‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 2)Chapitre 20 sur 75 · XXX. V · texte numérisé non relu

XXX. V

554 DOLâINGOURT (Eao nihérale dk).

Les Aplysies, au contraire, ont Textrémité postérieure du corps pointue, ave les lobes du manteau souvent très-ddveloppés et pouvant servir à la DAlatioii Leur coquille interne, très-mince, est ovale et légèrement recourbée vers le sommel

Ces Mollusques ont des représentants dans toutes les mers. La plupart rampen sur les plantes marines à la manière des Limaces. Quelques-uns toutefois notamment VAplysia fasciata Gmel., nagent très-bien en rapprochant et a écai'tant successivement leurs lobes natatoires. On rencontre souvent des Âplysie accouplées en grand nombre et formant ainsi de longues chaînes. Dans ce cas les individus placés aux deux extrémités de chaque chaîne jouent seulement h rôle de mâle ou de femelle.

Sur les côtes de France se rencontrent notamment les Aplysia punctata Cu?., A, marmorata Bl., A. fasciata Gmel. et A. depilans L. Cette dernière espèœ, connue sous les noms vulgaires de Lièvre marin, Lièvre de mer y est couununa sur les côtes de la Hanche et de la Méditerranée, d^ns la zone des Laminaires. Elle e^t d'un brun rougeâtre, quelquefois presque rouge. Lorsqu'on Tinquiète, elle répand en abondance un liquide visqueux,. de couleur pourpre, à odeur naa* séabonde, sécrété par les petits tubercules arrondis qui sont disséminés en grand nombre sur la surface du corps. Ce liquide était considéré autrefois comme venimeux. Eo. Lbf&vre.

DOIiAINCOURT (Eau minérale de), athermale, bicarbonatée et chlorurée sodique faible, sulfureuse faible. Dans le département des Vosges, dans rarroodissement de Neufchâteau, dans le canton de Chatenois, est un village peuplé de 200 habitants près de Youxey, dans un embranchement de la vallée du Vair qui se dirige du sud au nord. C'est dans une prairie occupant le fond du vallon dont le terrain est constitué par des marnes liasiques, et à environ 200 mètres dupipd du coteau, dans l'enclos de la Surmerie, qu'émerge la source de Dolainoouii Elle sort de la terre au fond d'un bassin de 7 mètres de profondeur, au-dessus duquel on a construit un puits de maçonnerie de 1 mètre de côté, ce qui permet à l'eau de la source de s'élever sans être mêlée à l'eau de pluie et de s'écouler par une ouverture latérale de 5 centimètres de diamètre.

La composition de l'eau de Dolaincourt est remarquable dans le département des Vosges, puisque les autres sources minérales et thermales de Bussang, deCflOtrexéville, deVittel,de Martigny, de Plombières et de Bains, ne renferment aucune trace de principe sulfureux. M. de Billy, ingénieur en chef des mines, a étudié avec beaucoup de sagacité la cause de cette différence de composition élénienUire* Ce savant a découvert à Dolaincourt un accident géologique duquel il a tiré des conséquences qui expliquent parfaitement la présence du soufre dans l'eau minérale de cette localité. Le bois qui domine le vallon, à l'ouest du pré de la SlI^ merie, est sur l'oolithe inférieur, qui se rencontre de l'Etanche à Rollainvilie' Les calcaires de ce terrain comprennent le calcaire à polypiers et descendent jusqu'au pied des coteaux, c'est-à-dire jusqu'au moulin de la Roche-sur- Vair. D en est tout autrement au sud du bois où les marnes supraliasiques s'élèfent brusquement d'une soixantaine de mètres sur le coteau. Là, elles sont à découftft dans les champs cultivés où elles ne tardent pas à disparaître sons les rocbes oolithiques. C'est en ce point qu'une faille a soulevé les marnes du lias. La limile entre ces marnes et les calcaires du bois est dans une dépression dont la diree* tion diffère peu de celle du système de la Côte-d'Or. Cette faille explique l'émeT' gence de la source de Dolaincourt dont Teau incolore, d'une odeur fortement h^ -

DOLALNCOUKT (Eao mixbralb de). 355

(i(|ue, d'une saveur manifestemont s:ilëe, ramène promptement au bleu les préparations de tournesol préalablement rougies par un acide. Sa température est de 9*,5 centigrade et son débit de 2860 litres en vingt-quatre heures. Sa densité exacte n*est pas connue, et son analyse chimique a été faite en 1875 par M. Bonis, qui a trouvé que 1000 grammes de Teau de Dolaincourt renferment les principes suivants :

Sallbre de «odiain 0,057

Bicirbointe d« fonde 0,780

— chaui 0,018

— magnésie 0,015

SvKalt de foad« 0.105

Chlorure de todium • . . . • 0,943

Résiihi insolohle 0.050

Fer el anenic tracef.

ToTiL KS VATllRKS rixBS 9,266

L'eau de Dolaincourt contient, en outre, un gaz qui la traverse en assez grosses bulles veuant s'épanouir à sa surface et dont l'odeur montre qu'elles sont constituées par de l'acide sulfhydrique. L'azotate d*argent versé dans cette eau donne d'ailleurs un précipité noirâtre composé de chlorure et de sulfure d'argent.

L'eau de Dolaincourt laisse déposer, 3u fond de son puits de captage, une matière noirâtre onctueuse ou plutôt graisseuse au toucher, qui a une forte odeur sulfureuse. Ce dépôt, qui n'est autre chose que de la barégine, prend, au contact de l'air, une teinte cuivrée analogue à celle que produit l'indigo frotté contre an corps ^lide. H. Bonis a trouvé que la boue de Dolaincourt renferme du sulfure de fer, du carbonate de chaux, de la silice et des traces sensibles d^arsenic et de matière organique.

Mode n'ADMimsTRATioN et doses. L'eau de Dolaincourt n'est encore administrée qu'en boisson, en lotions, en injections et en pulvérisation. Nous nous contenterons de signaler que cette eau est ingérée, pure ou coupée de lait ou d'une infusion béchique, quelquefois édulcorée d'un sirop balsamique ou émoi- Kent. Sa quantité varie d'un à trois verres pris chaque matin à jeun et à un intenralle d'une demi-heure en général.

Emploi TflÉRAPBUTiQOB. L'eau de Dolaincourt n'a pas un goât désagréable et elle est fiicilement acceptée par l'estomac. Les animaux la boivent avec plaisir : iQiai les tourterelles et les ramiers viennent-ils souvent s'y désaltcfrer. Les bestitnx mangent avec une préférence marquée les herbes qui croissent à la place, tatrefois marécageuse et maintenant desséchée, qui entoure le puits de la source.

L'eau de Dolaincourt, contenant des bicarbonates, des chlorures et un principe arsenical, tire surtout son action physiologique et thérapeutique du principe sulfureux qu'elle renferme. H est inutile d'insister sur les effets du soufre et de ses composés sur l'économie saine ou malade, nous nous bornons à rappeler quelles eaux sulfureuses en boisson cèdent une partie de leurs sulfures ^ox organes digestifs avec lesquels elles sont en contact. Une certaine proporlioa de gas acide sulfhydrique est absorbée par l'estomac et l'intestin et est éliminée par les poumons, la peau et la vessie. Cette triple élimination explique l'action dies eaux sulfureuses sur la membrane mnquew^ des voies aériennes ^ dont les sécrétions sont activées d'abonl pour cesser progressivement ou plutôt devenir à l'état physiologique, sur la peau dont elles activent les fonctions âiminatriceSy et enfin sur les voies urinaires dont les excrétions sox\V ^w^^cv-

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