‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 2)Chapitre 10 sur 75 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

DOIGT (difforhités).

Kig. 17. — Index et médina déformés el déviés par l'hypertrophie (Ânnandale).

Chez les sujels observés par MM. Billrotb et LauDcIongue» les doigts hyperlrophiis éuieot rëuujs p^r une syndactylie.

Lorsqu*on étudie Vanatomie pathologique des doigts géants, on s*aperçojt bientôt qu'ils forment deux catégories : les uns sont constitués par Hiypertrophie pure des éléments digitaux, les autres présentent des accumulations de

graisse qui, s'ajoutant à Thypertrophie, forment de véritables tumeurs.

Les faits de Curling, de Coutagne, de Fiedler, de Ewald, etc., sont des exemples dliypertrophie simple. Ces auteurs ont constaté que raugmentatioo de volume résultait d*un accroissement en longueur et en épaisseur des phalanges, et par suite d*un accroissement parallèle de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané. Les tissus fibreux et les tendons sont aussi hypertropliiés; mais les tendops, ne grandissant pas toujours aussi vite que les phalanges, obligent ces dernières à s'incliner. C'est là la principale cause des déviations singulières que présentent plusieurs doigts géants. Dans le cas de Ewald, où le sujet mourut de pneumonie, dans plusieurs autres cas, où on avait pratiqué l'amputation, on put s'assurer par la dissection •[ue riiypertrophie portait, en effet, sur tous les tissus du doigt.

Dans la seconde catégorie, où l'iiypertrophie se complique d'une hyperplasic du tissu cellulo-adipeux sous-cutané, les doigts prennent un aspect monstrueusement difforme. Les observations de Meckel, de Wagner, d' Annandale et de Billrotb, offrent des exemples frappants de cotte disposition. Nous donnons la iigure de la main observée par Wagner chez un garçon de dix-huit ans (fîg. 15 . Dans le cas de Meckel, la déformation était encore plus considérable et envahissait tout le membre supérieur. Dans celui d'Annandale, elle était localisée ao pouce et à l'éminencc thénar, dont l'ensemble avait acquis le volume d'une tète -l d'enfant. Chez la jeune fille opérée par Billrotb, le médius et l'annulaire droiti . n'étaient qu'un peu hypertrophiés et adhérents au moment de la naissance, j Jusqu'à cinq ans le développement général du corps se fit régulièrement, mail l.les deux doigts alTectés grandirent relativement plus que les autres parties. U» offraient l'aspect d'une tumeur oblongue, molle et élastique au loucher. A partir de cinq ans, la patiente prit un embompoint si considérable qu'à qui* '^ lorze ans elle ressemblait plutôt à une grosse femme qu'à une jeune fille. U^-5 médius et l'annulaire étaient devenus énormes. Ils étaient environ quatre ki^ plus longs que ceux de la main gauche, et portaient un ongle large de 2 ceotî'f mètres. Ils étaient fléchis et entourés par une tumeur lipomateuse s'étendait jusqu^au carpe. Leur circonférence mesurait 29 centimètres. 11 y avait un iipiM>^ à i'éminence thénar et sur le bord cubital de Tavant-bras. Les trois autres doigt* étaient normaux. Après l'ablation, on s'assura que cette tumeur était fonnée par de la grai^se accumulée autour des phalanges agrandies en largeur el0D longueur.

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La peau des doigts hypertrophiés est habituellement normale, ni épaissie ni indurée. Les vaisseaux lymphatiques paraissent sains. Uien ne rappelle donc une tflection éléphantiasique qui serait d'origine fœtale. Cependant une hypertrophie de la main gauche, qui coexistait avec une hypertrophie énorme du membre inférieur droit, fut considérée par Fricdberg comme un éléphanthiasis. Broca donna le nom de gonflement éléphantiasique à une macrodactylie de rauricubire gauche. M. Lannelongne désigna sous le nom de développement éléphantiasique une hypertrophie de Tindex et du médius chez un enfant. Ces dénominations prouvent qu'il existe une sorte de confusion entre Téléphantiasis et rhypertropliie congénitde. La première de ces affections se présente avec des iodurations, des épaississcmenls, des rugjf^ités de la peau, qui n*cxistent pas dans la seconde ; surtout, elle ne s'accompagne pas d*im développement anormal da squelette, lésion qui est le propre de Fliypertrophie congénitale. Dans le cas deFriedberg, Téléphantiasis de la main parait avoir été une coïncidence ou une aifection surajoutée. Mais les cas de Broca et de M. Laiinelongue ne prêtent pas iQ doute; il s*agissait d'une hypertrophie congénitale et non d'un éléphantiasis. En se servant de cette dernière expression, les auteurs ont voulu indiquer l'aspect gigantesque des doigts, mais ils n*ont pas entendu qu'ils avaient affaire à rélépbantiasis véritable. Il importe de se mettre en garde contre la confusion possible de ces deux états morbides.

Les vaisseaux sanguins sont quelquefois dilatés. Wagner, Bied, Devouges, Basch, Coutagne, Ewald, Yiardin, Fischer, ont noté ce signe ; et j*imagine quo, à les autres observateurs avaient eu leur attention éveillée sur ce point, ils rauraient consUité dans la plupart des cas. Tantôt les veines sont saillantes et uriqaeuses, tantôt les artères ont des pulsations énergiques et sont dilatées; d'autres fois il existe des taches vasculaires sur la peau. L'activité de la circulation se traduit par la coloration rouge des doigts hypertrophiés, et par TaugnenUtion de leur tempt'rature. J. Beid a même constaté une différence do 2à 6 degrés Fahrenheit entre les doigts affectés et les doigts sains. Il est probable qu'on aurait trouvé, dans beaucoup de cas, un excès de température a n.-il*>gue, si on avait cherché ce symptôme.

Mais il n*y a pas toujours une augmentation de la température. Sans dire précisément qu'il y avait un refroidissement des parties hypertrophiées, Wulff i noté, dans un cas, que ces parties soufl'raient du froid pendant l'hiver. Et Fischer a expressément signalé, dans deux cas, une température amoindrie. On conçoit, en effet, que l'accumulation de la graisse dans certaines hypertrophies poisse s'allier avec une atonie circulatoire : de là un abaissement de la température et une impressionnabilité spéciale pour le froid.

La suractivité de la nutrition doit se traduire par l'accroissement anormal des Aigles, des poils, et par Tabondance des sécrétions cutanées. Cependant ces phé- MoièDes sont rarement indiqués dans les observations. On signale quelquefois ftogmentation du volume des ongles, mais on ne parle pas de ! l'hypertrophie <ltt poils de la fiée dorsale des doigts, soit que cette hypertrophie n*existe pas, nit qu'on ait négligé de la noter. L'augmentation de la sécrétion sudorale n'est naUloiinée que dans une seule observation, celle de Billroth.

n serait aussi très-intéressant de savoir quel est l'état de la sensibilité dans In doigts géants. Est-elle normale? Kst-elle diminuée ou exagérée? Le silence hauteurs porte à penser qu'en général elle n'offre pas de grandes différences ^^ l'état normal. Pourtant Higginbotham a constaté l'insensibilité de la peau

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