DUPUYTREN
son zèle ; il se mit avec ardeur à Tétude, et à Tâge de dix-huit ans (1795) 'ù était déjà prosecteur à TÉcole de médecine, et il n*avait que vingt-quatre ans quand il se vit nommer chef des travaux anatomiques (1801). Compétiteur de Roux en 1802, pour la place de chirurgien en second de l'Hôtel-Dieu, Dupuytren sortit battu de ce concours, mais au fond victorieux. Il n*y parvint cyie le 13 septembre 1802 ; le 5 septembre 1808, il était nommé chirurgien en chef adjoint, tt le 9 septembre 1815, chirurgien en chef. Enfin, la chaire de médecine opératoire se trouvant, en 1811, vacante par la mort de Sabatier, un brillant concours s'ouvrit à cette occasion entre Dupuytren, Roux, Harjolin et Tartra. En vain plusienn de ses rivaux le surpassèrent en mémoire, en connaissances et en facilite ; Dupujtren, cette fois encore, resta supérieur et il fut institué par le grand maître le 10 février 1818. Cependant, jusqu'à Tassassinat du duc de Berry (13 février 1820), le nom de Dupuytren n*était pas encore populaire; c'est de cet événement que date sa réputation, laquelle s'agrandit encore lorsque en récompense de soo mérite et pour prix des soins qu*il avait donnés à son neveu Louis XYIII le choisit pour son premier chirurgien, en remplacement du Père Elysée. Hais de THôtel-Dieu à* la cour d un roi la transition était périlleuse; sans doute il eo résulta pour Dupuytren plus de crédit et plus de renom, mais aussi que d'yeux ouverts sur sa conduite, que de jalousies ardentes à le censurer I Mais, si jamais personne plus que lui ne fut perpétuellement en butte aux malignités de l'enrie, personne non plus ne fut plus vindicatif. On ferait un volume des innombrables épigrammes dont le premier chirurgien du roi fut Tobjet durant le règne de Charles X.
Jusqu'en 1833, la santé de Dupuytren avait été bonne, mais à cette ^toque, un crime ayant été commis dans la maison de sa femme, dont il était séparé, il prévit combien les circonstances de cette affaire allaient donner d*éclat à ses chagrins domestiques, et dès lors sa constitution s'altéra. 11 éprouva successivement plusieurs attaques d'apoplexie ; la face se paralysa, les forces se perdirent, et il mourut le 8 février 1839, n'ayant pas encore cinquante-huit ans. Â son lit de mort, il songea aux progrès de la science qui commença sa réputation : il légua à la Faculté de médecine de Paris 200000 francs pour l'institution d'une chaire d'anatomie pathologique. Cette chaire était destinée dans sa pensée à Cruveilhier, qui l'occupa en effet. 11 dota aussi un musée d'anatomie pathologique^ qui porte le nom de Dupuytren. Grand plutôt que petit, brun de figure, la tête volumineuse et bien chevelue, les épaules larges, carrées, il portait uo habit vert, couleur qui lui semblait la plus propre à masquer les taches de sang qui jaillissaient sur lui.
Bégin, qui a donné à la Biographie médicale du Dictionnaire en 60 volumes une notice sur Dupuytren, écrite du vivant même de ce dernier, apprécie ainsi les travaux du grand chirurgien : « L'anatomie, l'anatomie pathologique et b chirurgie, sont les parties de la médecine que M. Dupuytren a cultivées avec le plus de succès et qu'il a le plus enrichies. Sa thèse contient la première et jusqu'ici la plus exacte description des os du crâne. On y trouve des aperçus ingénieux sur les usages des ligaments latéraux des articulations, et surtout une analyse chimique du chyle, qui renferme la première indication de l'existence de la fibrine dans ce liquide. M. Dupuytren, repoussant les analyses de Bichat concernant l'anatomie générale, établit les qualités physiques et les propriétés qui distinguent les ligaments jaunes des autres tissus fibreux ; il traça les caractères du tissu érectile, distingua le tissu cellulaire en fibreux, adipeux^
iéroix et âaâlîf|iie. Les rechefcbes d'âoatoiuîe |Kitlk4^îque aui^u^lk^ il $e Evn aiaîoil pour bal h détermiiuUoQ encte du noinlm el de» ^^^^ d» lénoos orgamiqiMS. Ces dernières fureut ê(udi«?e$ avec soin sur lou« les $i\|eU soumis aux dissections et aux préparations exêvutèe^ dans les pvilkwis de TKixde de médecine. Bayle, qui participa à ses traTaux, publia plusieurs luêiucùres dans lesquels le nom du chef n'a jamais été prononcé. Biclial avait ado|>tè Tidiv que chique tissu présente des lésions qui lui sont propres, et celle tliéorie était la conséquence de la doctrine qu*il avait établie relativement aux propriétés et à Torganisation de toutes les parties du coqts. M. Dupuytren )^rtit d*un point diamétralement opposé, c'est-à-dire de ce principe, que tous les tissus sont susoep* libles d'altérations à peu près semblables, el qui ne dill^ix'nt qu'à raison do Torganisation el des propriétés des parties qu'elles alTectcnt. C*est de la cJiirui^gio que M. Dnpuytren s'est le plus occupé; il a successivement mmlilié et perloctionné presque toutes les parties de œt art, et l'a enridii de plusieurs opérations importantes. On lui doit le premier emploi méthodique des vésicatuiros appliqués au centre des érysipèles phlegmoneux, lu théorie la plus rationnelle de certaiuof inflammations avec étrauglement, telles que le tubercule et Tautlaux, ainsi que la pratique des larges et profondes cicatrices qui les fout avorter et ou arii)lont les progrès. 11 reconnut six degrés dans les brûlures, et élublit le traitement qui convient à chacun d'eux. L'application du cautère sur les pluies alTectdos de pourriture d'hôpital, l'usage des épispustiqucs afiu d'obtenir la cure radicule de î'hjdrocèle, une modification très-avantageuse du procède de Foubert pour l'opération de la fistule lacrymale, l'invention d'un nouveau pix)cédé pour la Kuériiioii de la grenouillette : telles sont quelques-unes des améliorations qu'il fUéprouvor à divers points de la chirurgie pratique. Il établit encore quelques points inqiortants concernant l'arrachement des polypes sarcomateux des fohses nuttaleM et du sinus maxillaire; il fit connaître les avantages de l'excision sur lu ligature do» polypes utérins, et pratiqua le premier la rescision complète du col du Tutérui lorsqu'il est affecté de squirrhe ou de cancer. M. Dnpiiytren s'eiit livré à du» expériences comparatives sur Topération de lu cataracte, par les mélhodi^s de l'extraction et de l'abaissement. L'amputation du corps de lu inlichoire iuiérieure, de nouveaux procédés pour l'ablation des membres duuH leur continuité, sont autant d'opérations dont on lui est redevable. Il a subslilué au tourniquet de J.-L. Petit une machine beauc^)up plus simple, moins gAnantispour le muladet d'une action plus assurée. Il a arrêté riiémorrha^ie h la suite de ropératioti de la taille, à l'aide d'une canule entourée d'une chemise de U^ile, qu'il bouiruit de charpie. L'invention d'un instrument propre à cou|>er nans dung«;r la cloison qui sépare les deux bouts de l'intestin, et à guérir ainii les anus contri! nulure, en rétablissant le cours des matières fécales, est une iumt{iiéi4: qui honore \'à chirurgie française. Dupuytren a également établi des refiles im|iortanle« k i»uivr« dans le cas d'étranglement interne formé par le (Uflki Au sac h^^niiaire. Il s fait d'importantes reclierches sur le cal, qu'il a diitirigué étn provi$f/ifff et <;n définitifs et il en a déduit des consé'juence» lumineuses relativ«fn< iit au traita' ment des fractures. •
Dnpuytren a peu écrit. Voici ce que nous avons de lui :
1. Mémtmre wr mn€ wtmmièrt momwelU ^ praiuittJfr ttfp^rttiuth dr. U pi^rrf, ^XmtMfik H publié par J.-t. Suhmi eî L-J Bh^Oy l'*rî»- iKS^i, im-Uà, i^ê pi — U />-<'/«« 0^41^$ 4^
Ue99mrt9 far mrwtf ée fmerrt (|wUîé ym k. fiOlmà et Kari,. t'^ih. i^A. t u4 mHK.