorsqu'ils sont menacés d'un péril imminent. L'infuse était appuyée sur l'hypothèse que l'âme, semblable à un miroir, était éclairée sur les événements qui l'intéressaient par une lumière réfléchie de Dieu ou des esprits.
Ils divisaient aussi la divination artificielle en deux espèces, l'une expérimentale, tirée de causes naturelles, et telle que les prédictions que les astronomes font des éclipses, etc., ou les jugements que les médecins portent sur la terminaison des ma-