Les corps mêmes ont dans ce monde sensible un sujet qui
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ne |)cii( rire corps ; ou cll'ct, leurs tijuismulalions ik^ siipposenl poiiil (runiiiulion, aulrcmcnt les csscikm.'s se n'-duiiaieiil ù rien ; car il n'est pas [)lns dilliciit; d'ètic! rt'dnil à rien qu'à moins; d'ailleurs ce qui renaît ne peut renaître de ce qui n'est plus.
3. La matière première n'a rien de commun avec les corps, ni ligure, ni qualité, ni grandeur, ni couleur; d'où il s'ensuit ([u'on n'en peut donner qu'une définition négative.
h. La matière en général n'est point une quantité; les idées de grandeur, d'unité, de pluralité, nr, lui sont point applicables, parce qu'elle est indéfinie; elle n'est jamais en repos; elle produit une infinité d'espèces diverses, par une fermentation intestine qui dure toujours et qui n'est jamais stérile.
5. Le lieu est postérieur d'origine à la matière et au corps; il ne lui est donc pas essentiel ; les formes ne sont donc pas des attributs nécessaires de la quantité corporelle.
6. Qu'on ne s'imagine pas sur ces principes que la matière est un vain nom ; elle est nécessaire ; les corps en sont produits. Elle devient alors le sujet de la qualité et de la grandeur, sans perdre ses titres d'invisible et d'indéfinie.
7. C'est n'avoir ni sens ni entendement que de rapporter l'essence et la production de l'univers au hasard.
8. Le monde a toujours été. L'idée qui en était le modèle ne lui est antérieure que d'une priorité d'origine et non de temps. Comme il est très-parfait, il est la démonstration la plus évidente de la nécessité et de l'existence d'un monde intelligible; et ce monde intelligible n'étant qu'une idée, il est éternel, inaltérable, incorruptible, un.
9. Ce n'est point par induction, c'est par nécessité que l'univers existe. L'entendement agissait sur la matière qui lui obéissait sans effort, et toutes choses naissaient.
10. Il n'y a nul effet contradictoire dans la génération d'un être par le développement de son germe ; il y a seulement une multitude de forces opposées les unes aux autres, qui réagissent et se balancent. Ainsi dans l'univers une partie est l'antagoniste d'une autre; celle-ci veut, celle-là se refuse; elles disparaissent quelquefois les unes et les autres dans ce conflit, pour renaître, s'entre-choquer et disparaître encore; et il se forme un enchaînement éternel de générations et de destructions qu'on ne peut reprocher à la nature, parce que ce serait
une folie que d'attaquer un tout dans une de ses parties.
11. L'univers est parfait; il a tout ce qu'il peut avoir; il se suffit à lui-môme : il est rempli de dieux, de démons, d'âmes justes, d'hommes que la vertu rend heureux, d'animaux et de plantes. Les âmes justes, répandues dans la vaste étendue des deux, donnent le mouvement et la vie aux corps célestes.
12. L'âme universelle est immuable. L'état de tout ce qui est digne, après elle, de notre admiration et de nos hommages est permanent. Les âmes circulent dans les corps, jusqu'à ce que, exaltées et portées hors de l'état de génération, elles vivent avec l'âme universelle. Les corps changent continuellement de fornjes, et sont alternativement ou des animaux, ou les plantes qui les nourrissent.
13. Il n'y a point de mal absolu : l'homme injuste laisse à l'univers sa bonté ; il ne l'ôte qu'à son âme, qu'il dégrade dans l'ordre des êtres. C'est la loi générale à laquelle il est impossible de se soustraire.
i!\. Cessons donc de nous plaindre de cet univers ; tâchons d'être bons ; plaignons les méchants, et laissons à la raison universelle des choses le soin de les punir et de tirer avantage de leur malice.
15. Les hommes ont les dieux au-dessus d'eux et les animaux au-dessous, et ils sont libres de s'élever à l'état des dieux par la vertu, ou de s'abaisser par le vice à la condition des animaux.
16. La raison universelle des choses a distribué à chacune toute la bonté qui lui convenait. Si elle a placé des dieux audessus des démons, des démons au-dessus des âmes, des âmes au-dessus des hommes, des hommes au-dessus des animaux, ce n'est ni par choix ni par prédilection ; la nature de son ouvrage l'exigeait, ainsi que l'enchaînement et la nécessité des transmutations le démontrent.
17. Le monde renfermant tout ce qui est possible, ne pouvant ni rien perdre ni rien acquérir, il durera éternellement tel qu'il est.
18. Le ciel et tout ce qu'il contient est éternel. Les astres brillent d'un feu inépuisable, uniforme et tranquille. 11 n'y a dans la nature aucun lien aussi fort que l'âme qui lie toutes ces choses.
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19. (l'est l'àiiK" (les ciciix (|iii jx'iiple I;i ivvvw (r.'iiiiiiiaiix ; elle imprinK^ ;iu limon une onihir de \ie, v.l le limon sent, respire et se ment.
20. Il n'y a dans les cieux (lue du l'eu ; mais ce feu contient de l'eau, de la terre, de l'air, en un mot toutes les qualités des autres éléments.
21. Comme il est de la nature de la chaleur de s'élever, la source des feux célestes ne tarira jamais. Il ne s'en peut rien dissiper sans elTort, et le mouvement circulaire y ramène tout ce qui s'en dissipe.
22. Les astres changent dans leurs aspects et dans leurs mouvements ; mais leur nature ne change point.
23. C'est parce que les astres annoncent l'avenir que leur marche est réglée, et qu'ils portent les empreintes des choses. L'univers est plein de signes ; le sage les connaît et en tire des inductions ; c'est une suite nécessaire de l'harmonie universelle.
'2h. L'âme du monde est le principe des clioses naturelles, et elle a parsemé l'étendue des cieux de corps lumineux qui l'embellissent et qui annoncent les destinées.
25. L'âme qui s'éloigne du premier principe est soumise à la loi des cieux dans ses différents changements de domicile ; il n'en est pas ainsi de l'âme qui s'en rapproche ; elle fait ellemême sa destinée.
26. L'univers est un être vivant qui a son corps et son âme; et l'âme de l'univers, qui n'est attachée à aucun corps particulier, exerce une influence générale sur les âmes attachées à des corps.
27. L'influence céleste n'engendre point les choses ; elle dispose seulement la matière aux phénomènes, et la raison universelle les fait éclore.
28. La raison universelle des êtres n'est point une intelligence, mais une force intestine et agitatrice qui opère sans dessein, et qui, exerçant son énergie de quelque point central, met tout en mouvement, comme on voit des ondulations naître dans un fluide les unes des autres, et s'étendre à l'infini.
29. Il faut distinguer dans le monde les dieux des démons. Les dieux sont sans passions, les démons ont des passions ; ils sont éternels comme les cUeux, mais inférieurs d'un degré; dans
l'échelle universelle des êtres, il tiennent le milieu entre nous et les dieux.
30. Il n'y a point de dômon dans le monde intelligible: ce qu'on y appelle des dcmoiis sont des dieux.
31. Ceux qui habitent la région du monde sensible, qui s'étend jusqu'à la lune, sont des dieux visibles, des dieux du second ordre : ils sont aux dieux intelligibles ce que la splendeur est aux étoiles.
32. Ces démons sont des sympathies émanées de l'âme qui fait le bien de l'univers, elle les a engendrées afin que chaque partie eût dans le tout la perfection et l'énergie qui lui conviennent.
33. Les démons ne sont point des êtres corporels, mais ils mettent en action l'air, le feu et les éléments : s'ils étaient corporels, ce seraient des animaux sensibles.
Zh. Il faut supposer une matière générale intelligible, qui soit un véhicule, un intermède entre la matière sensible et les êtres auxquels elle est subordonnée.
35. Il n'y a point d'éléments que la terre ne contienne. La génération des animaux et la végétation des plantes démontrent que c'est un animal ; et comme la portion d'esprit qu'elle renferme est grande, on est bien fondé à la prendre pour une divinité; elle ne se meut point d'un mouvement de translation, mais elle n'est pas incapable de se mouvoir. Elle peut sentir, parce qu'elle a une âme, comme les astres en ont une, comme l'homme a la sienne.
Principes de la théologie ccleciique, tels qu'ils sont répandus dans les ouvrages de Jamblique, le théologien par excellence de la secte.
1. 11 y a des dieux : nous portons en nous-mêmes la démonstration de cette vérité. La connaissance nous en est innée : elle existe dans notre entendement, antérieure à toute induction, à tout préjugé, à tout jugement. C'est une conscience simultanée de l'union nécessaire de notre nature avec sa cause génératrice ; c'est une conséquence immédiate de la coexistence de cette cause avec notre amour pour le bon, le vrai et le beau.
2. Cette espèce de contact intime de l'âme et de la divinité ne nous est pas subordonné ; notre volonté ne peut ni l'altérer
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ni l'éviter, ni lo nier, ni le pioiivtîr. Il est nécessairomont en nous; nous le sentons, et il nous convainc de l'exislencc des dieux par ce ([ue nous sommes, quelque; chose que noiissoyons.
W. Mais l'idée des c()iiq)agnons iuunortcis des dieux ne nous est ni moins intime, ni moins innée, ni moins perceptil)le que celle des dieux. La connaissance naturelle que nous avons de leur existence est innnuahle, parce que leur essence ne change point. Ce n'est point non plus une vérité de conséquence et d'induction : c'est une notion simple, pure et première, puisée de toute éternité dans le sein de la divinité , à laquelle nous sommes restés unis dans le temps par ce lien indissoluble.
/i. Il y a des dieux, des démons et des héros, et ces êtres célestes sont distribués en dillérentes classes. Les ressemblances et les différences qui les distinguent et qui les rapprochent ne nous sont connues que par analogie. Il faut, par exemple, que la bonté leur soit une qualité commune, parce qu'elle est essentielle à leur nature. Il eu est autrement des âmes qui participent seulement à cet attribut par communication.
5. Les dieux et les âmes sont les deux extrêmes des choses célestes. Les héros constituent l'ordre intermédiaire. Ils sont supérieurs en excellence, en nature, en puissance, en vertu, en beauté, en grandeur, et généralement en toute bonne qualité, aux âmes qu'ils touchent immédiatement, et avec lesquelles ils ont de la ressemblance et de la sympathie par la vie qui leur a été commune. Il faut encore admettre une sorte de génies subordonnés aux dieux, et ministres de leur bienfaisance dont ils sont épris, et qu'ils imitent. Ils sont le milieu à travers lequel les êtres célestes prennent une forme qui nous les rend visibles ; le véhicule qui porte à nos oreilles les choses ineffables, et à notre entendement l'incompréhensible ; la glace qui fait passer dans notre âme des images qui n'étaient point faites pour y pénétrer sans son secours.
6. Ce sont ces deux classes qui forment le lien et le commerce des dieux et des âmes, qui rendent l'enchaînement des choses célestes indissoluble et continu, qui facilitent aux dieux le moyen de descendre jusqu'aux hommes, des hommes jusqu'aux derniers êtres de la nature, et à ces êtres de remonter jusqu'aux dieux.