L. Un
DUCROTAY DE BLAIMVILLE. Voy. Blalnville.
DUDAlSf . Linné a donné ce nom à une espèce de Cucurbitacée, le Cucumis Dudatm, que plusieurs auteurs supposent être la plante nommée Dudaïm au chapitre xxx de la Genèse, et que, dans la plupart des traductions, on appelle mandragores. Cette espèce a exercé la sagacité des commentateurs, qui y ont vu tantôt une orchidée, tantôt une banane, tantôt la ligne, la fraise, etc., etc. 11 est bien difficile de déterminer cette espèce avec le peu de renseignements que fournit le récit biblique. Pl.
Bibliographie. — Hieron. Tragus, p. 891-892. — Sprexgel. Hist. Rei herb., 17. — Mérat et OB Lbrs. Dict. Mat. méd., IL 692. Pl.
DIJDE DE LAON. Le médecin qui paraît avoir eu le plus de faveur à la cour de Louis IX, roi de France, et qui suivit le saint roi dans ses aventureuses expéditions, fut Dude, Dudo, ou Dudon, « clerc et physicien » [voy, ce dernier mot). Natif de Laon, chanoine de Téglise de Paris, ce dévot personnage eut Thonneur de soigner Louis IX dans la maladie qui Tenleva sur la terre africaine, et il reçut le dernier soupir du roi chrétien. Voulant témoigner à Dude leur reconnaissance pour le dévouement qu*il avait voué à leur père et à la chrétienté, Philippe le Hardi et Philippe le Bel rattachèrent à leur personne. Nous pour-
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rions mentionner certains comptes de la maison de ces deux rois oh Dude est^ en effet, distingué comme « physicien », avec les appointements suivants : t Dixhuit deniers de gages, trois provendes d*avoine, un vallet mangeant à la cour, un paquet de chandelles, et silx sols pour toutes choses quand le roi sera à Paris. » Nous le verrons, sous Philippe FV, remplir à la cour des fonctions analogues à celles de nos médecins consultants modernes, n'être « mandé » à b cour que dans des circonstances exceptionnelles, et recevoir alors ses « manteaux » , c'est-à-dire être gratifié d'honoraires autres que ceux des médecins ordinaires. Dude fut donc médecin de trois rois, et conserva ces fonctions pendant plus de vingt-cinq ans. Il mourut aux quatrième nones de juin, c'est-à-dire le 2 juin. Mais en quelle année? C'est ce que ne dit pas le Cartulaire de Notre- Dame, qui lui paye un juste tribut d'hommages pour ses bienfaits envers l'église métropolitaine de Paris. Ce médecin avait amassé de grands biens. Il en laissa une partie au chapitre de Notre-Dame. Le nom de Dude est célèbre dans la chrétienté; le trentième miracle de saint Louis l'a immortalisé. GeofTroy de Beaulieu, confesseur de Louis IX, nous a laissé les détails très-circonstanciés de ce miracle. Mais il nous suffira de traduire ici la narration moins prolixe de Guillaume de Chartres, chapelain du monarque, témoin oculaire :
« Maître Dude, physicien et clerc de notre seigneur le roi, avait acconopgné le roi Louis, de sainte mémoire, sur la terre de Carthage, et l'avait assisté dans sa dernière maladie et jusqu'à sa mort. 11 revint en France avec le roi Philippe. Peu de temps après la sépulture du glorieux roi (1282), étant à saint-Germainen-Laye..., maître Dude se sentit tout à coup gravement malade, et fut saisi de fièvre assez aiguë. Le lendemain il bO rendit comme il put à Paris, et alla coucber au palais du roi. La maladie lit tant de progrès que tous les médecins, et maître Dude lui-même, commençaient à désespérer. Le quatrième jour de U maladie... sentant dans sa tête une douleur insupportable, il commença à invoquer avec effusion le saint roi, disant : « lia! seigneur roi! j'ai été votre clerc, et je crois que vous êtes saint. Venez à mon secours, je vous en conjure, dans mes maux, et je veillerai toute une nuit sur votre tombeau. » Après avoir prononcé ces paroles, il s'endormit profondément, et se trouva, dans son sommeil, transporté devant le tombeau, sur lequel il vit un autel en forme de cercueil. Là lui apparut le roi Louis, debout et comme sortant du cercueil, tenant so& spectre royal à la main droite... H dit ces paroles en latin : « Me voilà : que me veux-tu? Tu m'as beaucoup invoqué. » Et le malade s'écria en pleurant •* Au nom de Dieu, Seigneur, secourez-moi » « Ne crains rien, répondit le saint roi : tu guériras de cette maladie ; pourtant, tu as dans le cerveau une humeur corrompue, vénéneuse et obscure, qui t'empêche de reconnaître ton Créateur. Voili la cause de ton iniirmité, et je vais l'enlever. » Alors, d'une main il saisit U tête de maître Dude, appliqua le pouce de l'autre main entre le nez et le sourcil du côté gauche; puis, plongeant ce pouce et un autre doigt dans le nez malade, il en retira gros comme une forte noix d'une humeur corrompue, vénéneuse et fétide. 11 dit alors : a Tant que tu aurais eu cette humeur dans la tète, tu n'eusses pas guéri. t> Puis il disparut à ses yeux. Maître Dude ne fut pas plus tôt éveillé qu'il se sentit guéri... et il raconta à tous les assistants qu'il ne sentait plus déjà sa douleur de tête. On craignait vraiment qu'il ne fût fou. Vais il raconta la vision, et la nuit même, c'est-à-dire le quatrième jour de la maladie, après des frissons et une forte sueur, il fut tout à fait guéri, ce qui» au dire des autres médecins, n'arrive que rarement, ou même jamais» par les seok