PARENT- DUCHÂTELET
hrgiâivstes le plus distingués des temps modernes. 11 naquit à Paris le 29 septembre 1790, d*an père correcteur des comptes et d'une mère qui était fille d'an notaire. C'est au Châtelet, petite propriété située près de Montargis, qu*il passa son enfance. U avait seize ans lorsqu'il fut envoyé à Paris. U y acheva ses études et embrassa la profession de médecin. Reçu docteur le 15 août 1814, il tenta d'abord, sans grand succès, de se créer une clientèle ; il fut nommé médecin de la Société philanthropique et du Bureau de charité ; lors de la réorganisation de la faculté, il fut nommé agrégé, mais sa grande timidité Tempêcha de (aire des cours. Il se borna à faire passer des examens. Sa voie n*était, évidemment, pas là; il la trouva dans le conseil que lui donna Halle de se livrer entièrement à l'étude de l'hygiène. II devait s'illustrer dans cette carrière qui exige un traTiil long, pénible, repoussant, dangereux, mais s{ir dans ses résultais, et qui profite aux sciences, à l'industrie, à Tagriculture. Depuis Tanné 1821 jusqu'en 1856, Parent-Duchfttelet n'a pas cessé de s'occuper d'hygiène ; il n'a pas passé un jour, on pourrait dire une lieure, sans y travailler, et dans cet espaee de quinze années il n'a pas publié moins de vingt-neuf mémoires. Il fut nommé successivement membre adjoint du Conseil d'hygiène, médecin de la Pitié, pnis membre titulaire du même conseil. C'est grâce à son initiative que forrat fondées les Annales d*hyg. publlqiie et de méd. légale. Nous allons indiquer ses principales publications :
I. hnàercheM pour découvrir la came et la nature d^ accidenté trH-graves développés en mer à bord d'un bâtiment chargé de poudrelie. Paris, 1821, in-8*, pi. — II. Btcherchet et centidérmtiome sur la rinère de Bièvre ei »ur le$ moyen» d améliorer ion court, relative^ metd à la eàlubrité publique et à Vinduêtrie manufacturière de la ville de Parié, Paris, 18tt, iD-8*. — IIF. Eiêai iur le$ cloaques ou égoutê de la ville de Paris^ envisagée mous les rapport* de Thygitne publique et de la topographie médicale de cette ville. Paris, 1824, iii-8*. — Tf . Rapport sur le curage des éyouts Amelot, de la Hoquette, Saint-Martin et euiree. Paris, 1829, in-S*. — V. De t influence et de f assainissement des salles de dissection. Pins, 1835. — VI. Recherches pour déterminer juiqu'à quel point les émanations putrides protenaui de lu décomposition de» matières animales peuvent contribuer à V altération des tubetmmcee alimentaires, Paris, 1831 (par de nombreuses expériences, par des faits psifûtement concluants, Ducbàtelet prouve, contrairement à la croyance publique, que, si io émanations putrides ont une action quelconque sur les substances alimentaires, cette ictioo est trës-laible et nullement proportionnée à celle qu'on lui attribue). — VU. Les dmiUiere d*éguarri$sage de la ville de Paris^ envisagés sous le rapport de l'hygiène fsbUque. Paris, 1832. — YIII. Rapport sur les améliorations à introduire dans les foues feisamcea ei lee voiries de la vUle de Paris, Paris, 1835. Commission composée de Labarraque, Cbe?aUier et Parent-Duchàtelet. Paris, 1835. — IX, Le rouiêsage du chanvre consi» éài$ou» le rapport de Vhygiène publique. Paris, 1832. Après de nombreuses expériences, coadoiles avec le tact, le léle et la sûreté qui caractérisent les travaux de Parent-Ducbâtelet, ce avant homme a donné les conclusions suivantes, sur une question dont on s'occupait bencoDp, et qui demandait une solution : L'bomme peut prendre impunément des doses énoraes d'eau dans laquelle on a fait rouir le chanvre ; tout ce qu*on a débité à ce sujet, sur de prétendus accidents et de prétendues épizooties, n'était probablement qu*un jeu de l'imagination, et nullement le fruit de l'observation ; on peut, sans dangers, conduire les bestiaoi dans les lieux où Ton fait rouir le chanvre ; on peut, sans inconvénients, recevoir et introduire dans les bassins destinés à l'approvisionnement des villes, dans les tuyaux répiititears, Teau des ruisseaux dans lesquels on aura fait macérer le chanvre. — X. Mémoire tur leê wériiables influences que le tabac peut avoir sur la êanté des ouvrière occupés aux éifférente» préparations qu'on lui fait êubir. Paris, 1829 (avec Darcel). Notre hygiéniste n*était pas homme à se contenter des assertions de Ramazzini, Fourcroy, Cadet-Gassicourt, TowteDe, lérat, qui tous ont signalé des dangers inhérents à la fabrication du tabac. < La juste oèlèirité de ces auteurs, écrit-il, doime à leur opinion une force qui impose ia croyance ^ f*it réjeter toute espèce de doute. Rappelons-nous cependant la maxime de Descartes : <>560ns de croire à la parole du maître ». Citons encore le Mémoire sur les débardeurs de ^ fille de PariSt les Recherches sur la véritable cause des ulcères qui affectent fré» pumment tes extrémUé» inférieure» d'un grand nombre d'artisans de la ville de Paris, le
Rapport êw les inconvénienê que présente sur la santé publique le battage éeê tapis. Parent-Duch&telet s'est encore exercé à traiter des questions purement médicales ; on lui doit un Essai sur le choléra morbus (Tliésede doct., 13 août 1814, in4*), un Essai sur Fin" flammation des membranes du cerveau ; des Itecberches (en^collaboration avec Martinet) f ttr Vinflammation de l'arachnoïde cérébrale et spinale^ ou Ilistoire théorique et pratique de Varachnitis. Paris, 1821, iR-8* ; enfin, un ouvrage posthume, qui a été publié par Leuret (Paris, 1836, 2 yol. in-8*; 1837, 1857), et qui est devenu célèbre : De la jiroêtitulion dans la ville de Paris. Ses divers Mémoires d'hygiène publique ont été réunis par Leoref, et publiés en 1836, 2 vol. in-8*.
Parenl-Ducbâlelet est mort à Paris, le 7 mars 1836. Il n*avait que quarantecinq ans. A. C.
FASÉ8IE. Le mot 'Kâptaîç signifie atonie, faiblesse, relâcheoienU 11 répond donc à Tidée d*une paralysie légère, incomplète. Cependant il a été employé chez les Anciens comme synonyme de paralysie, et c*est en ce sens qu'il figure dans le Dictionnaire de Ca^telli. Les auteurs qui ont admis celui de para» lysie incomplète ne se sont pas toiij<»urs accordés entre eux, les uns entendant par là une paralysie bornée au mouvement, les autres une paralysie portant à la fois sur le mouvement et le sentiment, mais à un faible degré pour Tun comme pour l'autre.
Néanmoins, le sens le plus généralement suivi est celui de paralysie légère sans considération de la nature du trouble nerveux. D.
PARESSEUX. Les animaux que Buffon a décrits sous les noms d*ili et i'Vnau et quelques espèces plus récemment découvertes ont été jadis rapprochés des Singes avec lesquels ils n*ont cependant pas beaucoup de rapports, si ce ii*€Sl dans les habitudes arboricoles ; mais aujourd'hui ils sont placés, par tous las naturalistes, dans Tordre des Ëdentés (voy. ce mot), où ils constitocnt une famille distincte sous les noms de Bradjjpidés et, de Bradypodidés (BradypO' didœ). On les appelle parfois aussi Paresseux ou Tardigrades, à cause de la lenteur de leurs mouvements qui n'est cependant pas, à beaucoup près, aussi grande qu'on le croyait primitivement. L'aspect de ces Mammifères est tout à fait étrange. Leur tête, en effet, est relativement petite et, par sa brièveté, par sa forme arrondie, par la petitesse des yeux qui semblent percés à la vrille et par l'absence presque complète des con(|ues auditives, elle ressemble beaucoup à une tête de Tortue; leur corps est massif et complètement privé de queue et leurs membres, longs et robustes, se terminent par deux ou trois doigts sealement: leurs doigts ne sont pas libres et ne peuvent pas s'écarter les uns des autres, mais ils sont armés de griffes extrêmement développées qui sont portées par des phalanges unguéales très-mobiles et qui peuvent se replier en d^ns de manière à transformer les extrémités en des crochets puissants dont l'animal se sert pour grimper ou pour se cramponner aux brandies.
Tout le corps est revêtu d'une fourrure épaisse et grossière, on pourrait même dire hirsute, qui remonle sur la tête comme un capuchon et s'étend jusqu'au milieu des doigts. Cette fourrure offre en général des teintes grÎMii brunâtres ou verdâtres, mais est fréquemment relevée, soit par une ligne dorttk foncée, soit par une tache claire, située entre les épaules et marquée elle-mén^ au centre d'une tache noirâtre. Le nez, un peu retroussé à l'extrémité, et te lèvres, très-mobiles et préhensiles, sont ordinairement d'un brun noirâtre, et un trait de même couleur se prolonge souvent de chaque côté, à travers l'œil et sor
la tempe, ee qui achève de donner un aspect bizarre à la physionomie de ces animaux qui d'ailleurs n'exprime pas beaucoup d*intelligcnce.
Je ne dois pas omettre de rappeler aussi que Testomac des Bradypodidës ressemble beaucoup par sa structure à celui des Ruminants. Chez Vk\, Wiede* mann et DuYenioy ont constaté Inexistence de quatre poches principales, savoir ; i^ wn grand sac tapisse d'un ëpithélium épais et divisé en deux compartiments dont l'on se prohmge en un diverticulum de forme conique; 2*^ un estomac arrondi ou bonnet faisant suite au précédent, mais étant aussi en relation directe avec l'œsophage au moyen d'une gouttière qui prolonge ce conduit; > un feuiliei, ou estomac cylindrique placé à Textrémitéde la gouttière ci-dessus mentionnée; 4* une poche ovalaire et très-étroite, qui est située entre l'estomac et le pjlore et dont la surface interne est fortement ridée.
Ckâi rUnan, la portion stomacale du tube digestif présente une conformation analogue qui est certainement en rapport avec le régime herbivore des Tardigndes, qnoique jusqu'ici on n'ait jamais pu observer chez ces animaux de phénomènes de rumination.
Enfin Carlisie, Yrolik, Mcckel et d'autres anatomistes, ont reconnu que chez TAî on le Bradyfnu tridactylus et chez le Bradypus iorquatus il y avait un plexus brachial très-riche, comprenant une soixantaine de vaisseaux, un plexus sacré, nn plexus hypogastrique et un plexus crural, mais que ce dernier ne se prolongeait pas aussi loin que chez l'Unau, où il descend jusqu'au talon. En revanche, dans cette dernière espèce le plexus brachial est, parait-il, toujours moins fourni que chez le Paresseux tridactyle.
Les Bndfpodidés appartiennent tous à la faune du Nouveau-Monde. On en connaît maintenant sept ou huit espèces que M. J.-E. Gray, dans le dernier mémoire qu'il a consacré à cette famille, répartit en deux tribus : lesCholœpina, corre^iondant à Tancien genre Cholœpvs d'Illiger, et les Bradypodinay renfermant les genres Bradypus Gr. et ArctopUhecus Gr. Les espèces du premier groupe ont deux doigts aux membres antérieurs et trois doigts aux membres postérieurs, le crâne renflé, le bord antérieur de la mâchoire inférieure prolongé ea une aorte de cuiller, les premières molaires allongées, aiguës, caniniformes et espacées, de telle façon que les supérieures alternent avec les inférieures. l/CS cipèces du second groupe au contraire ont trois doigts à chaque membre, le crine oblong, le bord antérieur de la mâchoire inférieure tronqué, la première nolaire supérieure cylindrique, un peu plus petite que les autres, la première molaire inCârieure comprimée et plus large que les suivantes.
Le genre CAoteptis a pour type ÏUnau de Buffon ou Paresseux didactyle de \mé [Bradypusy actuellement Cholœpm didaclyltis)^ qui habite principalement la Guyane et le nord du Brésil et qui est représenté en Colombie par une race peu distincte. C'est un animal un peu plus gros qu'un Chat domestique et mesurant de 70 à 80 centimètres de longueur totale. Son pelage, assez loug, mais sec €t raide au toucher, est d'un brun grisâtre qui tourne au brun noirâtre sur la btt interne des muscles et sur la tète. Passant toute sa vie sur le^ arbres, IToau se nourrit, comme tous les autres Bradypodidës, de bourgeons et de fruits, et se désaltère exclusivement, dit-on, avec la rosée qui humecte les feuilles. Pendant le jour il reste endormi, mais quand la nuit est arrivée il se met en OKMivenient et déploie dans les ténèbres une certaine activité. Autant que possible il ne descend pas sur le sol, où il serait obligé de se traîner pénibleinent, en s'appuyant sur les coudes, et, lorsqu'il veut quitter un arbre sur
lequel il ne trouve plus de ressources, il s'efforce de saisir les rameaux d*un arbre voisin, mais en pareille circonstance il montre la plus grande prudence et avant de lâcher prise il s*assure de la solidité du nouveau point d*appui. Une fois qu'il a pris ces précautions» il se met à grimper, et arrive facilement, en moins de vingt minutes, au sommet d'un arbre élevé d'une trentaine de mètres. A diverses reprises, des Uuaus ont été ramenés vivants en Europe, et la ménagerie du Muséum d'histoire naturelle de Paris a possédé pendant quelques temps une femelle de cette espèce avec son petit.
Chez le Cholœpus dùlactylus il y a toujours sept vertèbres cervicales : il n'y en a que six au contraire, suivant M. Peters, chez le Cholœpus Hoffmanni^ espèce très-voisine de la précédente et originaire de Costa-Rica.
Les Bradypes diffèrent des Arctopilhèques par la conformation de leur crâne ; ils ont en effet les ptérygoïdiens renQés et vésiculaires et la mâchoire inférieiure prolongée en avant en un lobe tronqué, tandis que les Arctopithèques ont les ptérygoïdiens comprimés et compactes, la mâchoire inférieure élargie et tronquée en avant. En outre, chez les premiers, la livrée des deux sexes est la même» tandis que chez les seconds les mâles se distinguent par la présence entre les épaules d'une touffe de poils moins rudes que les poils environnants.
Dans le premier genre U. Gray place le Paresseux à crinière (Bradyput. crinitut Brown) ou Paresseux à collier (fi. torquatus Gray) qui se trouve dans diverses provinces du Brésil et qui porte une fourrure d'un gris jaunâtre avec un capuchon noir à longs poils pendant sur la nuque ; dans le second genre au contraire, le môme naturaliste range un certain nombre d'espèces ou de races qui ont été plus ou moins confondues sous le nom commun d*Aï. Parmi ces espèces, dont quelques-unes au moins paraissent mal définies, il cite YArctopi» thecus cuculliger Wagl. de la Guyane britannique, VA. gularis Rûpp. de U Guyane hollandaise, VA, Blainvillei Gr. du Brésil, VA. boliviensis Gr. de la Bolivie, VA, marmoratus Gr. du Brésil, VA. castanciceps Gr. du Nicaragua» VA. grisetts Gr. de Gosta-Rica et de Veragua et VA. flaccidus Gr. du Venezuela et du Brésil. Dans cette dernière espèce, qui est peut-être l'Aï de Wagler, la fourrure est assez molle et d'un gris clair, parfois marbrée de taches blanches. Le pelage offre aussi des tons claira et une certaine souplesse chez l'A. griseus dont le mâle est toujours marqué, dans la région dorsale, d'une large tache jaune, légèrement bordée de brun et entourant elle-même une tache noire. Au contraire, dans les autres espèces, comme VA, cuculliger et VA. Blainvilleif qui répondent â l'Aï de Buffon, la fourrure est moins longue et plus rigide, et présente une coloration générale d*un gris sombre sur lequel se détachent une strie dorsale et un certain nombre de mouchetures blanches.
Les Â!s ont les mêmes mœurs que les Unaus et mènent conmie eux une vie nocturne et essentiellement arboricole. Ils sont très-sensibles au froid et à l'humidité et, â la moindre pluie, cherchent un abri au plus épais du feuillage. Pour dormir ils rapprochent leurs quatre pattes, recourbent leur échine, penchent leiir tête sur la poitrine et forment ainsi une boule grisâtre ou verdâtre qui se confond plus ou moins avec les branches sur lesquelles ils se tiennent accrochés. Leurs griffes s'enfoncent dans l'écorce avec tant de puissance qu'il faut souvent l'effort de plusieurs hommes réunis pour arracher l'animal â sob support. Le nom d'Aï qui a été donné aux Paresseux tridactyles parait H» une imitation des cris plaintifs et perçants qu'ils font entendre qijielquefois k matin ou le soir, surtout lorsque la faim les presse.
A la Gayane et au Brésil, ces mammifères inofîensifs sont Tobjet d*une chasse asseï actÎTc de la part des nègres et des indigènes, qui les vendent aux marchands européens on qui se nourrissent de leur chair, dont le goût est cependant fort désagréable. On fait aussi avec leur peau mince et solide des sacs et des couvertures. E. Oustalet.
Bouostura». — Borrov. Biat. naLgén, et part., in-4*. Paris, 1749-1789; Quadrupèdet^ art Ai et Unac. — WinsMAxii. Veher die Verdauungêwerkzeugê de$ Aï. In Àrch. /. Zool. wmi Zûot , t. I, p. 141, 1800. — Gabluue. Aecouni of a Peeuliarity in the Dutriimtion of tke ÀrterUt êent to the Limb» of the Slow Mowing Animale. lo Philoe. Traneact.t p. 98, pL 1, 1800. — Taolu. Diêquiê. anat. physiol. depeculiari arleriarum extremitalum tu noiûuiltt AnimaHlme ditpositionee. Amsterdam, 182Î5, p. 6 et suiv., et pi 1. — Cabds, Ono et »*Ai.Toa. leonee anat, eompar. illustr.^ in-fol. Leipzig, 1826-1848, part, n, pi. 8. — G. Cmrm. Recherchée eut lee oeeementê fouilee, 4* édit., 1836, t. V, pi. 7. — Du même. Uçome êanaUmie comparée^ édit. Duméril et Duvernoy, 1835, t. VU, 2* part., p. 57. — H.-D. K Blairtills. Oetéographie dee Mammifiree, t. II, 1839-1864, Bradyp. — J.-E. Grat, On tke Game Bradypue of Linnœue. In Proc. Zool. Soc. London^ p. 65, 1849. — Du mène. On tkê Brmdypodida. In Proc. Zool, Soc. Lond,^ p. 428, 1871. — P, Gehyam. Hitt. nat, dee MfoMtmiflreet t, II, p. 247, 1855. — H. Milite-Edwards. Leçone eut la phyeiol. et tanat, comp., 1858, l. VII, et 1860, t. VI, p. 316, note. E. 0.
PABESTVÉSIB (irapâ, mal, detravers, et aïtr^ox^^ sens). Paralysie légère de la sensibilité. D.
PARFAIT. Médecin à Paris, au commencement de ce siècle, après avoir été médecin du prince de Neufchâtel. Il devint médecin du ministère de la Guerre, du recrutement» membre du Bureau central des hospices et du Comité central de vaccine. Nous ignorons la date exacte de sa mort. Il a publié :
l. Répexiont hittoriquee et critiques sur les dangers de la variole naturelle, sur ses différentes méthodes de traitement, sur lee avantages de Vinoculation et les succès de la vaccine, pour Vextinction de la variole. Paris, an XIII (1^05), in-8*>, 95 pp. — II. Mon jountaide fan 1807, ou Voilà les gens du dix-huitième siècle, 2* édit., revue, corrigée et augmentée, i la fin de laquelle on a joint la réfutation des trois derniers ouvrages anglais traduits en français en 1807, contre la découverte de Jenner, etc. — III. Rapport sur la tmceine. In Mém. des Soc, sav. et litt., t. I, p. 69. A. D.
PASFAIT-AIIOUR. Liqueur autrefois célèbre et dont certaines pharmacopées ont recueilli la formule. G*est un rataûa de cédrat (voy. Ratafia) coloré ea rouge par de la cochenille. 11 y entre du ze:ite de citron, de l'ambrette et de liTanille. D.
FAmPUlUBVBS. PASnJMS (Higiènb). La parfumerie s*occupe de la préparation des eaux odorantes (esprits, eaux de senteur), des extraits d*odcur, des savons parfumés, des huiles et pommades, des poudres et pastilles pour les sachets, etc. Le parfum est la manifestation odorante des essences. La grande majorité des parfums provient des plantes; un petit nombre seulement est d'origine animale. Les essences odorantes des plantes ue résident pas toutes dans les mêmes parties. Chez les unes, c*est dans la racine, comme pour Tiris, dans la tige souterraine, comme pour le vétiver ; chez les autres, dans le bois : le cèdre, le santal ; dans la fleur : la rose, la violette ; dans la feuille : la menthe, lethjm, le patchouli; dans la graine : la fève tonka ; dans le fruit : le carvi; <laiis Técorce : la cannelle. Quelques plantes ont plusieurs odeurs caractdris- ^aes et distinctes suivant la partie d*où on les extrait. Voici d après Piesse ^ noms des principales substances dont on extrait les parfums d*or\^\Tv^
aicr. ERC. V », m. W
végétale : acacia puant, amandes, ambrctte, aneth, anis, anis étoile ou badiane^ baume du Pérou, baume de Tolu, deStorax, de La Mecque, benjoin, bergamote^ camphre, cannelle, carvi, cascarille, casse, cassie, cédrat, cèdre, chèvrefeuille, citron, citronnelle, concombre, églantine, fenouil, frangipane, gaultliérie, géranium, girofle, giroflée, glaïeul, héliotrope, hovénia, hysope, iris, jasmin, jonquille, laurier, lavande, lilas, limon, lis, macis, magnolia, marjolaine, mélisse, menthe, muscade, myrrhe, myrte, narcisse, néroli, oliban, orange, patchouli, réséda, romarin, rose, salkaméria, santal, sassafras, styrax, thym, tonka, tubéreuse, vanille, vétiver, violette, verveine.
Les parfums d*origine animale sont le produit de sécrétions ou d'excrétions. Ils comprennent : l'ambre gris, le castoreum, la civette, Thyraceum, Tondatras ou rat musqué, le musc.
L*usage des parfums remonte à la plus haute antiquité. Il semble être originaire de rinde et de la Perse. Babylone fut pendant longtemps Tentrepôt principal des aromates du monde entier. Ils servirent d'abord aux rites religieux. En Egypte on les préparait dans les temples où on les offrait chaque jour aux dieux. Les Hébreux rapportèrent cet usage de l'Egypte : le grand prêtre seul avait le droit d'offrir des parfums à Jéhovah. Ces parfums étaient le nard, l'encens, la myrrhe, le safran, la canne odorante et Taloès (arbuste fort abondant dans tout l'Orient). On s'en servait encore dans les purifications religieuses des femmes qui d'après la loi devaient durer un an entier : six mois avec l'huile de myrrhe et six mois avec d'autres senteurs.
Les parfums étaient aussi employés au culte des morts ; on les répandait sur les corps. Us servirent dans les embaumements, on les brûla sur les bûchers mortuaires. Plus tard, ils entrèrent dans les habitudes de la vie usuelle. On les employa dans les fêtes. Le luxe s'en empara, puis la débauche.
Les Grecs se passionnèrent pour les parfums : ils en avaient pour chaque partie du corps ; pour chaque fonction ; les uns étaient réputés utiles pour la lucidité de Tesprit, d'autres pour la digestion, d'autres dans les orgies. On se rendait à la boutique des parfumeurs comme on se rend aujourd'hui au café.
Les Romains héritèrent de l'Orient et de la Grèce ce goût des parfums et les habitudes efféminées. Le jonc odorant était leur parfum le plus commun et réservé exclusivement aux courtisanes; les plus estimés étaient les roses de Pœstum, le nard, le mégalium, le télinum, le malabalhrum, l'opobalsaiDum, le cinnamome. Us les employaient avec une folle profusion pour parfumer leurs bains, leurs chambres, leurs lits. Certains parfums dont se servaient les matrones romaines coûtaient jusqu'à 800 francs le kilogramme. Dans une fête que donna Néron à Baies, la dépense pour les roses seulement s'éleva à 4 millions de sesterces, soit 500 000 francs. Dans l'Europe du moyen âge et moderne les parfums sont d'abord employés pour le culte, comme dans les temps antiques. Plus tard les croisés rapportèrent d'Orient le goût des aromates et des senteurs suaves. C'est en Italie qu'il se générahsa. L'usage des senteurs s'introduisit eo Angleterre sous le règne d'Elisabeth, avec les gants parfumés et les sachets. En France, l'abus des parfums se répandit avec Catherine de Médicis. Henri III et ses mignons renouvelèrent à cet égard les honteux exploits de Néron. La vente des parfums était et resta le monopole de la corporation des matlres et moT' chands gantiers parfumeurs jusque vers la Révolution.
De Thou nous apprend que les favoris de Henri III vendaient les offices de Justice à des parfumeurs et autres artisans de luxe et de débauche.
Une autre époque où Tabus des parfums fut encore en France comme le signe disUnctif de l'immoralité est celle de la régence et du règne de Louis XV. A la cour, Tétiquetle en était venue à prescrire Tusage d*un parfum différent chaque jour et Versailles recevait le nom de cour parfumée : madame de Pompadoor dépensait parfois jusqu à 500 000 francs de parfums par an, et le mare* chai de Richelieu dans ses dernières années vivait au sein d*une atmosphère odorante que des soufflets lançaient dans ses appartements.
Sûdgalier rapprochement que nous oflre Thistoire de tous les peuples et de tous les temps, bien fait pour nous dispenser d*insister sur les considérations d*hygîèiie morale que soulève la question I
Od peut distinguer dans la parfumerie deux sortes d'opérations : la première oonsbte dans la préparation des essences elles-mêmes que Ton extrait directement des fleurs, la seconde, dans la mise en œuvre de ces essences et dans leur incorporation aux graisses, esprits, vinaigres, savons, etc., livrés à la consommatîoo.
La fabrication des parfums et des essences offre en France une trèsgrande importance ; elle a lieu principalement à Nice, à Grasse, à Cannes, à Nîmes et à Montpellier, et leur exportation annuelle dépasse 50 millions de francs. Grasse et Cannes fabriquent en moyenne chaque anués 150 000 kilogrammes de pommades et d*huiles parfumées, 250 kilogrammes d*essence pure de néroli, 450 kilogrammes de petit grain, 4000 kilogrammes de lavande, 1000 de romarin, 1000 de thym. Nice et Cannes produisent ensemble 25 000 kilogrammes de violettes. Nice seule 200 000 kilogrammes de fleurs doranger, Cannes environ 175 000 kilogranunes de fleurs de cassie.
La distillation autrefois en usage n'est guère plus usitée, si ce n*est pour Textractloa même des essences. Les eaux odorantes sont en effet des dissolutions des différentes essences dans Talcool. On obtient les huiles parfumées et les fiommades, soit par infusion, soit par digestion dans les huiles et les graisses, soit par absorption ou enfleurage, c'est-à-dire en étendant les fleurs sur un tissu de laine ou de coton imprégné d'huile que l'on soumet ensuite à l'action de la presse.
Les ouvriers des fabriques de parfums ne sont guère incommodés par les opérations qu'ils pratiquent. Quelques-uns, cependant, ne s'accoutument que difficilement à leur action. Il y a chez eux de la céphalalgie, des troubles nerveux, delà somnolence, de la perte d'appétit, tous symptômes variables, plus ou moins âûcosés suivant les idiosyncrasies. Chez presque tous, on peut constater un certain malaise, au début, mais généralement peu persistant. L'assuétude aux parfums est la règle. Leur action sur l'économie est d'ailleurs celle des huiles tisseolielles qui les dégagent. Les symptômes observés sont absolument analogues à ceux que provoquent les éthers, les hydrocarbures et les aldéhycles. Ces inconvénients professionnels varient suivant le procédé de préparation I uâté. Les ouvriers employés à la distillation y sont plus sujets; chez ceux qui I extraient les parfums des fleurs au moyen de l'éther et du sulfure de carbone,. i ^^icâdenls nerveux, d'ordre complexe, sont parfois très-accusés. ,{. Quelques parfums sont plus susceptibles que d'autres d'incommoder ceux qui \ les manipulent ; nous signalerons :
\ Le parfum ou essence d'amande qui entre dans plusieurs préparations de ) VufttiDene : savon, cold-cream, cosmétique, etc. ; cette essence est un véritable poison qu'on ne doit manier qu'avec la plus grande attention.
ISS PARFUMEURS.
YiKAiGRES AROMATIQUES. Ces préparations sont souvent employées comme antiseptiques dans la toilette. Réveil s*est élevé contre leur emploi pour le lavage de la figure après la barbe. Dans ce cas, en effet, l*eau acidulée coagule le savon sur place; les acides gras du savon rois en liberté ne sont plus enlevés par Teau, ils rancissent et peuvent produire de vives inflammations (voy, Vihaigres).
Bouquets. Ce sont des mélanges des essences simples.
BOUQUET DE COUR Extnit de roses 0,56 litre.
— deyioleUes 0,56 —
— de jasmin 0,56 —
Esprit de roses triple 0,56 —
Extrait de musc 28 grammes.
— d'ambre gris S8 —
Essence de ze.«te de citron li —
— de bergamote li —
— de néroli 1,77 —
EAU DE COLOGlfE
Esprit de Tin (de raisin) 27,26 litres.
Essence de néroli bigarade 87 grammes.
— de romarin 56 —
— de leste d'orange 141 —
de zeste de citron 1-11 —
~ de bergamote 56 —
Môlez et agitez ; laissez reposer pendant quelques jours ayant de mettre en flacons.
Sachets. Tablettes. Pastilles. Toutes ces préparations sont composées avec des parfums secs pulvérisés. C'est sous cette forme que les Anciens (égyptiens et Persans) employaient leurs parfums : nard, myrrhe, oliban et aMii'cs résines presque toutes encore employées de nos jours.
sachet a la MARéCHALE
Poudre de bois de santal fôO grammes.
— de racine d'iris 250 —
Feuilles de roses pulvérisées 125 —
Clous de girofle en poudre Ifô —
Écorce de cassie 125 —
Musc en grains 0,88 —
SACHET ARTIFICIEL A l'hÉLIOTROPE
Iris en poudre 1000 grammes.
Feuilles de roses en poudre 500
Fèves de Tonka en poudre 250 —
Gousses de vanillon 125 —
Muse en grains 10 —
Essence d'amandes , 5 gouttes.
Mêlez et passez dans un tamis.