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lu DOGMATISME.
pulmonaires» rénales, et contre les hëmorrhofdes. Les graines servent dans certains pays de châtaignes. Le D. dioica Roxb. a un bois qui» dans l'Inde orientale, sert au traitement des coliques flatulentes. Dans Tarchipel Indien, aux îles Holuques et Philippines, le bois du D. angtutifolia Bulnco (Ï). bumKMniana DC.) s'emploie exactement aux mêmes usages. Au Cap, le D. Thunber' giana Egkl. et Zbyh., souvent désigné par les colons anglais sous le nom d'Olivier des sables^ a des fruits recherchés comme purgatifs et fébrifuges. On prépare des fomentations astringentes avec les feuilles de la plupart des espèces pr^^entes, notamment avec celles du D. viscosa. H. Bu.
BiBLioaEAmK. — L., Gen, plant,, d. 855. — DC, Prodr., I, 016. — Caulbss., iji Mém, dtt Mui, , IVm. 35. ~~ Spagh, Suite à Buffon, III, 68. — Thonb., Yoyag,, II, 145. — M<e. et m L., JHeU Mat. tnéd.. M, 665. — Ehdl., Gen., n. 5626 ; Enchirîd,, 563. -r^ Rosemth., S}fn, pUmt,, diaphor., 78S, 1152. — H. Bu, Bût. det plant., V, 000, 389, 410. H. Bv.
BOËCililQIJE (Acide). C^^H'^O*. Ce corps existe dans Iliuile de la baleine Dôgling {Balaenoptera rostrata Fabr.), à Tétat d'éther ou de doéglale de doéglyle^ à côté d'autres corps gras et du spermaceti. On le prépare par la saponification de cette huile au moyen de Toxyde de plomb; on dissout ensuite le produit dans Téther. En traitant par les acides la partie soluble, on obtient Tacide doéglique ; il est fluide à 16^ et se solidifie vers 0^. On en connaît Téther éthylique et le sel de baryte, tous deux cristallisables. L. Hir.
MEVEREN (Gautier van). Médecin hollandais, né le 16 novembre 1730 I Philippine, dans la province de Zélande, étudia la physique et les différentes branches de la médecine à Leyde, où il reçut les leçons de Muschenbrœck, des deux Albinus, de Gaubius, de Yan-Royen et de Winter ; à Paris, Nollet, Ferrein, Petit et Levret, furent ses maîtres. Revenu, en 1753, dans sa patrie, Dœvereo fut reçu docteur en médecine à Leyde. En 1754, il fut nommé, à Groningue, professeur d'anatomie et de chirurgie, il fut deux fois recteur de l'Université, et en 1771, après la mort de B.-S. Albinus, il succéda à ce médecin dans It chaire de médecine qu*il occupait à Leyde. Il mourut dans celte ville le 31 décembre 1783. L'année précédente, il avait accepté le titre de médecin archiàtre du prince d'Orange. Dœveren appartenait à un très-grand nombre de sociétés savantes. Il a laissé :
I. Diuertatio phisico-medica inauguralUde vermibus intest inalibuê hominum, Lugd. Bat., 1753. — II. Sermo academieut de imprudenti ratiocinio ex obiervationibue et experimentit tnediets. Lugd. Bat., 1751. — II[. Dùquisitio physiologica de eo quod vitamcontlUuit tu etf* pore animait. Groningae, 1758, in^**. — IV. Sermo academicus de erroribuê medicorumiëê utiUtate non carentibui. Groningae, 1702, ia-4''. — V. Spécimen obêervationum academicûrum pathologiam et artem obitetriciam praecipue epectantium. Groningae, 1703, in-lP, fig. — VI. Tractatus de variolii verie eumdem aegrum agréais. — VII. Epiêlolae ai CL Edward Sandiford de felici iuccestu intitionis variolarum Groningae inetihttae. — VIII. Sermo academicus de sanitatit Groninganorum praesidiis ex urbis naturali hisêoriê deripandiê. Groningae, 1770, in-4*. — IX. Sermo academicus de recentiorum inventis imadicinam hodiemam veteri praeslantioremreddentibus. Lugd. Bat., 1771, in-4*. — X. Prima* lineaedecognoscendis mulierum morbiê in usas academicos. Lugd. Bat., 1775, in-8*. ^ XL Msertatioinquirens synchondrotomiae pubis utUitatem inparludifficili. Lugd. Bat., 1781, iQ4* (resp. Petersen Michell). — XII. Dissertatio academica sistens observationes de ano infamtam imperforato.lxïgd. Bat., 1781, iu-4*, fig. (resp. A. Papendorp). —XIII. De nova meihod» lixpsvdrtsvioài ffesicae, dans le 1*' vol. des Actes de la Soc, philosophique expérisneniaêe. — XIV. Discours resté inédit : De remedio morbo, etc., prononcé à Leyde le 8 fév. 1770 aa moment de quitter le rectorat. L. Hh.
* BOCiSATiSHE. Nom d*une doctrine médicale sortie de TËcole d Aloxan'
ti
DOIGT (akatomib). ii5
Irie, aymt pour principe que la médecine ne repose pas seulement sur l'eipérience, mais aussi sur la science et le raisonnement, et qu'en conséquence le Tnd médecin doit connaître tout ce qui constitue la santé comme tout ce {ui ooosiitoe la maladie, ainsi que les causes des maladies particulières («osf. HéDBcncB [Histoire]). D.
tOFF (Gborg-Eddàrd). Médecin allemand, né à Halle le 24 juillet 1799, fit ses études dans sa ville natale et fut reçu docteur en 1819. Après un séjour à Paris, en 1822, il vint s'établir à Magdebourg et y devint assesseur médical en 1826, conseiller médical en 1856, puis professeur de clinique cliinirgicale à Técole médico-chirurgicale.
Outre diverses traductions et des articles dans les revaes médicales, Dohlhoiï apoblié :
I. Diuert. inaug. de phlegmone. Halac, 1819, gr. in-8*. — II. Veber die Augénheilkunde été CeUue. In Walther'e Jaurn. der Chirurgie, Bd. V, p. 408, 1825. L. Hn.
BOICIT. § I. AaMàtomle. Les doigU (digitus en latin, ^éxrvîXoç en grec, Finger en allemand et en anglais, dito en italien, dedo en espagnol) sont des appendices allongés et mobiles qui terminent et caractérisent la main.
Au nombre de cinq, ils sont désignéis tantôt sous les noms de premier^ deuxième j troisième^ etc., en les comptant de dehors en dedans, tantôt sous les noms de pouce^ index ou indicateur^ médius, annulaire, auriculaire ou petit
doigt.
Ils difCèrent de volume et de longueur. Chacun sait que le pouce est le plus gros, et le médius le plus long des doigts. L'extrémité du pouce ne dépasse guère iemflien de la première phalange de l'index; celle de l'index atteint le bord apérieur de l'ongle du médius; celle de l'annulaire va jusqu'au milieu de cet «Bgle; enfin, l'extrémité du petit doigt s'arrête au niveau de la dernière articuhâon phaiangienne de l'annulaire. Ces proportions sont généralement adoptées par les peintres et les sculpteurs, comme représentant le type le plus habituel ëe la oonfigoration de la main.
Les doigts ont la forme d'un cylindre légèrement aplati d'avant en arrière, un peu renflé aux articulations et effilé à son extrémité libre.
Les doigts se composent de pièces osseuses appelées phalanges, de tendons, de tissu eeUulo-graisseux, d'un revêtement cutané, de vaisseaux et de nerfs. Moui décrirons successivement ces diverses parties.
0. Les phalanges sont au nombre de trois pour chaque doigt. Le pouce, qui ■'en possède que deux, &it exception. On les désigne sous les noms de premiire phalange ou phalange supérieure, de seconde phalange, phalange mogenne ou phalangine, de troisième phalange, phalange inférieure, pha'lange unguéale ou phalangette.
Les primières phalanges sont de petits os longs, dont le corps affecte la forme d'un demi-cylindre et présente une légère courbure en avant. Leur face postérieure, convexe, répond aux tendons des muscles extenseurs. Sur leur face antérieure, qui- est plane ou un peu canalîculée, glissent les tendons des fléchisseurs. Leurs bords, minces, donnent attache à des faisceaux fibreux qui forment une gaine à ces derniers tendons.
L'extrémité supérieure des premières phalanges est creusée d'une cavité glénoade qiii reçoit le oondyle du métacarpien correspondant.
116 DOIGT (amatohib).
L*extrémitë inférieure présente deux saillies condyliennes, séparées par une dépression. Elle forme une Téritable poulie» beaucoup plus étendue du cdté de la flexion que du côté de Textension.
Les $econde$ phalanges sont plus petites que les premières» mais oonstmites sur le même type. Leur extrémité supérieure est creusée de deux petites ca?it& latérales, séparées par une crête, qui sont destinées à s*articuler avec la poulie de la phalange située au-dessus. Leur extrémité inférieure ne diffère de celle des premières phalanges que par une moindre saillie des condyles.
D'après H. Sappey, ce qu'on appelle la première phalange du pouce est une phalangine, car la première phalange serait confondue avec le méUcaipiae de ce doigt.
Les troisièmes phalanges se distinguent par leur petitesse relatire et leur forme aplatie. Leur extrémité supérieure est semblable à celle de la deuxième phalange. Leur extrémité inférieure, en forme de fer à cheval, rugueuse, soutient la pulpe du doigt en avant et Tongle en arrière.
Articulations. Les phalanges sont articulées, d*une part, avec les métacarpiens, d*une autre part, les unes avec les autres.
Articulations métacarpo-phalangiennes. Ces articuhtions appartiennent a genre des énarthroses.
Les surfaces articulaires sont, du côté des métacarpiens, une tête hémisphérique, aplatie latéralement, s*élargissant de la face dorsale à la face palmaire et se prolongeant dans ce dernier sens, c'est-â-dire dans le sens de la flexion; ds côté des premières phalanges, une cavité glénoîde, ovalaire, dont le grand an transversal est perpendiculaire à celui de la tête métacarpienne.
La surface glénoïdienne ne représente que les deux cinquièmes de la snrfaea articulaire des métacarpiens, mais elle est agrandie par unfibro-cartilage ooona sous le nom de ligament antérieur ou gle'noidien. Situé à la face palmain de Tarticulation, ce fibro-cartilage a une forme quadrilatère. Sa face antérieore est creusée en gouttière et fait partie de la gaine des tendons fléchisseors. Sa bm postérieure représente un segment de sphère concave et répond à la tète dei métacarpiens. En se confondant avec la cavité glénoîde, elle en double réteudoe d'avant en arrière. Son bord supérieur ne s'insère pas aux métacarpiens. D s'interrompt assez brusquement en fournissant des attaches à TaponévnM interosseuse antérieure. Son bord inférieur, au contraire, s'insère très-solidement au bord antérieur de la cavité glénoîde. Ses bords latéraux se confondeot afeo les ligaments latéraux de l'articulation métacarpo-phalangienne et affectent des connexions avec le ligament transverse des métacarpiens et avec la lamelle demicylindrique qui vient du tendon des extenseurs des doigts. Il n'est pas rare de rencontrer un petit os sésamoïde dans l'épaisseur du ligament glénoîdien de l'un ou de l'autre des quatre derniers doigts.
Les moyens d'union des métacarpiens aux premières phalanges sont deoi ligaments latéraux^ larges, épais et solides, qui se dirigent très-obliquement du tubercule des métacarpiens et de la dépression, qui se trouve au-dessous et en avant de ce tubercule, vers le fibro-cartilage glénoîdien et vers une saillie située de chaque côté de l'extrémité phalangienne supérieure. Le lîg^fff^t latéral externe est beaucoup plus volumineux que l'interne.
En arrière de l'articulation, il n'existe point de ligament, mais le tendon extenseur avec ses expansions aponévrotiques sert à le remplacer. La capsule stfnoviale adhère intimement au fibro-cartilage antérieur et aox
DOIGT (akatomie). 117
bténnx. Elle se réfléchit sur le pourtour de It tète mëtacarpienne et de la ciTitë gléoolde, de manière à former un repli. En arrière, elle est trèslâche et n*adbère nullement au tendon extenseur, doot elle est souvent séparée par une petite bourse séreuse.
Varticulalion métacarpophalangienne du pouce (iiOère de celle des autres doigts par la con6guration des surfaces articulaires et par la présence constante de deux os sésamoldes dans le fibro-cartilage glénoïdien.
La tête du métacarpien donne naissance en avant à deux petits condyles séparés par une échancrure. Le condyle externe est, en généra^ plus saillant et plus Toluaiineux que Tinteme. La surface cartilagineuse de cette tète présente deux parties : Tune, située au bout du métacarpien, de forme trapézoîde et presque plane, s'articule avec la phalange; lautre condylienne, située sur la lace palmaire du métacarpien, s^articuleaveclesossésamoïdes. Un angle mousse i^iare ces deux surfaces cartilagineuses. La surface sésamoïdienne est toujours en oonlact avec Tos sésamoïde pendant Textension, mais pendant la flexion elle est envahie par la phalange.
Du côté de la phalange, la surface glénoïdienne est peu profonde. Son rebord présente, en dedans et en dehors, un tubercule en général bien marqué.
Les os sésamoîdes sont développés dans Tépaisseur du fibro-cartilage glénoïdien. L'externe est large, mince, excavé; Tinterne est étroit, épais, pisiforme. L'un et lautre sont imis à la phalange par les ligaments phoiango-séuimoïdienSf dont la r&istaace est extrêmement considérable. L'union est même si étroite, que « les iésamoîdes doivent être considérés comme inséparables de la phalange avec laquelle ils sont comme articulés en cbarnière t. Ce fait, démontré par M. Farabrâl dans son remarquable mémoire sur les luxations du pouce (BuU. de la S0C. de chir,^ p. 21, 1876), tranche d'une manière définitive une question qui était depuis longtemps controversée.
H. Farabeuf a encore démontré que le ligament glénoïdien, une fois séparé du ■étacarpien, se replie (acilement dans le sens de la flexion naturelle, mais qu'il De se redresse pas dans le sens contraire, à cause de la brièveté et du mode djnicrtioD des ligaments phalango-sésamoîdiens. t 11 en résulte que jamais, Bème cfaes renCant,.on ne peut appliquer, caililage contre cartilage, les osselets etla fiuetle articulaire delà phalange; tant s'en faut, puisque ces pailies restent i^Mrées par un angle droit ou presque droit > (loc. cit., p. 25). Nous reviendroosy à propos des luxations, sur ces notions si importantes pour la pathologie.
irdemlaliotu phalangiennei. Chaque doigt, à l'exception du pouce, est pourvu de deux articulations phalangiennes, l'une entre la première plialange et b phalangine, l'autre entre la phalangine ei la phalangette.
Ces articulations appartiennent au genre des articulations trochléennes ou poglymes angulaires. Elles sont toutes construites sur le même type, et il suffit d'aï décrire une pour connaître toutes les autres.
Les surbces articulaires sont : du côté de la phalange supérieure, une poulie ^ deux condyles ; du côté de la phalange inférieure» une crête mousse et deux cavités glénoîdes. La poulie s'élargit de la face dorsale à la face palmaire, et se prolonge beaucoup plus dans le sens de la flexion que dans celui de l'extension. Eq outre, la coui1>e des condyles appartient à une circonférence régulière.
lies moyens d'union sont : 1^ deux ligaments latéraux, interne et externe; i*iui ligameni antérieur , fibro-cartilage semblable au ligament glénoïdien.
118 DOIGT (anatomib).
qui a pour ufuge, comme ce dernier, d'agrandir les cavités glënoîdes des phalanges.
Point de ligament postérieur, mais le tendon extenseur en tient lieu.
La capsule synoviale est très-lâche en arrière. En ce point, elle est en rapport avec le tendon extenseur, auquel elle adhère intimement.
b. Tendons. Les tendons renforcent, en arrière et en avant, les articulations que nous venons de décrire.
Avant de gagner les points où ils s*insèrent, les extenseurs s'épanouissent en une lamelle fibreuse qui enveloppe la face dorsale de la première et delaseoonde phalange, tandis que les fléchisseurs s^entourent d*une gaine fibreuse trèssolide.
Au niveau des articulations métacarpo-phalangiennes, chacun des qwàre terêdons de Vextenseur commun donne. naissance à deux expansions fibreuses, qai se portent sur les côtés de l'articulatira pour aller se fixer en avant au ligament transverse du métacarpe. Un peu au-dessous de l'articulation, ces expansions latérales se confondent avec les tendons aplatis des interosseux et des hmbri' eaux. 11 résulte de la réunion de tous ces tendons une lame aponévrotique qui recouvre toute la face dorsale de la première phalange. Dn peu au-dessus de l'articulation phalango-phalanginienne, cette lame se divise en trois portions : une moyenne, verticale, qui s'insère à la partie supérieure et postérieure de la seconde phalange; deux latérales, obliques, qui longent lés côtés de cette phalange, puis convergent l'une vers l'autre, pour s'unir et s'insérer à l'extrémité supérieure de la phalangette.
Les tendons de Vextenseur propre du petit doigt et de Vextenseur propre de Vindex se confondent avec les tendons correspondants de l'extenseur oonamun, pour contribuer à former les expansions aponévrotiques dorsales qui se comportent, à l'index et à l'auriculaire, absolument de. la même manière qu'aux autres doigts.
La disposition des tendons extenseurs n'est pas la même pour le pouce. Le tendon du court extenseur va s'insérer à l'extrémité supérieure de la première phalange. Le tendon du long extenseur gagne le bord interne de cette phalange, s'aplatit en parcourant sa face postérieure et s'insère à Textrémité supérieure «I • postérieure de la deuxième phalange. Deux des muscles de l'éminence tliénar envoient aux tendons extenseurs des expansions aponévrotiques à la manière des interosseux, c'est le court abducteur en dehors et Y adducteur en dedans. Mais les insertions principales des muscles de l'éminence thénar se font à la première phalange, soit en dedans, soit en dehors du tendon fléchisseur : en dedans, on trouve l'insertion de Vadducteur^ dont les fibres vont les unes directement) la phalange, les autres indirectement par l'intermédiaire du sésamoide interne el de son ligament phalangien; en dehors, le court abducteur s'mshre au tubercule phalangien correspondant, et le court fléchisseur s'attache principalement à Vus sésamoîde externe, accessoirement au ligament latéral et à la phalange.
La face antérieure des doigts est pourvue d'une gaine qui commence aox articulations métacarpo-phalangiennes, et s*étend jusqu'à la partie inférieure des secondes phalanges, gaine destinée à contenir les tendons fléchisseurs et à les brid r pendant leurs mouvements. Cette gaîne est forriuée par des faisceaux fibreix insérés sur les bords qui limitent, en dedans et en dehors, les gouttières des premières et des secondes phalanges, et, dans l'intervalle des phalanges, sur Jes ïtgamenÏB latéraux des articulations phalangiennes. Au niveau des articula*
DOIGT (amatomib). Itl»
tîoDt, la gaine eil mince» conBtitoëe par des fibres obliques qui s'entre-croisent en X. An nifaau des phalanges, elle est au contraire très-épaisse, très-rénstante» fermée par des fibres transverules superposées en plusieurs couches. Il en résulte que les parties solides de la gatne servent de poulie de renvoi aux tendons fléchiaseors, et que les parties faibles n'apportent aucune gène à la flexion des phalanges.
Apràs avoir traversé la paume de la main, les tendons du fléchisseur superflu eid et du fléchisseur profond^ superposés l'un à Tautre, s'introduisent dans la gdne des doigts. Yers la partie moyenne de la première phalange, le t^don du fléchisseur superficiel se bifurque pour livrer passage tu tendon du flédiisseur profond, puis les deux moitiés du premier contournent le second d'avant en airière, se réunissent derrière lui pour constituer une gouttière, et enfin, s*écartant de nouveau, viennent s*insérer aux bords rugueux du tiers moyen delà denxième phalange. Le tendon du fléchisseur profond passe sous l'espèce d'arcade Innée par le superficiel et, cheminant directement en bas, vient s'insérer à Textrémité supérieure de la phalangette.
Pendant leor trajet dans le canal ostéo-fibreux, les tendons fléchisseurs sont poorms d'une synotriale. Son feuillet pariétal tapisse la face antérieure des phafcuiges et de leurs articulations et la face postérieure de la gaine fibreuse. Au aivaaa des articulations métacarpo-phalangiennes de l'index, du médius et de Tannulaire, la spoviale remonte un peu du côté de la paume de la main, puis ss réfléchît sur les tendons fléchisseurs, en formant un cul-de-sac remarquable. Deienue viscérale, la synoviale tapisse chacun des tendons jusqu'à leurs insertions lédproqnes. Dans son trajet sur les tendons, elle fournit trois replis membra- Bsu» que Ton voit très-bien en soulevant ces cordons, comme pour les écarter des phalangesg Un de ces replis unit lâchement le tendon du fléchisseur superficâd au tendon du fléchisseur profond vers l'extrémité supérieure de la première pUange. Un antre repli s'étend de la bifurcation du tendon superficiel à la face mlérieare de la première phalange. Enfin, le troisième repli, de forme triangu- \smtf nË» le tendon du fléchisseur profond aux deux tiers inférieurs de la flnhogme.
LsssynoTÎales du petit doigt et du pouce sont en tout semblables aux précé* deaiss dans lear portion digitale; mais, au lieu de s'arrêter au-dessus des artisulations métacarpo-phalangiennes, comme celles des trois doigts interniédiaiies» elles se prolongent dans la paume de la main et se terminent au-dessus du ligament annulaire antérieur du carpe (voy, l'art. Haut, p. 29).
Le pouce n'a qu'un seul tendon fléchisseur, c'est celui du long fléchisseur. Situé en dedans de l'axe du pouce, il pénètre dans une gaine ostéo-fibreuse anslogne à celle des autres doigts, et va s'insérer au devant de l'extrémité supélieurs de la dernière phalange. A son entrée dans la gaine fibreuse, il est CDchlssé entre les deux os sésamoïdes du fibro^artilage glénoîdien. Des anses fikeuses trèsHwlides, attachées à la face antérieure des sésamoïdes, passent SB-dessus de lui et forment l'origine de la gaine, dont les fibres s'insèrent, phis bas, sur les bords de la phalange, et se raréfient de plus en plus à mesure qoe l'on se rapproche de son extrémité inférieure.
c Tissu ceUuUhgraisseux. Une couche de tissu cellulaire s'étend autour des phalanges d^i recouvertes par les tendons et la gaine fibreuse.
Les caractères de cette couche sont absolument difTéreuts, selon qu'on l'examine à la isoe palmaire ou à la face dorsale.
ISO DOIGT (anatomib).
A la face palmaire, elle est épaisse, dense, élastique, c*e8t-à-dire disposée pour subir le contact des objets extérieurs et pour supporter des pressions. Elle est composée par de minces cloisons cellulo-fibreusesy qui s'entre-croisent en tous sens et qui circonscrivent de petites aréoles remplies de graisse. Si Ton pratique une coupe à travers son épaisseur, on voit que les cloisons adhèrent, d*une part, à la face profonde de la peau, et, d*une autre part, à la gaioe fibreuse sous-jacente ou au périoste de la phalangette. On voit, en ontre, que les petits amas adipeux font hernie, comme s'ils étaient comprimés dans la loge qui les contient. Celte disposition est surtout remarquable à l'extréoiité da doigt, où Tabondance du tissu cellulo-graisseux forme un véritable coussinet qui a reçu le nom de pulpe da doigts.
A la face dorsale, la couche de tissu cellulaire est lâche, peu épaisse, raremoit chargée de graisse.
Enfin, sur les côtés des doigts, il existe un tissu de transition, qui quitte le caractère lamelleux pour devenir aréolaire et graisseux, à mesure qu'il gagne la région antérieure.
Indépendamment de la continuité qui existe entre le tissu sous-cutané des doigts et celui de la paume, le premier communique encore, au niveau des espaces interdigitaux, avec le tissu cellulaire profond de la région métacarpienne. Cette disposition explique pourquoi les suppurations profondes de la main ont de la tendance à passer du côté de la bat^e des doigts.
Notons encore que c'est dans la couche cellulaire que rampent les troncs des vaisseaux et des nerfs qui seront décrits plus loin.
d. Peau. Au niveau de la base des doigts, la peau se réfléchit dans Tintervalle de ces organes pour recouvrir ce qu*on appelle Vespace interdigital. Celui^î n*est qu'une simple fente, lorsque les doigts sont rapprochés; mais à mesors qu'ils s'écartent il apparaît sous la forme d'une gouttière oblique, de haut en bas et d'arrière en avant. Cette gouttière commence insensiblement à la faoe dorsale, au niveau de la tête des métacarpiens, et se termine nettement à la boe palmaire, vers le tiers supérieur des premières phalanges, par un repli cutané, curviligne, à concavité inférieure. La peau et les parties molles de la paume empiètent donc dans une notable étendue sur la face antérieure des premièns phalanges. Il en résulte que rorigine apparente des doigts est sensiblement au-dessous de leur origine réelle. On évalue, en général, à 2 centimètres la distance qui existe entre l'interligne métacarpo-phalangienne et le repli ou la commissure interdigitale.
La peau de la face antérieure des doigts est remarquable par la présence de trois plis transversaux, qui sont produits par la flexion des phalanges.
Les premiers, situés à 25 millimètres au-dessous de la tête des métacarpiens, séparent les doigts de la paume. Ils sont simples pour l'iudex et le petit doigt, doubles pour le médius et l'annulaire.
Les plis moyens, tous doubles, correspondent aux articulations phalangophalanginiennes. Le supérieur est plus long que l'inférieur. Ils sont plus écartés à leur partie moyenne qu'à leurs extrémités, et circonscrivent un espace i peu près losangique. Sur une main saine et dépourvue de callosités, le pli inférieur répond directement à l'interligne articulaire.
Les plis inférieurs, qui sont à peu près simples, sont situés à 1 millimètre andessus de l'interligne de l'articulation phalangino-phalangettienne.
Le pouce présente, comme les autres doigts, trois plis cutanés palmaires^
DOIGT (amatomib). ISi
bioi qu'il n'ait que deux jriiaknges. Le plus élevé est iitué un peu au-dessus de rartÎGQlatioD iiiétacaq>o-phalangieQiie; le moyen, un peu au-dessous de cette même articulation, et l'intervalle de 10 à 15 millimètres qui les sépare tient misemblablement I la présence des os sésamoîdes dans le ligament glénoïdien. Le pli inférieur, ibrmé par deux lignes irès*rapprochées, correspond assea exactement à Tinterligne de l'articulation de la première avec la dernière phalange.
Entre les plis articulaires, dont la connaissance importe beaucoup à la Médedne opératoire, on rencontre plusieurs plù verticaux qui n'ont aucune signification pratique.
Le derme de la région antérieure e&t dense et épais. Nous avons dit que a finse profonde adhérait aux cloisons cellulo-fibreuses du tissu aréolaire souseatané. Ces adhérences deviennent si intimes au niveau des plis articulaires, qu'on a pu voir là des ligaments rudimentaires, qui fixeraient la peau aux articulations oorrespondautes. Hais il n'y a, dans ces points, qu'une augmentation de la densité du tissu sous-cutané, densité propre à apporter un certain obstacle à rinfiltration des liquides épanchés et à la propagation du processus inflammatoire.
La surface libre du derme est extrêmement riche en papilles vasculaires et mrvenses. Leur abondance est surtout très-grande au niveau de la pulpe des doigts, qui est considérée comme le siège spécial du sens du touchei*. Elles sont disposées par séries sur des lignes courbes à concavité supérieme. Sur la polpe d'un doigt indicateur, M. Sappey a compté qu'il n'y avait pas moins de soiiante rmngées de papilles. Entre les papilles s'ouvrent les conduits excréteurs des glandes sudori|iares, lesquelles sont les seuls organes sécréteurs que Ton Rncootre sur la face antérieure de la main. Le nombre des glandes est beaueonp moindre que celui des papilles ; néanmoins il est encore assez considérable pour qoe le même anatombte l'ait évalué à six mille seulement sur les faces iBtériânre et latérale de la phalange unguéale de l'index.
Chez les sujets qui exercent une profession manuelle, l'épiderme de la face palmaire des doigts est épais, calleux et dur, au point de nécessiter l'instrument trandmt pour ouvrir les phlyctènes ou les abcès sous-épidermiques. Chez les fismmes et chez les gens qui ne travaillent pas de leurs mains, la couche épidenniq[ae, quoique plus épaisse que dans beaucoup d'autres régions du corps, est souple, transparente, et traduit fidèlement les plis et les saillies papillaires du derme.
La peau de la face postérieure ou dorsale a un aspect tout différent de celui de la face palmaire. L'épiderme y est plus fin. Au niveau des atliculations, ce se lont pas seulement des plis, mais de véritables rides, irrégulièrement circulaires ou elliptiques, qui s'effacent par la flexion. Sur les première et seconde phalanges existent des poils, plus ou moins nombreux, avec des glandes sébacées et sndoripares. Enfin, à l'extrémité de la troisième phalange on rencontre Tongle^ qui doit être décrit à part {vay, Oagle).
e. faÎMteaux. Les artères portent le nom de collatérales des doigts. Elles naissent toutes de la convexité de Yarcade palmaire superficielle et du tronc commun des collatérales du pouce et de l'index^ branche de la radiale.
Le trône commun des collatérales du pouce et de l'index ou artère interosfeuse dorsale du premier espace métacarpien fournit les collatérales interne ^ externe du pouce et la collatérale externe de V index.
192 DOIGT (AMATaMiB).
De Varcade palmaire superficielle partent quatre artères digitales^ qui se dirigent de haut en bas vers la partie inférieure de l'espace interosseax où elks se bifurquent. La première^ en allant de dehors en dedans, longe le deuxième espace interosseux et fournit la collatérale interne de t index et la coUatérah externe du médius. La deuxième longe le troisième espace interosseux, et donne la collatérale interne du médius et la collatérale externe de ranmilaire. La troisième descend au devant du quatrième espace interosseux et après sa bifurcation va former la collatérale interne de Vannulaire et la collatérale externe de V auriculaire. Enfin, la quatrième ne se bifurque pas; elle enàst le cinquième métacarpien et chemine le long du bord interne du petit doigt, dont elle forme la eoUatéxale interne.
Il peut arriver qu'une artère digitale donné la collatérale externe de l'indei et la collatérale interne du pouce; mais la collatérale externe du pouce piovient fort rarement de l'arcade palmaire superficielle.
Avant de se bifurquer, toutes les artères digitales s'anastomosent avec les branches interosseuses descendantes venues de l'arcade palmaire profimde.
Les artères collatérales sortent de la paume en passant sons les faisceaux trans verses de l'aponévrose palmaire, et cheminent, en avaut des phalanges, sur les cdtés de la gaine des fléchisseurs. Dans leur trajet elles foumissenl des branches antérieures, des branches postérieures et des branches internes qoî pénètrent dans la gaine des tendons. Arrivées ditus la pulpe, les deux oollaliraies d'un même doigt se terminent en s'anastomosant sons la forme d'one arcade à concavité supérieure. One quantité d'artérioles partent de cette arcade pour former des réseaux d'une grande richesse, qui se répandent surtout i la face profonde du derme.
Les veines se divisent en collatérales profondes et en collatérales st^ier/ieielles. Les premières, au nombre de deux pour chaque artère, suivent exacte* ment le même trajet que le tronc artériel dont elles sont les satellites. Elles vont se rendre dans les arcades veineuses superficielles et profondes. Les secoiidei forment deux brandies, les collatérales interne et externe superficielles. KUes naissent du réseau cutané, occupent, l'une et l'autre, le bord de la face dontb des doigts, et communiquent fréquemment par des rameaux transversaux. Ptf^ venues à la partie inférieure de chaque espace interosseux, elles se réunîsittt avec les veines collatérales du doigt voisin pour constituer un tronc SfftU veine digitale^ qui aboutit à l'arcade veineuse du dos de la main.
Lymphatiques. D'après la loi, découverte par H. Sappey, qui établit fMb plus une région est riche en papilles et en glandes, plus les vaisseaux lympkt» T tiques y abondent, la peau des doigts et, en particulier, celle de la partie ttté* ^^ rieure, doit être pourvue de réseaux lymphatiques extrêmement importants, h ^^ effet, les injections y démontrent deux réseaux lymphatiques superposés: Tii ^ papillaire, étendu à la superficie du derme, l'autre sous- dermique, enveloppml ^ les glandes sudoripares de nombreux lacis. Les mailles de ces réseaux sont à étroites qu'ils forment une couche absolument continue, comme si la peau âak' recouveite d'une nappe lymphatique.
En se réunissant, les capillaires lymphatiques donnent naissance à ou ta
plusieurs troncules, qui suivent la direction des veines collatérales supfr H
ficielles et aboutissent dans les troncs lymphatiques sous-cutanés du dos dt h k^
main, pour remonter ensuite à i'avant-bras. 'Si
f. Nerfs. Les doigts ont été pourvus de nerfs avec une véritable profittioi* '^
DOIGT (a!<atonii). 1^5
Ghacnn d*eax possède quatre troncs nerveux, les nerfs collatéraux^ qui viennent du médian, du. radial et du cubital {voy. Maih [Anaiomié]).
Les nerfê collatéraux sont situés dans le tissu cellulaire sous-cutanés, sur les côtés de la bce palmaire et de la face dcursale. Les collatéraux palmaires sont plus importants que les collatéraux dorsaux. M. Richelot a même démontré que, sur Tindex, le médius et l'annulaire, le cubital et le radial ne donnent souTent que des branches dorsales insignifiantes, qui s'épuisent dans la peau de la première phalange. Les véritables collatéraux dorsaux de ces doigts sont des rameaux qui, naissant des collatéraux palmaii*es correspondants au niveau de Tespace interdigital, contournent leur face latérale pour gagner leur fece dorsale et se terminer sur la troisième phalange.
Quoi qu'il en soit de cette disposition, qui ne nous parait pas constante, foici quelle est la distribution classique des nerfs qui se rendent aux doigts : 1* à la lace palnudre, le médian donne les collatéraux à trois doigts et demi, eeox du posice^ de Ymdex^ du médius et le collatéral externe de l'annulaire; le eubUal donne le collatéral interne de V annulaire et les collatéraux du petit ioigt; 3* à la face dorsale, le cubital et le radial se partagent les collatéraux d'une manière égaie, le premier envoyant les cMatératix du petit doigta de ïamuiaMtet et IdcoUatéral interne du médius ; le second fournissant le collaté" têI externe du médius éL les collatéraux de l'index et du pouce.
Les oerfii d'un môme doigt communiquent fréquemment pendant leur trajet pir des filets anastomotiques. Au niveau de la dernière phalange, ces commuoicalîoos se multiplient tellement qu'elles forment un véritable réseau dans la pulpe et autour de la matrice de Tongle. II résulte de cette disposition que les Kr£i oollaléranx se suppléent les uns les autres dans leurs fonctions et que la aensibilitë n'est complètement abolie que par la section des quatre troncs.
Las nerfs digitaux sont principalement destinés à la peau de la région pal- ■aîre, oA ils se terminent de trois manières différentes : 1<* par les corpuscules h tact duos les papilles nerveuses; 2^ par les corpuscules de Pacini, organes riAles à l'cail nu, placés sur le trajet des nerfs collatéraux et composés de plusieurs enveloppes concentriques entourant Textrémité légèrement renflée d*us filament nerveux ; ^ par des extrémités libres^ re[)résentées par des qrlindrei-âxes, qui pénétreraient jusque dans la couche de Malpighi.
Superposition des plans. Après la description des diverses parties qui composent le doigt, il convient d'en faire la récapitulation au point de vue de ranatamie topographique. Si donc on examine une coupe transversale pratiquée au niveau de la première ou de la seconde phalange, on trouve d*avaiit en amère : l*la peau; 2<* le tissu cellulaire aréolaire chargé de graisse; 5^ la gdue des il&Jiisseurs; ¥ de chaque côté de la gaine, Tartère collatc^rale accompagnée de ses deux veines satellites et les troncules lymphatiques ; 5® un peu tt dehors du. paquet vasculaire les nerfs collatéraux palmaires; 6^ la phalange letétoe de son périoste; 1^ en arrière de celle-ci, le tendon aplati commun aux extenieurs, aux interosseux et aux lombricaux ; 8^ le tissu cellulaire lamelleux toolenant, sur les côtés, les ramuscules des nerfs collatéraux dorsaux ; 9<* enfin la peau de la face dorsale.
An niveau de la phalangette, une coupe transversale montre la peau, le tissu aréolaire de la pulpe, la troisième phalange, la matrice de Tongle et l'ongle faisant suite à la peau de la région dorsale. DÉvELomuDir. Entre la cinquième et la sixième semaine, à mesure que le
ii4 DOIGT (pHYSiotOGii).
bras et Tavant-bras grandissent et éloignent de plus en plus du tronc de Tem* bryon la palette palmaire qui lui était d*abord accolée {voy. Miiui, DérBLOPPsment), on Yoit se former, sur le bord libre de celle-ci, un bourrelet qui ne tarde pas à présenter quatre échancrures. Les cinq boui^eons limités par ces échancrures sont les rudiments des doigts. Ceux-ci s'allongent rapidement, mais restent unis par une membrane interdigitale jusqu'au troisième mois de la vie intra-utérine. C'est seulement à partir de cette époque qu'ils deviennent indépendants et qu'ils sont réellement conslitués. A la fin du sixième mois, Tongle se dégage de l'épiderme dans l'épaisseur duquel il a pris naissance. Au terme de la grossesse, il se présente avec tous les caractères qui lui sont propres.
En même temps que les doigts s'isolent par la disparition de la membrane interdigitale, leurs phalanges s'ossifient. Chacune d'elles présentent deux points d'ossification : un point primitif pour le corps et l'extrémité inférieure, et un point complémentaire pour l'extrémité supérieure. Le premier apparaît au troisième mois de la vie embryonnaire. Le second se montre de six à sept ans. Le point complémentaire se soude au corps de la phalange vers seize à dix-sept ans. Cette soudure commence par les troisièmes phalanges, et s'opère ensuite successivement pour les secondes et pour les premières.
Les métacarpiens se développent aussi par deux points d'ossification et, i l'inverse des phalanges, le point complémentaire est à l'extrémité inférieure. Le métacarpien du pouce fait seul exception à cette règle en s'ossifiant, comme les phalanges, par un point d'ossification principal pour le corps et l'extrémité inférieure et un point complémentaire poui* l'extrémité supérieure. M. Sappey a appelé l'attention sur ce fait. Il considère le point épiphysaire supérienr comme un métacarpien rudimentaire et le reste de l'os comme la première phalange du pouce. « Le premier métacarpien existe donc, dit cet anatomiste, à l'état de vestige. Il résulte de son extrême atrophie que le pouce peut s*op> poser non-seulement aux autres doigts, mais aussi à la paume de la main, i Dans cette manière de voir, le pouce présenterait trois phalanges comme lei autres doigts, seulement la première se confondrait avec le premier métacarpien.
g II. Physiologie. Les usages des doigts sont relatifs à la préhensùm et au toucher, que nous n'avons pas à traiter dans cet article. Nous avons seulement quelques mots à dire sur les mouvements des phalanges. 1
Les articulations métacarpo-phalaiigiennes sont douées de tous les mouvem^ts ji
que l'on peut imaginer, flexion^ extension^ inclinaison latérale^ circumdudM, .'i
rotation autour de l'axe digital. ^
Pendant la flexion^ les premières phalanges s'inclinent du côté de la tue ^
palmaire, jusqu'à devenir perpendiculaires aux métacarpiens. Les têtes meta* j
carpiennes font saillie sous la peau, dont elles ne sont séparées que par k ^
tendon extenseur. Les faisceaux phalangiens des ligaments latéraux sont tendus, ^
tandis que les faisceaux glénoïdiens sont relâchés, et le ligament glénoîdien ji
lui-même est remonté, comme une sangle trop large, au-dessus de la saillie \i
condylienne des métacarpiens. Dans Vextension^ l'inverse se produit : les pha- ^
langes se relèvent jusqu'à dépasser un peu en arrière l'axe du métacarpe, kl e
ligaments phalangiens se relâchent, tandis que les ligaments glénoïdiens et sei ji
faisceaux latéraux se tendent de manière à limiter le mouvement. b
Par leurs mouvements latéraux^ les doigts s'écartent ou se rapprochent d*iui \
axe fictif qui passerait par le médius. Il est remarquable que Tarticulatioii .
DOIGT (phtsiolooib). 195
métacarpo-phalangieime du pouce est presque dépourrue de ces mouTements, qui se passent à peu près totalement au niveau de l'articulation trapëzo-mëtacarpienoe.
Par leurs mouvementi de circumductiony les doigts passent successivement de rextension à l'abduction, à la flexion et à l'adduction, et réciproquement, en décrivant un cône régulier. Pour le pouce, le mouvement de circumduction a pour siège non-seulement l'articulation métacarpo-phalangienne, mais surtout rarticolation trapéio-métacarpienne.
Enfln» lorsqu'on saisit un doigt, on peut lui faire exécuter quelques mouvemenU de roiation autour de son axe, mouvements asses incomplets, qui n'ont rien de spontané et qui nécessitent toujours une intervention étrangère.
Les phalangines et les phalangettes présentent seulement deux mouvements, la fiejdon et Vexténsion, Dans la flexion, ces phalanges deviennent perpendiculaires à la phalange qui est au-dessus, et donnent au doigt la forme d'un crochet.
La phalangette jouit de quelques mouvements de glisiemeni dam le sent Usiéralf mais ces mouvements sont toujours le résultat d'une impulsion artifideUe.
Une révision rapide de l'action des muscles, qui s'insèrent aux phalanges, complétera l'étude des divers mouvements de ces dernières.
La fleiîon est produite, d'une manière générale, par les muscles fléchisseurs. Le flédkùseur profond fléchit spécialement les phalangettes; le fléchisseur mperficiel spécialement les phalangines ; puis, quand ces deux muscles ont é|Niisé leur action sur les phalanges où ils s'insèrent, ils agissent sur la phalange <|ai est au-dessus, en l'entraînant vers la paume de la main. En outre, la première phalange doit encore sa flexion à l'action combinée des muscles inter^ mtuz et lombricaux.
Pour le ponce, la flexion est produite par le long fléchisseur qui agit principalement sur la phalangette, accessoirement sur la première phalange. Le court Qbiitcieur en dehors et Vadducteur en dedans déterminent spécialement la fleûoQ de cette dernière, en envoyant aux tendons extenseurs du pouce des expannoDS aponévrotiques analogues à celles que les muscles interosseux et lombrieaax envoient aux extenseurs des autres doigts.
Enfin, nous aurons terminé cette revue des fléchisseurs, quand nous aurons rjppelé que le court fléchisseur du petit doigt contribue à la flexion de sa prenait phalange.
L'extension a pour agents les muscles extenseurs. Vextenseur commun des doigts^ renforcé par Yexlenseur propre du petit doigt et par Vextenseur propre de Vindex^ porte son action principale sur les premières phalanges qu'il relève sur les métacarpiens; mais il n'agit que faiblement pour produire l'eitension des phalangines et des phalangettes. Ces dernières sont étendues par les muMcles interosseux et par les muscles lomhricauxy qui sont à l'extenseur commun ce que le flédiisseur profond est au fléchisseur superûciel. Ils viennent l'insérer ensemble sur les côtés du tendon extenseur et agissent directement, par son intermédiaire, sur les plialangettes d'abord, ensuite sur les phalangines; pois, lorsque l'extension des unes et des autres est complète, ils font basculer en avant la première phalange. C'est ainsi que ces petits muscles sont à la fois extenseurs et fléchisseurs. Nous verrons bientôt qu'ils ont encore une autre •ction, celle de produire les mouvements de latéralité des doigts.
iS6 DOIGT (puYsioiOGiK).
La phalangette du pouce est pourvue de trois muscles extenseurs qui scmt : ie long extemeur propre^ le cofurt abducteur et V adducteur; la phalangine n'en possède qu'un, qui est le court extenseur propre.
Les mouvements dans le sens latéral sont le résultat de la contraction des interosseux. En considérant l'axe de la main comme passant par le médius, tous les interosseux dorsaux produisent labduction desdoigts, et les interosseux palmaires^ l'adduction. Au pouce et au petit doigt» ces mouvements latéraux prennent une importance capitale et constituent les mouvements d'opposition.
Quatre* muscles sont groupés autour du pouce pour le porter en dedans et en avant et, opposer sa face palmaire à celle des autres doigts : ce sont Yadductetsr^ le court fléchisseur f le court abducteur et Y opposant^ qui s'insère an mélacarpien, tandis que les autres s'insèrent à l'extrémité supérieure de la première plialange. Lcfrsqae le premier métacarpien est fixe, Vabducteur a encore pour action de porter le pouce en dehors, à la manière des interosseux dorsaux.
Les mouvements d'opposition du petit doigt sont moins importants que ceux du pouce, aussi les muscles qui les produisent sont-ils plus grèleë et plus bibles. Vopposantf le court fléchisseur et Vadducteur^ ont une action analogue è celle des muscles de Téminence thénar. La contraction de Vadducteur du petit doigt a encore pour effet de rapprocher ce doigt de Taxe du corps et de l'éârter de celui de la main.
En résumé, les muscles des doigts sont disposés de manière à produire des mouvements très-étendus et très-énergiques dans le sens antéro-postérienr et, pour le pouce, dans le sens de l'opposition. Les mouvements latéraux sont faihlei et limita. Us sont d'ailleurs beaucoup moins utiles que les premiers.
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DOIGT (DIFFORMITis). i%l
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§ m. TIces de coafoniiation eonténltanz. Les vices de conformation des doigts reconnaissent pour origine une altération dans la formation embryonnaire de ces organes. Le développenient de ces appendices, au lieu d*être normal et régulier, peut défier en deux sens, s'arrêter dans son évolution, ou au contraire prendre un essor eiagéré. De là deux grandes divisions : les vice» de eon~ formation par arrêt de développement et les vices de conformation par excès iedéf^doppemeiU,
Les arrêt» de développement produisent trois espèces de difformités qui sont : Teelrodaetylie ou Fakence des doigts, la brachydactylie ou la brièveté des doigts, la sipfidtictylie ou l'adhérence des doigts entre eux.
Les exeèf de développement engendrent aussi trois sortes de difformités: l'aigmentation du nombre des doigts ou polydactylie^ l'augmentation du nombre des phalanges et l'hypertrophie des doigts ou maerodactylie.
Avant d'aborder l'étude particulière de chacune de ces malformations, il est on point qa*il importe d'établir une fois pour toutes : c'est leur transmissibilité héréditaire. Ce &it domine toute l'étiologie des difformités de la main.
L'hérédité n'est certainement pas fatale ; elle peut sauter une génération ; elle peat n'affecter que certains membres d'une même famille ; elle peut se pour^ tuivre sent dans la lignée masculine, soit dans la lignée féminine. Hais, malgré ces irrégularités, elle n'en constitue pas moins une cause prédisposante des plus constantes et des plud efficaces. Bréchet, Scoutetlen, Mackinder, M. Mirabel, et beaooonp d'antres, ont publié des exemples d'ectrodactylie et de bracliydactylie tnunmise pendant plusieurs générations. Mackinder a môme suivi la transmission pendant six générations. Le fait de Scoutetten est non moins remarquable et BiMte d'6bne cité oonmie exemple : Louis Frache est monodaclyle à chaque main et n'a que deux orteils à chaque pied. Il a cinq enfants, dont, un seul est bien eonbraié; les quatre autres ont les mains difformes. Trois meurent en bas âge. L'eojfant qui sidrrit est une fille, Marguerite Frache ; elle est monodactyle à la main droîle, didaclyle à la main gauche, et ses pieds sont difformes. Marguerite Frache le marie à Eînglemann qui est bien conformé. De ce mariage naît
Qaatrt enbots^dont trois sool MxdigiUires.
128 DOIGT (difforhités).
quatre enfants : 1<* Louis Einglemann bien conformé ; 8® Christophe Eiaglenunm ayant deux doigts adhérents aux mains et les pieds difformes ; 3^ Gatherine Einglemann, tridactyle à droite, didactyle à gauche, pieds difformes ; 4* Adèle Einglemann, hydrocéphale avec des mains et des pieds difformes.
Il arrive souvent que les diffoimités se combinent les unes avec les autres cm alternent entre elles; on voit alors, comme dans Texemple précédent, rectrodactylie se combiner avec la syndactylie sur les mêmes individius, tandis que ses ascendants ou ses descendants ont seulement l'un ou l'autre de ces vices (k conformation.
L'hérédité de la polydactylie est plus constante encore que celle des difTormitéi par arrêt de développement. 11 est rare qu'un sexdigitaire n'ait pas parmi ses ascendants ou ses collatéraux des sexdigitaires comme lui. La dilBculté d'aioir des renseignements sur les parents fuit souvent croire à la spontanéité de li malformation. Bréchet cite dans sa thèse (p. 35) toute une famille de sexdigitaires, qui a été observée par Réaumur. On peut résumer cette succession de diflbrmités de la manière suivante :
Père, Se$ fiU. Se$ peUtê-iiU.
iQuttre enfants, dont troit soot seidigiiaires comme l« pên et l'aïeul.
2* Georges a cinq doigts, mais le Gratio-Kalleia a sii doigts ) ponce est double et représenta
et sii orteils ] deux doigts accolés
3* André, exempt de difformité.
.. u . , . . . ( Quatre enfant^ dont oa muI
* f !! '^'^"'* chaque mam ^^,^ ^ difTormité i.héformé de deui pouces accolés. .^ rente à la famille.
La macrodactylie fait exception à la règle générale. Elle est rarement hérédi* taire, ce qui porterait à croire qu'elle est plutôt le résultat d'une maladie déreloppée accidentellement chez le fœtus qu'un fait tératologique véritable.
Mais, si les difformités des doigts sont héréditaires, l'expérience démoBtre« d'une autre part, qu'elles ne se perpétuent pas indéfiniment. Elles disparaisseot par le croisement des individus difformes avec d'autres individus bien conforiBéi. Et même, si l'on supposait des alliances entre des individus difformes, il ne is créerait probablement pas des races d'ectrodactyles ou de polydactyles. Après une suite, plus ou moins prolongée, de générations difformes, l'anomalie fiaiiatt par s'éteindre. On a souvent vérifié, chez les animaux, que les races artificiellement créées par la sélection de certaines qualités physiques ne se maintiennent pas longtemps et retournent fatalement vers le type primordial. En seraitrîl autrement pour les vices de conformation qui nous occupent ? Rien n'autorise à l'admettre. Au contraire, l'analogie indique que la main reviendrait peu à pea à son type normal, qui est la main à cinq doigts.
On a souvent attribué les difformités digitales à des impressions ficheuses, à des frayeurs que la mère aurait éprouvées pendant le cours de sa grossesse. Noos reléguerons au rang des fables tous ces récits, qui tiennent du merveilleux et qui sont gravement rapportés par certains auteurs. Il n'y a rien de réel dans l'influenoe de pareilles causes.
Hais nous* n'émettrons pas une opinion aussi nettement négative sur la question de savoir si une mutilation accidentellement acquise peut se transmettre aux enfants et devenir chez eux une cause de malformation congénitale. Le père de Louis Frache, observé par Scoutetten, était d'une conformation réguliàre, lorsqal
DOIGT (DIFFOlMITis).' Ii9
rigB denoglrcimi ans il tomba d'un liea ëievé et se fit de profondes blessures «B ffluot et au pieds. Son fils vint au monde avec une ectrodactylie, et cette ectradactjUe se continua chez ses petits-enfants et ses arrière-petits-enCints. Les mutilatioiis accidentelles des animaux deviennent quelquefois héréditaires. Brown-Séqnard a montré, à la Société de biologie, des cobayes qui offraient une alténtioo de l'oreille transmise par hérédité. Il a observé un fait analogue pour les léâous de la patte consécutives à la section du nerf sciatique. Ainsi, trois jennes cobayes, hÎb de parents ayant eu le nerf sciatique coupé, avaient les doigts d'une patte allérés comme ceux de leurs parents. Ce sont là des faits sérieux, qai mérilent d'attirer l'attention et qui appellent de nouvelles recherches. Mais, dès à présent, ils ne permettent pas de rejeter Fancien adage liippocratique : fi^Mamliir a^ilem Uni ex lœtiSf claudi ex claudis.
P^rmi les nombreuses observations que nous avons examinées, nous n'en avons rencontré aucone oh la malformation puisse être attribuée à la consanguinité. GeUe cause, que l'on considère comme prédisposant aux difformités congâiitales, ne paraît donc jouer qu'un rdle très-secondaire par rapport à celles des doigts. Enfin, sans nier l'influence de l'hérédité, Pigné a avance que tout vice de eooibniiation par excès est dû à la fusion de deux germes. Cette proposition, beaaeiop trop générale, semble vraie dans certains cas, mais ne s'applique en lacone fSiçoii à la polydactylie ni à la macrodactylie. Pour admettre qu*un doigt nnunéraire on on doigt géant appartient à l'on des deux individus qui se sont npprocbéset confondus, il faudrait trouver dans les organes internes des traces k cette fusion, c'est-à-dire des organes doubles. Or l'observation n'a jamais rin fait constater de semblable. Broca a même fait l'autopsie d'une petite fille poljdactyle dans le but de recliercher cette duplicature. Il a examiné avec le plus fûid soin les viscères thoraciques, céphaliques et abdominaux : il n'a trouvé, km aucun d'eux, le moindre vestige d*un organe doub!e, et il en a conclu que le doigt somuméraire n'était pas le résultat d*une fusion de deux embryons.
De toutes ces considérations générales il est possible de déduire une règle Urapeutiqoe. Puisque les mutilations accidentelles peuvent devenir héréditaires, leil indiqué de régulariser par une opération toute main difforme. En détruisant les ijnlactjlies, en supprimant les doigts surnuméraires, non-seulement on amflm rÂat du patient, mais encore on a chance de préserver sa descendance de ififlsnnités semblables à celles qu*il portait lui-même. Les opérations, dans B août donc pas des opérations de complaisance, comme quelques chile plaisent à les appeler, mais des opérations utiles pour le présent et panr Tavenir.
I. ¥lCBS DE GOaPOaHATION PAB ARSÊT DE DÉVELOPPEMENT. 1« EctrodoCtgUe.
L'ediodactylie est totale^ si les doigts font tous défaut (fig. 1), pariielk^ s'il eu eiiste un ou pinsieun. Il n*est pas sans intérêt de citer des exemples de chacoede ces variétés.
Bféchet rapporte que le père d'une famille d'ectrodactyliens n*avait point de dsîgts à la main droite, qui se terminait par une masse ronde et molle. H. Josias a va SOT un garçon, mort après sa naissance, le métacarpe et les doigts roanqocr; à leur place on trouvait de petits tubercules charnus portant Tempromte des ongles et tenante la peau par des pédicules étroits et courts.
Lorsqu'il n'y a qu'un doigt, c'est ordinairement l'auriculaire ou le pouce. Du «lAnt de tnia ans, obiervé par Légat (Annandale, p. 12j, ne possédait à la main
aicr. ne. IIX. 9
116 DOIGT (DirpûRHiTi»),
gandM qu'on ponce bien dénhppé et mobile. Dam U fimùlle d'ecUwlactjUaii
dont Drëchet a donné rbiitoire (thèse, p. 32), le pire, qui n'anit point de d«gti
à 11 maindroite, n'avait que l'auricuJaire à la main gauciie (fig. 2). Sa fiUe et deuK^des filles de celle-ci n'avxient aussi que l'auriculain: au deux mains. Us
.toiut* Fit. 4. -DUittrli*nvi4MMMiihiiM»
MsU («MlDcboDt). dchtmud lagatt d'iiirtt Ttapedy,*!-
tnile du •triilt d-Annudik}.
faits dans lesquels le dirigt unique est «Mt l'iadn, soil un autre doigt, wat flM cuffieiks i troster.
ilne diipoùtion intéressante de h maîa I deui doigts nt'ccHe daM Ivqaelle
DOIGT (DirroKHtTi*). l»
le {KKHe existe avec l'inricnlaire, de manière ft rcpréieater nne pinae de homard |fig. 4). Ce Ijpe était des plus marqués chei un ullimbtDque que Horel-LaTallée I déerît. Ses deux mains n'étaient représentées chacoOe que par le pouce et l'auriculaira (|ieiit-Jtre était-ce l'annulaire à ta maiu pnebe), séparés par une Miancnire qui M prolongeait jusqu'au carpe. Le squelette des deux métacarpiens était normal et garni des parties molles des éminencet thénar et liTpoihénar. k droite, les dôix t»anches Je la pince s'écartaient â volonté jusqu'à éereair borixontales. Ed se rapprochant elles formaient un losange régulier, mais elles ne pouTaieat se joindre asseï pour constituer un poing. A gauche, les deux doigts pooTsioit se replier pour fonuer le poing, ce qui leur donnait une puissance musculaire beaucoup plus considérable que celle de la main droite. Ce saltimbanque exécutait avec ces sortes de pinces les mouTements le^ plu variés. Il pouvait même écrire. Méniâre a déposé au Musée Dnpuytren unu jiièee qui représente une main en pince de homard. Annandale a donné uni' Sgure d'une diUbrmité semblable (Gg. 4). H. Guéniot a ofaaerTé la même disposition ches une petite fille de onze mois (thèse de M. Fort, p. 44).
doigU (d'iprfa 11. Kiuiie).
)i. Flamain a montré à la Société anatomiquo, en 1869, un maçon dofit lu main dnûle n'avait que trois doigts : un pouce, un index et un troisième; doig^ Knemblant an médius par le volume des phalanges, mais se rapprochant df l'iahculaire par sa langueur. Les métacarpiens étaient au nombre de trois, seulement le dernier préseutait, sur sa face dorsale, une rainure indiquaut la réunion de deux <M. Le poignet était un peu plus petit que celui du cdté opposé. La maiu gauche el las deux pieds étaient très-bien conformés. Aucune anomalie pareille n'eiiftait dans sa famille. Lui-même avait sept enfants, tous bien conformés.
Enfin le degré le plus léger de l'ectrodactylie est celui oi) la main ne manque ^d'uodoigt. H. Nicaiseaétudié très-complètement un fait d'absence du médius nr les deux mains d'un homme mort à l'âge de quarante-un ans (fig. f>]. Lu le métacarpien droit était un peu moins long que le second. La première
ISS DOIGT (DiFroaaiTii)
phalange du mëdius ëlait cowMe transTcnalemenl eatre le troinètne et le- (|uatriime mAacarpieiu et s'articulait arec les extrémités de ces oe, qni ëtaîeni trèa^cartà l'un del'autre i leur eitrémîté înf&îeure. A la main giucbe, le médius manquait aussi. L'annulaire était volumineux et porté par les troisième et quatrième métacarpiena, lesquels, moins gros que d'habitude, se touchaient par leur extrémité inlérieure.
L'absence du pouce est li plus flchensedescctrodactylies, ] point de vue fonctionnel) mais encore au point de vue des diffcmnitéa c tantes. Davaine et Larcher ont établi que l'absence de ce dmgt entraîne celle dn médius, et par conséquent produit une modification profonde dans l'architecture' de la main et de l'annt-bras. Cette loi ne soafTre que de très-rares exeeptioni. Sur 9 cas rassemblés par M. Fort, le radius manquait eu était mdimentaîn; 4 fois toute la colonne ossense, comprenant le métacarpien, le scaphoïde et le trapèie, faisait défaut. H existe une pièce au mosée Dupuytren qui représentece vice de conformation. Bourier en a fait faire la figure dans ce Dictionnaire (article Hau-botb, S* série, t. IV, p. 175). On -j voit une main composée dequatre doigts, sans pouce, sans premier métacarpien et sans radius. Weniel Gruber a pourtant signalé un cas oh les cinq doigts existaient, bien que le radius manqult. C'est peut-être le seul exemple connu.
Sur S3 cas d'ectrodactylie, la difformité existait 20 fois aux deux mains, 8 lois 1 In main gauche et 4 fois à U droite (thèse de M. Fort). Il arrÎTe asseï souvenl que l'ectrodactylie afiecte en même temps les mains et les pieds. Elle coïncide, dans beaucoup de cas, avec des monstruosités telles que la phocomélie, l'bémiméhe, l'anencéphalie, le bec-de-lièvre, l'éventration, etc.
i* Brachydactylù. Cette difformité atteint moins le pouce que les quatre derniers doigts (fig. 6). Elle siège sur un on plusieurs de ces organes, sur une seule main ou snr les deux mains. La brachjdactjlie est plus rare que l'ectrodactylie. Les oLeervstions de Mercier, Hackinder et Weniet Gruber, se ressemblent beaucoup. Elles constatent l'absence de la [dialangine sur tous les doigts. Dans le fait de Mercier, la première phalange avait une longueur qui était presque le double des phalanges ordinaires. La phalange unguéale était normale, de sorte que les doigts n'étaient pas beaucoup plus courts qu'à l'ordinaire. Les pouces avaient leurs deux phalanges, mais pas de métacarpien ou un métacarpien mdimentaire. Les orteils n'avaient également que deux phalanges. Le sujet de cette difformité se servait de ses doigti' avec facilité. Hais l'excès de longueur des première* phalanges les exposait & des traumatismes. C'est aimi- . qu'il se brisa la première phalange de l'annulaire endonnant un coup de poïng.lCe vice de conformation était héréditaire dans sr famille, senloient dana la ligne des miles.
L'obsemtion de Hackinder est remarquable en ce que la brachydactjlie a élé conslalie pendant six générations. Elle atteignait indistinctement les hommes et les femmes. Les membres de cette famille présentaient tantôt une absence de* deux dernières phalanges, tanidt une absence de la phalangine seulement. Cher-
DOIGT (DIFFOEMITÉS). 135
4tÊ nus la difEMmiili affectait tons les doigts, cfaei les autres elle n*eiistait que sor qoeiqaas ont d*entre eux.
La hradijdactjUe était encore plus irrégulière dans le fait de M. Lebec. Le •carpe et le métacarpe étaient normaux. Les pouces étaient bien conformés. A la tnain droite, l'index n*a?ait que deux phalanges et pas d*ongle; le médius trois phalanges trèanxNirtes; Tannulaire une seule phalange fort longue et un petit tonrgpon chanra sans ongle; le petit doigt trois phalanges» mais pas d'ongle. A la main ganche, Tindex, le médius et Tannulaire, étaient réunis dans la 'hanteur de leur première phalange. L'index était représenté par un bourgeon -dmna ooort et sans ongle; le médius a^ait trois phalanges rudimentaires et un cogk ; 1 annulaire âait formé par trois bourrelets ; le petit doigt était très-folulaàuau, et possédait trois phalanges et un ongle. Aux deux mains, un sillon ptofond existait à la base du. médius à droite, et à la base de la réunion des trois •doigta da milkm à gauche. Le père et la mère étaient bien conformés.
H. Gillette a bit l'autopsie d'une main qui présentait une absence de la deuxième pfaafamge. Il a trouvé que celle-ci existait en réalité, mais sous la forme d'un os tièf-court. Au petit doigt et a» médius, elle était soudée à la première -phalange; aux autres doigts elle était libre. Les premières phalanges étaient plus kagues qa*à l'ordinaire et recevaient les insertions de l 'extenseur et des fléchisseurs.
Les doigts incomplets et tronqués peuvent être privés de la sensilûlité. En signalant ce fait H. Renaut en a donné l'explication anatomique. t Ayant remarqué, dit-il, que les appendices digitiformes des ectrodactyles sont de tout point sembhbles à ceux que les hémimèles portent quelquefois à l'extrémité de leur moignon, j'ai saisi l'occasion de disséquer un jeune monstre hémimélien. J'ai alors •osnstaté que les nerfs se terminaient sans fournir une seule ramification à l'appen- (fiée digîtiforme. J*ai cru devoir signaler ce fait et le rapprocher de celui oà l'anesthésie des rudiments digitaux a été obserxée ches un ectrodactyle. i
Les eonaes de Tectrodactylie et de la brachydactylie sont dites internes oi» eilcmes. Les premières dépendent d*un trouble dans la formation de l'embryon, les secoodca d'une constriction qui a été asses puissante pour amener la section -coMplèle du doigt.
lia n'est ohaenr comme les troubles qui engendrent les difformités. Dire qaHy m eo arrêt de développement d'un ou plusieurs doigts, d'une ou plusieun pfashages, c'est constater iin fait, mais ce n'est pas en donner la raison. On a'aianee pas beaucoup le problème en reconnaissant que, dans certains cas, les pbalangaa se fusionnent par leure bords de manière à former un seul doigt à la pbee dedeux ou trois doigts, et que, dans d'autres cas, elles se soudent par leun -eitr&ttités^ de manière à ne former qu'une phalange alore ifu'il devrait y en noir deux. Ces constatations sont le fruit d'une observation exacte mais n'expliquent rien. Afifarmer qu'il y a une atrophie n'avance pas davantage la question. PMnfnoi œt arrêt de développement, cette coalescence des os, cette atrophie? le plrfmM'»^»» est4l dû à une inflammation des tissus qui vont former la main ilercnbryon, à une lésion des vaisseaux ou du système nerveux? Cest là un praUème encore insoluble.
Cqicndantjedoîs signaler deux observations qui sembleraient indiquer qu'une mahidie du système nerveux central n*est pas étrangère à la production d'une «sUbnnalîon de la main. M. Dreyfous a communiqué à la Société anatomique le ùà d'nne petite fille de six ans n'ayant que deux doigts à la main gauche et trois à la maitt dnitet i l'autopsie de laquelle il avait trouvé une lésion méningée
ilA DOIGT (difformités).
ancienne occupant la région des centres moteurs des membres, c Faut-il croire, dit-il, qu'une méningite intra-utérine a correspondu à cet arrêt de développement? » L'autre fait, dû à Gowers, a été observé sur un homme dépourvu de la main gauche dès sa naissance. Le tiers moyen de la circonvolution pariétale ascendante du côté droit n*avait que la moitié du volume de son homologue du côté gauche. Les extrémités supérieures et inférieures des mêmes circonvolutions présentaient le même volume des deux côtés. L'examen microscopique ne révéla aucune .lésion de structure dans la partie compromise ; la seule difTérence gisait dans rétendue respective des deux circonvolutions. Il est à noter que le territoire diminué en étendue était précisément celui dont Texcitation, d'après les expériences de Ferrier sur les singes, détermine les mouvements de la main qui, dans Tespèce» faisait défaut. On pourra objecter que, dans les faits précédents» la lésion cérébrale n*a été qu'une coïncidence, et que, dans le second fait, elle a été la conséquence,^non Torigine, de la difformité. Nous n*y contredhnons pas. Ces faits demandent . assurément à être confirmés par des observations nouvelles, mais tels qu'ils sont ils permettent de présumer la cause réelle de certains arrêts dans le développement de la main.
Les ectrodactylies et les brachydactylies dites par cause externe sont des •dactylolyses congénitales ou amputations intra-utérines (vay. le mot Amputations COMGÉMITALES).
(Quelques enfants présentent en naissant, soit sur un de leurs membres, soit sur un ou plusieurs doigts, un sillon étroit, qui semble être le résultat d*une constriction circulaire. Depuis une simple empreinte cutanée jusqu'à une dépres-
• sion profonde ne laissant plus qu'une pédicule entre les deux portions du doigt étranglé, ou observe tous les intermédiaires. Si le pédicule s*amincit au point
. de disparaître ou s'il se rompt avant la naissance, l'enfant est ectrodactyle. En 1847, P. Dubois a saisi sur le fait le mécamsme de ce phénomène. Chex on
, nouveau-né, les doigts médius et annulaire gauches étaient réduits à la première phalange. L'extrémité libre de celle-ci était arrondie, recouverte par la peso
. dans la plus grande partie de son étendue ; mais, au centre de cetU sorte de moignon, on voyait une petite plaie encore humide de sang, ce qui attestait une séparation récente des phalanges. Ordinairement, lorsque l'enfant vient au monde, on ne voit plus la plaie, mais on peut constater une cicatrice. H. Panas a présenté à la Société anatomique la main d^une petite fille complètement privée de doigts. Il y avait à leur pbice de petits mamelons cutanés surmontés d'un point onâ>iliqué» cicalricicl. Ce qui distingue les ectrodactylies et les brachydactylies de* cause externe, c'est précisément la présence de cette cicatrice et l'absence d'ongle (fig. 3). Au contraire, les mêmes difformités produites par une came interne n'offrent pas de cicatrice à la place du doigt absent ou à l'extrémité du doigt tronque, et l'ongle subsiste à un état plus ou moins rudimentaire. Quant au sillon dont Taccroissement progressif aboutit à l'amputation du
. doigt, on lui attribue deux origines différentes. Tantôt ce sont des brides pseudo-membraneuses, partant du fœtus ou de l'enveloppe amniotique, qsi s'enroulent autour d'un ou de plusieurs doigts et arrivent à le secliomier complètement. Tantôt c'est une rétraction cutanée qui produit l'étranglement et la section.
Le rôle des brides a été signalé pour la première fois parHoutgomery en 183S, puis adopté par Horeau, P. Dubois et la plupart des accoucheurs qui les ont suivis. Dans le fait de P. Dubois, cité plus haut, on voyait partir du voisinage
DOIGT (biiroRiiià.^). I^i
des petite! plues qui surmoataieat les ptuianges Ironqaëes un prolongemcvil fiJiforme, tiïs4éoa et très-résistant, qui avait été vraiseniblablement Tage*! de la section. Sar une main présentée à k Société anatomique par M. Launay» un lien fibreox ëtreignaii la base d*une petite tumeur située sur le bord inférieur du métacarpe entra le pouce et l'auriculaire. Tous les doigts intermédiaires afaieni dîspani on piotdt avaient été amputés par le lien fibreux, qui restait encore enroulé autour d*un vestige des appendices digitaux.
Mais il y a des ampaUtions congénitale, et ce sont les plus nombreuses, oi^ Ton ne découvre aucune bride, aucun lien, ayant pu accomplir la section dt« parties. La dactyloifieest donc, dans ces cas, le résultat d*une maladie ou d^wie évolution anormale des téguments, lleniel penclie vers cette dernière opinioa. De même que la peau se rétracte longitudiimlement dans les espaces intcrdigitauk pour former les sillons qui sépareront les doigts, de même, d'après lui, elle peut se rétracter horiionUlement et, par une aberration étrange, iornier ces sillons circulaires qui aboutissent à l'amputation. Menzel appuie cette ingénieuse hypothèse sur une observation anatomique dans laquelle le pédicule ne présentait point cet état fibreux, dur, nacré, qu'on rencontre dans le tissu rétractilc des cicatrices. Au contraire, la peau et le tissu cellulaire sous-cutané étaient normaux et semblaient avoir subi un simple reirait.
D'autres auteurs assimilent les sillons congénitaux à ceux de raïnlium,dans lesquels on observe toujours une altération pathologique de la peau et du tissu cellulaire soos^utané. D'après une récente observation due à M. Reclus (Bull, (le la Soe, de chirurgie^ t. IX, p. 758, 1883), le tissu adipeux sous-cutané ferait début et serait remplacé par une trame serrée de tissu fibreux dont les laiseeanx sont perpendiculaires à l'axe du membre. C'est la rétraction de ce tissu fibreux, tout à fait analogue à celui de l'ainhum des adultes, qui produirait le sillon cutané et son accroissement progressif.
3* Sgndactylie. L'arrêt dans la division de la palette palmaire produit la fjfndaeiglie ou adhérence des doigts.
On s'accorde généralement à considérer ce vice de conformation comme OMiins rare que l'ectrodactylie. Mais on n'en a pas donné la preuve. 11. Fort, qm a rémi 4S cas d'ectrodactylie, n'en a rassemblé que 37 de «lyndactylie. Celle-ci Grappe plus que celle-li, parce qu'elle est l'objet d'opérations utiles et intéressantes. Gomme die appelle l'attention des chirurgiens, comme on en parle nonseulement dans les livres sur la Tératologie, mais encore dans les traités de Médeciiie opératoire» on s'est habitué à la croire asses fréquente. H. lioreau a dëdaré à là Société anatomique que, sur plus de 5000 nouveau-nés, l'union des doigta ne s*est prtentée qu'une seule fois I son observation.
La ajndactylîe offre trois variétés qui sont : la réunion par une membrane, la riauîen par aeoolement sous une même enveloppe cutanée, la réunion par coaleaaence du tissu osseux.
Dna la syndactjlie membraneuse, l'union a lieu au moyen d'un prolonge- ■MBi eniaaé qui s'étend d'un doigt à l'autre. Ce premier degré constitue ee qn*ea appelle la mam palmée, La membrane intermédiaire est plus on moins lâcha. EUe ismie un triangle dont le sommet correspond à la commissure digitale el la haae, ordinairement concave, à l'extrémité libre des doigts. Elle résulte de radossement de la peau de la face dorsale et de la peau de la faee palmaire des doigta voisins. Ces deux feuillets cutanés glissent ordinairement Vun mr rantra, et sont asses minces pour être transparents. Les doigts, ainsi
136 DOIGT (difformités).
liés, ont quelques mouTemenU indépendants selon la laxilé de la pctn inlennédîaire.
A un degré plus ayancë, les doigts sont immédiatement accolés, et la peau passe de Tnn à Tautre presque sans se déprimer entre eux (fig. 7). L'adhénaee a lieu par du tissu cellulo-adipeux plus ou moins dense. Les doigts n'ont toeon mouvement indépendant. Hais on peut les faire glisser artifieialleiiieBt dans une petite étendue Tun contre l'autre. Les ongles ne sont pas fusionnéf.
Lorsqu'il y a union par coalescenee osseuse, les phalanges sont sondées pir leurs bords, soit au niveau de toutes les phalanges, soit au niveau sealeaentde Time d'entre elles. La cavité des articulations phalangiennes voisines cornnmnique souvent. L*ongle est ordinairement unique, très-large, il représente k lui seul les ongles de deux ou plusieurs doigts.
Enfin, si Tunion est encore plus intime, s'il y a fusion réelle de manière qœ .
Pif. 7. — Syiutactylie, d'après Howden*(eitrai(e du Traité d'Annandale).
Fig. 8. — Syndactylie de IVitf^Dlté des lof|li d'après Oito (aitraite du Traité d'ânwaiiM.
l'individualité des doigts n'existe plus, ce n'est pas i une syndactylie, mais i ectrodactylie, qu'on a afiaire.
Quelques faits, très-rares, prouvent que la syndactylie se produit par on antre mécanisme que celui d'un arrêt de la scission palmaire. On suppose ahm qu'après la segmentation digitale régulièrement effectuée les doigts ont ëé aifectés d'une plaie ou d'une ulcération et qu'ils se sont réunis par une dcatrioe. Cette syndactylie particulière se caractérise par une soudure partielle, qui siège, peut-être toujours, vers les extrémités des doigts. Siur une petite fille de vingt-deux mois, observée par M. Longuet, la syndactylie consistait en use soudure de l'extrémité inférieure des trois doigts du milieu de la main gauche. Ces doigts ne portaient pas d'ongles et semblaient réunis par un tissu de cicatrice. La soudure do l'index et de l'annulaire au médius s'étendait aenlement sur la longueur de la phalangette, de sorte que les phalangines et ki phalanges étaient parfaitement libres. Cette enfant présentait d'autres vices de conformation, des pieds-bots, des sillons cutanés et des amputations congénitale!. Pour 11. Longuet, les doigts se seraient ulcérés pendant la vie infra-ntérine,
DOIGT (DlPFORHITÉtf). 137
IIS rinBoaioe d*iuie lénoo nerfeusc trophique, et se seraient ensuite unis par dcatrîsatîoo des surfaces privées (Je leur ëpiderme. Une amputation spontanée ■t aussi devenir la cause de plaies digitales et d*une réunion semblable.
10 avait d^à rencontré cette curieuse variété de sjndactjlie. Nous eo donnons le figure d'après cet auteur (fig. 8).
La syndaetylie est complète ou incomplète, suivant que les doigts sont réunis
ns la totalité on seulement dans une partie de leur longueur.
Elle est partielle, si elle aflecte deux ou plusieurs doigts; totale, si elle les
teint t«us.
Rare entre le pouce et Tindex, on la rencontre ordinairement aux derniers
«gis, souvent entre le médius et Tannulaire, el, si Tadliérence est membra-
iise, entre Tannulaire et lauriculaire.
D*après 11. Fort, elle siège aux deux mains à peu près dans la moitié des cas
1 fois sur 27). Lorsque les deux mains sont prises en même temps, on observe
b-«ouvent la même difformité sur les deux pieds.
La syndaetylie se complique assez rarement d'autres diflbrmités des doigts.
11 importe de savoir qu'elle s'accompagne quelquefois d'une anomalie des lères. Sur un enfant venu au monde avec une adhérence des trois derniers Mgts, M. Lemaistre a trouvé que l'arcade palmaire superficielle descendait einooup plus bas que de coutume. En divisant avec le bistouri les membranes ilerdigiules, on l'aurait certainement coupée. Les artères collatérales étaient, tr suite, plus courtes qu'à l'état normal. Le chinirgicn doit donc être prévenu [ii'il peut rencontrer une anomalie artérielle, lors({u'il opère une syndaetylie.
Gomme toutes autres difformités des doigts, la syndaetylie est héréditaire, leguiseen a cité un cas très-net. Les filles y sont plus sujettes que les garçons.
Le traitement de la syndaetylie congénitale sera étudié avec celui de la ^odactylie accidentelle dans le chapitre consacré à la Médecine opératoire.
II. VicBs DE cospoaMÂTioH PAS B\a.s DB DÉvBLOPPEUBiiT. i* Poiydociylie. Lei opinions sont fort partagées sur la fréquence de la polydactylie. Les uns la Midirent oomme très-rare ; les autres pensent qu'elle est relativement fréliNDle* Maupertuis n'a pu en trouver que trois exemples sur 100 000 habitants lie la ville de Berlin. M. Blot ne l'a rencontrée qu'une seule fois sur iOOOO eoiaiils nés à l'hôpital des Cliniques. M. Le Fort dit que, sur un total de 14 000 BMieau-nés de Gtiy's HoêpUal et de Gebar nnd Findelhaui de Vienne, il n'y I pas eu un seul cas de poîydactylie ; cependant on ne peut admettre, ajoute-tril, ■p'il y ait eu oubli, car toutes les anomalies ont été notées avec soin {Bull, de la Sop. de dUr.t 1865). D'un autre côté, sur 2500 enfants entrés à l'hospice des Usats-TrouvéSy M. Bécbet en a constaté un cas. Gîraldès et 11. Trélat, qui ont ^ et smgné plusieurs enfants polydactyles, croient que cette anomalie est freinte. Quant à nous, nous adoptons aussi cette opinion, en nous appuyant ttr es que nous avons observé à la liatemité de l'hôpital Cochin. Eu effet, sur os total de 5726 nouveau^nés, dont nous enregistrions très-exactement les difformités, nous avons rencontré 4 enfants polydactyles. Nous en concluons donc qu'à ^ et dans le milieu où nous pratiquions, de 1873 à 1878, il y avait environ on eu de poîydactylie sur 1000 naissances. En outre, nous pensons que la poly- <bttylie est la plus fréquente de toutes les malfonnations de la main, car dans celte même période aucune autre difformité des doigts ne s'est offerte à nous.
Hcmr apporter quelque clarté dans l'étude des nombreuses formes de la
138 DOIGT (niFFOitxiTés).
polydactyiie, il est utile de les ranger en quatre gronpes, qui sont : 1* les doigb^ surnuméraires prolongeant la série normale; 3<» les pouces samumémires: 3* les doigts surnuméraires sitqés sur le bord cubital ; 4" les bifurcations de h main. M. Fort, qui a rassemblé 7 i cas de polydactylie» a trouvé 32 doigts iBle^ calés dans la série normale ou la prolongeant, 29 pouces sopplémantaires, 10 doigts surnuméraires sur le bord cubital. Ajoutons à i^tte nomenclature 2 exemples de main bifurquée.
a. Doigts surnuméraires prolongeant la série normale (fig. 9). On i
connu de toute antiquité la multiplicité des doigts. On lit dans TAncien Testament qn*un guerrier avait six doigts aux mains et autant aux pieds. Pline le Naturaliste parle de deux sœurs dont les mains avaient chacune six doigts. Il lest souvent qoeslioo chez les* Romains des sexdigitaires. Ruysch a décrit un squelette ayant sept doigts à la main droite et six à la gauche. Saviard dit avoir tû à THôtel-Dica un enfant avec six doigts à chaque main et à chaque pied. 11. Harjolin a présenté à la Société de chirurgie les moules de deux mains, Tune à six doigts, Tautre à sept. Les mains à six doigts sont huncoup plus communes que celles qui en préseolenl
un plus grand nombre, J*en ai observé dernière-
'%^ d^P&,îr«d Œt; ment deux exempte, che. un jenue éealier et ehe.
des Kiences, 1770). un adulte qui exerco la profession de maçon. Cbet
ces deux polydactyles, la difformité existe symétriquement aux deux mains, et ne leur occasionne aucune gêne.
Lorqu'il n*y a qu'un seul doigt surnuméraire, la diflbrmité est légère. U sixième doigt ne difl^re pas sensiblement des autres et on a quelque peine à le distinguer. Il s*articule tantôt avec un métacarpien particulier, tantôt avec le métacarpien d*un doigt voisin. Il est pourvu de muscles et d'insertions tendineuses. U jouit des mêmes mouvements que les autres doigts. Les fonctions de la main ne sont pas altérées par sa présence. Les sexdigitaires sont habilff > toutes les professions manuelles.
Il n*en est plus de même lorsqu'il existe plusieurs doigts sumnmAaires. Ceux-ci sont ordinairement petits, courts, de forme irrëgulière. Ils sontsonvent réunis entre eux par des adhérences. Ils occupent généralement l'extrémité de la rangée digitale qu'ils continuent. C'est une grande exception lorsqu'ib s'implantent entre les doigts normaux. Hersent a vu la première et la seconde phalanges de l'annulaire se bifun[uer, de manière à former deux appendiees digitaux superposés.
Les doigts multiples s'articulent soit avec des têtes de métacarpiens voltmineuses ou dédoublées, soit avec des métacarpiens supplémentaires. Quelq«^ fois leur union à la main se fait simplement par des paities molles. Ils sost dépourvus de muscles, ou ne reçoivent que des diverticulcs tendineux. Il ^ résulte que leurs mouvements, faibles et incomplets, apportent un trouUe considérable dans les usages de la main.
Lorsqu*un doigt surnuméraire se montre à une main, il est presque de régie de voir la difformité se répéter à la main du côté opposé et aux deux pieds.
b. Pouces surnuméraires. Va\ examinant les observations de ponces smvu'
DOIGT (DirpoiMiTÉs). 139
oiérairat, <hi ne tarde pas à reoonnaitre que ce vice de conformatioo pr&ente deux formes : dans Tune le pouce anonnal est implante sur le premier métacarpien, dans l'autre il e$t accolé aux phalanges du pouce et parait être une bifurcation de cdies-ci. On désigne la première forme sous le nom de ponce iumuméraire proprement dit, la seconde sous celui de pouce bifide.
Les connexions du pouce surnuméraire avec le premier métacarpien sont fort variables. TantAt sa première phalange est soudée au métacarpien, avec lequel elle forme un angle qui se rapproche plus ou moins de Tangle droit ; tantôt il y a une articulation véritable. Dans quelques cas plus rares, Tunion s'établit avec les parties molles par un simple pédicule non osseux» comme dans l'observation deThouret.
Le pofuce surnuméraire possède habituellement deux phalanges disposées sur le prolongement l'une de Tantre ou inclinées Tune par rapport à Tautre, de manière à former une sorte de crochet.
il est souvent immobile et, lorsqu'il possède des mouvements, ceux-ci sont toujours fort limités.
Lorain a publié la description anatomique d'un pouce surnuméraire observé diez un nouveau-né. Ce pouce était appliqué sur le métacarpien du pouce normal. Il recevait exclusivement les insertions des muscles court abducteur, opposant et court fléchisseur. Le muscle l6ng fléchisseur se rendait au pouce normal et envoyait une expansion tendineuse à la deuxième phalange du pouce anormal. L*adducteur se rendait à l'un et à l'autre pouce. Quant aux muscles dorsaux, le long abducteur et le court extenseur allaient au pouce surnuméraire seul, le long extenseur au pouce normal et accessoirement par une expansion iponévrotîqne au pouce anormal. Cette expansion aponévrotique, ainsi que celle qui venait du long fléchisseur, courbaient les phalanges du pouce surnuméraire et, en les reliant au pouce normal, empêchaient leurs mouvements de flexion et d'ettension. Il en résultait que le pouce surnuméraire, bien que largement pourvu de muscles, était destiné à rester presque immobile.
h^pouee bifide offire plusieurs degrés : tantôt la bifni*cation ne porte que sur b phalangette (fig. 10), tantôt elle s'étend jusqu'au métacarpien.
Dans une première variété, on constate deux phalangettes, mais eellea-ei tout soudées latéralement ; l'ongle est double. Dans une deuxième variété, la séparation des phalangettes s'est opérée, et l'eitrémité du pouce a l'aspect d'une fourche.
Bontellier a observé un pouce qui marque la transition entre la bifidité de la phalangette seule et la bifidité complète du pouee. C'était chei un homme de trente ans. Le métacarpien était normal, mais on reconnaissait au toucher que la première phalange était double et qu'elle était formée par deux os accolés. A partir de la première phalange, fig* io. — Pouce bïSdo le doigt se divisait en deux extrémités complètement indé- ^^^'^"^ ^"^ ^ ^""'^ pendantes.
M. Choquet a eu l'occasion de diss^uer un pouce presque complètement bifide. Chacun des pouces était aussi long qu'à l'ordinaire, mais beaucoup plus grêle. Ils possédaient deux phalanges. Les premières phalanges étaient unies par une membrane. Elles s'articulaient avec le premier métacarpien et avaient une svnoviale commune. Le tendon du long fléchisseur était bifurqué au niveau
140 DOIGT (oiFFORHITés).
-àe U première phalange. Le long et le court extenseur se juxtaposaient et s'unissaient par le bord de leurs tendons au niveau de Tarticulation méticarpo-pbalan» gienne. De ce centre tendineux partaient ensuite les 6bres qui allaient s'insérer -sur la face dorsale des deux phalanges. Par suite de cette disposition, las mouvements de flexion et d'extension des deux pouces étaient toujours associés.
U est rare que les mouvements soient indépendants. Cependant, dans une 'Observation due à H. Vidal, les deux phalanges possédaient des mouvements individuels, de sorte que les deux pouces pouvaient se fléchir et s'étendre isolément.
Broca avait avancé que, dans les cas oîi le pouce supplémenlaire était mobik, les muscles de Téminence thénar se rendaient à son os sésamoîde externe, tandis que les autres muscles se portaient au pouce normal. On ne possède pas assez de dissections pour savoir si cette disposilion se rencontre géâéralemeot.
Le pouce bifide constitue, dans beaucoup de cas, une infirmité très-supportable. 11 n'en est pas de même du pouce surnuméraire ; implanté perpendiculairement sur le métacarpien, il constitue une gêne permanente assex considérable pour que les patients en réclament la suppression.
Enfin, faisons remarquer que les pouces anormaux sont toujours situés sur le jord externe du métacarpien ou de la phalange. 11 n'y a guère qu'une exception •cette règle, c'est le fait de H. Guéneau de Mussy, dans lequel le doigt supplémentaire était situé à la partie interne du pouce. Il s'articulait avec l'extrémité interne du métacarpien et possédait un muscle extenseur et un muscle fléchisseur.
Nous n'abandonnerons pas ce sujet sans mentionner lopinion de Foltx sur la bifurcation du pouce. En se fondant sur des considérations d'anatomie philoso- - phique plus que sur l'embryologie, Foltz pensait que le type primitif idéal est la main à six doigts, que notre pouce actuel représente la coalescenœ de deux doigts et que sa division, que nous regardons comme une anomalie, est au contraire un retour vers le type normal. Rien ne nous permet de coatWUer cette opinion étrange. Elle n'a pas plus de valeur que celle d'Huguier, qui explique la fréquence de la Ufidité du pouce par la vigueur formatrice de cet orgape. Bornons-nous à constater le fait, qui dépend d'uue exagération de •la scission palmaire, dont la cause nous est inconnue.
c. Doigt mmuméraire cubital. Les doigts surnuméraires, placés hors rang, sur le bord cubital de la main, sont trè»-variables sous le rapport de leur volume, «de leur structure et de leurs connexions.
Leur siège de prédilection est le bord interne de la première phalange.
Dans leur forme la plus simple, ils constituent de petites tumeurs arrondies, grosses comme un noyau de cerise ou conrnie une noisette, recouvertes d'une peau normale et appendues au bord cubital de la main par un pédicule cutané plus ou moins long. Ces petites tumeurs ont souvent été prises pour des -sarcomes. Mais ce qui les en distingue, c*est qu elles sont d'ordinaire symé* triquement placées sur le bord cubital des deux mains, et qu'elles sont formées par un amas de tissu cellulaire graisseux, au centre duquel on trouve un petit noyau cartilagineux. En outre, il n'est pas rare dobserver à leur suriace une d^ression avec un rudiment d'ongle. H. Guyon, moi-même et bien d'autres, ■avons enlevé de ces petites tumeurs, au centre desquelles existait le cartilage ^caractéristique.
Lorsque le développement du doigt cubital est plus avancé, on a aflaire à
DOIGT (DUTOHMIltiV Ul
OD ipfarfite cjtùArique dont l'extrémiU lilK« porte ua oiigle (Gg. 11). Alan
il B'nt phis poinble de le méprendra sar la véritable nature de la production
oMgénîtale. Le doigt nimiiméraire lient encore pnr un pédicule ou une lamelle
cutanée, maii il ert pourra d'une ou de
denx phalangei bien (ormées. HH. Bédiel,
BaniiMi. fialleif LeMone, ont publié des obser-
ntion* «or cet doigts flottants. J'en ai tu un
ncmple cbez un nonveau-né de la Maternité
de Codiiii, en 1876. Le doigt tenait uns
artÏMlatioa sur le bord cubital de chacone
des mûoa. J'en fis l'ablation avec le galnno-
canlfav. Tatnm a enleté, chea un adulte, un
doigt cnUtal trfes-remanpiable par ta longueur,
foi était de deox pouces.
Les doigta mmuniéraires «Tec attache osseuse Mot rue*. Morand en a donné une description
d deox fignreSt qui sont classiques. Dans l'une, le doi^t, (orme de deux pfaabages, s'articnleaTec nne apophyse du cinquième métacarpien, et cette apophyse (tt Arigée obliquement de bas en haut. Dans l'antre, l'articulation a lieu directe- Mat sur k boi^ interne du métacarpien.
M. Gongenbeim a montré à la Société anatomique, en 1864, un cas de bifidité ajmétrique de l'extrémité de l'auriculaire sous la fortue de deux phalan* jettes sapplémentaires. Nous n'avons pas rencontré d'autre exemple de celle Ûfidité, qui non* parait constituer nne variété de doigt cubital.
Comme les autres espèces de polydactylie, le doigt cubital est souvent héréditaire. Dans beaucoup de cas les deux mains en sont alTectées dans des points . Enfin des orteils surauméralres coexistent habituel lement avec cette
d. BifutrmtioH de la main. Si l'on suppose que pendant le développement ndiérant qui produit la polydactylie un des sillons palmaires se prolonge, plus ^ les autres, vers l'avant-bras, on aura une nouvelle espèce de polydactylie, (■nctérisée par une apparence bifurquée de la main. Deux mains plus ou moins (ompUtes sembleront accolées l'une i l'autre. On possède seulement deux eumples bien authentiques de cette difformité. Ils ont été publiés et figurés jÊT C Murray et par Giraldès. Dans ces deux cas, qui se ressemblent beaucoup, h division commençait an niveau du carpe et le pouce manquait. Voici leur iitaiptioaen abrégé.
En 1885, C. linmj communiqua à la Société de Londres le fait d'une ■indoiiUe chu nne femme de trente-huit ans (lig. 13). Celte dilTormitè sié- |Bnt à pndM. Chaque main possédait quatre doigts. La main surnuméraire llnt nn peu pins petite qoe l'autre, et en outre son médius et son annulaire Aàeat palmés. Le pouce était représenté par une petite éminencc placée sur le dH de la main. Il n'y avait pas d'action indépendante des doigts. Leur lleiioii A Inr «xtcnsioa étaient très-limitées. Cependant les deux mains pouvaient se bmcr l'one sans l'antre. L'enfant de cette femme n'avait rien d'anomial. 11 a'y avait rîm d'héréditaire dans ce vice de conformation.
blS64, Giraldès opéra une enfant de cinq mois qui avait une main bifui^ fiée <%. 13). Le monle de cette difTormité a été présenté à la Société de (S9 DDfcliibre 1865). L'enfant avait huit doigts, quatre à chaque
us DOIGT (DirKORHiTd*).
tniin* Elle a bien guâi après la snppresiioii da la main anonnaJe. Haï* &t
fit. lï. - Main double da C. Uuirtj.
ajoute {Leçon» clin, êur lei mal, ckir. des enfanU, p. 42) : Si j'aTaîs 0»
Fi|. IS. - juin dodUa da GIrildti.
ce ntoment la relation d'ua fait analogue publié par C. Mtirray, je ne sew
DOIGT (oiFFoiiJiiTis). 113
Qtarrena, car la disposition des muscles ci des tendons permettait aux deux oains de se fermer Tune sur Tautre et de remplir pariaitemeni leurs fonctions labituelles. Et« en effet, la malade de llurray était habile avec sa main difforme* «qui doit inspirer une grande réserve dans les opérations qu*on pourrait entremdre pour des cas semblables.
2* Excès de nondnre des phalanges. L'augmentation du nombre des phalange est un phénomène rare pour le pouce» et probablement inconnu pour les autres doigts.
Colombus (de Re anatomicat p. 485) dit avoir vu quatre phalanges sur un doigt. Hais cet auteur n'indique pas de quel doigt il entend parler. Huguier fait renarquer avec raison que cette observation se rapporte probablement au pouce.
Nous avons vu que, d'après les recherches de H. Sappey, le métacarpien du ponce représente la fusion d'un métacarpien et d'une phalange. Si, par une iberratioQ du développement, la première phalange du pouce s'articule avec son métacarpien, au lieu de se souder à lui, le pouce a trois phalanges comme les autres doigts. Cette anomalie se réalise quelquefois. P. Dubois en a prémté un exemple à l'Académie de médecine, en 1826. H. Fort (thèse, p. 33) en âte trois exemples d'après Foltz (de Lyon). Dans ces trois cas, il s'agit de XNice bifurqué. Les trois phalanges existaient tantôt sur les deux doigts bifides, antôt seulement sur l'un deux. J'ai communique dernièrement à la Société de liirurgie un bel exemple de pouce à trois plialanges chez une jeune femme, ]ui n'était nullement gênée par sa difformité.
3" Macrodactylie. De tous les vices de conformation de la main, la macroiactylie est un de ceux qui étonnent le plus, tant par l'aspect étrange de la diflbnnité que par les proportions gigantesques que les doigts affectés peuvent acquérir.
L'augmentation légère du volume d'un ou de plusieurs doigts est une cho.^e anez commune, qui passe inaperçue. Mais l'aiigmenlatiou portt^ au point d'attirer les regards et de gêner les fonctions de la main est un phénomène trèsrare. Nous en avons réuni 43 cas, seulement depuis le commencement de ce siècle. Nous les présentons sous la forme d'un tableau, d'après lequel on pourra juger combien il est regrettable que ces observations soient, pour la plupart, si incomplètes touchant l'état de la circulation, de la chaleur, de la sensibilité et des sécrétions des parties hypertrophiées, toutes questions qu'il importerait de cnonaîlre peur élncider la nature et la pathogénie de cette curieuse difformité.
D'après ces 45 dnervations, il est possible de donner quelques notions plus sa moins précises sur la fréquence de la macrodactylie suivant le sexe, et suivant l'espèce et le nombre des doigts atteints.
Le sexe masculin y est notablement plus exposé que le sexe féminin. Nous iToos trouvé, en effet, 26 cas chez les hommes et 12 seulement chez les femmes.
Sous le rapport de l*espèee du doigt atteint :
Fois.
Le ponct Vu été 13
L'hMks SI
Le médias j8
L'iBBolaire 11
L'hypertBDpine. asiate sur plusieurs doigts plus souvent que sur un seul. Aiosi, un aeôl éaigt a Aé affecté dans 12 cas; deux doigts dans 24 cas ; trois
iU DOIGT (DirroRMiTés).
doigts dans 6 cas. Il n*y a pas ea de cas d'hypertrophie aflectant quatre doigts â la fois. Quelquefois la main tout entière est plus volumineuse, mais llijpertrophie n*a jamais atteint tous les doigts à un égal degré.
Le côté droit parait un peu plus prédisposé que le gauche : nous comptons 20 cas à droite ; 16 cas à gauche ; 5 cas dans lesquels la macrodactylie sî^geait aux deux mains (une fois symétriquement sur les deux médius, une autre fob sur les deux annulaires, et une troisième fois sur Tindex, le médius et l'annulaire de la main droite, et sur le pouce, l'index et le médius gauches).
Dans son étude sur les hypertrophies des mains et des pieds, Wittelshôfer est arrivé à des résultats qu'il est intéressant de rapprocher de ceux que nous avons obtenus. Touchant la participation de chaque doigt à l'hypertrophie, il. a trouvé, comme nous, que le médius est de beaucoup le plus souvent frappé, soit seul, soit avec d'autres doigts : 8 fois seul (7 mains, 1 pied) et SO fois avec les autres doigts (11 mains et 9 pieds). La combinaison de la macrodactylie du médius avec celle de l'index serait la plus fréquente. L'auriculaire serait le plus rarement atteint, et il ne serait jamais atteint isolément. L'auteur allemand a rencontré l'hypertrophie d'un seul doigt, 13 fois; de deux doigts, 33 fois; de trois doigts, 11 fois.
Wittelshôfer a encore trouvé que sur 53 cas d'extrémités géantes, portées par
Fig. 14. T~ Macrodactylie ob^rvée par Curling.
46 individus, il y en avait 31 du membre supérieur et 22 du membre infé' rieur. 23 fois la difformité existait à droite, 18 fois à gauche (dans 12 cas, le côté n'était pas indiqué). La plus grande fréquence de la difformité à droite eii donc confirmée par ces chiffres, qui indiquent encore que la macrodactylie se montre plus souvent aux mains qu'aux pieds.
D'apr^ mes recherches, la macrodactylie n'existe, comme difformité isoUe, que dans la moitié des cas à peu pi*ës (22 fois sur 43). Tantôt elle se complique d'une hypertrophie plus ou moins étendue de la main (6 cas), tantôt d'une hypertrophie de tout le membre supérieur (1 1 cas) ; d'autres fois l'hypertrophie envahit toute la moitié correspondante du tronc (2 cas) ou seulement la poitrine (1 cas). Enfin 1 fois le membre inférieur opposé était augmenté de volume.
Les dimensions des doigts hypertrophie sont des plus variables : depuis quelques millimètres jusqu'à plusieurs centimètres, l'excès de longueur oflie tons les intermédiaires. Foucher a vu un médius long de 13 centimtoes et» dans le cas de Curling (fig. 14), le même doigt atteignait 14 centimètrei (S ponces
DOIGT (DiproRMiTis). 145
1/S). Sur on petit garçon de quatre ans et demi, Legendre a trouvé que l'annulairê, long de 9 oentîmètres, mesurait 10 centimètres de circonférence, et que raurieulaire, qui n'avait que 4 centimètres de longueur, avait une épaisseur
Fig. 15. — lUerodactylie de Tindex et du médius obserTée par Wigner (1839).
d^eoTiron 2 centimètres. Dans le cas de Wagner (fig. 15), le médius mesurait 'vi centimètres de circonférence, l'index 16 centimètres et demi, et toute la main
Fig. 16. — Macrodactylie obscrrée |par W. Grubcr.
peaît 13 livres. Dans le cas d*lIenderson, la main d'un garçon de seize ans mit un poids igal à 8 livres.
Les doigts hypertrophiés conservent assez rarement leur forme naturelle, le plus souvent ils sont courbés latéralement (fig. 16), infléchis en avant ou e\i urièie, bosseléif déformés par h' présence d'excroissances charnues ^&^« \1Y