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7. L'unité, une existence plus parfaite que celle des êtres inférieurs, l'immutabilité, l'immohilité, la puissance de mouvoir sans perdre l'immobilité, la providence, sont encore des qualités communes des dieux. On peut conjecturer, parla différence des extrêmes, quelle est celle des intermédiaires. Les actions des dieux sont excellentes, celles des âmes sont imparfaites. Les dieux peuvent tout, également, en même temps, sans obstacle et sans délai. 11 y a des choses qui sont impossibles aux âmes; il leur faut du temps pour toutes celles qu'elles peuvent ; elles ne les exécutent que séparément et avec peine. La divinité produit sans effort et gouverne ; l'âme se tourmente pour engendrer, et sert. Tout est soumis aux dieux, jusque aux actions et à l'existence des âmes : ils voient les essences des choses, et le terme des mouvements de la nature. Les âmes passent d'un effet à un autre, et s'élèvent par degrés. La divinité est incompréhensible; incommensurable, illimitée. Les âmes éprouvent toutes sortes de passions et de formes. L'intelligence qui préside à tout, la raison universelle des êtres est présente aux dieux, sans nuage et sans réserve, sans raisonnement et sans induction, par un acte pur, simple et invariable. L'âme n'en est éclairée qu'imparfaitement et par intervalle. Les dieux ont donné les lois à l'univers; les âmes suivent les lois données par les dieux.
8. C'est la vie que l'âme a reçue dans le commencement, et le premier mouvement de sa volonté, qui ont déterminé l'espèce d'être organique qu'elle informerait, et la tendance qu'elle aurait à se perfectionner ou à se détériorer.
9. Les choses excellentes et universelles contiennent en elles la raison des choses moins bonnes et moins générales. Voilà le fondement des révolutions des êtres, de leurs émanations, de l'éternité, de leur principe élémentaire, de leur rapport indélébile avec les choses célestes, de leur dépravation, de leur perfectibilité et de tous les phénomènes de la nature humaine.
10. Les dieux ne sont attachés à aucune partie de l'univers: ils sont présents même aux choses de ce monde: ils contiennent tout, et rien ne les contient ; ils sont partout, tout en est rempli. Si la divinité s'empare de quelque substance corporelle du ciel, de la terre, d'une ville sacrée, d'un bois, d'une statue, son empire et sa présence s'en répandent au dehors, comme
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l;i lumiin'C s'échappe en loiil sens du soloil. L;i siihstanco en esl pénétrée. Elle af^'it au dedans el à l'extérieur, de prés et au loin, sans allaiblissement et sans interruption. Les dieux ont ici-bas dillerents domiciles, selon leur nature ignée, terrestre, aérienne, aquatique. Ces distinctions et celles des dons qu'on en doit attendre sont les fondements de la théiirgie et des évocations.
11. L'àme est impassible; mais sa présence dans un corps rend passible l'être composé. Si cela est vrai de l'âme, à plus forte raison des héros, des démons, des dieux.
12. Les démons et les dieux ne sont pas également affectés de toutes les parties d'un sacrifice; il y a le point important, la chose énergique et secrète ; ils ne sont pas non plus également sensibles à toutes sortes de sacrifices. Il faut aux uns des symboles, aux autres ou des victimes, ou des représentations, ou des hommages, ou des bonnes œuvres.
13. Les prières sont superllues. La bienfaisance des dieux, qui connaît nos véritables besoins, est attentive à prévenir nos demandes. Les prières ne sont qu'un moyen de s'élever vers les dieux, et d'unir son esprit au leur. C'est ainsi que le prêtre se garantit des passions, conserve sa pureté, etc.
14. Si l'idée de la colère des dieux était mieux connue, on ne chercherait point à l'apaiser par des sacrifices. La colère céleste n'est point un ressentiment de la part des dieux, dont la créature ait à craindre quelque mauvais effet; c'est une aversion de sa part pour leur bienfaisance. Les holocaustes ne sont utiles que quand ils sont la marque de la résipiscence. C'est un pas que le coupable a fait vers les dieux dont il s'était éloigné : le méchant fuit les dieux, mais les dieux ne le poursuivent point; c'est lui seul qui se rend malheureux, et qui se perd par sa méchanceté.
15. 11 est pieux d'attendre des dieux tout le bien qu'il leur est imposé par la nécessité de leur nature. Il est impie de croire qu'on leur fait violence. Il ne faut donc s'adresser aux dieux que pour se rendre meilleur soi-même. Si les lustrations ont écarté de dessus nos têtes quelques calamités imminentes^ c'était afin que nos âmes n'en reçussent aucune tache.
16. Ce n'est point par des organes que les dieux nous entendent ; c'est qu'ils ont en eux la raison et les effets de toutes les
prières des hommes pieux, et surtout de leurs ministres. Ils sont présents à ces hommes consacrés, et nous parlons immédiatement aux dieux par leur intermission.
17. Les astres, que nous appelons des dieux, sont des substances très-analogues à ces êtres immatériels ; mais c'est à ces êtres qu'il faut spécialement s'adresser dans les astres qu'ils informent. Ils sont tous bienfaisants; il s'en écoule sur les corps des influences indélébiles. Il n'y a pas un point de l'espace oiî leurs vertus ne fassent sentir leur énergie ; mais leur action sur les parties de l'univers est proportionnée à la nature de ces parties. Elle répand de la diversité; mais elle ne produit jamais aucun mal absolu.
18. Ce n'est pas que ce qui est excellent, relativement à l'harmonie universelle, ne puisse devenir nuisible à quelque partie en particulier.
19. Les dieux intelligibles qui président aux sphères célestes sont des êtres originaires du monde intelligible; et c'est par l'attention qu'ils donnent à leurs propres idées, en se renfermant en eux-mêmes, qu'ils gouvernent les cieux.
20. Les dieux intelligibles ont été les paradigmes des dieuxsensibles. Ces simulacres une fois engendrés ont conservé sans aucune altération l'empreinte des êtres divins dont ils étaient les images.
21. C'est cette ressemblance inaltérable que nous devons regarder comme la base du commerce éternel qui règne entre les dieux de ce monde et les dieux du monde supérieur. C'est par cette analogie indestructible que tout ce qui en émane revient à l'être unique dont il est l'émanation, et en est réabsorbé. C'est l'identité qui lie les dieux entre eux dans le monde intelligible et dans le monde sensible; c'est la similitude qui établit le commerce des dieux d'un monde aux dieux de l'autre.
22. Les démons ne sont point perceptibles soit à la vue, soit au toucher. Les dieux sont plus forts que tout obstacle matériel. Les dieux gouvernent le ciel, l'univers et toutes les puissances secrètes qui y sont renfermées. Les démons n'ont l'administration que de quelques portions qui leur ont été abandonnées par les dieux. Les démons sont alliés et presque inséparables des êtres qui leur ont été concédés. Les dieux dirigent les corps
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sans leur ôtre pivscMt.s. Les dieux cominaiidcnt, les démons obéissent, mais librement.
23. La génération des démons est le dernier eflbrt de la puissance des dieux : les héros en sont émanés comme une simple conséquence de leur existence vivante ; il en est de même des âmes. Les démons ont la faculté génératrice; c'est à eux que le soin d'unir les âmes aux corps a été remis. Les héros vivifient, inspirent, dirigent, mais n'engendrent point.
2/i. Il a été donné aux âmes, par une grâce spéciale des dieux, de pouvoir s'élever jusqu'à la sphère des anges. Alors elles ont franchi les limites qui leur étaient prescrites par leur nature. Elles la perdent, et prennent celle de la nouvelle famille dans laquelle elles ont passé.
25. Les apparitions des dieux sont analogues à leurs essences, puissances et opérations, lisse montrent toujours tels qu'ils sont. Ils ont leurs signes propres, leurs caractères et leurs mouvements distinctifs, leurs formes fantastiques particulières; et le fantôme d'un dieu n'est point celui d'un démon, ni le fantôme d'un démon celui d'un ange, ni le fantôme d'un ange celui d'un archange, et il y a des spectres d'âmes de toutes sortes de caractères. L'aspect des dieux est consolant; celui des archanges, terrible ; celui des anges , moins sévère ; celui des héros, attrayant; celui des démons, épouvantable. Il y a dans ces apparitions encore une infinité d'autres variétés , relatives au rang de l'être, à son autorité, à son génie, à sa vitesse, à sa lenteur, à sa grandeur, à son cortège, à son influence... Jainhlique détaille toutes ces choses avec C exactitude la plus minutieuse, et nos naturalistes n'ont pas mieux vu les chenilles^ les mouches, les pucerons, que notre philosophe éclectique les dieux, les anges, les archanges, les démons et les génies de toutes les esjjêces qui voltigent dans le monde intelligible et dans le monde sensible. Si l'on commet quelque faute dans l'évocation théurgique, alors on a un autre spectre que celui qu'on évoquait. Vous comptiez sur un dieu, et c'est un démon qui vous vient. Au reste , ce n'est point la connaissance des choses saintes qui sanctifie. Tout homme peut se sanctifier ; mais il n'est donné d'évoquer les dieux qu'aux théurgistes, aux hommes merveilleux qui tiennent dans leurs mains le secret des deux mondes.
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26. La prescience nous vient d'en haut; elle n'a rien en soi ni d'humain ni de physique. Il n'en est pas ainsi de la révélation. C'est une voix faible qui se fait entendre à nous, sur le passage de la veille au sommeil. Cela prouve que l'âme a deux vies, l'une unie avec le corps, l'autre séparée. D'ailleurs, comme sa fonction est de contempler, et qu'elle contient en elle la raison de tous les possibles, il n'est pas surprenant que l'avenir lui soit connu. Elle voit les choses futures dans leurs raisons préexistantes. Si elle a reçu des dieux une pénétration sublime, un pressentiment exquis, une longue expérience, la facilité d'observer, le discernement, le génie, rien de ce qui a été, de ce qui est, et de ce qui sera n'échappera à sa connaissance.
27. Voici les vrais caractères de l'enthousiasme divin. Celui qui l'éprouve est privé de l'usage commun de ses sens, sa veille ne ressemble point à celle des autres hommes; son action est extraordinaire; il ne se possède plus; il ne pense plus et ne parle plus par lui-même; la vie qui l'environne est absente pour lui; il ne sent point l'action du feu, ou il n'en est point ollensé ; il ne voit ni ne redoute la hache levée sur sa tête ; il est transporté dans des lieux inaccessibles; il marche à travers la flamme, il se promène sur les eaux, etc.. Cet état est l'effet de la divinité qui exerce tout son empire sur l'âme de l'enthousiaste, par l'entremise des organes du corps; il est alors le ministre d'un dieu qui l'obsède, qui l'agite, qui le poursuit, qui le tourmente, qui en arrache des voix, qui vit en lui, qui s'est emparé de ses mains, de ses yeux, de sa bouche, et qui le tient élevé au-dessus de la nature commune.
28. On a consacré la poésie et la musique aux dieux. En effet, il y a dans les chants et dans la versification toute la variété qu'il convient d'introduire dans les hymnes qu'on destine à l'évocation des dieux. Chaque dieu a son caractère. Chaque évocation a sa forme et exige sa mélodie. L'âme avait entendu l'harmonie des cieux avant que d'être exilée dans un corps. Si quelques accents analogues à ces accents divins, dont elle ne perd jamais entièrement la mémoire, viennent à la frapper, elle tressaillit, elle s'y livre, elle en est transportée. Jamblique se précipite ici dans toutes les espèces de divimitioiis, sottises magnifiques à travers lesquelles nous n'avons pas le courage de le suivre. On peut voir dans cet auteur ou dans
y Histoire critique de la Philosophie, de M. Hruckci', loulcs les nh'eries (le Vi'cUrlisme lli6()l()i,'ir|iic, sur la puissance des dieux, sur l'illuiniuatiuii, sur les invocations, la magie, les prêtres et la nécessité de l'action de la fumée des victimes sur les dieux, etc.
20. La justice des dieux n'est point la justice des hommes. L'homme délinit la justice sur des rapports tirés de sa vie actuelle et de son état présent. Les dieux la définissent relativement à ses existences successives et à l'universalité de nos vies.
30. La plupart des hommes n'ont point de liberté et sont enchaniés par le destin, etc.
Principes de la théogonie éclectique. 1. Il est un Dieu de toute la nature, le principe de toute génération, la cause des puissances élémentaires, supérieur à tous les dieux, en qui tout existe, immatériel, incorporel, maître de la nature, subsistant de toute éternité par lui-même, premier, indivisible et indivisé, tout par lui-même, tout en lui-même, antérieur à toutes choses, même aux principes universaux et aux causes générales des êtres, immobile, renfermé dans la solitude de son unité, la source des idées, des intelligibles, des possibilités, se suffisant, père des essences et de l'entité, antérieur au principe intelligible. Son nom est Noetarque.
2. Emeth est après Noetarque; c'est l'intelligence divine qui se connaît elle-même, d'où toutes les intelligences sont émanées, qui les ramène toutes dans son sein, comme dans un abîme; les Égyptiens plaçaient Eicton avant Emeth; c'était la première idée exemplaire ; on adorait Eicton par le silence.
3. Après ces dieux, viennent Amem, Ptha et Osiris, qui président à la génération des êtres apparents, dieux conservateurs de la sagesse, et ses ministres dans les temps où elle engendrait les êtres, et produisait la force secrète des causes.
h. Il y a quatre puissances mâles et quatre puissances femelles au-dessus des éléments et de leurs vertus. Elles résident dans le soleil. Celle qui dirige la nature dans ses fonctions génératrices a son domicile dans la lune.
5. Le ciel est divisé en deux, ou quatre, ou trente-six régions et ces régions en plusieurs autres ; chacune a sa divinité, et toutes sont subordonnées à une divinité qui leur est supérieure.
De ces principes, il faut descendre à d'autres, jusqu'à ce que l'univers entier soit distribué à des puissances qui émanent les unes des autres, et toutes d'une première.
6. Cette première puissance tira la matière de l'essence, et l'abandonna à l'intelligence, qui en fabriqua des sphères incorruptibles. Elle employa ce qu'il y avait de plus pur à cet ouvrage; elle fit du reste les choses corruptibles et l'universalité des corps.
7. L'homme a deux âmes ; l'une qu'il tient du premier intelligible et l'autre qu'il a reçue dans le monde sensible. Chacune a conservé des caractères distinctifs de son origine. L'âme du monde intelligible retourne sans cesse à sa source , et les lois de la fatalité ne peuvent rien sur elle ; l'autre est asservie aux mouvements des mondes.
8. Chacun a son démon; il préexistait à l'union de l'âme avec le corps. C'est lui qui l'a unie à un corps. Il la conduit, il l'inspire. C'est toujours un bon génie. Les mauvais génies sont sans district.
9. Ce démon n'est point une faculté de l'âme; c'est un être distingué d'elle et d'un ordre supérieur au sien, etc.
Pri?icipes de la philosophie inorale des éclectiques. Voici ce qu'on en recueillera de plus généralement admis, en feuilletant les ouvrages de Porphyre et de Jamblique.
1. Il ne se fait rien de rien. Ainsi l'âme est une émanation de quelque principe plus noble.
2. Les âmes existaient avant que d'être unies à des corps. Elles sont tombées, et l'exil a été leur châtiment. Elles ont depuis leur chute passé successivement en différents corps, où elles ont été retenues comme dans des prisons.
3. C'est par un enchaînement de crimes et d'impiétés qu'elles ont rendu leur esclavage plus long et plus dur. C'est à la philosophie à l'adoucir et à le faire cesser. Elle a deux moyens : la purification rationnelle et la purification théurgique, qui élèvent les âmes successivement à quatre différents degrés de perfection, dont le dernier est la théopatie.
A. Chaque degré de perfection a ses vertus. Il y a quatre vertus cardinales, la prudence, la force, la tempérance et la justice ; et chaque vertu a ses degrés.