‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 2)Chapitre 61 sur 75 · DUPRÉ · texte numérisé non relu

DUPRÉ

DVPORTJlL (AiNTOiNE-SiMON-JuDE). MédecÎD et chimiste distingué, né à Caraman, le 28 juillet 1777, fit ses premières études au Collège des Esquilles, à Toulouse, puis fut, à Tàgc de dix-huit ans, envoyé comme élève entretenu dn district de Revel auprès de TÉcole de santé de Montpellier. Il s*y livra avec ardeur à Tétude de la médecine et s'appliqua particulièrement à la chimie, à la physique et à riiistoirc naturelle. 11 fut reçu docteur à Montpellier en 1799, après avoir soutenu une thèse sur V Application de la chimie à la médecine et, peu après, (ut nommé, au concours, chef des travaux chimiques de la Faculté. « Â partir de ce moment, dit Dumas, il se livra à renseignement avec enthousiasme et, se multipliant en quelque sorte, il inaugura, dès 1801, des coui*s particuliers de chimie et de pharmacie, tandis qu*il prodiguait ses soins comme orGcier de santé aux malades de nos hôpitaux militaires, partageant ainsi, avec un dévouement au-dessus de tout éloge, son temps et ses veilles entre la science et ses obligations professionnelles ». En 1805, la Faculté le désigna pour occuper le poste de professeur de physique au Collège de Sorrèze, fonctions dont il s'acquitta avec le plus complet désintéressement.

Vers cette époque, il collabora avec Adam à perfectionner les procédés de distillation de Talcool et à appliquer Tappareil de Woolf à cette distillation. « Au milieu de ces travaux, Duportal n*en lit pas moins de fréquents voyages à Paris, où, grâce au patronage de Chaptalet à des relations fréquentes avec Yauqueliu, Thénard, Orfila, il se fit connaître de M. de Fontanes, alors grand-maitre de rCniversitc, qui se l'attacha comme secrétaire particulier et en compagnie duquel il fit plusieurs voyages dans le midi de la France et même en Italie ». Le 14 novembre 1809, il fut nommé professeur de physique et de chimie au lycée de Montpellier, puis le 19 mai 1810 conservateur des collections de la Faculté de médecine et professeur adjoint de physique à la Faculté des sciences, le 15 octobre suivant. Âla même époque, il recevait deux médailles d*or que Fillustre de Humboldt lui adressait de la part de son souverain, à Toccasion de son mémoire sur le procédé d*Adam (Recherches sur Vêlai actuel de la distillation du vin en France et sur les moyens d'améliorer la distillaliondes eaux-de-vie de tous les pays, Paris, 1811, in-S^', iig.). Plus tard ce même travail fut récompensé par le czar Alexandre t' do don d'une bague en brillants d'une grande valeur. Le czar voulait même s'attacher le savant professeur et l'emmener aveclui, mais b'amour de la patrie prévalut et Duportal revint à Montpellier vers la lin de 1814, et y reprit ses diverses fonctions.

Le 15 avril 1817, il se fit recevoir docteur en pharmacie et, peu après, fut nommé professeur-adjoint de l'École de pharmacie, puis, en avril 1822, devint professeur titulaire, et, en décembre de la même année, professeur de pharmacie à la Faculté de médecine. Plus tard, sa nomination de directeur à l'École de pharmacie et celle de chevalier de la Légion d'honneur vinrent compléter sa carrière. En 1856, il dut renoncer à toutes ses fonctions et se retira avec le titra de professeur honoraire de l'École de pharmacie et de la Faculté de médecine. 11 mourut à Montpellier, le 5 octobre 1861, entouré de la sympathie et de l'estime universelles. L. Hm.

BUPKÉ (Guillauiig). Médecin du prince de Condé, en 1648, médecin de THôtel-Dieu de Paris, en 1638; il était du diocèse de Coutances, et fut reçu docteur de la Faculté de médecine de Paris, le 23 décembre 1626. Nous connaissons de lui :

670 DUPUIS (Us).

Quœsiio cardinalitia matutinis dUputationibui dùcutienda in schoiis medieonuH

moderaiore Joanne de Gorris An medicorum Paristemium fréquentes phlebo'

iomia^ jure vel injuria acciuenturf Lutetise, 1625, in-fol. piano. A. C.

DVPRÉ DE L'ILES, médecin du comte de Provence (Loais XVIU), du département de la marine, et de la prévôté de l'hôtel du roi, est auteur des ouvrages suivants :

I. Traité des maladies de la poitrine connues sont le nom de phthisie pulmonaire^ oy Von développe le» causes qui concourent à les produire, les accidents qui en résultent, el la manière de les traiter dans les différents degrés. Paris, 1769, in-lS, XIY, 335 pp.- IL Traité des lésions de la tète par contre-coup, et des conséquences pratiques. Paris, 1770, in-12, XVI, 150 pp. — III. Traité sur le vice cancéreux, oii Von développe les causes qui concourent à déterminer sa nature^ ses effets dans les différents degrés, et la manière dt les prévenir et de les combattre, avec un traitement particulier sur les tumeurs sqm'rrkeMses et chancreuses de tous les viscères internes, mais surtout des tubercules des poumons. Puis, 1774, 2 vol. in-I2. — IV. Dissertation académique sur la fièvre miliaire des femmu n couches, Paris, 1779, ia-12, VIII, 102 pp.

Pour donner une idée de la valeur de Tnuteur de ces ouvrages, nous copions, comme Ta fait déjà Dczeimeris, une note manuscrite apposée par Lassus cl Peyrilhe sur l'exemplaire du Traité sur le vice cancéreux qui est à la bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris : ci Si la postérité daigne jeter les yeux sur ce livre, elle croira qu'on s*est trompé sur le titre, et qu'au lien de d774 on a voulu mettre 1574. 11 est impossible de rassembler dans un volume plus d'inepties qu'il y en a dans celui-ci. Ce livre, classé dans la bibliothèque de M. Lassus, s'est réfugié dans la mienne, et de la mienne est passé dans celle du Collège de chirurgie, où, pour parler dans le genre de M. Lassas, on peut dire que doivent se trouver Stercora et Gemmœ. » A. C.

DU PL'I (Meikard-Simon). Médecin hollandais de mérite, né à Enkhuizen, dans la Frise occidentale, fit ses études à Groningue et à Leyde, fut reçu docteur eu philosophie à TUniversité de Groningue en 1775, docteur en médecine î celle de Leyde en 1 780 ; peu après il fut nommé professeur d*anatomie et do chirurgie à Alkmaar, et en 1791 professeur extraordinaire d'accouchements el de chirurgie pratique à Leyde, enfin professeur ordinaire en 1795, et ven U même époque président du Collège de chirurgie.

La grande réputation dont il jouit le fit nommer médecin du roi. Il mourut ii Leyde le 14 juin 1834, à un âge très-avancé. Nous mentionnerons de lui :

I. Dissert, inaug. de homine dextro et sinistro, Lugduni Batav., 1780, in-8*. II. ÙrsUo

initialis de leyum naturalium vi et ratione, in usum artis chirurgicae atque obstetriàst prudenter adhibendis. Lugduni Batav., 1791, gr. in-4*. — III. Yerkandeling over de «yu van steensnyden van Moreau, In Verhandel. van het Utregtschen Genootsch., Deci. i, Bl. 813. — IV. Yerkandeling over de ontbinding van de verduisterte lens erystallina, in het waterachig vogt van ons ogg, en de voordeelen, welke daar door verkreegen worden m de bewerkinge van de herstellinge van het gezicht, Ibid., Deel. 21, Bl. 68. Etc. L. Hs.

DUPUIS (Les).

Dupais, en latin Potaneus (Guillaume). Il était de Blangy, comme il nous rapprend lui-même dans les préfaces et les dédicaces de ses ouvrages, qu^il signe toujours Putaneus Blangiacus et civis Gratianopolitanus. Il rint se fixer à Grenoble vers le commencement du seizième siècle, et y exerça longtemps It médecine avec une grande distinction. 11 était en même temps professeur k

DU PUY (Les). 671

l'Université de cette ville. Ou a de lui quelques écrits, qui jouissaient autrefois d'ane certaine autorité :

1. PUébotomie artificielle, utile aux médecins et trèe-nécenaire à tout les chirurgiens et barbiers. Lyon, 1536, in-8*, goth. — II. Joannis Mesue^ medici prœslantisimi, Aloen

aperire ora venarum Defensio, adversus Joh. Manardum^ Leonharlum Fuchsium et

altos. Lyon, 1537, in-8*. -— HI. De medicamenlorum quomodocumque purgantium FacuU iaiibus. Lyon, 1552, in-4»; 1054, in-8». A. C.

Bnpais (LoDis). Fils du précédent, né à Romans (Danphiné). Il vivait au seizième siècle. Il donna des leçons publiques de médecine c avec grande fréquence d*écoliers », ainsi qu'il l'écrit lui-même, à Paris, en 1541 et 1542, puis a Poitiers en 1544. Il a laissé trois rarissimes traductions du grec, qu*il exécuta, dit-il, « par esbat et exercitalion de style. » Ce sont : Les Épistres de Diogène^ philosophe cynique, œuvre trèn-ulile et nécessaire^ pour en seule véne'ration de vertu obtenir , vraye liberté d'esprit et parvenir au mespris et cotemnement de toutes les choses humaines; on les vend à Poistiers, à renseigne du Pélican, M.D,XLVI. Vol. in-8* de X! feuill. — Traduction des Commentaires d'Ammonius sur les Institutions de Porphyre, Paris, 1542, in-fol. — Traduction du dialogue de Lucien, de V Amitié (T6;a/>i;) (extrait de la biographie Didot).

BU PUY (Les).

Puj (Jean). Médecin de la duchesse de Mantoue (1635), médecin de la duchesse de Nevers (1635), enûn, médecin du roi (1636). Michel de Marolles appartenait par alliance à la famille des Du Puy, au pays de Forest. Il donne la généalogie de cette famille (Mémoires, 1645, in-4®, p. 404), et fait Jean Du Puy fils de Louis Du Puy et de Jeanne Aumaistre de Marcigni. Lui-même épousa, en 1621, Étiennette Brisson de Nevers. Le même abbé, en citant tous ceux qui lui avaient donné de leurs livres (Mémoires, édit. de 1855, in-12<», l. 111, p. 543), s'exprime ainsi : a Jean Du Puy, de Saint-Gaimier, médecin très-savant, à qui je me sens grandement redevable pour les soins qu'il a pris de moi quand je fus si dangereusement malade. Tannée même qu'il mourut, âgé de quatre-vingt-deux ans, \)Out quelques vers moraux qu'il composa sur la fin de sa vie. » En eifet, notre médecin était lié d'amitié avec le poète nivernais, Adam Biliant, ou plutôt maître Adam, le Virgile du rabot; celui-ci lui adressa, à Toccasion des étrennes, un sonnet où nous tirons les vers suivants, où il s'agit de sa fille Marie :

Marie onre à tes pieds toute sa destinée : Tu peux en disposer, puisqu'avec ton savoir, Au mépris du trépas, tu me Tas redonnée.

Plus tard, Du Puy, n*otibliant pas ce sonnet, décocha au poële-menuisier une épigramme qu*on trouve dans les œuvres de H. Adam, dans les « Approbations du Parnasse » : Les Chevilles de M. Adam, menuisier de Nevers, Rouen, 1651 (2«édition), in-12, p. 47. A. C.

Ba Pny (Gaspard -CocHon). Médecin fort distingué du siècle dernier. H était de la Faculté de médecine de Paris, ob il fut reçu docteur le 23 septembre 1733, et était né à Niort, département des Deux-Sèvres, le 1 1 avril 1074. Nommé d*abori médecin de la marine do Rocliefort, puis professeur d*anato-

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mie et de chirurgie au fort de cette ville, il y mourut le 10 octobre 1757, à rage de quatre-vingt-trois ans. Cochon Du Puy avait le litre d'écuyer, et Ol partie de iWcadémie des sciences (1726). On trouvera les détails les pins circonstanciés sur la vie et les travaux de cet éminent médecia dans Lefèvre (HisU du serv.de santé de la manne milit,^ Paris, 1867, in-8«. Voici la liste des ouvrages qu*il a laissés :

I. Vlrum in tripUci corporis cavitale diversus sanguinis motutf (AIT.). Président: II.-T. Baron fils, 1732. — II. An aèr calidus siccu» salubriùr? (Aff.). Président : G.-A. Jacques, i732. — III. An à solU relaxantibut nephritidis tuia curatio? (Aff.). Président : L.-I. Pousse, 1733. — IV. An posl gravent ab icttt vel casu violenta capitis amituionem, etiam mediocriter suspecta cranii fractura vel fissura^ cutis unà cum pericranio ad oê iiffue incidendaf (Aff.)- Président : G.-J. de L'Epine, 1734. — Y. Histoire d'une enflure trhparticulière du bas-ventre, Rochefort, 1698, in-12. — VI. Manuel des op^rmii0ns ie chirurgie^ extrait de$ meilleurs auteurs. Toulon, 1726, in-12.

Dn Puy (Alexis-Casimir). Un des vétérinaires les plus savants et les plus distingués de ce siècle. Fils d*un cultivateur maître de poste, il naquit à Bretcuil (Picardie) le 27 septembre 1774, et apprit de bonne heure à connaître par expérience tout ce qui savait occuper sa vie studieuse; il fît d'assez bonnes études au collège de Beau vais, et ensuite au collège Louis-le-Grand à Paris; il en sortit eu 1792, s'enrôla dans les armées républicaines, et mérita à Jemmapes d*étre nommé porte-drapeau. Licencié en 1795, il fut envoyé à TÉcoIe d^AU'ort, où il obtint toutes sortes de succès, et dès le 14 janvier 1798, âgé alors de vingt-trois ans, il fut élu par concours professeur de botanique et de matière médicale dans cette école, et le 6 février 1821 il entrait à l'Académie de médecine, section vétérinaire. Lié intimement avec Dupuytren, il a pnblié, en collaboration avec ce dernier, les résultats de leurs recherches et de leurs expériences d'anatomie pathologique.

Dupuy est mort à Paris le 24 septembre 1849. La liste suivante montrera la nature et Timportance des travaux du laborieux professeur de l'école d'Airort :

I. Mémoire sur la section du nerf pneumogastrique (en collabor. avec Dupuytren). In Bull, de Vïnstituty 1807. — II. Rapport sur les travaux de VÉcote impériale d'Alfort, Ibid., 26 avril 1812. — III. he l'affection tuberculeuse vulgairement appelée morve, pulmome, gourme, farcin, fausse-gourme, pommelière, phlhisie du singe, du chat, du cAten, de* oiseaux domestiques, comparée à l'affection hydatique ou pourriture du mouton, du lapia, du lièvre, et à la ladrerie du cochon. Paris. 1817. — IV. Comptes-renduM des travaux de r Ecole d'Aï fort, en 1821. — V. Expériences pour faire développer des maladies artifieielUt sur les animaux, 1823. — VI. Rapport sur un prétendu empoisonnement par des gobbes. Paris, 1824. — VU. Transfusion pour constater les effets de la noix vomique, 1826. " VIII. tiotes sur V inoculation de la morve aiguës 1827. — IX. Rapport au Préfet des Pyràtées- Orientales sur les fièvres paludéennes des moutons, 1828. — X. Réflexion» et expérienca sur l'injection des médicaments dans les veines, 1830. — XI. Observations de rage dans le bœuf et le cheval, 1830-1834. — XII. Des altérations organiques observée» à FouverUpr d'un bœuf de cinq ans. In Mém. de l'Acad. de méd,, t. III, 5 pp., 1833. — XIII. Rapport sur une épizootie (en collabor. avec Fodéré). In Mém, de VAcad. de méd., t. III, 18 pp.. 1S33. — XIV. Mémoire sur une maladie grave du mouton, expliquée par les principes éc r hygrométrie. In Mém, de l'Acad. de méd,, t. VII, 13 pp., 1838. A. G.

Du Puy (Hekri). Médecin de saint Louis. Pour avoir voulu se mêler de choses qui ne regardent guère la médecine, et pour avoir un instant attaché à son bonnet doctoral les titres de garde de la prévôté de Ghâteau-Neuf-Saint-Gervais, et de garde de la prévôté de Pont-Château en Auvergne, il déchaîna contre lui une grande calamité : il fut accusé de malversation dans l'exercice de ses fonctions prévôtaleSy et destitué, et le roi de France, Philippe le Bel, ordoima à son bailli

d'ÂUTergne, Gënrd de Piuode* de proc&ler à aoe mstrucik» de ^«(Elin^« Grke à Dieu ! la robe nbebisteniie iie fat pas Uchêe« el naître Henri «Miil victorieux de Teequile, recoimn oomme un homme i fidèle, prudent et |M[t4^ ». Nui» qai sait sll edt obtenu une râiabilitition aussi complète* sans la qualuè \k « derc pbysic^ do roi » et sans la touchante interrention d*une noble priiKesM" dont il était également le médecin ! Voici une lettre curieuse, une Ultre nùsuÙTe, — docnment si rare pour cette épo<]ue, — que la petite-lille de saint Louis, Blanche de Boulogne, écrirait le lendemain de la Sainte-Lucie (I t dtVemIure 1505) à GeolTroy du Plessis et à Tarchidiacre de Bruges, les priant iustanuneiil qa*il n'arrive aucun mal à son i ami physicien i :

c À discret! ornes, hooonbles e sages, ses bons amis, larcediacre de Rruges e mealiN' Jofroy doQ Plessis, Blanche de Bologne, fille monseignour le comte de Clernu^nti salut et bone araoar. Segneurs, come ma dame la roine, cui Dieus as olle. à la requeste de daiiioiaeUe Varguarite, ma suer, e a la rooie, par les letres nostre segneur le roy, ait fet establir noieres publis Pons Cbampels, emi Colas Chasadc et Remoa de Mauiiert , seijant eu U bailic de YeUai, et d'autres, alors si come vous poez ef tre recort par les letres e par los meMi|r^* qae tous avies sovan sur ce, de ma dame la roine e de nous, pour Tamour de mettre llanri, nostre amé fusicien, ge vous pri que il vous pleiie pour Tamour de ma tuei^e de moie, que par les dites offices nule grevance ne soit feies au dit mestre llanri, qui dors est uo»trt« aegneur le roy, ni à ses gans; et an fêtes tant, si il vous plet, que nous vou« on sncliioiiH gré. Nostre Sire soit garde à vous. Donné è Vie, landemen de Sainte Lucie» l'an mil trois cente siog. » A. C.

DL'PUTTBEIV (Gcillauxe). Délesté, décrié pendant sa vie, regretté apri^s $i\ mort, manquant de l'éducation qui fait riiomme du momie, fort pauvix) dt) l'instruction qui fait le savant, envieux jusqu*à la tyrannie, éloignant systéiiiatiquement de Paris les jeunes chirurgiens dans lesquels il pouvait voir dos rivaux futurs, au regard dur, outrageant, au sourire dédaigneux et hostile, no voyant dans les hommes que des censeurs ou de mortels ennemis, ne tolérant jamais la contradiction, mais chirurgien remarquable, au coup d*œil sur, au jugement sain, à la main ferme, imperturbable dans les dangers, au diagnostic d'une rare pénétration, au maintien imposant, à la parole rare et grave, ne manquant jamais du sang-froid, du calme, qui allaient jusqu'au génie, moins brillant, moins majestueux que Desault, moins prudent, moins doux, moins humain que Boyer, moins érudit, moins élégant, moins preste que Roux, moins réfléchi que Marjolin, mais plus sur de lui-même, plus profond dan^ la pratique que ces derniers : tel fut Dupuytren, que ses nombreux admirateurs et élèves ont proclamé, sans l'avoir jamais aimé, le plus grand chirurgien du dix neuvième siècle, qui fut baron du royaume, chirurgien en chef de rilôtel-Dieu, professeur de clinique chirurKicale à la Faculté de médecine de Paris, premier chirurgien du roi» membre de llnstilut et de l'Académie de médecine, membre du Conseil général de salubrité, décoré d'une infinité d'ordres, et, qui plus est, sept fois millionnaire.

G. Dupuytren naquit à Pierre-BufTières, dans le département de In llmtt^'MmfUt, le 6 octobre 1777, de parents voisins de la misère. On rap{K)rte qu'il était si bel enfant, si intelli4j;ent, et à [leu près abamlonné, qu'à l'âge de douze ans il avait été enlevé jusqu'à deux fois, d'aliord à l'âge de quatre ans par une dame folle et riche qui s'était éprise de son joli pat^iis et de sa ctievelure, puis k thwMt am^ par un ofGcier de caval'^rie dont le frère dirigeait le exAUyfft de la Har<die k Paris. Ce fut dans cette célèbre institution que Dupuytren, prot4^;^é par Vodivi^tr qui l'avait enlevé, ébancha qiielques étu<lef littéraires, liieiitiM suspendues par U caractère joueur et indiscipliné du jeune écolier* Kais la f$U*ÀUAm capliva tout

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