PAULLINI
à léna» où il obtint le titre de docteur en 1798, pais se fixa à Wolfenbûttel, où il exerça son art avec succès et devint par la suite médecin pensionné adjoint. Il était membre correspondant de la société des naturalistes de léna. On a de lui :
I. Disscrt, tnaug, de cancri vera natura, lenae, 1798. — II. Articles dans les recueils périodiques. L. Ha.
PAULIN (Armand). Médecin français, né à Paris, vers i 785, fit ses études dans la capitale, se lit recevoir élève de TÉcole normale, licencie is sciences, puis enseigna la physique au lycée de Metz. II étudia ensuite la médecine et obtint le diplôme de docteur en 1820. Il se fixa à Paris et y pratiqua trèshonorablement la médecine. Son attention se porta en particulier sar Tasphyxie par les gaz irrespirables, gaz d^éclairage ou autres. L'Académie des sciences lui décerna en 1857 un prix de 8000 francs pour un appareil qu'il lui présenta et permettant de séjourner et de respirer sans danger dans une atmosphère irrespirable. Il fut médecin des dispensaires et devint par la suite médecin de l'École normale supérieure. Paulin mourut vers 1858. Nous connaissons de lui :
I. Propositions relatives à quelque» points de physiologie, de pathologie et de tkérapn tique. Th. de Paris, 1820, in4*>. — IL Avec A. Devergie. Asphyxie par le gaz de Péelairsge. In Annal, d'hyg. publique, t. III, p. 457, 1830. L. Hs.
PAULIlKT (Les deux).
Paniisky (IlfiiNRicH-FÉLix). Docteur en médecine, conseiller da prince de Salm-Kyrbourg, médecin pensionné de Guntersbium, mort en 1791, est l'auteur d'un recueil d'observations de médecine et d'un Traité de médecine populaire^ qui est fait avec beaucoup de soin et dans un fort bon esprit (Dezeimeris).
I. Medicinisch-praklische Beobachlungen. !»• Sammlung. Frankfurt a. M., iTM, \\\-^'\ 2** Sammlung, ibid., 1786, iri-8«>. — II. Anleitung fur îjindleute zu einer veminjUgn <ie8undheUspflege, etc. Frankfurt a. M., 1791, in-S»; !*• Ausg. von J.-C.-G. AckcrroanD. Frankf. a. M., 1807, in-8«; 5»« Ausg. Giessen, 1824, in-8* (édition publiée par le fifedelaiiteur) ; 8^ Ausg., ibid., 1835, in-8°. I. «y.
Panlizky (Friedrich-Carl). Fils du précédent, exerça la médecine d'abord â Idstcin en 1814, et plus tard à Wetzlar, où il devint médecin pensionné et conseiller médical de la principauté de Salm.
Outre un grand nombre d'articles dans Schmidt^s Jahrbiicher der Medicin, Ilufeland's Journal der Ileilkunde, Casper's Wochensclirifl fur Heilkunde, Preussischemed. Vereimzeitung^ etc., il a publié :
Gemeinfassliche Anleitung zur Yerh&tung und Heilung der asiatisehen Cholerû^ eU- Giessen, 1833, gr. in-8°. L. fls.
PAULLINI (Christian-Franz). Célèbre médecin et naturaliste allemand, naquit à Eisenach, en Thuringe, le 25 février 1643. Il fut de bonne heure orphelin, mais, grâce aux libéralités de la duchesse douairière, il fut à méroe de faire ses éludes. Il étudia simultanément la médecine et la théologie dan? diverses universités d'Allemagne, puis visita le Danemark où il suivit. « Copenhague, les cours de Bartholin, en même temps qu'il donna des leçoos de théologie. Il ûl ensuite uu séjour à Hambourg, enseignant toujours la théologie,
PAULLhMA (Botanique). 651
€t reçut de rOniversitë de Wittemberg le diplôme de maître es arts, puis celui de poète lauréat et de notaire impérial. Il parcourut alors la Hollande et TAngleterre et prit à son tour le bonnet de docteur en médecine à Leyde. Il entreprit un nouveau voyage en Norvège, en Islande, en Suède et en Laponie. Arrive à Hambourg en 1673, il y reçut une lettre du grand-duc de Toscane par laquelle ce prince lui annonçait qu*il venait de Tinvestir d*une chaire à l'Université de Kse. Paullini aima mieux se fixer à Hambourg et y exerça Tart de guérir avec lejrfus grand succès. L'empereur le créa comte palatin en 1675, puis l'évéque de Munster le nomma son premier médecin et son historiographe. Peu après, il fut appelé à la cour du duc de Wolfenbûttel et resta là dix ans, s'occupant spécialement alors de l'histoire de l'Allemagne. Enfin, en 1689, il vint prendre la place de médecin pensionné à Eisenach. C'est là qu*il mourut le 10 juin 1712. Il faisait partie de l'Académie des Curieux de la Nature sous le nom d'ilrton. Le nombre des ouvrages qu'il a laissés est immense. Nous nous bornerons ù citer ceux qui sont relatifs à la médecine et à Thistoire naturelle :
f. Cynograpkia curtoiOt geu canis descriplio. Accedit JoannU Caii libelius de canibus hrilannieiê. Norimber^, 1683, in-4*. — II. Buto breviUr descriptut. Nortmbergi, 1686, in-4*. — III. Sacra herba, seu nobili» sahfia descripta, Yindobonae, 1688, in-4*. — IV. TradaiuêdeanguUla. Lipsiae, 1680, in-U, — V. Talpa detcripta. FrancofurtietLipsiae, 1680, iii-12. — VI. Lagographia curiosa^ seu leporU dcMcripiio. Francofurli, 1694, iii-8». —
VII. Obêervationes phyiico-medieae, Norimbergi, 1695, in-4*. Lipsiae, 1706, in-8'. —
VIII. Onogrmphia, 9eu de atino, Francofurti, 1605, in-8*. — IX. lïeiUame Dreck-Apothecke, F^nkfart, 1696, iii-8*. — X. Flagellum salutiê^ oder CuricMe Enœhlung, wie mit Sekiâçen allerhand ickwere^ langwierige und fa»t unheilbare Krankheiien curirei werden. Prankfurt, 1698, in-8\ — XI. De jalappa liber singularis. Francofurti, 1703, in-8». — XII. Diêçuiêiiio curiota an mon naturalU plerumque sit substantia verminosa, Francofurti, 1703, iii-8*. — XIII. Nucie mosckatae curiosa deseriptio, Francofurti, 1704, in-8**. — XIV. ObMêrvaiiûnum medico-phyticarum eenturaelV, Francofurti, 1706, iii-8*. L. Un.
PAVUjnviA {PauUtnia L.). g I. Bouinlqiie. Genre de plantes, de la famille des Sapindacées, série des Pancoviées. Leurs fleurs sont irrégulières et poljgames-dioîques, 5-mères ou plus rarement 4-mères. Leur calice est imbriqué, et leur corolle est formée de 4 pétales dissemblables, pourvus en dedans d*ëcailles appendiculaircs de forme variée. Les étamines sont intérieures au disque, et le plus souvent au nombre de 8, plus rarement 9-15. Le gynécée est excentrique. Son ovaire triloculaire est surmonté d'un style 3-fide ou 3-partite, et chacune de ses loges renferme un ovule ascendant, anatrope, à micropyle extérieur et inférieur. Le fruit est une capsule stipitée, 3-gône, parfois à 3 ailes, soriace, 1-3-loculaire, septicide, 3-valve et 1-3-sperme. La graine est ascen- ]ante, arillée, pourvue d'un testa crustacé et d'un embryon droit ou plus sourent courbe, sans albumen. Les Paullinia sont des arbustes sarmenteux ou rolobiles, de l'Amérique tropicale, à feuilles alternes, 1-3-ternées, pennées ou léoomposées-pennées, à pétiole souvent ailé et souvent accompagné de stipules i sa base, à folioles d'ordinaire dentées ou crénelées, ponctuées ou linéolées ; i fleors disposées en grappes axillaires, simples ou composées et cymigères, rèsHirdinairement pourvues à leur base de deux vrilles. On en connaît environ JO espèces, dont les plus utiles sont les suivantes :
Le P. sorbilii Hart., qui produit le Guarana {voy. ce mot).
Le P. Cururu L., de l'Amérique tropicale, a une racine narcotique. Ses raines fournissent une huile qui a les mêmes propriétés. Son fruit est prescrit ODtre les flux, les douleurs, etc., et ses semences servent parfois à empoisonner
05^ PAILLINIA (Thérapidtiquk).
les rivières. On avait cru, à une certaine époque, qu'elles faisaient partie du Curare.
Le P. pinnata L., qui se trouve à la fois dans TÂmérique tropicale et dans l'Afrique tropicale, où l'on suppose qu'il a été introduit et où il a été décrit sous les noms de P. a f ricana (G. Don, Gen. Syst, I, 661), uvata (ScHUHACH.et Thô2In., Beskr.^ 195) et Senegalensis (J., in Ann. Mus. Par.^ IV, 548}, est, diton, un poison terrible. Les nègres emploient sa racine et ses semences. Les Indiens des forêts du Brésil expriment son suc et le vantent oomme volnëraire. C'est aussi un remède des ophthalmies et de l'amaurose. Le P. grandiflora A. S.-H., espèce du même pays, passe pour avoir des vertus analogues.
Le P. Cupana H. B. K. (Nov. gen. et spec. pi. œquin.^ Y, 117) est, au contraire, regardé comme une espèce salutaire. On mélange à Teau potable une sorte de pâte jaunâtre qu'on obtient des feuilles broyées, en la faisant macérer dans de l'eau, enveloppée, avec de la farine de Manioc, dans des feuilles de Palmier ou de Bananier.
lid plupart des autres PauUinia sont suspects. Ils ont souvent les mêmes propriétés que \csSerjania; et peut-être les miels vénéneux, teb que ceux de la Guêpe Lecheguana, ont-ils aussi été récoltés sur des espèces de ce genre.
Le P. asialica L. est un Toddalia (Rutacées). H. Bi.
DiBLiOGRAPiiE. — L., (reit., D. 351. — J., Gtn.^ 247. — L&m, ///., t. 518. — DC, f'roér.f I, 604. — Cambem., in Mem. Mm., XVIII, 22. — Mât. et m L., DUt. Mat. méd., V, 221. - Go»., Drog. simpLt éd. 7, III, 600. — Rosknth. Syn. pi. diapkor.^ 778. —Buts, ei HooK.rM (Un., 1, 504. — H. Bff, in Payer Fam. nai„ 316 ; Hi$i. de$pL, Y, 361, 389, 416; Tr. Bat. méd. phamér., 067. H. Bi.
§ II. Thérapeutique. Parmi les nombreuses espèces que contient le groupe des Paul 11 nias, quelques-unes passent pour douées de vertus médicales ou de propriétés toxiques d'un certain intérêt pour les médecins. Toutefois seule la PauUinia sorbilis a pris rang parmi nos médicaments, et c'est elle que nous allons surtout étudier dans cet article.
Elle n'est connue en France que depuis le commencement de ce siècle, d'après les études succinctes de Mérat et celles de Cadet-Gassicourt (1822) sur le Guarana, préparation faite à l'aide de ses semences et jouissant d'une trèsgrande réputation au Brésil, dans les affections digestives.
En 1826, Théodore Martins, le frère du botaniste bien connu, analjse le guarana et y découvre un alcaloïde cristal lisable qu'il nomme guaranine.
Mais c'est à Gravelle qu'on doit la meilleure notice sur son emploi médical, d'après sa pratique au Brésil, où il avait été à même d'observer les bons effets du médicament dans un certain nombre d'affections de diverses natures.
La PauUinia sorbilis fournit aux usages thérapeutiques ses graines principtlement. Triturées, formées en pâte et séchées, elles constituent le guarana, appelé aussi paullinia tout couil (t^ot/. Guarana), étudié déjà et sur lequel je n'ai pas à donner de renseignements ici.
Outre ses semences la Paullinia sorbilis peut offrir à la matière médicale ses racines et ses fruits ; toutes ces parties ont sensiblement les mêmes propriélâ thérapeutiques.
Composition. D'après Dechastelus, les semences de paullinia renferment les principes suivants : gomme, amidon, matière résineuse brun rougeâtre, hiûli grasse colorée en vert par de la chlorophylle, tannin colorant en vert les sels Je ter et une substance cxi&UVlvne «inalo^e à la caféine (1840).
PAULLINIA (TaiRAPKOTiQUB). 655
Th. Peckolt a donne une analyse plus détaillée encore et précise de ces semences. Elles contiendraient pour 100: 4,815 de caféine, 2,296 d*huile janoBt 4 de résine ronge, 3,536 de substance résineuse, 1,727 de matière eitractiire ai otée, 1,050 d'un principe colorant rouge, 0,08 d'un principe amer am<»phe, 0,134 d*acide guaranique, 0,017 d'acide gallique, 8,516 d'acide guarano-tannique, 2,377 de matière albumineuse, 5,495 d'amidon, 0,546 de gijooae, 8,944 de pectine, acide maliqne, mucilage, dextrine, sels, etc.; 51,830 de ligneux, 8,985 d'eau.
Les eendres foomissent d'autre part à l'analyse : acide carbonique, chlore, adde solfîirique, acide pbosphorique, oxyde de fer, alumine, chaux, magnésie, poUise, soude, cette dernière dans la proportion considérable de 15,479 pour 100.
UsAMS. Cette composition, que nous Tenons d'indiquer intentionnellement aTec détails, nous montre qu'il s*agit ici d'un médicament important. Dne substance, en effet, qui renferme près de 5 pour 100 de caféine, ou plus exactement peut-être de guaranine, près de 9 pour 100 de tannin, sans parler de fortes pn^rtions de matières résineuses, celte substance pourrait jouer assurément un rdle des plus utiles en thérapeutique.
D est donc regrettable qu'elle ait été si peu étudiée encore au point de vue clinique.
GraTelle attribue, d'après sa pratique au Brésil, aux préparations de paullinia, les Tertus thérapeutiques générales suivantes : elles sont toniques, calmantes et aatrin^enlet. Ceci me parait théoriquement exact, si j'envisage la composition chimique des semences, et j'entendrais alors par propriétés calmantes l'effet secondaire dérivé d'une action sédative vasculaire très-certaine du paullinia. Le sulfate de quinine est souvent un calmant merveilleux par sa seule action tonique Tasculaire. Quoi qu'il en soit, Gravelle a vu réussir ces préparations dans les faydropisies sans lésions profondes, dans la clilorose, les maladies de langueur, les affections atoniques ou catarrhales des voies digestives et jusque dans la leucorrhée.
Je crois, en effet, que, sur un pareil terrain, elles ont toutes chances de réussir.
Aussi bien pourrait-on les prescrire, je parle surtout de celles de semences, aux sujets hydropiques par lésions cardiaques ; aux dyspeptiques par atonie des organes digestifs; aux anémiques, aux convalescents et même aux cachectiques. Elles rendraient certainement à ces malades les mêmes services qu'on demande aujourd'hui à la caféine, au quinquina ou à la coca. Voilà un champ d'exploration que je signale à l'attention des praticiens. Déjà Hervé (de Lavaur) et Debout ont montré l'importance du guarana dans le traitement des diarrhées.
Gravelle affume encore qu'on peut prescrire utilement les préparations de paullinia contre la céphalalgie, la migraine, d'origine gastrique vraisemblablement* la toux, la dyspnée asthmatique essentielle, et il a \u de malheureux malades affectés de phthisie ou de cancer soulagés pas elles : les souffrances diminuaient, les digestions étaient améliorées et le sommeil devenait meilleur.
Tous ces résultats ne sont pas impossibles, mais pour les admettre sans conteste il faut le contrôle de nouvelles observations. EnGn les Indiens leur attriftNUQt des vertus préservatrices contre la fièvre, et elles passent pour aphrodisiaques.
Bien d'autres recherdies restent à exécuter encore à propos de ce médicament si complexe. Quelle est, par exemple, la part à faire dans son action à ses dis<its
654 PAULLINIA (THiRAPEDTions).
principes : alcaloïde, tannin, résines, sans parler de sa pharmaco-dynamie qui iVest même pas ébaucliëe ?
En réalité, nos connaissances sur les eflets physiologiques de la Paullinia sorbilis sont nulles, et nos renseignements sur ses applications médicales sont bien sommaires. Et cependant, je le répète, si on rapproche les données cliniques connues de celles que Tanalyse chimique nous fournit sur la composition do ses semences, cette conviction s'impose immédiatement à resprii qn^il s *agit ici d'un médicament de premier ordre.
Modes d'administration. On administre généralement les semences delà Piuilinia sorbilis plutôt que ses racines ou ses fruits, soit en poudre^ assodée à du sucre aromatisé, ou bien sous forme de guarana. Ces semences ou le guarana, ce qui revient au même, servent aussi à préparer un extrait hydro-alcooUque que Dechastelus employait dans la confection de paêtilleSf sirop^ pilules^ ûùUure,
Les pastilles ne me paraissent avoir aucune utilité, mais Toici la formule d'autres préparations plus rationnelles :