PARMENTIER
siastique, il commença très-jeune son apprentissage chez un pharmacien de sa ville natale. Bientôt après» en 1755, il vint à Paris se placer coaune élèTe en pharmacie, chez son parent Simmonet. La guerre de Hanovre ayant éclaté» le jeune homme fut employé dans Tarmée française en qualité de pharmacien (1757). La paix ramena Parmentier à Paris en 1763; il était déjà ridie d'observations et plein du sentiment de ses forces. 11 employa les premiers temps du retour et les fruits de son économie à son instruction ; il suivit les cours de physique de Tabbé Noilet, ceux de chimie des frères Rouelle et, avec J.-J.-Ronsseau, les herborisations de Bernard de Jussieu. Puis, en 1765» une place de pharmacien gagnant maîtrise étant devenue vacante aux Invalides» il se présente au concours et est nommé. Le brevet d'apothicaire major lui échut eo 1778. C'est vers cette époque que commence la carrière brillante de Parmeatier, celle qui l'illustra, et le rangea parmi les plus grands philanthropes de k France. Peu soucieux de faire parade de science» il n'a qu'un but : ne preodR que l'essentiel du vrai savoir» l'approprier aux objets du plus haut intérit, avoir pour objectif principal le bien-être des peuples. Le point de départ de tous ses travaux fut le prix qu'il remporta en 1771, sur cette question propoiée par l'Académie de Besançon : La recherche des plantée alimeniaireiy car à diler de cette époque on le voit publier d'année en année une foule de rechercfaei, d'observations» d'analyses sur les grains» les farines» les maladies du fromeot» , s'adresser aux bonnes ménagères, perfectionner la meunerie» la boulangerie, ; établir la mouture économique» travailler à la conservation des grains, au chio- | lage du blé, à ba carie» à sa moucheture, à la châtaigne, aux champignons, am : eaux communes, aux eaux minérales, à la panification» au maïs» à la patate, ] au topinambour, aux oiseaux de basse-cour» à l'économie rurale et domesliipe, j à l'établissement des soupes économiques de Rumford, à la vigne et au vin, etc. En un mot, il ne resta étranger presque à aucun problème qui intéresse diieo- tement la vie de l'homme. Â.-A. Parmentier, qui était resté célibataire, nvaol | avec sa sœur, femme de beaucoup de sens et d'esprit» est mort, à l'âge de 76 au et cinq mois» le 17 décembre 1813» d'une affection chronique des poumons. Ses restes mortels furent portés au Père-Lachaise, et sur la pierre tumulain on grava ces simples mots : Gi-git Parmentier ; il aima, il éclaira les hommes;
MORTELS, bénissez SA MÉMOIRE.
Voici les principaux ouvrages susceptibles d'interresser la médecine :
I. Trailé delà châtaigne. Paris, 1770, in-12; Paris et Bastia, 1780, in-8*. — II. Mémoin surlet plantes alimentaires. Paris, 1772, in-i2. — III. Examen chimique </et pommait terre, dam lequel on traite dei partiez comlituantei du froment et du riz. Paris, i7lS. in-12. — IV. Méthode facile pour conserver à peu de frais les grains et les farines. Parili 1774, in-12. — V. Analyse de la carie du froment. Paris, 1776, in-4». — VI. Expériences é réflexions relatives à Vanalyse des blés et des farines. Paris, 1776, in-8*. — VIL MmSf* de faire le pain de pommes de terre, sans mélange de farine. Paris, 1779, in-^*. — YIU. M" * moire sur les difficultés à vaincre dans l'analyse des eaux minérales. Paris, 1780, in-S*.— IX. Discours d^ouverture de l'École de boulangerie. Paris, 1780, in-8*. — X. Heeherckesvr les végétaux nourrissants, qui, dans les temps de disette, peuvent remplacer les aliwittls ordinaires; avec de nouvelles observations sur la culture des pommes de terre. Paris, ITtt» : : iii-12. — XI. Expériences et réflexions 'relatives à Vanalyse du blé et de» farines, Mb 1781, in-8». — XII. Remarques sur l'usage el les effets des champignons. Paris, iWt in-S". — XIII. Mémoire sur les blés du Poitou. Paris, 1783 (avec Cadet-de-Vaui). —
XIV. Quel seratt le meilleur jfrocédé pour conserver le plus longtemps possible, o» ff grain, ou en farine, le mats Némoire couronné par l'Acad. de Bordeaui, iii-4** "*
XV. Instruction sur les moyens de suppléer à la disette des fourrages, et d'augmenterlt i subsistance des bestiaux. Paris, 1785, — XVI. Dissertation sur la nature des eaux étU ' Seine Pari?, 1787, in-R*. — Wll. Vues générales sur les principes des eaux minà^
PARNASSIE. 555
îf Frmiee. — IVIII. ObêerwaUont êur ieê fo9Uê d'aitaitce Paris, 1787 (avec Gadct-de-
aux). — XIX. Mémunre êur la culture de» pommer âe terre aux plaines de$ Sablonê et de \weneUe, Paris, 1787, iii-8*. — XX. Mémoire iur le chaulage, conêidéré comme préservatif Sr piusieurt maiadies du froment, Paris, in-8<*. — XXI. Mémoire »ur Ieê moyens dCaug^ wmUr ia waleur réelie dee blet mouchetés. Paris, io-8*. — XXII. Mémoire sur la manière \s€miii9er et demplofsr le mais comme fourrage. Paris. — XXIII. Traité sur la culture i Us usages des pommes de terre, de la patate et du topinambour. Paris, 1789, in-8*. — [XIV. imiruciion sur la conservation et les usages des pommes de terre. Paris. — XXY. M^ ^trssÙÊgr par teimnen comparé des propriétés physiques et chimiques, la nature des laits kfmunet de vache, de chèvre, d'ûnesse, de brebis et de jument. Paris, 1700, iinS* (arec Deieai). -— XXVI. Mémoire sur le sang. Paris, 1791, in-4* [avec Oeyeux). — Mémoire sur la tâtureet la manière d'agir des engrais. Paris, 1791, in-8*. — XXVII. Analyse de la patate, \W* — XXVIII. Mémoire sur les salaisons. Parts, 1793, in-^*. — XXIX. Rapport sur le fÊsmdes troupes. Paris, 1800, iii-8*. — XXX. Rapports : 1* sur Vinoculation gratuite de la medme aux indigents; 2* tiir les soupes de légumes, dites à la Hum fort; 3* sur la sub' jSialùm de Forge mondé au ris. Paris, 1801, in4*. — XXXI. Instruction sur les moyens ietâreUnir la salubrité et de purifier Vahr dans les salles des hôpitaux militaires. Paris, ii^. — XXXII. Vues générales sur la méthode de gouverner les vins eu tonneaux et en \ssÊleiiies. Paris, in-8*. — XX Mil. Code phartnaceutique à V usage des hospices civils, des meurs à domicile. Paris, 1807, in-8*'. — XXXIV. Vues générales sur Veau comidérée comme Imwni des troupes. Paris, iiï-8*. — XXXV. Instructions sur les nirops et conserves des fomms destinés à remplacer le suere. Paris, 1808 et 1809, in-8". —XXXVI. Formulaire fkarmaceutique militaire. Paris, in-8*. — XXXVII. Traité sur fart de fabriquer les tirops tt les conserves de raisins destinés à suppléer le sucre des colonies. Paris, 1811, in-8". — XXXVIII. Aperçu des résultats obtenus de la fabrication des sirops et des conserves de feàÊinêéans le cours des années 1810^ 1811. Paris, 1812, in-8*. — XXXIX. Nouvel aperçu iss résultats obtenus de la fabrication des siropi et conserves de raisins dans le cours de Itti. Paris, 1815. Â. G.
PABHiBiliTlÉnB. Nom donné fréquemment u la Pomme de terre (Solanum héeroium L.). Pl.
PABNASSIE (Parnauia T.). Genre de plantes dicotylédoiies-polypétalest doDi la place dans la classiGcation a été fort discutée. On en a fait le type d*un gnape distinct (Pamassiéei), et on Ta rapproché plus d*une fois des Piroles (qui ne sont pour nous qu'une forme polypétale des Ëricacées). Hais aujourd'hui QQ s'accorde généralement à n'en faire qu'une série de la famille des SaxifraiMées. Elles ont des fleurs régulières et hermaphrodites. Leur réceptacle est légèrement concave et représente une écuelle peu profonde, sur les bords de liquelle s'insèrent le périanthe et l'androcée. Le calice est formé de cinq sépales, dont un antérieur, deux latéraux et deux postérieurs, imbriqués dans le bouton. U corolle est formée de cinq pétales alternes, imbriqués et marcescents. Les Ebmines, périgynes, sont en même nombre que les pétales, avec lesquels elles khement ; chacune d'elles est formée d'un ûlet libre et d'une anlhère bilocubire, introrse, versatile, déhiscente par deux fentes longitudinales. Dans l'inicrtille des étamines se trouvent cinq écailles multifides, à divisions grêles, (ulralées, terminées chacune par une glande capitée. Le gynécée est libre ; sou iviire uniloculaire est surmonté d'un style court, immédiatement partagé en tm, ou, plus souvent, en quatre petites branches stigmatifères. A celles-ci Mmt superposés un même nombre de placentas pariétaux qui, dans toute leur Rendue, ou seulement dans leur portion inférieure, portent un nombre indéfini foTales anatropes, obliques ou transversaux, disposés sur plusieurs séries. Le bruit, à la base duquel persistent le périanthe flétri, les 61ets staminaux et les glandes, est capsulaire, s'ouvrant dans sa portion supérieure en trois ou quatre nlves qui portent sur le milieu de leur face interne un placenta polysperme.
Les graines ont un tégument externe lâche et celluleux, dans lequel iloUe
DICT. BSC. â* s. A'A'i. ^d
554 PARODONTIS.
une masse intérieure qui renferme, sons nn albumen membraneux ou nul, un embryon charnu, cylindroïde. Les Pamassies sont des herbes rifaoes, glabres, qui, au nombre d'uoe douzaine d'espèces, habitent les régions tempérées et firoides de rhémisphère boréal et les montagnes de l'Inde, recherchant surtout les marais et les prairies humides. Leurs feuilles radicales sont alternes, avec un pétiole dilaté à la base et un limbe simple. Dans leur aisselle naissent des pédoncules uniflores, portant une ou plusieurs feuilles ou bractée vers le milieu de leur hauteur.
La seule espèce de notre pays, le Parnauia paluttrU L. (Sper., 391), est une jolie petite plante riTace, glabre, qui croit dans les marais, les prés humides, etc., et porte dans nos campagnes les noms de Hépatique blanche^ H. nobkf Fleur ou Gazon du Parruuse^ Chiendent du Pamaue. Ses feuilles basilaires sont pétiolées, cordées, à nervures couTergentes, et sa hampe florale porte une feuille cordiforme-embrassante. La fleur est assez grande, à pétales blancs marqués de veines conniventes. Elle se montre en août et septembre et ne manque pas d'él^ance; et c'est à cette époque qu'on doit la récolter et la faire sécher rapidement pour l'usage médical. Elle est tonique et astringente, et son action a été comparée à celle des Polygonacées riches en tannin. Son infusion est amère, rougeâtre. Traitée par une solution de sulfate de fer, elle devient d'un rouge foncé. Dioscoride la recommandait contre les ophthalmies, et il considérait ses graines comme astringentes et diurétiques. En Sibérie, c'est un remède populaire contre les rétentions d'urine (Rehmann, in Nouv. Joum. de me'dec.f V, 208). Gmelin a aussi indiqué (F/. Stfr/r., IV, 91) ses usages contre la strangurie et les calculs vésicaux. Cazin (PL méd. indig.^ éd. 3^, 737) dit l'avoir employée avec succès a dans trois cas de diarrhée assez opiniâtre et dans deux cas de menstruation trop abondante, sans molimen utérin, chez des sujets débiles et d'un tempérament lymphatique ». En Allemagne, les paysans l'emploient contre les maladies des yeux, du foie, et comme antidiarrhéique, diurétique, etc. ; ils en ajoutent quelquefois à la bière commune. C*est dans la pharmacop^ germanique VHerba et flores Hepaticœ aïbœ seu Pamassiœ.
BiBLioflKApaie. — T., Inêt. Rei herb,, 246, t. 127. — L., Gen., n. 384. — Aoaxs., Faut, det pL, IK 449. — G*RTR.. Frud., 1. 287, t. 60. — Lame, io DicL encycl., V, 22; Suppl,, lY, 302; lllusir,^ t. 216. — Payer, Organogr. comp.^ 183, t. 39; Fam. na/.,101. — Beinri. et HooE. f., Gen. plant., I, 639, 1004. — Ehdl., Gen., n. 5039. — Geet. et Godr., FI. de Fr., I, 193. •— NfiR. et DB L., Dicl. Mal. méd., V, 206. — Rosbuth., Stfn. pi. diaphor., 657. — H. Bji, in Adantonia, XI, 7; BUl. des pL, III, 339, 431, fig. 382-387; Tr. Bol. méd. phanér., 764. H. Bu.
PAROIIO. On donne ce nom a une écorcc, analysée autrefois par Henry père et qui a donné entre autres principes une substance très-amère. Elle est épaisse, Tépiderme est grisâtre, le liber formé de fibres de couleur fauve ou orangée, et elle provient du Brésil. On ne sait rien de certain sur sou origine botanique : on la attribuée tantôt à une Euphorbiacée, tantôt, avec Aug. de Saint-Hilaire, à son Simarouba Paraiba. Elle se confond peut-être avec la seconde espèce de Paralodo amer, décrite par Guibourt et dont nous avons fait mention à l'aiticle Paratodo (voy. ce mot). Pl.
PARODOKTiS. Voy. Parulie.
PARAISSE (Jbàh-Baptistk). Médecin militaire français, fut en 1802 inspecteur gënâral des hospices civils du département de la Seine, puis devint sous l'Empire chirurgien du roi deNaples, et chirurgien en chef du quartier général. Nous citerons de lui :
L ObÊârvatiom sur une iwneur enkyUée prèg de tarticuiation du genou. In Leroux, Joui-n. de méd„ t. II, an IX (1801). — II. Opuicule* de chirurgie^ euivU d'une notice eur Vépidimie qui a régné dane tÂndaloueie en 1800. Paris, 1806, in-8*. A. D.
PAROLE. Le mot parole est un de ceux qui embrassent des aperçus si nombreux et si divers, qu'il est indispensable d*exposer, tout d'abord^ àquel point de Tue nous nous proposons de traiter ce suj^^*
Si nous écrivions une monographie sur la parole, l'ordre naturel et logique de notre exposition serait de traiter, eu première ligne, desphéuomènes physiques qui président à la production des sous, puis, appliquant nos connaissances de physique biologique à l'appareil phonateur de l'homme, nous étudierions la coDstitutioii anatomique du larynx et son mode de fonctionnement dans la voix articulée, pour arriver ensuite à la parole, c'est-à-dire à l'utiUsation des sons, sans oublier Texamen du rôle important joué par le cerveau dans la phonation. Endeniier lieu, nous traiterions le chapitre si complexe, si intéressant, delà pathologie, en distinguant nettement les maladies de la parole selon qu'elles sont dues à des lésions anatomiques ou à des troubles fonctionnels.
Notre tâche est beaucoup plus modeste. La majeure partie de ce programme a déjà été traitée dans des articles spéciaux, nou» rCavom donc à nous occuper ici que du mécanisme de la voix articulée.
La parole humaine est composée de deux éléments appelés Tun voyelle, l'autre consonne. Ces deux éléments se trouvent en proportion variable selon la langue que Ton considère ; mais, en dehors de ces deux groupes principaux et de leurs variétés, il n*y a pas, dans aucun pays, dans aucune langue existante ou à créer, d'autres éléments phonétiques possibles.
Examinons donc successivement ce qu*on entend par voyelle et par consonne.
Toyellea. La voijelle, dit H. le professeur Gavarret^ est un timbre spécial communiqué au chant ou à la parole par le son de hauteur déterminée corres* pondant à la forme donnée à la bouclie par rémission de la voix. »
La forme donnée à la bouche joue donc un gi*and rôle dans la prononciation des voyelles, et c'est cette forme matérielle que nous voulons uniquement considérer.
Nous nous contenterons également d'étudier les voyelles que nous prononçons journellement dans notre langue et non celles qu'on pourrait prononcer : nous laisserons donc de coté les interminables séries de sons voyelles qu'on trouve dans toutes les monographies qui traitent de ce sujet, car il est évident que le nombre des voyelles serait pour ainsi dire illimité, si l'on voulait tenir compte des nuances si multiples et si variées dont est susceptible le larynx humain. Cette étude, du reste, est plus du domaine de la musique que de celui de la parole.
Pour nous, il y a, en français, trois types de voyelles en dehors desquels les autres ne sont que des modifications, ou intermédiaires entre ceux-ci ; ce sont : I, A, OU.
' PhétwmèHes physiques de la phonation et de l audition^ p. 385.
Si, en effet, nous considérons la Toyelle A comme nn centre phooëtiqae en avant et en arrière duquel se forment les différentes voyelles, nous aurons I pour la voyelle nécessitant les mouvements labiaux eitrèmes en arrière, et OU pour les mouvements extrêmes en avant. Entre ces trois sons se placent une infinité d'autres; nous nous bornerons à indiquer les principaux, afin d*en faire une étude spéciale.
Sans entrer ici dans des considérations d'acoustique dont on trouvera tout le développement à Tarticle Voix, nous rappellerons cependant qu*il faut considérer deux choses dans les voyelles : le son fondamental et les harmoniques. Le son fondamental est produit dans le larynx par les vibrations des cordes vocales; les harmoniques naissent de la résonnance du son fondamental dans les cavités buccale, pharyngienne ou nasale. Aussi, pour les voyelles qui nécessitent un mouvement des lèvres en avant, la capacité buccale formant caisse de résonnance présente une capacité maximum jointe à une ouverture labiale minimum, ce qui donne naissance à des sons graves. Pour les voyelles qui réclament un mouvement des lèvres en arrière, c'est le contraire qui a lieu : la faible capacité de la caisse de résonnance concordant avec une large ouverture labiale donne des sons élevés. La voyelle A correspondant à une ouverture de la bouche en forme de porte-voix fournit un son plein, intermédiaire entre les sons graves et les sons aigus.
Si donc nous considérons le son A comme un son fondamental, et que, partant de là, nous portions graduellement nos lèvres en arrière, nous aurons successivement les sons AI, É, 1. Si, au contraire, nous portons graduellement.nos lèvres en avant, nous aurons successivement les sons EU, 0, U, OU.
C*est de ces voyelles seulement que nous nous occuperons, en cherchant à nous rendre compte des mouvements qu'elles nécessitent.
Cette classification si simple des voyelles d'après le degré d'ouverture de U bouche a le grand avantage de concorder parfaitement avec les faits observés par les physiciens.
En eifet, M. Kœnig est arrivé, à l'aide de diapasons parfaitement accordés, à caractériser les cinq voyelles principales par les sons propres et fixes suivants :
Sons fixes earacténstiques «l'J
Vibrations simples, en nombres ronds 7520
On voit ici, comme dans notre classification, que la voyelle A est un centre d'où partent deux séries. Tune asccndanle, correspondant au mouvement de retrait des lèvres et aboutissant aux sons aigus; l'autre descendante, correspondant au mouvement des lèvres en avant et aboutissant aux sons graves.
La résonnance buccale est donc véritablement la partie importante dans le timbre des voyelles, et le degré d'ouverture de la bouche est certainement le principal facteur de ce problème.
Les expériences de M. Kœnig nous montrent en outre ce fait vraiment remarquable que pour chacune des principales voyelles le son propre de la cavité buccale varie d'une octave lorsqu'on passe d'une voyelle quelconque (rangée dans l'ordre ci-dessus) à celle qui la précède ou la suit :
Les voyelles o, a, e, i, sont donc les harmoniques paires du son-voyelle fondamental ou.
<( U me parait plus que probable, dit M. Kœnig, qu'il faut chercher dans la
ou.
fiimpUcitë de obb npporU la cause physiologique qui fait que nous retrouvons toujours à peu prà les mêmes cinq voyelles dans les difiërentes langues, quoiqiie la timx humaine en puisse produire un nombre indëGni, comme les rapporta simples entre les nombres de vibrations expliquent Tcxistence des mîoiea intervalles musicaux chez la plupart des peuples. >
Kcamiame de prononciation des voyelles :
1. — A» AI, Ê« I. Nous avons dit que la voyelle A était la plus simple à pnnoneer : il snCBit, en eflet, pour la former, de donner à la bouche une légère onvntnre en hauteur (environ 15 millimètres mesurés entre les deux bords libras des lèvres) en laissant les lèvres suivre le mouvement des mâchoires, lans les porter ni en avant, ni en arrière. La langue, remplissant le plancher de la bouche, est légèrement déprimée; le voile du palais est élevé.
Danf cette position, le tuyau vocal a la plus grande capacité et la plus grande aufertmre qn*il puisse acquérir, et l'on ne doit pas s*étonner de voir combien le son intiduit est plein.
Si pendant que nous prononçons la voyelle A nous élevons légèrement la hue de la langue, nous produirons le son AI, puis, si nous réduisons Foufertiire de la bouche à 10 millimètres environ, par un mouvement des lèvres CB arrière, et que nous appnx^ons légèrement la pointe de la bngue des ircades dentaires inférieures, tandis que sa partie dorrâle se dirige vers la partie postérieure de la voûte palatine, nous produirons le soû Ë.
Si nous exagérons ces positions, si surtout nous retirons fortement les lèvres CD arrière en rapprochant les dents et en appuyant la pointe de la langue contre les dents inférieures, nous aurons le son I.
Dans cette position, la bouclie est ouverte en largeur, et non plus en hauteur comme elle Tétait pour la voyelle A. De plus, le rapprochement de la langue et du palais divise la bouche en deux cavités de résonnance ayant chacune un son propre distinct. La petite cavité, qui est située en avant, a un son ëvidemnent plus élevé que celui de la grande cavité, qui est située en arrière. Ces deux tons E et I sont les deux plus élevés que nous trouvions dans la série des lojelles et, d'après les travaux de H. Kœnig, ils correspondent Tun à 3760 vi* kntions, Tautre à 7520, alors que pour prononcer la voyelle A il n'en faut qoelSSO.
Voilà pour les mouvements effectués en arrière de la position A.
S. — E, EU» 0, U, OU. Si maintenant, tout en prononçant la voyelle A, BOUS arrondissons un peu les lèvres, et que nous élevions en même temps légère- BHDt la langue, en maintenant le voile du palais élevé, nous aurons les sons E, EU. Enfio, si nous exagérons cette dernière position en arrondissant par conséquent davantage les lèvres, en élevant un peu plus le dos de la langue pour obstruer davantage Torifice pharyngien, nous produirons le son 0. Pour produire les sons U et OU, les lèvres se portent davantage encore en avant, l'ouverture buccale diminue et devient minimum pour OU, en même temps que la longueur du tuyau devient maximum. La langue se rétracte de plus en plus, mais le voile du paUis continue à être élevé. L'allongement progressif du tuyau vocal et le rétrécissement graduel de son ouverture donnent naissance à des sons qui deviennent d'autant plus graves que la capacité intérieure est plus grande et que l'ouverture est plus étroite.
Pour cette série de voyelles, comme pour la voyelle A, la bouche ne présente Hu'ane seule cavité résonnante. Le ton le plus bas du son propre ^ c;&\\j& c}KnI\\&
r^nnante se présente ponr la voyelle OU (470 vibrations, Kœnig)» qui correspond au maximum de capacité et au minimum d*onverture.
3. Voyelles nasales. Nous venons de voir que, si l*ouverture de la boudie variait, si la position de la langue éprouvait quelques changements, le voile du palais était constamment maintenu élevé par la contraction des muscles slapbylins. Hais, si le voile du palais est abaissé, les voyelles prononcées dans ces conditions prennent immédiatement un timbre nasal particulier qui les sépare complètement des précédentes. Les premières s*appellent voyelles pures ou buccales, les secondes voyelles nasales.
L'étude des voyelles IN, AN, ON, UN, montre que la seule différence qu*on puisse noter entre elles et les voyelles pures similaires réside uniquement dans une position différente du voile du palais.
En effet, si, prononçant la voyelle A, on baisse le voile du palais de manière à diviser le courant d'air entre la bouche et les fosses nasales, on produira le son AN. Le mouvement de la langue et des lèvres est absolument le même pour ces deux sons; relèvement ou rabaissement du voile du palais est le seul signe fonctionnel qui les distingue.
Si nous portons les lèvres en arrière, comme pour É, et que nous maintenions le voile du palais abaissé, en ayant soin toutefois d'abaisser la pointe de la langue, nous aurons IN. Il faut remarquer que, pour la bonne prononciation de cette voyelle IN, les lèvres sont moins rétractées que pour la voyelle analogue I, et que la langue tapisse le plancher de la bouche.
Pour les voyelles UN et ON, le voile du palais étant abaissé, les lèvres restent arrondies comme pour 0.
Nous pourrions donc nous résumer parjes deux tableaux suivants :
En arrière. En avant.
I« é^ ai. A. c, eu, o, u, OU.
m. AN. on, UN.
Nous venons de voir que les organes qui concourent à la formation des voyelles sont les lèvres, la langue et le voile du palais; nous allons étudier maintenant quelle est la part de chacun de ces organes dans la production de ces sons, et les défauts qui naîtraient de Fabsence ou de la paralysie de l'un d*eux.
A dire vrai, on est assez embarrassé pour prouver si, en dehors du larynx, bien entendu, ce sont les lèvres, la langue ou le voile du palais, qui jouait le principal rôle dans la production des voyelles. Nous pensons cependant que l'ouverture de la bouche tient la première place et que dans tous les cas une ouverture rationnelle de la bouche est absolument indispensable pour rémission irréprochable d'une voyelle.
Pour ce qui est du rôle du voile du palais dans la prononciation des voyelles, nous nous sommes borné, à l'exemple de beaucoup d'autres, à placer au devant des narines un petit miroir ou une lame d'acier bien polie et à rechercher les changements produits selon que nous prononcions une voyelle pure ou une voyelle nasale. On constate, de cette manière, que dans la prononciation des voyelles pures il ne passe pas trace d'air à travers les fosses nasales, tandis que, si on prononce des voyelles nasales, ou voit immédiatement une grande quantité de vapeur d'eau venir se condenser sur la glace ou sur la lame d* acier.
Parole. 559
L'air passe donc bien évidemment par les fosses nasales, qui agissent alors comme des cavités résonnantes et communiquent aux voyelles dites nasales le timbre particulier qui les distingue.
Ciermak croit avoir remarqué que le voile du palais prend une position diflGîrente» et que tout au moins il change de forme pour chaque voyelle. Hais il nous paraît que ces expériences extràniement délicates à pratiquer sont plus diiBeilaa encore à expliquer et à justifier, car, étant donné la sensibilité extrême dn voile do palais, il nous semble difficile d'avoir une foi bien robuste dans des résultats (ri>tenus conmie Tout été ceux de Czermak.
Ce qn*il y a de certain, c'est que la division congénitale ou accidentelle du mie du palais entraine toujours avec elle un nasonnement plus ou moins grave de la voix, mais que cependant les voyelles sont le plus souvent prononcées ma dbtinctement, alors que l'articulation des consonnes fait complètement dttiut, surtout pour les divisions congénitales.
Dans les paralysies du voile du palais consécutives à une diphthérie cutanée, k timbre de la voix est seulement altéré et prend le caractère nasillé. Dans le ctt de paralysie labio-glosso-laryugée, le malade peut le plus souvent prononcer les voyelles a, éy i, tandis qu'il lui est généralement impossible de prononcer oet K par suite de la paralysie des lèvres.
Or, d'après les expérience de Czermak, ce serait précisément pour Vi que le voile do palais serait le plus élevé, ce qui est en contradiction avec lobserntion clinique.
Après cette étude rapide de la production des voyelles, nous passerions tout de
suite à leur classification au point de vue de la tonalité qu'elles présentent, si
itoos ne voulions pas attirer l'attention des spécialbtes sur un fait trop laissé
^ oubli ; nous voulons parler du rapport des mouvements de la langue avec
ceux des lèvres.
D'après ce que nous avons dit précédemment, et comme résultat de l'étude à laquelle nous nous sonmies livré, relativement au mode de production des voyelles, ^ous croyons pouvoir aifirmer que les mouvements de la langue sont dans un ^'fpport inversement proportionnel à ceux produits par les lèvres pour une ^éme voyelle donnée, c'est-à-dire qu'à un grand mouvement de la langue en arrière correspond un grand mouvement des lèvres en avant, qu'à un petit ^loavement des lèvres en avant correspond un petit mouvement de la langue en Vrière, et réciproquement.
Exemple : nous avons démontré que, pour prononcer la voyelle I, nous étions ^iligés de Eure prendre aux lèvres leur position extrême en arrière pendant que V bngue se portait en avant et venait s'appuyer sur la face interne des dents inférieures, tandis que, pour la prononciation du son OU, les lèvres sont portées dans leur position extrême en avant, et la langue est rétractée le plus possible.
Hais la constatation du fait aurait peu d'intérêt, si elle n'avait une application directe.
Lorsque les lèvres s'allongent et que la bouche, faisant fonction de résonnateur, •^agrandit par la rétraction de la langue, le son doit être nécessairement grave; c'est là un point d'acoustique bien connu. Donc E, EU, 0, OU, constituent une aérie de sons dont la gravité augmente d'autant plus que le mouvement des lèvres en avant et de retrait de la langue s'accentuent davantage.
La réciproque est vraie, et, lorsque les lèvres se rétractent et que U lax\%>3A
s*avanoe, nous produisons graduellement des sons de plus en plus aigus^ tels que É, I.
Les deux sons voyelles U et OU diffèrent surtout entre eux par le degré de reculement de la langue. Pour OU la langue est beaucoup plus rétractée que pour U. Aussi le son OU est-il plus grave que le son U.
U est une remarque que nuus voulons encore faire et qui se résume par la proposition suivante : L'ouverture interdentaire et Vespace comprix entre la voûte palatine êont dans un rapport inversement proportionnel au mouvement de rétraction de la langue.
En eflet : i^ L'ouverture interdentaire diminue dans le sens suivant :
2^ La langue se rétracte de plus en plus, suivant :
z, u, éf e^ Oy a.
3» L'espace compris entre la voûte palatine et la langue diminue progressiez ment, suivant :
a, 0, Cf e\ u, t.
Donc, quand Tespace interdentaire ainsi que l'espace compris entre la voûte palatine et la langue sont maximum , le mouvement de rétraction de la langue est minimum.
Exemple :
a espace intermédiaire maximum.
a espace linguo-palatin maximum.
a mouvement de rétraction de la langue nul.
Classification des voyelles. De même qu'au point de vue des mouvements nécessités pour leur prononciation nous avions trois voyelles principales 1, A, OU» entre lesquelles venaient se placer d'autres sons intermédiaires, nous avoDS également des sons intermédiaires entre le grave et l'aigu. Certaines voyelicit