ÉDITEUR
principe, et qui rend sa grande révolution plus longue et plus difficile.
Voilà ce que nous avons trouvé de plus important et de moins obscur dans la philosophie des éclectiques anciens. Pour s'en instruire à fond, il faut aller puiser dans les sources, et feuilleter ce qui nous reste de Plotin, de Porphyre, de Julien, de Jamblique, d'Ammien-Marcellin, etc., sans oublier Y Histoire critique de la Philosophie de M. Brucker, et la foule des auteurs tant anciens que modernes qui y sont cités.
ÉCONOMIE RUSTIQUE. C'est l'art de connaître tous les objets utiles et lucratifs de la campagne, de se les procurer, de les conserver, et d'en tirer le plus grand avantage possible. Cette manière de s'enrichir est d'une étendue prodigieuse: c'est un tribut imposé sur tous les êtres de la nature; les éléments même n'en sont pas exceptés. Ce serait un ouvrage considérable que l'exposition seule des choses qui sont comprises dans Y économie rustique. Voici les principales: celui qui vivra à la campagne, et qui voudra mettre son séjour à profit, connaîtra l'agriculture et le jardinage dans tous leurs détails; il n'ignorera rien de ce qui concerne les bâtiments nécessaires pour lui, pour sa famille, pour ses domestiques, pour ses animaux, et pour ses différentes récoltes ; la chasse, la pêche, la fauconnerie, les haras, les eaux, les forêts, les différents travaux rustiques ; plusieurs manufactures, telles que celles de la faïence, de la poterie, de la chaux, de la brique, du fer, etc. Quelle que soit l'opinion vulgaire sur la vie d'un homme qui se livre tout entier à ces objets, je n'en connais aucune, sans exception, qui soit plus conforme à la nature, à la santé, à l'étendue des connaissances utiles, à l'élévation de l'esprit, à la simplicité des mœurs, au goût des bonnes choses, à la vertu, au bien public, à l'honnêteté et au bon sens. Voyez Agricultlre.
EDITEUR, s. m. {Belles-Lett.}. On donne ce nom à un homme de lettres qui veut prendre le soin de publier les ouvrages d'un autre.
Les bénédictins ont été éditeurs de presque tous les pères de l'Église. Les PP. Labbe^ et Hardouin ont donné des éditions
1. Ce nom remplace celui deLallemant qui se trouve dans V Encyclopédie. C'est uue correction indiquée dans le Supplément par d'Alembert, qui fait remarquer que le commencement de cet article n'est pas de l'auteur dont la lettre distiuctive
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(li>s Conciles. On compte parmi les (Uli/ntrs du premier ordre les (locleurs de Louvaiii, S(::ili},'er, l'etiiu, Sirmoiid, etc.
11 y a deux (jualités essentielles à un îditcuv : c'est de bien entendre la langne dans hujwelie l'ouvrage est écrit, et d'être sulïisaniment instruit de la matière qu'on y traite.
Ceux qui nous ont donné les premières éditions des anciens auteurs grecs et latins ont été des hommes savants, laborieux et utiles.
11 y a tel ouvrage dont l'édition suppose plus de connaissances qu'il n'est donné à un seul homme d'en posséder. L'Enrydopcdie est singulièrement de ce nombre. Il semble qu'il faudrait, pour sa perfection, que chacun fût îdileur de ses articles; mais ce moyen entraînerait trop de dépenseset de lenteur.
Connne les vditeurs de V Encyclopédie ne s'arrogent aucune sorte d'autorité sur les productions de leurs collègues, il serait aussi mal de les blâmer de ce qu'on y pourra remarquer de faible, que de les louer de ce qu'on y trouvera d'excellent.
Nous ne dissimulerons point qu'il ne nous arrive quelquefois d'apercevoir, dans les articles de nos collègues, des choses que nous ne pouvons nous empêcher de désapprouver intérieurement, de même qu'il arrive, selon toute apparence, à nos collègues d'en apercevoir dans les nôtres dont ils ne peuvent s'empêcher d'être mécontents.
Mais chacun a une manière de penser et de dire qui lui est propre, et dont on ne peut exiger le sacrifice dans une association où l'on n'est entré que sur la convention tacite qu'on y conserverait toute sa liberté.
Cette observation tombe particulièrement sur les éloges et sur les critiques. Nous nous regarderions comme coupables d'une infidélité très-répréhensible envers un auteur, si nous nous étions jamais servis de son nom pour faire passer un jugement favorable ou défavorable; et le lecteur serait trèsinjuste à notre égard, s'il nous en soupçonnait.
S'il y a quelque chose de nous dans cet ouvrage que nous nous fassions scrupule d'attribuer à d'autres, c'est le bien et le mal que nous pouvons y dire des ouvrages.
se trouve à la fin. Or, il n'y a aucune lettre à la fin. Jl est probable que d'Alembert aura regardé comme faisant un tout les deux notes sur Éditeur et Édition. C'est lui qui avait signé cette dernière.
EFFÉMINÉ, adj., qui tient du caractère faible et délicat de la femme. Le reproche est réciproque ; on n'aime point à rencontrer dans une femme les qualités extérieures de l'homme, ni dans l'homme les qualités extérieures de la femme. L'expérience nous a fait attacher à chaque sexe un ton, une démarche, des mouvements, des linéaments qui leur sont propres, et nous sommes choqués de les trouver déplacés. Dans les langues anciennes orientales, l'acception de ce mot était fort différente; on appelait efjêminés des hommes consacrés à de fausses divinités, en l'honneur desquelles ils se prostituaient; ces victimes singulières avaient des loges au fond des forêts, connues sous le nom cVadicidœ effeminatoi^um.
ÉGYPTIENS (Philosophie des); Histoire de la philosophie. L'histoire de l'Egypte est en général un chaos où la chronologie, la religion et la philosophie sont particulièrement remplies d'obscurités et de confusion.
Les Egyptiens voulurent passer pour les peuples les plus anciens de la terre, et ils en imposèrent sur leur origine. Leurs prêtres furent jaloux de conserver la vénération qu'on avait pour eux, et ils ne transmirent à la connaissance des peuples que le vain et pompeux étalage de leur culte. La réputation de leur sagesse prétendue devenait d'autant plus grande, qu'ils en faisaient plus de mystère; et ils ne la communiquèrent qu'à un petit nombre d'hommes choisis, dont ils s'assurèrent la discrétion par les épreuves les plus longues et les plus rigoureuses.
Les Egyptiens eurent des rois, un gouvernement, des lois, des sciences, des arts, longtemps avant que d'avoir connu aucune écriture ; en conséquence, des fables accumulées pendant une longue suite de siècles corrompirent leurs traditions. Ce fut alors qu'ils recoururent à l'hiéroglyphe ; mais l'intelligence n'en fut ni assez facile ni assez générale pour se conserver.
Les différentes contrées de l'Egypte souffrirent de fréquentes inondations, ses anciens monuments furent renversés, ses premiers habitants se dispersèrent, un peuple étranger s'établit dans ses provinces désertes ; des guerres qui succédèrent répandirent parmi les nouveaux Egyptiens des transfuges de toutes les nations circonvoisines. Les connaissances, les cou-
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Uimcs, les usages, les céri'iMoiiies, les idiomes se inôlèrent et se confondirent. Le vrai sens de l'hiéroglyplie, confié aux seuls prôtrcis, s'rvanouit ; on fit des ellbrls pour 1(! retrouver. Ces tcntulivcs donnèrent naissanceà une multitude incroyable d'opinions et de sectes, l^es historiens écrivirent les choses comme elles étaient de leur temps ; mais la rapidité des événements jeta dans leurs écrits une diversité nécessaire. On prit ces différences pour des contradictions ; on chercha à concilier sur une même date ce qu'il fallait rapporter à plusieurs époques. On était égaré dans un labyrinthe de diflicultés réelles ; on en compli([ua les détours pour soi-même et pour la postérité par les diiricultés imaginaires qu'on se fit.
L'Kgypte était devenue une énigme presque indéchiffrable pour VEgyplien même , voisin encore de la naissance du monde, selon notre chronologie. Les pyramides portaient, au temps d'Hérodote, des inscriptions dans une langue et des caractères inconnus ; le motif qu'on avait eu d'élever ces masses énormes était ignoré. A mesure que les temps s'éloignaient, les siècles se projetaient les uns sur les autres ; les événements, les noms, les hommes, les époques, dont rien ne fixait la distance, se rapprochaient imperceptiblement et ne se distinguaient plus ; toutes les transactions semblaient se précipiter pêle-mêle dans un abîme obscur, au fond duquel les hiérophantes faisaient apercevoir à l'imagination des naturels, et à la curiosité des étrangers, tout ce qu'il fallait qu'ils y vissent pour la gloire de la nation et pour leur intérêt.
Cette supercherie soutint leur ancienne réputation. On vint de toutes les contrées du monde connu chercher la sagesse en Egypte. Les prêtres cgypliens eurent pour disciples Moïse, Orphée, Linus, Platon, Pythagore, Démocrite, Thaïes, en un mot tous les philosophes de la Grèce. Ces philosophes, pour accréditer leurs systèmes, s'appuyèrent de l'autorité des hiérophantes. De leur côté, les hiérophantes profitèrent du témoignage même des philosophes pour s'attribuer leurs découvertes. Ce fut ainsi que les opinions qui divisaient les sectes de la Grèce s'établirent successivement dans les gymnases de l'Egypte. Le platonisme et le pythagorisme surtout y laissèrent des traces profondes ; ces doctrines portèrent des nuances plus ou moins fortes sur celles du pays ; les nuances qu'elles affec-
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tèrent d'en prendre acliovèrent la confusion. Jupiter devint Osiris; on prit Typlion pour Pluton. On ne vit plus de dilTérence entre l'Adès et l'Amenthi^s. On fonda de part et d'autre l'identité sur les analogies les plus légères. Les philosophes de la Grèce ne consultèrent là-dessus que leur sécurité et leur succès ; les prêtres de l'Egypte, que leur intérêt et leur orgueil. La sagesse versatile de ceux-ci changea au gré des conjonctures. Maîtres des livres sacrés, seuls initiés à la connaissance des caractères dans lesquels ils étaient écrits, séparés du reste des hommes et renfermés dans des séminaires dont la puissance des souverains faisait à peine entr'ouvrir les portes, rien ne les compromettait. Si l'autorité les contraignait à admettre à la participation de leurs mystères quelque esprit naturellement ennemi du mensonge et de la charlatanerie, ils le corrompaient et le déterminaient à seconder leurs vues, ou ils le rebutaient par des devoirs pénibles et un genre de vie austère. Le néophyte le plus zélé était forcé de se retirer, et la doctrine ésotérique ne transpirait jamais.
Tel était à peu près l'état des choses en Egypte lorsque cette contrée fut inondée de Grecs et de Barbares qui y entrèrent à la suite d'Alexandre, source nouvelle de révolutions dans la théologie et la philosophie î'gyptietmes. La philosophie orientale pénétra dans les sanctuaires d'Egypte quelques siècles avant la naissance de Jésus-Christ. Les notions judaïques et cabalistiques s'y introduisirent sous les Ptolémées. Au miheu de cette guerre intestine et générale que la naissance du christianisme suscita entre toutes les sectes des philosophes, l'ancienne doctrine égyptienne ^o, défigura de plus en plus. Les hiérophantes, devenus syncrétistes, chargèrent leur théologie d'idées philosophiques, à l'imitation des philosophes qui remplissaient leur philosophie d'idées théologiques. On négligea les livres anciens. On écrivit le système nouveau en caractères sacrés, et bientôt ce système fut le seul dont les hiérophantes conservèrent quelque connaissance. Ce fut dans ces circonstances que Sanchoniathon, ^lanéthon, Asclépiade, Palefate, Chérémon, Hécatée, publièrent leurs ouvrages. Ces auteurs écrivaient d'une chose que ni eux ni personne n'entendaient déjà plus. Qu'on juge par là de la certitude des conjectures de nos auteurs modernes, Kircher, Marsham, Witsius, qui n'ont travaillé que
(l'.iprès des nioiiiimcnls iiiiiiilrs, et que sur des fragments trèssuspects des disci|)les des derniers liiéropliantes.
Thcut, qu'on appelle aussi Tlioijl cl Thoof, passe pour le premier fondateur de la sagesse /f/yp/ùnur. On dit qu'il fut chef du conseil d'Osiris; cpie ce. |)rince lui eomnmniqua ses vues; que Tliool imagina plusiein-s arts utiles; rpTil donna c\es noms à la plupart des ùtresdc; la nature; qu'il aj)prit aux hommes à conserver la mémoire des l'ai (s par la voie du symbole; qu'il publia des lois; qu'il institua les cérémonies religieuses; qu'il observa le cours des astres; qu'il cultiva l'olivier; qu'il inventa la lyre et l'art palestrique, et qu'en reconnaissance de ses travaux, les peuples de l'I^gypte le placèrent au rang des dieux, et donnèrent son nom au premier mois de leur année.
Ce Theut fut un des Hermès de la Grèce, et c'est, au sentiment de Cicéron, le cinquième Mercure des Latins. Mais à juger de l'antiquité de ce personnage par les découvertes qu'on lui attribue, Marsham a raison de prétendre que Cicéron s'est trompé.
L'Hermès, fds d'Agathodémon et père de Tat, ou le second Mercure, succède à Thoot dans les annales historiques ou fabuleuses de l'Egypte. Celui-ci perfectionna la théologie, découvrit les premiers principes de l'arithmétique et de la géométrie, sentit l'inconvénient des images symboliques, leur substitua l'hiéroglyphe, et éleva des colonnes sur lesquelles il fit graver, dans les nouveaux caractères qu'il avait inventés, les choses qu'il crut dignes de passer à la postérité ; ce fut ainsi qu'il se proposa de fixer l'inconstance de la tradition; les peuples lui dressèrent des autels et célébrèrent des fêtes en son honneur.
L'Egypte fut désolée par des guerres intestines et étrangères. Le iNil rompit ses digues; il se fit des ouvertures qui submergèrent une grande partie de la contrée. Les colonnes d'Agathodémon furent renversées; les sciences et les arts se perdirent, et l'Egypte était presque retombée dans sa première barbarie, lorsqu'un homme de génie s'avisa de recueillir les débris de la sagesse ancienne, de rassembler les monuments dispersés, de rechercher la clef des hiéroglyphes, d'en augmenter le nombre et d'en confier l'intelligence et le dépôt à un collège de prêtres. Cet homme fut le troisième fondateur de la sagesse des Égyptiens. Les peuples le mirent aussi au nombre des dieux, et l'adorèrent sous le nom d^ Hermès trismégiste.
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Tel fut donc, selon toute apparence, l'enchaînement des choses. Le temps, qui efface les défauts des grands hommes et qui relève leurs qualités, augmenta le respect que les Egyptiens portaient à la mémoire de leurs fondateurs, et ils en firent des dieux. Le premier de ces dieux inventa les arts de nécessité. Le second fixa les événements par des symboles. Le troisième substitua au symbole l'hiéroglyphe plus commode; et s'il m'était permis de pousser la conjecture plus loin, je ferais entrevoir le motif qui détermina les É^?/;?//^.^ à construire leurs pyramides; et pour venger ces peuples des reproches qu'on leur a faits, je représenterais ces masses énormes, dont on a tant blâmé la vanité, la pesanteur, les dépenses et l'inutilité, comme les monuments destinés à la conservation des sciences, des arts et de toutes les connaissances utiles à la nation égyptienne.
En effet, lorsque les monuments du premier ou du second Mercure eurent été détruits, de quel côté se durent porter les vues des hommes pour se garantir de la barbarie dont on les avait retirés, conserver les lumières qu'ils acquéraient de jour en jour, prévenir les suites des révolutions fréquentes auxquelles ils étaient exposés dans ces temps reculés où tous les peuples semblaient se mouvoir sur la surface de la terre, et obvier aux événements destructeurs dont la nature de leur climat les menaçait particulièrement? Fut-ce de chercher un autre moyen, ou de perfectionner celui qu'ils possédaient? fut-ce d'assurer de la durée à l'hiéroglyphe, ou de passer de l'hiéroglyphe à l'écriture? mais l'intervalle de l'hiéroglyphe à l'écriture est immense. La métaphysique qui rapprocherait ces découvertes et qui les enchaînerait l'une à l'autre serait mauvaise. La figure symbolique est une peinture de la chose. Il y a le même rapport entre la chose et l'hiéroglyphe; mais l'écriture est une expression des voix. Ici, le rapport change ; ce n'est plus un art inventé qu'on perfectionne, c'est un nouvel art qu'on invente, et un art qui a ce caractère particulier que l'invention en dut être totale et complète. C'est une observation de M. Duclos, de l'Académie française, qui me paraît avoir jeté sur cette matière un coup d'oeil plus philosophique qu'aucun de ceux qui l'ont précédé.
Le génie rare, capable de réduire à un nombre borné l'infinie variété des sons d'une langue, de leur donner des signes, de fixer pour lui-même la valeur de ces signes, et d'en rendre
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au\ aiiln's riiit(!lliti;(îiir(! (•oiiiiiiiiiic cl familiôrc!, no s'i-tatit point, reiicoiid't' parmi les lùjyptivns, dans la circonstance où il leur aurait été le |)Iiis iiiil(3; ces pcMiplcs, pressés entre l'inconvénient et la néce.ssit('i d'attacher la mémoire des faits à des monuments, ne durent naturellement [Xîuser qu'à en construire d'assez solides pour résister éternellement aux plus grandes révolulions. Tout semble concourir à fortifier cette opinion ; l'usage antérieur de confier à la pierre et au relief l'hisloire des connaissances et des transactions; les figures symboliques qui subsistent encore au milieu des plus anciennes ruines du monde, celles de Persépolis où elles représentent les principes du gouvernement ecclésiastique et civil; les colonnes sur lesquelles ïheut grava les premiers caractères hiéroglyphiques; la for me des nouvelles pyramides sur lesquelles on se proposa, si ma conjecture est vraie, de fixer l'état des sciences et des arts dans l'Kgypte; leurs angles propres à marquer les points cardinaux du monde et qu'on a employés à cet usage ; la dureté de leurs matériaux qui n'ont pu se tailler au marteau, mais qu'il a fallu couper à la scie ; la distance des carrières d'où ils ont été tirés aux lieux où ils ont été mis en œuvre ; la prodigieuse solidité des édifices qu'on en a construits; leur simplicité, dans laquelle on voit que la seule chose qu'on se soit proposée, c'est d'avoir beaucoup de solidité et de surface ; le choix de la figure pyramidale, ou d'un corps qui a une base immense et qui se termine en pointe; le rapport de la base à la hauteur; les frais immenses de la construction; la multitude d'hommes et la durée du temps que ce travail a consommés ; la similitude et le nombre de ces édifices, les machines dont ils supposent l'invention; un goût décidé pour les choses utiles, qui se reconnaît à chaque pas qu'on fait en Egypte; l'inutilité prétendue de toutes ces pyramides comparées avec la haute sagesse des peuples. Tout bon esprit qui pèsera ces circonstances ne doutera pas un moment que ces monuments n'aient été construits pour être couverts un jour de la science politique, civile et rehgieuse de la contrée, que cette ressource ne soit la seule qui ait pu s'olTrir à la pensée chez des peuples qui n'avaient point encore d'écriture, et qui avaient vu leurs premiers édifices renversés; qu'il ne faille regarder les pyramides comme les Bibles de l'Egypte, dont les temps et les révolutions avaient peut-être détruit les caractères