L. Hir
(FraiNçois-Auguste). Médecin de mérite, né à Lunel, en i808, fit ses études de médecine à Montpellier. Il était sous-aide major h Thôpital militaire de Colmar, lorsqu'il vint à cette Faculté pour y prendre le grade de docteur, en 1834. Il parcourut assez rapidement les divers grades de sa carrière militaire, fut successivement médecin-major dans les hôpitaux militaires de Paris et de Lyon, puis prit part en qualité de médecin-itiajor de première classe à la campagne d'Orient. Peu après, il fut nommé médecin principal, puis vers 1860 devint médecin en chef de Thôpital thermal militaire de Vichy. G*est là qu'il mourut en 1877. 11 était officier de la Légion d'honneur.
Durand était vitaliste ; cependant ses ouvrages portent tous le cachet d'une originalité généralement de bon aloi, mais frisent trop souvent la spéculation abstraite. Nous citerons de lui :
I. Quelques considérations sur V animalité. Th. de Montpellier, 1831, in-4*, n* 177. — II. Nouvelle théorie de l'action nerveuse et des principaux phénomènes de la vie. Paris, 1843, in-8*. — III. Recherches sur la qualité électrique du sang. Lyon, 1845, ifi-8*. -^ IV. Trois nouveaux mémoires sur l'action nerveuse, Paris, 1845, in-8*. — S. De la nature et du traitement du choléra, Paris, 1849. in-8*. — YI. Mémoire statistique et théorique sur les alternatives quotidiennes d'augmentation et de diminution de volume des raies engorgées pendant les fièvres intermittentes. Paris, 1849, in-8*. — Vil. Du traitement préventif des récidives de fièvres intermittentes en Algérie et en France. Paris. 1851, in-8*. — VIII. Nou^ welle théorie physique, etc. Paris, 1854, iu-8*. — IX. Kotice sur le mode d'action des eaux de Vichy dans le traitement des affections consécutives aux fièvres intermittentes. Paris, 1862, in-8*'. — X. Traité dogmatique el pratique des fièvres intermittentes, Paris, 1862, in-8*. — XI. Théorie électrique du froid, de la chaleur et de la lumière. Lyon, 1863. ia-8*. — XII. Des incidents du traitement thermo-minéral de Vichy. Paris, 1864, in-8*. •—
XIII. Des indications et des contre-indications des eaux de Vichy. Vichy, 1872, in-8*. —
XIV. Une synthèse physique, ses ituluctions et ses déductions. Vichy, 1874, in-12. L. Hx.
DVSAIVDE (Jean-François). Le nom de ce médecin est resté dans la matière médicale, ayant imaginé d'employer contre les calculs hépatiques la liqueur de Durande, c*est-à-dire un mélange d'éther sulfurique et d*essence de térébenthine. Natif de Dijon, il mourut le 23 janvier 1794. Devenu membre de l'Académie, et, en 1774, professeur d3 botanique dans sa patrie, il n'épargna ni ses soins, ni ses peines, pour inspirer le goût de Tétude des plantes à ses concitoyens. Outre plusieurs opuscules insérés dans les recueils périodiques, et parmi lesquels nous pouvons surtout citer ses Mémoires sur la corallinc articnlée, sur les plantes astringentes indigènes, et sur un nouveau moyen de multiplier les arbres étrangers, qui iont partie du recueil de TAcadémie de Dijon (années 1782 et 1783), ainsi que son discours sur les avantages de la botanique et sur les moyens d'extraire Thuile des graines du thardon, appelé onopardon, qui se trouvent dans le Journal de physique (années 1774 et 1788)» il a encore donné au public les ouvrages suivants :
(178 DURE-MÈRE (anatomie et physiologie).
I. Obtervations tur Vefficaciti du mélange itéiher sulfurigue et d^ huile volaliU et itré-
benihinet dans lei coliques hépatiques produites par des pierres biliaire$. Pari». i770f
iii-8*. — II. Éléments de chimie rédigés dans un nouvel ardre. Paris, 1778, iB-8*. —
III. Notions élémentaires de botanique. Dijon, 1781, in-4». — IV. Flore de Bourgogne.
J)Uon, 1782, 2 vol. in-8*. k. C.
AUBANIS. Grande tribu afghane. Il sera parlé de rAfghanistan au mol Iran. D.
DUSAIVTE (Gastore). Fils d*iin jurisconsulte qui s*est rendu assez célèbre par ses écrits, vint au inonde à Goaido dans TOmbrie. II cultiva égalenaent la poésie latine et la médecine. Suivant toutes les apparences, il enseigna cette 4emière à Rome dans le Collège de la Sapience, mais, quoiqu'on ait prétendu •qu'il fut porté à la place de médecin du pape Sixte V, Tabbé Harîni a démontré «qu'aucun document authentique n'atteste qu'il ait réellement occupé ce poste •^minent. Plumier lui a consacré, sans qu'on sache trop pourquoi, un genre de plantes (Castorea) de la famille des Gattiliers, dont Linné à changé depuis le nom en celui de Duranta. II mourut à Viterbe vers l'an i590, laissant les ouvrages suivants, qui ne sont que des compilations informes {Biogr, médicale) :
rappresentano le vive piante che nascono in lutta Europa, e neir Indie Orientale e Occ>- 'dentale, eon le lore facoltà, in versi latini, Venise, 1584, in-fol.; Rome, 1585, in4oL; Venise, 1602, in-fol.; ibid., 1612, in-fol.; Trévise, 1617, in-fol.; Venise, 1636, in-4*; ibid.f 1667, in-fol. Trad. en allem. Francfort, 1609, in-4*; ibid., 1625, in-8*; en espagnol. Madrid, 1667, in-4*. Fig. et PI. ^- III. De usu radiais et foliorum mechoacanae. Anvers, 1587, 4n-8*. — IV. Toutes les figures publiées par Durante ont été [réunies sous le titre suivant : Theatrum plantarum^ animalium, piscium et pelrarum. Venise, 1836, in-fol. — V. /m tabacum epigramma. Utrecht, 1644, iii-12. L. Hv.
DURAS KHILLO. Nom donné au Pérou à une sorte de Polygonum, du groupe des Persicaria, qu'on regarde comme diurétique et apéritive. On la donne •en décoction dans ce pays contre la gravelle et la dysurie. Pl.
Bibliographie. — Feoillée. Plant, medic., III, 55. — Hérat et de Leks. Did. Mat. méàie., II, 693. I*t.
DLSASTAIVTE (Giovanm-Matteo). Médecin italien, florissait dans la seconde moitié du dix-septième siècle. Adelung mentionne de lui les deux ouvrages suivants :
I. Problemata tria : Dœmones an sint, et an morbontm sint eausae, an virium imbeeUUlati juncta cacochymia per epicrasin curanda sit, ei an Rhabarbarum ob lienleriam, dysenteriam et astrictionem sil comhurendum, Venetiis, 1567, in-8*. — II. Tractatus U de aceto scillino et de aloes substantia. Gissac, 1614, in-12. L. H'.
DDR-BEC. Yoy. Gros-bec.
DVRE-BËRE. § I. Anatoniie et phyaioloyicf. Comme on peat le voir dans le tome Yl, 2" série, du Dictionnaire encyclopédique ^ les méninges sont au nombre de trois : la dure-mère, l'arachnoïde et la pie-mère; la première oo la plus superficielle est la seule dont nous ayons à nous occuper.
Ou trouve dans Longet (AncUomie et physiologie du système nerveux) de
DURE-MÈRE (ahatomib et pnTsiOLOGis). 679
minutieux détails sur l*liistorique de cette membrane, nous leur empnmtoas les donnëes suivantes : Hippocraie avait désigné les membranes d*enveloppe du système nerveux centrai sous le nom collectif de lAtruyl; il distinguait la duremère, sous lenomde ti^QviY^irotx^Tcpi}, delà pie-mère, /uttviy^ Xcrrrjj. Galien se sert aussi du nom de iaiqviyS, auquel il ajoute le terme de vtvpoStozspa pour désigner Tenveloppe fibreuse et extérieure. Les Arabes se sont servis pour désigner les méninges d'un mot sur la valeur duquel on n*est pas fixé et que les traducteurs latins ont rendu par mater : d*où le nom de mère appliqué à ces membranes, -dénomination dont il est assez difficile de se rendre compte, malgré i*explicaiion de Haller, d'après laquelle les Arabes attachaient à ce mot le sens d'enveloppe, ou de ce qu'ils pensaient que toutes les parties du corps procédaient des méninges.
Enveloppant à la fois l'encéphale et la moelle, la dure-mère, dans son ensemble, représente une gaine sphéroïdale dans le crâne, cylindroïde dans le •canal rachidien et s'étendant de l'apophyse crista-galli, en haut, à la base du «occyx, en bas.
Tous les anatomistes l'ont étudiée à part, dans le crâne et dans le canal ctchidien.
^yrtîon erêmeime de la dure-mère. I. ÀNATOMIB. Tapjssant tOUt l'intérieur
de la boite osseuse, elle se moule sur les saillies et dépressions de celle-ci en leur adhérant d'une manière très-inégale suivant les régions d'abord, et aussi suivant i*âge du sujets En général ses adhérences sont plus marquées à la base •qu'à la voûte, sur les partieà saillantes que sur les points déprimés ; malgré le grand nombre de sutures qui existent sur les parties latérales, vers les régions sphéno- temporales, on la sépare assez facilement des os : aussi, comme le fait •observer M. Sappey, les épancliements sanguins, à la suite des contusions, s'effectuent-ils assez facilement dans celte région en se propageant par décollement, mais ne s'étendant pas à la base du crâne où les adhérences sont plus intimes.
Chez le fœtus, l'union est peu marquée, mais â mesure que le sujet avance •en âge elle prend des proportions plus considérables, de telle sorte que chez le yieillard, on enlève difficilement la voûte du crâne sans déchirures.
On considère à la [dure-mère deux surfaces, l'une externe, l'autre interne; •c'est par la première que s'établissent avec la boite crânienne les adhérences indiquées ci-dessus et qui permettent d'envisager la membrane comme jouant le rôle du périoste par rapport aux os de cette cavité : aussi la surface externe esi-elle tomenteuse, inégale, rugueuse. En effet, outre les parties fibreuses qui •entrent dans la composition des brides d'union, on y trouve un grand nombre de branches artérielles et veineuses. La partie vasculaire est d'autant plus considérable que le sujet est plus jeune, mais ces éléments sont beaucoup moins répandus que ceux qui du périoste se rendent aux os. En plongeant sous l'eau la membrane détachée, on voit très-bien les débris vasculaires et fibreux de sa surface externe.
Autres prolongements. Parmi les expansions que cette membrane fournit par sa face externe, il faut noter les gaines qu'elle donne à certains nerfs et quelques vaisseaux qui traversent les os du crâne; ces gaines se continuent sur ia limite des ouvertures osseuses avec le périoste; tous les anatomistes admettent que la dure-mère se prolonge ainsi : 1® sur les filets du nerf olfactif pour leur former une enveloppe qu'on peut suivre jusqu'à la pituitaire; 2* sur ^
680 DURE-MÈRE (anatoxib et phtsiolocie).
nerf raaxilluirc supérieur et le maxillaire inférieur; 3® dans le conduit auditif interne autour du facial et de Tacoustique ; i^ sur les nerfs de U huitième paire de Willis, à travers le trou déchiré postérieur; 5*" autour du grand hypoglosse jusqu'à sa sortie du trou condylien antérieur; 6^ sur la veine jugulaire interne» etc.
Mais Taccord cesse au sujet du nerf optique et du périoste de Torbite, et, pour ne citer que quelques auteurs modernes, rappelons que H. Cruveilhier (Anatomie descriptive ^ 1871) s'exprime ainsi : Le nerf optique à son passage dans le trou optique est entouré de deux gaines, fournies lune par ta pie-mère, qui se continue avec la sclérotique. Tau Ire par la dure-mère, qui au sortir do trou optique va constituer le périoste orbilaire.
Suivant Longet [Anatomie et physiologie du système nerveux^ 1842, 1 1, p. I«5t2), par le trou optique et la lente spliénoïdale, la dure-mère envoie dans l'orbite deux prolongements distincts; le premier enveloppe le nerf ojitique auquel il fournit une gaine particulière jusqu'au globe de l'œil, le second va former le périoste des os de l'orbite ; c'est dans l'angle rentrant qui resuite de la réunion de ces deux feuillets que s'insèrent les muscles intra-orbiiaires, i l'exception du petit oblique, et c'est cette disposition de la dure-mcre, qui porte le nom d'aponévrose de Zinn. Ajoutons, dit Longet, que la gaine du nerf optique va se continuer avec la sclérotique, et que cette dernière membrane peut jusqu'à un certain point être considérée comme une dépendance de b durc-mcre.
D après les auteurs du Manuel de Vanatomiste^ HH. Horel et Hathias-Dunl, le nerf optique, après avoir franchi le trou du même nom, est enveloppé d^une gaine fibreuse résistante qui lui est fournie par ladure-mère et qui se continue en avant avec la sclérotique de l'œil [Manuel de Vanat,; névroglie, p. 764).
Le professeur Sappey émet un avis contraire : suivant lui, la gaine fibreoic du nerf optique et le périoste orbitaire diffèrent totalement par leur texture de la moiiibranc que nous décrivons, celle-ci étant exclusivement fibreuse, tandis que la gaîno optique est en partie formée de fibres élastiques et qu'elle renfennc beaucoup de vaisseaux et de nerfs ; la même différence sépare le périoste de k durc-mcre, c'est la continuité de celle-ci avec la gaine du nerf et le périoste qui a égaré les anatomistes; c'est ainsi que les os se continuent avec les tendons et les tendons avec les muscles, ({uoique de natures différentes (Sappey^ Traité d anatomie descriptive, t. 111, p. 12).
Face lnterke de la dobe-mèrb crânienne. En opposition avec la surface externe, celle-ci est lisse, polie, nacrée et tapissée par le feuillet pariétal de rarachnoïde qui lui adhère intimement ; elle fournit plusieurs prolongements ou cloisons qui isolent l'une de l'autre les principales portions de Tencéphnle.
II en existe quatre (Sappey, Cruveilhier, Morel et Mathias Duval) ; Longet n'en décrit que trois.
Nous les envisagerons dans l'ordre suivant : i^ fauxjdu cerveau; 2^ tente du cervelet; 3° faux du cervelet et repli pituit«iire.
1" Faux du cerveau. Synonymie : faix magma, processus falci forme. Placé verticalement entre les deux hémisphères cérébraux, ce repli s'étend dans toute la longueur de la cavité crânienne. Sa forme est celle d'un croissant, ou de l'instrument dont il porte le nom ; il présente à considérer deux faces, deux bords et deux extrémités; des deux faces, l'une regarde à di'oite, l'autre à gauche; elles sont en contact avec la face interne des hémisphères cérébraux, planes, rigides;
DURE-MÈRE (anatomib et physiologie). 681
elles isolent ces deux parties Tune de Tautre, sauf les cas exceptionnels où des énillures et des pertes de substance permettent le contact direct entre quelques points des hémisphères. M. Gruvcilhier (Anatomie descriptive, t. IV, p. 534) a TU une fois les deux hémisphères contigus Tun à Tautre, à travers une de ces éraillures. Cette anomalie se trouve aussi notée dans Haller (Longet).
Dos de la faux. Le bord supérieur, convexe, s*étend de Tapophyse cristagalli à la protubérance occipitale interne; il répond d*avant en arrière à la crête frontale et aux gouttières frontale, pariétale et occipitale; ce bord est épais et contient le sinus longitudinal supéiieur. Bord inférieur, mince et tranchant, pins court que le précédent; il répond à la face supérieure du corps calleux qu*il touche seulement en arrière et loge le sinus longitudinal inférieur.
Sommet. La faux du cerveau s*insèrc en avant à l'apophyse crista-galli et par un prolongement fibreux dans le trou borgne.
Base. Égale en dimensions au diamètre antéro-postérieur de la tente du cervelet, elle prend une solide attache sur celle-ci et la tient tendue; ou plutôt les deux replis se tendent réciproquement et la section de Tun est suivie du relâchement de Tautre (Longet). C'est dans la base de la faux du cerveau que nous trou- ▼eroni le sinus droit.
2^ Tente du cervelet. Elle forme une cloison transversale, mais non horizontale, entre les hémisphères cérébraux et le cervelet ; on peut la considérer comme étant formée de deux moitiés. Tune droite, l'autre gauche, qui se réunissent sur la ligne médiane à la manière d'un toit peu saillant; il n*en est pas moins vrai que dans son ensemble elle présente une voûte à convexité supérieure et à concavité inférieure. On lui considère deux faces et deux bords ou circonférences.
La face supérieure reçoit l'attache de la base de la faux cérébrale et supporte de chaque côté la face inférieure des hémisphères cérébraux; l'inférieure, concave repose sur le cervelet.
Le bord extérieur ou convexe est de beaucoup le plus étendu de chaque côté ; on suit ses attaches : i^à la protubérance occipitale interne; 2* à la gouttière latérale de l'occiput; 5<^ au bord supérieur du rocher, enfin à l'apophyse clinoïde postérieure, depuis la protubérance occipitale jusqu'à la base du rocher; il renferme la partie postérieure du sinus latéral et plus en avant le sinus pétreux supérieur ; le faisceau par lequel il se rend à l'apophyse clinoïde postérieure passe comme un pont au-dessus de l'échancrure de la partie antérieure du bord supérieur du rocher et forme une ouverture allongée par laquelle s*engage le nerf de la 5' paire ou trijumeau ; d'un autre côté, ce faisceau fibreux est traversé par le nerf de la 6^ paire, moteur oculaire externe ; quant aux nerfs de la 3« paire (moto-oculaire commun) et à celui de la 4*" paire (pathétique), ils passent au-dessus de lui.
Bord interne ou concave, circonférence intérieure. De forme parabolique, elle forme les limites postérieures et latérales d*un trou dont la gouttière basilaire forme la limite antérieure et qui est rempli par la protubérance (Longet), trou ovale de Pacchioni.
L'extrémité de cette circonférence se porte au-dessus du faisceau de termi-' naison de la circonférence externe en la croisant en x, pour aller se fixer à l'apophyse clinoïde antérieure après avoir constitué la paroi externe du sinus caverneux.
3® Faux du cervelet. Analogue à la (aux du cerveau, comme celle-ci» elle est
683 DURE-llERE (anatomib et physiologie).
▼erticale et placée de champ, mais ses dimensioDs sont infiniment moindres et assez sujettes à varier. Située au-dessous de la tente du cervelet et de la protubérance occipitale interne, entre les deux moitiés latérales du cervelet, on lui considère deux faces, deux bords, une base et un sommet; les faces, lisses et tendues, sont en rapport avec les hémisphères du cervelet. Le bord postérieur épais s*attache sur la crête occipitale interne et contient les tinus occipitaux postérieurs. Le bord antérieur plus mince, concave, répond à la scissure médiane du cervelet, regardant la partie postérieure des éminences vermiculaires.
La base est fixée dans l'angle rentrant des deux moitiés du toit que représente la tente du cervelet, immédiatement en avant de la protubérance occipitale, le sommet est dirige en bas et en avant ; il se bifurque à la partie postérieure du trou occipital, embrasse chaque moitié de ce trou et vient se perdre vers le trou déchiré postérieur oii il porte les sinus occipitaux.
4® Repli pituiiaire. Sa description se lie intimement à celle du sinus circulaire ou coronairo, c'est un dédoublement de la dure-mère derrière la selle turcique. Là sur le bord supérieur de la lame quadrilatère, qui limite cette fosse en arrière, la membrane fibreuse se décompose en deux feuillets : l'un, superficiel, passe au-dessus du corps pituitaire pour gagner la gouttière des nerfs optiques, il est perforé pour laisser passer la tige pituitaire; Tautre, profond, s*eiigage sous le corps pituitaire, se porte en avant comme le premier et le rejoint dans la gouttière optique. Sur les côtés celte lame profonde se réfléchit en dehors de la carotide interne et constitue la paroi interne du sinus caverneux ; il résulte de là que le corps pituitaire a une enveloppe fibreuse à peu près complète qui le fixe dans la fosse sus-sphénoïdale. Nous verrons comment il est entouré d*un courant sanguin {voy. Sinus coronaire).
Texture. Beaucoup d*auteurs ont admis deux feuillets dans la composition de la dure-mère ; difficiles à constater dans la plus grande partie de son étendue, ils deviendraient évidents au niveau des cloisons (Longei). Il y a deux manières de comprendre la façon dont les deux feuillets se comportent pour constitueriez sinus et les cloisons : celle de Longet, Massa, et celle de Gruvcilhicr.
Pour Longet, le feuillet interne abandonne le feuillet externe, se dirige soit verticalement, soit horizontalement, soit obliquement, vers Tintérieur du crâne, puis se réfléchit pour regagner le feuillet externe, et alors la portion directe et la portion réfléchie du feuillet interne sont adossées Tune à Tautre (c*est ce que Ton observe dans les cloisons), ou bien elles sont séparées par un intervalle dans lequel circule le sang veineux (c'est ce que Ton voit dans les sinus). Longet passe ensuite en revue lopinion des auteurs anciens, qui ont admis deux feuillet5 dans la dure-mère, Massa, Colombus, Galien, Failope, Slevogt, Bourgelot, etc.
Cruveiihier donne une autre interprétation : au lieu d* admettre que le feuillet interne se sépare d'un côté, pour se porter vers le bord tranchant de la cloison et se réfléchir sur lui-même pour regagner le feuillet externe, il suppose que des deux côtés, de la base du repli ou du sinus, le feuillet interne s*écarte de l'externe ; que les deux feuillets marchent alors Tun vers Tautre pour se réunir sur le bord libre de la cloison ; le même auteur ajoute que cette séparation de deux feuillets de la dure-mère, évidente au niveau des sinus, ne peut être obtenue qu'incomplètement par la dissection, dans les autres régions de cette membrane. Pour les auteurs du Manuel de V anaiomiste^ HM. Morel et Halhias Duval, la dure-mère est composée de tissu fibreux ou conjonctif| eUe se laisse sur quelques points de son étendue séparer en deux lames.
DURE-MÈRE (anatomie et physiologie). 683
Sappey a porté sur ce point son attention, et des recherches minutieuses Font -conduit à repousser Texistence distincte des deux lames; il a reconnu que la dure-mère crânienne est constituée par des faisceaux et des filaments fibreux d*un aspect blanchâtre qui paraissent s*entre-croiser dans tous les sens sur cpielques points; partout où existent un ou plusieurs plans, on voit un certain nombre de fdiros qui passent du plan le plus superficiel au plan profond. Ajoutons que pour comprendre la formation des sinus et des cloisons il n'est nullement nécessaire de supposer deux feuillets distincts, on peut très-bien admettre le dédoublement d'une membrane d*abord unique.
Au point de vue historique, rappelons, avec Longet, que Pacchioni a soutenu que la dure-mère n'était autre chose qu'un muscle particulier; c'est dans les écrits des Arabes que Pacchioni paraît avoir trouvé la première trace de sa théorie : Arabum, ni fallor^ aliquot sententias legisie memini, cerebri méninges constrictionis et dilatationis motu perpétua agi (Longet, i^ vol., p. 165). Willis eut l'idée de chercher dans la structure de la dure-mère la raison de cette propriété. En 1690, Slevogt compare les fibres musculaires de la dure-mère à celles de la vessie. Pacchioni considère la dure-mère comme le cœur du système nerveux. Sans suivre l'auteur dans les détails minutieux qu'il •donne sur ce sujet, il ressort de ces citations qu'on avait vu des mouvements de soulèvement et d'affaissement de la dure-mère, qui se liaient sans doute à ce -qu'on a étudié depuis sous le nom de mouvement des centres nerveux, phénomènes réels dus aux pulsations artérielles, systole du cœur, et à l'afÛux du sang •dans la cavité crânienne pendant Yexpiration. Haller n'a jamais rencontré de fibres musculaires dans aucun point des méninges, et aujourd'hui on regarde la dure-mère comme composée de fibres diversement entrelacées de manière à •constituer une sorte de tissu feutré (Longet, op. ciL<, t. I, p. 167).
Artères. La plupart des divisions artérielles de la dure-mère se voient tout .près de sa surface externe, et ne lui abandonnent que de simples capillaires, leurs principales ramifications se perdant dans le diploé.
c La dure-mère crânienne est beaucoup moins vasculaire que les ligaments *et les tendons; elle l'est moins aussi que les aponévroses des membres....; lorsqu'on l'examine au microscope, on aperçoit de grands îlots entièrement dépourvus de vascularité » (Sappey, op. cit.^ t. I, p. 19).
Les artères de la dure-mère se distinguent en antérieures, moyennes et postérieures.
Les premières émanent des deux ethmoïdales de l'ophthalmique, se distribuent aux enveloppes de la lame criblée et des bosses orbitaires.
Les secondes sont au nombre de deux principales : la méningée moyenne et la petite méningée. La première, d'un volume relativement considérable, naît de la maxillaire interne,* pénètre dans le crâne par le trou sphéno-épineux ou petit rond, pour se diviser en deux branches au niveau de l'angle antérieur et infé- •rieur du pariétal : ces deux branches se logent dans de profonds sillons ramifiés de la face interne du crâne; glissant pour ainsi dire à la surface externe de la dore-mère, elles recouvrent de leurs ramifications les régions frontale, pariétale et occipitale supérieure.
La petite méningée, qui manque quelquefois, provient tantôt de la précédente •et tantôt du tronc de la maxillaire interne, elle traverse le trou ovale ou maxillaire inférieur. Outre ces deux artères, la carotide interne, dans le sinus caverneux, donne aussi quelques ramuscules aux régions voisines.
684 DURE-MÈRE (anatomib et phtsioloqie).
IjCs brandies méningées de la partie postérieure viennent de deux sources : 1^ de la pharyngienne inférieure, branche interne de la carotide externe, par le trou déchiré postérieur ; 2^ de la vertébrale à son passage à travers le trou occipital ; les unes et les autres se répandent dans la tente, la faux du cervelet et les parties voisines.
Ajoutons que qnelques ramifications terminales de la carotide interne se distribuent à la partie antérieure de la faux du cerveau et que des rameaux provenant des artères cérébelleuses supérieures se distribuent à la tente da cervelet.
Veines. Les éléments artériels étant rares dans la dure-mère, on doit s*attendre à y trouver un petit nombre de veines; en revanche, cette membrane se laisse traverser par des canaux sanguins qui reçoivent le sang noir de Teocéphale et qu'on nomme sinus. Les veines proprement dites sont de deux ordres : les unes, les plus considérables, suivent le trajet des artères : c*est ainsi que Tartère méningée moyenne est accompagnée , de deux vemes qui d*un côté vont se jeter dans le plexus veineux ptérygoïdien et de Tautre communiquent avec le sinus longitudinal supérieur, établis^sant ainsi une voie d*anastomose entre le système vasculaire intra et extra-crânien. Les autres veines méningiennes, réduites à des rameaux presque capillaires, vont s*ouvrir dans les sinus seulement.
Siifus DE LA DURE-MÈRE. Caractères communs. Origine. Ils proviennent de plusieurs sources: i^ de la substance cérébrale et cérébelleuse qui leur apporte le contenu de ses veines ; 2^ de la dure-mère; 3<^ du diploé ; 4* de Tappareil de la vision.
Situés dans Tépaisseur de la dui*e-mèrc, ils sont exempts de flexuosités, leurs parois sont rigides et ne peuvent s*affaisser comme celles des veines; leur volume varie depuis les dimensions du petit doigt à celles d*un stylet de trousse. De forme génémlement triangulaire, leur cavité offre des brides fibi^euses qui les cloisonnent irrégulièrement, mais on n*y voit pas de valvules ; un grand nombre d'orifices permettant au sang veineux d'y aflluer en criblent les parois; tapissés par la membrane commune^à tout le système sanguin, ils sont formés de deux tuniques, celle qui vient d'être indiquée et de plus une membrane fibreuse qui fait corps avec la dure-mère.
Des sinus en particulier. Les anatomistes ont adopté plusieurs classifiations : on les a divisés] en pairs et en impairs (Gruveilhier, Mathias Duval et Morel), en sinus iorculariens et atorculariens (Blandin), suivant qu'ils communiquent ou non avec ce t|u'on a désigné sous le nom de pressoir d*i]érophile. Longet adopte la division de Blandin et commence par la description du confluent des sinus; cette manière de procéder nous parait peu rationnelle et tend à faire croire que le sang marche vers la protubérance occipitale interne dans les sinus latéraux, qui, au contraire, portent ce liquide vers le trou déchiré postérieur : aussi adoptons-nous la classification du professeur Sappey (Anat. descriptive). Parmi les sinus, les uns reçoivent le sang de l'encéphale, les autres sont en communication avec la veine ophthalmique ; les premiers sont plus particulièrement situés à la partie supérieure et postérieure de la boite crânienne, les seconds en avant et en bas, sur la base du crâne ; mais hâtonsnous d'ajouter que les deux systèmes ne sont pas isolés Tun de l'autre, puisque tous les deux aboutissent au sinus latéral qui en est le tronc commun et se déverse lui-même dans la veine jugulaire interne, laquelle présente, au niveau
DUHË-HÈRE (anatomib et physiologie). 685
du trou déchiré postérieur, une dilatation nommée golfe et qui mériterait le nom de confluent des sinus beaucoup mieux que le pressoir d*Hérophile.
Par le fait, le sinus latéral appartient à la fois aux deux systèmes adoptés par Sappey, sinus encéphaliques et sinus de la base du crâne : aussi le décrironsnous en premier lieu. H s*étend transversalement de la protubérance occipitale interne au trou déchiré postérieur; suivant exactement la gouttière latérale, il se porte d^abord en dehors, puis en bas et en dedans ; dans la première partie de son trajet, il occupe la partie postérieure de la circonférence extérieure de la tente du cervelet et répond à Tintervalle qui sépare les lobes cérébraux du cervelet ; son volume est considérable, mais souvent inégal d'un côté à l'autre. Son extrémité interne qui répond, comme nous Tavons dit, à la protubérance interne de Tocciput, est en communication avec cinq sinus : i^ le sinus latéral du côté opposé; 2^ le sinus longitudinal supérieur; 3<* le sinus droit, et 4® les deux sinus occipitaux postérieurs. C*est à la rencontre de ces canaux que les Anciens ont placé le pressoir d*Hérophiie ou confluent des sinus, comme si les colonnes de sang qu'ils renferment marchaient à la rencontre Tune de Tautre, ce qui est le contraire de la vérité, puisque dans les deux sinus latéraux le sang marche de dedans en dehors. Nous empruntons du reste à H. Longet {op. cit., Anatomie et physiologie du système nerveux, t. I, p. 158 et 159) quelques détails historiques sur ce prétendu pressoir : « C'est une cavité ayant la forme d*un triangle à base postérieure située au point de réunion de la faux du cerveau, de la tente et de la faux du cervelet, dans une dépression de l'occipital
qui correspond à la protubérance occipitale Suivant Galien, Hérophile le
décrivait comme une cuve ou réservoir : or, le mot Xisvôç, qu'il employa pour exprimer cette idée et qui avait alors une acception très-générale, celle de cuve, de réservoir, ne servit plus, par la suite, qu'à désigner spécialement une cuve de pressoir. Aussi les traducteurs latins de Galien le rendirent par torcular, puis vinrent les interprètes qui essayèrent de justifier cette expression et achevèrent de fausser la pensée primitive de l'anatomiste grec : ainsi A. Paré pense que ce confluent a été nommé pressoir : parce que d'icelui est exprimé le sang qui nourrit le cerveau ».
Outre les sinus qui s'ouvrent dans le latéral au niveau de la protubérance occipitale, il en est trois autres qui viennent s'y jeter vers son extrémité jugulaire; ce sont : le pétreux supérieur, le pétreux inférieur et l'occipital. II reçoit de plus les veines cérébrales et cérébelleuses, latérales et inférieures, la veine mastoïdienne qui traverse le trou de ce nom et la veine condylienne postérieure dont l'existence n'est pas constante et qui établit une communication entre la veine vertébrale et la partie terminale du sinus.
Sinus longitudinal supérieur. Sinus tertius des Anciens. Falciformis de Haller. Il est impir et occupe tout le bord convexe de la faux du cerveau, commençant en avant, suivant les uns, au niveau du trou borgne, et d'après Sappey à l'extrémité supérieure de la crête frontale où il offre un cul-de-sac ; en arrière, il se termine au point de jonction des deux sinus latéraux. Sa coupe présente la forme d'un triangle à base supérieure, son diamètre augmentant d'avant en arrière; sa cavité est remarquable par des cloisons fibreuses qui s'cntre-croisent irrégulièrement, par ses nombreuses ouvertures veineuses et par la présence des corpuscules de Pacchioni.
Dans ce sinus viennent se rendre les veines de la face interne des hémisphères, celles de la face supérieure et externe des mêmes parties, et qui oiTrent cette
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parlicularilé remarquable que les troncs auxquels elles aboutissent, au nombre de 6 ou 8, cheminent d'arrière en avant dans lëpaisseur de la (aux du cerveau et, après un trajet de 2 centimètres, s'ouvrent dans la cavité du sinus en parcou* rant un trajet contraire à celui du cours du sang dans ce conduit. Cependant les plus antérieures suivent la direction du cours du sang ; quelques veinules de la dure-mère se versent en outre dans ce sinus ; il donne aussi accès aux veines méningées moyennes, à la grande veine anastomotiqiie, décrite par H. Trolard (Recherches $ur le système veineux de Vencéphale et du créûie^ thèse, 1868, p. 10), aux veines de Santorini et à celles du dipioé.
Sinus longitudinal inférieur, HH. Cruveilhier et Longet, le considénni comme une veine, n'admettent que 14 sinus. M. Sappey lui consacre une courte mention : situé dans la moitié postérieure du bord tranchant de la bai du cerveau, il diffère des autres par la ténuité de son calibre et sa forme an*ondie ; par son extrémité postérieure, il s'ouvre dans le sinus droit ; quant aux veines qui s'y déversent, elles occupent la faux du cerveau*
Sinus droit. Situé dans l'épaisseur de la base de la faux du cerveau, hase dont il égale la longueur, il est rectiligne et triangulaire ; api-ès avoir reçu, outre le longitudinal inférieur, les veines cérébrales médianes inférieures» ks veines cérébelleuses supérieures, les veines ventriculaires ou de Galien, les veines choroïdiennes et les veines du corps strié, il se déverse en arrière, dans les sinus latéraux à leur point d'origine.
Sinus occipitaux postérieurs. Au nombre de deux, l'un droit et Tauln gauche; ils occupent la base de la faux du cervelet dans toute sa longueur, puis contournent le trou occipital pour communiquer avec les sinus latéraux près do trou déchiré postérieur ; aucune veine de l'encéphale ne vient s'y rendre : ce sont donc des sinus anastomotiques, communiquant par leurs deux extrémités anc les sinus latéraux.
Les autres sinus qui nous restent à décrire appailiennent à la catégorie de ceux qui ont des relations avec la veine ophthalmique et que Sappey appelle sinus de la base du crâne ; ils sont au nombre de cinq, trois pairs et deux impairs; les premiers marchent d'avant en arrière et sont de beaucoup les plus importants; les deux autres servent à établir des voies anastomotiques d*un côté à l'autiv.
Le premier de tous, et par sa situation en avant, et par son importance, est le sinus caverneux ; son étude exige plus que toute autre une connaissance exacte des particularités de la base du crùne, et surtout de la selle turcique ou fosse pituitaire, de la gouttière carotidienne, des apophyses cliuoïdes, de la fente sphénoïdale, etc. Ils répondent aux gouttières carotidiennes ou caverneuses; entre celui de droite et le gauche se trouve la fosse pituitaire; ils commeoceot en avant au sommet de l'orbite, près de la fente sphénoïdale, et se terminent en arrière vers le sommet du rocher, devant l'orifice supérieur du canal qœ U carotide interne parcourt dans le rocher. On peut lui considérer trois parob: une externe, l'autre interne et la troisième inférieure. La partie supérieure de sa cavité résulte de la rencontre des parois externe et interne.
Paroi externe, c'est la plus épaisse ; elle se continue avec l'extrémité de li circonférence intérieure de la tente du cervelet au moment ou cette extrémité va se fixer sur l'apophyse clinoïde antérieure ; dans l'épaisseur de cette paroi existent trois nerfs : 1® l'ophthalmique de Willis; 2<^ le moteur oculaire commun et le pathétique.
La paroi interne^ très-mince, est une dépendance du prolongement pituitaire;
DDRE-llÈRE (anatomie et physiologie). 687
incomplète, elle ofTre une voie de communication entre le sinus caverneux et le sinus coronaire ou circulaire.
La paroi inlérieure du sinus répond à la gouttière carotidienne. La membrane interne du sinus la tapisse. La cavité renferme la carotide interne et le nerf de la sixième paire ou moteur oculaire externe. On a cru jadis que la carotide et ce nerf baignaient dans le sang du sinus, c Cependant, on n*admet plus aujourd'hui que la carotide interne soit en contact direct avec le sang veineux ; elle est protégée par la membrane interne qui tapisse les parois du sinus; mais, au point de vue pathologique, la présence de ce mince feuillet est de peu d'importance; l'artère à son passage dans le sinus n*est, en réalité, soutenue et protégée par rien, et une lésion intéressant toute Tépaisseur de ses parois doit forcément entraîner le mélange du sang artériel et du sang veineux (de la communication de la carotide interne et du sinus caverneux » [Anévrysme artério-veineux, par M. le docteur Delens, 1870]).
Le sinus caverneux communique en avant avec la veine ophthalmique qui elle-même s'ouvre dans la veine frontale externe, frontale interne, nasale, en un mot, se continue avec la veine faciale : mais quelle est dans la veine ophtltalmique la direction du cours du sang? ce liquide marche-t-il d'arrière en avant vers la faciale ou se porte-t-il en arrière à travers le sinus caverneux ? voilà ce qui n'est pas nettement déterminé. En i864, il nous a été donné de communiquer à la Société de chirurgie (séance du 30 mars) un fait pathologique propre à résoudre cette question : il s'agissait d'une tumeur pulsatile de Forbite, qui, à l'autopsie, fut reconnue être due à la dilatation de la veine ophthalmique sans lésion de la carotide, mais avec obstruction des sinus pétreux (Bulletin de la Société de chirurgie et Gazelle dei hôpitaux, 1864, p. 171, J. Aubry).
A la partie postérieure du sinus caverneux s'ouvre une sorte de lac, d'am* poule qui communique avec les deux sinus pétreux et l'occipital antérieur ou transverse; sa cavité est remarquable par les nombreux filaments étendus d'une paroi à l'autre en formant une sorte de tissu érectile qui a motivé le nom de caverneux à ce sinus.
Sinus pétreux supérieur. On se rappelle que la circonférence extérieure de là tente du cervelet s'attache, après avoir abandonné l'occipital, sur le bord supérieur du rocher, c'est là qu'est situé le sinus en question, il suit une gouttière osseuse bien distincte et vient se déverser dans le sinus latéral vers la base du rocher. La grande veine anastomotique et les veines cérébelleuses antérieures et supérieures s*y rendent.
Sinus pétreux inférieur. Il occupe la suture occipito-pétreuse; plus large que le précédent, il communique en avant avec le sinus caverneux, le pétreux supérieur et l'occipital antérieur, il se dirige en arrière et en bas vers le trou déchiré postérieur, mais, au lieu de s'ouvrir, comme on le croit généralement, dans le sinus latéral, il descend plus bas que ce sinus et s'abouche dans la jugulaire elle-même (Sappey, Traité danatomie descript.^ t. II, p. 722). Il reçoit : 1" une veine qui traverse le trou déchiré antérieur ; 2® une veine provenant de la dure-mère qui tapisse les fosses cérébelleuses.
Sinus coronaire. Synonymie : circulaire de .Ridley, ovale de Santorini et Littré, circularis super ior de Winslow. 11 est contenu dans l'épaisseur du repli pituitaire que nous avons vu se dédoubler en deux lames pour envelopper le corps pituitaire ; la partie antérieure du sinus coronaire longe la gouttière optique,
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sa partie postérieure se trouve au devant de la lame quadriUiaire de la selle turcique; sur ces côtés ces deux parties s'ouvrent par une embouchure commime dans les sinus caverneux ; quelques veinules du corps pituitaire s'y déversenL
Sinus occipital antérieur. Composé de plusieurs conduits irréguliers communiquant les uns avec les autres; s'étendant d'un c^të à l'autre du confluent des sinus caverneux et pétreux confluent pétro-spbéuoîdal de Cniveilhier, snr la partie antérieure de la gouttière basilaire.
Vaisseaux lymphatiques. Les recherches attentives de M. Sappey ont étiUi que la dure-mère ne présente pas de vaisseaux lymphatiques.
JYer/s. Admis par Valsalva qui les faisait venir de la septième paire, ptr Winslow, Lieutaud, Pacchioni, Vieussens, ils furent vainement cherchés par Heckel, Morgagni, Haller, etc. (Longet, t. I, p. 169).
Plus récemment (Anat. descript., t. XII) M. Cruveilhier a constaté Texis» tence de filets nerveux sur une dure-mère plongée dans Teau après avoir macéré dans l'eau acidulée. En ayant recours aux mêmes moyens d'ohaervatioD, M. Longet les a vus naître : 1® de k grosse racine du trijumeau; 2<* du ganglion de Casser ; 3® de la branche ophihalmique.
Sappey les distingue en antérieurs, moyens et postérieurs ; les premiers naissent du filet ethmoîdal du rameau nasal du nerf ophthalmique de Willis ; signalés en 1846 par H. Froment, ils sont au nombre de deux, l'un se perd dans le prolongement de la dure-mère qui répond au trou borgne, l'autre, traverstnt la paroi postérieure du sinus frontal, se ramifie dans la muqueuse de cette cavité; les moyens sont plus volumineux, ils suivent l'artère méningée moyenne qu'ils enlacent de leurs anastomoses. HM. Cruveilhier et Froment les font naître du ganglion de Casser, et d'autres anatomistes admettent qu'un certain nombre de ces filets nerveux viennent du grand sympathique. M. Sappey a constaté que les nerfs moyens de la dure-mère sont un prolongement du plexus qui entoure l'artère méningée moyenne avant son entrée dans le crâne, lequel est lui-même une dépendance du plexus beaucoup plus important qui embrasse l'artère maxillaire interne et dont les filets [appartiennent au grand sympathique; les divisions de ces nerfs accompagnent les branches artérielles et ont pu être suivies par M. Sappey jusqu'à la partie moyenne des pariétaux. D'api*ès le même auteur, les nerfs postérieurs de la dure-mère émanent de la branche ophthttmique de Willis dans l'épaisseur de la paroi externe du sinus caverneux, après avoir croisé le nerf pathétique, ce qui avait fait supposer qu'ils provenaient de ce dernier nerf; ils se portent d'avant en arrière, gagnent la tente du cervelet, se divisent en rameaux internes pour le [sinus droit et la partie voisine de la faux du cerveau et rameaux externes qui s'étendent jusqu'aux sinus latêrtox en se perdant dans leurs parois. Indépendamment de ces nerfs postérieurs destinés à la tente du cervelet, il en existe aussi sur cette partie de la dure-mère qui revêt les fosses cérébelleuses inférieures et qui naîtraient selon Luschkaet Budinger d'un filament fort grêle dépendant de l'hypoglosse : origine asseï étrange, si l'on considère que l'hypoglosse est envisagé comme un nerf de moavement.
Granulations meningiennes ou glandes de Pacchloni. Ce sont des corpuscules arrondis, assez semblables à des grains de plomb, d'un volume qui varie entre celui des lentilles et un grain de millet, isolés ou réunis en groupe et qu'on rencontre souvent au vois'nage du sinus longitudinal supérieur. Lenr histoire ayant été faite à l'article PacchioxM (Dict. encycL^ 2* sér., t. XR*.
DURE-MÈRE (aratomie et putsiologie). 689
nous nous bonierons à rappeler l'opinion du professeur Sappey relsttivcment à leur connexion avec les lacunes veineuses de la dure-mère. Les granulations méningées sont souvent mêlées à des saillies veineuses dues à des veinules dilatées et anastomosées ; elles constituent alors des formations complexes qui ont fait croire que ces saillies étaient une dépendance des granulations ou plutôt ces granulations elles-mêmes parvenues à leur dernière période. M. Sappey s'efforce de démontrer Terreur de cette interprétation en signalant les différences de nature, de siège, de composition, entre les unes et les autres, en faisant remarquer que ces deux genres de petites tumeurs ne coïncident pas toujours, et qu'on observe souvent, dans l'épaisseur des couches les plus externes de la dure-mère, des granulations autour desquelles il n'existe aucun vaisseau et plus souvent encore des saillies veineuses ne contenant aucune granulation. Il impolie de rappeler avec H. Dechambre (article Pacchiomi) que M. Lablx^, aide d'anatomie de la Faculté (Thèse de Paris, 1882), a soutenu l'opinion contraire et qu'il croit que les granulations otit leur siège dans l'intérieur des lacs sanguins. Dans un travail plus récent (Gand, 1883), cité par le même auteur. Van De von a combattu également en faveur de la même opinion.
11. Physiologie. La dure-mère sert-elle de périoste aux os du crâne? Longet l'aHirme avec presque tous les auteurs. Suivant Sappey, Tanatomie et la chirurgie s'accordent manifestement pour protester contre une semblable opinion {Traité (TanaL descript.^ t. 111, p. 22); tandis que l'enveloppe extérieure de l'encéphale est exclusivement constituée par des fibres de tissu lamineux, le périoste est formé en égale proportion de fibres de tissu lamineux et de fibres élastiques ; la dure-mère est peu vasculaire; c'est le contraire pour le périoste; la première renferme une petite quantité de nerfs, tandis que le second en est richement pourvu. Le périoste présente sur sa face adhérente une couche de noyaux et de cellules qui jouent le rôle principal dans la reproduction de l'os, la dure-mère est privée de ces éléments, aussi les pertes de substance des parois du crâne ne sont point comblées par du tissu osseux ; les simples solutions de continuité peuvent se consolider, il est vrai, mais alors c*est le diploé qui fait tous les frais de cette consolidation; c'est pourquoi on ne voit jamais se produire sur la face interne du crâne la saillie qui accompagne ailleurs la formation du cal provisoire, cette saillie étant due à la part que prend le périoste à la soudure des deux fragments osseux.
La dure-mère protège l'encéphale, de plusieurs manières : 1° en doublant son enveloppe osseuse ; 2® par ses cloisons : ainsi, la faux du cerveau séparant l'un de l'autre les deux hémisphères cérébraux, s'oppose à la compression réciproque qu'ils pourraient exercer l'un sur l'autre dans le décubitus latéral ; par la tension qu'elle communique à la tente du cervelet, elle fournit à celle-ci la rigidité nécessaire pour maintenir en place cette portion de l'encéphale.
De son coté la tente du cervelet tend la faux du cerveau et contribue à prévenir les ballottements du cervelet ainsi que ceux de la partie postérieure du cerveau. Quant à la faux du cervelet, comme les deux autres replis de la duremère, elle concourt à engainer l'encéphale.
Rôle des sinus. Les sinus constituant des canaux à parois rigides jouent un rôle important dans la circulation cérébrale : grâce à cette disposition, l'aspiration produite sur le sang de la jugulaire interne pendant l'inspiration thoraciqne peut se transmettre jusque dans l'intérieur de la boite crânienne. Au contraire, au moment de l'expiration, le reflux ou la stagnation du sang vci-
DICT. ENC. XXX. ^i
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neux ne peut produire leur dilatation ni la compression de la substance cérébrale, comme cela aurait eu lieu, si à leur place eussent existé des troncs Teineux ordinaires.
La dure-mère est-elle contractile? Aujourd'hui, cette question n*a d'intérêt qu'au point de \ue historique; on la trouve savamment exposée dans le Traité d*anatomie et de physiologie du système nerveux de Longet auquel nous emprunterons quelques passages. Les Arabes paraissent avoir cru à la contractilité de cette membrane ; Malpighi pensait qu'elle se coqtractait pendant les convulsions; Mayow regardait ces mouvements comme destinés à chasser le Huide nerveux du cerveau dans les nerfs. D'après Willis, la dure-mère se contracte et se rétracte pendant l'éternument; lorsqu'elle est lésée elle devient le siège de mouvements spasmodiques, de là les convulsions.
Pacchioni prétendit légitimer ces hypothèses par la dissection ; d*après lui, h dure-mère est l'analogue du cœur. Comme cet organe, elle a un double mouvement de systole et de diastole : pendant la systole le fluide nerveux est chassé dans les nerfs ; pendant la diastole le sang artériel arrive dans le cerveau, etc. [fâtons-nous de rentrer dans le domaine des faits : lorsqu'on a mis la duremère à nu et que Ton applique sur elle des irritants, mécaniques ou autres, on u observe aucune trace de contractions (Longet).
Si la dure-mère ne se contracte pas, si elle n'a pas de mouvements actifs» il n*en est plus de même des mouvements passifs que lui communiquent dans corlaines circonstances, soit les déplacements alternatifs du liquide céphalo-rachidien, soit lafflux du sang dans la cavité ci*ânienne pendant la systole ventriculaire et surtout au moment de l'expiration ; ces mouvements sont manifestes au niveau des fontanelles chez le nouveau-né et chez Tadulte quand la boite crânienne a subi une perte de substance, même peu étendue; mais ces phénomènes se rattachant plus particulièrement à l'histoire du liquide céphalo-rachidien, nous ne croyons pas devoir nous en occuper ici avec plus de détails : disons cependant que ces mouvements, en se transmettant à Textérieur et se communiquant soit à du sang, soit à du pus, soit même à de l'eau, peuvent servir à faire reconnaître Texistence d'une fracture au fond d*une plaie alors que les autres signes viennent à manquer.
Dure-mère rachidienne. I. Anatomie. Entourant la moelle épinière comme un fourreau, elle a la forme d'un cylindre étendu du trou occipital où il se continue avec la dure-mère crânienne jusqu'à la base du coccyx à la partie inférieure du canal sacré ; elle est indépendante du périoste.
Dimensions. Elles varient suivant le point où on l'examine et sont généralemeut en rapport avec la mobilité de la région : à la partie inférieure de b région cervicale, elle présente un premier élargissement ; elle se rétrécit à la portion dorsale du canal rachidien pour se renfler à la région lombaire; mais partout elle laisse un intervalle entre elle, la moelle et la queue de cheval, comme il y en a un entre elle et le canal rachidien, de telle sorte qu'elle se trouve à distance égale de la moelle et de l'enveloppe osseuse, différant ainsi de la dure-mère crânienne qui adlière aux os.
Face externe. En avant, elle est unie au grand ligament vertébral postérieur,
â l'aide de filaments cellulo-fibreux courts et nombreux à la région cervicale,
rares à la région dorsale, plus longs et fournis aux lombes; en arrière, elle est
i^éparée du canal rachvdieu ^r une graisse molle, presque liquide, et les vdoes
DURE-MÈRE (aïvatomie et phtsiologie). 691
intra-rachidiennes postérieures; sur les côtés, la dure-mère fournit à chaque racine des nerfs une gaine fibreuse qui vient se fixer sur le périoste des trous de conjugaison et contribue puissamment à donner de la fixité à la dure-mère.
Face interne. Lisse, polie, grâce au feuillet pariétal de l'arachnoïde qui la tapisse, elle est séparée de la moelle par les deux feuillets de Tarachnoïde et Tespace sous-arachnoïdien que remplit le liquide céphalo-rachidien ; en avant et en arrière de nombreux prolongements cellulo-fibreux la rattachent à Tenveloppe inmiédiate de la moelle ou pie-mère; sur les parties latérales se 'fixent par leur sommet les festons du bord externe du ligament dentelé ; entre ceux-ci et au niveau de chaque paire de nerfs existent de chaque côté deux ouvertures pour les racines antérieures et la postérieure.
Extrémités. La supérieure en se continuant avec la dure-mère crânienne contracte des adhérences intimes au pourtour du trou occipital ; un peu plus bas elle se laisse traverser par Tartère vertébrale et s*unit en arrière au feuillet profond du ligament occipito-atloïdien postérieur; son extrémité inférieure se dibte au niveau des racines nerveuses qui par leur ensemble forment la queue de cheval et dont elle est séparée par le liquide céphalo-rachidien ; dans le canal sacré elle se rétrécit, mais reste indépendante des parois osseuses et se termine en cul-de-sac, an niveau de la base du coccyx.
Structure. Au lieu de ne contenir que des fibres de tissu lamineux, elle renferme aussi des fibres élastiques. Les artères provieiment, les supérieures des brandies spinales des vertébrales, au dos, des branches postérieures des intercostales, plus bas des lombaires et des sacrées latérales. Ces artérioles sont réduites à un état presque capillaire, de sorte que la dure-mère rachidienne est encore moins vasculaire que celle du crâne. Les veines se jettent dans les veines intra-rachidiennes.
Au point de vue des vaisseaux lymphatiques, H. Sappey déclare que le résultat de ses recherches est qu'ils manquent dans Fenveloppe fibreuse de la moelle; quant aux nerfs, il serait tenté d'ajouter (Anat.^ t. HI, p. 34, édit. 1872) qu'elle en est dépourvue; mais, comme Rûdiger dit avoir vu des nerfs dont les uns étaient accolés aux vaisseaux, tandis que les autres en restaient indépendants, M. Sappey ajoute que de nouvelles obsci*vations seraient nécessaires pour fixer la science sur ce point.
II. Physiologie. D'un côté la moelle est fixée à l'intérieur de la dure-mère par le ligament dentelé et les prolongements cèlluIo-fibreux; de l'autre la face externe de la dure-mère est immobilisée par son union médiate avec le canal osseux du rachis. Il en résulte que la moelle est protégée par son immobilisation au centre de son canal ostéo-fibreux, baignée qu'elle est dans le liquide céphalo-rachidien comme le fœtus dans l'amnios; l'étui formé par la dure-mère présente toutes les conditions d'un canal d'échappement dont le jeu sera expliqué à l'article consacré au liquide céphalo-rachidien (Richet, Math. Duval, Phys., p. 128. On consultera avec fruit sur ces questions la thèse de H. Salathé, Becherches sur les mouvements du cerveau et sur le mécanisme de la circulation des centres nerveux. Paris, 1877). Si dans la cavité crânienne la pression augmente au delà des limites compatibles avec le peu de compressibilîté des parties contenues (dans la systole ventriculaire et surtout l'expiration), le liquide cépbalo-racliidien fuit devant cette pression et s'échappe dans le canal rachidien, dont les parois sont moins inextensibles et dans lequel il remplace le sang veineux qu'il expulse. La pression vient-elle à cesser dans le crâne et la ten-
692 DURE-MÈRE (pathologik).
dancc au vide commence-t-eUe â s*y manifester» le liquide vient y reprendre sa place, favorisé dans ce mouvement de reflux par Télasticité en retour de toutes les parties qu*il a déplacées. J. AuBfti .
§ II. Pathologie. Étalée sur la face interne du canal rachidien et de la boite crânienne, la dure-mère sert de soutien aux centres nerveux qu'elle préserve contre l'intensité des chocs pouvant les atteindre ; mais si, à l'étal pîipiologique* cette toile membraneuse est, pour l'appareil de Tinnervation, un orgiDc de protection, par contre à l'état pathologique elle peut être une caofle de désordi'es plus ou moins sérieux. Il y a en eflfet un certain degré de solidarité entre les lésions de la dure-mère et celles de rencéphale et de la moelle épinière, et par cela même les phénomènes fonctionnels résultant de ces lésioas sont nécessairement très-variables. Ces lésions sont d'ailleurs relativemeot fréquentes» étant donné la faible vascularité de la membrane la plus externe des enveloppes cérébro-spinales. Néanmoins, malgré un intérêt réel» elles ont été à peine étudiées et sont fort peu connues. Pour ce motif, nous tenons à en donner une description détaillée, et tout d'abord nous les grouperons sons plusieurs chefs qui sont les suivants :
Anomalies de formation; anomalies de nutrition; anomalies de eiradatkm; anomalies accidentelles.
I. Anomalies de roRMÀTion et de développement. Des anomalies de formation et de développement ont été plusieurs fois observées dans la dui*e-mère. Morgagoi parle d'un fœtus chez lequel la substance de la tente du cerveau renfermait un kyste qui contenait de la matière grasse et des poils. Paget rapporte un cas asse: semblable, celui d'un homme dont la mort fut subite, et à l'autopsie duquel il trouva une musse de graisse mêlée avec des poils courts et raides sous le cervelet, dans l'épaisseur de la pie-mère; d'un autre côté, C. Ilawkins a dépose au musée de l'hôpital Suint-Georges un kyste pileux et épithélial situé dans la partie profonde de la dure-mère, près du pressoir d'Hérophile. Cette dernière pièce provenait d'un enfant âgé de deux ans et demi, mort de convulsîoos. Otto enfui trouva un kyste de même nature dans la dure-mère d*un fœtus dont la cavité crânienne était perforée. La présence de ces kystes également constatée dans les méninges des animaux nous paraît trouver sou explication dans Tinragination pendant la vie embryonnaire des éléments destinés à former le cuir chevelu.
DiBLiOGRAPiiiE. — MoBGAGNi. Recherckcê anatomiques sur le êiége et les cau$eê des mtdttdtei, trad. franc, de Désormaux. Paris. 1824. — Leblaxc. Kyite Hermoïde trouvé dmi» U crâne d'un cheval. In Journ. de méd. vétérinaire^ an. II, p. Û3. Pari<, 1821. — J. Pa4ct Lectures on Surgical Palhology, t. H, p. 84. Londun, 1855. — Du Mfiiie. Catalogue of ikt Path, Muséum St. Grorg's Hospital. l.ondon. 18^6, p. 35. — Otto. Monslr. sexe, deteript. Anat., p. '280, pi. VI. — C/ksar Uawkins. Transact, of the PathoL Soc, of Umdon, t. VI. p. 12. — J.-NY. Ogle. Ibid.y p. 12. E. L,
Des mal formai ions diverses par défaut ou par excès ont été observées dans la dure-mère. Cette membrane manque effectivement, en partie ou en totalité, dans Tagonésie du cerveau et de la moelle épinière, et souvent elle est double lorsqu'il y a duplicité de ces organes : son état est par conséquent jusqu'à un certain point subordonné à celui des viscères qu'elle enveloppe. D'un autre côté, b dure-mère offre une étendue exagérée dans les cas d'hydrocéphalie et dliTper-
DURE-MÈRE (patbologib). 693
trophie cérébrale, tandis qu'elle est plus petite que normalement dans la microcéphalie. Ajoutons qu'elle présente des dilatations et des diverticules plus ou moins étendus dans un certain nombre de malformations du crâne ou du rachis (encéphalocèle» spina bifida, etc.); dans beaucoup de cas enfin, certaines portions de la dure-mère, telles que la faux du cerveau et la tente cérébrale, peuvent être percées de trous ou complètement absentes, et les faits d 'absence de la grande faux cérébrale ne sont pas extrêmement rares (voy. mou Traiié tTanatomie pathologique^ t. II, p. 37i).
BnLiooBiPBiE. — Uallbb. 0/y. minora, t. III, p. 363, obt. LXI. — Flbisoimaii!!. Bildungêhemmungen der Menschen undThiere. Ifuremberg, 1835, p. 141, 158, 177. — Shaw. DeftC' tive Development of ihe Faix Cerehri, In Tratutad, ofùiê PaihoL Soc. of London^ t. I,p. i878. — THumiAM et Peaooci. Ibid., t. V, p. Si. E. L.
II. ANOMALIES DE NUTRITION. 1 . HYPERTROPHIE ET ATROPHIE. Membrane fibreuse ayant un rôle purement passif, la dure-mère est rarement le siège d'hyper* trophie ou d'atrophie fonctionnelle. Cependant cette membrane est fréquemment épaissie, sinon hypertrophiée, chez les personnes avancées en âge, dans les cas d'épilepsie, de manie chronique, et surtout dans l'iiypertrophie avec ou sans ostéite des os crâniens. L'atrophie de la dure-mère est le plus souvent partielle et limitée à la portion de cette membrane qui tapisse la voûte crânienne de chaque côté de la faux cérébrale ; elle a pour condition pathogénique ordinaire la pression exercée par les corpuscules de Pacchioni (J. Wilks et W. Hoxon, Lectures on pathological Anatomy^ 2« édit. London, 1875, p. 193).
2. Phlemasies de la dure-mére. Pachyméningites. Les phlegmasies des membranes fibreuses et peu vasculaires telles que les toiles aponévroliques, la dure-mère, etc., ont été longtemps mises en doute, mais aujourd'hui il est manifestement reconnu que ces membranes sont aptes à s'enflammer. £n conséquence nous n'hésitons pas à reconnaître l'existence pour la dure-mère de deux ordres de processus inflammatoires les uns suppuratifs, les autres adhésifs : pachyméningites suppuratives, pachyméningites prolifératives.
A. Pachyméningites suppuratives. Ces phlegmasies, la plupart du temps consécutives à la suppuration des os crâniens ou rachidiens, ont pour siège de prédilection la dure-mère de la base du crâne, plus rarement celle de la voûte crânienne ou du rachis. Elles sont en général peu étendues, limitées aux régions pétrée et temporale, quelquefois aux régions ethmoïdienne, atloïdienne, etc.
D'abord injectée, puis tuméfiée et plus tard pigmentée, la dure-mère s'infiltre de globules purulents, et devient le siège d'abcès de petit volume, isolés ou agglomérés, qui, en On de compte, déterminent son ramollissement ou même sa destruction plus ou moins complète et sa perforation. Assez souvent ce processus plilegmasique ne s'arrête pas à la dure-mère, il gagne les méninges molles, et s'étend jusqu'aux centres nerveux qu'il fait suppurer. Point de départ de l'alièmlion, le tissu osseux est alors carié ou nécrosé, et séparé par une couche purulente de la dure-mère qui, moins consistante que normalement, est épaissie ou amincie et infiltrée de pus. Ce liquide quelquefois se fait jour dans la caVité de Tarachnoïde : c'est ce qui arriva dans un cas soumis à mon observation ou un foyer de suppuration provenant des premières vertèbres cervicales vint à s'ouvrir dans le canal rachidien et fut promptement suivi de mort ; mais le plus ordinairement les deux feuillets de l'arachnoïde irritée adhèrent entre eux» du ffloina à la limite du foyer, et s'opposent, comme cela a lieu pour le péritoinci
69i DURE-MÈRE (pathologie;.
au déversement du pus dans la cavité séreuse. Dans ces coaditions, rinflammation continuant à s*étendre en profondeur, la pie-mère y prend part et souvent aussi la substance nerveuse. On voit alors la carie du rocher, la nécrote syphilitique du temporal ou des os de la voûte crânienne» engendrer peu i peu et quelquefois assez rapidement la suppuration, ou même la gangrène d'une portion du cerveau, quand surtout le foyer initial d'altération communique avec l'air ambiant.
Les signes révélateurs d*une semblable affection varient suivant l'étendue du désordre anatomique. Lorsque cette alTection est limitée aux os de la voûte crânienne et à la dure-mère, les désordres fonctionnels sont purement locaux et consistent dans une tuméfaction plus ou moins intense du cuir chevelu, avec douleurs parfois très-vives. Plus tard, la lésion venant à s*étendre aux méninges molles et à Tencéphale, il s'ajoute forcément à ces premiers désordres des phénomènes d'un autre ordre, tels que délire, conyulsiaBS, somnolence ou coma, suivant le point affecté, et selon qu^il existe une simple excitation ou une compression de la substance nerveuse, mais, en somme, tous cei symptômes sont plutôt l'effet de la lésion osseuse ou nerveuse que celui de l'altération de la dure-mère; cette membrane, à part la douleur, ne fournit ancon signe particulier qui puisse faire reconnaître l'existence de la su|^uration qui l'atteint.
Limitée et circonscrite, la pachyméningite suppurée n'évolue pas très-rapidement, mais, lorsque le processus phlegmasique vient à se propager aux méninges molles, la marche est précipitée et la mort en général ne tarde pas à survenir. Cette inflammation par conséquent doit toujours faire craindre la suppuration des centres nerveux ; elle peut se compliquer de pyohémie, lorsque, le rocher se trouvant carié, Tun des sinus correspondants vient à s'enflammer et à suppurer. Le pus transporte par le sang détermine alors une affection générale et des abcès métastatiques multiples.
Par sa structure fibreuse et peu vasculaire, la dure-mère n'a qu'une tiible tendance à la suppuration. La pachyméningite suppurée en effet est presque toujours une affection consécutive à des lésions de voisinage, et les causes premières de cette phlegmasie sont celles de ces lésions. Cependant la doremère ne suppure pas fatalement toutes les fois que les os qu'elle tapisse viennent à se carier ou à se nécroser, car il est des cas oîi elle reste à peu près saine, lors même qu'elle se trouve soulevée ou décollée par un magma puriforme. Les qualités du contenu du foyer phlegmasique, la communication de ce foyer avec l'air extérieur, sont des conditions favorables, sinon nécessaires, à la genèse de la pachyméningite suppurée.
Le traitement de cette affection est préventif ou curatif ; le traitement préventif varie suivant les conditions pathogéniques, il consiste à traiter l'affection osseuse, nécrose ou carie, susceptible d'amener la suppuration de la dure-mère : l'iodure de potassium se trouve naturellement indiqué s'il existe des lésions spécifiques des os du crâne, comme aussi la trépanation de l'apophyse mastoîde, si cette apophyse est en suppuration. Le traitement curatif consiste surtout daof l'emploi des moyens antiphlogistiques : application de ventouses scariGées. saignées, vésicatoires, etc.
BfBLiooRAPBii. — P. BnouiBDKL. Léêtons du rocher, carie, néeroêe, etc. Paris, 1867, p. SS-
DURE-MÈRE (pathologie). 695
B. Pachyméningites prolifératives. Si la dure-mère est peu exposée aux inflammations suppuratives, par contre, elle a une certaine tendance aux phlegmasies prolifératives ou adhésives; celles-ci se manifestent sous des formes multiples, que nous classerons comme il suit, : pachyméningite scléretise, pachyméningite gommense ou syphilitique^ pachyméningite caséeuse ou ^crofuleuse.
a. Pachyméningite scléreuse. Comparable aux cirrhoses ou scléroses des organes parenchymateux, celte altération peut occuper les différents points de la dure-mère rachidienne ou crânienne, mais jusqu*ici elle a été particulièrement observée dans les régions cervicale et lombaire du rachis. Dans le crâne cette lésion se rencontre de préférence à la région temporale. Chez un de mes malades âgé de quarante ans, alcoolique, qui avait eu à plusieni*s reprises la tête contusionnée, et qui était en outre atteint d*accès épileptiformes, il existait à la face externe de la dure-mère, dans la partie correspondante à Tartère méningée moyenne, une néo-membrane d*une étendue de 5 à 6 centimètres. Cette néo-membrane, de couleur ocreuse, rouillée, était parcourue par <ies vaisseaux et plus épaisse à son centre qu*à sa circonférence. Une membrane assez semblable, moins colorée et mince comme une toile d*araignée, occupait dans la même région la face interne de la dure-mère, et celte toile fibreuse paraissait comme déchirée sur un point, en ce sens qu'une membrane linéaire grisâtre réunissait les deux bords d'une fente allongée. Il y avait ainsi •quelque raison de croire que la dure-mère avait subi une déchirure suivie d*uD0 phlegmasie adhésive et membraneuse, ainsi que cela se voit chez les buveurs (roy. mon Mémoire sur les Hémorrhagies méningées [Archives de médecine^ 1862, t. Il, et 1863, 1. 1]). Dans un autre cas où le traumatisme pas plus que Talcoolisme ne pouvait être invoqué, chez une femme âgée morte de pneumonie, la plus grande partie de la surface externe de la dure-mère crânienne -était inégale, rugueuse comme un papier de verre, irrégulièrement épaissie par la présence d*une substance fibroïde formant au centre une large plaque opaline» el à la circonférence des taches grisâtres, saillantes et lentrtulaires. La surface interne correspondante était lisse et non altérée. Par conséquent, il y a lieu d'admettre Texistence d'une pachyméningite crânienne interne et d'une pachyméningite crânienne externe ; cette dernière, dont il est particulièrement question ici, a vraisemblablement ses causes propres. En ce qui concerne la première nous renvoyons le lecteur â l'article Méningite (Hémorrhagie méningée).
Peu de symptômes répondent à la pachyméningite externe du crâne, si on excepte la douleur, un léger degré d*oblusion des facultés intellectuelles et quelquefois des attaques épileptiformes : aussi cette lésion passe-t-elle le plus souvent inaperçue et dans quelques cas même c'est par hasard qu'elle est rencontrée à l'autopsie.
Mieux connue, la pachyméningite scléreuse rachidiennCy désignée encore sous le nom de pachyméningite hypertrophique (JofTroy), a pour siège de prédilection les régions cervicale et lombaire qui sont celles où le canal rachidien a son plus grand diamètre. Entourée de ses enveloppes, la moelle épinière remplit alors complètement ce canal et forme une sorte de tumeur allongée en fuseau, aplatie d'avant en arrière, et dont la surface de section est ovalaire avec un grand diamètre transversal. Par sa face externe, la dure-mère adhère au ligament fibreux appliqué sur les corps vertébraux; par sa face intenie, «lie est généralement soudée aux méninges molles ; de coloration grisâtre ou
696 DURE-MÈRE (pàthologib).
blanchâtre, elle offre un ëpaississement variable qui peut atteindre sur certains points de 6 à 7 millimètres. Cet ëpaississement est constitué par un tissu ferme résistant, élastique, d*apparence fibreuse, disposé en couches concentriques, sinon divisé en deux parties plus ou moins distinctes qui se confondent avec Tarachnoide et la pie-mère correspondantes. Sur des coupes fines, perpendiculaires de ces membranes fusionnées, il est facile de reconnaître que la duremère est le siège à peu près exclusif de la tuméfaction que forment des faisceaux concentriquement disposés. Ces faisceaux, comme cela se voit à Tétat sain, laissent entre eux, de distance en distance, des espaces lacunaires fusiformes eu étoiles et plus ou moins larges, quelquefois comblés par un détritus cellulaire. Les vaisseaux qui parcourent les points altérés sont augmentés de nombre et présentent des parois plus épaisses que dans Tétat normal.
En somme, Taffection en question est caractérisée par la formation à b surface ou dans lëpaisseur de la dure-mère d*un tissu conjonctif qui tend vers une organisation définitive. L*arachnoîde et la pie-mère sont génëralement épaissies, et dans un cas qui m'est personnel elles présentaient en outre de nombreuses plaques opalines sur divers points indépendants de ceux qui se trouvaient en rapport avec l'altération de la dure-mère.
La pachyméniogite scléreuse a une marche progressive et peu de tendance à la rétrocession; bien qu'elle se termine rarement par calcification» elle n'est pas moins, à l'instar de toutes les inflammations scléreuces des tissus fibreux, une affection rebelle et très-diificile à combattre.
Les troubles fonctionnels qui se rattachent k cette affection varient suivant le sjége de la localisation et l'étendue plus ou moins grande des lésions concomitantes des racines nerveuses et du centre cérébro-spinal. Les racines nerveuses, généralement affectées au niveau des points où elles traversent la dure-mère épaissie et sclérosée, sont l'occasion de désordres variés. Dans un cas observé à la Salpêtrière et rapporté par Pierret, le tissu des racines antérieures et postérieures émanant du rendement cervical était par places remplacé par une sublance fibreuse jeune, constituée par des noyaux allongés et des corps fusiformes dont les prolongements proloplasmiques fins et déliés donnaient anx préparations par dilacération un aspect fibriilaire ; quant aux tubes nerveux, ils étaient les uns intacts, les autres plus ou moins profondément modifiés.
La moelle épinicre est en pareil cas le plus souvent altérée, tantôt seulement à sa périphérie, tantôt jusque dans sa profondeur; elle est le siège d'une lésion scléreuse assez semblable à celle de la dure-mère, et qui consiste dans la substitution à la substance neneuse d'un tissu conjonctif dense, fibroîde, rétracté, en continuité avec le tissu des méninges, et parcouru par des vaisseaux nombreux, sinueux, à parois très-épaisses (Joffroy). Ce tissu, en se rétractant produit Taplatissement de la moelle épinière; enfm, si les cornes antérieures du centre spinal viennent à s'altérer, et si les racines antérieures sont détruites, les muscles animés par ces parties finissent par s atrophier : c'est ce qui a été constaté dans quelques cas.
Les troubles engendrés par ces lésions affectent la sensibilité et la motilité. Les uns consistent en des sensations douloureuses des extrémités des membres supérieurs ou inférieurs que les malades comparent à des tiraillements, à des picotements, des fourmillements, ou même à de la brûlure. Les autres se traduisent par de la raideur des membres, de la contracture des muscles d*oà rôsulle l'immobilité plus ovi moins complète des bras ou des jambes. Ajoutons
DURE-HËRK (rirBOLoeti). 6S7
qu'à ces pbëDomèDes succède quelquefois une paralysie avec ou sans atrophie.
Le pronostic de la pachyméniagite scléreuse est sérieui en raison de U ténacité de la lésion qui la caractérise. Les causes de cette alTcction ne diffèrent pu de celles qui exercent généralement leur action sur les tissus fibreux (Froid, humidité, etc.). Nous l'avons observée à la suite d'un traumatisme.
Le traitement est variable et consiste principalement dans l'emploi de l'iodure de potassium à l'iuLérieur et des exutoires au nireau de la région malade. L'hydrothérapie pourra donner de bons elTets au début du mal. Les bains salés et sulfureux sont indiqués en tout temps.
Bni.iocRArBiE. — W. Gnu. Cote of Parapltçia. In Cm^'i Hotp. Rrp., p. SDO, 1858. ~ KnBLU. Monogrephia der Mtningilù ipinaUt. p. lOt, obs. XTII, 1801. — A, Jormor. De la pachyméningitt cervical* kgptrttvpkique d'origine tponlaiiée. Tb, de Paris, )8T3, et Areh. gén. de méd., I. It, p. 541, 1876. — Bnno. PaektpnéningiU tpinaU mlérinre. etc. [n Bull, dt la Soe. anal., ç. 598, 1874. — L. Bumni. De la pacAgméitingilt ipinaU hypertrophique. Tb. de l'iris, 1S78. E. L.
b. Pachyviéningile gommeute. Cette adécUon le montre sous deux formes, l'une, difTnse, est caractérisée par an épaississement peu étendu, mal limité, soit de la dure-mère crânniene, soit de la dure-mère rachidienne; l'autre, circonscrite, est représentée par des nodules jaunâtres plus au moins fermes et semblables aux nodules gommeux des viscères (Gg. 1).
La forme diffuse, peu distincte de la pachyméningi te scléreuse, présente, du moins au niveau de la dure-mère ci-ânienne, quelques dilTcrences anatomiques suivant que le feuillet interne ou le feuillet exieme de cette membrane est plus spécialement affecté.
Lorsqu'il s'agit de son feuillet interne, la dure-màre crânienne a généralement une épaisseur double ou triple; elleestgrisïtre, ferme, résistante, adhère aux méninges sousjacentes et à la substance nerveuse, comme le montre un dessin consigné dans mon Alleu Sanaiomie pathologique (pi. XLI, Hg. 1). Si c'est le feuillet externe qui prend la plus grande part au processus, il s'interpose entre la dure-mère et l'os qu'elle maintient réunis une substance jaune lai'dacée formant une couche étalée, ferme et consistante, qui n'est autre qu'un simple dépôt gommeux. fig.i. L'os lui-même est souvent alt^Sré et épaissi ; ' "
sa surlace interne est spongieuse, dépolie, (relto «gnre, eomnie lei tniTanles, t>l liria
semée d'ostéophytes, et, dans quelques cas, ^'""'° ^'""-^ d-anoiomie pathologique) alTectée de nécroses partielles. Épaississemcut diffus et du peu d'étendue, nul délimité, avec ou sans dépùt jaunâtre, telle est cette lésion dont les caractères histologiques différent peu de ceux que présentent les nodules gommeux.
Tout d'abord il existe entre les faisceaux fibreux, dans les espaces fusiformes de la dure-mère, une infiltration de petites cellules sphériques ou ovoïdes.
668 DURE-HËRE (FitiOLoeit).
dites cellules embrjonnnaires de tissu conjonctir, lesquelles se tniufonD«il, d'une fagoD plus ou moins complète, en liisu fibroïde. Cette transfomution, fadie tant que les éléments cellulaires sont peu abondants, ne peut plus te produire lorsqu'ils sont exubérants, et alors se manisfeste U seconde forme de la pachy méningite gommeuse ou forme nodulaire.
Cette forme est ciractéiisée par un épaissi ssement de la toile fibreuse, au centre duquel ce délimitent un ou plusieurs nodules jaunitres, secs, peu vascalaires, plus ou moins saillants, '^du Tolume d'un pois, d'un nojau de cerise, d'une framboise ou même d'uu petit marron (fig. 2). Conslituës par une miIi-
,. ,. • ilphililiqnei fiiii
e, rfaolan da itax irUrei eéribnlM ii luila d'arUriU. ~ t, pctil d^pdl gommeui ia m^lDg» an niTeau de la tciuuii* de SylTii
stance jaunâtre, ferme ou mnlle et toujours un peu friable, ces nodules ont pour siège ordinaire les régions Iroiitale ou temporale, et la base du crlne. Dans un cas qui m'est personnel, In dure-mère qui tapisse la fosse basilaire était épaissie jusqu'aux a|)op1)yses cllnoïdes postérieures, et cet épaississemenl, au centre duquel existait la nodosité gommeuse, avait produit le rétrécissement des orilices qui livrent passage aux nerfs pathétiques (voy. mon Allas d'analomit pathologiqtu, pi. XLI, fig. i'). Cette nodosité située dans l'épaisseur même de la dure-mère avait 15 millimètres de longueur sur 6 à S millimètres de largeur, elle était sèche, élastique, friable et d'un blanc jaiuiitre. Sur une coupe microscopique pratiquée ï son niveau, je constatai que la dure-mère était, à sa prtie externe, constituée par des faisceaux ûbreui, et que peu i peu, vers sa partie moyenne, ces faisceaux interceptaient des espaces allongés en forme de losange, remplis par des noyaux libres, granuleux, trèsréfringents, munis d'un nucléole excentrique et brillant, et par des cellules arrondies ou ovoïdes, granuleuses, formées du même noyau et d'une faible quantité de protoplasma. Vers la partie interne, les faisceaux fibreux tendaient i disparaître, les cellules et les noyaux, tassés les uns antre les autres, étaient en voie de dégénérescence granulo-graisseuse. Cette transformation des masses gonimeiises aboutit généralement k une résorption partielle, sinon totale. La résorption dans l'espèce est fort lente, en raison de la faible vascularisaticm de la dure-mère; mais l'altération n'est pas moins inQuencée par les agents spécifiques, à la condition d'être soumise à un traitement énergique.
Les phénomènes cliniques observés dans la pidijinéniDgite gomomue fié-
DUltlrl-MÈRE (pATUOLoeiE). 099
^ (iiITt'rences en rapport avec la Ibncliori spA:iale de la région du cernu ou de la moelle f'pinière qui prend part à l'alteralion. U douleur constsie dans la plupart des cas est violenle. inloli^rable même, lorsque le périoste Unie du crâne est affecté (lîg. 3 et 4). Des vertiges accompagnent fréquemment
■ymptâme, ils sefont sentir à tout instant du jour. A ces phénomènes s'njoulent
4es désordres d'oblusion intellecluelle lorsque les lobes autérieurs preunent part
procesmi pal lio logique, el des accès convulsifs ayant uneplijsionomie asseï
sp&îale (épilepsie Jaebsonienne), si la zone motrice de l'eDcéphale vient à s'altérer.
Dans le premier cas, le malade est somnolent, ne pense plus i s'alimenter,
agit sans avoir conscience de ses actes; dans le second, il est atteint de convulsions ordinairement partielles, liémiplégiques, qui débutent par le membre supérieur, quelquefois par la l'ace et plus rarement par le membre inférieur. Ces convulsions présentent en général une série d'accès remarquables par une succession rapide avec état comateux dans leurs intervalles, el lorsqu'elles ont lien da cdlé droit, elles sont quelquefois suivies d'aphasie ou même d'une hémiparalysie passagère. Ajoutons que certains allribula particuliers, tels que l'aura, le cri épileplique, l'écume à la bouche, font souvent défaut. En cela donc, comme aussi par l'âge où elles se produisent, ces attaques convulsives se distinguent nettement de l'épilepsie vraie ou de l'épilepsie essentielle, et par conséquent
R ne peut, î l'etemple de certains auteurs, leur donner le nom A'Ép'Ue}i*ie
700 DURE-MÈRE (patbologib).
syphilitique. Elles n*ont d'ailleui*s absolument rien de spécifique, et si elles se rencontrent le plus souvent dans la syphilis, c est en raison de la tendanoc qii*a cette maladie à localiser ses elTels sur les méninges cérébrales. Toute autre lésion de ces membranes, quelle que soit sa nature» peut produire les mêmes manifestations symptomatiques, en sorte qu*il est nécessaire pour le diagnostic de la pachyroéningile syphilitique de tenir compte non-seulement des caractères des accidents convulsifs, mais encore de leur évolution. Ces accidents du reste ne surviennent que dans un certain nombre de cas d*infiltration gommeuse de la dure-mère, lorsque la lésion vient à gagner.les méninges molles et la couche corticale du cerveau au niveau de sa zone motrice.
Si la localisation se produit à la base du crâne, des phénomènes d*an autre ordre sont observés. Les nerfs de la base de Tencéphale ordinairement comprimés ont leur fonction anéantie; il survient des paralysies partielles des muscles des yeux ou de la face, de la surdité, etc., puis à ces accidents s'ajoutent fréquemment des phénomènes de compression cérébrale résultant de la dilatation des ventricules latéraux par le liquide céphalo-rachidien en excès.
Les altérations de la dure-mère cérébelleuse déterminent des phénomènes divers, tels que : ivresse, vomissement, photophobie et [strabisme ; celles de la dure-mère rachidienne sont suivies de sensations douloureuses et de contracture des membres.
La pachyméningite syphilitique a un début insidieux, une évolution lente et une tendance manifeste, comme toutes les manifestations de lasyphilis tertiaire, à la résorption et à la guérison. Cependant elle est plus souvent qu*on ne pense une cause de mort, si un traitement énergique n*est employé à temps.
Ce traitement, qui est celui des lésions avancées de la syphilis, doit consister dans Tusage du sirop de Gibert à haute dose, ou encore dans Temploi simultané des préparations iodurées et mercurielles. En pareil cas, nous administrons de 3 à 5 grammes d'iodure de potassium chaque jour et nous recommandons de faire deux frictions mercurielles de chacune un quart d*heure avec 2 grammes d*ongucnt napolitain. Nous pouvons aflirmer que ce traitement nous a donné à plusieurs reprises des résultats merveilleux, comme en témoignent quelques unes des observations rapportées dans des leçons recueillies par notre interne le docteur A. Gauthier (Paralysies toxiques et syphilis cérébrale. Paris, 1883).
Bibliographie. — Ploucqdet. Litleratura medica. Tubingen, 1800, t. III, p. 95, art. Excie»- CERTIA. — Mo50D. BulL de la Soc. anai., Paris, 1828, t. Ill, p. 92. — Hcrmax^ Wekb. Syphilitic Diseate of Dura Mater» In Tranaact. of the PaihoL Soc. of London^ t. XYIII. 121, 148. — MuncHisoN et H. Leach. Syphilitic Diseate ofLiver, Dura Mater and Arachmoié. Ibid., t. XYIII, p. 148. — Rossell. Médical Timei and Gai., 25 oct. 1873, p. 4G4. et Berw des sc.méd., t. III, p. 662. — Westphall. Nervenkrankh. In Charité Annal., p. 420, 1876, et Bévue des se. méd.^ t. IX, p. 232. — Ë. Laxcereaux. Traité historique et pratique de la syphilis. Paris, 1873, p. 338, et pi. II, fig. 7, avec bibliographie de la plupart des cas connus. — E. Lakcereaux et P. Lacxerdauer. Atlas d'anatomie pathologique, obs. GCXLIY, p. 396 et pi. 41, «g. I, r, 11% lII"', Paris, 1871. E. L.
C. Pachyméningite caséeuse. Contrairement à Taltëration gommeuse de la dure-mère, la pachyméningite caséeuse se localise, pour ainsi dire, toujours à la dure-mère rachidienne, et n'est habituellement qu'un effet de l'affection vertébrale connue sous le nom de mal de Pott. Elle se montre sous la forme d'un épaississement plus ou moins considérable, en rapport d*étendue avec la lésion des corps vertébraux, et consiste en plaques jaunâtres
UUItE-MËItE (FjtîBOLUGIR). 701
ou grisâtres, d'apparence caséeuse, comme si une couche de pus concret avai^ été déposée à la lace evtcrne Je la méniage. IiTégu Itères, molles et peu eonsisUntes au niveau de leur surface libre, ces plaques sont dures, Termes, résistaales et lardacées dans leur partie profonde, où elles se conlondent avec le tissu de la dure-mèie. Dans quelques cas, la pachymcningile casseuse, mîeni délimitée, est caractérisée |iar la j>résence d'un produit de nouvelle formation, sorte de masse circonscrite, ferme, allongée, grisâtre ou blanchâtre, suivant Ift (•êriode plus ou moins avancée de son évolution, et parfois peu distincte, du moins i l'œil nu, d'une tumeur de petit volume (lig. 5).
g. 6. — Coope nicnwnipiqa* prOvaiMnl niiuH inDauimiUiin J« U TRurB E. CeiM nu Sormée de ccllula cmbrjoii
' L« pachy méningite caséeuse se voit surtout à la face externe de la dure-mère j ~ etsereoconLre de prélérence it la partie antéro-latérnlc de cette membrane, à ] cause des rapports qui l'unissent aux corps vertébraui. D'abord limitée à c points, elle s'étend ensuite, gagne eu étendue, puis en profondeur; toutefois, , ^QOnti'aJrcmeDt à la pacliyinéuiugite syphilitique, cette lésion entraîne rarement 1 suite des adhérences avec les méninges molles cl la moelle épinière. • dure-mère dans ces conditions présente à l'eiaiuen bistologique tiois couches jsliuctes (Hicliaud) : une couche interne saine en rapport avec l'aiachnonfe A la pieHnère spinale ; une couche moyenne couïtituée par le tissu fibreux île l dur&mère el pur des éléments nouveaux, noyaux embiyoplustiques «t ellules ari'oodies ou fusiformes développés dans les interstices de ce tiasn; iliu, une couche péfipbérique externe formée surtout par des noyaux et des , aellules cmhryoplastiques entremêlés de corps fusiiurmes et eu état de régre^ , aséeusË. Cette dernière couche renferme des capillaires plus ou moins ' Jiombreui (fi^. 6), en communication avec les vaisseaux de la couche moyenne
702 DURE-M^ÈRE (pAiBOLOcife).
et qui, sans Tatteindre tout à fait, se dirigeât vers la périphérie de k masse de nouvelle formation.
Loin de se limiter â la couche externe, la régression peut aflecter lei foyers de tissu nouveau de la couche moyenne» d*où la formation de masses nécrosées, circonscrites, considérées à tort par Hichaud comme de petits abcès. Ces foyers ont quelquefois une disposition lobulée et ramifiée qui rappelle celle des vaisseaux lymphatiques : aussi Gomil, ayant trouvé leurs parois tapissées de grosses cellules endothéiiales en voie de dégénérescence colloïde, pense qu'ils siègent dans des cavités lymphatiques. Le produit phlegmasique nettement délimité, et sous forme de tumeur, dans un cas qui m*est personnel, se trouvait formé de couches concentriques constituées par des cellule emhrjDniuires, des fibrilles conjonctives et des vaisseaux pour la plupart altérés (voy. fig. 5 et 6).
En somme, Taffection que nous désignons sous le nom de (Midiyniéningite caséeuse est caractérisée par une végétation semblable à celle des bourgeons charnus des plaies, avec cette différence que les éléments, à une certaine période de leur développement, cesseraient de se nourrir, deviendraient granuleux et se mortifieraient; cette lésion est, d*ailleurs, comparable au travail pathologique qui s'accomplit dans les corps vertébraux et constitue le mal de PoU. Ainsi le produit pathologique de la padiyméningite caséeuse a peu de tendance à s'organiser définitivement ; rarement il arrive à former des éléments fibrillaires ou ï s'ossifier malgré le voisinage des os. Cependant, sur une pièce provenant d*nne femme atteinte de paraplégie depuis plusieurs années, Hichaud trouva, dans la couche d'altération la plus profonde de la dure-mère spinale, un tissu osseux jeune, en voie de développement. Cette ossification pathologique, signalée par plusieurs observateurs et notamment par Andral et Ollivier (d'Angers), a la plus grande analogie avec celle qui se produit quelquefois dans les corps vertébraux atteints du mal de Poli; elle est une circonstance toujours favorable et doit être envisagée comme un mode heureux de terminaison.
De même que les altérations scléreusc et syphilitique de la dure -mère spinale, la pachyméningite caséeuse détermine la compression des racines nerveuses correspondantes* Vues à l'œil nu, ces racines sont grisâtres, injectées ou même atrophiées, tandis qu'au microscope elles présentent les caractères d*une névrite avec dégénérescence granulo-graisseuse qui souvent s*étend jusqu'aux tnincs nerveux. Les ganglions spinaux eux-mêmes peuvent offrir des altérations de structure, car Wagner a constaté une fois qu'ils étaient atteints de dégénérescence graisseuse et que les cellules ganglionnaires avaient disparu sur plusieurs points. Ces lésions consécutives des racines et des ganglions nerveux rendent compte non-seulement des douleurs, mais encore des troubles trophiques, des éruptions diverses et particulièrement du zona, signalés dans le cours du mal vertébral.
La moelle épinière est de son côté fréquemment comprimée et enflammée. Louis a parlé du ramollissement de cet organe au niveau du mal de Pott, et Hichaud a constaté qu'il présentait tous les cai*actères d'une phlegmasie scléreuse circonscrite au point comprimé. Cette phlegmasie, qui, généralement, envaliil la moelle épinière dans toute son épaisseur, est l'occasion de lésions consécutives descendantes des faisceaux latéraux et de lésions ascendantes des faisceaux postérieurs.
affection ordinairement concomitante d'une carie vertébrale, la pachy-
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méningite caséeuse se révèle par des désordres qu*il est parfois difficile de séparer de ceux qui appartiennent à la lésion des vertèbres. Dans un certain nombre de cas cependant, ces symptômes sont manifestement distincts, c*est lorsque les corps vertébraux n'offrent aucune déviation, comme dans un fait qui s'est déroulé sous mes yeux.
Un homme robuste, âgé de quarante-quatre ans, intoxiqué par Talcool depuis un certain temps, éprouve à la Gn de septembre 1873 des sensations d'engourdissement dans les deux jambes, puis de la difGculté dans la marche qui devient vacillante. Admis à Thôpital, le 24 octobre, il présente des désordres vaso-moteurs des extrémités inférieures, qui sont alternativement froides ou chaudes, et en même temps anesthésiées ou hyperestliésiées par places. La sensation du milieu sur lequel il marche lui échappe fréquemment; il projette quelque peu les jambes sur les côtés et en avant ; mais il reste debout les yeux fermés et ne peut être considéré comme un ataxique; dans le lit, il soulève beaucoup mieux la jambe droite que la jambe gauche, qui a perdu une partie de sa force musculaire (potion avec iodure de potassium). Le 1*'' novembre, la marche n*est plus possible sans un appui. Le 4, la jambe gauche est presque totalement paralysée, la jambe droite lest un peu moins. Les pieds sont tournés en dedans, et le malade se plaint d'une ceinture douloureuse au niveau du tiers inférieur du thorax. Application de pointes de feu dans toute la région dorsale et de chaque côté de la colonne vertébrale, d'où résulte une amélioration momentanée avec retour du mouvement. Le 15, la paralysie a reparu, elle est presque complète, les jambes sont un peu raides, le malade qui se plaint de crampes parvient tout au plus à exécuter quelques mouvements d'adduction ou d'abduction des cuisses. La sensibilité est abolie ou retardée et, sur les points oîi elle existe encore, le pincement de la peau donne lieu à des sensations de brûlure et détermine des mouvements réflexes. Les urines sont rares, la miction est difficile, les pupilles sont contractées, apyrexie. Continuation de riodure de potassium et potion avec chloral dans le but de combattre les rêves dus à l'alcoolisme. Du 1*" au 15 décembi*e, les mouvements réflexes sont de plus en plus accusés, car il sufGt du choc des couvertures pour éveiller des sensations douloureuses et les provoquer. La mâchoire inférieure est parfois le siège de mouvements convulsifs, et du reste le malade accuse au cou des crampes et des douleurs avec irradiations du côté de la tête. Les jambes sont œdématiées depuis quelques jours ; il exite une constipation opiniâtre, et une impossibilité d'uriner qui oblige à sonder le malade. Le 15 décembre, après avoir élé changé de linge, le malade éprouve un grand malaise, devient pâle, cyanose, et succx)mbe au bout de quelques minutes.
En résumé, sensations subjectives diverses dans les membres inférieurs, dou* leur en ceinture au niveau du thorax, désordre de la sensibilité objective, faiblesse du mouvement volontaire dans les membres inférieurs avec léger degré de contracture, puis apparition de mouvements réflexes et abolition du mouvement des membres qui deviennent de plus en plus flasques, incontinence des urines et constipation opiniâtre, tels sont les phénomènes observés dans ce cas |iarticulier. Ces phénomènes sont ceux d'une compression médullaire avec destruction progressive de la moelle. En effet, l'autopsie révèle l'existence d'une lésion des 3* et 4' vertèbres dorsales qui sont dénudées et baignées par une faible quantité de pus grumeleux. La dure-mère correspondante épaissie présente sur sa face latérale externe droite une masse lardacée, sorte de tumeur
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allongée, d*une étendue de 7 à 8 centimètres, cyHDdriepie, ferme et résistante, composée de cellules embryonnaires, de fibrilles oonjondÎTes, et de raisseam dont quelques-uns en voie d'altération. Comprimée par cette masse, la moelle épinière est déprimée, injectée, ramollie et enflammée dans une étendue de quelques centimètres, où les éléments nerveux se trouveot en grande partie détruits. Indépendamment de ces lésions et d*une aortite légère, les branches de Tartère pulmonaire renferment des caillots emboliques multiples auxquels la mort doit être attribuée.
Les phénomènes propres à la pachyméningite caséeuse spinale ne diffèrent pas, en somme, des symptômes de compression de la moelle épinière et des racines spinales ; ils u*ont de spécial que leur évolution et les d^rdres conoomitants des vertèbres rachidiennes. Le diagnostic de cette pachyméningite consiste donc à rechercher s*il existe une lésion circonscrite de la moelle épinière; si cette lésion coïncide avec une affection vertébrale, et enfin si révolution est tout d*abord progressive et ensuite régressive. L'exploration de la coloiiiie vertébrale est de la plus grande importance dans Tespèce, en ce sens qu'elle permet souvent d'affirmer là où il pouvait n*y avoir que du doute ; cependant, lorsqu'il y a déviation des vertèbres, il est parfois difficile de dire exactement si la compression médullaire est le fait des vertèbres déplacées ou de la lésion méningée. Le pronostic est sérieux, quoique dans certaines circonstances on ait va le mouvement reparaître maigre l'existence d'une paralysie de plusieurs mois.
Les causes de la pachyméningite caséeuse ne diffèrent pas de celles qui engendrent la lésion osseuse connue sous le nom de carie vertébrale ou de mal de Pott; comme cette dernière, elle est l'effet habituel d'une mauvaise hygiène, et surtout d'une aération insuffisante et d'une alimentation disproportiomiée avec l'âge. Quant aux conditions pathogéniques, elles sont, d'api*ès Michaud, au nombre de deux : i*" l'existence d'un foyer de matière caséeuse au sein des vertèbres érodées; 2° l'ulcération du ligament vertébral postérieur. Le produit phlegmasique de la lésion vertébrale, parvenu au contact de la dure-mère, irriterait directement alors la face externe de cette membrane et y déterminerait la formation de plaques végétantes. A mon avis, il y a plus qu'une simple propagation de l'inflammation par contiguïté, car dans le cas rapporté ci-dessos le ligament vertébral ne paraissait pas ulcéré, et Ton admettra que l'irritation dv la dure-mère, par une simple esquille ou un angle osseux, est insuffisante à produire un désordre du genre de celui qui nous occupe, et qu'une prédisposition générale est ici nécessaire.
La pachyméningite caséeuse est une affection que les recherches modernes conduisGiit ù rapprocher des lésions tuberculeuses. Quant aux désordres décrit^ sous le nom de tubercules de la dure-mère, ils ont plutôt leur siège dans 1»' feuillet pariétal de rarachnoïde que dans cette membrane. II y a des raisons de croire d*ai Heurs que les grosses masses tuberculeuses trouvées dans l'enveloppe fibreuse (H. Leberl, Traité d'anat. path.y t. Il, pi. 104, fig. 7) des centres nerveux ne sont vraisemblablement que des ^'ommes syphilitiques; car ce n'est p3> le propre du tissu fibreux d'être envahi d'embl^ et primitivement par la tuberculose.
Le traitement de la pachyméningite caséeuse est général et local ; le traitement général consiste dans l'emploi longtemps continué de limite de foie de morue, du phosphate de chaux et parfois même de l'iodure de potassium ; le traitement local a pour but de déterminer une révulsion au siège du mal. Les vésicatoires
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et surtout les cautères sont les moyens usités; généralement, on donne la préférence aux applications multipliées de pointes de feu sur le trajet de la colonne vertébrale, dans une plus ou moins grande étendue, au-dessus et audessous du mal.
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5. Néoplasies de la dcre-mère. Autrefois désignées sous le nom de /bn^uf 9 les néoplasies de la dure-mère n ont rien que de naturel, car elles sont le produit de la végétation des éléments qui, à Tétat normal, entrent dans la composition de cette membrane, et partant il importe de les grouper sous deux chefs, suivant qu'elles ont leur point de départ dans les faisceaux fibreux ou dans les cellules endothéliales. Les végétations qui naissent du tissu fibreux sont des fibromes et des osléomes; celles qui proviennent des endothéliums portent Je nom d'endothéliomes, mais, comme ces dernières appartiennent surtout au feuillet pariétal de Tarachnoide, il sera simplement question ici des deux premières.
a. Fibromes. Ces végétations, plus ou moins molles et volumineuses, ont une structure légèrement variable dans laquelle prédominent lanlôt les éléments cellulaires ou embryonnaires, tantôt les éléments fibrillaires ou adultes : ainsi elles sont manifestement soumises à la loi du développement physiologique, en ce sens qu'elles représentent Tune des phases d'évolution du tissu conjonctif, voire même sa transformation osseuse.
Les fibromes embryonnaires ayant pour point de départ ordinaire la couche externe de la dure-mère cérébrale, ou périoste interne des os crâniens, ont pour siège d'élection la base du cerveau, et particulièrement le voisinage de la selle turcique et du rocher. En se développant, ces lésions s*étendent tantôt vers l*exlérieur, tantôt vers Tintérieur : dans le premier cas, elles usent les os du crâne et parviennent quelquefois à s'introduire jus(|ue dans ceux de la face; dans le second cas, elles envahissent les méninges molles, compriment les nerfs encéphaliques, et les vaisseaux d*où peut résulter un ramollissement de la substance nerveuse, mais elles adhèrent rarement à cette substance. Ces productions^ grisâtres, molles et souvent parsemées de taches noirâtres, sont arrondies oo étalées, assez volumineuses dans un grand nombre de cas pour déprimer la substance nerveuse, s'enfoncer dans son épaisseur et mettre ainsi les jours du (latient en danger. Les tumeurs spinales sont plus rares, Fans doute â cause de la séparation du périoste et de la dure-mère; mais elles ne sont pas moins graves, car, enveloppées par un cercle osseux, elles produisent rapidement de la paraplégie.
Toutes ces productions sont formées de noyaux et de cellules rondes, de petites dimensions, contenues dans des espaces limités par un tissu fibriliaire peu résistant, ou bien elles sont constituées par des cellules fusiformes, de telle sorte qu'elles présentent les deux variétés du fibrome embryonnaire (voy. notre Traite d'anal, patholog.t t. I, p. 363). Elles ont des vaisseaux nombreux et fréquemment dilatés qui, dans certains cas, sont le point de départ de foyers liëmorrhagiques plus ou moins étendus.
Le fibrome adulte de la dure-mère, distinct du précédent par un dévelo[^-
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ment plus parfait, donne lieu à des tumeui's fermes, résistantes, du Tolame d*une noisette ou d*une pomme d*api, le plus souvent arrondies et implantées à la base de Tencéphale, principalement dans la région de la fosse basilaire, par conséquent sur un point opposé au siège d'insertion des polypes naso-pharyngicns, ou encore sur les replis fibreux qui existent au niveau des différeals étages de la base du crâuc. En rapport, d*une part avec les os crâniens, d*aotre part avec les méninges molles et la substance nerveuse, ces tumeurs s'accroissent en général du côté de celle substance qu'elles dépriment pour s'y loger comme dans une coque, après s*étre coiifées de Taracbuoide et de la pie-oière. Cette disposition est importante à connaître pour qui veut se rendre compte des phénomènes d'excitation et des phénomènes de compression cérébrale observés dans les cas de ce genre.
Histologiquement, les fibromes adultes de la dure-mère ont la plus grande ressemblance avec les ûbromes des autres régions (voy. mon Traité d'anat. pathol.f t. I, p. 373); ils sont formés de faisceaux entre-croisés de tissu conjonctif, ofrrant dans leurs intervalles des cellules rondes ou fusiformes semblables aux cellules endothéliales; ils présentent en outre quelques rares noyaux et ne renferment qu'un petit nombre de vaisseaux; dans certains cas cnlin, ils contiennent une quantité relative de cellules adipeuses (tumeur (ibro-graisseuse). En raison de leur tendance à une organisation déûnitive, ces tumeurs sont ordinairement petites, moins volumineuses que les ûbromes embryonnaires. Parvenues à un certain développement, elles cessent de s'accroître, et parfois sont arrêtées dans leur évolution par une infiltration de sels de chaux. Malgié une tendance pour ainsi dire nulle vers la régression, ces tumeurs sont de celles que Ton considère comme des tumeurs bénignes, en ce sens qu'elles sont babiuellement uniques et ne se généralisent pas.
La présence des fibromes dans fa boîte céphalo-rachidienne n'en constitue pas moins une affection sérieuse, fatale la plupart du temps à cause des phénomities d'excitation et de compression nerveuse qui en sont la conséquence. Ces phénomènes variant nécessairement avec le siège de la lésion peuvent présenter des allures bien diverses, suivant que celle-ci occupe la convexité ou la base du cerveau, la région antérieure ou la région postérieure, qu'elle comprime les hémisphères cérébraux ou les hémisphères cérébelleux, le bulbe ou la moelle épinière. Mais, quel que soit le siège de ces tumeurs, les symptômes qui en trahissent l'existence sont toujours ceux d'une lésion circonscrite on en foyer, se développant peu à peu, progressant lentement, contrairement à d'autres lésions en foyer, telles que le ramolUssement et riiémorrhagie du cerveau, ce qui les rend facilement reconnaissables. Celles-ci, en effet, se traduisent tout d'abord par des phénomènes subits de paralysie, le plus souvent par une hémiplégie flasque, tandis que celles-là, à savoir les tumeurs fibromateuses , commencent par des phénomènes d'excitation , vertiges, convulsions , contracture , et la perte du mouvement est toujours accompagnée de contracture, à moins, ce qui est fort rare, qu'une obstruction vasculaire ne vienne se joindre à la tumeur par le fait de la compression. Une femme, qui avait joui d'une bonne santé, éprouva dès l'année 1860 des étourdissements qui lui duraient quelques minutes, la forçaient de s'appuyer sur un meuble et quelquefois la faisaient reculer de quelques pas. D'abord assez rares, ces étourdissements devinrent peu à peu fréqnents, puis survint une; céphalée excessive ayant pour si^e plus spécial la partie
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postérieure de la tôle. Le S octobre 1863, cette malade accouclia (l*un enfant à terme et bien portant, après une grossesse pendant laquelle les accidents qu'elle présentait subirent une sorte de coup de fouet. Le 11 novembre au matin, il existait une diminution notable de la mobilité dans le côté droit, qui devint peu à peu le siège d'une roideur de plus en plus considérable. En juillet 1864, Tétat étant à peu près le même, la malade est soumise à un traitement antisyphilitique, puis à la faradisation, le tout sans succès. Un peu plus tard, elle était admise par nous à THôtel-Dieu (service de la clinique), elle était alors âgée de vingt-huit ans, avait le côté droit contracture et semi-paralysé, les membres gauches un peu roides, Tintelligence obtuse, la parole embarrassée, la Tue affaiblie, quelques-uns des muscles des yeux étaient en même temps paralysés, le voile du palais avait perdu le mouvement et la sensibilité ; on ne constatait pas de convulsions, mais il survenait de temps à autre des vomissements; les matières fécales et les urines étaient rendues involontairement. En dernier lieu, la malade devint de plus en pins abrutie, somnolente, puis elle se trouva dans Tim possibilité absolue de parler et d avaler, présenta une ânesthésie à peu près complète et succomba dans cet état à la suite de quelques jours de fièvre, en juin 1865, après cinq ans de maladie. On constata à Tautopsio Texistence d*une tumeur ferme, arrondie, lobulée, du volume d*un œuf de poule, q'tii s'étendait depuis le trou vertébral jusqu'aux apophyses clinoîdes postérieures. Cette végétation, qui occupait ainsi toute la fosse basilaire, était composée d'un tissu fibrillaiie, de cellules fusiformes et de nombreux vaisseaux ; elle était infdtrée de sels de chaux dans la partie la plus voisine de l'os. Plusieurs des nerfs cérébraux se trouvaient comprimés, d'autres étaient distendus, tiraillés à cause de leur passage sur la tumeur (voy, mon Traité (Variai, pathol.y t. Il, p. 388). Cet exemple peut donner une idée générale des signes propres à nous révéler l'existence des fibromes de l'encéphale ; ceux de la moelle épinière se traduisent par des phénomènes de douleur en ceinture, de contracture et de paralysie des membres. Toute cette symptomatologie ne diffère pas sensiblement de celle qui appartient aux lésions syphilitiques, néanmoins les fibromes de l:i dure-mère peuvent être différenciés par leur évolution qui est progressive, tandis que celle des tumeurs syphilitiques est plutôt régressive, ces dernières finissant toujours, au bout d'un certain temps, par se transformer et être résorbées.
Le traitement médical des fibromes de la dure-mère est, comme celui de la plupart des productions de ce genre, à peu près nul, car jusqu'ici nous ne connaissons aucun agent qui puisse en modifier la structure et en arrêter l'évolution. Quant au traitement chirurgical, il est matériellement impossible, et partant ces tumeurs conduisent à un pronostic extrêmement grave.
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b. Chondrome et oUéome de la dure-mère. Le chondrome de la duremère est une lésion très-rare, néanmoins Firket (de Liège) a pu en reucootrer un cas qu*il a rapporté avec de longs détails. L*ostëome, par contre, est une production beaucoup plus commune et depuis longtemps connue. Cette néoplisie occupe de préférence la portion de la dure-mère qui s*étend entre les deai hémisphères cérébraux ou faux cérébrale, et celle qui recouvre la conYexité des hémisphères, plus rarement d'autres parties; elle est tantôt située dim répaisseur de la dure-mère entre les deux feuillets du repli falcifornie, tantôt, et le plus souvent, accolée à la face interne de cette membrane, iantèt eofia elle en est éloignée et ne s*y rattache que par des filaments fibreux et Tasculair» plus ou moins allongés. D'un volume plus considérable, d*une longueur qni varie de 5 à 6 centimètres et phis, Tosléome en question a une largeur de i à 4 centimètres et une épaisseur de quelques millimètres à 1 centimètre. Cest une masse osseuse, presque toujours aplatie, de forme lenticulaire, qui peut être isolée et qui, lorsqu'elle est adhérente, présente une face libre, convexe et saillante, dei liords tranchants, quelquefois terminés en pointe et confondus avec le tissa fibreux ambiant (voy. la fig. 49, p. 592 du t. II de mon Traite' d'anal, patk.). Rxtérieurement cette masse, presque toujours compacte, est recouverte d'une membrane mince fibreuse et vascularisèe, sorte de périoste aux dépens duquel elle se nourrit ; intérieurement, elle présente de nombreux canaux vasculaires qin parcourent sa substance composée de lamelles stratifiées de tissu osseux, d'ostée-
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plastes et de canaux de Havers parcourus par des vaisseaux. Ainsi ces productions ont réellement la structure osseuse et sont absolument comparables aux os crâniensy s'étant comme eux développées aux dépens du tissu conjonctif.
Les ostéomes de la dure-mère se rencontrent le plus souvent entre trente et cinquante-cinq ans, chez les personnes qui pendant leur vie ont présenté des congestions répétées, actives ou passives, des centres nerveux : tels sont les paralytiques généraux, les épileptiques, les lypémaniaques, etc. Dagonet a trouvé des ossifications de cette membrane dans i/5* environ des autopsies d'aliénés, le plus souvent dans la démence, la paralysie générale et surtout dans la folie épileptique. Jeannerat, auteur d'une bonne thèse sur le sujet, a rencontre 64 ossifications de la dure-mère sur 625 autopsies d'aliénés.
Il semble ainsi que Tune des conditions les plus importantes de la genèse des ostéomcs de la dure-mère, soit Thyperémie des méninges; mais il reste à déterminer comment se forme le tissu osseux aux dépens de la dure-mère, et tout porte à penser que son développement ne dilTère pas de celui des os crâniens et provient d*un tissu conjonctif jeune de nouvelle formation.
Les phénomènes liés à la présence des productions osseuses de la dure-mère passent souvent inaperçus ou bien se confondent avec ceux de la maladie dans laquelle ces lésions s'observent : aussi sont-elles généralement des trouvailles anatomiques. Dans quelques cas cependant les ostéomes pachyméningitiqucs situés à la surface de Tenccphale peuvent donner lieu à des symptômes d'excitation cérébrale, tels que vertiges, nausées, vomissements et surtout crises ëpileptiformes. Leur diagnostic est extrêmement difficile et il est tout au plus possible de soupçonner leur existence.
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c. Épilhéliome de la dure-mère. La dure-mère ne renfermant aucun élément épithélial, les végétations épîthéliomateuses y sont toujours à Tétat secondaire et même habituellement elles résultent de la propagation à travers les os du crâne d*un caocroïde du cuir chevelu ou des glandes de cette portion du tégument. Cette végétation se manifeste sous la forme d*un ulcère profond, blanchâtre, plus ou
lia im£-X£U (ffATH«LO«IB).
Buîikr âaniâix et jrannlfUT, quû apcè» avoir détruit le cuir chevelu et les os du cràotî. a dm par Uteinifre la éan-Boèr^ Le cancer mëtastatique ne se voit pour ainâi dire jaiuiûs àdj& cetU nusnibraney à cause sans doute de sa faible vascukrttiî'.
m. A.'^OX.UJEâ DK OBCULAnOS 9B. LX DCRK-MÈBS. HéMORRHAGIES EXTa4MÉ-
3Ci6£E5. L» hiêmorrfij^j» en quetstîon sont celles qui se produisent dans répalsâeur «mi 1 la sorfjce externe de la dureHODère cérébro-spinale ; les hémcM'flttgies de Li surfine Interne Je cette toile fibreose (pachyméningite liémorriiapqae, bêmorrba^e mtnsinchnottlîenne) ont été étudiées ailleurs {voy. art Se^lketc). Relativement â:êt|iKntes dams la cavité racbidicnne» où le sang peut sVpancfaer librement entre le rachis et la dure-mère, les liémorrliagies extri-mênin^3^ sont beaucoup pfats rares dans la cavité crânienne, où l'union intime de cette membrane avec la paroi osseuse rend difficile reffusion da liquide saujiuin. D'ailleurs, suivant qu'elles occupent l'un ou Tautre siège» elles présentent des caractères un peu différents. Dans le canal rachidieo^ k sang épanché remplit Fespace qui sépare la dure-mère du canal osseux^ principalemeut en arrière du côté dss lames vertébrales où existe un espace coQsidénble. LVpancbement est d'ordinaire circonscrit en un ou plusieurs* loyers situés dans une d«is régions principales de la moelle épinière. La quantité de sang extravasé varie de I à 60 grammes et plus, mais, comme il est difficile de la mesurer, il en résulte que dans la plupart des faits elle n'est pas indiquée. L'état du sang est en rapport avec la durée de l'épancbement; ce liquide se montre sous la forme de caillots, tantôt mous, tantôt fermes et plus ou moins décolorés. Les phénomènes résultant de cette lésion sont ceux de la compression médullaire: ils consistent en roideur, contracture, paralysie plus ou moins complète des membres, et avec ces symptômes coexistent géoéraloiueiit de vives douleurs provenant de la compression des nerfs rachidieus par le suu^ épanché.
L'hémon-hagie crânienne extra-méningée est plus rare; néanmoins elle se rencontre quelquefois sous la forme de foyers circonscrits, limités d'un côté par les os du crùae, de Tautre par la dure-mère décollée sur une plus ou moins grande surface; ces foyers excitent ou compriment le cerveau, et sont ainsi l'occasion de désordres variabfes, tels que contracture, convulsions, coma, et même hémiplégie.
Le rhumatisme mis de côté, il existe peu de données positives sur les inllueucos êtiolo^iques et les conditions patliogéniques de ces ht.*morrliagies ; ce que nous en savons, c'est qu'elles s'observent à tous les âges de la vie, aussi bien chei Tenfont (|ue chez l'adulte et le vieillard, et que les vaisseaux qui rampent ik la surface ou même dans la profondeur de la dure-mère sont kur siège habituel. Le pronostic de ces accidents est sérieux, beaucoup moins cependant que celui d'un néoplasme, par ce fait que la lésion, loin de s'accroître d'une façon progressive, tend à diminuer au bout d'un certain temps et à disparaître. Le traitement consiste surtout dans Templm des antiphlogistiques et des révulsifs.
Bduoskamo. — J. ÂBCBLAoatic BéckéixAet pmlholofifwm H prmitqmn gmr Un
de tencéphaU ei dt la moefle /pinièrt^ Irad. Iraoç. par D. 5. Gendrio, p. 506. Puis, Ifôi. — Sbaw. Uolme*9 System ofSwytry t. Il, 'iôS, 1861. — E. GnrBAC. Court tkécriqme et dimiqm de pathologie imieme^ t. VI, p. 645. Paris. 1868. — G. Rfttm. Ikt kfmÈmtàm§Ut èÊtre* rmehidiemnes. Th. de coocouis. Parts, I87i, p. 55. 2. L
DURE-MÈRE (pathologie).. 711
IV. ANOMALIES ACCIDENTELLES. PARASITISME ET TRAtMATISME DE LA DDRE-MÈRE.
a. Traumatisme de la dure-mère. Malgré sa résistince et la protection qac lui apportent les os du crâne et du rachis, la dure-mère cërëbro-spinale peut être perforée ou dilacërée par des instruments piquants ou tranchants, contusionnée ou déchirée à la suite d*une chute, de la fracture du crâne ou de la colonne vertébrale. Ces désordres ont pour conséquence des épanchements de sang sur Tune ou l'autre face de la dure-mère, Tinflammation suppurative ou proliférative de cette membrane, suivant Tinlensité du choc, Télat de propreté ou de malpropreté de Tinstrument, la présence ou Tabsence de Tair extérieur dans le foyer de la plaie.
Les plaies de la dure-mère, relativement rares depuis qu*on se bat moins avec les armes blanches, sont dues aujourd*hui surtout aux armes à feu ou à la déchirure produite par des os fracturés. Les épanchements sanguins, qui, en général, font cortège à ces plaies, se logent tantôt entre les os du crâne et la dure-mère» tantôt à la surface interne de. cette membrane dans la cavité arachnoïdienne. Suivant qu'il occupe Tun ou l'autre de ces points, le sang épanché est plus ou moins rapidement résorbé; mais dans tous les cas il exerce sur l'encéphale des phénomènes de compression toujours graves, sinon mortels. Ce liquide irrite les parties voisines et détermine à son pourtour une inflammation adhésive dont les produits peuvent l'enkyster, puis il se modifie avec le temps et se trouve résorbé peu à peu. Pourtant, si le foyer sanguin est par trop abondant et communique avec Tair ambiant, ou bien s'il est situé au voisinage d'une plaie en voie de suppuration, il peut devenir le siège d'une phlegmasie suppurative avec toutes ses conséquences, et alors aux phénomènes de compression cérébrale s'ajoutent ceux d'une suppuration méningée ou même d'une phlébite des sinus, lésions sérieuses dont la terminaison est le plus souvent fatale.
Les contusions de la dure-mère sont l'effet plutôt indirect que direct d'un choc extérieur, et en général elles sont déterminées par des esquilles provenant de renfoncement des os du crâne. Comme les plaies, elles peuvent être suivies d'épanchements sanguins et d'inflammations adhésives ou suppuratives; toutefois, si on excepte les cas de grand traumatisme, elles ont moins de tendance à suppurer que les plaies : témoin ce cas rapporté dans mon Atlas d*anatomie pathologique (obs. CCXLII, p. 406), où une inflammation de la dure-mère consécutive à un coup sur la région frontale est simplement adhésive. Un autre fait que j'ai eu l'occasion d'étudier récemment est des plus curieux à cet égard : il s'agissait d'un homme qui était tombé autrefois sur le crâne et qui, mort d'accidents cérébraux longtemps après cette chute, présenta à l'autopsie au niveau de la région temporale droite une cicatrice manifeste de la duremère ayant l'étendue de 2 à 5 centimètres. A la partie externe de cette membrane existait un hématome enkysté, de la largeur de la paume de la main, aplati, circonscrit par une néo-membrane vasculaire de coloration rouillée.
Le rachis est moins exposé que le crâne aux influences des agents extérieurs et partant la dure-mère rachidienne est moins sujette aux lésions traumatiques. Lorsqu'elles existent, ces lésions se présentent avec des caractères peu difl^éreots de ceux des lésions de la dure-mère crânienne, et consistent en épanchements sanguins libres ou enkystés, en inflammations suppuratives ou adhésives. Les troubles fonctionnels qui font cortège à ces désordres sont surtout des phéno-
71â DURET (Les dicx).
mènes de compression, plus rarement des phénomènes d*excitalion, variables suivant le siège du mal.
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b. Parasitisme de la dure-mère. L*à;hinocoque et le cysticerque sont les seuls parasites qui aient été rencontrés dans Tépaisseur ou sur Tune des faces de la dure-mère. Les kystes hydatiques observés entre cette membrane et le crâne siègent en général à la base de la cavité crânienne, dans les fosses occipitale ou temporale sur le trajet du nerf de la 5* paire, etc. ; ils ont de la tendance à faire hernie dans les trous qui livrent passage aux nerfs et pour effet de les comprimer. Ces kystes ont en outre la propriété d*user les os du crâne, et de cette façon ils parvicnnnent quelquefois à se faire jour au dehors, d*où la possibilité de leur guérison, comme dans le cas rapporté par Houlinié d'une jeune fille de quinze ans qui, après de vives douleurs de tète et un long sommeil comateux, put retrouver la santé à la suite de l'évacuation d'une vingtaine de vésicules liydutiques à travers les os du crûne. Assez ordinairement cette évacuation est favorisée par la suppuration des hydatides. Celles-ci, à cause sans doute de la résistance et de la faible vascularité de la dure-mère, nont pas été vues dans Tcpaisseur de cette membrane, si ce n*cst par Wilson, qui aurait trouvé un kyste de ce genre dans la portion gauche de la tente du cervelet. Les kystes hydatiques rencontrés » la surface interne de la dure-mère et à plus forte raison dans la cavité de raruclmoïde appartiennent aux lésions de cette dernière membrane (ro?/. art. Méninges et âracuiNOïde). E. Lahcerkacx.
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DURET (Les deux).
Doret (Louis). Ce savant homme, une des gloires de Tancienne Faculté de médecine de Paris, naquit à Baugé-la-Ville, faisant alors partie du Bugey en Bresse, et étant en 1527 sous la dépendance des ducs de Savoie. Son père, Jean Duret, gentilhomme et seigneur de Montanet en Piémont, flt donner à son fils une éducation soignée, mais par suite de revers survenus dans sa famille le jeune Duret dut quitter de bonne heure le toit paternel. Il vint à Paris, possédant au plus haut degré la langue grecque, capable de corriger les textes d*Uippocrate altérés par les copistes, et pouvant lire Âvicenne dans sa langue naturelle. Aussi i*iJiustre famille de llarlay n'hésita-t-elle pas à lui confier l'éducation de Tun de
DURET (Les deux). 7i5
ses membres, et cet élève n*étâit pas autre que Achille de Harlay, qui devait acquérir la réputation du plus grand homme d*État de son temps, et parvenir à la charge de premier président du Parlement de Paris au temps de la Ligue. Pendaut ce temps-là Louis Duret étudiait la médecine, et, selon Thabitude de Tépoque, il choisit un directeur d*études, Jacques Houllier, docteur régent à i*École de médecine. Élevé le 50 juin 1552 au grade de licencié, et le 12 septembre suivant à celui de docteur, il commença presque aussitôt, à Texemple de Houillier, sou maître, de Feruel, et de tous les autres médecins célèbres, à enseigner la médecine. La pratique la plus étendue et la plus assujettissante ne fut jamais pour lui un obstacle ou un prétexte qui pût le dispenser d'enseigner. Nommé, en 1568, professeur en médecine au Collège royal, en rcmplac<ement de Jacques Goupil, les dix-huit années qu'il passa à y faire des leçons sont restées célèbres dans les fastes de ce centre précieux d'instruction. On comprend avec peine comment le savant et l'éloquent professeur a pu concilier les de« voirs de cette charge avec les exigences d'une grande clientèle. Notons que Duret fut aussi attaché au service de santé de Charles IX et de Henri III; qu'il eut pour clients le maréchal de Brissac, le prince de la Roche-sur- Yon, le maréchal de Tresmes, le chancelier de l'Hôpital et ses enfants, plusieurs présidents de la Chambre des Comptes, des conseillers au Parlement, des receveurs généraux des finances, etc. Helchior Adam assure que Henri III s'écriait souvent : 0 Dureté si f avais un /î^, ce serait à toi que je confierais son éducation ! Le même roi lui donna une preuve éclatante de son affection pour lui en assistant au mariage de sa fille, en prenant sa part du festin de noces, et en donnant aux jeunes époux toute la vaisselle d'or et d'argent qui garnissait la table.
Louis Duret fut un grand praticien, éclairé par l'anatomie, guidé par le raisonnement, nourri et mûri par l'expérience. 11 professa toute sa vie cette doctrine que le rôle du médecin est presque uniquement d'imiter la nature, de l'observer, de l'aider dans ses mouvements, et de saisir avec justesse et à propos le moment favorable pour agir, et de chercher des leçons dans les efforts que fait la natare pour faire disparaître ces maladies. < Connaissez, écrit-il, la maladie avant de la traiter, son essence, ses causes, ses symptômes, ses péripéties, ses accès. Tout médecin qui ne sait pas se conduire avec prudence dans une maladie aiguë, qui ignore la marche des crises, qui ne sait ni les attendre, ni les prévoir, ni même les indiquer et les montrer du doigt, courra plus d'une fois en sa vie d'être blâmé, disons déshonoré. La plus grande partie des maladies chroniques viennent de maladies aiguës, négligées ou abandonnées à de mauvais médecins et à des charlatans. » Ajoutons que ce grand praticien était fort ennemi de la polypharmacie, et qu'il est le premier de son temps qui ait commencé à abandonner les Arabes. Il blâme les amulettes, la pierre de jade, le jaspe, les coraux, la teinture d'or, la corne de licorne et autres fadaises. Il a été un médecin hippocratique dans toute l'acception du mot. Louis Duret est mort à Paris, le S2 janvier 1586, et fut inhumé dans l'église de Saint-Nicolas-des-Champs. Il avait épousé Jeanne Rochin (ou Richer), qui lui donna quatre garçons et une fille. Cette dernière épousa (3 janvier 1600) Amould de l'Isle, médecin delà Faculté de Paris, et professeur d'arabe au Collège royal. Ses fils pai*vinrent aux plus grands emplois : Louis Duret devint substitut du procureur général, et mourut le 4 octobre 1616; Claude Duret fut avocat au Parlement, mort le 30 juin 1605 ; Charles Duret occupa les charges de premier président en k