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Qu'il y a je ne sais quoi de suprême qui n'entend rien

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une première émanalion ffiii entend; une seconde qui est enlendue, et qui con.s(''(|uen)ineiil n'est pas sans ressemblance et sans alTmité avec ce qui entend.

28. Où il y a intelligence, il y a nudtitude. [/intelligent ne peut être ce qu'il y a de premier, de simple, et d'un.

20. L'intelligent s'applique ;\ lui-môme et à sa nature; s'il rentre dans son sein et qu'il y consomme son action, il en découlera la notion de duité, de pluralité et celle de tous les nombres.

30. Les objets des sens sont quelque chose; ce sont les images d'êtres; l'entendement connaît et ce" qui est en lui, et ce qui est hors de lui, et il sait que les choses existent, sans quoi il n'y aurait point d'images.

31. Les intelligibles diffèrent des sensibles comme l'entendement diffère des sens.

32. L'entendement est en même temps une infinité de choses dont il est distingué.

33. Autant que le monde a de principes divers de fécondité, autant il a d'âmes différentes, autant il y a d'idées dans l'entendement divin.

3/i. Ce que l'on entend devient intime; il s'institue une espèce d'unité, entre rendement et la chose entendue.

35. Les idées sont d'abord dans l'entendement; l'entendement en acte ou l'intelligence s'applique aux idées. La nature de l'entendement et des idées est donc une; si nous les divisons, si nous en faisons des êtres essentiellement différents, c'est une suite de la marche de notre esprit, et de la manière dont nous acquérons nos connaissances.

Voilà le principe fondamental de la doctrine des idées innées.

36. L'entendement divin agit sur la matière par ses idées, non d'une action extérieure et mécanique, mais d'une action intérieure et générale, qui n'est toutefois ni identique avec la matière, ni séparée d'elle.

37. Les idées des irrationnels sont dans l'entendement divin : mais elles n'y sont pas sous une forme irrationnelle.

38. Il y a deux espèces de dieux dans le ciel incorporel; les uns intelligibles, les autres intelligents : ceux-ci sont les idées, ceux-là des entendements béatifiés par la contemplation des idées.

39. Le troisième principe émané du premier est l'âme du monde.

AO. Il y a deux Vénus, l'une fille du ciel, l'autre fille de Jupiter et de Dioné; celle-ci préside aux amom's des hommes; Tautre n'a point eu de mère : elle est née avant toute union corporelle, car il ne s'en fait point dans les cieux. Cette Vénus céleste est un esprit divin; c'est une âme aussi incorruptible que l'être dont elle est émanée; elle réside au-dessus de la sphère sensible; elle dédaigne de la toucher du pied : que dis-je du pied? elle n'a point de corps; c'est un pur esprit, c'est une quintessence de ce qu'il y a de plus subtil; inférieure, mais coexistante à son principe. Ce principe vivant la produisit; elle en fut un acte simple ; il était avant elle ; il l'a aimée de toute éternité; il s'y complaît; son bonheur est de la contempler.

Zil. De cette âme divine en sont émanées d'autres, quoiqu'elle soit une ; les âmes qui en sont émanées sont des parties d'elle-même qui pénètrent tout.

A2. Elle se repose en elle-même; rien ne l'agite et ne la distrait; elle est toujours une, entière et partout.

AS. Il n'y a point eu de temps où l'âme manquât à cet univers: il ne pouvait durer sans elle; il a toujours été ce qu'il est. L'existence d'une masse informe ne se conçoit pas.

hh. S'il n'y avait point de corps il n'y aurait point d'âme. Un corps est le seul lieu où une âme puisse exister; elle n'a aucun mouvement progressif sans lui; elle se meut, dégénère, et prend un corps en s'éloignant de son principe, comme un feu allumé sur une haute montagne, dont l'éclat va toujours en s'affaiblissant jusqu'où les ombres commencent.

lib. Le monde est un grand édifice coexistant avec l'architecte ; mais l'architecte et l'édifice ne sont pas un, quoiqu'il n'y ait pas une molécule de l'édifice où l'architecte ne soit présent. Il a fallu que ce monde fût; il a fallu qu'il fût beau, il a fallu qu'il le fût autant qu'il était possible.

liQ. Le monde est animé, mais il est plutôt en son âme que son âme n'est en lui ; elle le renferme ; il lui est intime ; il n'y a pas un point où elle ne soit appliquée, et qu'elle n'informe.

Ii7. Cette âme, si grande par sa nature, suit le monde partout; elle est partout où il est.

AS. La perfection des êtres, auxquels l'âme du monde est

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présente, est proportion ik'-c à la distance du premier |)riiicipe. /|0. La beauté des êtres est en raison de l'énergie de l'âine en chaque point; ils nv, sont que ce (ju'elie les fait.

50. L'âme est connue assoupie dans les êtres inanimés : mais ce qui s'allie à un autre tend à se l'assimiler; c'est ainsi qu'elle vivifie autant qu'il est en elle ce qui de soi n'est j)oint vivant.

51. L'âme se laisse diriger sans eflbrt; on la captive en lui offrant quoi que ce soit ([u'elle puisse supporter, et qui la contraigne à céder une portion d'elle-même; elle n'est pas difficile sur ce qu'on lui expose, un miroir n'admet pas plus indistinctement la représentation des objets.

La nature universelle contient en soi la raison d'une infinité de phénomènes, et elle les produit quand on sait la provoquer.

Voilà les principes d'où Plotin et les éclectiques déduisirent leur enthousiasme, leur trinité, et leur théurgie spéculative et pratique; voilà le labyrinthe dans lequel ils s'égarent. Si l'on veut en suivre tous les détours, on conviendra qu'il leur en aurait coûté beaucoup moins d'efforts pour rencontrer la vérité.

Principes de la psychologie des éclectiques. — Ce que l'on enseignait dans l'école alexandrine sur la nature de l'âme de l'homme n'était ni moins obscur ni plus solide que ce qu'on y débitait sur la nature du premier principe, de l'entendement divin et de l'âme du monde.

1. Vâme de l'homme et Vih7ie du monde ont la même nature, ce sont comme les deux sœurs.

2. Cependant les âmes des hommes ne sont pas à l'âme du monde ce que les parties sont au tout; autrement l'âme du monde divisée ne serait pas tout entière partout.

3. Il n'y a qu'une âme dans le monde, mais chaque homme a la sienne. Ces âmes diffèrent parce qu'elles n'ont pas été des écoulements de l'âme universelle. Elles y reposaient seulement en attendant des corps ; et les corps leur ont été départis dans le temps par l'âme universelle qui les domine toutes.

II. Les essences vraies ne résident que dans le monde intelligible; c'est aussi le séjour des âmes; c'est de là qu'elles passent dans notre monde : ici, elles sont unies à des corps; là, elles en attendent et n'en ont point encore.

5. L'entendement est la plus importante des essences vraies, 11 n'est ni divisé ni discret. Les âmes lui sont coexistantes dans le monde intelligible ; aucun intervalle ne les sépare ni de lui, ni les unes des autres. Si les âmes éprouvent une sorte de division, ce n'est que dans ce monde où leur union avec les corps les rend susceptibles de mouvement. Elles sont présentes, absentes, éloignées, étendues; l'espace qu'elles occupent a ses dimensions; on y distingue des parties, mais elles sont indivisibles.

6. Les âmes ont d'autres différences que celles qui résultent de la diversité des corps : elles ont chacune une manière propre de sentir, d'agir, de penser. Ce sont les vestiges des vies antérieures. Cela n'empêche point qu'elles n'aient conservé des analogies qui les portent les unes vers les autres. Ces analogies sont aussi dans les sensations, les actions, les passions, les pensées, les goûts, les désirs, etc.

7. L'âme n'est ni matérielle ni composée, autrement on ne pourrait lui attribuer ni la vie ni l'intelligence.

8. 11 y a des âmes bonnes, il y en a de mauvaises. Elles forment une chaîne de différents ordres. Il y a des âmes du premier, du second, du troisième ordre, etc.; cette inégalité est en partie originelle, en^partie accidentelle.

9. L'âme n'est point dans le corps comme l'eau dans un vase. Le corps n'en est point le sujet; ce n'est point non plus un tout dont elle soit une partie; nous savons seulement qu'elle y est présente, puisqu'elle l'anime.

10. A parler exactement, l'âme est moins dans le corps que le corps n'est dans l'âme. Entre les fonctions de l'homme, la faculté de sentir et'de végéter est du^corps, celle d'apercevoir et de réfléchir est de l'âme.

11. Les puissances de l'âme sont toutes sous chaque partie du corps; mais l'exercice en chaque partie est analogue à la nature de l'organe.

12. L'âme séparée du corps ne reste point ici, où il n'y a point de lieu pour elle; elle rentre dans le sein du principe d'où elle est émanée; les places n'y sont pas indifférentes, )a raison et la justice les distribuent.

13. L'âme ne prend point les formes des corps; elle ne souffre rien des objets. S'il se fait une impression sur le corps, elle s'en aperçoit; et apercevoir, c'est agir.

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1^1. L'âme est la raison dcniiri-o des choses du mond(î iiilclligililc, et la première raison des choses de celui-ci. Alteruativcment citoyenne de l'un et de l'autre, elle ne fait que se ressouvenir de ce ([ni se passait dans l'un, quand elle croit apprendre ce qui se passe dans l'autre.

15. C'est l'àme qui constitue le corps. Le corps ne vit point; il se dissout. La vie et l'indissolubilité ne sont que de l'âme.

10. Le commerce de l'âme avec le corps élève â l'existence de quelque être, qui n'esl ni le corps ni l'âme; qui réside en nous; qui n'a point été créé; qui ne périt point, et par lequel tout persévère et dure.

17. Cet être est le principe du mouvement. C'est lui qui constitue la vie du corps par une qualité qui lui est essentielle, ({u'il tient de lui-même, et qu'il ne perd point. Les platoniciens l'appelaient âuTO)tivyicia, mitoqidnésie.

18. Les âmes sont alliées par le même principe éternel et divin qui leur est commun.

19. Le vice et la peine leur sont accidentels. Celui qui a l'âme pure ne doute point de son immortalité.

20. Il règne entre les âmes la même harmonie que dans l'univers. Elles ont leurs révolutions comme les astres ont leur apogée et leur périgée. Elles descendent du monde intelligible dans le monde matériel, et remontent du monde matériel dans le monde intelligible ; de là vient qu'on lit au ciel leurs destinées.

21. Leur révolution périodique est un enchaînement de transformations, à travers lesquelles elles passent d'un mouvement tantôt accéléré, tantôt retardé. Elles descendent du sein du premier principe jusqu'à la matière brute, et remontent de la matière brute jusqu'au premier principe.

22. Dans le point de leur orbe le plus élevé, il leur reste de la tendance à descendre; dans le point le plus bas, il leur en reste à remonter. Dans le premier cas, c'est le caractère d'émanation qui ne peut jamais être détruit ; dans le second, c'est le caractère d'émanation divine qui ne peut jamais être effacé.

23. L'âme, en qualité d'être créé, souffre et se détériore; en qualité d'être éternel, elle reste la même, sans souffrir, s'améliorer, ni se détériorer. Elle est différente ou la même, selon qu'on la considère dans un point distinct de sa révolu-

tion périodique, ou relativement à son entière révolution ; elle se détériore en descendant du premier principe vers le point le plus bas de son orbe; elle s'améliore en remontant de ce point vers le premier principe.

2û. Dans son périgée, elle est comme morte. Le corps qu'elle informe est une espèce de sépulcre où elle conserve à peine la mémoire de son origine. Ses premiers regards vers le monde intelligible qu'elle a perdu de vue, et dont elle est séparée par des espaces immenses, annoncent que son état stationnaire va finir.

25. La liberté cesse lorsque la violence de la sensation ou de la passion ôte tout usage de la raison ; on la recouvre à mesure que la sensation ou la passion perd de sa force. On est parfaitement libre, lorsque la passion et la sensation gardent le silence et que la raison parle seule; c'est l'état de contemplation; alors l'homme s'aperçoit, se juge, s'accuse, s'absout, se réforme sur ce qu'il observe dans son entendement. Ainsi la vertu n'est autre chose qu'une obéissance habituelle de la volonté, à la lumière et aux conseils de l'entendement.

26. Tout acte libre change l'état de l'âme, soit en bien, soit en mal, par l'addition d'un nouveau mode. Le nouveau mode ajouté la détériore toujours lorsqu'elle descend dans sa révolution, s'éloignant du premier principe, s'attachant à ce qu'elle rencontre, en conservant en elle le simulacre. Ainsi dans la contemplation qui l'améliore et qui la ramène au premier principe, il faut qu'il y ait abstraction de corps et de tout ce qui y est analogue. C'est le contraire dans tout acte de la volonté qui altère la pureté originelle et première de l'âme ; elle fuit l'intelligible; elle se livre au corporel; elle se matérialise de plus en plus; elle s'enfonce dans ce tombeau; l'énergie de l'entendement pur et de l'habitude contemplative s'évanouit; l'âme se perd dans un enchaînement de métamorphoses qui la défigurent de plus en plus, et d'où elle ne reviendrait jamais si son essence n'était indestructible. Reste cette essence vivante, et avec elle une sorte de mémoire ou de conscience; ces germes de la contemplation éclosent dans le temps, et commencent à tirer l'âme de l'abîme de ténèbres où elle s'est précipitée, et à l'élancer vers la source de son émanation ou vers Dieu.

27. Ce n'est ni par l'intelligence naturelle, ni par l'applica-

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lion, ni par aiicime dos manières d'apercevoir les clioscs de ce monde, que nous nous élevons à la connaissance et à la parlici|)ation de Dieu; c'est par la présence intime de cet être à notre âme, lumière bien supérieure h toute autre. Nous parlons de Dieu; nous nous en entretenons; nous en écrivons; ces exercices excitent l'âme, la dirigeiil, la préparent à sentir la présence de Dieu; mais c'est autre chose qui la lui communique.

28. Diou est présent à tous, quoiqu'il paraisse absent de tous. Sa présence n'est sensible qu'aux âmes qui ont établi entre elles et cet être excellent quelque analogie, quelque similitude, et qui, par des purifications réitérées, se sont restituées dans l'état de pureté originelle et première qu'elles avaient au moment de l'émanation; alors elles voient Dieu, autant qu'il est visible par sa nature.

20. Alors les voiles qui les enveloppaient sont déchirés, les simulacres qui les obsédaient et les éloignaient de la présence divine se sont évanouis. Il ne leur reste aucune ombre qui empêche la lumière éternelle de les éclairer et de les remplir.

30. L'occupation la plus digne de l'homme est donc de séparer son âme de toutes les choses sensibles, de la ramener profondément en elle-même, de l'isoler, et de la perdre dans la contemplation jusqu'à l'entier oubli d'elle-même et de tout ce qu'elle connaît. Le quiéthme est bien ancien, comme on voit.

31. Cette profonde contemplation n'est pas notre état habituel, mais c'est le seul où nous atteignions la fin de nos désirs, et ce repos délicieux où cessent toutes les dissonances qui nous environnent, et qui nous empêchent de goûter la divine harmonie des choses intelligibles. Nous sommes alors à la source de vie, à l'essence de l'entendement, à l'origine de l'être, à la région des vérités, au centre de tout bien, à l'océan d'où les âmes s'élèvent sans cesse, sans que ces émanations éternelles l'épuisent, car Dieu n'est point une masse; c'est là que l'homme est véritablement heureux; c'est là que finissent ses passions, son ignorance et ses inquiétudes; c'est là qu'il vit, qu'il entend, qu'il est libre et qu'il aime; c'est là que nous devons hâter notre retour, foulant aux pieds les obstacles qui nous retiennent, écartant tous ces fantômes trompeurs qui nous égarent et qui nous jouent, et bénissant le moment heureux qui

nous rejoint à notre principe, et qui rend au tout éternel son 1 émanation.

32. Mais il faut attendre ce moment. Celui qui, portant sur son corps une main violente, l'accélérerait, aurait au moins une passion ; il emporterait encore avec lui quelque vain simulacre. Le philosophe ne chassera donc point son âme; il attendra qu elle sorte, ce qui arrivera lorsque son domicile dépérissant, l'harmonie constituée de toute éternité entre elle et lui cessera. On rclronrc ici des vestiges du Leibnilzianisme .

33. L'âme séparée du corps reste dans ses révolutions à travers les cieux ce qu'elle a le plus été pendant cette vie, ou rationnelle, ou sensitive, ou végétale. La fonction qui la dominait dans le monde corporel la domine encore dans le monde intelligible; elle tient ses autres puissances inertes, engourdies et captives. Le mauvais n'anéantit pas le bon, mais ils coexistent subordonnés.

34. Exerçons donc notre âme dans ce monde à s'élever aux choses intelligibles, si nous ne voulons pas que, accompagnée dans l'autre de simulacres vicieux, elle ne soit précipitée derechef du centre des émanations, condamnée à la vie sensible, animale ou végétale, et assujettie aux fonctions brutales d'engendrer et de croître.

35. Celui qui aura respecté en lui la dignité de l'espèce humaine renaîtra homme; celui qui l'aura dégradée renaîtra bête; celui qui l'aura abrutie renaîtra plante. Le vice dominant déterminera l'espèce. Le tyran planera dans les airs sous la forme de quelque oiseau de proie.

Principes de la cosiyiologie des éclectiques, y o'ici ce q\i'oD])e\it tirer de plus clair de notre très-inintelligible philosophe Plotin.

1. La matière est la base et le suppôt des modifications diverses. Cette notion a été jusqu'à présent commune à tous les philosophes; d'où il s'ensuit qu'il y a de la matière dans le monde intelligible même, car il y a des idées qui sont modifiées; or tout mode suppose un sujet. D'ailleurs le monde intelligible n'étant qu'une copie du monde sensible, la matière doit avoir sa représentation dans l'un, puisqu'elle a son existence dans l'autre; or cette représentation suppose une toile matérielle, à laquelle elle soit attachée.

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