‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 3)Chapitre 63 sur 95 · PASTÈQUE · texte numérisé non relu

PASTÈQUE

à fleurs jaunes donnant naissance à de gros fruits d*une seule couleur, verte ou marbrée, souvent rendus glauques par une fine eHlorescence cireuse ; la chair est blanche ou jaunâtre, et les semences polymorphes, le plus souvent d*un rouge violacé à sa surface. Cetlc Pastèque a une saveur douce et agréable qui la fait rechercher dans les pays chauds, oh elle croit spontanément.

M. Naudin y rattache comme de simples races ou variélés, les formes décrites par les auteurs sous les noms de CUruUus amarus, C. cafer^ C. amarisnmus^ et dont les fruits sont généralement amers. 11 se fonde sur ce que les graines de ces espèces, cultivées au Muséum, ont donné des plants qui ne diffèrent de celles àeldi Pastèque de nos jardins que par la saveur du fruit, et sur ce que d*ailleurs la Pastèque n*estpas toujours amère à Tctat sauvage, et il se fonde sur un passage curieux de Livingstone, qui mérite d*être rapporté ici : « Le plus étonnant de tous les produits du désert, dit le célèbre voyageur, est sans contredit le Mdon d'eau (Cucumis cafer) qui porte dans le pays le nom de Kengoué ou £^11^. Dans les années où la pluie est un peu plus abondante que d'habitude, des terrains d'une immense étendue sont littéralement couverts de cette espèce de melons. C'est alors une véritable fête non-seulement pour les habitants du pays, mais encore pour les animaux de toute espèce. Ce fait avait lieu tous les ans à répoqoeoù la pluie était moins rare que de nos jours, et les Bakonains envoyaient chaque année des caravanes au lac Gnami pour acheter de ces melons aux tribus de la contrée. Aujourd'hui cette abondance ne se produit plus que tous les dix ou onze ans. Ces melons néanmoins ne sont pas tous comestibles : il y eQ a qai ont tant d'amertume que les Boêrs ont donné à la plante le nom générique de Melon d'eau amer. Les melons amers sont malsains ; les autres sont extrêmement salubres. »

D*après Naudin, la Pastèque est une plante essentiellement africaine, qui existe encore à Tétat sauvage dans plusieurs contrées de l'Afrique depuis l'Abyssinie jusqu'au cap de Bonne-Espérance. Elle est cultivée depuis un temps ionnémorial dans la vallée du Nil, d'où elle a passé, même assez anciennement, ches la plupart des peuples civilisés du bassin de la Méditerranée. Aujourd'hui elle existe dans tous les pays chauds du monde et, comme les graines sont jetées an hasard, il n'y a rien d'étonnant qu'on la trouve à demi sauvage dans beaucoup de contrées où elle n'existait pas primitivement. Ajoutons que ces graines, baUtoellement d'un rouge violacée dans nos races cultivées, peuvent varier beaucoup et de taille et de couleur.

2* La seconde espèce de CUrullus est le Citrullus colocynthis Schrad. (Cueunm colocynthis L.), vulgairement nommée Coloquinte. C est une plante des lieux arides de l'Afrique entière et de l'Arabie, qu'on retrouve dans les Indes Orientales, et aussi dans l'archipel Grec, en Espagne, où elle porte le nom de Cabo de Gata^ et, par accident, sur les cotes méditerranéennes de la France. Malgré l'étendue de son aire géographique, la Colo(|uinte officinale varie relativement peu, Elle se distingue parfaitement de la Pastèque par sa grosse racine pivotante et vivace, et par ses feuilles grisâtres et rudes au toucher. Ses fruits globuleux varient de la grosseur d'une pomme d'api à celle d'une orange; ils ioiil verdâtres jaunes ou d'un vert élégamment marbré de jaune ; la chair en est fongueuse, blanche, extrêmement amère; les semences sont très-lisses et plus ou moins basanéees; elles n'ont guère que 5 à 6 millimètres de long, et n'ont pas de bourrelet sur les bords.

La Coloquinte parait avoir joué un rôle assez considérable dans^ la matière

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