‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 3)Chapitre 10 sur 95 · PAR · texte numérisé non relu

PAR

fat mariée en 1605 à Claude Hcdelin, conseiller du roi en la chambre du trésor.

1541-1569. Dix-huit années qui assurcut d*une manière définitive la réputatioD de Paré déjà commencée dans la campagne du Piémont, où l'on put admirer les ressources pratiques de son génie et les heureuses innovations qu'il apporta dans le pansement des plaies par armes à (eu. Revenu du Piémont à Piris après la mort de son maître, le colonel de Monte-Jean, il se met au service de Henri de Rohan (1542), et assiste avec lui à TalTaire de Perf>ignan, oîi il soigne et guérit le maréchal Charles Cessé de Brissac frappé d*un coup de feu à Tépaule droite, puis au camp de Marolles dans la Basse-Bretague, et à Landreoeau, menacé |)ar les Anglais. En 1544, il fait le voyage de Landrecies, et asiate au siège de Guise. En 1545, il est à Boulogne-sur- Mer, occupée par les \ng1aisy et là prodigue les trésors de son art aux nombreux blessés dans l'attaque, par Henri 11, des petits forts détachés de cette place. La même année, il publia son premier ouvrage : La méthode de iraicter le» playes par hacque" buiet^ et aultre» battons à feu^ et de celles qui sont faictes par flèches, dardi, HsenMaUes. Paris, 1545, in-i2<^ (ce livre a eu phisieurs éditions. Paris, 1552, in-8^), et en 1549 parut hBriefe Collection de l'administration anatomique, avec la manière de conjoindre les os^ et d'extraire les enfants, tant mort^ que mantSy du ventre de leur mère. En 1555, Paré accompagne encore le duc de Rolian dans la campagne du Luxembourg, et est enfermé dans Metz, assiégée inutilement par les troupes de Charles-Quiiit. La môme année, il subit le sort des défenseurs de la ville de Thérouanne, que l'anm'e ennemie réduisit à obéissance (20 janvier 1553), massacrant, rasant à peu près la v^lle. En 1554, notre chirurgien est admis comme maître au Collège de chirurgie de Saint-Cosnie (18 oct<^re 1554. Malgaigne); mais, détail à noter, il y est admis sans subir les eiameos ordinaires, et sur le bon vouloir du roi. En 1558, il a la douleur d^assîster à la défaite du connétable Anne de Montmorency, dans les plaines de Saint-Qoentin, par Emmanuel Philibert, général du roi d'Espagne (10 août). Puis, revenu à Paris, il est bientôt appelé an camp (J'Amiens.

De tels services méritaient une récompense, et le vaillant chirurgien est, eu 1559« compté parmi les chirurgiens ordinaires de Henri 11 (Arch, nat. K. K, 125). 1560-1589. La mort violente de Henri H, blessé dans un tournoi (10 juillet 1559)« n'dta rien du crédit qu*Ambroise Paré s*était acquis par ses talents et les services rendus. Compris entre les quatorze chirurgiens-valets de chambre ordinaires de Henri II, et ayant pour chef Jacques d'Amboise (Arch. nat. K. K. 125), il remplit les mêmes fonctions sous François H et sous Charles IX {Arch. nat. E. K~ 129), qui Tappela bientôt à la suprême charge de son premier chirurgien, après la mort de Nicolas Lavernot. Il prête serment entre les mains du seigneur de Mendosse, premier maître d*hôlel à Saint-Cermain-en-Laye, le 1* janvier 1561 (Mercure de France, octobre \16Z; Arch. nat. K. K. 134, fol. 154, V<*). Henri III ne voulut pas non plus se séparer d*un chirurgien iuiM liabile, et Paré figure, avec le premier rang, et au traitement de 256 livres, sur Vèlat de la maison de ce prince, en 1584 (.irc^. nat. K. K. 159, fol. 16, V**; 37, ?•; 1589; if*, de La Noue;Dibl. de la Fac. de méd. de Paris, n* 81), fol. 129, R-).

Dans ces yingtHaeuf années que nous parcourons rapidement, A. Paré servit encore la patrie et la science. C*est de cette période que datent les ouvra\[<&^ Hiivants :

I. La méthode curalive des playeê et fracturée de la teste humaine. Paris, 1561, in-8*. Dédié à Chapelain, premier médecin du roi. — II. Traicté de la peste, de la petite véroile^ et rougeolle, Paris, 1568, in-8*. — III. Deux livres de chirurgie : V de la çénératiom de V homme ^ et manière d'extraire les en fans hors du ventre de la mère; 2* des monstres tant tetrestres que marins. Paris, 1573, in-8*. Dédié au duc d'Usés. -— IV. Discours d'Ambroise Paré, asçavoir : De la mumié; des venins; de la licorne ; de la peste. Patis, 1582, io-8*.

Les nouveaux exploits de Paré, comme chirurgien d*armée, portent ces dates : 1562, bataille de Dreux, gagnée par les catholiques sur les protestants et le prince de Condé, et où furent tués Jacques Dalbon, maréchal de France, Gabriel de Montmorency, fils du connétable, François de Glèves, duc de Nevers, etc.; siège de Rouen, oh périt Antoine de Bourbon, roi de Navarre (père de Henri IV) ; prise du Havre occupé par les Anglais; 1569, bataille de Monccntour* ; notre chirurgien prodigue ses soins à Bassompierre, colonel de 1200 chevaux, griève» ment blessé, et au comte de Hansfelt, gouverneur du duché de Luxembourg^ frappé d*un coup de feu au coude droit.

Mort d'Am broise Paré. L'illustre chirurgien a terminé sa noble canîëre, 9b Paris, dans sa maison de la rue de « TArondelIe », le jeudi 20 décembre 1590» à l'âge de quatre-vingts ans. L'annonce qu'en fait Pierre de Lestoile dans son Registre-Journal a pour nous un double intérêt : elle nous fait savoir indirectement l'époque de la naissance du chirurgien, et le jour même de sa mort. Nous avons bien l'acte dHîûiumation des restes d'Ambroise Paré» dans an caveau de l'église Saint-André-des-Arcs : En ce mesmejour de tabmedi vingtdeuxième de décembre 1590, a esté enterré dans V église Sainct-André-des-Arcs à Paris^ en bas de la nef^ proche le cloché, if* Ambroise Pare\ premier chîrurgien du roy ; mais sans Pierre de J^estoile nous ne saurions pas que notre Ambroise, inhumé le samedi 22 décembre, était mort deux jours auparavant, le jeudi 20.

Ambroise Paré et la Faculté de médecine de Paris. Dans sa haine acharnée, sans trêve ni merci, contre la corporation des chirurgiens, guerre qui ne cessa qu'avec la fusion de la médecine et de la chirurgie, la Faculté de médecine de Paris était parvenue à mettre ses ennemis sous sa domination, et entre autres droits qu'elle s*était arrogés elle voulut et obtint que les chirurgiens vinssent tous les ans prêter serment entre ses mains. C'est ainsi que nous voyons {Reg.- Comment. VII, 24 R®) Louis le Brun, Barnabe et Ambroise Paré, remplir cette dure obligation le mercredi, 18 octobre 1559, et payer même chacun deux sols parisis.

Mais, depuis un arrêt du Parlement, qu'elle avait obtenu le 3 mai 1555, la Faculté était en possession d'un autre privilège, celui d'avoir un contrôle absolu sur la publication des ouvrages se référant aux sciences médicales, et de pouvoir empêcher que toute publication de ce genre fut faite sans soo approbation. Aussi ne manqua-t-ellc pas de chercher, par trois fois, à exercer sa tyrannie contre la mise en lumière et la vente des Œuvres dn grand chirurgien.

En 1575, c'est la première édition de ce gros volume qui provoque la colère des docteurs-régents*. Paré, impudentissimtis, imperitissimus, maxime terne-

> Avant d'être attaché à la personne de Henri II, roi de France, A. Paré (c'est lai-méat

qui nous l'apprend) l'avait été à Anloine de Bourbon, roi de Navarre, ainsi qu*à un éac

d'Ascot {Des Monstres, chap. xxvi).

' Les oeuvres de A. Paré ont eu un grand nombre d'éditions, toutes publiées sons te

format in-fol. Elles portent ces dates : 1"* èd\l. Paris, 1575 ; 2* édtt. Paris, 1579 ; 3* èdit

ranicf, ayant osé le fiûre imprimer sans leur autorisation» tous les moyens furent bons à la Faculté pour exercer sa Tengeance, et elle n*bésita pas à mettre dans son parti, non-seulement un grand nombre de chirurgiens, que Ja gloire de Paré empêchait de dormir, mais encore le Prévôt et les éclievins de Paris, qui, déclarant TouTrage comme impudique et contraire aux bonnes mœurs, demandèrent qu'il fût brûlé. Requête au Parlement, qui finit par retenir h eanse, procès, débats (H juillet 1575), plaidoirie de Tavocat Ghauvelin au nom de la Faculté, tout fut inutile, et l'affaire fut appointée au Conseil, c'est-à-dire à peu près enterrée. A l'occasion de ce procès, et pour se défendre contre les attaques dont il était l'objet de la part des médecins de Paris, Paré a publié mie Reiponce aux calomniée d* aucun» médecins et chirurgiens louchant les livres. Cest un in-4% s. 1. n. d., de 15 pages (BibL nat. Td. 72, 5). Je la recommande aux admirateurs de notre chirurgien. Nous aurons, du reste, roceasioD d*y revenir.

IjL deuxième édition des Œuvres (1579) éveille de nouveau la susceptibilité de l'irascible Faculté, qui ne délégua pas moins de dix de ses membres pour donner leur arâ sur cette édition (Reg, -Comment. Vlll, 98, V*). Les médecins it Paris paraissent avoir été encore pour leurs frais de poursuite, et la paix avoir été scellée, puisque le 3 juillet 1580 une grave épidémie régnant alors lox firaboorgs de Saint-Marcel et de Saint-Victor, A. Paré accompagnait le doyen Heori de Monanteuil dans une visite qui fut faite aux pestiférés {Reg.-Com' ment. VIII . 141). Enfin, la traduction en latin du même ouvrage (1582) met eneoitt le ten aux poudres. Cette édition porte ce titre : Opéra Ambrosii Parei, Regû prnnartï et Parisiensis chirurgie a dodo viro plerisque locis recognita, et latinUate donata^ Jacobi Guillemeau^ Regii et Parisiensis chirurgi labore et diligentia. Parisiis, apud JacobumDu Puys^ 1582, in- fol. L'ouvrage porte deox privii^es : l'un, de Rodolphe, empereur des Romains, dernier jour d'oc* iobre 1582; l'autre du roi de France, 8 décembre 1582.

C'est contre le libellé de ce titre que protesta la Faculté, soutenant sans doute nec raison, puisque Patin l'assure (Lettre CCV^ 1. 1, p. 449), que le traducteur âiit, non pas le chirurgien Jacques Guillemeau, mais bien un des siens, le ioeteor-r^ent Haultin, et qu'il fallait remplacer ce titre par celui-ci : Ambrosii Parei prinéàrii Régis chirurgi opéra latinitate donata a docto quodam viro : ttara et diligentia Jacobi Guillemeau, chirurgi ParUiensis. Nous ne pouvons ère ce qui advint de cette résolution, laquelle pourtant eut un commencement ift satisCiction, puisque, dans la reddition des comptes du doyen G. de Raillou (4 nofembre 1581), nous voyons une somme de VI sols payée à l'imprimeur Du Pujs, pour ses peines d'avoir biffé presque deux mille feuillets de Touvrage de hré {JJt canceUaret penè duo millia foliorum operis Ambrosii Pareil quœ prœfieiebani namen illius Guillemeau, tanquam plagiari, et alla denuo tmprîmeret; Reg.-Comment. TllU 182, R«).

Notons ici une inspiration, cette fois malheureuse, de notre Paré, lorsque le 7 mai 1567, arguant de son titre de premier chirurgien du roi, il demanda que

*• «il., 1585; Védit., 1508; 6» édil.. 1607; 7- édit., 1614; 8* édit., 1028; 9* édit. 1633; t^ édit. 1641 ; 11* édit., 1652 ; 12- édit., 1664 ; 13* édit , 1685. Traduites en latin par Jean Violtiii, et publiées par les soins de Jacques Guillemeau, 1582; réimprimées à Francfort, ^\ trad. en anglais sur l'édition latine. London, 1678. En 1840-1841, Malgaigne a donné aie ultime édition des œuvres de Paré, en 3 yolumes grand in-8% avec une saxaule vulr<^ ^«clion, des notas et des planebes.

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lui et ses successeurs dans ce même emploi eussent la prééAiinence sur le» autres chirurgiens du royaume, et que personne ne pût exercer là chirurgie sans une licence accordée par le premier chirurgien, eu présence de deux médecins. Cette prétention, qui devait être renouvelée trente et un ans plus tard» en faveur du premier médecin du roi, par Ribbits de la Uivière, premier médecin de Henri IV, ne fut pas écoutée, grâce à la protestation énergique des chirurgiens, et surtout de celle de Gamuset, premier barbier du roi (Reg.'Comment. VU, 151 R<»).

A. Paré était-il huguenot ? Il y a une cinquantaine d'années» il cât paru tant soit peu oiseux de nier le protestantisme de A. Paré. N*avait-on pas le témoignage de Sully {Mém,^ liv. I), et surtout celui de Brantôme (Disc, tur Céharles IX) 9 lequel, à Toocasion de la Saint*Barthélemy, écrit : « Le roy incessamment crioit : « Tuez I tuez I » et n*en voulut jamais sauver aucun, sinoD maistre A. Paré, son premier chirurgien et le premier de la chrcstieaté; et renvoya quérir et venir le soir dans sa chambre et garde-robe, luy commandant de n*en bouger, et disoit qu*il n*estoit raisonnable qu'un qui pouvoit servir à tout un petit monde fût aussi massacré ». N'avait-on pas cette histoire racontée par Paré lui-même, et qui se l'apporte à k fin de Tannée 1562 : t Après là prise de Rouen, me trouvay à disner en quehjue compaignie où en avaiC qnelques-uns qui me hayoient à mort pour la Religion; on me présenta des choux où il y avoit du sublimé ou arsenic; de la première bouchée n'en apperœa rien ; la seconde je senti une grande chaleur et cuiseur, et grande astriction en la bouche... Et voilà comment je me garanti de la main de rempoîson*neur, et depuis ne voulu manger des choux ny autre viande en ladite corn-» paignie » (Œuvres, \^ édit., 1575, p. 959-940). N'avait-on pas, enfin, les paroles du cliirurgien, ses actions, ses écrits empreints à chaque page du sentiment biblique?

Néanmoins, il s'est trouvé des écrivains qui ont jeté leur note discordante dans ce concert presque universel, entre autres Malgaigno, qui hésite et doute « et Jal, qui, avec ce qu'on est en droit d'appeler une grande légèreté, casse les vitres, si l'on veut me permettre cette expression, et nie complètement, absolument, le calvinisme de Paré (Jal, Dict. crit. de biographie... 1867, in-8*^). On s'attend à voir Jal appuyer son opinion de puissants documents. Mnt : il ne s'appuie que sur ce fait, à savoir que tous les membres de la famille Paré, qu*il s'agisse de naissances, de mariages ou de décès, ont été présentés dans one église catholique, baptisés, mariés, enterrés dans une église catholique. Cette téméraire déduction du laborieux investigateur a eu une réponse, qui lui a été donnée par M. Uenry Bordier, si compétent en pareille matière (H. Bordier, Rectification à V errata publié pat Jf. Jal. 1868, itt-8% 15 pages). Jal a'ëlait nullement au courant de l'histoire de la Réforme ; H. Bordier le lui apprend : « On s'imagine que les ministres protestants d'alors attendaient leurs ouailles la plume à la main, dans de tranquilles presbytères, pour inscrire leurs actes et les bénir, tout comme il se pratique aujourd'hui ; mais on oublie que là persécution contre les protestants, jusqu'à TÉdit de Nantes, n'a jamais cessé d'être, à Paris, atroce; on ne pouvait s'avouer protestant qu'au péril de ses jours; l'Église réformée était comme secrète, ses ministres étaient obligés de se cacher ou de s'enfuir, et ses fidèles étaient sans église, sans cimetièrst et à plus forte raison sans registres de l'état civil. Dans l'origine de b fléforiae, les protestants continuèrent à être enterrés avec les oatholiqœSr

PAR& ISS

et les édite de mars 1565 et mars 1567 portent textuellement qa*à Paris, ceux de h Religion qai viendraient à y décéder seront ir enterrés as cimetières de leurs paroisses ». D'ailleurs, comment veut-on que tissent les protestants? Il (allait bien les enterrer quelque part, et quand on avait d*anciennelé la propriété d'un caveau dans une église catholique, quoi de plus l^itîme, et à la fois plus forcé, que de s'en servir? Quant à l'inscription des actes de baptêmes et mariages par la main du curé, il fallait bien choisir aussi entie la soumission à cette contrainte ou l'absence d'inscription légale... La présentation dans une église catholique des protestants ne prouve donc abso- Jament rien eontie leur foi. »

Mais à tontes oes preuves alléguées du protestantisme de Paré nous pouvons aaioQidliui en ajouter une autre, peut-être encore plus convaincante. Nous la tirons de cette Rnponce attx calomnie$ des médecins^ citée plus haut, et que le chimfgîen écrivit pour prolester contre les accusations dont la première édition de ses (Buvres (1575) avait été l'objet de la part des médecins. Ces dei^ oiers n'incriminaient pas moins de vingt-neuf articles de cet ouvrage, et entre antres eeini (le vingt^patrième) où le chirurgien raconte l'histoire de cette tentative d'empoisonnement dont il fut l'objet, en 1563, de la part de gens f qui le hmient pour la Religion ». A la Faculté de médecine de Paris, où régnait rintdénnee religieuse, on saisit bien vite l'occasion de frapper le pauvre chirargfen el de l'attaquer comme huguenot. A. Paré vit le danger qui le menaçait—il y allait pour lui de la destruction de son livre, de l'amende, de la prison, et pent-êtrepis encore — et, pour atténuer le mauvais effet produit par Mm histoire de l'empoisonnement, histoire qui ne se trouve plus dans la deuxième édition (1519), il répondit ainsi : f Par cetle histoire que je fais de moy, citée page 959, je l'ai escrite afin que, si aucun avoit esté empoisonné, il peust se seoaarir par tels remèdes. Au reste, méchamment mes ennemis ont voulu tirer œ mot de Religion en conséquence pour me mettre en haine envers les gens de bien : car il a esté cité par moy pour ne me glorifier ovoir suivi telle opinion, nais seulement de peur que le Lecteur ne pensast que j'eusse commis quelque hank crime qui touchast ou la vie ou les biens de quelqu'un, puis qu'on avoit attenté snr ma tie. Et moins l'aye cité en intention de monstrer que ceux qui fnivent la Saincte Eglise Catholique et Romaine abusent de moyens illicites pour fe defiaire de leurs ennemis. Car je déclare présentement et est tout certain que tel empoisonneur n'estoitny d'une ny d'autre Religion, ains seulement libertain et sans aucune crainte de Dieu. »

Ainsi donc, dans cette atténuation de sa malheureuse histoire de l'empoisonnement, A. Paré déclare hautement, d'une part, qu'il n'a pas eu l'intention d'y glorifier sa foi religieuse, et, d'une autre part, qu'il n'a pas eu la pensée d'y aeeoser le parti catholique. Rappelons que nous sommes en 1575, trois ans après la Saint-Barthéicmy, à laquelle le chirurgien n'avait échappé que par une fatenr extraordinaire due à l'estime de Charles IX. Mais Charles était mort, Henri III était à sa place, et les ennemis de Paré avaient beau jeu. Qu'aurait donc bit dans ces circonstances un protestant rentré au berceau du catholicisme? Il aurait hautement et clairement renié le passage incriminé en décochant, comme il était de rigueur, des traits contre l'hérésie, et en affirmant sa tri nouvelle. An lieu de cela, il appelle le papis no le parti des gens de bien, et leur Église la sainte Église, mais sans se réclamer d'eux et proclamer qu'il ea ^ Au contraire, il apporte tous ses soins â mettre la question reW^i^usA ea

m pareira-brâva.

dehors de l'aflaire. Cela veut dire qu'il demande qu*on ne touche pas à sa conscience, et quand même il aurait à la Saint-Barthélémy signé l'abjuration forcée ou subi la messe, celte attitude est celle d*un homme qui a gardé ses convictions dans son cœur.

Au reste, d*abord chirurgien d*un roi protestant (Antoine de BouiiKHi), A. Paré a pu, dans la première moitié de sa vie, professer plus on moins ouvertement le calvinisme, faire montre de ses convictions religieuses. Mais plus tard, attaché au service de quatre rois de France, il a dû nécessairement user d*une grande circonspection, et se résigner à tenir cachés dans son cœur des sentiments qui l'animaient, et qui, certainement, l'eussent perdu. D'ailleurs, bon, compatissant pour les misères du menu peuple (lire dans Pierre de Lestoile, Jaum. du règne de Henri III j p. 40, la harangue qu'il adressa à l'archevêque de Lyoo), dévoué à un art qui l'a illustré, il n'a jamais vu dans les nombreux hlessés qa*il a pansés que des malheureux réclamant ses soins, qu'ils fussent papistes ou calvinistes, amis ou ennemis. C'est là un des plus beaux rôles d'un disciple d'Ësculape.

Cet article était depuis longtemps composé et prêt à être mis sous presse lorsque nous avons reçu un ouvrage fort important de M. le docteur Le Paulmier» médecin à Paris, sur Ambroise Paré : Ambroiie Paré d'après de nouveaux documents découverts aux Archives nationales et des papiers de famille. Paris, Pierre Charavay. 1885, in-S"" de 418 pages. Mis au jour quelques mois plus tôt, ce livre nous eût été d'une grande utilité. M. Le Paulmier n'a rien négligé pour pénétrer plus avant dans la vie de Paré qu'on ne l'avait (ait avant lui; ses découvertes aux Archives Nationales sont du plus grand intérêt, non moins que les documents qu'il a pu consulter et copier dans les arcliives ptrliculières du château du Paley, non loin de Nemours. C'est dans cette belle résidence qu'on admire un beau portrait, le seul authentique, d* Ambroise Paré, peint sur toile en 1555; celui qui orne la salle d'Assemblée de la Faculté de médecine est apocryphe. Le livre de notre confrère est accompagné d'une foole de pièces justificatives et orné de très -belles gravures sur bois. Si M. Le Paulmier n'a pas dit le dernier mot touchant la vie du grand chirurgien, il n'a laissé dans l'ombre qu'une dernière page. A. Chébbau.

PARBA (Hannibal). Chirurgien italien, de la fin du dix-huitième siècle, pratiquait son art à Magenta vers i784, puis plus tard à Varese, où il résida on grand nombre d'années. Nous connaissons de lui :

I. Saggiodi oêêervœdom eerusichê. Yarese, 1784-1791, S vol. in-8*. Trad. en allemand par Spohr. Stendal, 1791, iii-8*. — II. Stogamento del femort. Yarese, 1795, in-4*. L. Ua.

PABBIHA-BRAVA. Nom de plusieurs médicaments d'origine végétale, qui sout tous produits par des plantes de la famille des Ménispermacées. Pendant longtemps, on a uniquement attribué la production de Pareira-hrava au Cissampelos Pareira L., dont il a été question ailleurs (série 1, XVII), et qui ne donne, comme on l'a reconnu depuis, qu'un Faux Pareira-brava. Le véritable est la racine d'un Chondodendrony genre de la série des Pachygonées. Dans ce genre, les fleurs sont dioïques. Dans les mâles, il y a généralement jusqu'à sept verticillcs trimères au calice. 11 est vrai que les pièces des cinq ver ticiUes extérieurs sont moins grandes que celles des deux verticilles intérieurSf ordinairement regardées comme appartenant seules au véritable calice, et que

PAREIRA-BRAYA. i37

les antres, d'autant pina petites qu elles sont plus extérieures, ont ëlë considMes comme des bractées; mais il est impossible de dire où, parmi ces folioles, commence le véritable calice et où unissent les bractées. liCs six folioles les plus intérienres, les plus grandes de toutes, sont concaves, obtuses, imbriquées dans le bouton, finalement réfléchies au sommet. En dedans d*elles se trouvent six pétales, appartenant aussi à des verticilles trimères, plus courts que les sépales intérieurs, squamiformes, snborbiculaires, ou rétrécis à leur base en une sorte de spnIXÈie à bords épaissis. Les étamines sont aussi au nombre de six, à filets dreûéiv libres on unis intérieurement, et à anthères basifixes, inclinées vers le centre de la fleur, où elles se touchent par un prolongement aigu et incurvé de knr comMclif. Sur les côtés de celui-ci s*insèrent les loges de Tanthère, déhiscentes par une fente longitudinale et souvent au début un peu plus introrses qn'extrwses. Au centre de la fleur se trouvent six carpelles plus ou moins rudimentaûnes et stériles. Les fleurs femelles ont, avec le périanthe des fleurs mâles, soDveot réduit quant au nombre des verticilles, six é(amines stériles et six carpelles dont la portion stylaire n'est pas connue.

Les ofules sont descendants. Les fruits sont formés de six drupes au plus, ovoïdes on obofoîdes, à cicatrice stylaire et à noyau peu épais, dont la base ptrle une lame rentrante sur laquelle se moule intérieurement la graine. CeUe-ci est donc arquée en fer à cheval et elle possède un embryon sans albumen, dont les cotylédons charnus sont au nombre de deux, semi-cylindriques, ou parfois au nombre de trois ou quatre, et dont la courte radicule est supère.

Les Oumdodendron sont des lianes de l'Amérique tropicale, à tiges grimpantes, à feuilles ordinairement grandes, obtuses ou cordées à leur base 5-nerve, 1^ grappes axillaires ou nées latéralemeat sur le bois des tiges, plus ou moins nmiiiées; les mâles le sont constamment beaucoup plus que les femelles.

Le Chomdûdemdron (Chondrodendron) tamentum R. et Pav (C. ovatum Hiers. — C. eineraseem Misas. — C. œmulus Misas. — Cocculus Ckondodendron DG. — C. platyphylluê A.-S.-H. — Cmampelos Abutua Velloz. — Bolryopsis platy* ^jfOaMiEis) est une très-grande liane, à feuilles longuement pétiolées,â limbe plus OQ moins cordé à la base, plus ou moins coriace, vert en dessus, pâle et blanchâtre en dessous. Ses fruits sont formés de six drupes au plus, oblongues-ovoïdes, rétrécies à leur base en un pied court, d'un violet noirâtre. Cette espèce croit anx enriroDS de RioJaneiro et en beaucoup d'autres endroits du Brésil et du Pérou (dimensions : pétiole, 8 â 15 cent. ; limbe, 10 à 30 cent, de long, sur 6 à 20 de large. Fleurs mâles, 2,3 millim. de long. Fruit entier, 5,6 cent, de diamètre; tige et racine jusqu'à 30 ou 40 cent, d'épaisseur).

La rKine de cette plante, qui est le Bulua des indigènes, fut apportée à

Puris sous Louis XIV, et fut successivement vantée par Pomet, Sloane, Geoffroy

et Hdvétius. Celte racine est ligneuse, tortueuse, parcourue dans sa longueur

par de profonds sillons, en nombre variable, séparés les uns des autres par

d'épaisses o6tes saillantes. L'écorce de cette racine est brune, et son intérieur

est plus pâle. Sa cassure est fibreuse, et son tissu est remarquable par la dispo-

stioo des faisceaux dans sa portion centiale. Ces faisceaux sont gi*oupés en

(«rdes eonoentriquos, et dans chaque cercle il y a de dix à vingt faisceaux

Ugneux, à larges ouvertures vasculaires, disposa en étoile avec une netteté

'tnianjuable. Les tractus de parencfajme interposés sont riches en {ëcu\e. \a

racine est dure, amère, mais à saveur peu persistante. Cette racine a été fort vantée contre les alTeclions catarrbales chroniques de la vessie, les néphrites, certains calculs. Au Brésil sa réputation est grande encore ; mais en Europe elle est tombée dans un oubli qu'elle ne mérite peut-être pas. Son principe amer a été nommé pélosine^ et on Ta comparé à la bébéerine du Nectandra Bodiaei; mais il a été depuis assimilé à la buxine (Flûckiger).

Le Partira blanc est donné, à la Guiane et au Brésil, par YAhda rufeicenB AuBL.» et le P. jaune j par Y A. amara Aobl.; ils sont inusités en Europe.

H. Bn.

BiBuoGRAPHiB. — M£it. et DE L., Dicl, Mat, méd., Y, 201. — Guib., Drog. êimpi., éd. 7» III, 739. — Be»tl. et Thim., Med, pi., I. — II. Bailloit, Tr, Bot. méd. phanér.j 706, fig. iî71- 2^1. H. Bh»

PARBiiiiE. Nom donné à la Patience y Rumex Patienlia L. {voy. ce mot). Ce nom est aussi donné à une espèce de lichen, le Lichen Parellus L., on Lecanora PareUa Ach., qui, après un traitement approprié, fournirait, d*aprèft les auteurs, la couleur connue sous le nom d*orseiIle [voy. ce mot). 11. Gaibourt croit que ce lichen n*est pas employé à cet usage (voy. Lbgakora).

Quant à la Parells d'Auvergnb, qui entre certainement dans la préparation de ce produit, c*est le Variolaria corallina Ach. (voy. VARioijaRB). Pl.

BiBLiOGiuPBiB. — GuiBocRT. Droç. tiftipleê, 7* édit., V, 61. PL.

PARBLLIQUE (Acide) 00 PARELLINE. C'H^^ (Gerbardt), C^^H^H)* (Schunck). Acide des lichens, obtenu quelquefois en même temps que Tadde lécanorique. On Textrait des lichens par l'alcool bouillant. Pur, ce corps est en aiguilles incolores, très-peu solubles dans Teau froide, solubles dans Talcool et Téther. Sa solution alcoolique est acide et amère ; Teau la précipite en gelée. Chauffé, il fond et donne à la distillation de longues aiguilles et une hnile qut se concrète par le refroidissement. L*acide nitrique Toxyde et le couTertit en acide oxalique. L'ébullition avec la potasse, la baryte ou la chaux, Taltère plus ou moins.

La solution alcoolique d*acide parellique précipite les acétates de cuirre et de plomb, mais non le nitrate d*argent ; avec le nitrate d'argent ammoniacal, on obtient un précipité jaunâtre que l'ébullition fait disparaître. L. Hk.

PARENCÉPHAliE (napà^ à côté, et i^i^oîkoç, encéphale). Nom donné au cervelet. D.

PARENCllTiiE. Parenchyme (Trapéy^^/xoi) est le nom donné par Érasistnte n la substance propre des viscères contenue entre les anses vasculaires, parce qu'elle diffère de la chair proprement dite ou musculaire et parce qn*it la croyait formée pur effusion (iyx^P^) ^^ ^^°o auprès, à côté, au delà (tropâ) de leon vaisseaux, sang concreté ensuite; telle était la substance du foie, de la rate, Ai poumon, des reins (Castelli, Lexicon medicum, 1746).

g I. Détermination de la siONincATioN akatomique du mot. Pour Bichat, h

substance muqueuse qui compose le corps de l'embryon paraît n*être autre diose

que le tissu cellulaire ou muqueux de Bordeu, parenchyme de nutrition, qui

est le même pour tons les organes eldonl l'homogénéité cesse quand il 8*appnK

prie la sobsUnoe tpii oonvient à chacun de ceux-ci et leur donne une vie propre. Pour Bichat, sur l'adulte, le parenchyme est le canevas cellulaire vascuiaire et nenreux des tissus. Là est ce qu*il appelle aussi le parenchyme uniforme 00 commun de nutrition, nutritif et gënérateur, qui est le même dans tous 1^ organes, auquel la nutrition en le pénétrant de substances divei^ses ajoute les attributs de nature, d'épaisseur, de densité, etc., qui lui donnent une existence propre et une dissemblance d*un organe à Tautre.

Bkhai Défaisait du reste ici qu*imjter les naturalistes du dix-huitième siècle, qui avaient sans raison change le sens du mot parenchyme^ et s*en servaient poar diSsigoer tout tissu qui leur semblait n'avoir pas de caractère déterminé, comme la ntbstance animale des os qui reste après qu'on en a dissous les sels (voy. Oa, p. 114), ou le tissu cellulaire mou des tiges, des feuilles, etc., dans les plantes (Ch. Bonnet, etc.).

L'histologie a montré que dans les tissus mésodermiques seulement queU que cbflse répond à cette préconception, les os et les cartilages exceptés, et qse ce quelque chose est la trame que forme le tissu cellulaire, interposé aux Usœiux striés des muscles, aux lobules des cellules glycogènes du foie, aux ibres de la tranoe élastique du poumon, aux tubes du rein, du testicule, et ainsi des aalrei.

En suvant le même ordre de vues que Bichat, dans la manière de concevoir roi;puiisation, Cbaussier appelle tissu parenchymatetix celui qui forme la trame àm parties solides (1800). C'est pour cet anatomiste une variété du tissu lumineux ou cdlulairCy différant à la fois du tissu des viscères et de celui (les glandes.

Tiombre d'auteurs autrefois, et encore aujourd'hui même, ont ainsi donné au noiot paremàyme la signification de trame d'un tissu ou d'un organe.

Dapoftien et Richerand, tout en suivant la classification donnée par Bichat pour les systèmes anatomiques, tout en laissant au premier rang le système eelbdaire^ ajoutent à ceux décrits par ce dernier un nouveau système, le système parenchymateuXf qui peureux comprenait d'une part \e parenchymateux proprement àtt, et de l'autre les parenchymes glandulaires.

J'emproote ces indications à Hensinger, qui les donne sans renvois bibliogra<^ pUqoes, mais il m'a été impossible d'en trouver la source dans les divers écrits de ces auteurs que j'ai consultés. Notons seulement que la thèse de Dupuytren {Considérations anatomiques^ etc. Thèses de Paris, in-8% n«379, an XIII, 1804) contient une courte description des canaux veineux des os du cràûe, qui est réeUement antérieure à celle de Fleury et Chaussier (voy. Os, p. 454).

Heonoger {System der Histologie. Eisenach, 1822, in-4<») donne le nom de tiisu parenchymateux à celui des ganglions lymphatiques, de la thyréoîde, du thymus et de l'ovaire. A côté de ce tissu se rangeait celui qui forme les glandes i conduit excréteur et de plus le poumon et le testicule.

fieBlainrilie {Cours de physiologie, Paris, 1835, in-8<», t. 11, p. 425) rejette le sens attribué au moiparenchyme par Bichat et par ceux qui le donnent conune nn tiam presque idéal, propre à tout organe, et restant lorsqu'à ce dernier on a enlevé ses vaisseaux, ses nerfs ou autres parties qui le caractérisent au point de nw de la texture.

Il appelle parenchyme toute combinaison d'éléments anatomiques d'un plus M moins grand nombre d'espèces formant un tout. Gomme on le voit, le sens du terme parenchyme est entièremenl cYiaufs^. k»L

lieu de désigner un certain groupe de tissus distincts dans Tensemble des tissus, la dëfinition de de Blainville et ses énumérations embrassent tout ce qui dus r&ionomie a une texture. Il donne ainsi au terme parenchyme le sens qu'a toujours eu le mot titsu et que ce mot conserve encore à juste titre.

Le choix de ce terme, impropre ici, s'explique par ce fait que, pour de Blainville, les expressions éléments anatomiqueê et tissus simples sont synonymes et qu*il fait parenchyme synonyme de tissus composés, alors que : i® tout lisau est inévitablement un composé d*un certain nombre d*tmttei, d'éléments anatomiques, qui peuvent éti*e d'une seule espèce ; 2^ tout élément étant nécessairement simple^ dans le sens d'irréductible, ne saurait par suite recevoir le nom de tissu (voy. Organes, p. 418 et suiv.).

Hais, d'autre part, c'est à juste titre que de Blainville dit textuellement que : Bichat dans son étude des parenchymes (c'est-à-dire des tissus) a confondu k description des éléments organiques avec celle des premiei*s ; qu*il importe de distinguer nettement les tissus simples (c'est-à-dire les éléments) des tissus com'^ posés (ou simplement des tissus) ; qu'on ne peut bien et facilement connaître ceux-ci qu'après avoir étudié les premiers ; qu'on ne peut se rendre compte des propriétés des tissus que par la considération des éléments qui les constituent et qu'en recherchant quel est celui qui s'y trouve prédominant; qu'il estëvidait que les propriétés des tissus composés sont la résultante de celles de leurs éléments ; que les variations de celles-ci entraînent celles des autres ; qu*eo pathologie surtout l'étude des altérations d'organes est subordonnée à la oonnaissance exacte de ces variations des éléments et de leurs propriétés; qu*il en est de même par suite pour le diagnostic et encore aussi le traitement (loe. ctl.« p. 426-427).

L'arbitraire synonymie établie entre les mots tissu et parenchyme par de Blainville est encore acceptée dans quelques écrits. Hais faire désigner le tout, c'est-à-dire tout ce qui offre une texture, à ce qui jusqu'alors ne spécifiait qu'une partie, à ce qui n'a qu'une texture spéciale, est ici trop peu justifié par Tbistoire; il Test trop peu par le sens des mots, par la nature organique des choses, et conduit à trop de confusions pour qu'il soit nécessaire d'insister sur Tobligation où l'on est scientifiquement de ne pas suivre l'exemple donné par de Blainville. 11 n'y a pas lieu non plus d'adopter les idées de Bicliat, malgié le nombre des auteurs qui l'imitent encore à cet égard ; c'est plus arbitrairement aussi que d'autres donnent le nom de parenchyme aux seuls organes dont les conduits excréteurs ont des fibres musculaires, le poumon et le rein (voy. Sécrétion, p. 462).

Conserver à ce mot son sens historique, sinon étymologique, comme le font les dictionnaires, comme l'ont fait ceux des anatomistes et des physiologistes que j'ai spécialement cités plus haut, est une nécessité imposée par la nature des choses (Ch. Robin, Tableaux d'anatomie. Paris, 1850, in-4s tableaux 6 et 7).

La connaissance de la nature anatomique, de la provenance embryogéniqiie et de la texture des tissus, montre en eflet que c'est se placer hors des règles de la logique la plus élémentaire que de laisser dans un seul et unique groupe l'ensemble des tissus vasculaires des animaux. 11 est au contraire évident qis les tissus qui composent la plus grande masse de ces êtres et dans lesqiûb domine une espèce propre d'unités anatomiques, tissus musculaires, osseux, ceiJuJaire, etc., etc., sont purement mésodermiques; qu'il est impossible de Joûner de ces tissus une description (\u\ leur soit applicable en même temps

PARENCHYME. i4i

qu'elle le senit à ceux qui sont cctodermiques ou endodermiques, ëpithé liaux par leur structure fondamentale et par leur origine, pendant qu'ils sont mësodenniques et Tasculaires par leur trame. De ces particularités fondamentaks résultent des différences si tranchées déjà pour ces derniers organes, i|uanl aux canclàres extérieurs, que les premiers anatomistes en avaient été frappés et avaient fait des principaux d*entre eux le groupe des parenchymes; difisioa dont le maintien s'impose encore une fois, quel que soit le nom i|u'oo choisisse.

Du reste, avec la présence des épithéliums dans la profondeur, ou Tinti- Biité de ees tissus mixtes, c'est-à-dire à la fois : i^ épitliéliaux de nature et d'origine, 2* à trame de tissu cellulaire et vasculaires en même temps, se manifestent des propriétés végétatives, diverses de l'un à l'autre des organes qui en sont fermés, mais qui ont de commun ce qu'elles tiennent des propriétés des épithéliums. Elles [diffèrent au contraire du tout au tout des propriétés de cbacnn des tissus purement mésodermiijues ou constituants proprement dits, celioiaire, élastique, musculaire, osseux, etc.

Ajoutons de suite par anticipation que la section des parenchymes ou tisstis parendkymateux se subdivise elle-même embryogéniquement, et physiologique ment sorUmt, en deux groupes fort distincts malgré les fâcheuses et fréquentes conhisîoDS des classiques à cet égard.

Les uns en eflet de ces tissus sécrètent, c'est-à-dire produisent des principes qui ne se retrouvent nulle part ailleurs que dans leurs conduits excréteurs (mamelle, panisréas, foie biliaire, foie glycogène, etc.). Ce sont des glandes, en un mol. Les autres excrètent, éliminent sans sécréter, comme le rein, les sudoripares, le poumon, le placenta. D'autres parenchymes eufin ne sécrétant rien non plus sont le siège du développement d'éléments anatoniiques spéciaux et remplissant un rôle propre déterminé, comme l'ovaire, le testicule, les foliieuJes dentaires, pileux, plumeux, squameux, etc.

Ici : 1* les principaux organes du second de ces groupes (rein, poumon, etc.) ae fonl qu'éliminer des principes formés ailleurs que dans leur propre tissu, su» en produire qui leur soient spéciaux ; 2^ ceux du second de ces groupes portent dès leur origine des unités anatomiques (ovaire, testicule) qui ne font que se développer, sans se reproduire dans leur intimité, développement qui o'a rioi de la sécrétion ; 3® enfin les follicules pileux, dentaires, squameux, etc., sont le si^ de la génération et du développement continus de produits épithé- Kaux, dentaires, etc., dontia genèse, l'évolution et la mue (voy. Génération, p. 420) n'ont également rien de la sécrétion. Aucun d'entre eux, en un mot, n*est une gUmde. Ce sont les parenchymes non glandulaires.

g II. OaiGINB ou PROVENANCE BMBRTOGÉNIQDE DES PARENCHTMES. LcS parcn-

dkfmes, tant glandulaires que non glandulaires, et les follicules pileux, plumeux, squameux et dentaires, qui se rangent à côté de ces derniers quant à leur online, leur composition anatomique et leur rôle physiologique, résultent tous d'une augmentation de volume suivie d'une scission multiplicatricedes cellules soit derectoderme, soit de l'endoderme; scission qui amène la production d'un cylindre épithélial plein ou plus rarement creux au début, s'enfonçant dans le Okésodenne ou mieux dans le tissu cellulaire fœtal encore mou d*origine mésoieniiique.

Smple mamelon d'abord, cylindre simple ensuite, il présente ou uon, «\û-

uis Parenchyme.

vant les cas, vers son exlrémité, des mamelons analogues au premier; chacun de ces derniers s*allonge ultërieurement plus ou moins, au fur et à mesure qu*a lieu la scbsion multipUcatrice de leurs cellules.

C'est Teiisemble de chacune de ces subdivisions, ainsi continues et rattachées avec rinvolution dont elles partent (et qui pour elles sera comme un conduit excréteur, si elle n'en est pas un en effet), qui avec le tissu cellulaire ambiant constitue ce que Halpighi appelle un acinus et que jadis on croyait être Vêlement même d'une glande.

La continuité du phénomène précédent a pour résultat raugmentation du nombre plus que du volume de chacune de ces involu lions ou mlrarsiom primitives^ et par suite de la masse totale de chaque parenchyme.

D'une espèce à l'autre de ces derniers se montrent graduellement des difféi*ences qui peuvent être énormes, lorsqu'on vient à comparer entre eax les organes nés ainsi, comme les follicules intestinaux et les sudoripares, au rein, au poumon, à la mamelle, etc. (voy, Cbllulb, p. 598-599).

Les prolongements de la formation successive, desquels résulte l'accroissement de ces organes, sont primitivement pleins; ils oflrent plus ou moins tard un canal central dû à Técartement des cellules par le liquide que produisent cellesci, par la pénétration de prolongements vasculaires du mésoderme, lorsqu'il s'agit des villosités choriales, par la pénétration de l'air dans le poumon lors de la première dilatation thoracique, etc.

D'un organe à l'autre, ces prolongements se montrent cylindriques et en efl'ct arrondis à leur bout, avec ou sans renflements ici; plus gros ou plus petits que l'involulion première qui a commencé à la face profonde de l'ectoderme ou de l'endodci'me, soit très-courts, soit allongés. Cette involution première peut se rétrécir et se séparer tout à fait du feuillet épithélial dont elle dérive, ainsi qu'on le voit pour les glandes lymphatiques, la thyréoîde, le thymus, Jes capsules surrénales, la rate, la portion glycogène du foie. De même, dans ce cas surtout, les prolongements, au lieu de rester continus les uns aux autres en forme de giappe, comme dans le plus grand nombre des glandes, se séparent, s'isolent sous forme de grains glanduleux épithéliaux ou de vésicules (tbyréoïde), etc. Cela même a lieu aussi bien dans les cas morbides que normalement {voy. Gknération, p. 163, et Cellule, p. 598 et 691). Un écartement ultérieur graduel, plus ou moins grand suivant les régions et d'autres circonstances encore, survient parfois entre la production accidentelle, qm' continue ou non à grandir, et le parenchyme normal qui en a été le point de départ.

11 importe de signaler ici cette production de parenchymes par introrsioos épithéliales de l'endoderme ou de l'ectoderme, qui parfois se séparent ensuite de celui-ci, puis s*en écartent comme dans les cas de la rate et de la thyréoïde, par exemple, et aussi dans les circonstances pathologiques rappelées plus haut. Elle fait, en effet, nettement saisir le mécanisme de la formation des conduits exo^ teurs, pour les cas où quelque traînée épithéliale reste et établit une continuité plus ou moins grêle entre la masse des involutions, qui s'écarte de l'ectodenfie ou de l'endoderme, et le point de la face profonde de ceux-ci où s'est origiiellement produite la première des involutions.

Elle montre comment la génération du tissu qui sécrète précède celle da conduit qui excrète; que la génération du premier diflère de celle du secondt car dans les glandes pourvues de conduit excréteur celui-ci résulte encore une

PAReNCHYME. 143

iois de ee que la masse des introrsions qui doivent sécréter s*ëcarte de Tectodenne oo de l'endodenDe, comme dans les cas du thymus, etc., mais alors sans cesser d*ètre en oontiiraité de tissu avec lui par un prolongement ëpilhélial. C*est ce prokMig^menl de Gurmation ultérieure ou secondaire qui devient ensuite le eoii^itd eaceretocr, toujours d'une structure qui -diffère de celle de la partie sécrâanis de la glande (voy. Muqdeux, p. 459, et Ch. Robin, et Gazette hebdih madaire de médecinej etc., Paris, 1856, in-4<', 1. 111, p. 55 et suiv.), fait encore plus nel pour le cas des parenchymes non glandulairei (p. 41).

C'est lors de Tëtnde de chaque parencliyme que devraient être examinés les cas ptrtieuUen que chacun présente à cet égard, aussi bien que sous le rapport de la variéléfl cellulaires, du volume et de la forme de ces prolongements sécréteurs ea cttls-de-sac, de la rapidité et de Tépoque de la production de ceux-ci. Il snifil de rappeler ici que nous avons déjà vu à Tarticle Cbllulr (p. 598) :

h Que rorigine première de ces formations gît dans un fait de continuité de la segiDeafalioii cellulaire épithéliale;

â** Que, par suite, le mécanisme physiologique général de cette génération est ici le même au fond, qnelles que soient ses variétés, que celui qui amène l'agrandieseiDenty puis Tisolemen îles uns des autres : de Tintestin et de la vésicule omtHlîcale, des portions épidermiques, cristallinienue, amniotique et choriale de reetodarme, etc. (voy. Hambllb, Poumon, etc.).

iinst le ^tellus fécondé s'individualise en cellules qui se juxtaposent en ienillets blastodermiques. Dès que chacune de celles-ci a grandi par assirnilatioo nntritive, elle se divise continucment en deux, d'où leur multiplication qui de b sorte conduit à l'extension des feuillets. Cette extension se fait d'abord en surface et détermine elle-même la production des reploiements amenant la formation des premiers organes creux : l'amnios, le cliorion, la gouttière intestinale, la vésicule ombilicale. Mais, de plus, c'est par le mécaoisme élémentaire même, qui a pour résultat cette extension en surface, que se produisent les saillies en épaisseur, ou prolongements ectodermiques et endodenniqnes, origines des parenchymes en général, indiquées plus haut, depuis les simples follicules jusqu'aux plus complexes, comme le poumon, le (oie, etc. Ces productions sont désignées sous le nom àHntrorsions quand on considère leur pénétration de l'ectoderme ou de Tendodenne dans le mésoderme. On les appelle extroniom quand on considère leur origine, leur point de départ seulement, on mieux encore leur extension hors des tissus du nouvel être, sous forme de villosités choriales, par exemple, villosités dont le développement et l'assoôatîon plus ou moins complexe à la muqueuse utérine constituent le tissu ou parenchpne placentaire de de Blainville (1833).

§ lU. Paroi propre htalire des parenchymes. C'est postérieurement à Tindiridaalisation des cellules en général, à la formation des feuillets blaftodermiqoeSy à la production des introrsions parenchymateuses en particulier, que wiiMot les unités anatomiques non cellulaires, prenant part à la structure dej ptmdiymes. H s'agit ici de la paroi propre hyaline des tubes et des vésicules de ehacnn d'eux (voy. GéNÉRATiON, p. 416). L*embi70génie, comme les caractères anatomiques proprement dits, montrent partout en efTet à quel point est grande l*crreur de ceux qui la considèrent soit comme du tmu cellulaire condensé^ soit comme se rapprochant du tissu élastique (voy. Glande, p. 463).

La production à la superficie de ces prolongements épithéliaux d'une gaine

ou paroi propre non cellulaire, dont ces épithéliums amènent la genèse, sépare leurs cellules, destructibles, c'est-à-dire caduques et renouvelables, des tissus vasculaires, d'origine mésodermique, tissus constituants non caducs.

Consécutivement encore surviennent des modifications graduelles diverses de ces tissus mésodermiques ; modifications parmi lesquelles compte spécialement Ja génération du tissu des papilles dentaires, pileuses, etc., qui toujours débute à Textrémité profonde, sous le fond renflé de Tinvolution eclodermique originelle. Lorsque autour des involutions épithéliales, telles que celles de Tovaire, du foie, de la rate, des capshles surrénales, du thymus, etc., cette paroi propre ne naît pas, en raison de particularités évolutives non encore déterminées, les dispositions du tissu cellulaire vascuiaire sont d*autre part différentes de celles qui se montrent dans les cas précédents (voy. GÉNiBATiOK, p. 417, et Systèmes).

g IV. De la trame mésodermique des parbkchymes. A mesure qu'elles se forment, les involutions épithéliales d'origine de chacun des parenchymes, tant glandulaire que non glandulaire, s'enfoncent dans le mésoderme, c'est-à-dire essentiellement dans le tissu cellulaire encore aux premières périodes de soo développement embryonnaire ou fœtal. Partout où est le tissu cellulaire coexistent les vaisseaux ou vice versât l'un ne va pas sans l'autre. Dès l'apparilioo des derniers dans Vaire vascuiaire de l'embryon, tous deux se développent en même temps.

Dans ce que l'on appelle l'enfoncement, la pénétration des involutions épithéliales au sein du mésoderme, il y a à la fois allongement et subdivision de celles-ci et accroissement corrélatif ou réciproque du tissu cellulaire vascuiaire. C'est ainsi que se forme la trame des parenchymes en général et pour plusieurs d'entre eux même (ovaire, poumon, rein, foie, etc.) les éléments du tissu cellu* Inire restent à Tétat de cellules, qui demeurent pendant toute la vie, à des degrés divers, sous les formes fœtales qu'elles avaient lors de l'apparition des involutions. Dans la mamelle, les glandes salivaires, lacrymales, bulbo-uréthrales, sébacées, les prolongements (ibrillaires de ces cellules se développent comme dans le tissu cellulaire sous-cutané, intermusculaire, etc. Le fait importe en ce que généralement le tissu cellulaire devient d'autant plus aisément le point de départ de lésions, des lésions tuberculeuses en particulier, qu'il reste davantage sous ces formes embryonnaires normales ou d'arrêt de développement relatif.

On voit par ce qui précède comment les involutions épithéliales caractéristiques et la trame mésodermique ou vascuiaire générale se développent simultanément ; comment l'une ne peut se développer sans que l'autre la suive réciproquement, l'une s'entourant de l'autre ou vice versât par contiguïté et enchevêtrement des plus intimes, avec interposition plus ou moins épaisse de la trame sous forme de cloisons, etc., aux involutions ou culs-de-sac qu'elle sépare*

Le mode d'origine de la trame, aussi bien que celui des involutions épithé> lialcs, permet de suivre et de déterminer nettement ce qui appartient à Tun oo à l'autre, ce qui provient de chacun, anatomiquement, physiologiquement et pathologiquement. L'indépendance ou la solidarité de chacun à ces diven égards se déterminent aisément et d'une manière précise.

Cette trame, dite improprement stroma par quelques-uns, n'est pas un tisso propre et d'autre nature que le tissu cellulaire. Ses diversités de distribution

anatomiqiie ne sooi subordonnées qu'aux dispositions morphologiques des invo* latioiis épâlbëliales originelles et caractéristiques.

Ces dernières en particulier, étant primitivement et essentiellement le siège des hypertrophies» ramollissement, changements de structure cellulaires, etc., qui carKiërîseDt ce qu'on nomme le cancer , on voit que ce que quelques médecms appellent alvMet cancéreux {voy. Carciiiome, p. 350) n*a pas d'existence réelle, hors des cas de leur fabrication manuelle par l'emploi de tel ou tel procédv*

Ghacon de ces prétendus aiféoles représente la place qu'occupait dans la trame n cal-de-nc glandulaire, etc., plus ou moins altéré, après qu'une coupe mince ia tÎMU dord a permis d'enlever Tépithélium des culs-de-sac tranchés. L'alvéole «t de formation artificielle» et toute glande normale traitée de la même manière se prête à la fabrication de dispositions homologues aussi. Quant à ce qu on appelle êtroma limitant les alvéoles, ce n*est autre chose que la trame de lissu eellolaire qu'on trouve dans toutes les glandes et dans leurs provenances acridenteiles.

Outre les particularités de développement plus ou moins prononcé sous les âats de cellules fibro-plastiques, de prolongements fibrillaires que présentent ks éléments de la trame, dans le foie, dans le rein, etc., avec ou sans anaslomoKS rétîeolëes (voy. Lâniiiibux, p. 274, et Lymphatique, p. 428, 429), il y a d'autres particularités qui concernent les fibres-cellules en couche, etc., contre on autour des euls-de-sac glandulaires, etc. {voy. Hdscdlairb, p. 445). Il n'y a jus à revenir sur ces points déjà indiqués ou appartenant à Tétude de chacun des parendiymes en particulier. Même remarque pour les nerfs des paren- (hymes (voy. Nerveux, p. 458).

Les faits précédents méritent d'être signalés à ce point de vue qu*ils repré- «entenl essentiellement les particularités par lesquelles le tissu de la trame des parenchymes se distingue du tissu cellulaire en général, auquel il reste sem- Uable en dehors de cela.

Même remarque surtout pour la vascularité de chacun d'eux, si différente de Ton à raotre, à la fois selon l'espèce des conduits sanguins en question, selon k rôle rempli par le parenchyme conmie pulmonaire, placentaire, rénal, lépatiqne, glandulaire, des glandes lymphatiques, etc., etc.

Notons seulement que, quelles que soient les diversités morphologiques et teitoralet de la trame mésodermique vasculaire de l'un à l'autre des parenchymes, partout on voit que les r^eaux de capillicules lymphatiques d'origine, dtanferis par M. Sappey {Monographie des lymphatiques. Paris, in-folio, 1874-18849 et Anatomie descriptive)^ siègent dans cette trame mésodermique, aussi près que possible des couches ou amas d'épithélium ou de la paroi propre hpline (p. 143) qui les entoure, sans jamais toucher ces épithéliums ou cette pan», ni les pénétrer. De ces réseaux, dorigine réelle, diversement configurés et serrés de l'un à l'autre des culs-de-cas, vésicules closes, etc., épithéliaux, qu'ils entourent ainsi de près et complètement, partent les conduits de plus en plus volumineux, se réunissant en réseaux collecteurs^ ceux qu'autrefois on injectait au mercure ou avec l'azotate d'argent sous le nom de réseaux dC origine [voy. LrapRATionE, p. 415 et suiv.). De ceux-ci viennent ensuite les vaisseaux 4its afférents des glandes lymphatiques.

Dms cette trame mésodermique, il importe en outre de citer les fibres élas- %iei en raison des différences de quantité et de distribution qu'elles offrent de

BRc r s. m. 10

146 PAREUCHTME.

Fon à l'autre des parenchymes de provenance ectodermique. 11 importe de noter an contraire leur absence ou leur minime quantité dans la trame des parencfajroes de provenance endodermique, foie, pancréas, etc., dans le rein, î ovaire et le testicule.

Parmi ceux des parencbymes qui ont des fibres élastiques dans leur trame mésodermique, le poumon, comme les branchies (woy, Moqcsuz, p. 409), mérite une mention spéciale. Le poumon est remarquable, en effet, en ce que, les vaisseaux mb à part, les éléments de beaucoup les plus abondants de la trame y sont les fibres élastiques, les noyaux, les cellules fibro-plasUques et autres formes du tissu cellulaire, s'y trouvant en proportion bien moindre dès qu'on quitte les cloisons interiobulaires et le tissu cellulaire sous-pleural.

Le placenta, au contraire, est le parenchyme le plus ectodermique de tous par la provenance choriale de ses villosités. 11 est formé en effet d'extrorsions épithéliales et non d*introrsions {voy. p. i43), et de plus sa trame mésodermique vasculaire fœtale est intérieure, incluse dans les exsertions de ce parenchyme transitoire au lieu d'être extérieure relativement à celles-ci, comme cela est pour les parenchymes composant des organes permanents.

En envisageant les parenchymes sous le point de vue de leur provenance et de la complication des involutions épithéliales mêmes qui les composent essentiellement en fait, il est plusieurs cas à noter. Le premier est que, lorsqu'ils restent réduits à l'état de follicule sécréteur, sans traverser toute l'épaisseur d'un chorion, comme celui des muqueuses gastro-intestinales, la trame y reste aussi presque nulle, réduite à de simples arrangements des capillaires et des éléments du tissu cellulaire du chorion de la muqueuse. Ce sont encore de simples arrangements de ces mêmes éléments et de fibres élastiques lorsqu'il s'agit des follicules sudoripares (voy, Sodoeiparb, p. 690) et surtout des glandes sâ>acées {vcy. Sédacé, p. 380-581), plus compliqués toutefois comme dispositions vasculaires et par la proportion des fibres élastiques.

Lorsqu'il s'agit au contraire des parenchymes individuellement simples encore, comme les précédents, mais papilles^ une paroi relativement épaisse, bien délimitée, d'une structure spéciale qui est comme un prolongement de la portion superficielle papillifère du derme, représente pour chaque follicule une trame adhérente à la paroi propre hyaline (p. 143). Tel est le cas des follicules den* taires, pileux, piumeux, etc. (voy. Poil).

Les complications de ce genre ne vont en augmentant du côté de la trame qu'autant que des follicules simples passent à ceux qui sont bilobés ou multilobés, puis de ceux-ci aux glandes en grappe. C'est enfin, lorsque des glandes en grappe simple on arrive aux glandes en grappe composées, que la multiplicité du nombre des involutions, des culs-de-sac, entraîne les dispositions £us-iDdiqudes (p. 142) avec multiplicité de dispositions morphologiques, comme cloisons iiiter et périacineuses, interpositions cellulaires et vasculaires entre les culs-de-sac, les vésicules closes, etc.

g V. Classement des parenchtmes. On voit d'après ce qui précède que les tissus constituants arrivés à leur plein développement se divisent en ti$ms nmodermiques proprement diu et en parenchymes ou tissus parenchymaieux d'origine et de constitution épithélio-mésodermiques. Le système représenté par l'ensemble des organes premiers parenchymaieux divers présente les caractères anatomiques suivants {voy. Systèmes, p. 46-47).

Les parenditfmes sont des tUsus constituants par conséquent vasculaires, généralement composés de tubes, ou de vésicules closes tapissées d'épilhélium, ce qii*oa n'obsenre pas dans les tissus proprement dits. Nulle part Tun de leurs éléments anatomiques ne prédomine sur les autres, n*est, en un mot, élément anatomîque et caractéristique fondamental par sa masse et son mode de texture, comme les fibres musculaires, les tubes nenreux, etc., le sont pour les tissus correspondants. Seulement, en chaque espèce de parenchyme, on observe quelque chose de spécial dans la forme ou la structure de l'épithélium qui concourt à sa texture. D y a eo ontre quelque chose de caractéristique dans le mode de constitution nfane ei d'enchevêtrement réciproque des éléments de la trame propre à chaque espèce de parenchyme. La présence d*un produit Ivoy. Génération, p. 4i9), r^îthéUomt entrant dans la composition d*un tissu vasculaire, pourrait faire croire à l'inexactitude de la distinction établie entre les produits et les constituants, les éléments ecto-^ndodermiques et ceux qui sont mésodermiqûes ; mais il faut observer que, dans les parenrfiymes, les épithéliums ne sont pas mélangés aux autres éléments constitutifs du tissu, ne sont pas en oHitact avec les vaisseaux, par exemple. Ils sont seulement appUqués à la face aterae des tobes propres ou dans des vésicules propres que circonscrivent le tissa cellalaire et les vaisseaux. Mais ces épithéliums, s*avançant ainsi dans 1» probNideiir des organes, envahissent facilement l'épaisseur du tissu formant la trame du parenchyme lorsqu ils viennent à se multiplier outre mesure et à produire ainsi des tumeurs.

On a déjà TU qu'ils ont pour attribut physiologique : a. de produire des liquidei^ canctérisés par la présence de quelque principe spécial, souvent cristallisable» fabriqué dans l'organe (glande), et pouvant, du lieu où il est formé, rentrer dans le sang veineux (glandes sans conduits excréteurs ou vasculaires sangtiines), ou en partie être résorbé (fluides récrémentitiels des glandes proprement dites è conduits excréteurs, foie biliaire, pancréas, glandes salivaires,. glandes de de Bruner, mammaires, etc.). Ces parenchymes portent spécialement le nom de glandes ou parenchymes glandulaires. La formation deprincipes spéciaux, qui est l'acte caractéristique de la sécrétion, consiste souvent m un excè» de la formation assimilatrice; c'est ce qu'on voit dans les glandes (pmcréas, glandes salivaires, etc.), qui ont pour principe essentiel de leur {voduit sécrété une substance coagulable qui, une fois formée dans la couche épithéliale, est, grâce à la texture de ces parties, expulsée dans le conduit des cols^^le-sac. Pour d'autres parenchymes glandulaires cette formation con^ siste, an contraire, en même temps ou exclusivement, en une formation désassimilatrîee de principes cristallisables, tels que les sels caractéristiques de la bile, les ancres de lait et du foie, etc. b. D'autres parenchymes dits non glan^ dwlaires ne font que rejeter au dehors ou échanger des principes préexistants dans le sang (i, rein; 2, follicules sudoripares; 3, poumon; 4, placenta), ou sont le si^e de la production d'éléments anatomiques spéciaux (5, ovaire; ^, \esUcule). Les parenchymes non glandulaires se distinguent anatomiquement des autres par une disposition spéciale de leurs capillaires (rein, poumon, placenta) qui ne se retrouve pas dans les glandes, ou par quelque autre oarticularité propre de structure (ovaire, testicule). Physiologiquement, ils ne font <pie prâdre des principes tout formés dans le sang (poumon, placenta, rein^. bUicules sudoripares) sans rien fabriquer de toutes pièces pour les rejeter, om Wn ib sont le siège de Ja production par genèse, aux dépens d'un \AafAàm«^

iiS PâRENGHTME.

d*éléments anatoniiques particuliers (spermatozoïdes, otuIcs), fait essentiellement différent des sécrétions proprement dites.

Enfin les parenchymes glandulaires qui communiquent avec la peau ou les muqueuses le font par un conduit qui a sa structure propre, tandis que le canal qui va d*un tégument à un parenchyme non glandulaire est partout pourvu d'une muqueuse distincte et dissécable, y compris celle des uretères (wy. Muqueuses, p. 424, 425 et 449).

La précocité de Tapparition des testicules et des ovaires, ainsi que celle des ovules, jointe à la production simultanée sur beaucoup de vertébrés de tous ceux de ces derniers qui existeront désormais dans Tanimal observé, plus que bien des individus n*cn conduiront à maturité et rejetteront, montrent d'autre part que ce ne sont pas là non plus des glandes. Contrairement à ce que s'obstinent à répéter tous les auteurs, en présence de telles données, il est évident que produire des éléments anatomiques, des cellules, n'est aucunement le fait d'une action glandulaire, le résultat d'un acte sécrétoire. Les testicules et les ovaires ne sont en effet de leur côté rien autre chose que des parenchymes non glandulaires, organes fondamentaux de l'appareil sexuel ; de même que le rein et le poumon, ils apparaissent dès Ve'poqtus embryonnaire proprement dite, avant les glandes. Hais ici c'est le produit essentiel et caractéristique du parenchyme qui naît, non-seulement avant toutes les parties, et seul sur bien des êtres, mais encore en aussi grande quantité numériquement sur plusieurs d*entre eux qu'il n'y en aura jamais {voy. Sexe, p. 479 et 480). Dès lors le parenchyme ne fait plus que laisser croître ces éléments caractéristiques, mais sans fournir aucun principe immédiat nouveau comparable sous ce rapport à ce qui a lieu pour les glandes mammaires salivaires et autres dans lesquelles ne préexistent à aucun titre les liquides sécrétés^ puis excrétés plus tard.

Pas plus que le testicule {voy. Sperme, p. 121), par conséquent, l'ovaire n'est une glande ni mixte^ ni close ou creuse (voy. Glande, p. 75, et SécRÉ- Tioif, p. 403). Il est vrai qu'à côté de l'ovule existant seul, toujours (oiseaux, poissons, etc.), ou pendant longtemps (mammifères), un liquide est ici sécrété dans la vésicule qui l'entoure, en quantité toujours petite normalement, grande parfois pathologiquement, à la manière de ce qui se passe dans la sécrétion des séreuses (voy. Séreux, p. 307). Hais cette sécrétion n'est qu'accessoire dans le premier cas, n'exprime pas le rôle dévolu au parenchyme et, quand elle devient pathologiquement abondante, l'ovule, l'élément essentiel, n'existe plus. Il serait en tous cas aussi peu exact de comparer son épancbement lors de Yévolution et le transport de l'ovule par les trompes à un acte d'excrétion que de dire que V^acûlation en est une de son côté [voy. FécoNDATioR, p. 332).

Les noms de glandes génitales, sudoripares, rénales , etc., pas plus que ceux de glandes pulmonaire, placentaire, etc., ne sauraient donc à aucun titre être acceptés comme indiquant une connaissance de la réalité à un titre quelconque.

Le double foie biliaire et glycogène d'une part, le pancréas et la rate de Tautre, types de parenchymes et d'origine endo-mésodermique, sont des organes réciproquement homologues; ils sont impairs et non symétriques individuellement; mais embryogéniquement ou originellement ils sont pairs et symétriques, V foie pris en masse relativement aux deux autres d'un côté, le pancréas et

rate du côté opposé, ou réciproquement.

PARENGUTM£. 149

Le foie biliaire et ie pancréas naissent l*un et l'autre par exsertion^ suivant rexpressioQ de de Baer, par extrorsion de i*endoderme, involunnt dans le mésoderme à droite et à gauche de la gouttière médiane intestinale dont ils dérivent. Les subdivisions de Tun et de Tautre se terminent par une masse nucléaire et cellulaire plus compacte que le reste de Tinvolution. Ces deux amas, dont les éléments ont manifestement le caractère épithélial, bien que distincts dans l'un et dans Tautre, ont selon quelques auteurs une origine encore mal déterminée (voy. Foie, p. 640) ; c'est à tort qu'ils disent qu'on ne sait pus encore nettement s'ils sont de provenance endodermique, ou si au contraire ils naissent (bns le aiësoderme où les involutiôns endodermiques droite et gauche ci-dessus Tiendraient les rencontrer.

Quoi qu il en soit, le pancréas se produit par exscrtion endodermique dans le mésoderme presque en même temps que le foie, celui-ci à droite du duodénum alors rectiligne et le premier symétriquement à gauche. Pour le foie, la glande biliaire s'associe directement avec enchevêtrement à la glande glycogène Tiseulaire sanguine. L'involution pancréatique produit aussi une glande en grappe (pancréas) et une glande vasculuire qui est la rate; mais celle-ci, qui tiége au bout de l'involution, ne s'enchevêtre pas avec l'autre; elle reste difÂîncte, quoique reliée tissulairement à la queue du pancréas pendant longtemps, el plus tard par des vaisseaux et leurs nerfs seulement avec du tissu cellulaire. Ces deux systèmes glandulaires de droite et de gauche reçoivent leurs artères du tronc cœliaque et appartiennent au système porte ou des veines apparaissant dans le tbsu cellulaire sous-endodermiques par leurs veines propres. Tous deux ont des influences normales et accidentelles sur la digestion gastrique, et les usages comme les lésions spléniques réagissent sur les usages et les lésions du pancréas. La forme du foie est symétrique et il occupe exactement la ligne médiuie sur les poissons qui manquent de rate et de pancréas, comme les cjciostomes.

D y a deux organes dans le foie pris en masse, deux glandes, l'une biliaire à conduit excréteur, l'autre vasculaire et sans conduit formant le sucre (Ch. Robin. Tableaux d'anaiomie. Paris, 1850, in-4<>, p. 9); c'est à ce titre seulement, nais à nul autre, qu'il est permis de dire avec quelques auteurs (voy, Glandbs, p. 75) qa*il est une glande à parU une glande mixte ou plutôt double.

I. DÛ PÂRKifCHTMES GLANDULAIRES OU GLANDES (Système glandulaire ou secréteur)^ L'ensemble des organes premiers ou parties similaires parenchymaieux qui composent ce système sont :

À. Les glandes dites à vésicules closes^ sans conduits excréteurs ou vasculaites; elles se subdivisent anatomiquement en :

a. Glandes vasculaires sanguines qui sont : la rate, le foie glycogène, le thymus, la thyréoide, les amygdales, les capsules surrénales, les glandes coccygienne, intercarotidienne, pituitaire, pinéale, les follicules ou vésicules clos tant isolés qu'agminés ou plaques de Peyer.

b. Les glandes vasculaires lymphatiques^ glandes ou ganglions lymphatiques. Tous cesorganes, qui ont la texture fondamentale des autres glandes, sont dtt parenchymes glandulaires, et nul d'entre eux ne mérite les noms d'organes bfmpkûUleSy ni de fausses glandes. La détermination de l'origine embryogénique des organes de la texture de leur masse, quelque réduite qu'elfe soit, montre en effet qu'il n'y a rien dans l'économie qui, scientifiquement, mérite les épithètes précédHites («oy. StofoOH, p. 462-465).

B. Parenchymes glandulaires ou glandes à orifice ou conduit excréteur. Elles comprennent :

a. Les follicules glandulaires ou sécréteurs.

Quant aux sinus, leur description fait partie de celle des muqueuses et non ^e celle des glandes dont ils n'ont ni la structure, ni le mode de développement {voy. Moqueuses, p. 425, 435, 456, etc.).

.b. Les glandes en grappe ou à conduit excréteur proprement dit, qui sont :

1"* En grappe simple, à grain ou acinus unique, composé d'un plus ou moins grand nombre de follicules ou culs-de-sac (voy. Sébacé);

2^ En grappe composée ou à grains glanduleux ou acini multiples; 5<^ Les glandes réticulées à conduits ramifiés et anastomosés, avec ou sans «terminaisons en cul-de-sac (foie biliaire).

Chez les animaux, les éléments anatomiques qui entrent dans la composition ^es tissus ou parenchymes glandulaires (normaux et hypertrophiés pathologî* quement) sont : i^ l'ëpithélium propre, dont quelques cellules ont deux noyaux, quand il est pavimenteux (foie, pancréas, parotide) ; 2° la paroi amorphe des tubes ramifiés ou non, ou des vésicules closes; 5<* les vaihseaux avec la trame de tissu cellulaire pourvu ou non de fibres élastiques avec des vésicules adipeuses quelquefois; 4<* nerfs; 5<^ fibres-cellules. Les glandes sont des parenchymes d'une structure complexe, offrant des alternatives de repos et d'action trèsprononcées à des intervalles de temps souvent très-rapprochés, sans régularité ni périodicité analogues à celles que présentent, sous 1 influence régularisatrice du système nerveux, les mouvements auxquels sont soumis les poumons (voy. Glàhoes, p. 87).

On les voit devenir le siège de productions très-variées, lorsque, abusant de la possibilité indirecte, mais volontaire, de les faire agir, nous le faisons sans aucune règle. Leurs épithéliums, partageant avec tous les autres la propriété de se développer et de se multiplier avec rapidité, compriment les éléments des tissus voisins, les envahissent en s'interposant à eux, et déterminent Tatrophie de ces éléments. Formant alors des productions épilhéliales friables, elles s^ dissocient, s'ulcèrent avec rapidité dès qu'elles ne sont pas recouvertes par lat. peau. Gagnant, d autre part, en profondeur, elles envahissent aussi les organes qui les touchent.

Tout parenchyme glandulaire opère une sécrétion spéciale, distincte des sécrétions générales qui ont lieu dans les autres tissus, tels que les tissu.^ séreux, muqucux, etc., et le produit contient quelque principe immédiat particulier, cristallisable ou coagulable, formé dans la glande, sans qu'il préexistât dans le sang.

Les mailles des réseaux capillaires qui se distribuent autour des tubes sécréteurs ou des vésicules closes peuvent être un peu plus ou moins serrées, mais elles conservent, à peu de choses près, la forme qu'elles ont dans le tissu celiulaîre. La disposition des capillaires n'a rien de spécial ni d'analogue aux dispositions particulières qu'on observe dans les parenchymes non glandulaires, tels qne le rein, le poumon, le placenta, etc.

11 est très-général de voir dans les glandes en grappe chaque cul-de-sac

.pins lar^e dans sdn milieu ou au fond que vers son point de communication

srec quelque autre ou avec le conduit excréteur commun. Ce fait est en rapport

^vec la nature de i'humeur du produit sécrété qui peut s'écouler lentement par on

orifice plus étroit que le doigt de gant dont la surface interne même a versé cette humeur. Il y a là une particularité qui est Tinverse de ce qu'on voit pour les amalicules retpirateurg terminaux, dits aussi alvéoles et godets pulmonaires, qui sont toujours plus étroits que leur orifice de communication avec les conduits aériens dans lesquels ils rejettent les gaz qui les ont remplis; ces conduits deviennent de plus en plus larges à mesure que Pou approclie davantage de la tncbée, et vice vend. Ce fait est en rapport avec la nature gazeuse du fluide qui entre et sort ici incessamment de la cavité et il concourt à montrer que, même au point de vue morphologique, le parenchyme pulmonaire ne saurait être comparé au glandulaire {voy. Gh. Robin, Sur V indépendance de la hronfkiie et de la pneumonie [Comptes rendus et mémoires de la Soc. de biologie. Paris, 1858, p. 93] ; Programme du cours d'histologie^ 1864 et 1872, p. 573, et LeçomMsur les systèmes anatomiques. Paris, 1876, p. 272).

Il y a dans les glandes deux choses différentes, ayant chacune leur structure propre. C'est, d*une part, le tissu sécréteur représenté par les culs-de-sac de chaque aeinus, ou tubes sécréteurs, portion sécrétante; il y a, d*autre part, la portkm excrétante ou conduits excréteurs. Chacune de ces portions a un épithêlium différent. Les parois n*ont pas non plus la même structure (oon. MoQOBux, p. 459).

Âiec rbypertrophie glandulaire il n*y a pas flux en excès : la partie sécrétante

do tissu «'hypertrophie, il est vrai, mais, pendant ce temps, parfois les conduits

exoélears s'atrophient. Ce fait coïncide avec les expériences de Cl. Bernard, qui

montrent qu'en poussant du suif dans le canal du pancréas, sur un chien vivant,

tonte la glande se résorbe, moins les conduits excréteurs : c'est-à-dire que toute

la portion sécrétante de Torgane disparait, tandis que la portion excrétante

persiste tout entière, au moins pendant plusieurs semaines après Tatropiiie des

acini. Or, dans l'hypertrophie des glandes en grappe, si un de leurs lobes ou

«me petite glande salivaire sous-muqueuse grossit, elle distend et comprime le

tissu cellulaire voisin, elle s'enkyste de la sorte, et, comme en même tenij)s le

canal excréteur s'atrophie, lorsque la résorption de celui-ci est complète, Tenkys-

lement est complet lui-même. Aussi trouve-t-on la glande ne tenant aux parois

ék kyste que par de fins vaisseaux ou de capillaires, et quelquefois dès l'inci-

fion des parois de l'enveloppe la tumeur sort brusquement de sa cavité.

Ajoutons que pour tout acinus ou grain glanduleux, comme pour tout follicule, il n'y a qu'un conduit excréteur, allant à la peau ou aux muqueuses, lorsqu'il ne va pas d'abord rejoindre auparavant celui de quelque acinus voisin. D*aQtre part, l'épithélium des culs-de-sac, comme tout autre, est polyédrique dans les conditions normales et non un épithélium sphéroïdal {voy. Sécrétion, p. 463j. Ce n'est qu'après gonflement cadavérique, au contact de l'eau, etc., surtout après isolement, qu'il prend cette forme.

11. Ststemb des paremchtmes ron glandulaires. Ils se divisent en deux groupes selon qu'ils sont excréteurs de principes formés dans des tissus éloignés iane on sans restitution endosmotique équivalente de principes assimilables «mpnmtés au milieu ambiant), ou le siège de la production d'éléments anatoniiqoes spéciaux.

A. Parenchymes non glandulaires purement éliminateurs. Leurs organes premiers sont :

a. Les reins:

h. Les follicules sudcripares ou excréteurs.

i53 PARENCHYME.

Il n*est guère douteux qu ils présenteraienl un aspect extérieur analogue h celui du rein, si, au lieu d*être disséminés plus ou moins loin les uns des autres, ils étaient accolés comme le sont les tubes urinifères {voy. SuDoaiPAaB).

B. Parenchymes non glandulaires endosmo-exosmotiques ou respiratoires. Les organes premiers fondamentaux sont ici : i^ les poumons et les trachéen des insectes pour les animaux à vie aérienne ; les branchies pour les animaux empruntant des gaz en dissolution dans Teau et rejetant des gaz à l'état liquide dans celle-ci ; 3* le parenchyme de la vésicide ombilicale (devenant placeqtaire sur les squales], remplissant un rôle principalement endosmotique durant la vie embryonnaire ; 4^ le parenchyme placentaire ou chorio-^iUaniaidien^ empruntant et rejetant des principes dans le milieu maternel ou dans le milieu ambiant sur les vertèbres ovipares.

C. Parenchymes non glandulaires producteurs d'éléments anatomiquei» Leurs organes premiers sont le testicule et Tovaire.

A ces parties similaires il faut ajouter pour ces deux derniers, comme pour le rein et même le poumon, des organes représentés par des conduits vecteur» différant de ceux des glandes, en ce qu*ils sont pourvus d*une couche musculaire ou au moins d'une muqueuse propre et distincte (uretère, canal déférent» trompe, trachée).

Contrairement à ce qui est pour les glandes, les parenchymes non glandulaires forment partout l'organe fondamental de quelque appareil (respiratoire, placen* taire, urinaire ou génital) auquel se trouvent annexées quelques glandes, comme partie constituante complémentaire. Celles-ci peuvent manquer d'une espèce animale à l'autre dans chaque appareil, ce qui n'a jamais lieu au contraire pour l'organe parenchymateux non glandulaire.

D. Les cryptes ou parenchymes phanérophores. Ces parenchymes, qui se rattachent tous au système dermo-papillaire ou de la vie animale, tout d'origine ectodermique, ont des parenchymes tous les caractères indiqués plut haut (p. 141) tant pour ce qui concerne leur provenance embryonnaire que pour ce qui regarde leur composition élémentaire et leur texture. Si au lieu d'être séparés les uns— des autres, isolés, disséminés sous la peau et sous quelques muqueuses, comm^ le sont d*autre part les follicules sudoripares, etc., ils étaient agglomérés comm^ le sont les ovisacs, etc., il n'est pas douteux qu'ils présenteraient un aspe&t parenchymateux du genre de celui qu'on observe sur Tovaire, etc.

Ils comprennent :

1* Les follicules et les papilles dentaires des aiguillons des Sélaciens, etc.» etc.

2<^ Les follicules et papilles pileux et plumeux.

3^ Les cryptes squameux.

4** Les organes premiers analogues des articulés, des annélides, etc.

Les attributs de ce système sont les uns d'ordre organique et relatifs à b production des dents, poils, plumes, etc. ; les autres sont relatifs à des actes de sensibilité spéciale, en tant qu'organes d'impression.

Comme pour la plupart des autres systèmes, leur étude n'acquiert tout loo intérêt qu'autant qu'on la poursuit d'une espèce animale à l'autre, de l'homme jusqu'aux articulés, aux mollusques, etc.

Ce sont, comme on le voit, les seuls parenchymes qui entrent comme organei plus ou moins accessoires dans la composition des appareils dont ils font partie, les seuls aussi qui se trouvent dans des appareils de la vie animale. Leur structmc les éloigne du reste des autres parenchymes tant glandulairei

que noo glandulaire et demeure plus ou moins analogue à celle de la muqueuse buccale el de la peau à laquelle ils sont annexés (voy. Dent et Pileux). Hais il est certain qu'ils conservent avec les parenchymes les analogies résultant de leur origioe embrjonnaire el fœtale par involution ectodermique et une structure à la fou épithéliale et nosodermique vasculaire.

Enfin ik sont aussi continûment générateurs d'éléments anatomiques spéciaux par modifications directes des cellules épilhéliales et génétiquement.

Sur les vertébrés deux ordres de différences séparent les cryptes, ou follicules portant une /Nipi^ à leur fond, des culs-de-sac ou des vésicules closes, etc., des antres parenchymes.

La première concerne leurs épithéliums. Tous sous des épaisseurs diverses présentent les trois couches épithéliales dites basilaire^ couche de Malpighi et coutke eomée^ en continuité avec les mêmes couches dans Tépiderme. Au fond du follicnle, on suit la même continuité de ces couches de la surface de la papille dans les poils et les plumes formés de cellules épithéliales monologues etmicuiil au même titre que les cellules épithéliales cutanées {voy. Génération, p. 420, et Peau).

Dans les autres parenchymes non glandulaires et surtout dans les glandes au contraire, en passant de la peau à leurs canaux excréteurs, et surtout en suivant plus probodànent ceux-ci, des troiscouches épithéliales ci-dessus on n*en trouve bientôt plus qn*nne : c'est l'honiologue de ce qui est hcouche basilaire dans l'épiderme.

Les glandes et les parenchymes, agissant par excrémentition en particulier, n'ont d'antres cellules épithéliales que des homologues de celles de cette couchelà. C'est cet homologue seul de l'épithélium basilaire qui remplit dans ces parendiynies le rôle élaboraleur tant secrétaire dans les glandes qu éliminateur dans le rein, etc., qui est caractéristique et spécial pour chacun d'eux (p. 141- 142). C'est lui qui est le siège non-seulement du rôle physiologique indiqué plus loin, mais encore des altérations morbides qui caractérisent les tumeurs de ces parenchymes. En effet, tandis que sur la peau et les muqueuses atteintes d'affections homologues les cellules de la couche basilaire offrent seules des modifications de même genre; les cellules des couches cornée et de Malpighi, conservant leurs caractères jusque dans leurs altérations, apportent là, au contraire, des particularités pathologiques qu'on ne trouve pas dans les glandes. Ce sont, en un mot, celles qui séparent ce qu'on appelle le cancroïde de ce qui est nommé le cancer.

L'autre ordre de différences entre les cryptes et les parenchymes précédents poite sur la constitution de leurs parois propres. Celles-ci, outre leurs relations avec la constitution du derme avec lequel elles se continuent, offrent cette particularité que leur fond est muni d'une papille; celle-ci est un homologue des papilles cutanées et des muqueuses dermo-papillaires, sous les divers rapports de leur mode de naissance embryogénique, de structure et souvent de brme. C'est à tort que ces papilles, en raison de leur volume rendant facile la nûie en évidence de leur consistance propre, ont reçu les noms depulpe dentaire f dephmes, etc.

Pour le follicule dentaire en particulier, c'est sa paroi qui, née avant l'os des maxillaires, se trouve graduellement circonscrite, entourée, comme pressée, entre cet os en dehors et le cortical osseux^ de la formation duquel sa face interne est te siège (voy. Os, p. 156). C'est cette paroi folliculaire devenue ainsi inlerosseuse, n^ace, très-adhérente à ïo» par ses deux faces, qui, tout en consenaalsa ^Icxxc-

i54 PARENCHYME.

ture choriale propre, forme ce qu on appelle le périoste alvéolo-dentaire {voy. Dent, p. 50 et 108).

A la face profonde ou externe de cette paroi folliculaire, ses capillaires se continuent dans i*os maxillaire comme le font ceux du périoste ; mais son origine dermique et sa structure plus complexe montrent qu'elle np saurait être assimilée au périoste autrement que de nom {voy. Lamineux, p. 269). On voit de plus que, quels que soient les progrès de Tâge, elle ne disparaît pas, comme le fait le tissu cellulaire périostique aux sutures du crâne.

A ces divers points de vue, ce serait donc une erreur formelle que de vouloir nier Texistence de cette paroi sur Tadulte, aussi bien que de chercher à la considérer comme un homologue du tissu fibreux des ligaments, etc.

§ YI. Du ROLE PHYSIOLOGIQUE DES PARENCHYMES. Lcs paretickymes non glan" dulaires doivent ici être examinés en premier lieu. Chacun d*eux en effet constitue Torgane fondamental d*un appareil, ce qui n*est pas pour les glandes. Le rôle rempli par ces parenchymes spécifie les fonctions ; rien de plus net à cet égard que ce fait pour chacun.

Ce qui se passe dans le parenchyme pulmonaire caractérise la respiration ; ce qui se passe dans le parenchyme rénal caractérise Tessentiel de Turination, et ainsi des autres pour les divers parenchymes non glandulaires {voy. à cet égard Organe, p. 455, 1*>, 2% 3«, 4» et 5«; p. 454, fc, et Skxb).

Ce qu*il y a de commun dans les actes accomplis par les parenckymes glanr dulaires en général consiste en Temprunt au plasma sanguin de principes immédiats rpjetés ensuite, avec formation de principes qu*ou ne trouve que là, par répithélium des glandes à Texclusion des autres parenchymes. A ce point de vue une différence importante doit encore être signalée. Dans les parenchymes non glandulaires, chacun d*eux constitue Torgane fondamental de quelque appareil dont la fonction s*exerce continûment, la génération exceptée. Aucun de ceux-ci n*cst le siège d'une formation de principes immédiats caractéristiques, mais, quelle que soit la divei^sité d action de Tun à Tautre poumon, placenta» rein, follicules sudoripares, etc., il y a continuité de fonctionnement de ces organes, tant qu'ils existent. Cela est en particulier pour ce qui concerne le placenta proprement dit, le placenta vitellin des Sélaciens, sauf aussi les conditions d'âge et autres pour le cas de l'ovaire et du testicule.

Sauf ces cas, là il y a dans les autres parenchymes non glandulaires continuité d'action, avec uniformité même en ce qui louche le poumon et le placenta, diminutions ou augmentations variables d'intensité pour ce qui concerne le rein, les follicules sudoripares et le testicule.

L'action des glandes ou parenchymes glandulaires, au contraire, ne présente pas les intermittences proprement dites dont les actions nerveuses et musculaires sont parfois le siège ; mais pour toutes, sauf peut-être les glandes sébacées, pitnitaires, lacrymales, et les glandes vasculaires, elle est discontinue ou au moini réduite à un minimum infinitésimal, avec interruptions normales plus ou moins longues ; elle n'a lieu que sous l'influence de la présence, toujours temporaire, d'un excitant de telle ou telle sorte, selon la nature de l'appareil auquel les glandes sont annexées. Ce stimulant peut être normalement de provenance extérieure, comme dans le cas des glandes salivaires, gastriques, etc., d'ordre orgtnjque, comme tel ou tel état physiologique d'un appareil, dans le cas des glandes mammaires, de Héry, etc.

On ne ^it d'exception à Tensemble de ce qui précède que pour les parenchymes représentés par les follicules dentaires, pileux, plumeux, etc. (p. 152). C'est-à-dire que les uns et les autres ne remplissent qu*un rôle accessoire, dans U fonction de digestion pour les premiers, dans celles de la vie animale ou de relation pour les autres, eu ^ard au toucher particulièrement et à ce qui des usages de la peau se rattache à la protection de Tindividu spécialement.

lÙUe spécial de^ parenchymes glandulaires. Les glandes sont des producteurs de principes immédiats, sous forme d'humeurs {voy. Orgahe, p. 437 et suiT.), pour ce qui concerne les glandes à conduits excréteurs. Ces principes sont au contraire versés isolément dans la lymphe ou dans le sang qui sort du parenchyme, pour le cas des glandes sans conduits excréteurs ou vasculaires, tant sanguines que lymphatiques.

L'acte moléculaire essentiel ou de sécrétion dont elles sont le siège se passe daus riniimité de leurs cellules épithéliales.

Toutes les glandes ne font que remplir un rôle spécial de perfectionnement, mais accessoire au fond dans Taccomplissement de telle ou telle fonction, sans accomplir nulle part elles-mêmes l'essentiel d'une fonction à la manière de ce que font les parenchymes non glandulaires (p. 152, G), poumon et placenta, iestîcole et ovaire, etc.

Quoi qu'en pensent, explicitement ou non, ceux qui vont répétant la formule erronée disant fonction de sécrétion^ Tensemble des glandes ne constitue pas un appareil ; l'acte de sécrétion dans ce qu'il a tant de commun que de caractéristique pour chaque glande ne représente pas un concoui*s vers l'accomplissement d'un but commun [voy. Organe, p. 448 et suiv ).

Ce qui est au contraire, c'est Tannexion de glandes à tous les appareils, même le nerveux central (glandes pinéale et pituitaire), en tant qu'organes accessoires. Celui qui en contient le plus est le digestif, d'un bout à l'autre, glandes concourant toutes, à des degrés divers, par les humeurs qu'elles produisent et versent, à l'ingestion, puis à In liquéfaction qui est le but à atteindre pour qu'il y ait digestion, et finalement à Tabsorption consécutive.

Viennent ensuite l'appareil générateur (voy. Fécondation et Sperme), chacun des appareils des sens (y compris le toucher par les glandes sébacées) et enfin les appareils respirateurs par les glandes trachéales, de la phonation, etc., Ch. Robm (voy. Tableaux d^anatomie, 1850, 2* tableau et suivants).

Partout ici également c'est un rôle plus secondaire encore que dans l'appareil digestif, c'estr-à-dire de moins en moins indispensable, que remplit le produit liquide des parenchymes glandulaires prenant part comme organes accessoires à la constitution de chaque appareil.

Les glandes sans conduits excréteurs ou vasculaires, tant sanguines que lymphatiques, toutes, y compris sans doute les follicules clos isolés et agminés des naqueuses digestives (voy, Muquedx, p. 446 et 453), sont des organes anenoires du groupe des parenchymes, qui sont spécialement annexés à l'appanâde la circulation.

l eoeore ce n'est pas d'une manière indifférente ou arbitraire qu'est établie cette Kaison des glandes aux vaisseaux ; c'est spécialement au contraire à ceux qui remplissent le rôle de veinet portes que sont liés ces parenchymes (voy. HiTE, p. 4H-414).

Aux principes immédiats spéciaux produits chimiquement par chaque glande, U'état d'occlusion nécessaire pour la circulation dans l'appareil vascuWwe, cot-

respond inévitablement Tabsence de conduits excréteurs des parenchymes annexés. Par suite, aux principes immédiats spécialement formés dans chaqne glande à follicule clos ne se trouvent pas ajoutés d*autres principes liquides par ceux-ci de manière à former une humeur comme dans les autres glandes. Les composés chimiques formés par sécrétion, principes soit coagulables, soit cristallisables, passent ici individuellement du tissu propre de Torgane dans la lymphe ou dans le sang qui sortent de ce dernier (voy. Lymphatique, p. 463). D'où les modifications de ces humeurs constituantes par ces produits.

Inutile d'insister sur ce qu'il y a là de commun physiologiquement entre ces glandes et celles à conduits excréteurs, savoir la formation de principes immédiats spéciaux pour chacune, puis ce qu'il y a de différent, savoir l'addition aux produits essentiels de ces dernières de principes immédiats communs à toutes les parties de l'organisme : d'où une production plus ou moins fluide et évidente.

Il est bien entendu qu'il n'est pas question dans ce qui précède des glandes pinéale, pituitaire, amygdales, coccygiennes, intercarotidienne, sans conduits excréteurs, mais dont les relations fonctionnelles intimes avec les appareils qui les portent restent encore à déterminer.

Il importe actuellement de préciser en quoi consiste l'acte moléculaire même, qui est commun à tous les parenchymes glandulaires, avec ou sans conduits excréteurs, en même temps qu'a lieu la formation d'autant d'espèces de principes ou produits différents qu'il y a d'organes premiers (ou glandes) distincts dans ce système, c'est-à-dire de conditions particulières de cette formation.

Étymologiquement sécrétion veut dire aussi bien choix que séparation^ dior crise, sélection et ségrégation.

Excrétion veut dire aussi séparation^ mais plus spécialement dehors ou apo — crise et expulsion {voy. plus loin, p. 165-164).

Les progrès de la physiologie ont montré qu'il n'y a sécrétion, dans le sen^ grammatical du mot, triage suivi de mise dehors, que dans certains des /Miren— chymes non glandulaires, le rein et les follicules sudoripares.

Mais ici rien de mieux caractérisé que le fait du simple enlèvement au sang afférent de principes cristallisables provenant de la désassimilation de h généralité des tissus, ou accidentellement introduits en excès dans le plasma sanguin (voy. Plasma). Le sang efférent au contraire ne contient plus de ces principes qu'une minime proportion. Gomme pour les humeurs d'origine glandulaires il y a autant d'eau enlevée au sang qu'on en trouve dans l'urine ou dans la sueur. Les autres composés de l'urine, etc., sont les types chimiques ' des excréments réelSy c'est-à-dire autres que des résidus de la digestion. C'est cette séparation que j'ai appelée Vexcrémentition^ en raison de ses différenoes ^ avec la sécrétion proprement dite dont sont le siège les parenchymes glanda* * laires, bien plus nombreux que les précédents. Excrémentition n'indique, il est ^ vrai, que le résultat de l'acte de séparation, mais au moins ce terme a'avanos ' aucune hypothèse touchant au mécanisme moléculaire, au fond encore inconna de cet acte, en ce qui touche son intimité substantielle entraînant la séparation de certains principes à l'exclusion des autres. Il est certain toutefois qu'il s*igil ici d'une question de relation entre les propriétés chimiques des composés (pi sont dans le plasma et de ceux dont sont formés les capillaires, la paroi pro|ve des tubes et les épithéliums du rein, etc. L'excrémentition est donc 1* action moléculaire par laquelle le rein^ les fuM'

nda sudaripareê, le poumon et le placenta rejettent hoi*s de Torganisme, dans la totalité duquel ils se sont formés par désassimilation, les principes cristallilaUes précédents, qui sont en effet les excrément* réeh ou proprement dits, dîstinets des exerémenU résidus ou résiduels de la digestion (voy. Organes, p. M9, 4S8, 439. et Développement).

Ici riction spécialement exercée dans le rein et les sudoripares par leurs épithéliams ne consiste donc plus dans la formation de principes immédiats, cristallisables oa non, qui n'existent ni dans le sang artériel, ni dans le sang veioeox; elle consiste en un fait de déshydratation des albuminoïdcs du sang, qui laisse exosmotiquement passer avec Teau les principes cristallisables d*origiue organique ou de désassimilation plus ou moins solubles, jusque-là en dissolution dans les albuminoîdes mêmes.

Ihi {ail capital distingue d'une manière caractéristique Vexcrémentition de toute sécrétion proprement dite, récrémentitielle ou glandulaire; c'est que, dans les ghodes vasculaires sanguines, ainsi que dans le foie pour le sucre, on ne trouve pas les principes nouvellement formés dans les artères ou la veine porte, tandis qu*on les trouve dans les veines venant de ces glandes ; c'est que, dans les glandes mammaire et autres à conduits excréteurs on ne trouve les principes fi'elles forment ni dans leurs artères, ni dans leurs veines, mais seulement dans le liquide sécrété; au contraire, sur les parenchymes non glandulaires (reio, etc.), on trouve les principes du liquide excrémentitiel dans le sang artériel qui arrive ai^ tissu, et on ne les trouve plus dans le sang qui Ta traversé, dès qu'il arrive dans les veines où ce sang entre dépuré.

K)ouions qu'en même temps qu'a lieu Vexcrémentition, par issue des principes bots des capillaires, il y a dans ces derniers pénétration endosmotique inverse de principes en quantité équivalente à celle dont a eu lieu la séparation dans les branchies, les poumons et les placentas {voy. Organe, p. 453).

Caractéristique des actes accomplis par les parenchymes glandulaires. On voit déjà que dans ce passage exosmotique de tels autres principes, aussi bien qu'à la surface des membranes séreuses et autres (voy. Séreux, p. 307), 3 y a autre chose qu'une jiltration^ qu'une transsudation^ que l'action d'un plire sélecteur; ces désignations donnent même une idée fausse ou au moins ineomplète de la nature des phénomènes (voy. Glandes, p. 75, et Sécrénoa, p. 62).

Dans les parenchymes glandulaires ou glandes il y a d'abord de leur part à réprd du sang : triage, choix^ puis mise dehors d'un certain nombre de piîiiâpes tels qu'ils existent déjà dans le plasma ; mais de plus il y a forma» ikm, de principes immédiats qu*on ne trouve que là où ils se forment et sont versés, principes qui ne se rencontrent ni dans le sang artériel ni dans le sang veineux pour les glandes à conduits excréteurs ; qui ne se trouvent que dans ks glandes sans conduits excréteurs et leur sang veineux, pour le cas spécial éecelle»-ci.

Cest cette formation^ chimique ou moléculaire au fond, véritable épiplasie (dans le sens chimique) de principes immédiats, qui caractérise ce qui se passe dans ce qu'on a toujours appelé les glandes proprement dites, les parenchymes glaadnlaires; épiplasie qui est la caractéristique de l'essentiel de l'acte formateur Inj humeurs récrémentitielles et récrémento-excrémentitielles (voy. Organe, ?. 457458).

lte« d^accampliisement des actes propres aux parenchymes glandula\re%*

On sait de plus : i*" que les cellules épithéliales des glandes, c'est-à-dire celle de leurs ]>arties qui est d*origine soit ectodermique, soit endodermique, sont le lieu {locus régit ac(tim), le siëge de cette ejpip/aste;2<» que presque simultanément à cette épiplasie les principes immédiats épiplastiques et spéciaux à chaque espèce de glandes sortent de ces cellules par exosmose, en môme temps que ceux qui simplement séparés du sang ne font que les traverser pour tomber : {• dans les culs-de-sac glandulaires à conduits excréteurs; 2® dans les vésicules closes sans conduits excréteurs, d*o& ils repassent dans le sang veineox seulement.

Là est la caractéristique de ce qu'on appelle communément les 9écrétian$ proprement dites et de ce qui distingue on ne peut plus nettement celles-ci de Vexcrémentition {p. 156).

Nous connaissons {voy. Organe, p. 429, 450 et 445) les conditions générales de cette épiplasie survenant dans les épithéliums et de quelle propriété' de tissuSf la nutrition^ elle représente un cas particulier, avec autant de variétés qu'il y a d'espèces de glandes.

On sait aussi que cette épiplasie est spécialement un cas particulier de l'oiiimilcUion dans la formation de tous les principes albuminoïdes ou coagtdaUes des humeurs qui en renferment quelqu'un les caractérisant (caséine dn lait, etc.).

Le complément de cette caractéristique a été donné ailleurs (voy. Moqueux, p. 463). Hais encore est-il qu'il faut spécifier qu'en nombre de^cas (salives» pepsine, pancréatine, etc.) cette production de principes immédiats dans ces conditions est déjà un dédoublement d* albuminoïdes complexes en d'autres plus simples, dans le genre de ce que sont les peptones par rapport à la géline on osséine, à la musculine, etc. (voy. Principes immédiats).

L'acte qui caractérise la sécrétion dans les séreuses est au fond de même ordre que celui qui a lieu dans les glandes pancréatiques, etc. Il consiste en la formation par les séreuses d'un principe immédiat coagulable caractéristique des sérosités (voy. Séredx), la tnétalbumine, formation ayant lieu à l'aide et aux dépens de la plasmine du sang {voy. Plasmine). Il y a là physiologiquement» en raison de ce qui s'opère dans les épithéliums, un dédoublement analogue i celui qui physiquement détermine dans l'économie comme au dehors la fomMK tion de fibrine naturellement solide d'une part, de métalbumine liquide qui reste dans le sang de l'autre.

La sécrétion par la séreuse consiste ici en un dédoublement de la plasmine en métalbumine, qui passe dans la cavité close avec des autres principes immédiats trouvés dans la sérosité, et en quelque isomère liquide de la fibrine qui reste dans le sang.

Il y a là au fond production par les séreuses d'un albuminoïde liquide à It manière de ce que les glandes mammaires, pancréatique, etc., font lors de la formation de la caséine, de la pancréatine, etc. Ici enfin le fait de la formation de la métalbumine comme principe immédiat caractéristique des sérosités classe nettement ces dernières parmi les humeurs sécrétées^ les sécrétions, distinctes des exhalations^ au même titre à ce point de vue que le font le lait, les salives, etc.

Notons en outre que dans les cas d'inflammation des séreuses la production du liquide surabonde en même temps qu'est plus ou moins modifiée et diminuée la production de la métalbumine, c'est-à-dire l'acte qui caractérise la sécrétion

séreiue. la plasmine passe alors dans le liquide en tant que plasmine. Au point de ¥ue de la formation de la (ibrine, elle se comporte ensuite dans les sérosités plasmatiques et hydropisiques retirées comme elle le fait dans le plasma de la saignée, ce qui caractérise les pleurésies et les hydropisies dites fibrùêenses.

Ainsi dans le cas des tissus disposés en membrane et même simplement mis il OD Tanalyse comparée du plasma sanguin et du liquide sécrété, dit exsudé, montre aussi que, outre le choix^ en rapport avec la composition immédiate des éléments da tissa de certains principes, ou de certaines proportions des principes de ce plasma partout le même, il y a en outre formation de principes nouveaux, dorant le passage des premiers au dehors, au travers des éléments de la trame séreuse et de sa couche épithcliale.

l]n fait non moins caractéristique de la physiologie des parenchymes glandulaires est que : dans la production de toutes les humeurs à principes immédiate eœMiielM crislallisabks cette épipUuie est un cas particulier de la désassimila'tion, de l'apparition de principes cristallisables pour désassimiloUon^ dans les eoaditîoas dites de la désassimilation par dédoublement, etc., se produisant ta quelque sorte en excès par rapport à ce qui est dans la nutrition générale. Tel est le cas pour les principes caractéristiques de la bile, pour le sucre de lait, etc. (roy. Obcarb, p. 427).

L'^iplasie de ces principes, en un mot, correspond à la désassimilation des tissiisen général, par ce fait que, comme dans ces derniers, ce sont des principes cristallisables n'existant ni dans le sang artériel, ni dans le sang veineux des •(^landes qui se forment dans Tépithélium même de celles-ci. Mais, à part les sécrétions sébacées et du beurre, ceux des principes ainsi formés qui remplissent dans ces humeurs le rôle physiologique essentiel sont tous des composés cristallisables, d'espèces chimiques autres que ceux qui viennent de la désassimilation des tissus cellulaires osseux, musculaires, etc., ou mésodermiques proprement dits.

Ici cette production du |sucre de lait, du taurocholate de soude, etc. (voy. Bile), est due à des dédoublements chimiques de même ordre que ceux qui »e passent dans les tissus en général, mais poussés plus loin en quelque sorte 4ue les dédoublements qui donnent lieu à la formation de principes coagu- Uble8(p. 158).

Dana les épithéliums des glandes vasculaires ou sans conduits excréteurs ce sont sans doute des phénomènes de même ordre que les précédents qui se passent et amènent la formation soit de principes coagulables, soit celle de composés cristallibles. Toutefois rien encore ne peut fixer à cet égard.

Quoiqu'il en soit, tout ce qui précède s*ajoute à ce qu'on sait de la génération, etc., des épithéliums, pour montrer que, loin d*étre des produits de sécréa^j ee sont précisément eux qui sont le siège, les agents des sécrétions.

Les Anciens disaient que l'excrétion suppose la sécrétion, sed non vice versa. Cda est vrai, car on voit la sécrétion telle qu'elle a été définie (p. 157) continuer èïonumVexcrétion est empêchée, et conduire surtout à la formation de kystes. Mais il D*est pas moins certain que, comme pour la nutrition en général (voy. Obgave, p. 425), la formation moléculaire ou chimique de principes dans l'intimité des cellules est suivie de leur issue hors de ceux-ci, sans quoi le produit ne servirait à rien. Il est facile de comprendre que dans le cas particulier de la ^rétion ou épiptasiCf comme dans le cas général de la nutrition, cette issue

est une des conditions fondamentales d'existence de Torganigme même. Il n*est pas jusqu'aux glandes sans conduits excréteurs qui ne gardent rien de ce qu'elles sécrètent.

C'est manifestement pour n'avoir tenu aucun compte des données précédentes que quelques auteurs ont confondu les productions ayant lieu dans l'intimité deâ cellules et y séjournant (voy. Adipeux et Régression) avec les sécrétions et considéré la graisse des vésicules adipeuses comme un produit de ce genre.

Quant à l'issue des principes sécrétés, qui est ici manifestement de suintement moléculaire exosmotique (voy, Moqdeux, p. 463), et ainsi le plus généralement dans le cas de l'épiplasie intra-cellulaire de composés chimiques non miscibles à l'eau et aux albuminoïdes, elle a lieu pour le cas du sébum par la rupture des cellules mêmes dans l'intimité desquelles l'acte formateur s*est passé [voy. Sébacées (Glandes), p. 383, 389, et surtout 391]; pour le cas des globules du lait, ce n'est plus qu'un glissement de chacun d'eux au travers de l'épaisseur peu considérable de la substance molle de toute cellule ëpitbéliale des culs-de-sac mammaires, jusqu'à leur issue hors de chacune de celles-ci qui n'en est pas lésée et jusqu'à leur arrivée dans le sérum qui distend d^jà plus ou moins ces culs-de-sac.

L*exposé des notions précédentes fait reconnaître aisément ce qui a mené quelques auteurs à regarder les testicules et l'ovaire comme des glandes opérant des sécrétions morphologiques (voj^. Glandes, p. 87), puisa croire à l'existence de glandes vraies et de fausses glandes, etc., etc. Ils n*ont en effet été conduits à de pareils paralogismes que parce qu'ils n'ont pas tenu compte des particularités anatomiques et physiologiques qui dominent toute l'étude de la sécrétion d'une part, de Vexcrémentilion de l'autre; ils n'ont pas tenu compte : lo de l'existence des principes immédiats du sang artériel comparativement à ceux du sang qui sortent des glandes d'une part, à ceux qui constituent le liquide produit de l'autre (p. 1 57) ; 2*^ du mode d'origine embryonnaire épithélial et mésodermique à la fois, des parenchymes; fait qui rend compte en même temps de leur structure complexe et de leurs propriétés, comparativement à celles des autres tissus, y compris les tissus qui sont le siège de la production et du développement d'éléments anatomiques (p. 152, C); ce qui précisément est la contraire de la production d'une humeur, d'une sécrétion; 3* ils n'ont pis tenu compte surtout de la nutrition ou rénovation moléculaire continue, dont la sécrétion et même Vexcrémentilion ne sont que des cas particuliers (p. 156), des conséquences directes.

Pour les sécrétions pigmentaires telles que la pourpre, l'encre des Céphalopodes et cireuses, le mécanisme de leur production diffère en quelques points de ce qui vient d'être dit. Ce n'est plus ici une élaboration dans laquelle \» principes caractéristiques formés restent unis molécule à molécule aux éléments formateurs et invisibles dans leur masse, jusqu'à ce qu'ils suintât à leur surface, pour tomber dans la cavité du tube qu'ils tapissent ou soient entraînés par un afflux de liquide, liquide qui traverse le cul-de-sac glando* laire et son épithélium, sans détruire ni entraîner nécessairement celui-ci i chaque fois.

Dans les glandes sébacées (voy. Sébacé), celles qui forment les cires dei

abeilles et de quelques bourdons, les laques, les gouttes ou les granules pig-

meataires plus ou moins gros et plus ou moins irréguliers de mélaïne àsm

l'eocre des céphalopodes, du principe de la pourpre, etc., on voit ces corpuscules (oojf. ÉPiTHéuoM et Mélanose), de composition et de teinte diiïérentes selon Tespèce de glandes, très-fines d*abord, puis de plus en plus grosses, $e former autour du noyau qui est au centre de la cellule. Chaque goutte occupe alors une cavité qu'elle remplit, cavité dont sa production a déterminé l'apparitioa. On ne voit aucun liquide interposé entre elles. La paroi est fonnée par la substance azotée du corps de la cellule; les contours indiquant ses faces interne et externe 'sont bien marqués et leur écartement indique répaissear de cette paroi.

Au fur et à mesure que le nombre et le volume de ces granules pigment taires ou de ces gouttes huileuses, résineuses, cireuses, etc., etc., à contour foocév vont en augmentant, la cellule devient plus grosse et sa paroi plus mince. Bientèt cellenû se rompt, et le contenu, qui forme une masse plus considérable que la para de cette dernière, devient libre et entraine avec elle cette paroi réduite k une miuce pellicule {cellule secrétoire de quelques auteurs) qui, tantôt se liquéfie ou tantôt se retrouve dans le liquide, ou du moins mêlé à lui dans les cab-de«ic glandulaires ou dans le canal exci-éteur.

Ce mode de production des liquides sécrétés est connu sous le nom de secretionpar déhiêcence. Il n*est pas vrai que toutes les sécrétions aient lieu d'après ce mécanisme, comme beaucoup d'auteurs l'ont admis longtemps. 11 est au con- Inire restreint au petit nombre de cas. 11 diffère de ceux dont il a été précédamnent question, en ce que, pour ceux-là, le rôle élaborateur dévolu aux épitbéliams s'accomplit dans toute leur épaisseur sans que son accomplissement entraîne la destruction immédiate de chaque cellule.

Avant de se rompre, la cellule pleine de gouttes de cire, etc., est déjà écartée (le la paroi glandulaire contre laquelle elle s'est individidualisée; elle en est <^:artée par une nouvelle couche de noyaux et de matière amorphe se segmentant autour de ceux-ci comme centres pour former de nouvelles cellules. H y a parfois même des cellules qui tombent et sont entraînées par l'humeur sécrétée sans qu'elles se soient rompues ou qui restent imparfaitement pleines des gra- Qnles ou des gouttes colorés, graisseux ou cireux.

Ce mode de sécrétion, le moins répandu sur les animaux. Test beaucoup plus dans les plantes, oh cependant il existe aussi des cavités glandulaireSf circonscrites par des cellules plus ou moins nombreuses. Sur les végétaux bien plus soavoot que sur les animaux les produits huileux, résineux ou formés par des essences, sont associés à des liquides aqueux ou mucilagineux. La non-miscibililé de ces principes à l'eau et aux principes albuminoïdes fait que chez les animaux on ne trouve plus entre le produit sécrété et les cellules épithéliales l'analogie de composition immédiate et de propriétés qui est si frappante dans les mucus et dans les sécrétions récrémentitielles (voy. Organe, p. 428).

C'est de ce mode de sécrétion qu'il faut rapprocher celui qui a lieu dans les glandes uni-cellulaires des chenilles urticantes et d'autres insectes. Placées sous la peau proprement dite de ces animaux, elles ont une cavité pleine de liquide, coloré ou non, cavité se prolongeant sans discontinuité dans celle d'un poil traversant le tégument chitineux et faisant saillie à la surface du corps ; la cavité da poil est pleine de liquide et sans orifice à l'extérieur, de manière que le floide ne sort que lorsque la cellule s'ouvre par rupture du poil servant

^ canal excréteur.

Cest enfin de ce même mode secrétoire que doit être rapprochée la çroducr

r s. lïh \\

tiou et l*excrétioii du liquide hyalin des cellules ou vésicules uriicantes intracutanées ou sous-cutanées des actinies, des polypes médusaires, hydraires et autres; cellules qui contiennent en même temps soit des corpuscules bacillaires, soit des crochets, avec ou sans fil, et doivent être plutôt rapprochées desépithéliums glandulaires que des cellules épithéliales cutanées proprement dites.

Dans certaines de ces glandes les principes essentiels restent sans production simultanée de liquides aqueux ou séreux. Les gouttelettes qu'ils formaient se soudent ensemble soit dans les cellules, soit lors de leur rupture. Il en résulte alors des humeurs homogènes qui, selon la nature des produits, sont tantôt liquides ou demi-liquides, huileuses comme matière sébacée proprement dite et pure de Tbomme, de plusieurs autres Mammifères, des oiseaux, etc. Dans certaines de ces glandes au contraii*e les liquides ainsi produits se concrètent dès qu*ils deviennent libres, comme on le voit à des degrés divers pour la sécrétion cireuse des abeilles, versée d*abord au fond des aires cirières entre les anneaux de Tabdomen; c*est ce qui a lieu aussi pour, les kques des coccus et de quelques cynips. D*autres fois ce passage à Tëtat concret ou demi-concret oe survient que peu à peu après le déversement du produit; c*est ce qu*on voit pour le cérumen, le musc des chevrotains et des crocodiles, le castoréum, la civette, etc. ; ce phénomène peut ne survenir qu'après révaporation des principes volatils et odorants ou non, aixompagnaut ceux qui sont fixes, comme on le voit pour le produit sécrété par les punaises, les brachines, etc. (voy, Suoobipabe).

Dans beaucoup d autres glandes, pendant que se forment dans les cellules les gouttes graisseuses, colorées, etc., ces cellules sécrètent en même temps (voj/. Sébacé, p. 391) un liquide soit séreux, soit muqueux, dans lequel les gouttes du produit caractéristique restent en suspension émulsive, sans se fondre entre elles, ni dans ce dernier avec lequel elles ne sont pas miscibles. De là résultent les liquides émulsifs laiteux ou jaunâtres, tels que le liquide des glandes des appendices mâles des Plagiostonies, des glandes parotides à venins des crapauds, des urodèles, celui des glandes cloacales, des mêmes animaux et des Ophidiens, celui des dytiques et des gyrins, etc.

En même temps sont produits les principes volatils odorants propres à un grand nombre de chacune de ces diverses espèces de glandes ; principe dont la nature reste eucore à déterminer pour la plupart, sauf quelques espèces de principes gras volatils, comme les acides hircique, butyrique, etc., dans les matières sébacées.

Hais on ne sait rien de la nature des prijncipes qui doiment leurs odeurs d*ail, de moutarde, de sulfure d*arsenic, de poudre brûlée, etc., que répandent certaines de ces humeurs chez les Mammifères, les Reptiles, les Insectes, etc. li en est de même de ceux qui donnent leur odeur aux matières des glandes latérales des musaraignes, caudales des desmans et des ondatras; de ceux qni donnent au produit des glandes anales des chiens, etc., Todeur de fiente à renard iraiche qu'elle présente loisqu'clle sort de ses conduits excréteurs.

Dans tous les cas précédents quelconques, normaux ou anormaux, relatifs aax produits versés par les parenchymes ni les principes immédiats propres à chaqoe 9éci*éiion, pour le cas des glandes, ni les principes qui à côté d*eux demeurent tels qu'ils étaient dans le plasma sanguiu dont ils viennent direclemeu^t ((ait oui est le même encore pour la totalité de ce qui forme l'urine, la sueur, Texhalation pulmonaire, etc.), rien n'est le produit d'une prétendue et fictive iôfO-

luUoH des edloles ^îthéliales, de quelque espèce de parenchyme que ce soit.

Le rôle élaboniteur des parois glandulaires est donc dévolu principalement à répithëlium qui tapisse les culs-de-sac glandulaires pancréatiques, salivaires, du les follicales gastriques, etc. Ce sont les épithéliums qui font subir des inodiâcalions aux matériaux fournis par le sang, et ces épithéliums restent en quelque sorte gonflés et remplis par les principes caractéristiques des humeurs biliaire^ saliTaire, pancréatique, jusqu'au moment oîi il y a une surabondance de sang dans les capillaires de la glande ou de la muqueuse. Alors, par suite de cette surabondance de sang il y a une plus grande quantité de liquide qui passe des capillaires dans le tube de la glande ou à la surface de la muqueuse ; à ee moment, les principes caractéristiques de Thumeur dont les épithéliums étaient chargés se trouvent entraînés dans la cavité même des tubes glandulûres oa à la soperficie de la muqueuse. Ainsi, il ne faut pas croire qu'an moment oh la salive est versée surabondamment dans la bouche les principe» <'aradériUiqMe» que Ton trouve dans ce liquide soient formés instantanément, fis existaient dans les cellules épidiéliales, ils y étaient accumulés et ils sont, à un moment donné, entraînés dans ce tube glandulaire et versés à la surface de h bouche. Il en est de même pour les liquides pancréatique, biliaire, etc. Ils âont produits petit à petit dans les épithéliums, et c*est là un acte de leur rénovation moléculaire nutritive propre, qui dure jusqu'au moment où ces épithéliums se Irouyent traversés par une grande quantité de liquide qui les entraine; ce qnTI lait en quelque sorte avant que par dédoublement désassimilateur elles loioit arrivées à Télat de principes cristallisables azotés d'origine organique.

Gel acte ne s'observe pas seulement sur les épithéliums glandulaires ; il a lieu SUT tons les épithéliums sans exception, mais avec des différences d'énergie d'une variété à l'autre et selon qu'il offre tel ou tel mode dans l'arrange^ ment de ses noyaux ou de ses cellules. C'est là ce qui fait que les muqueuses déjpourvues de glandes, comme celles de la vessie et du vagin, sécrètent des mvcmt ayant certains caractères communs, tandis que les glandes sécrètent de leur côté des liquides spéciaux, se signalant à côté des premières par des propriétés caractéristiques plus tranchées, dues à des principes immédiats, spéciuux également, qui se forment dans ces glandes (voy. Noqueux, p. 463, 465). Ces données s'appliquent également, comme on le voit, facilement aox humeurs qui ont pour principe fondamental et caractéristique la fibrmne 4N1 quelque autre se durcissant soit à l'air, soit au contact de l'eau, comme la matière fournie par les glandes de la soie des chenilles et des araignées, celle de Ueeînture des hirudinées, des organes formant le nidamentum ou coque comnnrne des œufs de divers Gastéropodes marins et la coque particulière d'aspect corné de Tœuf de divers Plagiostomes (Ch. Hobin. Leçon» mr les humeurs, 1866. 2*édit., 1874, et Sur le$ tissus elles sécrétions. Paris, 1869, in-8% p. 88, etc.).

L'action sécrétante incontestable de certaines cellules végétales spécialement disposées, sur les Labiées, Aurantiacées, etc., s'ajoute à d'autres faits sani? nombre pour rendre inutile toute discussion de Thypothèse d'après laquelle les prodaîts de la sécrétion seraient spécialement fournis par les lymphatiques.

Comme toutes les autres actions de même ordre qui se passent d'une manière semblable dans les plantes et dans les animaux, la sécrétion dans certaines des cellules végétales contredit également l'hypothèse d'après laquelle, outre l'action ^lio-motrioe réglant, régissant les afllux sanguins, il y aurait pour les glandes : 1 . des pbreê 9écréloiTet provoquant Tafflux de l'eau rejetée ; 2<> et encore des fibre»

trophiques dé.lerminant les métamorplioses chimiques du protoplasma des cellules en le transformant en produits solubles retrouvés dans Thumeur de la glande [voy. Orgakes, p. 431, 432, et Lymphatiques, p. 450-452).

En résumé donc la sécrétion a pour condition physique d'existence Vexosmose^ mais elle en diffère et ne doit pas être confondue avec elle. Elle diffère de Texosmosç physique en ce que la substance complexe qui sort, molécule à molécule» au travers d*un tissu, est modifiée, chemin faisant, par ce tissu qui lui emprunte ou lui cède tel ou tel de ses principes, suivant la nature des principes de rhumeur qui fournit les matériaux de sécrétion et suivant la composition de ce tissu par tels ou tels principes immédiats. Ce sont ces actes subordonnés * à la composition immédiate ou chimique du liquide qui traverse d*une part, du solide traversé de Tautre, qui caractérisent ici ce qu'on résume en disant qu'il y a choix de tels ou tels composés. D'où il résulte que l'humeur sécrétée est, au delà des parois sécrétantes, autre qu'elle n'était en deçà. Ce fait rend compte de l'issue de quelques principes contenus dans le sang au travers de certains tissus, de certaines glandes, et de l'impossibilité où il sont d'en traverser d'autres^ En outre, ce fait tient à ce que la sécrétion a pour condition d'ordre organique ou vital d'effectuation de la nutrition, et, en particulier, celui de ces deux actes élémentaires qu'on nomme de'uimmilation, comme l'absorption a pour condition d'ordre organique Vasêimilation.

C'est là ce qui fait que, dans les sécrétions des parenchymes glandulaires^ le liquide sécrété diffère du sang non -seulement par la proportion des principes constituants, mais encore parce que, pendant le passage au travers des éléments du parenchyme, il y a eu formation, production de certains principe» immédiats n'existant pas dans le sang.

C'est ce choix d'une part (existant seul dans les parenchymes non glandulaires), c'est cette production de- principes d'autre part (s'ajoutant dans les glandes au fait précédent), qui : a, caractérisent essentiellement la sécrétion, et qui : fr, distinguent la sécrétion : i^ de Vexsudation, dans laquelle il y a simplement exosmose, suintement d'une tumeur telle qu'elle est de l'autre côté de la paroi ; 2^ de Vexhalation, dans laquelle il y a exosmose avec évaporation d'un liquide ou d'un gaz se séparant, isolément ou à peu près, d'une humeur ou d'un tissu, sans continuer un tout complexe.

De même, quoique en sens inverse, l'absorption a pour condition physique d'accomplissement la propriété d'endosmose ou d'imbibition. Elle diffère de l'endosmose physique en ce que la substance qui pénètre molécule à molécule est modifiée, chemin faisant, par le tissu en voie d'assimilation et de désassimilation qui lui emprunte ou lui cède quelques principes, suivant la nature des propriétés chimiques du liquide qui pénètre et des siennes propres : d'où il résulte que le liquide absorbé est, au delà du tissu absorbant, autre qu'il n'était en deçà. La composition chimique des tissus et leur vascularité font qu'ils absorbent plus ou moins vite, ou quelquefois n'absorbent pas une même substance. Subordonnée à la nutrition comme cas particulier, l'absorption est une propriété de tous les éléments anatomiques et, par suite, de tous les tissus. Ce n'est pas une fonction et il n'y a pas d'appareil de l'absorption, le ti*ansport ctrcti/atotre, qui lui fait suite en quelque sorte dans l'intestin, étant autre chose qu'elle-même.

g VIll. ÂiXATOMIB ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES DES PAREKCHTMES. L'article

Gémérâtion (p. 467) renvoie ici l'indication de la nature des produits morbide»

PARENCHYME. i65

dont les parendiymes sont le point de départ, c'est-à-dire des tumeurs*, néœssairement mixtes^ à la fois épithéliales et mésodermiques, comme les tissus normaux, dont elles sont une provenance (p. 142 et 144, 145).

La maltiplication accidentelle d*éléments anatomiques, altérés eux-mêmes ou non, individuellement, jusqu'à production d*une masse dite tumeur , au sein d*un tissa normal, est un fait pathologique plus fréquent dans les parenchymes que dans tontes les autres espèces de tissu. Il tient principalement à Tétat mixte de leur constitution, par des épithéliums d*abord, par du tissu cellulaire vascolaire ensuite, et en troisième lieu par la présence d*un ou de plusieurs conduits eicréteors complétant la composition de plusieurs d*entre eux. Chacune de ces parties constituantes elle-même devient à sa manière le point de départ de modificatîxnis pathologiques diverses, de plusieurs espèce.^ de tumeurs distinctes, en un mol, pour chacune. L*étude de ces provenances pathologiques, faite avant celle do tissu normal dont elles dérivent, a conduit aux confusions les plus grandes (ju'on poisse concevoir à Tégard des premières ; confusions de fait, autant que de dénominations, ainsi qu*il arrive toujours lorsqu'on veut faire Tanatomie pathologique avant Tanatomie normale, comme cela se voit encore si souvent.

Comme dans les autres tissus en général la cause première de la production des tumeurs dans les parenchymes n*est pas connue, mais elle reconnaît pour cause seconde essentielle ce fait que les unités anatomiques y conservent leur individualité végétative (nutritive, évolutive et reproductrice suiiout), individualité qui lait que tel ou tel des éléments constitutifs venant à y multiplier outre mesure, avec ou sans hypertrophie, change Tétat du tissu en devenant prédominant sur les autres, élément fondamental en un point où il n*était qu'accessoire normalement ; il représente ainsi un véritable tissu nouveau par rapport à celui dont il provient et à l'organe où il siège, bien i\\jL homologue à quelque espèce normale des tissus.

fl importe de noter ici de suite ce fait général que toutes les fois qu'une alténtion, hypertrophie, hypergenèse, etc., a pour point de départ Tépithélium d*un parenchyme tant glandulaire que non glandulaire, Facte spécial qu'il aeeomplit, sécrétion, sperroatogenèse, excréraentilion urinaire, etc., loin d'augmenter sous un rapport quelconque, cesse au contraire complètement dans le point affecté et souvent dans l'organe entier dont il s'agit [voy, p. 151).

Les tumeurs provenant des parenchymes qu'il faut citer en premier lieu sont les kystes ou tumeurs kysteuses tirant leur origine des vésicules closes, ou con- ^tives à l'oblitération des culs-de-sac ou des tubes sécréteurs et excréteurs des parendiymes, tant glandulaires que non glandulaires. Le point de départ de la formation du liquide distendant une cavité, primitivement microscopique en génfral et la rendant kysleuse, est bien réellement son épilhélium même ; mais id la production morbide ne se développerait pas, si dès le début il n'y anit association à l'épithélium du tissu cellulaire vasculeux ambiant, formant la paroi du kyste. Épithélium et paroi de tissus vasculaires sont les deux parties cflvistituantes évolutivement solidaires, dans lesquelles la couche épilhéliale est généralement de beaucoup la plus mince, sauf dans quelques kystes sébacés, mais tout aussi importante que la paroi vasculaire mésodermique, au point de vue de la sécrétion même du liquide distensif.

L'oblitération ^du conduit parenchymateux d'une part, constituant ce dernier en cavité close, la sécrétion par l'épithélium de celle-ci continuant, mais plus ou moins différente de ce quelle est norraalemement : telles sont les deux conditions

essentielles de la production des kystes. Les causes mêmes de roblitération quand les kystes n*ont pas pour point de départ des follicules clos, les causes amenant les troubles sécrétoires, restent inconnues dans la plupart des ca^ Mais* la sécrétion qui continue détermine à la fois Tagrandissement de la cavité et Tépaississement de la paroi vasculaire; épaississement suivi ou non à la longue d*un amincissement jusqu*à rupture en quelque point (voy. Fibreux, p. 57 et suif.).

Nous avons spécifié quel est le mécanisme propre de la genèse et de la multiplication des cellules épithéliales tant à la surface des téguments internes et externes qu*à la surface libre des tubes des parenchymes ; comment, de plus, se produisent et augmentent de nombre les tubes et les vésicules de ces derniersc (voy. Cellule, p. 598 et 691), en répétant ce qu* on observe sur Tembryon, quant à la formation des culs- de-sac pr introi*sion épithéliale, et même quant à leurs dispositions morphologiques fondamentales.

Ce fait est en premier lieu Tune des causes essentielles de l'hypergenèse des^ cellules épithéliales, et en particulier des hypertrophies glandiUairei propre^ ment dites {adénomes, tumeurs adénoïdesy etc.) dues à la multiplication e» nombre plus ou moins considérable des culs-de-sac épithéliaux et de leur gaine propre. Dans la mamelle et plus rarement ailleurs, les formes et les dimensions des conduits ainsi que des cellules individuellement deviennent ce qu'elles sont normalement. Parfois pourtant les cellules et leur noyau peuvent devenir plus gros, plus ou moins granuleux, plus ou moins différents, en un mot, de ce qa*ils sont dans les conditions normales.

Restent à préciser au point de vue génétique : 1® les cas dans lesquels une portion ou la totalité de la glande sont atteintes ; ceux dans lesquels il y à ou non enkystement de la portion de génération nouvelle ; 2<^ la liaison qui existe en ces cas les plus simples et les plus directs d*hypergenèse et ceux dans lesquels des masses morbides de tissu glandulaire, voisines d*une glande normilCt offrant des analogies de structure avec elle, se trouvent être pourtant sans continu it<i de tissu avec celle-ci ; ce dont les tumeurs de la région parotidienue oifrent de fréquents exemples.

Ici on ne sait rien de précis sur la question de savoir si ce tissu glandulaire accidentel est dérivé d'extrorsions de la glande normale et s*en est ensuite séparé, comme normalement le thymus, la thyréoide, etc., le font à Tcgard de Tectodemie trachéen (voy. Système), ou s*il y aurait au contraire genèse proprement dite» épithéliale, etc., comme il y a, en cas analogues, genèse de CJirtilage, d*0Sy etc.

Les questions indiquées ici se posent encore, sans se résoudre d*une manière plus nette, à propos des tumeurs hétéradéniques. Ce sont des tumeurs pouvant atteindre jusqu'au volume des deux poings et plus, qu'on trouve dans des régions normalement dépourvues de glandes et qui cependant ont la composition élémentaire, la texture et les caractères extérieurs de couleur, consistance, etc., propres aux parenchymes glandulaires. Toutefois, bien que composées de tubes ou de cylindres pleins, épithéliaux, plus ou moins longs, simples ou ramifiés, terminés en culs-de-sac, avec ou sans paroi propre glandulaire, plongés dans une trame de tissu cellulaire plus ou moins vasculaire, on ne peut les rattaclier homologiquement ni à la mamelle, ni aux glandes salivaires, pancréatiques et autres. Dans leurs conduits on voit souvent des corps hyalins homogènes ou grenus spbJroïdaux, ovoïdes, etc., avec ou sans noyau central, dus peut-être à Thypertrophie de quelque cellule épithéliale, jouant là le rôle de concrétion, de corps étranger en nombre et sous des volumes variables, distendant plus ou moins les tubes otf

cooduits caractëristiques da tissu accidentel. La marche de révolution de ces tomeors est la même au fond que celle des hypertrophies glandulaires proprement dites, et les troubles quelles causent d*autre part dépendent de leur siège.

Le peu de netteté des descriptions sur la structure des tumeurs ne permet pas de dire si les productions morbides décrites par Henle (1845) sous les noDS de nphonomet et autres correspondent réellement à celles que je viens de signaler d*après les descriptions et les dessins que j'en ai publiés (voy.' du Robin, dans Lebert. Anatomie pathologique générale, Paris, 1860, in-fol., L II, et pi. V et Rfdnn et Laboulbène. CompL rend, et Mém. de la Soc. de biol. Puis, 1853, in^% et pi., et Cellule, p. 692. Ch. Robin, Sur le tissu hétéradénique. Gazette hebdomadaire, 1855, t. 111, p. 35).

Signalons en troisième lien des tumeurs glandulaires qui se rencontrent surtout dans la maroelle, remarquables en ce que, en même temps que les culs-desac glandolaires augmentent de nombre et de masse, la trame mésodermique s'atropUe an contraire. Les culs-de-sac augmentent aussi de volume, leurs oelhiiës et le noyau de chacune d'elles s'hypertrophient; ces cellules ne limitent plis on conduit ; elles forment par leur ensemble uu cylindre compacte, en général dépourvu de paroi propre et dont la surface touche directement la trame ambiante dans laquelle s'avancent ces cylindres à mesure qu'ils se multiplient. CeUe trame devient dure, comme fibreuse, moins vasculaire et moins abondante qv% Tétat normal. Les éléments des conduits galactophores, moins l'épithélium et la trame élastique, s'atrophient aussi. De ces particularités résultent à la fois une dîminntion de volume de la glande et l'induration de son tissu, avec rétraction du mamelon pour les galactophores qui se raccourcissent, lorsqu'il s'agit de la mamelle. De là les noms de squirrhe, à' hypertrophie glandulaire condensante et autres, donnés à cette variété de tumeurs.

Notons en quatrième lieu les tumeurs glandulaires colloïdes ou tumeurs eoUcUdee à trame glandulaire, dans lesquelles les conduits excréteurs sont plus oa moins atrophiés (mamelle, intestin, glandes salivaires, etc.); les culs-de-sac lécrétears sont sépara des conduits et réduits à des amas sphériques ou cylindraîdes, etc., plus gros qu'à l'état normal.

runieurs d'origine parenchymateuse tant glandulaires que non glandulaires (rénale, testiculaire, épididimaire, ovarique pulmonaire, etc.), dites encépha- Uides on careinomaieuses. Ce groupe de produits morbides, qui a pour point de départ riiypergenèse des cellules épithéliales des organes précédents, qu'ils MÎent d'origine endodermique ou ectodermique (voy. Mamelle et Sébacé, p. 404)» cAdes plus importants à étudier sous tous les rapports. Ces tissus morbides cooflent parmi les pins dangereux par leurs caractères de transmission héréditaire et de généralisation ; ce sont les tumeurs empiriquement dites cancéreuses 9^eareinomaleuses. Ce groupe comprend toutes les tumeurs résultant d'une hfpfirgenèse directe des épithéliums des parenchymes soit glandulaires, soit BQQ glandulaires, d'origine tant ectodermique qu'endodermique, quelles que Nient dn reste les variétés de conGguration et do situation de ces glandes dans hilîsiQS mésodermiques (voy. p. 446, 149, et Système).

D réralte de ce qui précède que les états morbides dits cancéreux^ etc., sont autant d'espressions pathologiques, désignant dos états d'altérations, des mala» dies du système épUhélial en général, des épithéliums profonds ou des parendiymes en particulier.

Se développant dans la profondeur des organes, ces tumeurs d'ori^^ine ç^Teti-

ih$ PARENCHYME.

chymateuse ont déjà par ce fait un caractère de gravite spécial; sans parler des caractères tenant à leur nature épithëliale, cette augmentation de volume et de quantilé des cellules séparées de la trame vasculaire interglandulaire est une source de troubles nutritifs et sécréteurs dont la nature est facile à comprendre.

Les variétés en lesquelles on peut subdiviser les productions morbides de ce groupe selon leurs différences secondaires de couleur (voy. Hélanosb), de vascnlarité, de consistance, etc., dans chaque cas nouveau qui se rencontre, sont des plus nombreuses. Elles ne sauraient encore être toujours déûnies et nommées avec précision, sans parler des cas dans lesquels, au lieu d'une disposition en masse sous forme de tumeurs, il y a simple épaississement des couches atteintes avec ou sans ulcération et ramollissement, lorsque ce sont celles des follicules de Testomac et de l'intestin (voy. Moricourt. Thèse de Paris, 1866, in-4®).

C*est dans les productions morbides de cet ordre et en général sous forme de tumeurs d*une faible consistance que rentrent, d'après leur structure, les productions morbides que la rapidité de leur accroissement et des accidents qu'elles causent, dans le tube digestif surtout, ont fait appeler cancers aigui. Cette rapidité survenant le plus souvent sans cause reconnaissable résulte de la prompte multiplication des cellules de tubes glandulaires affectés, alors qu'habituellement elle marche lentement durant des années. Elle s'accompagne également d*uue multiplication et d'une dilatation peu communes des petits vaisseaux.

Les cellules, comme les tubes des parenchymes affectés, reproduisent dans leurs dimensions, leur structure, leurs formes, même développées outre mesure, les caractères qu'on observe sur les mêmes parties de l'organe primitivement malade. Lors de leur apparition dans ces conditions morbides, ces éléments se rapprochent beaucoup de ceux qu'on trouvait dans l'organe sain, ou même leur sont identiques; mais leur développement rapide les conduit en peu de temps à s'éloigner de cet état et à prendre les dispositions qu'on observe dans les noyaux ou les cellules correspondants de la mamelle, de Tépididyme, etc., dont l'état accidentel a suscité leur genèse.

Ce sont surtout les éléments arrivés à ce degré d'évolution pathologique qui ont reçu les noms d'éléments du cancer , noyaux ou cellules cancéreuêes^ < carcinomateuses, squirrheuses, etc., d'après ceux du tissu où on les trouve, et qui ont aussi été appelés hétéromorphes ou hétérologues. Le mot hétéromorpke paraît avoir été introduit dans le langage médical par Alibert {Monographie de$ dermatoses. Paris, i832, in^"", p. 761), pour désigner les affections cutanées qui ne pouvaient être rangées dans aucun groupe dit naturel. Si l'on trouvait dans l'économie des espèces d'éléments distincts de celles qu'on rencontre ordinairement, au lieu d'altérations diverses de leur état normal, il y aurait aussi une génération hétéromorpke , ou mode de naissance différent de ceux que nous avons déjà étudiés. Mais il n'y a pas plus de génération hétéromorphe ou hét^ roplasie (Lobstein) que de substances, d'éléments ou de tissus hétéromorphes ou hétéroplastiques (hétéroplasmes de Burdach, Physiologie, Paris, 1857, in-8*» t. VU, p. 574). On en a supposé l'existence, faute de connaître les faits préoé* dents relatifs à la génération des éléments, etc. ; faute de savoir jusqu'à quel degré peuvent s'étendre leurs aberrations structurales et morphologiques, com* parativement aux phases normales de leur développement; faute enfin de pouvoir rattacher les divers états morbides aux états normaux dont ils dérivent Ainsi ces mots et ceux de cancer^ de cellules cancéreuses^ squirrheuseSf oo jeurs analogues, ne représentent par conséquent qu'un état, une phase

d'éfohition accidentelle on morbide de diverses variélës d'ëpitliëliums le plus souTenty el quelquefois des myéloplaxes et des noyaux du tissu cellulaire. Nais ils ne désignent pas une espèce déterminée et distincte tant d*éléments que de tissus ne pouvant être rattachée aux tissus naturels par sa structui-e, son évolution et ses autre» propriétés.

Seulement l'analyse anatomique et Tembryogénie ont montré que les tumeurs qui ont le mieux les caractères de consistance, de couleur et de vascularisation qui les font dire encéphahndes à Tétat cru ou ramolli, tirent ces caractères de leur provenance et de leur constitution anatomiques; elles les tirent aussi de ce qu^elles dérivent de Tépithélium des parenchymes et secondairement des portions des tissus mésodermiques correspondant aux involutions endodermiques et ectodermiqoes originelles.

De teUe sorte qu'on peut dire que leurs caractères de pleine évolution moibida ne sont qu'une expression exagéra de ceux des tissus normaux auxquels elles se relient par leur origine, par leur composition anatomique par sm'te, composition qui reste essentiellement épithéliale, tant endodennique qo'ectodermique, puis accessoirement elles ont une trame de tissu cellulaire plus ou moins vasculaire. De telle sorte enfin que par l'analyse anatomique on peut remonter nettement de la tumeur au.parenchyme dont elle dérive.

Ces tumeurs n'ont de commun, d'un parenchyme à l'autre, que ce qu'offrent aussi de commun les parenchymes, c'est-à-dire leur constitution par des épithélimns groupés de telle ou telle manière entre eux et par rapport à la trame de liifu cellulaire Tasculaire. Les caractères communs qui s'ajoutent à ceux-ci n'ont qu'une importance fort secondaire, bien qu'on leur ait souvent attribué une prééminence qu'ils n'ont pas. Ces caractères sont ceux qui résultent des modifications structurales et morphologiques des cellules rappelées plus haut {voy. p. 153). Il s'agit de ces changements graduels des cellules qui font que de Vêlât grisâtre, homogène, plus ou moins friable, plus ou moins demi-transparent, offert par les masses qu'elles composent et propre aux amas normaux d*cpithclimn, ces masses passent graduellement à un état mat, gris-jaanàtre ou blan« ehâtre, puis à un ton gris ou d'un blanc encéphaloïde, avec une friabilité et tme mollesse graduellement correspondantes, plus ou moins comparable à celle âa cerveau à l'état cadavérique.

Gomme nous l'avons dit, ces particularités sont dues non seulement à l'hypertrophie des cellules et des noyaux (p. 168), mais surtout à ce que d'un état bomogène le corps cellulaire est rendu hétérogène par formation de granules et ^ gouttes graisseux réfléchissant surtout les lumières blanche ou jaunâtre, à peo près comme le fait la myéline des tubes nerveux. Puis, quand en même temps la substance du corps cellulaire se ramollit, la pression, surtout à l'état CMbvérique, la fait suinter mêlée de ces gouttes et des noyaux, sous forme de mr plus ou moins crémeux.

Aussi voit-on parfois les hypertrophies glandulaires simples ou adénomes avec oanns kystes arrivera prendre par places cet aspect encéphalotde au lieu de leur élit grisâtre, etc., par suite de modifications analogues aux précédentes. De plus ^im, œs complications structurales intimes, mais secondaires, surviennent même dans les tumeurs d'origine mésodermique des tissus cellulaires (voy. Laminedx, p* S62), de la moelle des os (voy, Moellk des os, p. 7, 13 et 58), etc.

La comparaison directe de l'état des épithéliums durant les phases successives ^ altérations précédentes prouve Texactitude des données précédentes. Mais

lYO PARSiSGHYME.

elle est prouvée par ce fait que l'augmentation de volume du noyau, la production d'un ou de plusieurs nucléoles brillants dans les noyaux» les hypertrophies et les déformations du corps cellulaire, avec production de gouttes ou granulations huileuses et autres, survient d*une manière régulière et constante dans des tissus normaux. On suit toutes les phases de ces modifications, alors nalu^ relies, sur Tépitliélium de la muqueuse utérine durant la grossesse, du deuxième au neuvième mois. On peut en constater le plein développement sur la caduque^ après chaque accouchement. Ces cellules épithéliales se trouvent vers la surface de contact de la caduque avec le chorion et ses villosités et aussi au niveau de la surface d'adhésion de la portion de muqueuse dite caduque réfléchie avec U caduque vraie. Ainsi partout, en un mot, où Tépithélium est resté huit mois environ sans pouvoir se desquamer et se renouveler comme pendant la vacuité de Tutérus, il présente des phases d'hypertrophie et des modifications de structure. Elles sont telles qu'elles donnent à ces cellules épithéliales les caractères essear tiels que présentent les noyaux, leurs nucléoles et le corps des cellules dans les tumeurs dites cancéreuies de la mamelle, du testicule, du rein, etc., genre d'hypertrophie et de modifications graduelles de structure qui, observé à im certain degré d'avancement dans les tumeurs, sans qu'on eût suivi les phases de sa progression, avait été considéré comme spécifique.

Quant au suc dit cancéreux , il est représenté par les noyaux et les cellules épîthéliaux des culs-de-sac glandulaires dissociés, dans un liquide résultant du ramollissement et de la difQuence de la substance qui normalement forme le corps de chaque cellule épithéliale. U est rare d en trouver au moment oii une tiuneuF vient d'être enlevée; il se produit cadavériquement au fur et à mesure qu*on s'éloigne de cet instant.

Il est un fait qui se retrouve également dans quelques tumeurs d'origine mésodermique et qui conduit à les dire des tumeurs composées. Ce sont celles dans la structure desquelles entrent, par place déterminée, de petites portions de tissus qui, en d'autres cas, forment à eux seuls une tumeur. Cette particularité s'observe surtout dans les cas de tumeurs glandulaires, d'épithéliomas et de tumeurs fibreuses. U est, en effet, commun de trouver les premières : 1* compliquées de kystes, avec ou sans saillie, sous forme de végétation du tissu glandulaire hypertrophié dans ces kystes ; 2^ d'épithélioma en quelques points*, surtout si la tumeur est ulcérée; 3® de lobules lipomateux; 4® de masses fibreuses; 5"^ de noyaux cartilagineux.

Les épithéliomas cutanés, à leur tour, peuvent être, sur la périphérie de la tu* meur, compliqués : i"" d'hypertrophies glandulairesou papillaires ; 2^ d'hyporgenèse des myéloplaxes, s'ils touchent les os ; S** de kystes des glandes sébacées et autres.

Indépendamment des cas d'hypergenèse proprement dite, de naissance ett excès des épilhéliums en un lieu de l'économie où il en existe déjà normaIa-< ment, on observe aussi la naissance accidentelle d'éléments de plusieurs espèceir ayant lieu aussi bien chez l'adulte que dans le fœtus, en des régions de l'économie où ces éléments n'existent pas normalement, d'où résulte l 'apparition de tissus, sous forme de tumeurs plus ou moins complexes. C'est là une genèst avec erreur de lieu ou hétérotopiqtie^ une véritable génération aberrante (vcf* Blastèmr, p. 576).

Mais, en outre, dans ces conditions-là, au sein des ganglions lymphatiqiNi^ correspondant à l'organe devenu primitivement le siège de Thypergenèse, n^ voit aaiire des tubes glandulaires ramifiés et terminés en caecums de mém^

forme et de mêmes dimensions que dans Torgane malade avec lequel ils sont eo connexion Yasculaire, tubes constituant de véritables acini. Ici encore ce sont les eul»-de-sac coupés transversalement qui ont été et sont parfois encore décrits comme des alvéoles clos de toutes parts (alvéoles cancéreux)^ faute d*avoir (ait one ëtode de la texture de ces produits morbides comparativement aux tissas normaux (voy. Carcinome, p. 350).

Ad lieu de tubes proprement dits, ce sont du reste le plus souvent de véritables çrlindres pleins, compc^ de noyaux ou de cellules juxtaposés, qu*on observe alors* De plus» en même temps que se manifeste cette aberration génétique on voit ici les éléments nouveau-nés, les cellules épithéliules en particulier, offrir durant leur propre développement les mêmes aberrations que présentent celles de» organes naturels devenus malades les premiers; en sorte qu*il y a corrélation, jusque dms leurs états pathologiques, des faits concernant la génération et le développemeot des éléments de l'organe devenu malade et du tissu morbide ooBsfaitifeni^it produit, analogue au tissu de ce dernier organe.

Le mode de perturbation de la genèse des éléments qui vient d*être signalé a pour résultat la production, dans les ganglions, ou même ailleurs, d'un tissu (^ offre ainsi diverses particularités curieuses à signaler : 1<^ ce tissu n'existe pas à l'état normal dans le lieu où il naît; 2® il n'est semblable à aucun tissu normal, mais bien aux tissus de la mamelle, du testicule, etc., tels qu'ils sont, alors qa^ils sont d^à devenus malades, que leurs cellules propres sont altérées. Ces bits caractérisent les cas dits àliétérotopie consécutive^ c'est-à-dire de naissance de masses morbides, d'une structure déterminée, hors du lieu où siègent les tissus normaux correspondants, mais consécutivement à une lésion plus ou moins ancienne de ces organes naturels. Cette production peut, du reste, avoir lieu ailleurs que dans les ganglions. C'est ainsi que chez quelques sujets^ |iendanl la durée de l'évolution de certaines tumeurs épithéliales ou glandulaires, ufeâiées 08 non, de l'utérus, du rectum, du testicule, du rein, de la langue, de la mamelle* etc., ou voit naître des tumeurs d'une texture analogue dans les tissus nuculaire, cellulaire, dans les nerfs, dans le canal médullaire des os lui-même, isa» leur tissu spongieux, etc., tous organes plus ou moins éloignés du tissu primitirement altéré et sans continuité de substance avec lui.

Nqub avons déjà discuté (p. 141 et suiv.) les conditions remarquables de la Biiisance de tubes glandulaires et des cellules qui les tapissent, offrant une teitore déterminée, analogue à celle des glandes, dans des régions dépourvues de glandes* et sans qu'aucun des organes d'une région voisine soit devenu nulâde avant cette genèse. De cette géuétatiou hétérotopique résulte la production, nus forme de tumeurs, d'un tissu analogue à des tissus qui existent dans l'éooiiomie« mais non dans le lieu où il se trouve.

Spécifions que pour les cas où Ion voit naître dans un canal médullaire, dans iei masdes de la langue, etc., un tissu homologue à celui de la mamelle ou de k muqueuse linguale, etc., primitivement affectées, on ne saurait faire intervenir ktaiisport embolique d'une ou de plusieurs cellules épithéliales de la tumeur priaûlive dans le lieu où naît le produit consécutif (voy. Carcinome, p* 591), cellules qui, là, se multiplieraient et se disposeraient en culs-de-sac.

Ainsi dans les ganglions lymphatiques correspondants aux parenchymes, prinûtiveoient malades, aux épithéliunis tégumenlaires altérés, il y a genèse, avec cneur de lieu et de temps, de tissus ayant le même aspect extérieur, la même ^(lUire et les mêmes éléments que ceux que Thypergenèse primitive (joinU aM

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développement anormal des cellules de Torgane naturel) avait fait apparaître dans son intimité. L*hypergenèse avec troubles dans révolution des éléments d'un tissu normal devient de la sorte une des conditions de la genèse d'éléments semblables duns les tissus voisins.

De plus, de l'une à l'autre des espèces de tumeurs précédemment notées appelées cancer, il y a des différences anatomiques notables, selon l'organe qui en a été le point de départ, dilTérences égales à celles que présentent de l'un à l'autre les divers tissus normaux, et ne pouvant être saisies avec toute leur valeur qu'autant que d^jà on connaît ceux-ci. De Tune à l'autre de ces tumeurs* il y a manifestement des analogies de consistance souvent, de couleur quelquefois, de composition intime même, au point de vue des caractères des cellules qui les composent ; mais ces analogies ne dépassent pas celles qui , existant d'une glande à l'autre, les font appeler glandes, bien que chacune soit d'espèce particulière. Il en est de même des analogies entre les cellules. Elles offrent des caractères communs de multiplication, de généralisation ou de récidive^ ce qui est tout un pour la cause; mais elles ne dépassent pas les analogies que présentent ces tissus dans leur mode de naissance, etc. Elles offrent, du reste, des différences notables dans la rapidité de leur évolution, comme le montre le squirrhe comparé au colloïde et à l'encéphuloïde.

Le mot cancer doit donc actuellement être rejeté scientiGquement comme tous ceux auxquels se rattache une idée fausse que leur emploi tend toujours à rappeler. En effet : !<* ce mot a été introduit en médecine avant qu'on sût rien de la nature des tumeurs; 2<* depuis que celle-ci est connue manifestement, il est appliqué, par ceux qui l'emploient encore, à des tumeurs formées par des tissus divers, douées de propriétés qui ne sont pas les mêmes et dont il est impossible de faire même un groupe sans violer les règles de la logique la plus élémentaire ; 5** le caractère tiré de ce qœ ces tumeurs seraient les seules qui envahissent le tissu sans jamais rétrograder se retrouve manifestement sur des tumeurs qui n'ont pas les autres caractères attribués au cancer et n'en ont pas reçu le nom (tumeurs fibreuses et autres) ; 4' le caractère tiré de la récidive presque constante après l'ablation offre les mêmes particularités; h^ l'hypothèse d'un vice cancéreux inhérent au tissu on aux éléments dits cancéreux, émise à l'époque où l'on ne connaissait ni U nature anatomique, ni les propriétés des tissus, mais nécessaire alors pour s'expliquer les propriétés précédentes des tumeurs, ne se trouve pas confirmée par l'observation ; elle ne peut servir de refuge pour conserver les termes earemame ou cancer comme désignation de genre ou de classe, car il y a des sujets chez lesquels récidivent des tumeurs qui ont la structure de celles qui sont (Util bénignes, et il en est chez lesquels ne récidivent pas celles qui ont la structnn des tumeurs qu'on nomme cancer, Enfm, de toutes ces obsei^vations, il résulte que non-seulement c'est à l'étude des maladies de chaque tissu, en se fondtft sur la connaissance de leur état normal, qu'il faut se reporter pour trouver ce que l'on attribue au cancer, mais, en outre, il résulte de ces observations qie c'est à la constitution générale de l'individu dont tel ou tel tissu est defeU malade, et non au tissu morbide même, qu*on doit attribuer la gravité oa k bénignité de la marche des tumeurs, marche d'après laquelle on les disait canofr reuses ou non. Ch. Rob».

PAREiVT-DUCHiiTELET (âlexandre-Jean-Bâptiste). L'uu des médecÎDS

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