DUBOISINË (emploi médical
Enfin, d après Lœbisch, à titre de sédatif, on en fait l*essai dans le traitement de la paralysie agitante et contre les névralgies. La dose quotidienne de 1 i 5 milligrammes était administrée par la voie buccale ou par la méthode hypodermique. Cette dose paraît élevée; elle devait donner lieu à des phénomènes d*intoxication. Les propriétés amyosthéniques de cet agent ont fait espérer, dans les premiers jours de son apparition, qu*on pourrait avec avantage le substituer à Tatropine dans le traitement des affections hyperkinésiques. Jusqu'ici rien n*est venu confirmer ces espérances et n*autorise à substituer la duboisine à la belladone dans les maladies de la moelle épinière.
Empoisonnement par le Doboisia myroporoioes et la duboisine. Pour oom* battre Tintoxication duboisique on recommande de mettre à profit l'antagonisme qui existe entre elle et certaines substances, telles que la pilocarpine et résërine. Les expériences de Sydney Ringer et les observations de Gubler et de filak démontrent aussi Tantagonisme de cette substance avec la muscarine, la duboisine accélérant les battements du cœur que la muscarine ralentit.
Enfin contre ces accidents toxiques, qui établissent encore un lien d'analogie avec l'atropine, on peut aussi administrer du café et faire usage des excitations périphériques : faradisation, flagellation, etc., etc.
Doses et mode d'administration. Dans la pratique ophthalmologique od administre cet alcaloïde sous forme de collyre contenant 0,05 centigranmies de sulfate de duboisine cristallisé^ pour 10 grammes d*eau distillée.
A l'intérieur, on le prescrit soit sous forme d'injection sous- cutanée à un quart, un demi ou i milligramme. Pour combattre les sueurs des phthisiques, on fait généralement usage de ces dernières ou bien encore de pilules, et on renouvelle l'administration du médicament pendant deux ou trois jours. Ces pilules peuvent se prescrire selon la formule indiquée par M. Fauqué : Sulfate de duboisine, 5 centigi*ammes ; miel et poudre de guimauve, q.s., f.s.a. pour 100 pilules. Chacune de celles-ci renferme 5 demi-milligrammes d'alcaloïde.
Contre le goitre exophthalmique, M. Ilunt prescrit la solution suivante : eau distillée, 2 grammes ; sulfate de duboisine, 1/2 milligramme, à prendre en une ou deux fois chaque jour. Voici la formule des injections hypodermiques qu'emploie Bl. Dujardin-Beaumetz : sulfate neutre de duboisine, 0,01 centigramme; eau distillée de laurier- cerise, 20 grammes. Une seringue de Pram, renfermant 1 centimètre cube de la solution, contient donc un demi-milligraoune de substance active. M. Fauqué donne la formule suivante dans laquelle deoi gouttes représentent un demi-milligramme, en admettant que chaque goutte pèse cinq centigrammes : Sulfate neutre de duboisine, 0,50 centigrammes; eau distillée, 100 grammes.
Enfin, comme on Ta vu plus haut, ce médicament ayant des effets cumulatifs^ il faut soigneusement en surveiller l'action et, après quelques jours, en cesser temporairement l'usage. M. Dujardin-Beaumetz recommande même de laisser quelques jours de repos entre chaque injection sous-cutanée pour prévenir les phénomènes toxiques. Ch. Élot.
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DCJBOSCQ DE LA ROBERDIÈRE (Jean-Thomas-Guillaume). Docteur et mailre es arts de rUnirersité de Gaen, docteur en médecine de la Faculté de Paris, où il prit sa première inscription en 1770, associé au Collège royal de Nancy, membre correspondant de la Société de médecine dc Paris. U était de Vire où il exerça Part de guérir, et où il fut médecin des prisons. Nous ignorons Pépoque de sa mort. Dczeimeris cite de lui les ouvrages suivants :
I. Bec/ierches sur la vaccine et sur la méthode de Vinoculêr aux hommes pour les préserver de la petite vérole. Vire, an XI, in-8*. — II. Lettre sur deux petites véroles avec récidive. \ire, 1780, in-8**, 6 pp. — 111. Recherches sur la rougeole, sur le passage des aliments et des médicaments dans le torrent de la circulation, sur le choix des remèdes mercuriels fMwr les maladies vénériennes. Paris, 1770, in-12. — IV. BecJierches sur la scarlatine angineuse, contenant Vhistoire de l'épidémie scarlatineuse qui a régné à Vire dans les années 1800 et 1801. Vire, 1805, in-8». — V. Observations sur la réplique de M. Peyrille. lnJourn.de Vandermonde et Roux, t. XLIII, p. 40, 1776. — VI. Lettre à M. le Gandu de CJiefdubois sur les suites d'une suppression des règles. Ibid., t. XXXIX, p. 149, an. 1773. — Vil. Observations sur une pleurésie terminée le trentième jour par une expectoration critique. Ibid., t. XLI, p. 418, an. 1774. — VIII. Lettre à M. Odter sur la rougeole. Ibid., t. XLVIII, p. 152, an. 1777. — IX. Lettre sur les avantages et les désavantages de l'allaitement maternel. Ibid., t. LIX, p. 330 et 406, an. 1783. A. C.
DUBOUCnET. Voy, DORGEVAL.
DUBOCJEIX. Médecin de la seconde moitié du dix-huitième siècle, a docteur agrégé et professeur en médecine de PUniversité de Nantes, correspondant de la Société royale de médecine de Paris, membre désigné par le gouvernement pour les épidémies dans la subdélégation de Nantes, médecin à Clisson, en Bretagne m (Dezeimeris). On a de lui :
I. Observation sur une épilepsie causée par une suppression des règles. In Journ. de médecine, t. XXX, p. 440, 1766. — II. Observ. sur un enter a-épiplocèle avec étranglement, smri de gangrène, guéri sans le secours de Vopéralwn. Ibid., t. XXXII, p. 458, 1770. —
618 DUBRUEIL.
III. Ohserv. sur un renversement total du corps de la matrice. Ibid., t. XXXIII, p. ^0, ^770. — IV. Histoire de Vétablissement et des succès de V inoculation dans la ville de liantes, etc. Ibid., t. XL1I, p. 53, 1774 (la première inoculation fut pratiquée k Kantes en 1772). — Y. Observ. sur un tétanos idiopathique universel; guéri par let frictions mercu' rielUs. Ibid., p. 215. — YI. Mémoire sur Vilectricité. Ibid., t. LYIII. 1782. — VU. Topographie médicale de la ville et de V hôpital de Clisson en Bretagne. Ibid., t. LXXY, p. 3^, 1788. Etc. L. Uh.
DU BREIL (ANDRÉ). Médecin français, né à Angers, docteur-rëgent en It Faculté de médecine de Paris, et ordonné pour la ville de Rouen, Tun des premiers auteurs qui aient écrit sur la police médicale. Le livre qu*il a publié sur ce sujet [La police de Vart et science de la médecine, contenant la réfutation des erreurs et insignes abus qui s'y commettent pour ce jourd^hui^ très-utile et nécessaire à toutes les personnes qui ont leur santé et leur vie en recommandation; oit sont vivement cou futés tous sectaires, sorciers, enchanteurs, magiciens, devins, pythoniciens, souffleurs, empoisonneurs, et toute racaille de thériacleurs et cabalistes, etc. Dédiée au roi. Paris, 1580, in-8®), ce livre, dis-je, ne présente plus aujourd'hui qu'un intérêt historique au point de Tuede Texercice de la médecine en France au dix-septième siècle.
Haller cite, dans sa Bibl, med, pract., un Discours de Du Breil sur la conservation de la vue (Rouen, 1580, in-8**); Dezeimeris suppose que ce n'est que la reproduction d'une erreur de catalogue qui aurait défiguré le titre de Touvrage indiqué ci-dessus. L. Hn.
Dt'BRUElL (Joseph). Médecin distingué, naquit à Landernenu dans le Finistère, le 14 août 1790. H appartenait à une famille qui comptait déjà plusieurs médecins; son père Jean-François Dubrueil, médecin en chef à Brest, était né le 20 décembre 1754 à Villefranche (Aveyron), et avait été admis à la retraite le l**" septembre 1818.
Joseph Dubrueil fut reçu au concours chirurgien de la marine, docteur en médecine à Paris en février 1813, et fit celte même année la campagne marilime de Hollande sous l'amiral Verhuel. Rentré en France après la paix, il publia ses premiers travaux en analomie et gagna l'amitié de Droussais et de Geoffroy Saint-Hilaire. Il avança rapidement et partit eu qualité de chirurgien chef de la frégate VExirydice pour les Antilles oii il passa en station les deux années 1816 et 1817; là, il combattit avec un rare courage l'épidémie de fièvre jaune qui désolait ces malheureuses îles et sur un rapport élogieux ùt M. de Mackau, commandant de la station des Antilles, fut nommé chevalier de la Légion d'honneur, distinction alors peu prodiguée aux médecins.
« Après une carrière maritime qui a laissé de beaux souvenirs, dit Bouissoo, Dubrueil fut successivement nommé à l'enseignement de Tanatomie dans les écoles de Rochefort et de Toulon. Le talent qu'il déploya dans ses leçons, et les succès qu'il obtint, le désignèrent naturellement pour la cbaire d'anatomie qu'on venait de créer à Montpellier, et son entrée à l'école fut un événement. L'anatomie... se releva sous l'effort de sa parole ardente, de son zèle infatigable, de son caractère organisateur... Notre Musée, jusqu'alors dénué, se peupla de belles préparations; l'amphithe'âtre anatomique, presque abandonné, se peupla d'auditeurs; des enseignements particuliers surgirent avec éclat autour de celui qui l'avait heureusement inauguré... L'histoire de notre École dira un jour quel effet fut produit ici par l'association de son influence avec celle de $e5 éminenis collègues Delpech, Dugès^ Lallemand... Ils ont ajouté le fait à l'idée,
DUBRDNFAUT. 619
rendu la théorie moins abstraite et Tobservation plus féconde. Le développement
de ce genre de progrès fut encore le caractère distinctif du décanat de Dubrueil...
Abdiquant Tolonlairement les fonctions administratives, Dubrueil, qui venait
de payer un nouveau tribut de dévouement pendant le choléra qui, en 1855,
ravagea le midi de la France, a voulu consacrer le reste de sa carrière à des
publications scientifiques. Déjà de nombreux mémoires sur Tanatomie patlio-
logique et Tanatomie comparée avaient donné la mesure de ce qu^on pouvait
attendre de lui... Pendant les quinze dernières années de sa vie, il a déposé
dans des mémoires pleins d'intérêt, dans des livres..., le produit de ses riches
connaissances anatomiques ou de son expérience médicale. Des observations originales sur les caractères ostéologiques des races humaines, des recherches
nouvelles sur les lésions organiques du cœur et les anévrysmes de l'aorte, et
surtout son beau Traité des anomalies artérielles^ tels sont les ouvrages sur
lesquels Dubrueil a su fonder une gloire durable et les titres qui expliquent
et justifient les sympathies de ses collègues, la reconnaissance de ses élèves. »
Dnbiiieil mourut à Montpellier le 19 novembre 1852. Nous citerons de lui :
I. Eêsai sur les cas qui nécessUrnt l'amputation des membres. Th. de Paris, 1813, in-4«, n* 16. — II. Description de deux doubles monstres humains, dont len corps sont opposés run à rautre, accouplés et soudés par les bassins, etc. Ipà Mém. du Muséum d'hisL nat., t. XV, p. 245, 1827, 5 pi. — 111. Mémoire sur la fièvre jaune , communiqué par Kéraudren. lajourn. universel des se. méd., t. VIII, p. 317, 1817. — IV. Observations sur la perfora^ tUm de Vœsophage et de Vaorte thoracique par une portion tfos avalé, avec des réflexions. fa Journ. universel des se. méd., t. IX, p. 357, 1818. — V. Observation d'un ramollisse' msnt du cerveau ^ avec hydropisie de ses ventricules. In Annal, de la médecine physiol., i. I, p. 495, 1822. — YI. Réflexions sur un cas d'angine laryngée oedémateuse, observée dant le service du professeur Delpech, et sur V angine laryngée œdémateuse aiguë. In Mémorial des hôpitaux du Midi, t. I, p. 28, 1820. — Vil. Note sur une ostéite développée dans l'œil. lt»id., id., p. 152. — VlII. Analyse du c Traité d'orthomorphie de Delpech. » Ibid., id., p. 139, 200 et 261. — IX. Recherches anatomiques louchant une épidémie catarrhale observée à la clinique médicale de Montpellier, pendant l'hiver, de 1828-1829. Ibid., id.. p. 222. — X. Constipation opiniâtre déterminée par la présence (Tune valvule dans Vintetiin rectum. Contraction spasmodique du sphincter anal. Fissure à l'anus. Opération, fuérison. Ibid., id., p. 397. — XI. Sur la mélanose. Ibid., id., p. 508. — XII. Fœtus mort em naissant; ectopie de la veine cave supérieure et des veines pulmonaires droites; hypertrophie des veines thyroïdiennes. In Mémorial des hôpitawr du Midi, t. II, p. 224, 1830. —
XIII. Analyse de la K« lettre du professeur Lallemand sur l'encéphale. Ibid., id., p. 245. —
XIV. Réiinite. Cataracte capsulo-cristalline, opération par abaissement et broiement. In^ flmmmation de la rétine. Érysipèle de la face ; arachnitis. Guérison. Ibid, id., p. 412. —
XV. Artérite et phlébite. Ibid. id , p. 549. — XVI. Une observation d*hémorrhagie de la pmume de la main, ayant nécessité la ligature de V humera le. In Cas, médicale, 1834. — XVII. Une observation de luxation de la IHe du péroné ^en arrière, produite par la contraction du biceps crural. In Journ. de la Société de médecine de Montpellier, juin 1841. — XVin. Observations et réflexions sur les anévrysmes de la portion ascendante et de la crosse de t aorte. Montpellier, 1841, in-8*, 6 planches litho^raph. — XIX. Observation d'une rup^ iure du cœur étendue de la base au sommet des ventricules. Réflexions sur les ruptures du €€Bur considérées en général. Montpellier, 1842, in-S", avec 1 planche cbromolithogr. — XX. Des anomalies artérielles considérées dans leurs rapports avec la pathologie et les opérations chirurgicales. Paris, 1847, in-8*, avec atlas in-4* de 17 pi. color. — XX. Avec Mpech : Sur l'artérite et la gangrène momifique. In Mémorial des hôpitaux du Midi, t. I, p. S et 35, 1829. L. II.x.
PVBBUKFAUT (Augustin-Pierre). Chimiste de très-grand mérite que ses trâraux sur Tosmose nous font un devoir de mentionner ici. Il naquit à Lille le i*' septembre 1797. Sa vie tout enlière a été consacrée à Tétude, à renseignement et aux recherches scientifiques. Il fut d*abord professeur de chimie industrielle à TÉcole du commerce. Lors de Texposition universelle de 1855, il obtint une médaille d'honneur et la croix de chevalier de la Légion d*honneur, en récompense
de ses travaux et de ses inventions, et, en 1880, il fut promu au grade d'of&cier. Il mourut asphyxié par accident le 7 octobre 1881, à un âge Irès-aTancé.
Dubrunfaut a fait beaucoup pour propager renseignement des applications de la chimie à Tindustrie. Mais il a surtout attaché son nom aux applications industrielles de losmose. Il a autant de droit que Graham à la découverte de la dialyse, et c*est précisément celle-ci qui est appliquée dans son procédé de séparation du sucre contenu dans les mélasses {voy» Dialyse). Il a beaucoup perfectionné la distillation des produits de la fermentation du jus de betteraves. Nous devons mentionner encore ses travaux sur la mcUtosef variété de glyoose qu'il a donné le moyen de fabriquer dans un grand état de pureté et qu'il se proposait d'employer comme succédané du sucre cristallisable dans une foule d'opérations industrielles, notamment dans le sucrage des vendanges; il méditait même de préparer, à Taide de la maltose, une bière artificielle, saine et de boa goût. La mort est venue interrompre ses travaux qu'il poursuivait sans relâche dans son laboratoire de Bercy. H paraît que la veille même du funeste acddeot qui mit fm à ses jours il s'occupait d'un traité sur la Longévité humaine, sujet que son grand âge lui permettait de traiter en parfaite connaissance de cause.