Î6 DOUCETTE
neuses et extractives inertes que ce dernier; il est plus concentré et son dossge peut se faire plus exactement.
Le suc exprimé des feuilles est presque abandonné ; on en prescriyait de 30 à 60 grammes.
Les doses auxquelles on ordonne la douce-amère sont très-variées, suivant les auteurs. Il est certain qu'on peut en porter très-loin Temploi sans craindre le moindre accident; pour en retirer un bénéfice, il faut la donner en quantité plus forte qu'on ne le fait en général ; et c'est sans doute parce qu'ils ne h prescrivaient qu'à dose très-faible que Desbois (de Rocheforl) et Alibert la considéraient presque comme inactive. Les médecins des seizième et dix-septième siècles, en revanche, la donnaient en masses énormes : ainsi Tragus indique 1 partie de douce-amère pour 2 parties de vin blanc dont il ordonnait iro verre matin et soir; Gardner afSrmait qu'elle n'est efficace qu'à haute dose; il faisait prendre la décoction de 100 grammes par jour ; il voulait pour que son actioD fût complète qu'elle produisit du vertige, du malaise, etc. Aussi, à un moment donné, attribua-t-on à cette plante des propriétés délétères, et celte idée persbte encore aujourd'hui dans l'esprit de quelques personnes.
Le meilleur mode d'administration est celui que conseillait Bretonneaa : arriver graduellement jusqu'aux doses élevées. On commence par la dose b plus faible, 4 à 8 grammes, on augmente peu à peu et lentement jns({U*à l'apparition de légers troubles de la vue, vertiges, nausées, etc., on maintient le malade à cette dose (80 grammes et au delà) pendant longtemps et même après la disparition complète de la maladie. C'est ainsi que Bretonneau agissait dans la syphilis.
Quant à la solanine, on la donne sous forme d'acétate d'alcaloïde, sel plus soluble que l'alcaloïde lui-m(Wne ; on peut en prescrire à un adulte de i à 5 centigrammes. La formule la plus convenable est la pilule, car les solutions de ce sel ont un goût très-désagréable. B. Péris.
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DOUCETTE. Nom donné à la mâche ou Valerianella olitoria Poil, (vof Mâche). ' Pu
B4NJCHB. Mot dérivé de l'italien doccia. Colonne de liquide d'ane hauteur et d'un diamètre déterminés qu'on dirige sur une partie du.corps où elle agit par le choc et par la température (Littré et Robin, Dictionnaire de medeeine).
Il est facile de voir que cette définition ne convient ni à tout lobjet que Ton veut définir, ni à cet objet seul. D'abord la douche n'a pas seulement la forme d'une colonne, mais encore d'une pluie, d'une lame, d'un cercle, etc. On ne la dirige pas seulement sur « une partie i, mais sur la totalité du corps ; ensuite cette expression ne s'applique pas seulement à la projection des liquides, mais encore à celle des gai et des vapeurs.
Toutefois il suffit de s'entendre, et l'on s'entend sufGsamment sur la signification de ce mot pour qu'il ne soit pas indispensable d'en donner une définition rigoureuse, la rigueur dans les définitions étant ce qu'il y a au monde de plus difBcile, pour ne pas dire de plus impossible. Nous désignerons donc sous le nom de douche la projection d'un jet de vapeur ou de liquide sur toute la smiace (douche générale) ou sur une partie du corps. Ce liquide peut être de l'eau ordinaire, de l'eau de mer, une eau minérale, etc. Nous traiterons dans cet article d'abord des douches d'eau ordinaire, c'est-à-dire appartenant à l'hydrothérapie proprement dite.
La projection de l'eau est déterminée, soit par la chute du liquide tombant par son propre poids d'une hauteur plus ou moins considérable, soit par le refoulement ou la compression de ce môme liquide à l'aide de machines et d'appareils variés.
Cette application particulière de la méthode de traitement des maladies par l'hydrothérapie a pris, en thérapeutique, une importance capitale dans ces trente dernières années, c'est-à-dire depuis les travaux de Louis Fleury, qui a su par ses études persévérantes et habiles élever au rang d'une méthode scientifique et rationnelle un ensemble de procédés demeurés jusqu'à lui dans le domaine de l'empirisme.
Nous diviserons cet article en trois parties :
Dans une première partie, nous décrirons d'abord les appareils de douches usités dans les établissements hydrothérapiques ; nous dirons ensuite quelques mots des appareils construits en vue des applications de l'hydrothérapie à domicile.
Dans une deuxième partie nous exposerons le mode d'application des douches et nous étudierons l'action physiologique de chacune d'elles.
Dans une troisième partie, enfin, nous étudierons leur action thérapeutique et leor emploi dans les diverses maladies auxquelles elles peuvent être applicables.
1"* Description des appareils. Dans les établissements hydrothérapiques les douches ont générëralement leur prise d'eau dans un réservoir placé à une hauteur de 5, 10, 15, 20, 25 ou 50 mètres au-dessus du sol de la salie où elles sont administrées. La hauteur moyenne, qui est de 10 à 15 mètres, correspondant à une pression de 1 atmosphère à 1 atmosphère et 1/2, est plus que suflisante pour obtenir une pression et, partant, une force de projection convenables. De ee réservoir partent les divers tuyaux auxquels doivent s'adapter, par des robinets et des raccords, les diverses pièces des appareils.
Les diverses formes des appareils donnent lieu à plusieurs variétés de douches qui sont : la douche en pluie verticale, la douche verticale en lames concen-
triques, la douche en colonne j la douche mobile en jet, en pluie, en lame; la douche en cercles ou en poussière, les bains de siège à eau courante ^ les douches dorsale, utérine, vaginale, rectale^ pe'rinéale, etc.
Douche en pluie verticale. Elle consiste en une pomme d*arrosoir de 9 i 10 centimètres de hauteur, fixée par un raccord au tuyau d*eau du réservoir.
Elle est placée à 2 mètres 25 environ au-dessus du sol de la salle des douches. Son ouverture supérieure vissée au robinet du luyau d*eau doit avoir 3 centimètres i/2 à 4 centimètres de diamètre, comme le calibre du tuyau, du robiuet et du raccord, pour donner issue à une colonne liquide de même volume. L ouverture inférieure, évasée, est fermée par une plaque de cuivre percée de trous de 1 millimètre de diamètre par lesquels Teau s*échappe sous forme de pluie. Cette plaque, dont le diamètre est d'environ 20 à 30 centimètres, doit être suffi* samment épaisse et résbtante pour ne pas se bomber sous la pression de li colonne liquide.
A la clef du robinet est fixée une tige métallique servant de bras de levier. Cette lige, par une de ses extrémités, traverse une boule pesante et porte attachée à son autre extrémité une corde qui glisse dans la gorge de deux poulies de renvoi fixées au plafond. Cette corde est terminée par une manette ou une pédale de telle sorte que Topérateur peut, en la manœuvrant, soit avec la main, soit avec le pied, ouvrir et fermer alternativement le robinet en soulevant et en laissant retomber ensuite par son propre poids la boule du bras de levier.
Suivant Tétendue plus ou moins grande du mouvement imprimé à la corde, on ouvre plus ou moins le robinet, ce qui permet de graduer à volonté la force de la douche.
Douche verticale en lames concentriques. Elle s'obtient par une simple modification de Tappareil précédent, c'est-à-dire que la surface inférieure de la pomme d'arrosoir, au lieu d'être percée de trous, porte deux fentes circulaires concentriques de 1 millimètre de diamètre par lesquelles l'eau s'échappe sous forme de lames.
Douche horizontale, ou oblique en lame, ou col de cygne. C'est une douche en lame, horizontale ou oblique, appelée encore col de cygne, à cause de li forme du robinet qui laisse passage au liquide. L'ouverture de ce robinet, ou bec du Cygne, porte une fente transversale de 50 à 40 centimètres d'étendue et de 1 millimètre de diamètre par laquelle l'eau s'échappe sous forme de lame ou d'éventail.
La douche verticale en colonne, qui est d'un usage très-resti'cint, s'obtient en substituant à la pomme d'arrosoir une lance dont l'ouverture est d'environ 12 à 14 millimètres ; la lance de la douche mobile en jet peut parfuitement servir à cet usage.
Douche mobile en jet. C'est la douche essentielle, la douche véritablement médicale, celle qui pourrait à la rigueur remplacer toutes les autres. Le long de la paroi de la salle des douches descend du réservoir un tuyau d'eau sur lequel s'adapte un robinet coudé situé à 1 mètre 30 ou 1 mètre 40 au-dessus du sol, de façon à être à la portée de la main de l'opérateur ; à l'extrémité libre de ce robinet est fixé un tube en caoutchouc ayant 3 centimètres environ de diamètre et une longueur de 70 à 80 centimètres; l'extrémité libre de ce tuyau est munie d'un robinet auquel s'adapte, par un raccord, une lance de 15 à 15 millimètres d'ouverture. A ce robinet peuvent d'ailleurs s'adapter, à l'aide
d'un même raccord, des lames de diamètres et de formes dilTérentes, qui permettent, suivant le cas, de donner tantôt la douche mobile en jet, tantôt la douche mobile en pluie^ tantôt la douche mobile en lame.
Pour avoir la douche mobile en pluie, il suffit de substituer à la lance ordinaire une pomme d*arrosoir dans laquelle la surface criblée de trous soit parfaitement plane et mesure enviion 4 à 5 centimètres de diamètre.
De même, pour avoir la douche mobile en lame, on pourrait remplacer la lance ordinaire par un petit ajustage terminé en bec aplati et évasé en éventail, ayant de 30 à 40 centimètres d*étendue transversale et une fente de 1 à 2 millimètres. Hais il est plus commode et partant préférable de transformer le jet en douche en éventail par la simple pression du doigt qui étale la colonne liquide en diminuant proportionnellement sa force de projection.
Douche à palette. On peut encore se servir à cet effet d*une palette de cuivre dont la face inférieure légèrement concave s'applique sur la colonne d'eau et dont la face supérieure convexe est munie d'une anse ou poignée qui )iermet de la saisir et de la manœuvrer convenablement. Suivant le degré de la pression de la palette sur la colonne liquide, celle-ci s'élargit et s'étale plus on moins, de telle sorte que l'opérateur peut à volonté en graduer la force de projection.
Douche en cercle ou en poussière. L'appareil de cette douche se compose d'un tube vertical en cuivre ayant environ 2 mètres i 0 de hauteur et 20 centimètres de circonférence. Sur ce tube sont disposés horizontalement 9 à 10 cercles creux également en cuivre, superposés les unes aux autres, à des intervalles égaux, sur une hauteur de 1 mètre 22 centimètres.
La convexité des arcs de cercles mesure 2 mètres 45 ; la distance qui sépare leurs deux exti*émités ou, en d'autres termes, la corde qui sous-tend chaque arc de cercle est de 52 centimètres. Leur face concave ou antérieure est percée de petits trous d'un 1/2 millimètre de diamètre. Chaque segment est rendu indépendant de tout le système au moyeu d'un robinet qui le fait communiquer avec la colonne d'eau.
A l'appareil est annexée habituellement une pomme d'arrosoir, placée à une hauteur d'environ 2 mètres 20 centimètres au-dessus du sol, et qui communique avec la colonne d'eau à l'aide d'un tuyau muni d'un robinet.
Do planchier troué placé en contre-bas de la salle des douches facilite l'écoulement des eaux.
L'ensemble de l'appareil est entouré de cloisons en forme de petite chambre ifmi la partie vitrée se ferme sur le malade. Le médecin, placé en dehors, est ainsi mis à l'abri des atteintes des petits jets qui sortent par les milliers de trous des segments de cercle. Il peut en outre surveiller du dehors l'attitude du malade placé entre les cerceaux, la face tournée en avant, et arrêter l'opération au moment où il le juge convenable. A cet efTet le robinet principal qui donne accès à la colonne d'eau dans les segments de cercle dont les robinets particuliers ont été préalablement ouverts en plus ou moins grand nombre suivant la taille du sujet et suivant les indications, ce robinet principal est UianœoTré du dehors à l'aide d'un levier articulé qui l'ouvre ou le ferme à la vokmté de l'opérateur.
Le bain de êie'ge à eau courante est fondé sur le même principe que le bain de cercles, l'appareil seul diffère. Cet appareil a h forme de la baignoire généralement employée pour le bain de sié^e ordinaire; mais celle baignoire est à
double fond. Sa surface intérieure étamée présente quatre rangées circalaires et superposées de petits trous qui livrent passage à de petits jets fins comme des aiguilles dont la force est naturellement en rapport avec b pression de Teau dans le réservoir supérieur ; en vertu de la disposition drcalaires des trous, les jets convergent vers le centre de Tappareil où le patieol se trouve assis sur un siège mobile demi-circulaire peu élevé. L*eau s*écoiik par des trous larges de 1 centimètre dont est percé le fond du bain à sa ptriie antérieure et tombe dans un tuyau de décharge qui la conduit au dehors.
Quand on veut donner un bain de siège à eau dormante^ il suffit d'interrompre la communication entre les trous d'écoulement et le tuyau de décharge, au moyen d'une plaque ou soupape qui ferme ce dernier ; l'eau ne pouvant plas s'écouler au deliors s'accumule alors dans l'appareil et, lorsqu'elle est panenue à une hauteur suffisante, on ferme le robinet du tuyau d'alimentation.
Ce même appareil peut servir également à adminbtrer diverses autres douches Celles que la douche vaginaley la douche périnéale^ la douche lombaire on dorsale, à l'aide des dispositions suivantes :
Pour la douche vaginale^ la paroi antérieure de la baignoire présente, eo dedans, une ouverture munie d'un raccord auquel s'adapte un tube en caootchouc pouvant porter, à son extrémité libre, des canules de diverses dimensions.
Pour la douche përinécde^ le centre de la paroi du fond est percé de plusieurs rangées concentriques de petits trous de i millimètre de diamètre pv lesquelles jaillissent autant de jets fins qui s'élèvent verticalement et lenl frapper avec plus ou moins de force le périnée du malade assis sur un siège bv dont l'ouverture demi-circulaire correspond à l'aire occupée par les trous.
L'ensemble des petits trous peut être remplacé par une seule ouverture centrale munie d'un raccord auquel s'adapte, soit une petite lance qui donne one douche en jet, soit une petite pomme d'arrosoir qui donne une douche ea
pluie.
La douche rectale, désignée encore sous le nom de douche ascendante, otmsiste, comme la douche périnéale, en une ouverture centrale munie d*im raccord auquel s'adapte une canule en caoutchouc que le malade s'introduit dans le rectum et de laquelle s'échappe avec plus ou moins de force un jet vertical.
La douche ascendante rectale doit être installée dans un cabinet d'aisance, auprès de la lunette.
La douche dorsale ou lombaire s'obtient au moyen d'une fente transvorsde, ou d'une triple rangée de trous percé dans le dossier de la baignoire et pur laquelle s'échappe une lame d'eau qui vient frapper telle ou telle partie du dos ou des lombes, suivant la hauteur du siège sur lequel est assis le malade. j
Pour compléter le tableau des appareils de douches dont se compose nne installation d'établissement hydrothérapique, nous devons dire quelques noU des appareils qui servent à administrer les douches chaudes on altemativeoMÉt j chaudes et froides telles que les douches dites écossaises, douches alternatives* j
On obtient ces douches au moyen d'une disposition très-simple. Deux tuyau • l'un d'eau chaude, l'autre d'eau froide, partis de deux réservoirs dilTârenU» viemient s'aboucher par leurs extrémités inférieures, munies chacune d'on robinet, dans une sorte de récipient dans lequel se meut un robinet à trois voies où s'opère le mélange des deux courants d'eau chaude et d'eau froide. Le d^ de la temoérature de ce mélange est réglé par le jet du robinet du récipient.
A cet eOét, ce robinet entraîne dans son mouvement un petit indice métallique qui se meut au-dessus d'un demi-cercle gradué disposé horizontalement.
Les divisions gravées sur ce demi-cercle correspondent à des degrés divers d'ouvertures des deux voies d*eau chaude et d*eau froide du robinet, et indiquent par conséquent dans quelle proportion se fait le mélange des deux courants, ou, en d*antres termes, quel est le degré de la température de la douche. On peut ainsi par le simple jeu de ce robinet obtenir de Teau à tous les degrés de température et avoir, à volonté des douches tièdes, chaudes ou froides.
V hydrothérapie à domicile. La description qui précède s'applique aux appareik de douches que Ton trouve réunis dans les établissements hydrothérapiques spéciaux où les malades entrent pour s*y faire soigner, soit de leur propre inspiration, soit, le plus ordinairement, sur le conseil de leurs médecins. Mais il n'est pas toujours facile ni même possible aux malades de se déplacer, de quitter leurs familles, leurs affaires, d'entreprendre un voyage plus ou moins long» pour venir suivre un traitement dans un établissement de ce genre. On a donc cherché à remédier à cet inconvénient en installant à domicile quelquesuns des appareils dont il vient d'être question.
Certains malades, parmi lesquels des médecins, après avoir passé quelque temps dans un établissement, ont, à leur retour chez eux, continué leur traitement, grâce à une imitation réduite des appareils dont ils avaient étudié et appris à connaître le fonclionnement ; ces médecins ont agi ainsi dans le double bat de continuer à se soigner eux-mêmes et de faire bénificier en même temps des bienfaits de Thydrothcrapie et de leur expérience acquise les malades de leur clientèle particulière. Mais il est aisé de comprendre qu'une pareille installation à domicile n'est possible que pour les médecins et les malades qui sont eux-mêmes propriétaires des maisons qu'ils habitent. 11 faut disposer d*un puits, y faire établir une pompe à l'aide de laquelle l'eau de ce puits poorra être élevée et versée dans un réservoir situé à une hauteur d'au moins 5 mètres au-dessus du sol de la pièce qui devra servir de salle de douches.
Ce réservoir peut être placé dans un grenier et mis ainsi, autant que posnUe, à l'abri des vicissitudes atmosphériques de chaud et de froid. Une douche en pluie, une douche en jet et un bain de siège, tels sont les appareils à l'aide desquek un médecin pourrait créer, chez lui, une petite installation hydrotliérapîque répondant à la plupart des indications de la médication.
On a imaginé, depuis longtemps, des appareils nombreux et variés destinés IQZ applications hydrothérapiques à domicile. Ces appaœils ont cela de comnode qu'ils peuvent être placés dans une chambre quelconque et ne nécessitent par ccniséqaent aucune installation particulière. Par contre, ils ont cela de ikheux qu'ils manquent, pour la plupart, d'une pression sufOsante pour amener un mnivement de réaction convenable. C'est, en particulier, le reproche que l'on peut justement adresser à ces appareils anglais ou américains dont l'usage sert si généralement répandu en France, dans ces dernières années, au grand bâiéfiee des constructeurs, mais aussi au grand détriment des malades qui l'en servent. L*eau qui tombe du réservoir de ces appareils sous forme de dooche en pluie ne jouit d'aucune force de percussion et ne peut, en conséfoence, provoquer la réaction, du moins d'une façon suffisante; elle glace les i&alades ou les congestionne, par refoulement du sang dans les organes internes, sans que le refroidissement soit suivi de ce mouvement excentri(|ue de retour de la chaleur et de cette rougeur de la peau qui constituent le plié-
nomène de la réaction. A une stimulation trop faible de la sensibilité de la peau répond une action trop peu énergique du centre réflexe et de rinnenralion vaso-motrice.
On a essayé, non sans un certain succès, de corriger cet inconvénient, en construisant des appareils dans lesquels la pression sur Teau du réservoir sufiérieur est obtenue au moyen de Tair comprimé. A cet effet la pompe qui monte Teau dans le réservoir supérieur y refoule en même temps de Tair, lequel peut acquérir par la compression qu*il subit une force élastique égale à la pression de plusieurs atmosphères. C*est d'après ce principe qu*ont été constmits, sar lei indications de Louis Fleury, Tappareil de Eydt, architecte du Luxembourg, et la doucheuse à air comprimé de MM. Bouillon et Muller, qui sont des types d'appareils d'hydrothérapie à domicile. Ils réunissent dans un même systàne la douche en pluie, la douche en jet, le bain de cercles et le bain de si^ ï eau couranle. Fleury, qui les recommande naturellement, puisqu'il en a été l'inspirateur, et qui les croit destinés à produire une véritable révolution dans la pratique de l'hydrothérapie, ne peut s'empêcher cependant de signaler an défaut et un inconvénient de leur construction : c'est que la pression diminue rapidement et considérablement, en raison directe de la quantité d'eau qui s'écoule, de telle sorte que la force de percussion de la douche est trop grande au coaunea* cément et trop petite à la tin. Il faudrait, dit-il, arriver à ce que la pression reste la même, ou du moins ne varie que très-peu, pendant toute la durée de b douche. Ce desideratum signalé par Fleury ne parait pas avoir encore été réalisé.
M. Beni-Bardc, dans son Traité cT hydrothérapie y donne la description et la figure d'un appareil construit par M. Charles et dans lequel, grâce à un mécanisme au<si simple qu'ingénieux, on trouve réunies toutes les espèces de douches générales et locales : douche en pluie, douche mobile en jet, douche en cercles, bains de siège à eau courante, douches rectale, vaginale, etc. Toutes ces douches peuvent être données froides ou mitigées par l'eau chaude. ; Il semble qu'un tel appareil devrait être considéré comme Tidéal du genre; seulement, pour fonctionner, il a besoin de deux réservoirs indépendants. Tan d'eau froide et l'autre d'eau chaude, d'une capacité de 2 mètres cubes, coroms- I niquant chacun avec l'appareil par un seul tuyau, et situés à une t hauteur de ] 6 à 9 mètres ». Cette condition rend cet appareil, d'ailleurs fort ingénieux, m i peu encombrant et difficile, sinon impossible à installer au domicile de la pla- ] part des malades.
En résumé, étant donné la dilBculté d'installer à domicile des appareils ; dans lesquels l'eau soit soumise à une pression convenable, il est préférable, i notre avis, toutes les fois qu'il s'agit d'appliquer l'hydrothérapie à des malades, que les douches soient administrées dans un établissement spécial, sous li i direction du médecin, et que, si le déplacement du malade n'est pas possible, les douches soient remplacées par des affusions, à l'aide de plusieurs seaox \ d'eau projetés avec force, par des frictions avec le drap mouillé, ou avec les i éponges, par des immersions dans une baignoire accompagnées de frictions j énergiques avec les mains, pour remplacer, autant que possible, la percussion ' du liquide à la surface de la peau, percussion que peuvent seules donner des i douches fournies par des appareils à pression puissante.
2^ Mode d'administration^' des douches. Après la description somnuire des appareils, indiquons maintenant leur mode d'application, c'est-à-dire la minière
d'administrer les doaches ; (jiK^stion importante, car c*cst du modun faciemli bien ou mal compris, bien ou mal exécuté, que dépendent les eifcts bons ou mauvais de la médication hydrothérapique. Il ne suflit pas, en effet, comme le croient encore certaines personnes du monde, de projeter de Teau froide à la surface du corps, c d*asperger les malades i, comme elles disent, pour faire de l'hydrothérapie, il faut au médecin qui applique cette médication l'esprit d'observation, une attention soutenue, du tact, de la prudence, de Il fermeté unie à une forte dose de patience; il lui faut Tautorité que donne l'expérience acquise par un sérieux apprentissage du maniement de ce puissant modificateur, l'eau froide, aussi puissant pour le mal que pour le bien, suivant Tesprit qui l'emploie; il lui faut enGn une certaine dextérité ou habileté manuelle qui est un don de la nature ou qui s'acquiert par l'usage. La réunion de ces qualités diverses n'est pas de trop, quand il s'agit de diriger et de gouverner ce monde impatient, impressionnable et mobile à l'excès, qui s'appelle le monde des névropathes.
Douchée généraleg. tilles comprennent principalement la douche verticale eo pluie, la douche mobile en pluie, en jet, en lame, en éventail, la douche en cercles ou en poussière.
Voici de quelle façon il convient de procéder pour chacime de ces applications.
Pour recevoir la douche verticale en pluie, le patient, préparé comme il va être dit dans un instant, se place sous la pomme d'arrosoir. Il doit être complètement nu ; la tète légèrement inclinée en avant, nue ou couverte d'une serviette mouillée, le dos tourné vers lopérateur, d'une main il s'appuie sur une barre transversale placée à hauteur d'appui, de l'autre il se frictionne doucement la poitrine, tandis que la douche en pluie tombe sur la tête, le cou, les épaules, et coule sur le reste du corps. Pendant qu'il reçoit la douche, le patient doit respirer largement et lentement ; il ne doit pas se roidir comme le font certains malades, au début, ce qui aurait pour effet de congestionner le cerveau, le poumoù et le cœur.
Im durée de la douche en pluie est en général de quinze à vingt secondes. Au Iflbot du traitement, cette dun.'e |)eut et doit être abrégée, en raison d(*la susceptihilitë nerveuse de certains malades qui, au premier contact de l'eau froide, éprouvent une suffocation plus ou moins violente à laquelle ils cherchent à se loustraire par la fuite, pour peu que la douche se prolonge. Ijorsque la durée de eelle-d est limitée à quelques secondes, à une sorte de contact iustantané de Teau froide, l'impression pénible de suffocation éprouvée par le patient se calme iteesse rapidement; on le voit se remettre tout aussitôt et renoncer à ses pieoiières velléités de fuite ; on peut alors terminer l'opération par une douclie eu jet de dix secondes passant rapidement sur toute la surface du corps.
U est rare qu'i la seconde ou à la troisième épreuve le patient, ayant désor- MÛs perdu toute hésitation, ne se place ré^lùment sous la douche et n'y reste tout le temps jugé nécessaire par le médecin. Ce temps varie d'ailleurs pour chaque individu, suivant le dogré de sa force de réaction dont la notion est donnée au médecin par l'observation attentive du malade sous la douche, des effets de celle-ci sur la respiration et la circulation, de la coloration de la peau et des muqueuses extérieures, du retour [dus ou moins prompt de la chaleur à la surfine de la peau, etc., toutes conditions dont lexamen est indispensable au médecin pour bien se rendre compte de la force réactionnelle du sujet, car, ftiosi que le dit trè»-bien Louis Fleury, nous n'avons pas de « réactionnomètre i.
Mcr. isc XXX. %\^
Aôk DOUCHE.
La notion exacte de Taptitude réactionuelle de chaque malade étant ainsi acquise, on possède désormais Tindication fondamentale pour la direction da traitement et la durée des applications. Toutefois, cette durée devra Tarier encore, pour chaque sujet, suivant ses dispositions actuelles physiques oa morales, suivant les conditions thermométriques, barométriques et hygrométriques de Tatmosphère. En général, les douches doivent être d'autant plus courtes que le sujet est moins bien disposé moralement ou physiquement, que la température extérieure est plus froide et Tatmosphère plus humide.
Étant donné la réunion des conditions les meilleures tant extérieures qu'individuelles, la durée de la douche générale en pluie et en jet ne doit pas dépasser une minute. On ouvre en même temps la douche en pluie et la douche en jet; on arrête la pluie au bout de quinze seconde^, et l'on continue avec le jet que Ton promène rapidement pendant quinze autres secondes sur la face postérieure du corps. Avant de faire retourner le malade, on lui prescrit de présenter It plante des pieds sur lesquelles on dirige le jet pendant deux ou trois secondes, puis, le malade s*étant retourné, faisant face à l'opérateur, reçoit pendant trente secondes sur la face antérieure du corps le jet qui est promené rapidement sur toutes les parties et dirigé, en terminant, sur la face dorsale des pieds.
Cette durée d'une minute est un maximum qu'il faut i*arement dépasser, en deçà duquel, au contraire, il convient de se tenir le plus habituellement, sons peine de voir la réaction se faire avec difSculté ou d'une manière incomplète. Le sexe et l'âge doivent être pris, à cet égard, en sérieuse considération. Une longue expérience nous a appris que les femmes, les enfants, les vieillards, snp* portent diflicileinent les douches trop longues. Il ne faut guère dépasser cinq à dix secondes pour les enfants très-jeunes; vingt-cinq à trente-cinq secondes constituent la durée moyenne de la douche pour les femmes et pour les vieillards ayant dépassé la soixantaine. Nous avons même rencontré dans le cours de notre carrière déjà longue quelques adultes pour lesquels cette moyenne eût été beaucoup trop considérable ; nous nous souvenons, en particulier, d'un homme de quarante-cinq à cinquante ans, de haute stature et de colossale apparence, mais d'une susceptibilité extrême, auquel, pendant tout le cours d'un traitement hydrothérapique qui a duré plusieurs mois, il n'a pas été possible de faire supporter une douche de plus de dix secondes ; dès que cette limite était dépassée, le malade éprouvait du malaise et ne pouvait parvenir ï se réchauffer. Le médecin devra avoir égard à ces susceptibilités individuelles, parfois bizarres et inexplicables, sous peine d'échec. En général, après quelques douches, les malades préfèrent se placer sous la douche en pluie préalablenœnt ouverte ; d'autres aiment mieux que la douche ne soit ouverte qu'après qu'ils se sont mis en position; on peut sans inconvénient satisfaire les uns et les autres.
La douche terminée, le patient est aussitôt essuyé avec un peignoir de toile bien sec, mais non chauffé ; tout en l'essuyant, l'employé chargé de cette tâche frictionnera vigoureusement toutes les parties du corps, et pratiquera une sorte de massage consistant en une percussion modérée de la paume des mains sur les masses musculaires du tronc et des membres. Après lessuyage et le massage, il sera parfois utile chez les vieillards et ceux dont la peau se réchaufTe difficilement de favoriser ce réchauffement à l'aide de frictions générales faites avec un gant de crin. Toutes ces opérations rapidement achevées, le malade s'habillera ])romptement et sortira pour faire une promenade en plein air, autant que po^ sible ; si le temps ne permet pas de sortir, la réaction se fera dans un {Mt>me-
lOir couvert ou dans une salle de gymnastique ; sous aucun prétexte les malades le devront s*approcher d*un poêle ou d*un feu de cheminée. La promenade à 'air libre sera faite en marchant» comme on dit, d*un bon pas, de manière à btenir une légère moiteur, sans aller cependant jusqu'à la fatigue. Elle aura ine durée moyenne de vingt à quarante minutes, suivant que les forces du oalade seront plus ou moins conservées. Elle devra être d'autant plus prolongée |ue la température extérieure sera plus basse. Ceux qui ne peuvent pas marcher, oit pour cause de trop grande faiblesse, soit pour tout autre motif, devront, près la douche, être reportés dans leur lit où ils seront entourés de tous les aoyens propres à favoriser, entretenir ou développer le mouvement naturel de i réaction. Nous verrons à propos de la douche écossaise que cette forme de louche convient spécialement à ce genre de malades.
S'il est indispensable que le malade ait chaud en sortant de la douche, il n*est m moins nécc^ire qu'il ait cliaud en y entrant ; pour cela, il ne suffit pas que e vestiaire où il se déshabille, que la salle où il se rend ensuite pour prendre a douche, soient chauffés en hiver de manière à marquer 15 ou 16 degrés au hermomètre centigrade; il faut encore que le malade ait élevé sa propre tem- )érature par un exercice préalable, qu'il ait fait, en un mot, ce qu'il appelle sa wùuAion. La réaction est solidaire de la préaction ; elle sera d'autant plus complète que la prëaction aura été elle-même plus énergique et que, grlk;e à elle, la température du corps sera plus élevée au moment de la douche.
Un détail d'une grande importance pratique doit trouver ici sa place. Si l'élénliondela température du corps, par l'exercice ou la promenade préliminaires, a été poussée jusqu'à la transpiration, le malade ne devra jamais attendre, eonformément à un préjugé trop universellement répandu parmi les gens du monde et même parmi les médecins, il ne devra jamais attendre, disons-nous, pour prendre sa douche, que la sueur se soit dissipée ; il devra, au contraire, «Hsitôt déshabillé, passer sous la douche froide sans se laisser arrêter par la cninte d'une répercussion de la sueur et des funestes conséquences qui ne manqueraient pas, assure-t-on, de se produire en pareil cas.
Nous avons dit déjà (voy. les articles Affosions, Bains), et nous ne saurions trop redire ici que cette crainte est absolument mal fondée ; qu'une douclic {nide, courte et suivie de réaction, est le meilleur moyen de mettre fin sans danger m inconvénient à une transpiration plus ou moins abondante ; qu'il est, au conluire, extrêmement dangereux d'attendre, comme on le fait trop souvent, pour piuidre une douche froide ou un bain froid, que le corps échauffé par l'exercice jusqu'à la sueur se soit refroidi et que la transpiration se soit arrêtée^ parce que b refroidissement à Vair n'est pas suivi de réaction, comme après une douche ou me application froide quelconque (affusion, immersion, etc.) faite suivant les ègles de la méthode scientifique. Pendant plus de vingt-cinq ans de pratique l'Établissement hydrothérapique de Bellevue, nous avons observé des centaines e malades soumis à des sudations plus ou moins prolongées et abondantes, suites de douches ou d'immersions froides courtes (une minute à une minute et emie), sans jamais voir survenir le moindre accident imputable à cette praique. 11 en est de la sueur provoquée par l'exercice comme de la sueur iirovouëe par le calorique ; on peut toujours l'arrêter sans inconvénient par une ppUcation froide quelconque, à la condition, bien entendu , que celte applicakm soit courte, méthodiquement faite et suivie d'une réaction convenable. Hais, i la sueur provoquée par un exercice violent s'accompagne d'accélération des
mouvements respiratoires et des mouvements du pouls, il est prudent d*atiendre avant de se placer sous la douche froide que la rt*spiralion et la circulation soient revenues à Télat normal.
Louis Fleury a signalé et nous avons observé avec lui, à Bellevue, chez certains sujets, un phénomène qui, sans avoir de gravité, ne laisse pas d'efirajer les malades et de préoccuper le médecin, lorsqu*il Tobserve pour la première fois. Il s*agit d*une douleur plus ou moins violente qui se manifeste tout à coap, tantôt au début, tantôt pendant le cours du traitement, qui apparaît soit pendant, soit immédiatement après la douche, et qui a pour siège soit la r^OD frontale, soit la région occipitale, plus rarement le sommet de la tète oa li totalité de la voûte crânienne. Cette douleur se fait sentir parfois avec une intensité telle que les malades, frappés de terreur, se croient menacés d*iiDe congestion cérébrale ou d'une attaque d*apopleiie. En général, elle se calme an bout de peu de temps, mais parfois elle persiste pendant plusieurs heures, voire pendant toute une journée ; chez certains malades elle disparaît définitivement au bout de .quelques jours; chez d*anti*es elle dure pendant deux ou trois semaines, se reproduisant d*une manière iutermittente après chaque douche.
Louis Fleury, ayant remarqué que cette douleur se montre surtout chez des sujets anémiques, attribue ce phénomène à « l'excitation brusque imprimée à la circulation encéphalique et au choc que reçoit l'encéphale, habitué à la ciroDlation lente et faible d'un sang appauvri i : ce serait donc, à son avis, on pbjnomène de congestion ; il conseille de le combattre par une lotion froide pratiquée sur la tête avant la douche et, si cette précaution ne suffit pas, de supprimer la douche en pluie et de ne donner que la douche en jet très-courte, en commençant par les extrémités inférieures et ne dépassant pas la ceinture.
Nous pensons, contrairement à l'opinion de I/)uis Fleury, qu'il s*agit là non d'un phénomène de congestion, mais plutôt d'anémie cérébrale, produit par action réflexe, et résultant de la contraction des petits vaisseaux encéphaliques, sous rinfluence de la douche froide. Nous sommes porté à admettre cette canse pour plusieurs raisons :
i^ Si la théorie de Louis Fleury était vraie, ce serait, ce semble, toujours au .' début du traitement que le phénomène devrait se montrer, car c'est à ee | moment que le malade « depuis longtemps plongé dans une profonde anémie i i est le mieux disposé à ressentir « l'excitation brusque imprimée à la circulation j encéphalique et le choc de l'encéphale habitué à la circulation lente et iaiUe :j d'un sang appauvri ». Or ce n'est pas toujours au début, mais plusieurs fois an i^ bout de quinze jours ou trois semaines de traitement que nous avous vo se | produire les premières et subites manifestations de cet accident; 2* chez les ^ malades qui présentent ce phénomène, on observe non pas la congestion et la rougeur, mais plutôt la pâleur de la face et des muqueuses extérieures ; 3^ la suppression de la douche en pluie et l'emploi seul de la douche en jet limitJB aux parties inférieures du corps ne suffisent pas pour faire cesser le phénomène, et nous avons vu la douleur se montrer, chez certains malades, tantôt aooi l'action de la douche en jet froid exclusivement dirigée sur la plante des piedi, tantôt sous l'influence d'un bain de pieds froid à eau courante prescrit, avaiA la douche, dans le but de prévenir cet accident ; i^ la douche chaude ou mitigfe ne produit jamais ce phénomène et le fait cesser, au contraire, quand il exbte; 5° le dédubitus horizontal nous a toujours paru diminuer l'intensité de la douleur.
La fobstitution de la douche mitigée à la douche froide pendant un laps de mps qui Ttrie suivant les dispositions individuelles nous semble donc le ôlleur moyen de combattre le phénomène dont il s*agit. Les appels à In itieoce et à la résignation que Louis Fleury, en désespoir de cause, croit devoir tresser aux malades, pourraient bien, malgré la grande autorité du maître, ne is élre entendus par les intéressés ni être acceptés par eux comme le dernier ot de la thérapeutique contre un accident peu grave sans doute et en somme usager, mais parfois extrêmement pénible et douloureux.
0 est d'autres malades chez lesquels une grande susceptibilité nerveuse ou m un état pathologique du cœur ou des poumons occasionnent sous Taclioii s k douche une suflocation très-violente et très-pénible à supporter. Il coneoly dans ce cas, d*babituer les malades à l'impression de Teau froide pai* A lotions pratiquées, dans les premiers temps, avec de Teau mitigée dont on laisse graduellement la température ; puis, après cette sorte d'acclimatement néalabie, on reprend les douches que l'on fait précéder ciiaque fois de fricnos pratiquées sur la poitrine et le dos, avec les mains trempées à plusieurs frises dans l'eau froide.
D arrive souvent, au début de la médication, que les malades accusent un aMiment de courbature générale, de lassitude accompagnée d'une excitation onense se traduisant, la nuit, par de l'agitation et de l'insomnie. On se trouve iaa alors do remplacer la douche en pluie et en «jet par la douche en lame on aéfmtail alternant avec l'immersion dans la piscine prise do préférence une eve environ avant le repas du soir, ou bien encore avec l'enveloppement dans ■ drap mouillé, accompagné de frictions, le soir, au moment de se mettre
D sera parfois utile, au début du traitement, lorsqu'on a lieu de supposer ail occasionne trop d'agitation et de fatigue, de réduire celui-ci à une seule ppBcation faite soit le matin, soit le soir, suivant le cas, au lieu des deuv ■ehes réglementaires eu usage dans la plupart des établissements hydrothéfiqnes de créaticm française. En un mot, Tobscrvation attentive des malades irexpérienoe acquise indiqueront à la sagacité du médecin les diverses modiflMkms dont est susceptible la médication hydrothérapique conduite suivant SI errements d'une méthode véritablement scientifique.
La douche verticale en lamei concentriques n'offre pas un procédé opéra- Étt qui diflere de celui de la douche verticale en pluie.
la douche en lame horizontale, ou col de cygne^ exige que le patient pré- ■le saccessivemeut à l'ondée les diverses parties du corps, particulièrement lias et la poitrine; en même temps qu'il se livrera à ces évolutions, le sujit bu pratiquer avec les mains des frictions répétées sur le tronc et les membres.
b douche en cercles^ dite encore improprement douche en poussière, dénoqni pourrait la faire confondre avec les procédés de pulvérisation, se comme il a été dit plus haut, à propos de la description de l'appareil. tee douche doit être généralement courte, car elle est plus excitante que les haches en plaie et en jet. On recommande au patient de se placer de manière ilUDer le dos à Topérateur pendant la première moitié de la durée de la hadie, pais de se présenter de face pendant la seconde moitié, afin, d*une jVt, qne toate la surface du corps reçoive ainsi également l'action des jets de ifaîde et, d'antre part, que l'opérateur puisse, à l'examen du visage, juger du aoment oik il sera le plus opportun d'arrêter la douche.
Douches locales. « Il n*est pas une seule partie du corps, dit Louis Fleury, qui ne puisse être douchée, grâce aux appareils variés et aux douches graduées de rhydrothérapie rationnelle ». Notre illustre maître revendique avec juste raison le mérite d'avoir le premier introduit dans la science et dans la pratique ce principe devenu aujourd'hui de la monnaie courante, laquelle, à force de courir, a fini même par user et perdre son effigie. C'est donc pour nous un devoir de restituer à Fleury son bien et de reconnaître que, le premier, rompant avec les idées erronées et l'empirisme systématique de Priessnitz et de ses adeptes, il a montré que Ton pouvait non-seulement sans inconvénient, mais avec avantage, doucher la tête, les paupières, la face, le cou, les seins, le foie, la rate, Thypogastre, les testicules, etc. Il a même créé diverses espèces de douches locales auxquelles il a imposé des dénominations particulières tirées des noms des organes ou des parties du corps sur lesquelles elles sont dirigée : douches céphaliques^ hépatiques, spléniques^ hypogcutriques, utérines, vaginaleSf périnéalesy rectales. La plupart de ces dénominations méritent d'être conservées, soit que ces distinctions répondent à une véritable spécialisation des douches, en vue de leur adaptation à la disposition des parties auxquelles elles sont destinées, comme les douches utérines, vaginales, périnéala, rectales, soit que, comme les douches hépatiques^ spléniques^ hypogoitriques, elles soient, en^vertu de l'importance de leur rôle thérapeutique, vraiment dignes d'être élevées au rang d'espèces. Nous croyons devoir renvoyer les détails dans lesquels nous nous proposons d'entrer relativement au mode d'administration des douches locales au paragraphe dans lequel nous traiterons à la fois de leur action physiologique et des effets thérapeutiques qui en découlent.
Avant d'aborder l'étude si intéressante de l'action physiologique et des elTeU thérapeutiques des douches soit générales, soit locales, nous devons dire quelques mots d'une question très-importante qui se rattache essentiellement à leur mode (Inapplication, bien qu'elle en paraisse, de prime aboi*d, absolument distincte: nous voulons parler du rôle et de l'intervention du médecin dans la direction dn traitement hydrothérapique en général et, en particulier, dans l'application des douches. Cette question est cellen^i : Le médecin doit^il intervenir directemenl, de sa personne, dans les applications du traitement hydrothérapique?
La solution de cette question est depuis longtemps donnée et acceptée sans zonteste en ce qui concerne les malades du sexe masculin, mais il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit des femmes, et cela pour plusieurs raisons qu'il est inutile d'exposer et que tout le monde comprend.
Avec Louis Fleury, nous pensons que l'intervention directe du médecin est indispensable lorsqu'il s'agit de femmes atteintes de maladies graves, très^blies, réduites au minimum de réaction vitale ; mais il en est d'autres que Ton peut sans danger et avec efficacité confier à une doucheuse, à la condition qœ celle-ci soit intelligente, expérimentée et accoutumée à remplir avec exactitude et fidélité les indications qui lui sont données 4)ar le médecin. Dans cette catégorie se rangent les femmes anémiques, chiorotiques, gastralgiques, névropathiques, rhumatisantes, etc., dont l'état général est relativement bon. Mais il faut bien prendre garde qu'une pareille doucheuse est difficile à trouver et a consenrer. Le médecin qui n'aura pu mettre la main sur cet oiseau rare se trouvera placé dans l'alternative ou de doucher lui-même toutes les fenones malades qui viennent i*éclainer le bénéfice de la médication, ou de dédiner
absolument la reqpoiisabilitë d*un Iraitement dont il ne peut avoir la libre et entière direction.
Pins encore que les bommes en effet, les femmes, surtout les femmes névro palhiqnes» en vertu de leur extrême impressionnabihtë, de la mobilité de leur imagination qui les pousse comme sur une pente naturelle aux exagérations et aux abus, ont besoin d*une direction éclairée, prudente et ferme, qui les empêche de commettre des écarts, des imprudences non moins préjudiciables à leur santé qu'aux intérêts de la méthode thérapeutique que Ton ne manquera pas de rendre responsable des conséquences fôcheuses d'une mauvaise application.
• 3^ Effets physiologiques. Us varient suivant : i*' la température de l'eau ;
i* sa force de pression et de projection ; 3^ la durée de Tapplication ; A^ la nature on la forme de la douche (en pluie, en jet, en nappe, en poussière, etc.)-
Nous avons déjà exposé (voy. les mots Affusions, Bains, Lotions) en quoi consistent les effets primitifs et consécutifs des applications extérieures de l'eau froide ; nous devons nous borner ici à indiquer ce que présentent de particulier ces mêmes applications sous forme de douches.
Il est évident que les effets dépendant de la température du liquide seront les mêmes dans les diverses applications extérieures de l'eau froide ; sensation de froid plus ou moins intense, suffocation plus ou moins violente, pouvant aller jusqu'au frisson, au tremblement des membres et au claquement des dents, etc., refoulement du sang de la périphérie au centre, pâleur de la peau, décoloration des muqueuses extérieures ; consécutivement à Ci'S phénomènes initiaux, cessation de la sensation de froid, retour de la chaleur normale plus ou moins vive de la peau, accélération des circulations locales, accroissement de l'énergie musculaire, stimulation de l'innervation générale et locale, sentiment de bienêtre, de force, d'activité physique et intellectuelle, tous phénomènes dont l'enlemble a été désigné sous le nom de réaction.
Nous avons donné la théorie de ces phénomènes que nous avons attribués à ime action réflexe ayant son point de départ dans l'excitation des nerfs cutanés par le contact de l'eau froide ; cette excitation se réfléchit sur les centres vasonoteurs et provoque la contraction des petits vaisseaux non-seulement de la peau, mais encore d*un certain nombre d'autres organes ou appareils. De cette conftmclion résultent des conséquences relatives à la pression du sang dans le ijttème vasculaire, aux mouvements du cœur et du pouls, à la respiration, à la température animale, etc.
Nous devons entrer ici dans quelques détails et exposer avec soin les résultats ies expériences entreprises pour déterminer l'influence des douches et, en gâléral, des applications extérieures d*eau froide, sur la circulalion, la respiralioQ et la température du corps.
Les résultats de ces expériences ne sont pas tous concordants, attendu que les observateurs ne se sont point placés dans les mêmes conditions de durée de Tqiplication, de température et de pression du liquide.
Flenrj constate après une immersion ou une douche générale de vingt-cinq mnmtes à une hem'e de durée (?), dans de l'eau à la température de 10 à 14 degrés centigrades, un abaissement de la température générale (4 degrés), leoompagnée d'une diminution dans la fréquence du pouls de 6 à 9 pulsations par minute, sans modification appréciable de la respiration ( Traité d^hydro^ ^kérapie^ p. 143, 3« édition).
Nous ne pouvons nous empêcher de signaler ici une erreur évidente, ccliappà; à Fleury ou à son éditeur, relalivemenl au chiflre de la durée de la doacbe (▼ingt-cinq minutes), dans Texpérience à laquelle nous venons de faire allusion; c'est cinq minutes sans aucun doute qu'il l'aut lire, car un peu plus loio, page 144, Fleui^ dit textuellement : « Nous n*avons pas pu prolonger Texpérience au d^là de cinq minutes pour la douche, de vingt-cinq minutes à uœ heure pour l'immersion ». Il nous est difficile, malgré le texte formel du passage que nous rapportons, d'admettre que Fleury ait pu rester une heure dans un bain de 10 à 14 degrés centigrades; vingt-cinq minutes» c'est déjà beaucoup.
Quoi qu'il en soit relativement à la durée du bain ou immersion, nous devons faire remarquer, pour ce qui regarde la douche, qu'une douche en pluie de cinq minutes avec de l'eau à 10-14 degrés centigrades sort du cadre habituel des applications hydrothérapiques, les douches générales administrées à des malades ne devant guère dépasser, suivant les préceptes posés par Fleury, une durée de trente secondes à une minute, et la douche en pluie, en particulier, ne devant pas se prolonger au delà de dix à quinze secondes.
Dans ces conditions, c'est-à-dire avec des douches de quinze secondes à une minute de durée, quelles sont les modifications imprimées à la circulation générale, à la respiration, à la calorification ? C'est ce qui n'a pas été suffisamment expérimenté par les observateurs, en particulier par Fleury, qui se bonie à dire d'une manière générale, sans expérience précise à l'appui : « La température animale abaissée d'environ ^ degrés par la douche l'evient rapidement i son chiffre physiologique, et le dépasse de quelques dixièmes de degrés, w maximum de 1 degré; le pouls s'accélère de 2 ou 4 pulsations.
D'après Winternitz (de Vienne), sous l'influ^ce d'une douche froide, le pouls présente d'abord une légère accélération, de 5 à 6 pulsations par minute, puis presque aussitôt le pouls revient à la normale et subit une diminution de 6 pulsations qui persiste pendant un certain temps, liicliter, Pleniger, ont observé sous la douche froide une diminution de 15 pulsations, en moyenne, dans le nombre des battements du pouls, corrélativement à une augmentation de 6 inspirations par minute.
Bence Joues et Dickinson, expérimentant sur des sujets soumis à une doudie en pluie de 18 à 20 degrés, prolongée pendant dix, quinze et vingt minutes, ont constaté une diminution de 50 pulsations par minute dans le nombre des battements du pouls, lequel est devenu faible, irrégulier, imperceptible. Ca expérimentateurs ont produit ainsi, par la longue durée de Tapplicatiou, malgré une température relativement élevée de l'eau (18 à 20 degrés centigrades), une sédation excessive, une véritable sidération du système nerveux pouvant se terminer par la syncope.
M. Paul Delmas (de Bordeaux), se plaçant dans les conditions des applic»lions habituelles de l'hydrothérapie^ a observé qu'après uue douche froide très-courte, de trente secondes à une minute, il se produisait consUtmment une diminution de la tension et de la vitesse du pouls, ainsi qu'un abaissement^ la température générale. Cet effet se produisait et persistait, chez l'individu en expérience, malgré un exercice musculaire et une marche plus ou moins prolongée. Comme le sujet a parfaitement signalé la sensation de chaleur, de réaction après la douche, il est de toute évidence, ajoute M. Delmas, qu'à ce mot de réaction ne peut être attaché le sens d* excitation dans la tension et surtout dans la vitesse du pouls. En effet, ces deux phénomènes vont en diminuant
coastaiDment après la douche, et la tempërature du corps, après quelques oscillations ascensionnelles dans le cours de rexpérience, baisse également. D'oà cette conclusion que : « Tinterprëtation du mot réaction en hydrothérapie, admise jusqu'à ce jour, est à modifier, i
Liebenncisler établit que chez un sujet sain Faction peu prolongée de l'eau froide ne détermine aucun abaissement de la température dii corps, que souvent même on observe une légère élévation. Le bain de rivière ne fait pas baisser la température du corps, souvent même il la fait monter. Après le bain la température intérieure s'abaisse un peu au moment même où, la peau se réchauffant, il se produit c une agréable sensation de chaleur ». Il y a là une réaction, comme après la douche. Les vaisseaux de la peau se dilatant, la circulation superficielle étant plus abondante, il se fait une déperdition de calorique qui peut se traduire par un léger abaissement de la chaleur centrale.
Ainsi qu'il est facile de le voir par ce qui précède, les auteurs sont loin d'être d'accord touchant les effets des douches froides sur la circulation et la calori- Gcation, déduits de l'observation attentive des phénomènes, soit que les expérimentateurs, ce qui est le cas, ne se soient pas placés dans les mêmes conditions expërimentaleSy soit que la constatation des phénomènes comporte des causes d^erreur qu'il est impossible d'éliminer dans Tétat actuel encore très-imparfait de nos connaissances sur ce difûcile sujet.
Ce serait donc être dupe d'une illusion que de croire que d'ores et déjà l'hydrothërapie puisse être considérée comme complètement dégagée des langes de Tempirisme et digne à tous égards d»> cette belle qualification de méthode scientifique et rationnelle que lui a donnée Louis Fleury. Comme la science médicale elle-même, elle s'avance dans une route encore bien obscure, éclairée seulement de loin en loin de lueurs crépusculaires. Louis Fleury le reconnaît implicitement lonque, après avoir exposé avec soin les résultats des recherches expérimentales qu'il a faites lui-même, ou qui ont été faites par d'autres, frappé des incertitudes, des contradictions et, en somme, de la médiocre importance de ces résultais, et a'oaant, eu quelque sorte, s'avouer à lui-même l'impuissance de la science à expliquer les effets thérapeutiques des applications extérieures de l'eau froide, il s'écrie : fl On se tromperait étrangement, si l'on croyait que le thermomètre, que l'obsenration des phénomènes physiques, peuvent ici rendre un compte satis&i- Mnt des modifications importantes, si remar(|uablcs, qui surviennent dans les principales fonctions de l'économie. » f La température animale, abaissée d'environ 2 degrés par la douche, revient rapidement à son chiffre physiologique et le dépasse de quelques dixièmes de degré, au maximum de 1 degré; le pouls s*âcoélère de 2 ou 4 pulsations.
f La peau se colore plus ou moins, et présente, dans toute son étendue, quand la réaction est énergique, un rouge vif; elle est le siège d*une sensation de chaleur très-prononcée, de telle sorte que, si la douche est bien administrée, en rapport avec la puissance de réaction du sujet, jamais l'application froide n'est suivie de chair de poule, de frissons, d'une sensation de froid. Les sujets a*ont pour s'essuyer que du lin;;e froid, ils sont exposés à une atmosphère peu élerée, à l'air extérieur, à des courants d'air, et ils n'éprouvent aucune des sensations pénibles que, malgré la réunion des circonstances opposées et toutes
les précautions imaginables, on ressent constamment au sortir d'un bain chaud. 1 La respiration est large, facile, Tindividu se sent fort, dispos, agile, et la
sensation de la faim ne tarde pas à se faire sentir.
« Voilà tout^ et cependant, sous Tinfluence souvent renouvelée et Umgtempt continuée de ces phénomènes si insignifiants en apparence, on Yoii se produire les changements, les transformations les plus extraordinaires dans le tempénn ment, la composition du sang, les fonctions de circulation, de respiration, de digestion, ^le nutrition, d*absorption, d*innervation ! »
Les douches générales froides, comme toutes les autres applications de la médication hydrothérapique stimulante ou excitante, ont pour but et pour condition de leur efficacité la réaction. Les éléments de cette réaction sont : 1<» la basse température du liquide; 2° sa force de projection ou de percussion; 5<* la courte durée de l'application ; 4° la forme de la douche; 5* la température du sujet au moment de la douche; 6® la température extérieure; 7® enfin el surtout la puissance réactionnelle de Tindividu.
Plus l'eau est à une température basse, plus la pression est forte (dans certaines limites, bien entendu), plus Tapplication est courte, plus Teau est divisée, toutes choses égales d'ailleurs, et plus la réaction est prompte, facile et énergique.
L'observation et l'expérience ont montré que la température la plus convenable est celle comprise entre 8 et 12 degrés centigrades; lorsque l'eau est ï une température plus basse, elle irrite la peau, la gerce, finit par déterminer une douleur insupportable qui ne permet pas de continuer le traitement; si la température de la douche s'élève au-dessus de 12 à 14 degrés centigrades, le mouvement de la réaction devient d'autant plus faible que le degré de la température est plus élevé, et il arrive un point où la réaction no peut plas se produire. Delà l'impossibilité de faire un traitement hydrothérapique convenable, l'été, avec de l'eau de rivière ou de l'eau de mer, la température de ces eiux s'élevant à 1 8 et 20 degrés en cette saison.
La force de projection ou de percussion de la douche, deuxième élément de la réaction, dépend de la pression exercée à la surface du liquide, ou de la hauteur du réservoir qui alimente la douche. Cette hauteur, avons-nous dit, doit être de 10 à 15 mètres. La percussion ne doit être ni trop forte, auquel cas elle deviendrait douloureuse et contusionnerait les parties, ni trop faible, auquel cas elle ne provoquerait qu'une réaction insuifisante. C'est au médecin à gradua* cette force d'après les indications physiologiques et pathologiques fournies par chaque malade.
La durée de la douche générale est un des éléments les plus importants de la réaction ; cette durée doit élre courte et osciller entre dix secondes et une minute, moyenne qu'il faut très-rarement dépasser; plus l'eau est froide, plos la douche doit être courte ; mais, si la température de l'eau est plus élevée que la moyenne précédemment indiquée, il ne faut pas croire que la durée de l'application pourra compenser, au point de vue de la réaction, le déficit de la température; au contraire, plus l'application sera prolongée, avec de l'eau i température trop élevée, plus la réaction sera faible et iusuftisante.
L'état de division moléculaire de l'eau de la douche est un quatrième éléfneut de la réaction. Plus l'eau est divisée, à égalité de température et de pression, plus la réaction est énergique ; c'est pourquoi la douche en cerclée constitue k type des modes d'application de la médication excitante. Après elle vienneotr classées par ordre d'énergie stimulante, la douche en pluie^ la douche mobiU en jet, la douche en lames et enfin la douche en éventail. Le mouvement de la réaction est encore influencé par l'état de la tempéralore
la corps du sujet au moment de la douche» et par Tétat de la température itmosphérique.
Nous avons dit que la réaction était plus prompte, plus facile, plus énergique, orsque la température du corps du sujet était élevée par un exercice préliminaire ; ,1 ne faut pas que le malade ait froid, au moment de prendre la douche, laquel cas le mouvement de concentration du sang, au premier contact de Teau hride, peut devenir trop considérable, s*accompagner de frisson plus ou moins nteosey de tremblement des membres, de claquement des dents, tandis que le nouvement de retour ou de réaction est plus faible, incomplet ou nul, en dépit le It marche la plus prolongée et de Texercice le plus violent.
La réaction est favorisée par les bonnes conditions de la température atmosphérique, c'est-à-dire par une température extérieure qui ne soit ni trop basse, ni trop élevée ; dans le premier cas, en effet, le malade, surtout s*il est faible, NI atteint d'une maladie qui l'empêche de marcher, éprouve plus de difticultés i développer par un exercice suffisant le mouvement de réaction spontanée produit par la douche; dans le second cas, la réaction est trop facile, trop Riperficielle, si l'on peut ainsi dire; elle n'est pas le produit d'un travail intime et profond, d'un effort de l'organisme. C'est pourquoi le traitement hydrothénpique est toujours plus efficace, au printemps et en automne, qu'en été et en hiver. Toutefois, il laut bien faire remarquer que, pour les maludes ingambes, la saison d'hiver est incomparablement plus favorable que celle d'été, et que, même pour les autres, elle est loin de présenter des difficultés insurmontables, ï la condition que les malades aient à leur disposition des promenoirs couverts, oa des salles de gymnastique convenablement chauffées où ils puissent faire kar réaction, lorsque le temps est trop mauvais.
Nous avons observé à Bellevue nombre de malades plus ou moins impotents, parmi lesquels des hémiplégiques, des ataxiques, nombre de femmes hystériques atteintes de paralysies nerveuses qui ont continué pendant l'hiver leur traitemut hydrothérapique sans se laisser arrêter un seul jour, même par les temps la pins rigoureux, et qui ont retiré de la médication faite dans de pareilles eooditions les meilleurs résultats. Un hémiplégique demeurant à la station de ftfres, distante de 3 kilomètres environ de l'établissement liydrotliérapique de Mlevne, venait à pied pour prendre sa douche et s'en retournait de même, afris l'avoir prise. Pendant tout un hiver, il n'a pas manqué un seul jour d'accomplir ce trajet, quelle que fût la rigueur du temps, qu'il fit du vent, de ta plnie ou de la neige, et alors même que le thermomètre était descendu à pbûiears degrés au-dessous de zéro.
Enfin la réaction dépend surtout des conditions individuelles, soit physiobgiqaes, soit pathologiques, du sujet. La puissance réactionnelle de chacun de U malades doit être, pour le médecin, l'objet d'une étude très-attentive, Qrtout an début du traitement, car c'est d'une juste appréciation de cette ptitnde à la réaction que dépendront et la bonne direction, et les bons effets de I médication. Généralement au bout de quelques douches» de quelques jours u plaSy on est fixé sur l'aptitude ou la force réactionnelle de chacun ; mais il Qporte de marcher avec circons{)ection et en tâtonnant, pour ainsi dire; il faut ommenoer par des douches de quelques secondes, en augmentant graduelle leni on en restant dans le statu quOf suivant les effets observés, en se rappelant, mime l'a dit excellemment Louis Fleury, qu'une douche trop courte est toujours Kiotfensive, tandis qu'une douche trop longue est toujours dangereuse. 11 suffit.
en effet, comme nous l'avons montré plus haut par Texempie d'un de nos malades, de quelques secondes de plus ou de moins dans la durée de la douche pour en changer complètement les effets, les rendre tantôt stimulants et tonique», tantôt dépressifs et hyposthënisants.
A^ Applications théiupeltiquës. On peut diviser en deux catégories les applications extérieures de Feau froide ou chaude, suivant que Ton recherche ses eilets excitants ou hypersthénisants, ou au contraire ses effets hypostbénisants ou sédatifs. On a constitué ainsi deux grandes médications basées sur les propriétés opposées que possède ce même agent selon les conditions diverses et contraires de sa température et de son mode d'application à Torganisme : ces deux grandes médications sont la médication sédative ou hyposthénisante et la médication excitatrice ou hypersthcnisantc.
Nous exposerons en détail à Tarticle Utorothéràpie les faits d'observation et d'expérience sur lesquels repose ce dualisme ohysiologique et thérapeutique, et nous montrerons qu'à certains égards on peut dire, en parlant des effets de Teau, que les extrêmes se touchent, c'est-à-dire que les elfets de l'eau trèichaude sont semblables à ceux de l'eau très-froide, du moins en ce qui concerne l'action excitante directe de ces modiflcateurs sur la peau, lorsqu'ils sont employés sous forme d'applications de très-courte durée ; mais ici il ne doit être question pour le moment que de l'action excitante de l'eau froide et de ses applications lhéi*apeutiques.
Les douches froides, comme nous l'avons dit, constituent le mode d'applieation par excellence dont dispose l'hydrothérapie lorsqu'il s'agit de provoquer celte stimulation générale de l'organisme, ce mouvement de réaction auquel la méthode est redevable de ses plus remarquables effets dans le traitement d'un grand nombre de maladies.
De cette action excitante générale, primitive, découlent des effets secondaires : révulsifs, dérivatifs, résolutifs, toniques, reconstituants, etc., qui permettent de se rendre compte du mécanisme à l'aide duquel s'obtient la guérison o* l'amélioration des états morbides les plus nombreux et les plus variés.
Hémorrhagies. On explique par l'action révulsive s'exerçant sur les pirties supérieures du corps, à l'aide de la douche en pluie et en jet, Tarrèt de oe^ taines hémorrhagies utérines, ménorrhagies ou métrorrhagies, non liées à des altérations organiques, telles que les corps iibreux, les polypes, les cancers, etc., et dépendant, par exemple, d*un état de congestion de Torgane. En congestioanant les pnrties supérieures du corps, on décongestionne l'utérus et l'on dimioiK ou l'on arrête ainsi Técoulement du sang dû à la surcliarge des vaisseaux itôias, comme le feraient, par exemple, des ventouses sèches appliquées sur la peiu de la région thoracique. Pour obtenir ce résultat, il faut que la douche soit tièifi'oide, forte et courte. On peut, par ce moyen, non-seulement arrêter ks métrorrhagies essentielles, mais encore améliorer momentanément l'état des malades atteintes d'affections organiques incurables.
On l'obtient également par un mécanisme différent, c'est4-dire par ressenement vasculaire déterminé, à distance, au moyen d'une action réflexe profoqa^ par l'application sur la plante des pieds d'une douche très-froide dont raotioi excitante est accrue grâce à la division de l'eau eu un grand nombre de petits jets qui viennent frapper avec force la surface plantaire (bain de pieds iioid à eau courante). L'application doit être très-courte et l'eau très-froide;
m la renouvelle au bout de deux ou trois heures, si rhémorrhagie reparaît.
H. le docteur Gallard dit s'être bien trouvé, dans les cas de métrite hémor- -hagique, des bains de siège froids, à courant continu, prolonges pendant un emps qui varie de trois ou quatre minutes à douze ou quinze minutes, suivant a susceptibilité particulière de chaque malade; il leur attribue la faculté d*agir MMi-seutement comme hémostatiques, pour arrêter i'hémorrhagie. mais en nême temps conuue antiphlogistiques, pour dissiper rinflammation.
U y aurait avantage, suivant nous, à combiner ensemble la douche locale [oi produit le resserrement des vaisseaux utérins par action réflexe et la douche fénërale qui décongestionne Tutérus par action révulsive, en même temps pi'elle exerce sur l'ensemble de l'organisme, sur les fonctions de circulation, [innervation, de nutrition et d'assimilation, une influence favorable en vertu le laquelle on voit disparaître l'appauvrissement du sang, cause fréquente des Anorrfaagies.
Conge$tUms sanguines chroniques. C'est dans le traitement de celte catégorie si nombreuse d'états morbides que les douches froides, soit générales, loit locales, trouvent l'indication de leurs applications les plus importantes et les plus efficaces.
CcKnme les hémorrhagies, les congestions sanguines chroniques sont très- Hmvent le résultat d'un état d'affaiblissement de l'organisme, entraînant l'atonie ks vaisseaux et leur dilatation consécutive. On les combat de même avec succès par la combinaison des douches générales toniques et reconstituantes avec les dboches locales qui, d'une part, provoquent la constriction réflexe des vaisseaux de Forgane qui est le siège de la congestion, et d'autre part, la dilatation des oipillaires de la région de la peau sur laquelle a potré l'excitation révulsive, ibsi la congestion céphalique est traitée avec avantage par une forte douche m colonne dirigée sur les extrémités inférieures, ou bien encore par le bain de pieds froid à eau courante, qui a pour effet de resserrer par action réflexe les fMWcanx de l'encéphale et de dilater par action révulsive ou dérivatrice les apillairês cutanés.
Cest à Fleury que revient sans conteste l'honneur d'avoir montré tout le pvti que Ton pouvait tirer des douches locales froides pour résoudre les engorpnents chroniques du foie, de la rate et de l'utérus. Il a dit voir, en partixEer, que la douche en jet de courte durée, dirigée sur les régions liépatique t rplénîque, provoquait instantanément une diminution plus ou moins marquée h volume du foie ou de la rate, appréciable à la percussion après chaque bnehe, et amenait ainsi, au bout d'un certain temps, par le retrait progressif le ee volume, le retour de ces organes à leur état normal. Les mêmes effets lenvent être obtenus concurremment par les bains de siège à eau courante de onrte durée, ou mieux encore par les bains de cercles. Les douches locales hépatiques^ spléniques^ hypogastriques, constituent certaisment Tun des moyens les plus puissants du traitement des congestions sanguisi chroniques du foie, de la rate et de l'utérus, à la condition que leur applica- » soit méthodiquement graduée et adaptée, pour la force et la durée, à la mibilitë de l'organe malade et à la puissance réactionnelle du sujet. I^s mêmes ojens, sous les mêmes conditions, s'appliquent également au traitement des Dgestions chroniques des poumons et du cœur, des reins, des ovaires, de la ostâte, etc. Lorsque l'organe est trop irritable pour supporter la percussion recte de la douche, il conrient de diriger l'application dans le voisinage seule-
ment de la partie souffrante (action révulsive), ou dans une partie plus ou moins éloignée (action dérivative), cette application ne devant, en aucun cas, provoquer de la douleur.
Phlegmaaies. Les douches générales révulsives ont été employées avec succès dans le traitement abortif de certaines phlegmasies aiguës et dans le traitement des phlegmasies chroniques. Il est possible de faire avorter à leur début les bronchites, les laryngites, les angines, en faisant précéder Tapplication de la douche froide d*une transpiration dans Fétuve sèche ou humide portée rapidement à une haute température (45 à 50 degrés centigrades). Le séjour dans Tétuve sera de courte durée (vingt à trente minutes), et le malade bien enveloppé dans des couvertures de laine passera immédiatement de la salle de sudation à la salle des douches pour y recevoir la douche en pluie qui doit mettre fin à la transpiration, et dont l'action excitante sur la peau, s'aocentuant par le contraste des températures, augmentera notablement l'efTet révubifit l'étuve.
Névralgies^ rhumatismes. Le même ti*aitement s'applique aux néyrtlgies et aux douleurs rhumatismales, affections qui, comme les précédentes, appartiennent à la catégorie des maladies à frigore.
Fièvres intermittentes. La thérapeutique doit encore à Louis Fleury l'une des applications les plus heureuses, les plus brillantes et l'on peut dire les plus imprévues des douches froides : nous voulons parler du traitement des fièvres intermittentes par cette médication véritablement héroïque. 11 nous a été donné de voir ï l'établissement hydrothérapique de Bellevue un grand nombre de malades dont nous avons publié les observations dans le Traité d* hydrothérapie deL. Flenry, et qui ont été guéris par l'application méthodique des douches froides de fièvres intermittentes récentes ou anciennes, rebelles pour la plupart à toutes les antres médications, particulièrement au quinquina, au sulfate de quinine, à Tarsenic, etc. Bon nombre de ces malades, ayant contracté leur fièvre en Afrique, étaient tombés dans un état de dyspepsie et de cachexie plus ou moins profonde, avec augmentation considérable du volume du foie et de la rate. Sous TmOuence des douches générales toniques et reconstituantes, combinées avec des douches locales révulsives dirigées sur le foie et la rate, nous avons vu les accès di^ raitre au bout de peu de temps, parfois même dès les premières douches, l'état général s'améliorer rapidement concurremment avec la diminution progressÎTe du volume des viscères hyperémiés, et la guérison complète et déûnitive s'opérer toujours en un espace de temps très-court comparativement à la longue dorée de la maladie contre laquelle la thérapeutique ordinaire s'était montrée absolument impuissante.
Les mêmes résultats ont été obtenus de la même manière par un grand nombre de médecins parmi lesquels Alfred^ Becquerel (1856), HH. Collin (de Billot), Chaumard (de Vendôme), Dauvergne (de Hanosque), Harmisse (de Bordeaux), Marfan (de Castelnaudary), etc., et nous-même, en se conformant aux préceptes de la méthode de L. Fleury.
Cette méthode, inspirée d'un passage du travail de Curric sur les elTets des affusions froides dans la fièvre, consiste à administrer la douche froide, une demi-heure ou une heure environ avant l'heure présumée de l'accès, lorsque la fièvre est réglée. On voit le plus ordinairement les accès de fièvre diminuer d'intensité et de durée, et il est bien rare qu'ils ne soient pas coupés d'une manière complète et définitive, après quelques douches; nous avons publié
DOUCHE. i47
1 observation d'un malade qui a ëlé délivré par une seule douche d'une fièvre palustre contractée à Caracas, dans le Venezuela, et qui persistait avec une opiniâtreté invincible depuis plusieurs mois.
Toutefois nous devons ajouter que, si le traitement hydrotliérapique est interrompu trop tôt, s'il n*est pas continué jusqu'après la disparition complète de la congestion splénique ou spléno-hépatique et le retour définitif de la rate et du foie à leur volume normal, la fièvre revient à peu près fatalement, entretenue qu'elle est par l'hyperémie viscérale.
Lorsque It fièvre intermittente n*a pas de ty|>e régulier, ou qu'elle a perdu par sa durée celui qu'elle avait à son début, le premier efîet des douches froides est de ramener la régularité des accès ; on peut, dès lors, appliquer le principe du traitement anti périodique, c'est-à-dire donner la douche une demiheure avant l'heure de l'accès et obtenir ainsi la cessation définitive de ces derniers plus sûrement que si on les avait cou|)és avec le sulfate de quinine. Fleurj croit pouvoir rendre compte de cette cessation des accès sous l'influence des douches froides par une sorte d'action antipériodique ou perturbatrice qu'il attribue à cet agent. C'est à notre avis une explication purement empirique qui donne raison du fait par le fait luÎHfnème. Il nous semble que l'on expliquerait plas rationnellement ces résultats en invoquant l'action stimulante primitive* meni produite par la douche froide sur l'ensemble du système nerveux, déterminant dans l'organisme une sorte de sédation tonique, si l'on peut ainsi dire, qui rétablit dans les grandes fonctions, particulièrement dans la fonction circulatoire, l'équilibre rompu par la maladie. L'action révulsive locale sur le foie et la rate combinée avec l'excitation générale de la digestion, de la nutrition, de l'assimilation, rend compte de la guérison de la maladie.
Chloroêey anémie^ cachexieit. Cette même stimulation nerveuse, circulatoire, (Hgestive, nutritive, assimilatrice, sécrétoire, etc., explique également l'heureuse influence aujourd'hui reconnue par la plupart des médecins sur ces états morbides si nombreux et si variés désignés sous le nom de clilorose, d'anémies, de cachexies, quelle que soit d'ailleurs la cause qui les a produits. Cette cause peut être une perturbation générale de l'organisme d'ordre [physiologique, si l'on peut ainsi dire, résultant soit de l'éveil ou de l'établissement d'une fonction nouvelle qui semble attirer (l'ovulation pour la jeune fille, la sécrétion sperma- Uqoe pour l'adolescent) sur un organe la plus grande partie de l'activité vitale aux dépens du reste de Téconomie; soit de la cessation de cette fonction arrivée i son déclin, comme dans la ménopause chez la femme parvenue à l'âge critique; cette cause peut être une maladie diatliésique, héréditaire ou ac(|uise, dont les Odanifestations entraînent pour l'organisme des troubles plus ou moins profonds, des souffrances plus ou moins vives : elle peut être encore une maladie com- ^nne passée à l'état chronique, une maladie organique en évolution, ou bien etffiyi la dyscrasie qui accompagne la convalescence d'une maladie quelconque dont la durée plus ou moins longue a plus ou moins altéré les forces. Quelle *Iue soit cette cause, l'indication thérapeutique est la même dans tous les cas, il >*agit de rendre à l'organisme les forces perdues, d'imprimer à l'activité circula- Urire et nutritive une activité nouvelle, soit pour amener la guérison, lorsque la ttialadie est curable, soit pour en atténuer les symptômes, soit pour en retarder, autant que faire se peut, l'issue fatale, si la maladie est au-dessus des ressources de Tart. C'est en vue de ré|)ondre à ces diverses indications que les douches ^i*oides ont été employées dans toutes les maladies caractérisées à uu degré
4i8 DOUCHE.
quelconque par raiïaiblissement des forces, rappauvrissemenl du sang et la dénutrition des tissus.
Ainsi les douches froides doivent être considérées comme le meilleur moyen de traitement de la chlorose de la puberté ou de V^ critique, concurremment avec les préparations de fer et de quinquina; des anémies et de$ cachexies goutteuse, rhumatismale, diabétique, syphilitique, etc., concurremment avec les médicaments ou les médications spéci6ques, Thygiène, le r^nie, etc. En même temps que leur action reconstituante générale, les douches froides admi* nistrées loco doUnti^ dans Tintenralle des attaques, exercent une action réfulsiie et résolutive sur les manifestations locales de ces diathèses : engorgements, tumeurs, exsudats plastiques, épanchements articulaires, dépôts librineux iuler stitiels, etc., etc.
Les douches froides sont indiquées dans les accidents secondaires et tertiaires de la syphilis, à titre de médication adjuvante, reconstituante et tonique, ooaune le fer, le quinquina, les eaux minérales suliureuses, etc., pour combattre h dyspepsie, l'anémie, la chloro-anémie, la cachexie, qui accompagnent habituellement la diathèse syphilitique.
Suivant M. Alfred Foumier, Thydrothérapie trouverait surtout son applicatioo comme auxiliaire du traitement de la syphilis cérébrale ; associée aux frictions mercurielles et à Tiodure de potassium, elle calmerait parfois d*une façoa extrêmement remarquable et rapide quelques-unes des manifestations des encéphalopathies syphilitiques : excitations, congestions, épilepsie. Il l'emploie sous forme de douche en pluie d'une demi-minute à une minute. Louis Fleur;, voyant dans Thydrolbérapie non-seulement une médication tonique et recoostituante, mais encore un moyen dépuratif capable d*aider à l'élimination an dehors, par la peau, du principe virulent, associait les sudations aux dooclies froides et faisait précéder celles-ci d'une transpiration plus ou moins prolongée dans Tétuve sèche. Héme en considérant comme douteuse cette prétendue action dépurative, on peut admettre, avec M. A. Foumier, que les douches combinées ou non avec la sudation exercent une action favorable sur certaines manifestations syphilitiques, en raodiûaut la circulatiou et la nutrition des organes qui en sont le siège.
Le docteur Lewin, médecin danois, attribue surtout à l'action excitante di l'eau froide sur les fonctions de la peau l'influence heureuse de rhydrothénpi6 sur les manifestations de la syphilis. 11 a remarqué que chex les syphilitiques soumis au traitement hydrothérapique, concurremment avec l'usage des frictioBS mercurielles, les phénomènes d'hydrargyrisme apparaissaient avec plus de rapidité que chez les malades auxquels on pratiquait les frictions mercurieiltt seules. Les douches froides constitueraient donc un moyen des plus prédeiix pour aider le traitement par le mcn^ure.
Suivant M. Levrin, il faudrait réserver l'emploi des douches froides et des baias froids aux seuls syphilitiques jeunes et robustes et s en abstenir chez les vieillards et chez les cachectiques. Nous comprenons difûcilement cette réserve, car, s'il j est un traitement capable de modifier favorablement l'état cachectique et de relever les forces, c'est l'hydrothérapie, à la condition toutefois que les applieitions soient faites méthodiquement et toujours proportionnellement à h puissance réactionnelle des sujets. On peut d'ailleurs, si le malade est trop faible, substituer à la douche froide, ou au bain froid, la douche écossaise, qai facilite la réaction et active les fonctions de la peau.
Dms la êcroftde, qui ifest que le résultat de rexagération du tempérament rmpbatique, les douches froides produisent les meilleurs effets, non-seulement u point de vue de Taction tonique et reconstituante, du relèyeroent des forces. b la stimulation des fonctions digestives, de l'activité de la circulation sanguine t lymphatique, de la nutrition et de l'assimilation, mais encore au point de ne de la résolution des altérations locales qui accompagnent cette diathèse, principalement des engorgements ganglionnaires et des lésions articulaires que 'oD a englobées sous le nom de tumeurs blanches. L'hydrothérapie constitue • iB excellent mode de traitement de cette affection, concurremment avec les aodificateurs hygiéniques : l'air, le soleil, le séjour maritime, les bains de oer, l'usage des eaux minérales dilorurées et sodiqnes, enfin les modificaeurs pharmaceutiques, tels que les préparations iodées, l'huile de foie de moue, etc. Il nous parait inutile de faire remarquer encore une fois que les applialioDS excitantes résolutives locales devront céder la place aux applications iédatives toutes les fois que des symptômes d'irritation inflammatoire se manifoserout du côté des tumeurs glandulaires et articulaires, douleur, rougeur, etc.
Tuberculose pulmonaire. Suivant Louis Fleury, les douches froides d'une hurée de dix secondes à une minute exercent sur les phthisiques une action œale qui piévient, ralentit ou interrompt le travail de ramollissement des obercules pulmonaires ; diminue ou supprime même complètement la sécrétion Iflt cavernes, la toux et l'expectoration, diminue ou fait cesser complètement l€t hémoptysies ; elles exercent en même temps une action générale qui irévient, diminue ou supprime la diarrhée, les sueurs, la fièvre symptomatique M hectique, maintient, améliore ou rétablit l'exercice des fonctions de digestion et d'assimilation. 11 explique ces efTets si favorables par l'action révulsive et mooatituante des applications extérieures d'eau froide.
C'est dans la forme chronique de la phlhisie pulmonaire que le traitement liydiotbénipique offre le plus de chances de réussite. Nous avons publié dans roQTrage de Fleury deux observations de malades atteints de tuberculose au Meond degré dont la guérison a été obtenue après deux ou trois mois de ce tnitement, mais nous devons dire, par contre, que nous avons vu la médication demeurer absolument impuissante entre les mains de Fleury, même dans des CM ob la maladie n'était qu'à son début. U nous parait donc très-difficile de péfoir d'avance dans un cas donné si le succès est ou non probable. D'ailleurs, éns certains cas, le diagnostic se trouve entouré de telles difficultés qu'il n'est gvère possible, lorsque le malade guérit, d'afîBrmer si l'on a eu affaire à une naie tuberculose. En tout état de cause, les applications hydrothérapiques chez lèi malades atteints ou soupçonnés de tuberculisation pulmonaire devront être ffiliquées avec une prudence et une circonspection extrêmes.
On devra se borner au début à des douches en jet de quelques secondes rapidement promenées sur toutes les parties du corps et l'on n'augmentera leur durée que graduellement, en quelque sorte seconde par seconde, suivant les tfbls produits. On devra proscrire absolument la douche en pluie verticale conune trop excitante et capable de provoquer des congestions pulmonaires plus M moins violentes, voii*e des pneumonies graves pouvant entraîner la mort. La plupart des médecins qui ont adopté l'emploi des applications hydrothé-
npiques chez les tuberculeux donnent lu préférence aux lotions d'eau froide
fue ou additionnée de vinaigre, d'alcool, d'eau de Cologne, etc., suivies de
(rictbns énergiques avec un linge rude, de la flanelle ou un gant de crin. C'est
MCT. MC. XXX. 29
souvent à des applications de ce genre qiril faudra recourir eu commençaoi avant d'en venir aux douches froides chez les malades que Ton croira utile (1< soumettre à Temploi de ce dernier moyen.
Maladies du cœur. Louis Fleury s*est engagé le premier dans 1 j voie des applications de rhydrothérapie aux malades atteints d*aflections organiques du cœur, et il déclare que c*est grâce aux encouragements de Bouillaud qu*il a obtenu de beaux succès chez des malades dont il hésitait à se charger. Il pense que dam les cas où il a obtenu la guérison complète des malades il s'agissait d'une congestion chronique du cœur prise pour une hypertrophie ou un anëvrjsme de cet organe, car il ne croit pas (|u*une véritable hypertrophie du tissu musculaire du cœur puisse disparaître graduellement sous Tinfluence des douches froides. Dans les autres cas, où il s'agissait bien d'une altération organique confirmée, il a pu atténuer les symptômes les plus pénibles, calmer les palpitations et la gêne respiratoire, relever les forces, rendre aux malades l'appétit et le sommeil, faire disparaître les infiltrations interstitielles et l'œdème des extrémités, obtenir enfin une amélioration équivalente presque à une guérison qui a persisté pendant un temps plus ou moins long, variant entre quelques mois et quelques années. Ici encore c'est à l'action révulsive et reconstituante des douches froides qu'il attribue les résultats obtenus. Suivant lui, la plupart des affections du cœur pourraient être soumises avec avantage au traitement pir les douches froides } la seule contre-indication serait l'anasarque qui, en modifiant les conditions normales de la sensibilité cutanée, crée un obstacle sérieiD à la réaction.
Parmi les médecins qui ont suivi Fleury dans cette voie, il faut citer Winter* nitz (de Vienne), qui rapporte plusieurs observations dans lesquelles les applications hydrothérapiques, en augmentant la pression intra-artérielle, auraient favorisé la diurèse et amené ainsi la disparition des hydropisies et de l'albuminurie. Parmi ces observations se trouve même un cas de guérison (?) par des douches quotidiennes de trois à quatre secondes, associées avec le régime lid^ j exclusif, consistant dans l'ingestion dp 5 litres i/2 de lait par jour. j
Le professeur Michel Peter, dont la compétence et l'autorité ne sauraient être \ contestées et qui vient d'enrichir la littérature médicale d'un ouvrage si renuo^ \ quable sur les maladies du cœur, M. Peter, disons-nous, attribue une actioo favorable aux applications hydrothérapiques auxquelles il a recours dans la troisième période des affections cardiaques, à titre de moyen reconstituant, de stimulant des fonctions digeslives, de la circulation et des combustions organiques. 11 emploie de préférence les lotions froides pratiquées avec des éponges simpkment imbibées que l'on promène seulement sur la partie antérieure du corps, les premières fois, puis sur toute la surface du corps, lorsque les malades sont :j familiarisés avec l'impression produite par l'eau froide. 1
M. Peter proscrit absolument les applications froides dans les cas de lésietf '^ aor tiques où l'on a toujours à craindre la mort subite.
Névroses. Elles constituent, avec les maladies chroniques, le vaste champ opéra- 1 toire où l'hydrothérapie a récolté la plus ample moisson de succès. Le g(Àtre exo^ thalmique considéré comme une névrose du système du grand sympathique, carae- ; lériséepar les palpitations, l'exophthalmie et l'hypertrophie de la glande thyroïde, se trouve très-heureusement modifié par l'hydrothérapie. Les applications froides agissent comme un sédatif puissant du système nerveux, comme un modificateur des circulations locales et comme un tonique reconstituant. Par l'action réRexe '
]U*elles exercent sur les centres crinnervation du cœur, elles modèrent la frc- [[ueDce et Ténergie des contractions cardiaques. Trousseau et M. G. Sée les recommandent d*une manière expresse comme étant d*une eHicacité iucoutestable. Nous ayons obtenu, pour notre part, les meilleurs résultats de leur emploi, daus lin certain nombre de cas de cette maladie, au double point de vue de l'action sédative imprimée au cœur et au pouls, et de la reconstitution générale de Torganisme.
Vépilepsiey Vhystériey Vhystéro^pUepnej Vhypochondrie, la nymphomanie, le nervositme, la névrose cérébro-cardiaque, la chorée, ï asthme nerveux, les paralysies nerveuses, possèdent dans le traitement hydrothérapique le moyeu de gnërison le plus généralement eiBcace^ la méthode dont les différents procédés l'appliquent avec le plus de succès aux conditions diverses de la maladie, soit [foe l'excitation nerveuse prédomine et réclame de préférence les applications sédatives, soit que, au contraire, le mouvement dépressif, lanémie, la dyspepsie, Tmesthésie, la paralysie, l'atonie générale de l'organisme, prennent la première place dans l'ensemble' des manifestations phénoménales, et exigent plus particulièrement l'intervention des applications excitantes. C'est au médecin qu'il appartient, par l'étude attentive des malades et des conditions diverses de la maladie, de combiner ensemble les divers procédés delà méthode, de les nuancer, de les doser, de les alterner, suivant les indications. Ainsi, dans l'hystérie, l'épilepsie, l'hystéro-épilepsie, la nymphomanie, on devra recourir, pendant les attaques ou les accès, aux applications sédatives et, dans l'intervalle des crises, aux douches reconstituantes. Mais il sera très-rarement utile, chez ces malades, d'administrer la douche verticale en pluie, surtout la douche en cercles ou en poussière, beaucoup trop excitantes, et l'on accordera la préférence à la douche €n jet mitigé, à la douche mobile en lames, en éventail, au col de cygne, aux inmersions, en un mot, à toutes les applications toni-sédatives, pour nous servir d'une expression qui rend bien notre pensée. Ces mêmes applications conviendront ëgalemenl à la névrose cérébro-cardiaque, si bien décrite par Krishaber. iMmsles/Mira/t/^teStles anesthésies, les ami^osfAen/e^, chez les hystériques, ou cambinera le traitement général sédatif avec les applications locales stimulantes astodées, d'ailleurs, aux courants électriques, etc. Dans l'hypochondrie, souvent liée à une congestion chronique du foie, la douche en pluie, la douche en jet sur la légion hépatique, le bain de siège à eau courante, trouveront en général leur application et produiront les meilleurs résultats. Dans l'asthme dit nerveux, et fd s'accompagne souvent d'une congestion chronique des poumons, la révulsion puisante déterminée par la douche en cercles aura pour effet d'éloigner les aeeès, de les atténuer d'abord et de les faire disparaître avec la cause qui les entretenait.
Dans la gastralgie, ïentéralgie, la gastro-entéralgie, la douche en cercles fen également le remède de la maladie et de la crise. Il en sera de même de la diarrhée chronique dépendant d'une irritation sécrétoire, d'une congestion chronique des glandes de la muqueuse intestinale. Dans toutes ces maladies la douche lerticale en pluie, la douche mobile en jet, associeront avec avantage leurs eOets révulsifs et toniques à ceux de la douche en cercles. La dyspepsie, qui est moini une maladie proprement dite qu'un symptôme primitif ou secondaire inhérent à une foule d'états morbides chroniques soit du tube digestif, soit d'autres organes de l'économie, la dyspepsie, disons-nous, quelle qu'en soit la cinse, est, en général, très-heureusement modifiée par les douches froides, et
cela d*une manière li-ès-rapide. Il est rare que, dès les premières douches, des malades qui depuis des semaïues, des mois, des années mémev afaient perdo l'appétit et ne pouvaient plus digérer, il est rare, disons nous, que ces mabdes iréprouvent tout d^abord, et bien avant que la maladie ait eu le temps de s*amender, un réveil plus ou moins vif de Tappétit et des foncUoos digestiva, si bien qu*au bout de quelques jours il est nécessaire de les engager à se surveiller, à modérer leur alimentation, à mettre un frein aux emportements d*aiie faim devenue insatiable. Nous avons vu ce réveil se produire même chez des malades atteints d*alïections incurables, même dans le cancer du foie, de Testomac, etc.
Les vommementSf la conUipationf qui, comme la dyspepsie, ne sont que des symptômes le plus souvent sympathiques des maladies les plus diverses, cèdent, en général, d*une façon plus ou moins complète et rapide, à Tinflueuce dei diverses applications hydrolliérapiques soit générales, soit locales. Nous avons vu les vomissements de la grossesse ayant résisté à tous les agents de la thénpeu tique ordinaire cesser rapidement sous Taction des douches froides, particulièrement de la douche en cercles, après quelques jours de traitement. I^ oonslipation est toujours eflGcacement combattue parles douches générales associées à la douche ascendante. Vanaphrodisie^ les pertes séminales, Vmcantmenee d*urine de nature asthénique, seront traitées avec succès par les douches générales combinées avec les applications locales excitantes.
Maladies mentales. La plupart des médecins aliénistes sont d*acoord sur Tutilité de Thydrothérapie appliquée au traitement de ces maladies. Mais cette médication, dans cet ordre d*états morbides, a particulièrement besoin d'une direction expérimentée, intelligente et prudente.
L'adoucissement des mœurs a fait disparaître heureusement la coutume à li fois barbare et dangereuse qui existait autrefois dans les maisons spéciales consacrées au traitement de ces maladies, d'administrer les douches froides sur la tête des malheureux aliénés, à titre de punition ou de correction. Nous n*avoDS plus à craindre sans doute le retour de ces usages funestes aussi contraires à rhumanité qu'à une saine entente de la discipline morale dans la direction des malades. Au point de vue de la théi*apeutique, sans entrer dans des détails «fui ne pourraient trouver leur place dans cet article, nous devons nous borner à dire que les phénomènes d'excitation, de manie, seront combattus par les applications sédatives, les immersions, les bains, les affusions, les compresses froides souvent renouvelées ; dans les phases de dépression qui succèdent à l'agitation, il faut recourir aux applications révulsives et reconstituantes, qui pourront amener la guérison des monomanies sympathiques soit d'états morbides variés tels que b chlorose, l'anémie, l'hystérie, l'alcoolisme, etc., soit des troubles de certains états physiologiques tels que l'établissement ou la cessation de la fonction menstruelle, la grossesse, l'accouchement, les excès dans l'exercice des fonctions génésiques, etc.
Certaines névroses cérébrales qui touchent par certains points à l'aliénation sans pouvoir être classées, néanmoins, dans les formes de cette maladie, par exemple, Yhypochondrie essentielle, la nosomanie, la mélancolie, la nécrophohie, la nécrophilie, toutes ces névroses rentrent thérapeutiquement dans la sphère d'action des applications hydrothérapiques et, en particulier, des douches froides toniques et reconstituantes. On peut même dire, sans exagération, que l'hydrothérapie constitue la médication la plus puissante et la plus efficace, sinon la
seule, de ces états nerveux si tenaces et si rebelles aux agents tde la thérnneuiique ordinaire.
Le docteur Nagnan emploie les douches froides ou les immersions, précédées d*an bain d*air ch.iud, dans les formes dépressives de la folie et des affections nerveuses, sans lésions organiques appréciables. H conseille une grande prudence dans remploi de Teau froide chez les déments, et d'éviter de diriger le jet sur la tête.
5** Des douches froides au poikt de vce prophylactique bt hy(!ik- RiQUE. Après avoir exposé les diverses indications de Temploi des douches froides dans le traitement des maladies qui sont justiciables de ce puissant modificateur, nous serions incomplet, si nous ne disions quelques roots de Ta))pUcation de ce procédé de la méthode liydrothérapique à la prophylaxie et à rb]^ène. Nous ne pouvons qu'indiquer d'une manière générale, faute J'espace, lea principaux points de cette vaste et importante question.
Il est permis d'affirmer, sans crainte d'exagération, que les applications liydrothérapiques, considérées au point de vue de l'hygiène et de la prophylaxie des maladies, s'adressent à tous les Ages et à toutes les conditions. Dès la sortie du aeio maternel, pour ainsi dire, du moins dès les premiers jours qui suivent la mûssanoe, on peut non-seulement sans inconvénients, mais encore avec avantage, pratiquer des lotions fraîches avec une éponge imbibée d'eau à la température le 18 à 20 degrés centigrades sur tonte la surface du corps de l'enfant. Telle est la méthode pratiquée depuis longtemps en Angleterre et qui tend de plus en plos à s'acclimater en France depuis un certain nombre d'années, pour le [)lus grand bien des enfants du premier âge. La plupart de nos accoucheurs les plus teinents conseillent ces pratiques salutaires. En entretenant ainsi la propreté, k souplesse et l'élasticité de la peau, en stimulant l'innervation générale et la eimilation périphérique, en activant les fonctions digestives, on place l'enfant daoa les meilleures conditions physiologiques. En habituant la peau à ré«igir Moa Taction de l'eau froide, on lui donne l'aptitude à réagir sous l'influence de r£r froid, on rend l'enfant moins impressionnable aux variations atmosphériques el oo lui {lermet de mieux résister à l'invasion des maladies dites à frigore : earpa* angines, bronchites, rhumatismes, etc. ; on facilite l'apparition de l'exanlUme des fièvres éruptives et l'on diminue ainsi avec l'intensité du mouvement fibrile les chances de complications du côté du cerveau, des poumons et du otBor, se traduisant par Thyperéraie de ces organes et par des convulsions sympathiques. L'évolution des phénomènes de la dentition se trouve favorisée, et partant les convulsions, les vomissements, la diarrhée et les autres complications de cette période difficile, écartés ou du moins considérablement atténués.
On peut commencer de très-bonne heure à donner des douches aux enfants. !loos eu avons donné à un enfant à peine âgé de dix-huit mois, atteint (Fiinc fièvre intermittente qui l'avait réduit au dernier degré du marasme. Tenu dans les bras de sa mère qui recevait la douche avec lui, il subissait tous les jours, et même deux fois par jour, une douche en pluie de quelques secondes, et ce traitement si simple a sufli pour le guérir complètement en quinze jours ou trois semaines d'une maladie qui persistait avec opiniâtreté depuis plusieurs mois, malgré le sulfate de quinine, Tarsenic et les autres agents antipériodiques. Il est donc possible et même facile de faire suivre un traitement hydrothérapiquc aux enbnts do premier âge, en vue de les fortifier et de les préserver des maladies
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auxquelles la faiblesse de leur âge ne leur permettrait pas de résister avec assez d'énergie.
Aux enfants plus âgés, ayant, partant, plus de volonté et opposant une résistance plus difficile à maîtriser, il sera parfois un peu moins (acilc de faire accepter tout d'abord les applications hydrothérapiques ; mais il sufïini le plus ordinairement de les faire assister à une douche prise par un enfant du même Age, déjà habitué, pour que, sous Timpulsion de Texemple et des incitations de Tamour-propre , les plus craintifs arrivent à prendre la douche non-seulement sans répugnance, mais même avec plaisir.
Nous avons pu ainsi appliquer le traitement hydrothérapique à des enfants de trois à sept ans sans jamais rencontrer de résistance sérieuse, et nous avons vu cette médication, employée au point de vue purement hygiénique, transformer rapidement la santé générale, modifier le tempérament et, avec Taide du grand air, de Texercice, de la gymnastique, métamorphoser des enfants pâles« chétiis, malingres, lymphatiques et nerveux, en enfants robustes et sanguins. Plus tard rhydrothérapie prophylactique et hygiénique aura pour effet de favoriser le passage parfois diflicile et pénible de Tenfance à Tadolescence, de prévenir la chlorose, la chloro -anémie, Thystérie, Thystéro-épilepsie, et les autres maladies de cette période que Ton pourrait appeler le premier âge critique. Existe-t-il, &ï particulier, un modificateur plus puissant pour combattre les prédispositions aux diverses diathèses scrofuleuse, tuberculeuse, rhumatismale, goutteuse, etc., et pour empêcher leurs premières manifestations qui éclatent le plus ordinairement à cette époque de la vie? Ne vaudrait-il pas mieux, lorsqu'il existe dans les familles des tendances héréditaires a ces diathèses, réprimer de bonne heure ces tendances funestes avant qu'elles aient eu le temps de se réaliser, que d*avoir à les combattre par des moyens presque toujours impuissants une fois qu'elles se sont déclarées et qu'elles ont pris droit de domicile? Poser cette question, c'est la résoudre. C'est en fortifiant les enfants, c'est en modifiant leur tempe* rament, leur constitution, par l'usage quotidien des douches froides associa à la gymnastique, c'est en introduisant ces bienfaisantes et saines pratiques dans l'hygiène des familles et des maisons d'éducation, c'est en les aguerrissiot de toutes les manières contre l'infiuence nuisible des agents extérieurs, contre l'invasion des innombrables parasites qui nous entourent et qui se développeotde préférence sur les organismes afiaiblis ; c'est, en un mot, en imprimant une trempe énergique à la constitution des enfants, que l'on préparera une jeunesse forte et robuste et que l'on pourra espérer de diminuer, sinon de supprimer l'énorme trilmt que la tuberculose et les maladies parasitaires prélèvent cliaqœ année sur les jeunes générations. Les pratiques de l'hydrothérapie hygiénique et prophylactique peuvent être employées non-seulement sans inconvénient, mab encore avec avantage chez les jeunes filles ou chez les femmes, sans les iute^ rompre même pendant la période menstruelle; non-seulement l'écoulement menstruel n'est pas arrêté par les douches générales froides, mais encore cet rcoulement peut être régularisé, diminué quand il est trop abondant, augmenté quand il est trop faible, suivant que la douche est dirigée plus particulièrement sur les parties supérieures du corps, de manière à produire l'effet révulsif, on sur les parties inférieures pour provoquer l'effet dérivatif. On prévient ainsi les congestions, les hémorrhagies et les phlegmasies utérines souvent si graves et 'lelles.
z les femmes enceintes, les douches froides |)euvent également être admi*
DOUCHK. 4r>5
islrees à titre de médication hygiénique et prophylactique pendant toute la urée de la grossesse, soit pour prévenir ou comhattre les troubles digestifs qui xompagnent si souvent la gestation (anorexie, dyspepsie, vomissements, constiliion), soit pour entretenir les bonnes conditions de la santé générale, partant »idre laccouchement plus facile, les suites de couches plus heureuses, les ^dents congestifs, hémorrhagiques, inflammatoires, moins redoutables.
C'est encore grâce à Tinfluence hygiénique et prophylactique des douches oides que Ton pourra rendre moins pénible et moins accidentée Tépoque de i ménopause, si justement désignée sous le nom à'àge crilique^ et prévenir les MDgeslions, les hémorrhagies, les dégénérescences organiques si fréquentes à itte période de la vie de la femme.
Chez le vieillard l'usage quotidien des douches froides aura pour effet d enetenir le bon état des fonctions digestives, d'activer la circulation centrale et Sriphérique, les sécrétions de la peau et des glandes, principalement de la lande rénale, la rontractilité des muscles de la vie animale et de la vie végétave, particulièrement de la vessie et du rectum, de stimuler, en un mot, toutes s fonctions qui ont une tendance de plus en plus grande à Taffaiblissement et
l'atooie, de favoriser le mouvement et le jeu des organes et de permettre nsi au vieillanl do traverser sans trop d*infirmités cette triste période du Selin de la vie.
Nous avons administré, à Bellevue, des douches froides à des vieillards de «tâgc, dont quelques-uns avaient atteint ou dépassé Tàge de quatre-vingts ans, i jamais nous n*avons vu survenir citez eux le moindre accident. La condition Il succès, ici comme dans toutes les applications de la méthode hydrothéraique, est de proportionner la force et la durée des applications à la puissance bctionnelle du sujet. Le vieillard a peu de force de réaction, il faut donc que i douche soit très-forte et très-courte et qu'elle soit précédée et suivie, à défaut 'on exercice musculaire suffisant, d'une friction énergique soit avec des peignoirs e toile rude ou de laine, soit avec un gant de crins. Nous connaissons plusieurs ieîllards ayant passé par l'établissement hydrothérapique de Bellevue, qui attri- Btat à la continuation de ces pratiques dont ils ont fidèlement conservé l'usage, on moins qu'à une vie sobre et réglée, la verte et vigoureuse santé dont ils 'ont cessé de jouir.
De$ douches locales ou partielles. Ces douches sont rarement administrées snies ; elles sont ordinairement combinées avec les applications générales, prinipalement avec les douches en pluie, en jet, en lames, etc. ; elles ajoutent à idiou stimulante de la douche générale sur l'innervation la circulation et la ilorification, certains effets locaux, révulsifs ou dérivatifs, qui leur sont propres t en vertu desquels elles ont le pouvoir d'exercer soit au point d'application, »it à distance, par action réflexe, une influence modificatrice sur les circulations «aies. La contraction et la dilatation alternative des vaisseaux qui résultent de s applications ]>ermettraient ainsi d'anémier et d'hyperémier, pour ainsi dire, à ikmté, tel ou tel organe, tel ou tel appareil, d'y restreindre ou d'y activer les bénomènes chimiques de combustion et dénutrition, s'il était toujours possible edéterminer les régions de la peau correspondant à tel ou tel centre vaso-moteur t dont l'excitation, propagée jusqu'à ce centre, pourrait, à distance et par {flexion, modifier la circulation d'un organe ou d'une partie du corps.
Malheureusement l'observation et l'expérience ne nous ont pas encore donné les notions bien précises à ce sujet et le bilan de nus connaissances se réduit à
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quelques propositions dout quelques-unes plus ou moins contestables ont encore besoin d*étre confirmées.
Il est acquis en vertu des faits d'observation et d*expérience que le bain de pieds à eau courante, dirigé sur la plante des pieds, a pour effet, qnand il est très-froid et de très-courte durée, de resserrer les vaisseaux utérins et d*arréter les hémorrliagies de cet organe.
Le bain de pieds froid à eau courante est également employé pour combattre les congestions oéphaliques; il agit par action réflexe en resserrant les vaisseaux de Tencépbale et par action révulsive en dilatant les capillaires, cutanés.
Le huit de siège à eau courante ou à aiguiUes est préconisé par M. Gallard (*x)ntre les métrorrhagies liées à la métrite chronique; il leur donne une durée qui varie de trois ou quatre minutes à douze ou quinze minutes suivant les cas.
Plus souvent le bain de siège à eau courante est mis en usage dans le eu contraire, c*estp-à-dire dans Taménorrhée ; il produit de bons effets dans Tatonie des organes génitaux par son action tonique et stimulante; dans les engorgements cbroniques des organes du bassin et de Tabdomen par son action révulsive, et dans les congestions céphaliques par son action dérivative.
Nous avons vu que les douches locales splénique^ hépatique^ hypogoMtriqWj exercent sur les congestions chroniques de la rate, du foie, de T utérus, les effets les plus favorables en vertu de leur action révulsive.
La doudie hémorrhotdale est employée, comme son nom Tindique, pour combattre les engorgements chroniques des veines liémorrholdales, dans les hémorrhoïdes atones et fluentes ; on la remplace par le bain de siège à caa dormante lorsque les hémorrhoïdes sont gonflées et douloureuses.
La douche périnéale est excellente contre les engorgements chroniques de la prostate.
La douche vaginale modifie d*une manière favorable les écoulements leucorrliéiques dépendant soit d*une inflammation chronique du vagin, soit d*un engorgement chronique de la muqueuse du col de Tutérus.
M. Panas a obtenu les meilleurs résultats de Temploi des douches utérines d*une demi-minute à deux minutes et demie, dans le traitement de raméiuirrhée soit idiopathique ou par asthénie, soit symptomatique d*une lésion inflammatoire chronique de T utérus et de ses annexes.
Enfin la douche rectale ou ascendante s'emploie avec le plus grand succès pour combattre la constipation résultant de latonie des tuniques muqueuse et musculeuse de la dernière portion du gros intestin.
Quant aux douches oculaires et auriculaires, elles seront décrites, avec les appareils spéciaux qui les concernent, dans Tarticle Irrigations (voy. ce mot).
La douche filiforme dout le premier appareil a été construit par Mathieu, sur les indications du docteur Laurès, est une forme de douche dans laquelle Teio est projetée avec une grande force de pression à travers un orifice capillaire.
Les effets physiologiques sont : 1** une sensation de chatouillement, de cuisson, de piqûre ou de brûlure, suivant que la partie frappée est mise en contact avec le jet dans sa portion épanouie, ou bien dans sa portion rigide; â*le. développement d*une vive congestion avec augmentation de la chaleur de b peau ; 5** une déchirure de Tépiderme, avec boursouflure du derme et légef écoulement séro-sanguinoleut, lorsque par un mouvement brusque et rapide do levier de Tappareil on comprime fortement le liquide contenu dans le corps de pompe.
La doaclie filiforme détermine donc une tïtc excitation de la peau et constitue moyen très-puissant de rubéfaction locale. Elle est indiquée et a été iplofée, à titre de révulsif des plus énergiques, dans les névtnlgies, sur le jet du nerf malade, dans les affections spinales, sur le trajet de la colonne iébrale, dans les anestbésies et les paralysies localisées, en un mot, dans tes les maladies dont Télément principal condsie dans des troubles de la sénilité et de la motilité.
JOOGHBS CHAUDES. DoUCHSS ÉCOSSAISES. DoUCHRS ALTERNATIVBS. Le CréatCUr
l'hydrothérapie rationnelle avait exclu du champ des applications de la méde remploi de Teau chaude sous toutes ses formes : bains, afinsions, lotions, idies, etc. ; il est resté jusqu*à la (in inébranlablement fidèle à ses principes constituaient pour lui une sorte d'orthodoxie, et il traitait en hérétiques z qui s*écartaient sur ce point des règles dogmatiques qu'il avait promulguées, 'admettait même pas que, pendant le cours du traitement hydrothérapique, malade se passât la fantaisie d'un bain chaud. Cependant cet adversaire liaeable de l'eau chaude ne croyait pas déroger à ses principes en faisant un ^fréquent usage de l'air chaud, sous formes d'étuves sèches dans lesquelles laçait ses malades dans le but soit d'élever simplement la température du m de ceux qui ne pouvaient se livrer à un exercice musculaire suffisant pour hauffer avant de prendre leur douche, soit de provoquer une plus ou moins ndante transpiration en vue d'obtenir une rémdsion plus ou moins énerle ou une action dépurative. « Ëau froide, air chaud, » tel était le principe matique qu'il se plaisait à proclamer et à rappeler en toute occasion; telle it» résumée sous la forme concise et saisissante de l'aphorisme, toute sa doo-
lais, en faisant intervenir la ciuleur dans les applications hydrothérapiques, aiT n'avait pas pour but d'augmenter, par l'effet des contrastes, l'action ilante de l'eau froide, et d'accroître l'intensité de la réaction, fiien au coure, il pensait que lorsque la température du corps avait été élevée par une le quelconque : exercice musculaire, exposition à la chaleur de l'étuve, etc., lemier effet de la douche froide était de ramener la température animale ù eliiffre physiologique, et c'était alors seulement que, l'action réfrigérante de oodie se continuant et abaissant la température générale au-dessous de son Fre normal, le mouvement consécutif de la réaction pouvait se produire. En lires termes, il fallait, pour obtenir la réaction après l'étuve, prolonger l'apalioii froide au delà du temps reconnu nécessaire lorsque la température du m n'avait pas été préalablement élevée au-dessus de la normale.
Sî« dit Fleury, après avoir élevé la température animale, vous soumettez le ade à une courte application froide, de manière à ne pas abaisser la tempétre animale au-dessous de son chiffre primitif, il n'y a point lieu à réaction a part de l'organisme et, dans ce cas, les malades n'ont point de peine à se uuiiTer, par l'excellente raison qu'ils n'ont point été refroidis.
Lorsque, avant l'application froide, la température animale a été notable- U élevée par l'exercice musculaire, par la température atmosphérique, par ive sèche, le sang a été appelé vei^ la périphérie; pour le refouler vers entre il faut d'abord ramener la température animale à son chiffre physioqœ, et ensuite l'abaisser au-dessous de ce chiffre.
Si l'application froide e>t .irrôlée avant l'abaissement de la température nale au-dessous de son chifiTre physiologique, elle ne produit point le mou-
vemeut de concenlralion^ et, par conséquent, il ne peut s*opérer une réaction. Si inapplication froide est assez prolongée pour abaisser la température animale au-dessous de son chiffre physiologique, le mouvement de concentration se produit, et il est suivi d*une réaction^ mais celle-ci est faible, difficile, tardive.
« 11 semble que Torganisme fatigué par le premier mouvement du sang vers la périphérie, par celui qui a eu lieu avant l'application froide, ne soit plus aussi apte à produire le second.
« Pour obtenir d'une application froide excitante l effet voulu, U ne faut pas que le sujet ait froid^ et il ne faut pas qu'il ait trop chaud. »
a L*hydrothérapie rationnelle, dit encore Fleury, ne fait point figurer la sudation parmi les agents du traitement excitant par Veau froide... »
(Vest sur des errements différents que reposent la théorie et la pratique des applications des douches chaudes en hydrothérapie. Cette hydrothérapie, que Fleui7 n*eût pas manqué de qualifier d*hérétique et d'irrationnelle, fait précisément figurer les douches chaudes parmi les agents du traitement excitant par Veau froide. Elle les emploie en vue d augmenter, par le contraste des températures, Fexcitation de la peau, de déterminer, par l'afQux plus abondant do sang vers Tenveloppe cutanée, les efîets révulsifs, et de faciliter la réaction.
L'action excitante de Teau chaude varie suivant le degré de la température. D'après Liebermeister et Kônig, elle ne commencerait à se produire qu'à partir de 34 degrés centigrades, chiffre qui représenterait le point d'équilibre entrs la perte et la production du calorique dans le bain, c'est-à-dire le point d'action indifférente. A mesure que la température s'élève au-dessus de ce degré l'action excitante directe augmente jusqu'à un point où elle devient absolument intolérable. Ce point extrême oscille autour de 55 degrés centigrades, que très-peu de personnes peuvent supporter même pendant une durée très-courte. Pour l'immense majorité, la tolérance ne peut aller au delà de 45 degrés centigrades.
A ces hautes températures une douche chaude de courte durée est comparable, pour se.^ effets, à une douche très*froide et très-courte. Elle exerce la ménui action excitante sur la circulation générale et sur les circulations locales ; elle produit localement ou à distance, par action réflexe, le resserrement des vaisseaux, si bien que l'on a pu, dans la thérapeutique des hémorrliagies, préconiser tour à tour les applications très-chaudes et les applications très-froides : ici on peut dire avec vérité que les extrêmes se touchent. Mais, si l'application se prolonge, l'action excitante des douches chaudes sur la peau l'emporte rapidement sur celle de^ douches froides et l'on peut obtenir par elles, avec une paralysie plus prompte et plus complète des vaisseaux, des actions vaso-dilatatrices plus considérables que par les douches froides.
L'effet est d'autant plus marqué que la différence est plus grande entre h température de l'eau et celle du tégument externe : d'où la possibilité de rendre la douche plus puissante en faisant succéder une douche froide à une doudK chaude, ou inversement. On obtient par ce moyen des dilatations vasculaires de • la peau plus prononcées et plus durables. ï^
C'est sur ce principe, qui découle de l'observation des faits, qu'est fondée la ^ médication révulsive par les douches alternativement chaudes et froides (doucb^ j^ écossaises, douches alternatives) . i^
La douche écossaise se compose d'une douche chaude de durée variable, mais j. plus ou moins prolongée, terminée par une douche froide de courte durée. La i
empérature et la durée des deux applications successives, chaude et froide. aiient suivant les effets que 'Ton veut obtenir.
Si Ton recherche les effets excitants et révulsifs, on élèvera rapidement la smpérature de la douche diaude, à partir de 35 degrés jusqu'à 45, 50, 55 degrés entigrades, suivant le degré de susceptibilité on de tolérance des malades, et près un temps d'autant plus court que la température sera plus chaude on snninera par une douche très-froide et très»courte. Si, au contraire, on recherhe les effets sédatifs, la température de la douche chaude sera lentement et iTogressivemput élevée de 55 à 40 ou 42 degrés centigrades, et, après une iirée plus ou moins prolongée, on terminera par une douche froide à laquelle n n'arrivera qu'après avoir redescendu les degrés succesifs de l'échelle des nnpératures primitives. La durée de la douche écossaise ne doit guère délasser quatre à cinq minutes.
La douche alternative se compose, comme son nom l'indique, d'une succèsioo de douches alterna livement chaudes et froides, de très-courte durée; la temérature doit être très-rapidement abaissée pour la douche froide, de manière à foduire un effet excitant plus ou moins marqué, suivant le degré d'impressiontabilité du malade. Nous avons vu, en décrivant l'appareil approprié à ce genre ['applications, par quel mécanisme on obtenait ces graduations et ces difféences de température.
La douche alternative convient dans tous les états morbides où il y a lieu do traduire une excitation cutanée et une révulsion énergiques, par exemple, dans les ngorgements viscéraux chroniques et torpides, dans les rhumatismes articulaires i musculaires anciens et rebelles ayant perdu leur caractère d'acuïté ; dans les Kuralysies rhumatismale, saturnine, etc. Elles conviennent également au début de «rtaines phlegmasics à frigore sur lesquelles elles exercent une action abortive, ;râce à la révulsion énergique qu'elles provoquent sur l'enveloppe cutanée.
La douche écoêsaiiey dans sa forme excitante, est indiquée dans les mêmes ai; par ses applications sédatives elle donne d'excellents résultats lorsqu'il •'agit de combattre les symptômes douloureux d'une foule d'affections diverses : humatismes articulaires et musculaires localisés, plus ou moins récents, érralgies, hyperesthésie cutanée plus ou moins vive, excitabilité nerveuse généale ou locale exagérée, etc.
La douche écossaise est un moyen précieux, au début du traitement hydroli&apique, pour habituer graduellement à ces pratiques les malades timorés t pusillanimes, qui redoutent beaucoup les applications froides ou chez lesquels, H Tertu d'une impressionnabilité excessive, la douche provoque des palpitations, ne suffocation violente ou même des convulsions. Ces exemples se rencontrent iftout chez les femmes nerveuses, hystériques, mais ils sont rares et il suffit 'ailleurs d'un temps généralement très-court d'acclimatement pour voir easer les phénomènes dont il s'agit.
La douche écossaise est également très-utilepour faciliter la réaction, lorsque état des forces ou une impotence due à une maladie soit générale, soit locale, mpèchent les sujets de se livrer à un exercice musculaire suffisamment pro< Higë avant et après la douche.
Les applications locales des douches alternativement chaudes et froides sont usceptibles des mêmes considérations que les applications générales dont-il ient d'être question. Comme les douches froides elles devront être de la pari la médecin Tobjet d'une attention sérieuse et d'une surveillance minutieuse.
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chaque malade ayant, au point de vue des prati'iues liydrotbérapîqiies, une susceptibilité ou une tolérance particulières, dont les nuances infinies solliciteront Tesprit d'observation du médecine! devront lui devenir familières, s*il veut diriger avec fruit, dans Tintérêt des malades ainsi que dans le sien propre, une médication non moins puissante pour le mal que pour le bien, suivant qu'elle est mise en œuvre dans de bonnes ou de mauvaises conditions.
Il importe de faire remarquer, en effet, en terminant cette étude nécessairement è^ourtéc et incomplète, qu*eu hydrothérapie, comme dans beaucoup d*autres points de thérapeutique, la théorie et la pratique ne sont pas encore fixées d*une manière définitive à beaucoup d'égards. Dans la plupart de ses appliciitions, la médication par Teau froide est complexe et d'interprétation difficile. Nous avons eu Toccasion de signaler dans le cours de ce travail bien des divergences d'opinion, bien des contradictions même, tant sur l'observation des phénomènes physiologiques ou thérapeutiques que sur la manière de le^ expliquer. Il ne faut pas oublier que le sujet de nos observations ou de nos expériences est, au point de vue médical comme au point de vue moral, un être essentiellement « ondoyant et divers » qui par sa mobilité même échappe à ia rigueur de l'analyse et à la sévérité de ses déductions. En thérapeutique hydrologique, comme dans les autres brandies de la thérapeutique, nous ne possédons que des moyennes; les inductions pratiques, basées sur des données physiologiques encore incertaines et incomplètes, doivent participer nécessairement elles-mêmes de cet état de vague et de transition. Raison de plus, pour le praticien appelé à les appliquer au traitement des maladies, d'agir avec circonspection, prudence et réserve, d^étudier chacun de ses malades comme un sujet particulier d'observation, et d'avoir sans cesse présent à l'esprit le sage conseil d'IIippocrate : primùm non nocere.
Il resterait, pour compléter ce qui concerne les douches liquides, à parler des donches d'eau de mer, ainsi que des douche» d^eaux minérales^ mais nous avons pensé que ce sujet serait traité avec plus d'autorité et de compétence dans les articles consacrés à ces médications spéciales.
Douohet de vapeurs. L'appareil pour les douches de vapeur se compose : i° d'un générateur de la vapeur, ou bouilleur, contenant de l'eau à la température de l'ébullitiou ; 2<' d'un tube flexible destiné à conduire et à diriger h vapeur sur la partie où la douche doit être appliquée. Le tube se visse par l'one de ses extrémités à un robinet dont l'ouverture le fait communiquer avec le générateur, et par son autre extrémité sur une lance de dimensions et de formes variées par laquelle s'échappe la vapeur.
Le générateur est muni d'une soupape de sûreté ou d'un mauomèlre destina à mesurer la pression. La douche est dite simple quand elle est constituée simplement par la vapeur d'eau, elle est composée quand elle est cliargée de principes médicamenteux. Quand on veut donner des douches composes, on dit passer la vapeur dans un vase ou boite contenant des substances aromatiques ou autres, suivant ia nature des effets que Ton veut produire. Les effets p^^i^ logiques des douches de vapeur varient suivant leur température, la force de projection dont elles sont animées, la durée de leur application, et la nature des principes dont la vapeur estchar$;ée... Si la température ne s'élève pas au-dessus de 35 degrés, si la force de projection est faible, si la durée est prolonge. oQ aura les effets émoUients ou sédatifs; si la température est élevée à 40, 45 et
55 degrés, si la foi-ce de projection est grande, si la vapeur est chargée de principes aromatiques, la douche produira des effets d'excitation plus ou moins énergiques, la peau deviendra d*uu rouge plus ou moins vif, les glandes sudori- I>are8 sécréteront avec plus ou moins d'abondance ; enûn, si la température est très-élevée, Texcitation se propageant de proche en proche pourra s*étendre à tout l'organisme et déterminer une transpiration générale comme dans un bain de vapeurs. La durée de la douche de vapeur est en général dadix à quinze minutes.
La fumigation (voy. ce mol) diffère de la douche composée en ce que la Tapeur médicamenteuse, n'ayant pas de torcc de projection, enveloppe simplement les parties sans les frapper.
Action thérapeutique. Les douches de vapeurs simples ou composées sont employées pour combattre les engorgements articulaires chroniques, les fausses aokyloses, les raideurs articulaires et musculaires, les paralysies, les atrophies musculaires, les névralgies, les rhumatismes, certaines dermatoses, etc.
Dooofaet de Tapeurt médûMunenieutet. Divers appareils ont été imaginés pour l'administration de douches de vapeurs médicamenteuses, vapeurs d elher, de chloroforme, etc., en vue de |)roduire Tanesthésie locale. Ces appareils, comme ceux de Hardy (de Dublin), de Charrière, de Scanzoni, se composent essentiellenoeot : 1® d*un récipient métallique contenant une éponge destinée à recevoir le liquide anesthésique ; 2<^ d'une vessie de caoutchouc vulcanisé s'adaptant à Tun des 65tcs du récipient et servant à insuffler de Tair qui se charge, en passant, de Ttpeurs anesthésiques ; 5® d'un tube en caoutchouc, vissé à Taide d*un petit qutage de l'autre côté du récipient, et muni à son extrémité libre d'une canule par laquelle s'échappe l'air insufflé et chargé de vapeurs anesthésiques que l'on dirige sur la partie ou l'organe qu'il s'agit d'anesthésier.
Les douches de vapeurs d'éther ou de chloroforme ont été employées avec plus ou moins de succès soit pour produire l'anesthésie locale sur certains points de la surface tégumentaire où Ton se propose de pratiquer des incisions, SMt pour calmer la douleur dans certaines affections de Tutérus, de la vessie et du rectum, tels que le cancer, les névralgies, etc. Au moment de l'application, b douche produit une sensation de chaleur assez vive à laquelle succède une période de calme plus ou moins longue.
M. Yemeuil déclare avoir réussi par l'emploi des douches de vapeurs d'éther )u de chloroforme à faire cesser instantanément la contracture de certains ttoscles dans le pied plat valgus douloureux des adolescents.
Iloiiehet de gax. L'acide carbonique a été administré sous forme de douches lour combattre les phénomènes douloureux des ulcérations simples et surtout les ulcérations cancéreuses du col de l'utérus.
L*appareil instrumental se compose essentiellement d'un appareil gazogène de Hondollot, de Dcmurquay, de Follin, de Fordos), réunissant certaines condiions telles que de dégager le gaz d'une manière régulière et continue et dans m état de pureté à peu firès parfaite. A l'appareil gazogène s'addpte un tube Il caoutchouc de longueur variable terminé par un embout dont la forme doit Ire appropriée à la région où est situé l'organe malade.
Vêàde carbonique développe d'abord une sensation de chaleur plus ou moins ive dans la partie avec laquelle il est mis en contact; à cette période d'excitajon succède une période de calme qui persiste pendant un temps plus ou moins 6og, une heure ou deux environ. 11 est nécessaire pour produire un soulage-
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ment durable de renouveler la douche à peu près toutes les deux heures. L durée de chaque douche est d*une minute en moyenne.
On a également mis en usage les douches d*acide carbonique dans le but de modifier les plaies de mauvaise nature et de favoriser leur cicatrisation.
A. Tàrtivel.
DOL'BHAIM. Nom domié en hébreu à la Mandragore (Atropa Mandragore L.). Pl.'
DOUGAL.L. (Joseph). Médecin anglais distingué, né en 4851, reçu licencié du Collège royal de chirurgie d'Edimbourg en 4858, passa en 1859 au service médical à Madras et servit en 1860 en Chine sous Hope Grant. 11 servit ensuite dans diverses parties de Tlnde et en 1865 opéra avec succès 7 ou 8 cas d*cléphanthiasis du scrotum, enlevant des tumeurs pesant de 23 à 24 livres. Eo 1866, il fut chargé par le gouvernement d'instituer des expériences comparatives sur les propriétés fébrifuges des alcaloïdes du quinquina, mission dont il s'acquitta à son honneur; ses observations portèrent sur 108 cas de fièvre malarienne. Son rapport obtint la médaille d'or de l'Université d'Edimbourg en 1873; à cette occasion, il prit le grade de docteur. En 1873, il était officier médical (senior) pour les îles Andaman et Nicobar. C'est là qu'il fit sa découverte du traitement de la lèpre par l'huile de Gurjim. A son retour, il oRrit des sque lettes de la race peu connue qui peuple ces îles à l'Université d'Édiqibourg et au Collège royal de chirurgie d'Angleterre. 11 mourut de la fièvre typhoïde à Port Blair, île d' Andaman, le 9 février 1879, âgé seulement de quarante-huit au§.