DRYAS
Drjander (JoMAs). Cité par la biographie médicale, naquit en Suède, en 1748, étudia à Lund, y fut reçu maître es arts en 1776, puis eut pour maitr& Linné et ne tarda pas à attirer sur lui Tattention par des mémoires sur la botanique. Banks Tappela à Londres et lui confia la direction de sa bibliothèque. C'est dans cette situation que Dryander rédigea le catalogue raisonné de la belle collection d ouvrages d*histoire naturelle de Banks, travail immense, qui a rendu les plus grands services à la bibliographie et qui^ comparativement au travail similaire que Ploucquet a exécuté pour les sciences médicales, est bien supérieur à ce dernier. Dryander mourut en 1810. Thunberg lui a dédié le genre Dryandra de la famille des Euphorbiacées.
Outre quelques mémoires publiés dans les Transactions de la Société linnéenne de Londres, on a de lui :
I. Disê, fungos regno vegetabili vindicans, Lundae, 1776, iii-4''. — II. Catalogué hibliothecae hiêtorico-naturalU Jotephi Danks. Londini, 1776-1800, 5 vol. iu-8*. L. Hir.
•mYAlVDRA. Sous le nom de D. cordata, Thunberg a décrit en 1784 (F/. jap., 267) une plante nommée depuis par Correa de Serra D. Vernicia (in Ann. Mus., Vlll, 6), t. 2), qui est aussi le D. oleifera de Lamarck (Dict. encycL, II, 529). A. de Jussieu a consené à tort, pour cette plante (dans son Tentamen Euphorbiaceartim, t. 11, flg. 35), le type d*un genre f/ceococca établi par Sprengel. Celui-ci avait décrit un E, Vernicia dans son Systema (III, 884), et ce n*est qu'une variété de cette plante qu*A. de Jussieu considère comme spécifiquement distincte, sous le nom de E. vemicosa. Toute cette nomenclature s'applique à T^^ra^t/i de Kœmpfer, devenu pour H. Mueller une section du genre Aûurites. Originaire du Japon, cette plante a été introduite en Cochinchine et aux îles Hascareignes. Elle est cultivée dans nos serres et Ton a proposé de la planter en Algérie. Elle serait cl*un grand intérêt, à cause des caractères de Thuile qui abonde dans ses graines et qn*a étudiée Cloez. C'est Vhuile de bois de Maurice. Elle sert d*aliment au Japon, quoique légèrement acre. Hais c'est pour l'éclairage^ la fabrication des vernis et divers autres usages industriels, qu'elle présente le plus d'importance. H. Bn.
BnuoGiuniiB. — MéR. et deL., Dicl. Mat. niéd., II, 690. — Roserth., Syn. pi. diaphar,, 8Î7. — H. Bu. Eupharbiac, 318. t. Xll, (ig. 33-36; Hiêt. des pi., V, 116. fig. 170, 171 ;: Tr.Bùt. méd.phanér., 933. H. Bu.
•MTAS (L. Gen.^ n. 637). Genres de plantes, du groupe des Rosacées- Fragariées, qui a tous les caractères des Benoites, sinon que leurs fleurs hermaphrodites y sont d'ordinaire 8-9- mères. Les fruits sont surmontés du style allongé et devenu barbu, plumeux. L'ovule est ascendant, et, par suite, la graine renferme un embryon à radicule infère. Les Dryas sont d'humbles sousarbrisseaux, à tige courte, épaisse^ à feuilles alternes, polymorphes, à fleurssolitaires, pédonculées et terminales. Ce sont là les caractères principaux de notre D. oclopetala L., assez commun dans les montagnes moyennes des Alpes, des Pyrénées, dans le Jura, au Hont-d'Or, etc., et parfois cultivé pour ses jolies fleurs blanches. Il ne devrait peut-être représenter qu'une section du genre- Geum; il en a toutes les propriétés, notamment l'astringence : aussi est-il employé à ce titre; il sert surtout à préparer une sorte de thé digestif. C'est YEerba Chamœdryos alpinœ des pharmacopées allemandes. H. Bn.
600 DRYOBALANOPS.
BiBLiocRAPHiK. — Lamx, i//., t. 443. — Grb.x. et GoDB.^ FL de Fr., I, 518. — Rosesti., Syn. pi. diaphor,, 967. — II. Bs, nUt. des pL, I. 378, 467, fig. 435; Tr. Bot. méd. phanér.,ÏA%. H. B:*.
DRTIMIS. Voy. Drimys.
DBYMOPOGOW. Un des noms grecs de la Barhe de BouCf qui est le Spirœa Aruncus L., de la famille des Rosacées. Pl.
DRYOBALÀKOPfii (G.€RT.N.). Genre de planles dicotylédones-pol y pétales, que nous avons pris pour type de la famille des Diptérocarpacées. Ses fleurs sont régulières, hermaphrodites et pentamères. Leur réceptacle est légèrement concave, il porte cinq sépales et cinq pétales alternes, à peu près tous égaux, on peu périgynes les uns et les autres, les premiers imbriqués en «luinconce, et les derniers tordus dans la préfloraison. Les étamines, également un peu périgynes, sont libres et formées chacune d*un fll court et d*une anthère allongée, à coih nectif étroit, un peu aplati, allongé en pointe au-dessus des loges linéaires, inégales, légèrement introrses ou presque marginales, déhiscentes suivant leur longueur.
Le gynécée est presque entièrement libre, supère, formé d*un ovaire à trois loges, complètes ou incomplètes, surmonté d*un style dont rextrémité stigmatitère est un peu dilatée, creuse, crénelée sur les bords. Dans Tangle interne de chaque loge, on observe deux ovules collatéraux, descendants, incomplètemeiit anatropes, avec le micropyle tourné en haut et en dehors. Le fruit est une capsule qui s*ouvre à partir du sommet en trois panneaux à sommet triangulaire. Elle est enchâssée dans une courte capsule basilaire qui supporte sur ses bords cinq grandes ailes allongées, obtuses au sommet, à peu près égales entre elles, membraneuses, rigides et presque coriaces. Dans la capsule se trouvent une graine, ou plus rarement deux, qui souvent même germent dans rintérieur du péricarpe. Chacune d'elles renferme sous ses téguments un gros cnibryon charnu, dont les cotylédons coutortupliqués sont très-irrégulièrement lobés et comme ruminés, et très-inégaux entre eux, le plus grand enveloppant complètement le plus petit, autour duquel il est convoluté. La radicule est supère, conique, plus ou moins longue, suivant Tâge de la graine. On ne connaît jusqu*ici qu'une espèce de ce genre, le D. aromatica, plus connu sous le nom de Camphrier de Sumatra ou de Bornéo. C*est un bel arbre à suc résineux, dont les feuilles alternes sont simples, entières, coriaces, penninerves, à nervures secondaires nombreuses, obliques, parallèles, à pétiole court accompagné à sa base de deux petites stipules très-caduques. Ses fleurs sont disposées, au sommet des rameaux ou dans Taisselle des feuilles supérieures, en grappes ramifiées sur les axes desquelles elles sont alternativement insérées, articulées sur un petit coussinet saillant au-dessous duquel se trouve la cicatrice transversale d*une bractée.
Dans les troncs insuffisamment Agés du D. aromaiica existe, non pas encore du bornéol, mais seulement une huUe de camphre qui peut se rencontrer aussi dans les jeunes branches. On assure qu'en percutant le tronc avec un bâton les
igènes, qui se livrent à la récolte du camphre, savent reconnaître s*il y a des tés renfermant des produits utiles dans les arbres examinés. L'arbre est se en travers à une profondeur de quelques pouces, et des incisions obliques
DRYOPHANON. 001
rejoignant la première sont ensuite pratiquées au-dessus d*elies. Dans la cavité ainsi produite on allume un roseau, ce qui en peu de temps « attire l'huile » (Marsden). Quand la cavité est vidée d*huile, on peut, s*il existe, apercevoir le camphre solide en cristaux tapissant la cavité. Pour les obtenir, il faut détruire Tarbre, après quoi les cristaux sont passés au crible, nettoyés et classés selon leur grosseur, souvent blanchis .par divers procédés. La plus grande partie de ce camphre est employée dans le pays, principalement pour la conservation des cadavres des princes, ou bien elle est exportée en Chine, au Japon, en Cochinchine et à Siam. Bornéo n*en exporte plus guère^ en moyenne que 500 kilogrammes chaque année. Canton en reçoit annuellement jusqu'à 1600 kilogrammes, et son prix est d*environ 200 francs le kilogramme. Aussi ne faut-il pas s*étonner qu*on en consomme peu en Europe oîi Ton emploie surtout le camphre de Cinnamomum. Le bornéol se présente sous forme de petits cristaux durs, blancs ou grisâtres, dont Todcur est h la fois celle du camphre du Japon, du poivre et du patclioujy ou de Tambre gris. La saveur du bornéol est chaude, brûlante. Sa formule est C*^ IV^O
L'huile de camphre de Bornéo a pour formule C*^li*'. Elle est incolore ou jaunâtre; son odeur est celle du cajeput ou de la térébenthine combinée avec celle des cardamomes et du camphre ; on croit que, se formant dans des lacunes des axes du Dryabalanops, même Irèsjeunes, elle passe de là dans le tronc où elle s'hydrate et se concrète rn cristaux. Ou a aussi cru jiouvoir comparer la façon dont cette huile s'amasse dans le tronc à celle suivant laquelle s'accumule l'oléorésine dans les cavités de la tige des Copaiers.
Le bornéol est vanté par les Chinois comme remède des ophthalmies; on l'emploie, de même que son huile, au traitement des contusions, des entorses, des diverses phlegmasies, surtout des affections rhumatismales. L'huile mélangée au jus de tabac sert au traitement des maladies du cuir chevelu. On assure que ce camphre est souverain contre les coliques néphrétiques (Motby), et les Chinois le déclarent, contrairement au camphre du Japon, tonique aphrodisiaque; il fait chez eux partie de tous les remèdes cardiaques, diaphorétiques, alexipharmaques, et, selon l'expression des médecins japonais, « il doime de l'âme à tous les médicaments. »
La synonymie de l'espèce utile est la suivante : D. aromatica Gertn. f. — D- Camphora Colebr. — Pterygium teres Corr. — Shorea camphorifera l\oxB. — Dipterocarpus Dryobalanops Stend. — D. teres Stend. — Camphora swnatrentis W. T. Rhyn. Le tissu de la tige a été étudié par M. Maisonneuve, dans la thèse que nous citons plus bas et à laquelle nous renvoyons le lecteur.
H. Bn.
DnuoGtÂPBiE. — Gjertx. F., Frurl,, III, 50, t. 187, 188. — Colebr., in Asiat. Bes., XII, 536. — EsDL., Gen , n. 5393. — Db Yriese, in fied. Kruidk. Arch,, IIIl, 38, t. 1 ; Mém, Mur fe Camphrier de Sumatra et de Bornéo, avec pi. — BEtn-H. et Hooi. F., G«»-, I, 191. — OoKM.. in Ann, se. nat,, sér. 4, V. 90, t. 4. — A. DC, Prodr., XVI, 006. — Correa, in Ann. Mus., X, 159, t. 8, fig. 2. — Vér. et de L., Dict. Mat. méd., II, 46, 6"0. — Percira, BUm, Mat. med., éd. 4, II, p. Ili 552. — Hooi. F., in Tram. Unn. Soc., XXIÏ, ICO. — Go»., Ih-og. simpL, éd. 7, II, 417; III, 6i3. — T. Dter, in Journ. Bot. [1874], t. 142.— Mabomeove, Étude sur le Camphrier de Bornéo ou Dryobalanops aromatica (Thés. Fac. méd. Par. [1875], n« 450). — H. Uaillun, llist. des plant., IV, 202, 210, 213, fig. 211-214; Jr. Bot. méd. phanér., 812, c. fig. H. Bs.
PBT#PHA1WIV. Nom qu'on suppose être appliqué par Pline au Myrica Cale L. Pl.
604 DUBOIS (Les).
le 51 juillet 1826, fut reçu agrëgé à la Faculté de médecine de Paris U même année, et se présenta deux fois au concours pour la chaire d'anatomie et de médecine opératoire, en 1851 et 1855. U mourut probablement peu après, car il ne figure plus dans i^aunuaire médical de 1856. Dubled était professeur particulier d*anatomie et de chirurgie.
I. Contidérationê physiquet, mcraleê et politiqur$, gur la femme, Paris, 1823, in-t8. — II. Coup (VœU historique sur la maladie vénérienne. Paris, 1825. — III. Propositions d'anatomie et de chirurgie. Th. de Paris, 1836, in-4*. — IV. De sareocele ejusque medeU. Tli. de conc. d'agr. chir. Paris, 1826, in-4'. — V. Exposition de la nouvelle doctrine sur U maladie vénérienne. Paris, 1829, in-8*. Trad. en allem. Leipzig, 1830, gr. in-8». — VI. De l'enseignement de la pathologie externe en général. Th. de concours pour la chaire de path. cxt. Paris, 1831, in-4*. ~ VII. Des pansements. Th. de concours pour la chaire depatb. est. Paris, 1833, in-4*. — VIII. Cas de transposition des viscères recueilli à Vhôpital Coehin. lo Arch. gén. de méd.^ t. VI, p. 573, 1824. — IX. Extirpation de la matrice. ILid., t. XîUI, p. 410, 1830. Etc. L. Us.
DUBOIS (Les).
Dubois (Jacques). Voy, Sylvius (Jacques),
Dnbois (Jean). Né à Lille, au seizième siècle, il<éladia la médecine, et prit le bonnet de docteur à Louvain, puis il se rendit à Valenciennes, où il exerça sa profession, et fut principal du collège. Lorsque Philippe U fondt rUniversité de Douai, en 1562, il nomma Dubois à la chaire de médecine. Le nouveau professeur mourut dans cette ville, le 6 avril 1576. Jean Dubois a fait servir ses talents de poëte latin à célébrer une école naissante, sur laquelle on ne voit pas au reste qu'il ait répandu quelque éclat. Son Éloge ou Encomium a clé imprimé à Douai (1565) et porte ce titre : Academiœ nascenlis Duacensis et professorum ejus Encomium. On lui doit aussi : De curatione morbi articularis tractatus quatuor; Anvers, 1557, 1565, in-8*. — Tabula phannacoporum ; hiwers, 1568,in-8°. — Morbi populariter yra^antis prœurvatio et curatio ex maxime parabilibus remediis; Louvain, 1572, in-8*. — De itudiosorum et eorum qui corporis exercitationibus addicti non sunt tuenda valeiudine libri duo; Douai, 1574, in- 8**.
Dubois (Jean-Baptiste). Né à Saint-Lô, et baptisé dans Téglise Saint-Martin de celle ville, le 2 juin 1696, mort le 5 avril 1756, après avoir été médecin de la princesse de Conly et professeur de chirurgie au collège royal de France. U avait clé reçu docteur à la Faculté de Paris, le 50 septembre 1720; il cultiva avec succès les lettres et la poésie. Quelques-unes de ses chansons sont restées dans la mémoire des amateurs, et se chantent encore peut-être aujouixllini. H avait un véritable talent pour la poésie ; il ne manqua jamais pendant les dernières années de sa vie de présenter ses hommages, en vers français, à un auguste prince dont il était le protégé lorsqu'il venait à Paris, et dont il célébrait religieusement Tanniversairc. Bordeu le critique par ces mots cmprunlé> à Frejtag : Exiguunt carmina festivum ingenium; quam oh rem a medins rari optima panguntur. Liron (Singularités histor.y t. I, p. 456, in-12) e?t moins sévère pour Dubois, avec lequel, du reste, il était en correspondance. « U continue, écrit-il en 1751, à cultiver de temps à autre la poésie française, et nous avons de lui en ce genre plusieurs pièces remplies de sentiment et versifiées avec beaucoup d*aisance ». La Mettrie, dans sa Polilique du médecin de Machiavel, parle aussi de liuWvs^ow^ k Y^cudonyme de Lignum : « Ceméd«an
DUBOIS (Les). 605
était une espèce de bel esprit ; je ne sçais si ceux qui Tont vu familièrement s'en sont aperçus, mais il est certain qu*il a mis la chirurgie et la médecine en vers et en musique. Il eût mis Uippocrate eu madrigaux » .
Dnboi» (Godefroid). Médecin Zclandais, né en i700, mort le 17 janvier 1747. Il exerça la médecine à Harlem, et professa de 1729 à 1744 Tanatomie, la médecine et la botanique, à Franeker. On a de lui des discours sur diverses matières scientifiques, parmi lesquels : Oratio de utilitate et necemtaie matheseos in physicis.
Dubois (Artoime), baron de TEmpii-e, né le 18 juin 1756, à Gramat (Lot), d'une famille aisée. Après avoir fait ses études au collège de Gahors, il vint à Paris, à Tâge de vingt ans, avec des ressources pécuniaires bien bornées : aussi fut-il obligé de donner des leçons de lecture et d'écriture, et de copier des exploits chez un huissier. 11 commença ses études médicales sous Desault. Reçu maître en chirurgie, puis professeur au collège des chirurgiens (1791), il se livra alors presque eiclusivcment à la pratique des accouchements, et acquit bientôt, dans celte branche si importante de Tart, une grande réputation. Nommé en 1802 chirurgien de la maison de santé, connue depuis sous le nom d*Hospice Dubois, il répandit dans la clinique de cet important établissement les trésors d*un esprit juste, et d'un praticien exercé. 11 possédait une grande netteté d*expositiou, qui rendait ses leçons fructueuses, et qui a formé tant de praticiens distingués. La maison d'accouchements, dans laquelle il succéda à Baudelocque(1810), lui fournit encore, pendant un grand nombre d'années, Toccasiou de déployer toutes les ressources de son talent, et de former une pléiade de sage-femmes, qui ont toujours tenu à honneur d'être ses élèves. L*empereur Napoléon, qui connaissait bien Dubois, puisqu'il avait été accompagné par lui dans la campagne d'Egypte, ne voulut pas confier à d'autres le soin d'assister Marie -Louise dans le difficile accouchement auquel on dut la naissance du roi de Bome (20 mars 1811). On ne racontera pas ici tous les incidents nés d'une présentation de la hanche j et dans quelle perplexité dut se trouver l'accoucheur. Rappelons seulement que, Dubois ayant proposé une consultation avec des confrères, l'Empereur lui dit ceci : c Monsieur Dubois, si vous n'étiez pas ici, c'est vous et vous seul qu'on irait chercher ; retournez près de l'Impératrice et traitez-la comme vous le feriez de lu femme d'un boulanger ». Dubois fut aussi professeur à l'École de médecine de Paris; destitué, en 1822, par un acte arbitraire, il fut rappelé en 1829. La révolution de 1830 Pavait fait doyen; il 86 démit de ses fonctions au bout de neuf mois à l'occasion d'une opération qu'il dut subir, et est mort à quatre-viugt-un ans, le 30 mars 1857. A part quelques articles fournis au Dictionnaire des sciences médicales^ il n'a laissé aucun ouvrage ; il s'est contenté dëlre le plus remarquable clinicien de son temps, et de former de nombreux élèves qui ont toujours honoré sa mémoire.
DaboU (Paul). Fils du précédent, il a su, contrairement à de nombreux exemples, ne pas démériter de son illustre père, le surpasser môme en érudition, et l'égaler par le côté pratique et l'ingéniosité de son esprit. Il naquit à Paris en 1795, et fut reçu docteur le 18 juin 1818; sa thèse inaugurale devait nécessairement avoir pour objet l'art obstétrical : Propositions de médecine^ de chirurgie et d^ accouchements. En 1825, il fut nommé agrégé de la Faculté, après avoir soutenu une bonne thèse sur la Fistule lacrymale* En 1834, il
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arriva à la chaire d'accouchements, et derint doyen après la mort de Bérard. C*est lui qui assista Timpératrice Eugénie dans ses couches, et qui amena ainsi au jour celui qui devait mourir dans le sud de l'Afrique, massacré par des sauvages. Paul Dubois est mort à soixante-seize ans, après une longue et cruelle maladie chronique qui l'avait arraché depuis longtemps à la pratique et à son enseignement. Cet enseignement, qui a formé les plus habiles accoucheurs de notre époque, était très-suivi à cause surtout de la clarté et de la précision du professeur. « Dubois s*est surtout attaché à dégager l'art des accouchements de toutes les superfluités tli^riques dont on semblait l'avoir encombré à dessein, et l'a réduit à l'étude pure et simple d'jun phénomène naturel, d'une fonction physiologique dont l'exécution n'a besoin, dans la plupart des cas, que d'être attentivement surveillée, et pour laquelle la nature se suffisait d'elle-même bien plus souvent qu'on ne le croit et qu'on ne l'enseigne ». En un root, Dubois s'est déclaré accoucheur naturiste.
I. Mémoire tur la cauêe deê prétenlations de la tête pendant taccouelœmeni, et sur le» détermination» instructive» ou volontaires du fœtu» humain. In Mém. de VAcad, de méd.^ t. If, 27 pp., 1833. — II. Convient'ilf dans les présentatiotis vicieuses du fœtus, de revenir à la version sur ta tête. In Méffi. de VÀead, de méd,, t. III, 50 pp., 1833. — III. Mémain 9ur la monstruosité par rapport à t accouchement. In Mémi, de tAcad. de méd., t. II, 14 pp., 1835. — IV. Dans les cas de rétrécissement» du bassin, que convient-il de faire ? — V. Sur Vapplication de l'auscultation à la pratique des accouchements. In Arch. gén. de méd., 1832. — VI. Traité complet de Fart des accouchements. Paris, 1849. A. G.
Dubois (Frédéric). Un des médecins les plus instruits de ce siècle, et qui a acquis la réputation méritée d'un écrivain distingué. Né à Amiens, dans les dernières années du siècle passé, il vint de bonne heure à Paris, suivit les cliniques les plus importantes de la capitale et se fit recevoir docteur le 15 juin 1828. Presque aussitôt il partait pour Saint-Pétersbourg en compagnie d'un jeune Français dont il dirigeait Téducation. Aussi, lorsqu'il reprit sa carrière interrompue, il y apporta des goiUs littéraires qu'il ne devait plus cesser de cultifer. A peine de i*etour, on le voit rassembler les matériaux d'un Traité de pathologie générale, publier presque en même temps un plan d'études médicales, une série de brochures sur la doctrine de Gall, sur celle de Broussais et de Cabanis, et concourir avec succès pour l'agrégation à la Faculté de médecine* En 1856, les portes de l'Académie de médecine s'ouvrirent devant lui, et âla mort de Pariset (1847) les suffrages de ses collègues lui donnèrent le titre et les fonctions de secrétaire perpétuel. C'était sa véritable place. « Il faut loi rendre cette justice, que personne ne lui contestera, c'est qu'en devenant l'administrateur scientifique et littéraire de la compagnie, et, en quelque sorte, soo chargé d'affaires vis-à-vis du public, il comprit l'étendue de ses devoirs, prit ï cœur ses fonctions nouvelles, et porta sa sollicitude sur ses intérêts jusque B fort négligés sous le règne débonnaire de son prédécesseur.. .. Dans les éloges qu'il a eus à prononcer deà académiciens décédés, Dubois d'Amiens, animé delà noble et courageuse ambition de dire à tous la vérité, alors même qu'elle n'est pas agréable à entendre, n'a pas toujours flatté ses modèles et s'est parfois montré hardi jusqu'à la témérité. C'est qu'il avait hâte de porter sur ces personnages l'impartial jugement de l'histoire. 11 pensait que, si le panégyriste peut au seuil de la mort n'exprimer que des regrets, il est bon dans les académie d'ajouter à ces regrets des vérités utiles, et qu'enfin, lorsqu'on n'a plus detant soi que des lecteurs, on ne doit aux morts qu'une seule chose : h justice i
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(Bëclard). Dubois (d*Amiens], après trois années de cruelles soulTrances, alla s*éteindredanssa ville natale. C'était le iO janvier 1875, à Tâge de soixante-quinze ans. il a laissé de nombreux écrits, dont voici la liste :
I. Esêai iur la topographie médicale de Saint- Pétershourg. Thèse, u* 3. Paris, 1828, ia-4*, 31 pp. — II. Examen historique et raisonné des expériences prétendues magnétiques faites par la Commission de CAcad. royale de méd., pour servir à t histoire de la philo- Sophie médicale du dix-neuvième siècle. Paris, 1833, in-8». — III, Histoire philosophique de rhypochondrie et de l'hystérie, Paris, 1833, in-8«. — IV. Traité de pathologie générale, Paris, 48'*7, 2 vol. in-8«. — V. De Vinstinct et des déterminations instinctives dans l'espèce htimaine. In Mém, de VAcad. de méd.^ t. II, 27 pp., 1833. — YI. Remarques psychologiques sur les frères Siamois. In Mém. de VAcad, de méd., t. V, 23 pp., 1836. — Vil. Nouvel/es inductions philosophiques appliquées à V élude de l'idiotisme et de la démence. In Mém. de CAcad. de méd,, t. V, 24 pp., 1836. — VIII. Des émissions sanguines^ de leurs partisans et de leurs détracteurs^ aux différentes époques de la médecine. In VExpérience, t. H, p. 305, 356, 1838. — IX. Traité des études médicales, ou de la manière d'étudier et dert" seigner la médecine, Paris, 1840, in-8*. — X. Histoire académique du magnétisme animal, Paris, 1841, in-8* (en collaboration avec Burdio). — XI. Préleçons de pathologie expérimentale {Première partie). Observations et expériences sur Vhyperémie capillaire. Paris, 1841, in-iS*; — XII. Examen des doctrines de Cabanis^ Gall et Broussais. Paris, 1842, in*8«. — XIII. Fragments d'un travail inédit sur la personne et les écrits de Galien, In r Expérience, t. IX, p. 1, 1842. — XIV. Des progrès récents de la médecine en France, comparés à ceux de la chirurgie. In Mém. de VAcad. de méd., t. XI, 56 pp., 1845. — XV. Histoire des membres de V Académie royale de médecine, ou Recueil des éloges lus dans les séances publiques. Paris, 1845, 2 vol. in'18; 1850, 2 vol. in-18. — XVI. Documents pour servir à Vhistoire de V Académie de chirurgie. In Mém. de VAcad, de méd., t. XVI, 78 pp., 1852 ; t. XX, 20 pp., 1856. — XVII. Éloges des membres de V Académie royale de chirurgie^ de 1750 a 1792 (par A. Louis), recueillis par Fr. Dubois. Paris, 1859, in-18. — XVIII. Éloges lus dans les séances publiques de V Académie de médecine (1845-1863). Tableau du mouvement de la science et des progrès de Vart. Examen et appréciation des doctrines. Études de mtœurs. Portraits, Paris, 1864, 2 vol. in-8*. — XIX. Recherches historiques sur les derniers moments de Louis et de Vicq d'Azyr. In Gaz. méd. de Paris, 1866, n* 40. — XX. Recherches sur le genre de mort de J.-J. Rousseau, In Bull, de VAcad, de méd., t. XXXI, p. 594, 1866. — XXI. Recherches historiques et médicales sur les incidents du meurtre de Jules-César. Paris, 1868, in-8*, 24 pp. — XXII. Recherches historiques sur la vie privée de Vempereur Auguste, sur ses maladies, ses infirmités, et son genre de mort, Paris, 1869, ia-8*. — XXIII. Éloges, ou notices biographiques, insérés dans Us mémoires de V Académie de médecine : Baudelocque (A.-G.), t. XIX, 1855; Boyer, t. XVll, 1853; Broussais, t. XIV, 1849; Caporon, t. XIX, 1855; N. Chervin, t. XII, 1846; Deneux, t. XIX, 1855; Désormeauz, t. XIX, 18S5; Dubois (Antoine), t. XV, 1850; Geoffroy- Sain t-Hilaire (E.), t. XXIV, 1860; Queneau de Massy, t. XXIII, 1859; Uallé, t. XVll, 1853; Magendie, t. XXII, 1858; Pariset, e. XIII, 1847; Récamicr, t. XX, 1856; lûchard (Achille), t. XXV, 1861; Richerand, t. XVI, 1852; Roux, t. XXI, 1857 ; Thénard, t. XXVI, 1863. A. C.
•abois (Émile^Aiiable). Né à Pont-sur-Yonne, le 30 septembre i820, mort à Paris le 7 février 1877; avait été interne des hôpitaux de Paris. Pendant un service à TIIôtel-Dieu, il avait reçu un diplôme d'honneur pour le dévouement avec lequel il avait donné des soins aux blessés de juin i848. 11 (ut reçu docteur le 22 décembre de la même année. 11 exei*ça d'abord à la campagne aux environs de Paris, et obtint là de nombreuses médailles pour vaccinations gratuites et pour soins donnés aux cholériques et aux indigents. En 1862, il vint se fixer à Paris, oîi il mit plus particulièrement à profit les connaissances qu'il avait acquises pendant son internat à la Maternité, et se livra à la pratique des accouchements. Il s'y était fait un nom honorable, quand il succomba aux suites d'un érysipèle contracté dans sa clientèle. Il avait été président de la Société de médecine pratique et il l'était encore de la Société du deuxième arrondissement de Paris lors de son décès. C'était un praticien honorable, plein de cœur et de dévouement. On a de lui, outre divers articles, notes et rapports» les travaux suivants : D.
608 DUBOISINE (chimie).
I. De Vhimorrhagie ombilicale après la chute du cordon. Thèse de docL, 1848. — II. Com d'opération césarienne après ta mort de la mère» In Thèse de doct. de N. Campbell. *- III. Delà névralgie traumatique. In Gaz. méd., i" fév. 1861. — IV. Bhumatisme cérébral après V accouchement. In Gaz. d. hôp.^ 18 oct. 1864. — V. Sur la nature du vaccin. In Courrier médic.^ 12 mars 1870. — VI. Contribution à l'usage externe de la teinture d'iode dans le céphalématome et le masque des femmes enceintes. In Gaz. hehd.^ nov. 1874. — VII. Rapport sur la création d'une école de gardes-malades (lu k la Soc. de méd, pratique^ séance du 5 oct. 1876). D.
;' DUBOISIA. Genre de plantes Dicotylédones, établi par R. Brawn et que les auteurs les plus récents s'accordent à placer dans la famille des Solanacées, tribu des Salpiglossidées, comme établissant le passage aux types irréguliers des Scrofulariacées.
Les fleurs, hermaphrodites, ont un réceptacle convexe, sur les bords duquel s'insèrent un calice gamosépale, court, persistant, à cinq divisions triangulaires peu profondes, et une corolle infundibuliforme, dont le limbe, légèrement bilabié, est partagé en cinq lobes alternes avec les divisions du calice. L'androcée se compose de cinq étamines, insérées sur le tube de la corolle. Quabv. d'entre elles sont fertiles et didynames; quant à la cinquième, qui manque souvent, elle est remplacée par un slaminode postérieur, réduit à une languelle conique très-courte. L'ovaire est entouré d'ua disque hypogyne cupuliforroe, et surmonté d'un style simple que termine un stigmate obscurément bilobé. Il est divisé en deux loges renfermant chacune de six à dix ovules anatropes insérés sur un placenta axile. Le fruit est une petite baie brunâtre, presque globuleuse, qui contient un petit nombre de graines subréniformes, trèsrugueuses extérieurement et pourvues d'un albumen charnu dans Taxe duquel est situé un embryon recourbé en arc.
L'espèce type, D. myoporoidesï^, Br., croit en Australie et dans les îles de la Nouvelle-Calédonie. C'est un arbuste de 4 à 5 mètres de hauteur, à feuilles alternes, brièvement pétiolées, lancéolées-oblongues, entières et dépourvues de stipules. Les fleurs, petites et de couleur blanche, sont disposées, à l'extrémitc des rameaux, « en grappes de cymcs dont les axes secondaires inférieurs occupent l'aisselle des feuilles les plus élevées » (voy. U. Bâillon, Traité de botaniqve médicale, 1884, p. 1209).
Une autre espèce, D. Pituri Bancroft, que F. Hueller avait placée dans le genre Anlhocercis sous le nom d*A.Hopwoodii^ habite la Nouvelle-Galles du Sud et l'Australie occidentale. Elle se distingue de la précédente par ses feuilles plus étroites et par ses fleurs un peu plus grandes, à corolle moins irrégulière et ornée de stries rougeâtres. Ed. Lefkvre.
DUBOISINE. g 1. Chimie. La préparation avec laquelle out été faites les premières expériences thérapeutiques sur- la duboisiue était l'extrait aqueux de feuilles (Bancroft). C'est en traitant cet extrait par l'alcool que Gerrard obtint, en 1880, une substance qu'il nomma la duboisine. L'extrait ayant été épuisé, on distille la liqueur alcoolique : on reprend le résidu ainsi obtenu par l'amoioniaque et le chloroforme. La distillation laisse un résidu alcalin qu'on redissout dans l'acide sulfurique et l'on ajoute de l'ammoniaque. 11 se précipite alors une masse visqueuse et résineuse : c'est la duboisine amorphe. .«
Uu autre procédé, dont Ladenburg est l'inventeur, consiste à traiter le sulfate de duboisine amorphe par le carbonate de potasse et à précipiter la matière résineuse par un sel d'or. Ou obtient ainsi des cristaux soyeux d'un sel double,
DUBOISINE (emploi médical). 609
trës-solubic et représenté par la formule C^H^^AzO'HCUAuCl*. Au moyen de rhydrogène sulfuré, on précipite le métal à Tétat de sulfure et il reste une masse solide, cristalline, dont la formule C^H^AzO', correspond a celle de rhyoscyamine. Ce corps, isomère avec Tatropine, est la duboisine.
Enfin, M. Duqucsnel en a obtenu de fines aiguilles cristallines incolores et disposées autour d*un point central. Cette duboisine est moins soluble que celle de Gerrard, mais forme, avec Tacide sulfurique, un sel neutre et déliquescent.
Les analogies chimiques de Thyoscyamine, de Tatropine et de la duboisine, sont telles que Ladenburg admet leur identité. Cet avis n*est pas celui de Gerrard. D*api*ès ce chimiste, quand on noumet Tatropine à rébullition avec Thydrate de baryle, il se produit une odeur d*aubépine ou d'essence de gaultheria, tandis que, dans les mêmes circonstances, la duboisine dégage une odeur toule différente.
De plus, le coefficient de solubilité de la duboisine dans l'eau serait deux fois plus grand que celui de Tatropine.
g II. Emploi médieai. Les recherches sur le pUuri sont récentes et peu nombreuses ; leurs résultats n*ont pas encore fait l'objet d'observations de contrôle ; enfin on n'a pas encore fixé les indications thérapeutiques de cette substance, ni même tenté son emploi chez les malades. Par contre, le Duboisia myoporoides et son alcaloïde la dubomne ont été l'objet de travaux plus complets. Il faut donc étudier isolément les propriétés physiologiques, toxiques et médicamenteuses des deux végétaux.
I. Propriétés du pitcri (Duboisia Hopwoodii). Cette espèce de duboisia fournit aux indigènes australiens un poison, le pituri ou pitchéré, qui tout dernièrement a été étudié par Sydney Ringer, W. Murrell, Percy et Gabb. D'après Sydney Ringer et Murrell, cette substance est, en effet, très-active. A doses modérées, son administration est suivie d'un état de narcotisme léger, de sali- Tation, puis de la sécheresse des muqueuses et enfin de dilatation pupillaire. Avec des doses élevées, on voit survenir, après la narcotisation du début, un état de faiblesse générale, des soubresauts dans les membres et des secousses musculaires dans le tronc. Enfin les fonctions respiratoires se modifient, la respiration s'accélère, pour s'arrêter ensuite, de sorte que, dans cet empoisonnement, la mort est causée par l'asphyxie, vraisemblablement consécutive à des troubles de l'innervation respiratoire. De plus, d'après H. Bancroft, le pituri agit sur la motricité et provoque des convulsions et des frémissements musculaires. Sydney Ringer, Gabb et Percy, ont étudié 12 fois l'action du pituri sur l'homme. Au mode d'administration par la voie buccale ils préféraient dans leurs expériences la méthode des injections sous-cutanées et employaient des doses de 5 à 6 milligrammes. Quels sont les résultats de ces recherches? Le pituri possède une action vaso-motrice, car, immédiatement après son administration, les téguments deviennent pâles. Il agit aussi sur les organes centraux de la circulation, car l'individu éprouve une tendance à la syncope et présente de l'accélération du pouls. Il agit encore sur la motilité : à preuve ces tremblements rhythmiques de la tête et des membres consécutivement à son administration. Enfin, il modifie encore la respiration, dont il accélère les mouvements avant de les arrêter.
Les sécrétions sont altérées tout au moins quantitativement. Sous rinduence
OICT. EHC. XXX. ^^
eiO DUBOISINE (emploi médical).
du piluri, la transpiration et la salivation deviennent abondantes, d*après tous les observateurs ; on a même été jusqu^à comparer ce phénomène aux augmentations de sécrétion que provoquent les injections de pilocarpine. A ce point de vue cette substance serait donc un antagoniste de la duboisine. Mais il est l^ûtime de se demander avec M. Dujardin-Beaumetz si, en continuant l'eipérience et à doses plus fortes, elle n'agirait pas comme la duboisine, pour modérer el arrêter la salivation et la sudation.
D'autre part, Sydney Ringer et Murrell considèrent le pituri comme ayant une action antagoniste de celle de la muscarine et de la pilocarpine sur le cœur de la grenouille. Il en modifie l'innervation et suspend l'action des nerfs modérateurs. En somme cette substance attend encore une détermination plus complète et moins contradictoire de ses puissantes propriétés.
Le pituri est un mydriatique. Après l'instillation entre les paupières de quelques gouttes d'une solution à 1 pour iOO, la pupille se contracte, mais cette contraction passagère est bientôt remplacée par une dilatation pupillaire considérable : propriété qui rapproclierait donc le Duboisia Uopwoodii de la belladone et aussi du Duboiaia myoporoides.
2^ Action thérapeutique. Le pituri n'a pas encore été employé dans un but thérapeutique. D'ailleurs, avant de faire des essais médicamenteux, il serait nécessaire, est-il besoin de le dire? de fixer plus complètement et plus nettement ses propriétés, d'autant plus que sa toxicité paraît être grande.
Bibliographie. — MrniuT. The Lancet, t. I, p. 106, 1879. — Stdxet Ringui et >V. Ifuiuu. The Journal of Physiol., t. I. p. 337, 1880. — Des mêmes. The Lancet, t. I, p. 290, 1879, et 1" mors 1880. — Des mêmes. Joum. of Phys., l. II, p. 132, 1880. — DuiARDijf-BiAinBn. Dictionnaire de thérap.^ p. 282, 1884. Cu. Elot.
11. Propriétés du duboisia myoporoides et de la ddboislxe. C'est BancroA, comme on l'a vu plus haut, qui le premier essaya sur l'œil l'extrait aqueux des feuilles de cet arbrisseau et constata ses propriétés mydriatiques. Ses expériences avaient été entreprises en 1877, à l'instigation de Von Mûller, et leurs résultats furent alors l'objet d'une communication à la Société des sciences naturelles de Queensland. Peu de temps après Forlescue (de Sydney), Sydney Uinger, puis John Twecdy, constataient que l'extrait de cette plante possédait une action mydriatique plus énergique que celle de l'extrait de belladone. En 1878, Gerrard et Petit isolaient presque simultanément son principe actif: l'alcaloïde auquel on donnait le nom de duboisine. Depuis Galezowski, Fauqué, fiubler, Dujardin-Beaumetz, Desnos, de Wecker (en France), Hermaun, Sch(E(- 1er, Lœbisch (en Allemagne), Risley, W. J. Norris (en Amérique) ; Albini(en Italie), et enfin en Angleterre, ou parmi les compatriotes des premiers observateurs, Gibson, Neale, Wcll, Nellleship, Jones, étudiaient ses propriétés physiologiques, médicamenteuses et toxiques.
\^ Effets physiologiques. De toutes ses propriétés, la mieux connue et celle dont les applications thérapeutiques sont les plus usuelles est l'action de produire la mydriase et de modifier l'accommodation visuelle. De plus, la duboisine agit sur le système nerveux central, sur les activités psychiques, sur la sensibilité, sur les grandes fonctions de circulation et de respiration, enfin sur les sécrétions.
En 1877, Bancroft reconnaissait l^s propriétés mydriatiques àt ce n^l sur l'œil de l'homme cl des ^^ivvmaux^ chat et chien, en emplopnt l'extnut
DUBOISINE (kmploi médical). Gli
de duboisia. Depuis, elles ont clé mieux mises en évidence par la substitution de l'alcaloïde à cet extrait.
En effet, quand on fait usage d'une solution de duboisine au cent vingtième, on observe, peu de temps après Tinstillation, une dilatation manifeste de la pupille. Elle est plus rapide qu'avec l'atropine, car avec la solution à un i/2 pour 100 elle se produit dans Tespace de cinq à huit minutes, tandis que la mydriase atropique dans les mêmes conditions expérimentales demande quatorze minutes. L'augmentation de l'ouverture pupillaire est aussi plus considérable ; car avec la duboisine elle mesure 5 niillimclrcs et avec l'atropine 4 millimètres et demi.
Par contre, la durée de la mydriase duboisiquc est moindre que celle de la mydriase atropique. Risley évalue cette différence du simple au double, de sorte que la duboisine est un mydriatique dont l'action commence plus promptement et cesse plus rapidement que celle de l'atropine.
La duboisine produit aussi des modifications de Vacuité visuelle et de r accommodation. Elles débutent en général immédiatement après l'emploi du collyre à la duboisine, augmentent pendant une heure et demie et diminuent ensuite, pour disparaître définitivement dans l'espace de trois heures. Quand on compare cette action sur la vision à celle de l'homatropine et de l'atropine^ on constate que, pour la duboisine et l'homatropine, le maximum d'intensité des modifications visuelles se montre une heure et demie après la dilatation mydriasique, tandis qu'avec l'atropine il est plus tardif. Mais, si l'on classe ces substances d'après la durée totale de leur action, on voit que l'homatropine est celle dont l'activité est la plus courte, que la duboisine vient après, et que l'atropine possède l'inOuence la plus longue.
Ces résultats diffèrent des faits observés par H. Loison, qui avait constaté la persistance plus durable de la mydriase duboisique. Celle-ci existait, en effet, deux jours encore après l'administration du médicament. H. de Wecker fait remarquer aussi que la paralysie de l'accommodation est totale au moment où la dilatation de la pupille a été produite par la duboisine, tandis qu'on doit faire usage d'instillations successives d'atropine afm d'obtenir ce même résultat : ce ({ui est un inconvénient et une cause d'erreur pour chiffrer rapidement le degré de la réfraction chez les myopes et les hypermétropes. Â ce point de vue, la duboisine l'emporte donc sur l'atropine.
Relativement à son action sur l'accommodation, M. Loison a fait des recherches dont une jeune fille très-hypermétrope était le sujet. Cinq minutes sprès l'instillation, la vue commençait à s'obnubiler; six minutes plus tard la dilatation était déjà manifeste et la gène visuelle augmentait, et à la neuvième aiinute on constatait que les objets extérieurs étaient confusément aperçus. Après onze minutes le degré d'hypermétropie était de quatre degrés à l'optomètre de Jlascart et Perrin. H augmentait jusqu'à quatre degrés et demi vers la quatorzième minute; le lendemain il ébit descendu à quatre degrés et le surlendemain à trois degrés.
D'autre part M. Fauqué estime que le maximum de dilatation pupillaire dure deux à trois jours avec la duboisine, un jour, rarement deux et plus exceptionnellement encore trois, avec l'atropine. En outre, après neuf à dix jours l'action de la duboisine ne serait pas complètement effacée, tandis que celle de l'atropine ce s*étendi*ait pas au delà de sept jours environ. Quel est le mécaidsme de cette action sur la pupille et sur l'accommodation
612 DUBOiSINE (emploi nédical).
visuelle? D*après M. Fauqué, la paralysie porterait directemeat sur les filets moteurs des muscles iridien et ciliaire. On en trouve d*ailleurs une preuve dans ce fait que la mydriase duboisique, tout en débutant presque en même temps que la paralysie de l'accommodation, persiste pendant un temps plus long que cette modification de Taccommodation.
La duboisine agit sur le système nerveux central. Si l'intoxication est légère, l'individu auquel on administre cette substance, éprouve seulement des vertiges et de l'assoupissement. Est-elle plus complète, on observe des troubles circulatoires.
Un jeune tuberculeux, auquel Gubler avait administré un milligramme de duboisine, éprouva aussitôt après des vertiges, de la sécheresse buccale, une diminution de l'activité cardiaque et un état de stupeur ressemblant à celui que produit le Datura stramonium. Le malade était dans une sorte d*ëtonnement. d'immobilité et d'indifférence. Il répondait mal aux questions qu'on lui adressait. Étranger à ce qui l'entourait, il demeurait assis, n'ayant pas l'énergie de faire les moindres mouvements de] déplacement, de s'asseoir ou de se rendre compte de ce qui se passait autour de lui.
 un degré plus élevé, la duboisine produit le coma, parfois même du de'iire et des hallucinations, dont le caractère diffère cependant de celles de Tivresse et de la folie consécutives à l'intoxication belladonée.
Aux troubles psychiques s'ajoutent des troubles de la sensibilité et de la motilité : céphalalgie, sentiment de lassitude, impuissance musculaire et incertitude dans la marche. Après l'administration d'un milligramme de duboi.^iner Gubler constatait, en effet, de l'affaiblissement musculaire et de la difficulté dans les mouvements : cet alcaloïde diminue donc le pouvoir excito-moteur des centres nerveux. De plus, fait dont il faut tenir compte au point de vue physiologique, son action paraît porter directement sur les éléments nerveux, car les mêmes phénomènes s'observent encore sur les muscles d'un membre dans lequel on a par une ligature rcalable interrompu la circulation.
Sous l'influence de cette substance on observe des troubles circulatoires et des phénomènes vaso-moteurs : le pouls s'accélère, ses battements, d*après Sydney Ringer, peuvent s'élever jusqu'à 180 et les pulsations cardiaques sont accrues en fréquence chez les mammifères. A la faible dose de 5 milligrammes, elle augmente la tension artérielle, et, d'après Gihson, elle la diminue, quand on l'administre à la dose iO fois plus élevée de 5 centigrammes. Enfin, i dose toxique, elle arrêterait le cœur en diastole.
Dans les intoxications par la duboisine, l'innervation vaso-motrice de la peau est modifiée; il se produit des taches scarlatiniformes maculant la surface cutanée. 11 est vrai que. pour Gibson, elle agit à petite dose comme un médicament vaso-dilatateur; mais, comme le fait remarquer M. Dujanlin-Beau metz, celte propriété serait en désaccord avec les troubles sëcrëtoires qu'elle provoque.
Dans ses recherches, Gubler constatait que l'administration de la duboisice était suivie d'une accélération des mouvements du cœur et d'une rubéfaction de la peau. M. Dujardin Beau metz a noté des effets analogues, en injectant un quart et un demi-milligramme de duboisine à des malades atteints de goitre exophthai* mique. Les palpitations du cœur étaient atténuées, en même temps que lafa"quence et l'amplitude des battements de cet organe diminuaient.
La respiration est modidée \;ar la duboisine, elle devient jplus rapide et pla$
DCBOISI.NE (emploi médical). ('>i5
active. Gibson qui signale ce phénomène l'explique par une excitation du centre régulateur de cette fonction.
Les modifications des sécrétions salivaire et sudorale furent notées par les premiers observateurs. Blacke et Gubler constataient qu'une injection souscutanée de 1 milligramme de duboisine avait pour effet la suppression des sueurs nocturnes avec la production rapide d'un sentiment de sécheresse de la gorge et de soif vive. Toutefois, à la dose moins élevée de 1 milligramme, il n'en était pas ainsi : la sueur et la salive n'étaient pas diminuas. Sydney Ringer, avait aussi observé les mêmes phénomènes, après l'ingestion d'un seul grain d'extrait de Duboisia myroporoides. M. Fauqué éprouva, une demi-heure consécutivement à l'instillation de deux gouttes d'une solution de sulfate de duboisine au 200"^, une pénible constriction du gosier. Chez quelques individus cette sensation de séclieresse entraine la gène de la parole. Enfm, appliqué sur la muqueuse buccale, cet alcaloïde possède une saveur amère et désagréable, qui est un obstacle à son administration par la bouche.
Ces phénomènes sont constants, et on a pu, par une injection opportune de duboisine, arrêter, comme avec l'atropine, l'hypersécrétion salivaire et sudorale provoquée par la pilocarpine. Quand on l'injecte sous la peau un moment après l'administration de la pilocarpine, on constate en effet la dilatation de la pupille, qui s'était resserrée sous l'influence de la pilocarpine. Aussi M. Fauqué attribue à la duboisine la propriété de paralyser les fibres nerveuses excito-sudorales. Par contre, H. Gibson ne pense pas que celte substance soit uu modificateur de rinnervation sympathique.
En résumé, la duboisine possède des propriétés mydriatiques plus énergiques que celles de l'atropine. Comme cette dernière, elle modifie les sécrétions, produit la sécheresse buccale, des exanthèmes toxiques et des troubles de l'innervation vaso-motrice. Mais, phénomène que l'atropine ne produit pas, elle accélère les mouvements respiratoires. De plus elle peut comme l'atropine être administrée à doses élevées aux animaux sans provoquer d'accidents mortels. H. Fauqué a pu en donner vingt centigrammes à un chien et M. Bochefontaine a vu un cobaye résister à une dose de quatre centigrammes. Enfin, son action sur la circulation est analogue à celle que la digitaline exerce sur le pouls.
L'effet de la duboisine donne facilement lieu à des effets cumulatifs. 11 faut donc, comme l'a noté H. Dujardin-Beaumetz, éviter de continuer trop longtemps l'usage suivi de ce médicament. En effet, à la dose quotidienne de i/4 de milligramme à 1/2 milligramme, il provoquait des signes d'intolérance analogues à ceux que produisent la digitale et la belladone. 11 ne faut donc pas, d'après ce savant observateur, en prolonger l'usage ininterrompu au delà de six à huit jours. A l'extérieur il en est de même et H. Galezowski, comme on Ta vu plus haut, a provoqué parfois des phénomènes semblables au moyen de collyres.
Usages thérapeutiques. La duboisine est surtout employée en ophthalmologie. Quels sont ses avantages et ses inconvénients? D'après Hermann Schœffer, elle serait préférable à l'atropine, parce qu'elle serait moins irritante que cet alcaloïde. Néanmoins Schœler ne partage pas cette opinion, parce qu'il a vu l'emploi de la duboisine être suivi dans trois ou quatre cas d'une conjonctivite folliculaire. Il faut remarquer d'ailleurs, ce qui atténue ces inconvénients.
614 DUBOISINE (emploi MéoicAL).
que Ton observe aussi parfois des irritations conjonctivales consécutÎTes à l'emploi de l'atropine. 11 ne faudrait donc pas toujours mettre en cause Talcaloîde quand il s'agit peut-être de susceptibilités individuelles générales ou bien locales. Cet inconvénient n'est pas le seul qui soit commun à ces deux substances : Galezowski, Tweedie, Nettleship, Jones, ont observé des symptômes toxiques, consécutifs à l'administration de collyres à la duboisine. Un collyre à la duboisine, à la dose de 5 centigrammes pour 10 grammes, dont on administrerait chaque jour 10 gouttes, pourrait provoquer des accidents d'empoisonnement: vertiges, faiblesse musculaire, céphalalgie, et des troubles gastriques. MM. Dor et Alvorado la considèrent comme dangereuse, quand on emploie sous forme de collyres les solutions à 1 pour 800 et 1 pour 500. Des vomissements, de la céphalalgie et des syncopes, pourraient survenir alors, et avec un collyre i 1 pour 400 Alvorado a obsené la production d'une éruption scarlatiniforme. Par contre, elle a l'avantage de pouvoir suppléer à l'action de l'atropine. €hez certains malades, l'emploi de ce dernier médicament est contre-indiqaé, parce qu'il provoque des conjonctivites ou de l'eczéma palpébral. Il est vni que cette idiosyncrasie individuelle relative à l'atropine existerait aussi, comme on l'a vu tout à l'heure, chez d'autres malades pour la duboisine, circonstance qui atténue la valeur thérapeutique de cette substance.
Dans une communication orale que nous devons à son extrême obligeance, M. Terrier déclare préférer la duboisine à l'atropine lorsque les instillations mydriatiques doivent être longtemps continuées. De plus, dans ces conditions, le premier de ces alcaloïdes lui a paju moins irritant que le second. Aussi, poor M. Terrier l'action de la duboisine est aussi rapide, aussi complète et mieux supportée par les malades que celle de l'atropine, comme il a eu souvent l'occasion de s'en rendre compte dans son service de l'hôpital Bichat où il en fait souvent et avantageusement usage.
Quelles sont les indications de l'atropine dans la thérapeutique oculaire? Au nombre de deux, d'après M. Fauqué elles doivent être motivées : 1** par la nécessité de mesurer la réfraction chez les hypermétropes et les myopes, en se mettant à l'abri des erreurs causées par le spasme du muscle ciliaire, c'est-àdire en supprimant l'accommodation ; 2° par l'urgence de remplacer l'atropine et d'éviter les accidents qu'elle produit.
En thérapeutiiiue oculaire on emploie donc la duboisine pour produire li mydriasc et la paralysie temporaire de l'accommodation pendant l'examen delà réfraction visuelle des myopes ou des hypermétropes. D'après M. de Wecker, cette substance permet de faire un examen rapide de l'œil et d'éviter tout soupçon d'erreur par production, dès le début de l'exploration, du spasme de l'accommodation qu'on observe avec l'atropine. M. Noms la recommande aussi parce qu'elle provoque plus rapidement que l'atropine de puissants effets mydriatiques, d'ailleurs toujours prompts à disparaître.]
On s'est demandé si la duboisine pouvait amener la rupture des synécbiesque l'atropine ne peut détruire, en un mot, si sa puissance serait plus grande et plus efficace que celle de ce dernier alcaloïde.
11 est difficile de répondre à cette question, mais vraisemblablement, dans l'espèce, on doit admettre que la puissance de la duboisine n'est pas plus grande que celle de l'atropine. Cependant M. Hermann SchœfTer recommande dans ce but de débuter par l'emploi de l'atropine et de continuer par celui de la duboisine.
DLBOISINE (emploi médical). 615
On a mis à proGt ses propriétés de modifier les sécrétions dans le but de combattre les sueurs des phthisiques. Fauqué, Hirsch, Blak, Gubler, retiraient des effets favorables de Tadministration de 2 ou 3 pilules de duboisine ; les sueurs se supprimaient, et cette suppression, d'après Hirsch, durait de 1 à 2 septénaires. En injections hypodermiques elle procurerait les mêmes résultats.
Le docteur Fielder (de Dresde) a essayé ce médicament sous Tune ou l'autre de ces formes et à Tétat de sulfate, sur cinquante-cinq phthisiques avancés. Dans ces recherches il n'a pas constaté que la méthode hypodermique fût supérieure par ses résultats à l'administration par la voie buccale, bien que dans l'un et l'autre de ces procédés il fît usage de doses équivalentes, c'est-à-dire <le un milligramme à un milligramme et demi.
Dans tous les cas, les sueurs profuses furent combattues avec succès et la répétition de la même dose pendant trois soirs de suite produisait la suppression des sueurs pendant dix jours. De plus, M. Fielder constatait la diminution de l'insomnie et le soulagement des malades sous l'influence narcotique de cet alcaloïde. Toutefois, cette dose de un milligramme a été l'origine d'accidents de collapsus, et chez certains malades on ne doit pas aller au delà d'une injection sous-cutanée quotidienne d'un demi-milligramme.
D'autre part, mais à un point de vue tout différent, on a essayé la duboisine dans les affections de poitrine. Bancroffl espérait tirer parti de son action sur la respiration, et c'est à titre de modificateur de cette fonction qu'il prescrivait cet alcaloïde dans Yasthme. Ces essais étant peu nombi*eux, leurs résultats sont provisoires et incomplets.
Gubler et Hirsch on fait encore usage des propriétés hypnotiques de cet alcaloïde pour combattre le délire maniaque. Dans un cas de delirium tremens où une dose de trois centigrammes de morphine ne donnait que des résultats hypnotiques incomplets, M. Fielder a pu produire un sommeil de sept heures par l'administration d'un milligramme et demi de duboisine.
Enfin, sur les indications de M. Dujardin-Beaumetz, M. Desnos a essayé les injections hy])odermiques de sulfate neutre de duboisine à la dose variable^ suivant la tolérance des malades, de i/2 milligramme à i milligramme, pour combattre le goitre exophthalmique. Sous l'influence de ce médicament, les |ialpitations diminuèrent de violence, la rougeur conjonctivale, la dyspnée, l'angoisse précordiale, les battements et le souffle thyroïdien s'atténuèrent ; les forces revinrent et l'état général des malades s'améliora. De plus, on constatait un abaissement de la température locale et une augmentation de consistance de la tumeur.
Cependant ces résultats favorables ne furent que temporaires ; sous l'iniluence de l'alcaloïde, la maladie subissait seulement un temps d'arrêt. On a donc obtenu de la duboisine une action thérapeutique incomplète, comme celle que donnait l'atropine dans des cas semblables. De plus, M. Desnos signale chez un de ces malades des douleurs, des crampes, dans les régions fessières et postérieures de la cuisse ; phénomènes douloureux, vraisemblablement causés par le médicament et qui disparurent, dès qu'on diminua les doses.
M. Hunt a obtenu les mêmes effets thérapeutiques dans un cas de maladie de Basedow; mais le malade éprouva de î'ébriété et de la somnolence. Le médecin, craignant des phénomènes d'empoisonnement, dut atténuer les doses. C'est encore à titre de médicament vaso-moteur sans doute que M. de Renzi a voulu employer cet alcaloïde, sans succès d'ailleurs, pour combattre le diabète.