‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 4)Chapitre 13 sur 51 · L. ite · texte numérisé non relu

L. ite

GAWAlXT (Les Deux).

Gmjmnt (Louis). Chirurgien et analomiste célèbre. De Vaux lui a consacré une notice dans son Index funereus chirurgorum Parisiensium, Il le dit natif de Clermont en Beauvaisis, membre de rAcadémie des sciences (1666), chirurgien consultant des armées du roi, a le premier des anatomistes de son temps t, démonstrateur d*anatomie, soit comme professeur pailiculier, soit comme professeur dans les écoles de chirurgie. Il n'aurait pas été étranger à la découverte du canal thoracique ; dans tous les cas, il embrassa avec passion les données fournies par Pecquetet il a, par son enseignement, singulièrement vulgarisé la découverte. Il mourut à Maestricht le i 8 octobre 1875, après avoir enrichi les recueils de TAcadémie des sciences des trois mémoires suivants :

I. Observ. sur les valvules de la veine crurale, sur celles de la veine axillaire et sur celles du canal thoracique, 1666, t. I, p. 24. — II. Observ, sur la communication de la veine émulgenie avec le canal thoracique, 1606, 1. 1, p. 25. — III. Observ. sur l'effet de la transfusion du sang d'un jeune chien dans un vieux^ t. II, p. 88. A. C.

Ciayaiit (Loois). Fils du précédent. Il naquit à Paris en 1647, fut docteur en médecine de la Faculté de Paris (19 décembre 1670), médecin du roi, et mourut le 20 février 1719, ainsi que le constate Tacte suivant pris sur un registre de la paroisse Saint-Sulpicc :

« Ledit jour (21 février 1719) a été fait le convoy et enterrement de Louis « Gayant, conseiller du roy, médecin ordinaire de Sa Majesté, docteur en méde- K cine de la Faculté de Paris, âgé d'environ soixante et douze ans, mort d*hier « en sa maison rue de Seine. Et y ont assisté M"" Estienne Garnier, avocat en a parlement, conseiller du roy, expéditionnaire de la Court de Uonie, Ijeau- « fere, M^ Antoine Copineau, procureur au Parlement, nepveu du défunt, qiii a ont signé : Garkif.u, Copihead. »

Louis Gayant fils a joui d'une grande réputation dans sou temps comme praticien; il a tenu, comme on dit, le haut du pavé. Nous ne lui connaissons que des thèses qu'il a soutenues ou fait soutenir à la Faculté de médecine de Paris :

I. Est-ne lotxum XO/u^fu; extrementuin ? (afl*.). Présid. : Jacq. Mentel, 1063. — II. ^4»» puerperœ febri correplce^ purgamenlis defectœ, cœdendœ cubitu venœf (alf.). Prcsid., Cl. Berger, 16(59. — III. An spiritus animales in cerebri substaiitia procrcantur Y (aff.). Bachelier: Pierre Yon, 1671. — IV. An arthritidis origo semper ab arieriisY (neg.). Bachelier : Pierre Daquin, 1673. A. C.

CiAT-LIJSSAC (Louis-Joseph). Célèbre chimiste français qui a rendu trop de services indirects à la science biologique pour ne pas avoir sa place ici. Il est né le 6 décembre 1778, à Saint-Léonard, dans le Limousin, où son père Antoine

GÀY-LUSSAC. 91

Gay, juge au Pont-de-Noblac, possédait une propriété connue sous le nom de Lussac. Sa première éducation fut conGée à un abbé qui émi^ra pendant la Révolution, puis il eut pour maîtres Courty et J.-B. Albert. En novembre 1794, il se rendit à Paris et fut placé dans une pension à NantciTe, et le 27 décembre i797, il fut reçu à l'École polytechnique, puis en 1800 à TÉcole des ponts et chaussées, où il gagna l'amitié de Tillustre chimiste Berthollet. Ce dernier lui associa son Ois dans l'exploitation d*un établissement industriel fondé à Arcueil pour le blanchiment des toiles par un procédé nouveau, l'emploi du chlore. liais cet établissement ayant cessé de fonclionncr au bout d'un an, Gay-Lussac fut nommé le l*"' janvier 1802 répétiteur à l'Ecole polytechnique, où il suppléa plusieurs fois Fourcroy dans son cours de cliimie pratique, et au mois de juillet de la même année professeur de physique à la Sorbonne. Il échangea celte chaire, en 1852, contre celle de chimie générale au Jardin des liantes. En 1851 , les électeurs de sa ville natale, se rappelant la conduite impartiale et courageuse de Gay-Lussac, sous la seconde restauration, lors de la réorganisation ' de rËcole polytechnique jugée trop bonapartiste, l'envoyèrent à la Chambre des députés. Le 7 mai*s 1859, il fut nommé pair de France, poste auquel l'avait pour ainsi dire désigné Berthollet, en lui léguant une partie de son costume de pair.

Gay-Lussac avait été en outre nommé membre du comité consultatif des arts et manufactures en 1805, membre du conseil de perfectionnement des poudres et salpêtres en 1818, essayeur du bureau de garantie de la monnaie eu 1829, puis chimiste de la direction des tabacs, monopoleur des alcoolomèlrcs, etc., etc. Ea 1806, il avait remplacé Brisson à l'Académie des sciences, et il était en outre membre de la Société d'Arcueil et de diverses autres sociétés savantes.

Gay- Lussac mourut à Paris, le 9 mai 1850, après une carrière admirablement remplie, et laissant des travaux remarquables sur les branches les plus importantes de la physique et de la chimie. Ce ne fut pas sans regrets qu'il quitta ce monde, au moment oîi il pressentait les merveilles que la science allait entknter : « C'est dommage, disait-il, de s'en aller; ça commence à devenir drôle. »

En 1804, Gay-Lussac fit deux ascensions eu ballon, la première en compagnie de Biot, la seconde seul, dans le but de vérifier si la force magnétique de la terre diminue quand on s'élève dans les airs; il arriva à une hauteur de 7016 mètres et lit en outre des observations remarquables sur la loi de décroissance de la température et de l'élal hygrométrique. C'est dans ante même année 1804 que Gay-Lussac, en faisant l'analyse de l'air au moyen de l'eudiomètre de Volta, remarqua pour la première fois que l'oxygène et l'hydrogène, considérés en volumes, s'unissent pour former de l'eau dans la proportion simple et ùxe de 100 d'oxygène et de 200 d'Iiydrogène.

Eu 1805, Gay-Lussac entreprit en compagnie de Guillaume de Humboldt un voyage en Italie et en Allemagne, durant lequel il fit des observations trèsimportantes sur les volcans, sur la chaleur centrale, sur le magmitisme terrtstre, etc., et se lia à Goltingue avec le célèbre naturaliste Blumenbach.

En 1807, Gay-Lussac étudia les changements de volumes des gaz et des vapeurs sous l'influence des variations de température et détermina leur coefficient de dilatation, et Tannée suivante il établit la loi des combinaisons des substances gazeuses entre elles, loi qui a été le fondement de la théorie atomique; en 1815, il découvrit le cyanogène, mettant ainsi hors de doute la

9S GâY-LCJSSÂG.

possibilité, jusqu'alors conlestëe, d'une combinaison entre Tazote et le carbone. Mentionnons encore les beaux travaux de Gay-Lussac sur l'iode, le chlore, le bore, qu*il découvrit avec Thénard en 1808, Tacide fluorique (fluorhydrique), la préparation des métaux alcalins, etc., son procédé d'analyse des monnaies d'ar* gent par voie humide, son invention du baromètre à siphon, de l'alcoolomètre, du chloromètre, de l'alcalimètre, etc.

L'importance des publications de Gay-Lussac nous fait un devoir d'en mentionner ici les principales :

I. Mémoire iur la dilatation des gaz et des vapeun, lu à Tlnstitut national le il pluviôse an X (31 janv. 1802). In Annal, de chimie, t. XUil, p. 137, 1802. — II. Notes sur la précipitation mutuelle det oxydei métalliquei. Ibid., t. XLIX., p. 21, 1801. — III. Helation d'un voyage aérostatique fait par MM, Gay-Jjussac et Biot, lu à l'Institut national le 9 fructidor an XII (27 août 1n04). In Joum. de pfiysiq,, t. LIX, 180i. — IV. Relation d'un voyage aérostatique fait par Gay-Lussac le 29 fructidor an XII (sept. 1804), lu à l'Inslilut le 9 vendémiaire an X 11 1 (1" octobre 1804). Ibid., t. LIX, 1804. — V. Expériences sur les moyens eudiométriques et sur la proportion des principes constituants de Vcdmosphère (avec Alex, de Humboldi), lu à l'Institut le 1*' pluviôse an XIII (21 janvier 1805). Ibid.. t. LX, 1805. — VI. Sur la présence de Vactde fluorique dans les substances anitnales. In Ann, de chim., t. LV, 1805. — VU. Observ. sur l'intensité et V inclinaison des forces magnétiques y faite» en France, en Suisse, en Italie et en Allemagne (avec le même), lues à l'IusLitut le 8 sept. 1806. In Mém, de la Soc d'Arcueil^ t. I. p. 1, 1807. — VIII. Essai sur les variations de tentpérature qu'éprouvent les gaz en changeant de densité, suivi de considérations sur leur capacité pour le calorique, lu à l'Instilut le 16 sept. 1806. Ibid., t. I, p. 180, 1807. — IX. Sur la vaporisation des corps, Ibid., p. 20i. — X. Mesures des phénomènes capillaires. In Joum. dephysiq., t. XLV, p. 88, 1^07. — XI. Sur la décomposition des sulfates par la chaleur. In Mém. de la Soc, d'Arcueil, t. I, p. 215, 1807. — XII Sur le rapport de la capacité de saturation des corps avec leur pesanteur spécifique. Ibid., p. 379. — XIU. Nouveau procédé pour obtenir le sodium et le potassium purs (avec Tbénard), lu à llnslilut le 7 mars 1808. Ibid., t. Il, 1809. — XIV. Sur les précautions à prendre pour réussir dans la préparùtion des métaux alcalins (avec le même), lu à l'Instilut le 2 mai 1808. ibid., id. — XV. phénomènes que présente le gaz ammoniac avec le métal de la potasse (avec le même), lu à l'In* stitut le 16 mai 1808. Ibid., id. — XVI. Décomposition de l'acide boracique par le potassium; séparation du bore, lu à l'Institut le 20 juin 1808. Ibid., id. — XVIi. HecomfHuition de V acide boracique; histoire du bore, lu à rin.«>litut le 14 novembre 1808, Ibid., id. — XVIll. Sur le rapport qui existe entre l' oxydation des métaux et leur capacité de satura^ tion pour les acides, lu à l'Institut le 5 décembre 1808. Ibiii.. id. — XIX. Recherches sur l'acide fluorique : tentatives pour en extraire le radical (avec Thénard), lu à l'Institut le tt janvier 1809. Ibid., id. — XX. Action du potassium sur les sels terreux et alcalins et sur les sels et oxydes métalliques (avec le même), lu à Tlnstitut le 23 janvier 1809, Ibid., id. — XXI. Propriétés comparatives du gaz acide muriatique oxygéné et de l'acide muriatique {B\ec le même), lu à l'Institut le 27 février 1809. Ibid., id.— XXll.À'ur la vapeur nitreuse et sur le gaz nilreux considéré comme moyen eudiometrique, lu à l'institut le 13 mars 1809. Ibid., id. — XXIII. Hech, sur la production d'un aimai game par l'ammoniaque et les sels amm*)~ niacaux au moyen de la pile voltatque (avec Thénard). lues à l'Institut en sept. 1809. In Hecherches physicochimiq., t. 1, p. 52, cl Ann. de chimie, t. LXXIII, 1809. — XXIV. Réponse aux recherches analytiques de M. Davy sur la nature du soufre et du phosphore (avec Thénard), lue à l'Institut le 18 sept. 1809. In Rech ph.-chim., t. I, p. 187, et Ann, de chim., t. LXXIU. — XXV. Méthode pour déterminer les proportions des principes qui constituent les subsi. végét, et animales, eic (avec le même), lu à l'Insiitul le 15 janvier 1810. In Annales de chimie, t. LXXIV, 1810. — XXVI. Sur l'acétate d'alumine. Ibid , p. 195. — XXVil. Observ. sur trois mém. de M. Daiy (avec Thénard). Ibid., t. LXXV, p. 290, 1810. —

XXVIII. Sur la fermentation, lu à l'Institut le 3 déc. 1810. Ibid., t. KXXVl. p. 215. 1810.—

XXIX. Note sur l'acide prussique. Ibid , t. LXXVII, 1811. — XXX. Sur l'action mutuelle des oxydes métalliques et des hydrosulfures alcalins. Ibid., t. LXXVIIl, p. 86. 1811. — XXXI. Sur la précipitation de l'argent par le cuivre. Ibid., p 91. — XXXII. Sur les oxydes de fer. Ibid., t. I.XXX, p. 183, 1811. — XXXIII. Sia- la précipitation des métaux par l'hydrogène sulfuré, Ibid., p. 'i 05. — XX XIV. Sur la densité des vapeurs de Veau, de V alcool, de féther sulfurique, et sur un appareil très-simple employé pour déterminer cette densité, lu à rinstitut le 25 novembre 1811. Ibid., p. 218. — XXXV. Sur la capacité des gaz pour le calorique, lu à l'InsUtut le 20 janvier 1812. Ibid.. t. LXXXI, p. 98, 1812. ^ XXXVI. Sur la

GÂZ EN GÉNÉRAL. 93

d^Uqyeêcence des corps. ]blL, t. LÎÎXII, p. 171, 1812. — XXXVII. Sur la capacité des fluides élastiques pour le calorique. Ibtd., t. LXXXIII, p. 106, 1812. — XXXYIU. Sur les changements de couleur que produit la chaleur dans les corps colorés. Ibid., t. LXXXIII, p. 171 , 4813. — XXXIX. Sur les sulfites sulfurés ^ les muriates de mercure et les phosphures alcalins. Ibid., t. LXXXV, p. 199, 1813. — XL. Sur l'existence de Calcool dans le vin, lu à rinstitui le 1*' mars 1813. Ibid., t. LXXXYI, 1813, et in Mém. de la Soc. d'Arcueil, t. III, p. 94. — XLI. De V influence de la pression de Pair sur la cristallisation des sels. Ibid., I. LXXXVI!,p. 225. 1813, et Mém. dÀrcueil, t. III, p. 180. — XLII. Sur un nouvel acide formé awec la substance découverte par M. Courtois, lu à Plnstitut le 6 décembre 1813. Ibid., (. LIX XIII, p. 311, 1813. — XLllI. Sur la combinaison de Viode avec V oxygène, lu à rinstitut le 20 déc. 1813. Ibid., p. 319. — XLIY. Sur Viode, lu à l'Institut le 1" avril 1814. IbiJ., t. XCI, p. 5, 1814. — XLV. Sur V acide prussique, lu à l'Institut le 18 sept. 1815. Ibid., t. XCV, p. 156, 1815. ^ XLYI. Lettre à M. Clément sur Vanalyse de V alcool et de Véther sulfurique. Ibid., p. 311. — XLYII. Sur l'acide urique. Ibrd., t. XCYI, p. 53, 1815. — XLVllI. Réclamation... sur la découverte de l'acide chlorique. Ibid., p. 99. — XLIX. Sur t oxydation de quelques métaux. In Annal, dechim. et dephys., t. I, p. 157, 1816. — L. Description d'un nouveau baromètre portatif. Ibid., p. 113. — LI. Sur les combinaisons formées par Viode et le chlore, Ibid. — LU. Sur Us combinaisons de Vasote avec Voxygène. Ibid., p. 394. — LUI. Sur la dilatation des liquides. Ihid., t. II, p. 130, 1816. — LIY. Descript, d'un thermomètre propre à indiquer desmaxima et des minima de température. Ibid-, t. III, p. 90, 1816. — LV. Descript. d'un eudiomètre de Volta. Ibid., t. lY, p. 188. 1817. — LVI. Notice sur Hipp.-Vict. Collet- Descotils. Ibid., p. 213. — LYIL Perfectionn. de la lampe à gaz inflammable. Ibid., t. Y, p. 301, 1817. — LYIII. Sur les combinaisons dusoufre avec les alcalis, lu à l'Acad. des se le 15 déc. 1817. Ibid., t. YI, p. 521, 1817. — LIX. Sur la salure de Vocéan Atlantique. Ibid., t. YI, p. 426, et t. VU, p. 7'J, 1818. — IX. Sur la fixité du degré d'ébullition des liquides. Ibid., t. VU, p. 307, 1818. — LXI. lettre à M. de Humboldt sur la formation des nuages orageux. Ibid., t. YIII, p. 158, 1818. — LXII. Sur un acide nouveau formé par le sou fre et Voxygène [dis. Weiler). Ibid., t. X, p. 312, 1819. — LXIK. Analyse de Veau de la mer Morte, Ibid.. t. XI, p. 1U5, 1819. — LXIY. Essai de Feau du Jourdain. Ibid., p. 197. — LXY. Sur V essai des soudes. Ibid , t. XIII, p. 212, 18i0. — LXYI. Sur le calorique du vide. Ibid., p. 504. ~ LXYll. Analyse dusulfate de magîitfir. Ibid., p. 308.— LXVUI. Sur le froid produit par Vévapotation. Ibid., t. XXI, p. 82, I82!î. — LXIX. Analyse du fulminate d'argent, lu à l'Acad. des se. le 22 mars 1^24. Ibid., t. XX Y, p. 285, 1824. — LXX. Sur Vessai du chlorure de chaux. Ibid., t. XX Yï, p. 62, 1824. — LXXI. Sur les paratonnerres. Ibid., p. 258. — LXXIi. Ixttre... sur la théorie de la nitrificalion. *Ibid., t. XXXIY, p. 80, 1827. — LXXIII. Sur le carbonate noir de cuivre. Ibid., t. XXXYII. p. 355, 1828. — LXXIY. Sur le pyrophore. IbiJ., p. 415. — LXXV. Essai des potasses du commerce. Ibid., t. XXXYIU, p. 537, 1828. — LXX VI. Sur la liqueur fU' manU de Boyle, Ibid., t. XL, 1829. — LXXVII. Sur Vanalyse du borax. Ibid., p. 598. — LXX YIII. Sur V acide phosplwrique. Ibid., t. XLI, p. 331, 1829. — LXXIX. Sur U kermès. Ibid . t. XLII. p. 87, 1829. — LXXX. Sur Vabsorption de Voxyg. par V argent, etc. Ibid., t. XLV, p. 2-21, 1830. — LXXXl. Faits pour servir à Vhistoire du bleu de Prusse. Ibid., t. XLVl . p. 73, 1831 . — LXXXII. Sur l'acide oxalique, lu à l'Âcad. des se. le 5 avril 1831. Ibid., p. 218. — LXXXni. Sur le précipité pourpre de Cassius. Ibid., t. XLIX, p. 596, 1832. — LXXXIY. Descript. d'un thermomètre à air. Ibid., t. Ll, p. 435, 1832. — LXXXY. Descr. d'un appareil pour le mélange des gaz avec les vapeurs. Ibid., p. 438. — LXXXYL Nouv. instruct. sur la chlorométrie. Ibid., t. LX, p. 225, 1835. — LXXXVII. Sur la décomp. du carbonate de chaux au moyen de la chaleur. Ibid., t. LXII1, p. 219, 1836. — LXXXVIII. Sur de la glace qu'on trouve au fond des rivières. Ibid., p. 559. — LXXXIX. Nouv. simplifie. de Veudiomètre de Volta. Ibid., t. LXYI, p. 443, 1837. — XC. Sur un nouveau procédé de chauffage importé d'Angleterre, Ibid., t. LXYlI, p. 220, 1838. — XCI. Considér. sur les forces chimiques. Ibid., t. LXX, p. 407, 1839. — XCII. Observ. critiq. sur la théorie des phénomènes chimiq. de la respiration. Ibid., 3» série, t. XI, p. 5, 1841. — XCUI. Sur la solubilité des fluides élastiques. Ibid., t. XUI, p. 507, 1845. — XCIV. Mém. sur Veau régale. Ibid.. l. XXllI. p. 203, 1848. — XCV. Instruction pour Vusage de Valcoolomètre centésimal. l'aris, 1824. — XCYI. Instruction pour Vessai du chlorure de chaux. Paris, 1824. — XCYII. Instruction sur Vessai des matières d'argent par la voie humide. Paris, 1833. — XCYIII. Leçons de physique. Paris, 1828, 2 vol. ia-8«» (publ. par le sténographe Grosselin).— XCIX. Cours de chimie. Paris. 1828 (publ. par le sténographe Marraet). — G. Les travaux faits en commua avec Tbéuard ont paru sous le titre : Recherc/ies physieo-ehimiques faites sur la pile. Taris, 1811, 2 vol. in-8«. L. Uh.

ttAZ EX CSÉNÉBAIi. Voy. CORPS.

94 GilZ D'ÉGLAlRilGE.

GAZ D*ÉCLAIRAGE. (Htgiène). Nous diviserons cette étude en trois parties. Dans la première, nous nous occuperons spécialement de la fabrication da gaz d^éclairage, et des conditions d*liygiène professionnelle et industrielle que cette fabrication présente.

Dans la seconde, nous étudierons Tinfluence de Féclairage au gaz sur la salubrité de la voie publique.

Dans la troisième, nous présenterons toutes les considérations que comporte, au point de vue de Thygiène de Thabitation, Temploi du gaz comme moyen d*éclairige et de chauffage.

C*est à un Français, Philippe Lehon (VHumhenin^ que Ton doit attribuer la découverte du gaz d'éclairage.

Lebon annonça sa découverte à Tlnstitut en 1798 ; le 28 septembre 1799, il prenait un brevet d'invention, et, en 1803, il éclairait les appartements «î'un hôtel, à Paris, avec du gaz extrait de la houille.

La même année, en Angleterre, dans une fabrique de machines à vapeur située à Soho près Birmingham, et appartenant à l'illustre mécanicien James Watt, un ingénieur, William Murdoch, établissait aussi un appareil destiné à l'éclairage du bâtiment principal.

Bien que les écrivains anglais aient attribué la priorité de la découverte du ^az d'éclairage à leur compatriote, il est certain que William Murdoch avait eu connaiss^ince des résultats obtenus à Paris par Philippe Lebon ; mais, ce qui lui revient sans doute, c'est d'avoir substitué au bois, dont l'ingénieur français s'était servi pour la fabrication du gaz, la houille qui abonde en Angleterre.

A partir de 1804, ce nouveau mode d'éclairage pi^nd de plus en plus de l'extension. Exclusivement employé d'abord dans les usines et dans les grands établissements industriels, ou bien comme moyen d'illumination publique, ce ne fut qu'en 1812 que l'on commença à s'en servir à Londres, pour éclairer le> rues. En France, les premiers becs de gaz parurent à Paris, diins la rue de la Paix et sur la pince Vendôme, au mois d'avril 1819. En Allemagne, ce n'est qu'en 1826 que l'éclairage au gaz fut établi à Berlin. Des capitales l'usage pénétra, peu à peu, dans les grandes villes et les centres manufacturiers, et se répandit dans toute l'Europe. Il ne tardera pas à envahir tout le monde civilisé.

Pour se rendre compte de l'importance que la question de l'éclairage au gaz présente au point de vue de l'hygiène publique et privée, il nous suffira de citer les quelques chiffres suivants.

La production annuelle en France s'clève à peu près à 550 millions de mètres cubes de gaz.

Le département de la Seine produit à lui seul 156 654 252 mètres cubes de gaz, près de la moitié de la consommation totale de la France ; après le département de la Seine, ceux qui fabriquent le plus de gaz sont : le Nord avec 25752 000 mètres cubes; le Rhône avec 14 799 000 mètres cubes; la Seines- Inférieure avec 11440 000 mètres cubes et les Bouches -du -Rhône avec 1 0 555 000 mètres cubes.

En Angleterre, la consommation du gaz est beaucoup plus considérable: à Londres seul il a été, en 1876, consommé 404 781 600 mètres cubes de gaz produits par les dix-neuf usines qui appartiennent aux six grandes compagnies qui alimentent cette ville {Field).

L Le gaz d'éclairage dans les fabriques. A. Les matières premières qui

gàz D'éclairage. 9s

scrreDt à la fabrication du gaz sont : la houille, le bois, la tourbe, les matières résineuses, les graisses et huiles, le pétrole et Teau. C'est de Tindustrie du gaz de la houille que nous nous occuperons spécialement.

La fabrication du gaz d'éclairage avec la houille comprend trois opérations :

1» La distillation de la houille dans les cornues;

2° La condensation des produits liquides dans des appareils spéciaux, ce qui constitue lepuration physique du gaz ;

3^ L'épuration chimique du gaz.

En dernier lieu s'opèrent Temmagasinement et la distribution du gaz.

Pour bien faire comprendre les conditions de travail où se trouvent placés les ouvriers des usines à gaz, nous devons donner un résumé succinct de la conduite de ces diverses opérations.

Les appareils distillatoires ou cornues sont des cylindres en terre, recouverts à leur intérieur d*un enduit argileux. Leurs dimensions sont telles que iOO kilogrammes de houille remplissent environ les deux tiers de leur capacité. Cette quantité de houille produit de 28 à 29 mètres cubes de gaz. On ferme l'ouverture des cornues avec un couvercle ou tampon en fer qui se rive à une emboochore on tête de fonte fortement scellée au corps du cylindre.

Les contues sont disposées horizontalement et parallèlement dans des fours dits à ^az, de manière que le col de leur embouchure demeure libre en avant. Dans les grandes fabriques de gaz, chaque four reçoit de 5 à 7 cornues ; cependant, il y a aussi des fours de 12 à 13 cornues.

Les ouvriers qui chargent les cornues se servent d'une longue cuiller en tôle, ayant la forme d'un demi-cylindre, qu'ils introduisent remplie de charbon dans la comoe ; il suffit de la retourner pour disposer la charge. On la relire alors et on ferme l'appareil.

La distillation dure quatre heures, après lesquelles on procède au défournement du résidu contenu dans la cornue. Ce résidu, qui est du coke encore brûlant et flambant, est attiré au dehors, à l'aide d'un ringard, sorte de long crochet de fer, et recueilli dans des brouettes ou chariots en fer qui servent à le transporter dans la cour de l'usine, où on l'éteint avec de l'eau.

Dans quelques fabriques, le coke est immédiatement employé à l'état rouge pour le chauflage des cornues.

Dès qu'une cornue est ainsi vidée, l'ouvrier 'la recharge immédiatement, la ferme de nouveau en tournant la vis dont le tampon est muni, et l'opération reoooamence.

Entre le travail des cornues et le travail d'épuration proprement dit, a lieu l'épuration physique ou condensation qui se fait pour ainsi dire mécaniquement, et saos nécessiter l'intervention d'ouvriers spéciaux ; nous devons en donner un aperça succinct. Toutefois, comme c'est à l'influence des produits de la distilla- UoD du cliarbon que se rapportent les accidents particuliers que l'on rencontre chez les gaziers, il est indispensable de faire connaître quels sont ces produits, avant et après l'épuration du gaz.

Les produits de la distillation de la houille sont au nombre de quatre : le coke, les résidus ammoniacaux, le goudron et le gaz d'éclairage. Chacun de ces produits peut agir sur la santé par les éléments qui le composent. U faut donc connaître les principaux de ces éléments.

On trouve dans le coke 90 à 95 pour 100 de carbone et une petite proportion de sulfure de fer. Les résidus ammoniacaux présentent comme éléments princi-

96 GiZ D'ÊCLillRAGE.

paux : du carbonate el du sulfure d*ammoniuin, et comme éléments accessoires du cyanure et du sulfocyanure d'ammonium.

Le goudron comprend des hydrocarbures liquides et solides, des acides et éthers» des bases et des éléments constituant ce qu'on appelle le brai. Nous renvoyons à larticle GoudroiN Téimmération complète de ses divers cléments et leur étude au point de vue de l'hygiène.

Les éléments qui entrent dans la composition du gaz d'éclairage sont nombreux. Wagner et Gautier les divisent :

i<» En éléments éclairants comprenant des gaz et des vapeurs; ce sont tous des hydrocarbures.

Ces gaz sont : l'acétylène (C«H«), l'élhylène (CW), le propylène (CW), le butylène (C*H») ;

Les vapeurs sont des vapeurs de benzine (C*H^), de styrolène (G*H^), de naph- Ulinc (C*<>H»), d'acétylnaphUline (C"H*°), de fluorène (C»H*°), de propyle (C'H"), de butyle (CM1«) ;

2<> En éléments non éclairants qui sont : l'hydrogène, le gaz des marais (Cll^j, l'oxyde de carbone;

3° Eu éléments altérant la pureté du gaz : l'acide carbonique, l'ammoniaque, le cyanogène, le sulfocyanogène, l'hydrogène sulfuré^ des carbures d'hydrogène sulfurés, du sulfure de carbone et de l'azote.

Ceci posé, passons rapidement en revue le travail général d'épuration du gaz d'éclairdge.

Une première condensation des produits volatils de la distillation de la houille se fuit dans le barillet^ large tube horizontul, ordinairement cylindrique, commun à une série de fours, et avec lequel communiquent les tuyaux de dégagement des cornues. L'eau, dont le barillet est rempli, est bient<^t remplacée par du goudron et de l'eau goudronneuse qui s'écoulent par un tube d'écoulement dans un réservoir à goudron.

Les gaz, la vapeur d'eau contenant en dissolution des sels ammoniacaux, les vapeurs de goudron qui ne sont pas condensées dans le barillet, s'échappent par un tube abducteur et arrivent dans ce qu'on appelle le a jeu d'orgue n, qui est une série de tubes réfrigénints dans lesquels s'opère la transformation en liquides des vapeurs aqueuses et goudronneuses. En même temps que le jeu d'orgue, on emploie généralement un second appareil condensateur ou laveur à coke qui se compose de cylindres en tôle remplis de fragments de coke maintenus humides. Ce laveur a pour but, à la fois, d'enlever au gaz une partie de l'hydrogène sulfuré et du sulfure d'ammonium, et de retenir les particules de goudron entraînées par le courant gazeux.

Du laveur, le gaz est conduit dans l'épurateur proprement dit, oh il doit être dépouillé de l'hydrogène sulfuré, de l'acide carbonique, des produits ammoniacaux el des quelques bases organiques qui accompagnent l'ammoniaque dans le gaz d'éclairage non purifié.

Les épurât eui's consistent généralement aujourd'hui en de grandes caisses rectangulaires en fonte ou en tôle, divisées en deux ou trois compartiments par dts diaphragmes horizontaux. Dans chaque compartiment, on place une claie sur laquelle on étend les matières éjmrantes. Le gaz arrive le plus souvent par la partie inférieure de la caisse et sort par la partie supérieure (d'autres fois c'est le contraire); il est ainsi forcé de se tamiser à travers la masse d'épuration.

L'agent chimique le plus anciennement employé est la chaux, qui l'a été suc-

GÂZ D'ÉCLAIRAGE. 97

cessivement sous forme humide (lait de chaux], ou sous forme sèche (hydrate de chaux sec ou simplement humecté). Mais rexpërience a démontré que la chaux seule ne suffit pas pour opérer une épuration complète; il reste des produits ammoniacaux que, dans quelques usines, on élimine en faisant passer le gaz à travers de la sciure de bois humectée avec de l'acide sulfnrique étendu, et placée dans les compartiments inférieurs'de Tappareil épurateur. Hais le procédé, employé aujourd*hui dans presque toutes les grandes usines, en Angleterre et en France, c'est le mélange qui a été proposé par Laming^ quelque peu modifié suivant les fabriques, et qui consiste en un mélange de sulfate de chaux et de peroxyde de fer employé à Tétat sec.

Le gaz d'éclairage, une fois purifié, se rend dans le gazomètre ou réservoir destiné à le contenir avant sa distribution.

Chaque usine possède au moins deux gazomètres, quelquefois jusqu'à dix ou douze, et leurs capacités réunies peuvent égaler les 8/10 environ du volume iju gaz engendré journellement dans l'établissement. Tout gazomètre se compose d'une cloche et d'une cuve. La cloche remplie d'eau avant l'arrivée du gaz plonge dans un grand réservoir, en maçonnerie et ciment hydraulique, à parois bien étanirhes. G*esl la cuve ou citerne. Elle est creusée dans le sol de façon <]ue» lorsque la clodie est au bas de sa course, c'est-à-dire vide de gaz, la platel'orme du gazomètre est de niveau avec le sol.

L'étanchéilé des parois de la cuve est aussi importante pour Thygiène que pour l'économie de l'usine. Les fuites de gaz et les infiltrations de liquides auxquelles la perméabilité de ces parois donnerait lieu seraient, on le comprend, préjudiciables à tous égards. D'un autre côté, elle favorise le retour des iraz du sol dans le fond de la cuve : de là des accidents pendant le curage.

Quant au' danger d'explosion que les gazomètres présentent, il faut rcconnaiti*e i|u'il a été fort exagéré. Si l'on songe que pour être détonant, le gaz renfermé <inns la cloche doit être mélangé avec au moins sept fois son volume d'air atmosphérique, on comprendra comment le jeu de l'appareil lui-même rend cette éventualité impossible. Aussi les cloches atteignent-elles aujourd'hui un volume considérable. Il y a dans les usines de la Compagnie parisienne des cloches qui ont une capacité de 25000 mètres cubes: En général, cependant, cette capacité ne dépasse pas 12 à 15000 mètres cubes. En Angleterre, celle des gazomètres acluellement en usage est de 15000, 30000 et jusqu'à 70000 mètres cubes, f/un des plus grands gazomètres connus, construit à Liverpool, possède une capadté de 87500 mètres cubes.

B. Voyons maintenant quelles sont les conditions spéciales d'hygiène oîi^se trouvent placés les ouvriers des usines à gaz.

On peut diviser les ouvriers gaziers en deux catégories : l** les ouvriers «miployés aux cornues; 2® les ouvriers employés aux épurateurs.

Le travail des cornues ou des fours expose les ouvriers à tous les inconvénients <les poussières, à l'action d*une haute température, aux fatigues d'un dur labeur. Appelés à se remplacer à tour de rôle, dans le transport de la houille, dans le chargement et le déchargement des cornues, dans l'enlèvement et Textinclion du foke embrasé, ils bénéficient sans doute de la division successive du travail, mais ils se trouvent pai* cela même exposés à des transitions brusques de température, alors qu'ils sont dans un état prononcé de sueur. C'est la cause la plus ;rL'nérale des maladies qui les atteignent.

Ces maladies;sont : des affections chroniques ou subaiguës des organes respi-

DICT. EMC. 4« s. VII. 7

98 GÂZ D*ÉGLâIRâ6E.

ratoires, des affections catarrhales aiguës ou chroniques des voies digestives et des affections rhumatismales.

Suivant nous, cependant, il ne faudrait pas faire jouer aux influences atmosphériques un rôle trop prépondérant. L*action du froid vient sans doute déterminer l'explosion ou la manifestation aiguë d*une de ces aflections» mais la gravité et le caractère spécial qu'elle présente dépendent avant tout des prédispositions acquises par Torganisme de Touvrier sous l'influence du travail professionnel.

Cest ainsi que chez ces ouvriers les poumons sont prédisposés aux affections catarrhales aiguës par l'inhalation des poussières charbonneuses; que les catarrhes intestinaux sont le résultat de troubles digestifs prolongés par suite de déperditions sudorales et d'excès de boissons ; que les rhumatismes dépendent de fatigues musculaires considérables que provoque le genre de travail professionnel.

La bronchorrhée se retrouve chez cette catégorie d'ouvriers comme signe principal de la pneumonoconioseanthracosique ou maladie des bouilleurs. Un constate chez eux : l'otite furonculeuse et les blépharites glandulo-ciliaires des chauiTeurs, provoquées par le dépôt de la poussière de charbon dans le conduit auditif et sur les rebords des paupières. Je ferai cette remarque que la houille grasse, que l'on emploie de préférence dans les usines à gaz, présente, à cet égard, une action particulièrement irritante.

Il faut noter encore les douleurs subites dues à la rupture de fibres musculaires ; le lumbago et la névralgie sciatique. Le caractère de ces deux dernières affections est le même que celui que nous avons signalé chez les forgerons et les fondeurs. Il y a plus, en effet, qu'une simple manifestation rhumatismale; la somme de mouvement des lombes est presque aussi grande chez les ouvriers employés aux cornues que chez les forgerons. En outre, à côté de laffaiblissement nerveux provoqué par des déperditions sudorales continues, il faat faire intervenir l'action fâcheuse produite par l'absorption de gaz nuisibles.

C'est ainsi que le transport du coke embrasé, son extinction, donnent lieu à un dégagement de gaz carbonés et sulfureux. Les vertiges, les céphalalgies que le voisinage de ces amas incandescents provoque parfois chez les ouvriers, sont dus à l'inhalatiou de Toxyde de carbone. Il en est de même pour la fumée qui s'échappe des cornues quand on les charge et quand on les décharge. Au moment du déchargement, surtout, le gaz qui se dégage tout autour du tampon desserré, non-seulement est dangereux à respirer, mais peut donner lieu, si Ton ouvre t«ut de suite, à de violentes explosions. C'est pour cela qu'on l'allume, dès qu'il se dégage, et l'on évite ainsi, avec l'explosion, les chances de brûlure et de respiration de gaz délétères. Quand l'absorption accidentelle de ces gaz a lieu, il se manifeste des signes rapides d'intoxication caractérisés par un catarrhe aigu de l'estomac avec vomissements et fièvre, plongeant les ouvriers dans l'abattement le plus profond, plus rarement dans un coma subit. Mon savant collègue et ami, le professeur Arnould (de Lille), regarde ce travail des cornues comme une opération des plus dangereuses dans les usines à gaz. Tout récemment, au Congrès international d'hygiène de Turin, il a cité le cas d'un ouvrier qui était arrivé au plus haut degré d'anémie, et chez lequel Kelsch ne compta plus qu'un million et demi de globules rouges par millimètre cube.

Mais c'est principalement chez les gaziers employés aux épurateui^ que se rejaarque cette sorte d'empoisonnement chronique dû à l'action répétée de gaz toxiques mélangés en proportion plus ou moins grande avec l'air qu'ils respirent.

GiZ D'fiCLÂlRAGE. ff

Lenr teint est généralement terreux. Us présentent souvent des éruptions entanées papulo-pustuleuses, de l*acné, entre autres. A. Hanouvriez a observé chn lei ouvriers des usines à gaz de Valenciennes et d*Anzin des anthrax, des panarb et de fréquentes inflammations de la peau (De Vanémie des mineurs^ dite d*Afmn. Valenciennes^ 1878). J'avais déjà signalé ce fait dans mon Hygiène et paAo^ hgie des professions. Cet état d*anémie, que je regarde aujourd'hui coaune dû spécialement à l'absorption du gaz oxyde de carbone, a été rapproché par M. Hanouvriez de l'anémie des bouilleurs d'Ânzin, qu'il regarde comme une intoxication spéciale due aux hydrocarbures provenant de la houille ; ce qui loi fait établir la plus grande analogie entre les affections professionnelles des gamn, des ramoneurs de suie de houille, des distillateur de goudron, des ouvriers des fabriques de brai, etc. {voy. art. Goudron). Mes propres observations me font attribuer à l'action des vapeurs hydrocarburées les manifestations éruptîves, seules, que présentent les ouvriers gaziers.

Cependant, on ne saurait dire que les ouvriers des usines à gaz aient un bilan pathologique plus prononcéqu'ailleurs et l'on doit faire entrer en ligne de compte les mauvaises habitudes d'hygiène privée, les excès de boissons et autres, dans Ja somme de morbidité relevée chez eux. C'est ainsi que Pétersen dans son Étmde sur la santé des ouvriers des usines à gaz de Copenhague insiste sor loir alim^itation défectueuse, et sur l'entraînement qu'ils éprouvent à faire oaqie, comme stimulant, de liqueurs alcooliques, t Le gazier, dit-il, tombe ainsi pen à pea dans l'alcoolisme avant de s'en douter. Des catarrhes gastriques chroniquef et incurables se développent, la nutrition est altérée, les accidents pulmonaiees prennent un développement beaucoup plus considérable, et ce conooun de circonstances produit cet état d'épuisement profond dans lequel tombent soovwit les ouvriers qui travaillent depuis longtemps dans les usines à gaz s (De la santé des ouvriers des usines à gaz de Copenhague^ in Hygieniske mede^ Idser og. Botralyninger^ vol. VII, part. 11, 1872. Copenhague, extrait par Du Mesnilt in Ann.d'hyj. pM.y avril 1874).

Qaelques observateurs, M. Bouteiller, de Rouen, entre autres, ont de la tendance à considérer l'influence de la fabrication du gaz d'éclairage sur les ouvriers qui y sont employés comme salutaire [De Finfluence de la fahri' cation du gaz d*e'clairage sur les ouvriers qui y sont employés^ Anvers, 1876). Mes propres observations me font craindre que, à cet égard, on n'ait vouln Irop prouver. Presque tous ces observateurs invoquent l'influence bienfaisante des émanations des résidus d'épuration sur la coqueluche et sur les affections respiratoires. A ce sujet, la question est jugée aujourd'hui, et je renvoie k l'article Coqueluche de ce Dictionnaire, oh elle a été traitée complètement.

M. Bouteiller insiste beaucoup sur les propriétés désinfectantes qu'auraient ces résidas. Selon lui : être employé dans une usine à gaz, c'est se trouver dans la meilleure situation pour être préservé des maladies. 11 a cité un certain nombre de renscigfiements qui semblent démontrer que les gaziers sont à l'abri en choléra et que la fièvre typhoïde les épargne également. Ce n'est pas l'opinion de M. Manouvriez, de Valenciennes, qui signale la prédisposition aux maladies infec* tieuses et ce caractère torpide, grave, insolite, qu'elles peuvent revêtir par dé&nt d'énergie réactionnelle, chez tous les ouvriers exposés à l'influence des dérivés de la houille, c Les gaziers de Valenciennes et d'Anzin, dit-il, sont plus sujds que les autres artisans au choléra qui, en temps d'épidémie, les atteint assez sottTent les premiers ; chez eux, les rechutes sont fréquentes, i

iOO GAZ D'ÉCLAIRAGE.

Avant d*aborder Tétude des documents relatifs à la salubrité de l'industrie du gaz d*éclairage, il nous reste à dire un mot des accidents qui peuvent arriver pendant le nettoyage des cuves des gazomètres.

La mauvaise construction des cuves des gazomètres et les infiltrations qui en sont les conséquences, dit Max. Vemois (Traité pratique d'hygiène induxtrieUe et adminutrative^ t. II, p. 47), ont souvent donné lieu à des accidents graves, et quelquefois mortels, pour les ouvriers chargés de les réparer, pendant leur séjour au fond de ces cuves. La cause en était peut-être due à de Tacide carbonique dégagé du sol et à son mélange avec quelque hydrocarbure volatil. Ce n*est pas assurément de Thydrogène carboné, car le gaz ne saurait séjourner au fond de la cuve. Serait-ce de Tacide sulfhydrique ? Quoiqu'il en soit, les cas de mort ont été déterminés par une asphyxie comparable à celle qui se produit dans les cuves

à vin. »

Ces accidents, qui rappellent en effet ceux produits par le méphitisme des

fosses et de certaines caves cl puisards, n'arrivent point quand les parois de la cuve des gazomètres sont parfaitement imperméables. C'est sans doute au retour, dans la cuve vide, des gaz comprimés dans les couches voisines du sol, alors que la cuve est pleine, qu'ils doivent être attribués.

C. Un des plus grands inconvénients qui se soient opposés longtemps au développement de rinduslrie du gaz d'éclairage provenait des résidus fournis par les produits de condensation et d'épuration. Dans l'ignorance où Ton était alors de leur utilisation industrielle et devant la difficulté de s'en débarrasser d*une façon pratique, on se trouvait en présence de masses excessivement encombrantes et devenant une cause sérieuse d'insalubrité pour le voisinage. Aujourd'hui encore, les usines où l'on emploie la chaux produisent une quantité considérable de résidus exhalant mie odeur infecte et fort incommode pour les ouvriers et le voisinage au moment où Ton ouvre les caisses et pendant les manipulations qu'exigent leur enlèvement. A cet égard, de Freycinet recommande la pratique suivie par quelques usines en Belgique. La chaux impure est immédiatement mélangée avec les cendres des foyers qui absorbent les odeurs, et le compost ainsi obtenu est entreposé dans une sorte de couloir clos de toutes parts et ventilé de bas en haut. Il est vendu aux agriculteurs comme engrais.

Cependant on est arrivé à ne laisser perdre aucun des produits secondaires de la fabrication du gaz, et leur traitement ainsi que leur vente viennent puissamment en aide à l'exploitation de l'industrie première. C'est ainsi que les cokes de gaz sont très-recherchés pour le chauffage des appartements ; que les eaux de condensation servent à l'extraction du sulfate d'ammonium ; que le goudron de houille, qui était autrefois une si grande source d'incommodités pour les fabriques et les habitations voisines, est devenu le point de départ d'une nouvelle et puissante industrie : l'industrie du goudron ; que la chaux épuisée peut être employée dans le tannage des peaux, pour le pelainage de celles-ci ; que les détritus du mélange de Laming eux-mêmes produisent du soufre qui est utilisé, dans beaucoup d'endroits, pour la préparation de l'acide sulfurique.

On peut voir, par là, combien les échanges mutuels que se font et sont appelées à se faire les industries modernes, eu utilisant les résidus des fabriques, contribuent puissamment à leur assainissement et aux progrès de l'hygiène. Aussi la législation qui régissait certaines de ces industries a-t-elle pu subir des modifications avantageuses au libre essor de ces dernières, sans pour cela compromettre les intérêts de la salubrité publique. C'est ce qui est arrivé pour la fabri-

cation du gaz d'éclairage, au sujet de laquelle les craintes manifestées par Tadministration et le public ont singulièrement perdu de leur exagération première.

Régie successivement par l'ordonnance royale du 20 août 1824 et celle du 25 mars 1838, cette fabrication a été soumise au décret du 27 janvier 1846 jusqu*en 1866, époque où les établissements et les usines à gaz furent classés dans la deuxième et troisième classe des établissements insalubres, incommodes ou dangereux. Ils sont aujourd'hui réglementés par un décret spécial en date du 9fémer 1867. La simple reproduction de ce décret et des instructions ministérielles concernant son exécution nous parait suffisante pour faire connaître toutes les considérations d'hygiène industrielle que la fabrication du gaz soulève.

l58TllUCTI0If8 POUR l'ix£CUT101I DU B^CAET DU 0 FEVRIER 1867.

Pari», le 28 févHer 1867.

MoasiEVR UE PrIfst,

La Domenclature des établissements réputés insalubres, dangereux ou incommodes, annexée au décret impérial du 31 décembre 1866, a rangé dans la deuxième classe la fabrication du gjz d'éclairaire et de chauffage pour l'usage public, et dans la troisième classe la même fabrication pour l'usage particulier, ainsi que les gazomètres pour l'usage particulier non attenant aux usines de fabrication.

Ce classement est à peu près le maintien de celui qui existait antérieurement ; mais ce qui concerne le gaz est soumis, en outre, à des conditions spéciales prescrites par Toinionnance royale du 27 janvier 1846, et il a paru convenable de réviser ce régime en tenant compte des progrès réalisés.

Tel est l'objet du décret impérial du 9 février 1867, rendu après examen du Comité consultatif des arts et manufactures, et sur l'avis du Conseil d'État, décret dont vous trouverez le texte é la suite de la présente circulaire et dont je dois vous taire connaître l'esprit et la portée.

II convient de remarquer d'abord que l'ordonnance de 1846 s'appliquait indistinctement à la fabrication du gaz pour les usages publics et pour les usages privés, tandis que le nouveau décret, qui la remplace en l'abrogeant, n'a plus jugé nécessaire de réglementer d'une manière spéciale que les usines fabriquant pour l'usage public, les appareils destinés aux besoins privés ne devant plus, dès lors, être soumis qu'aux conditions particulières de l'acte administratif qui en aura autorisé l'établissement.

En second lieu vous reconnaîtrez. Monsieur le Préfet, qu'on s'est attaché à retrancher de la réglementai ion spéciale tout ce qui pouvait être une gêne trop grande pour le développement d'une industrie dont la nécessité est chaque jour plus démontrée.

Déjà fadminisl ration, désireuse de hâter le développement de cette industrie en lui laissant toutes les facilités compatibles avec la sécurité publique, avait accuelli favorablement les réclamations qui lui avaient été adressées au sujet de la prohibition contenue dans l'article 6 de Tordonnance de 1846, lequel interdisait l'emploi de toute substance animale pour la fabrication du gaz, et un décret en date du 17 mai 1865 a rapporté cette prohibition. Le règlement nouveau, s'inspirant du même esprit, supprime tout ce qui, dans l'ordonnance de 1846 (art. 17 et 24], était relatif à la construction, à l'emploi du gazomètre et aux épreuves que devaient subir les récipients portatifs pour le gaz. Il a été reconnu, en effet, que les dispositions dont il s'agit n'avaient plus aujourd'hui leur raison d'être et n'étaient plus en harmonie avec les progrès accomplis dans cette industrie depuis vingt ans.

Le nouveau règlement dispense en outre les usiniers de l'obligation, que leur imposait larticle 14 de l'ordonnance, d'être pourvus de deux ou plusieurs gazomètres, selon l'importance de leur fabrication ; il supprime également robligation qui leur était imposée de surmonter de tuyaux et cheminèss toutes les ouvei-tures des ateliers ; enfln, il réserve à cbaque fabricant, moyennant certaines conditions, la possibilité de traiter, dans son usine même, les eaux de condensation pour en extraire les sels ammoniacaux qu'elles peuvent contenir.

Ces simples indications suffisent pour faire ressortûr les avantages que, dans son ensemble, la nouvelle réglementation présente aux industriels. J'y ajouterai seulement quelques ejqjilicattons sur les principales dispositions du décret.

Aux termes de Tarticle 2 : 1* Les usines à gaz devront être entourées d'un mur ou d'une clôture solide en bois, de trois mètres de hauteur au moms ; 2* les ateliers de febrication ,

lOS GAZ D'ÉCLAIRAGE.

•Inti que les gaxoDiètre8,^devront être séparés des habitations Toisines par une distance d'au moins trente mètres.

II est bien entendu que la condition d'éloignement des habitations ne concerne que les usines qui se formeraient à l'avenir. S'il en était autrement, en effet, certains établissements actuellement eiistants se trouveraient frappés d'une sorte de suppression qui ne saurait être dans les intentions du règlement. Vous devres donc seulement. Monsieur le Préfet, n'autoriser désormais les usines à gas qu'en les obligeant à satisfaire à la condition d'éloigoement eiigée par le décret.

Quant à la première partie de cet article et à l'ensemble des autres dispositions du décret, Tapplication en principe doit en être immédiate. Mais, avant de formuler des prescription à cet égard pour chaque établissement, vous devrei vous rendre un compte exact de la situation de Tusine, de son emplacement, de la possibilité ou de Timpossibilité qu'il y aurait de construii^e le mur ou la clôture exigés. Vous aurez aussi, avant d'ordonner l'exécutloo de ces travaux, à tenir compte de la difficulté qu'ils pourraient rencontrer soit au point de vue de la situation existante, soit au point de vue de la dépense qu'ils occasionneraient, et vous pourrez, suivant les circonstances, user momentanément de tolérance, en accordant, pour la réalisation de ces travaux, les délais que vous jugeriez convenables.

C'est l'article 0 qui, comme je l'ai déjà indiqué, laisse aux propriétaires d'usines à gaz, et sous certaines conditions, la faculté de traiter, dans leur établissement même, les eaux de condensation qu'ils peuvent recueillir pour en extraire les sels ammoniacaux. Vous devrez. Monsieur le Préfet, veiller à ce que les conditions qu'impose cet article soient convenablement observées, surtout en ce qui concerne les exhalaisons nuisibles et l'écoulement des eaux, de manière à sauvegarder les intérêts de la salubrité publique et ceux des habitations foisines.

Les articles 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10, il et 12, renferment, sauf ce qui a été indiqué ci-dessus, à peu près les mêmes dispositions que les articles correspondants de l'ordonnance de 1846.

Ces diverses prescriptions ne peuvent être l'objet d'aucun embarras, d'aucune gêne sérieuse pour les propriétaires d'usines à gaz. pourvu que l'on tienne compte des recommandations qui précèdent touchant les ménagements qu'il convient d'apporter à l'application de l'article î du nouveau règlement.

Je compte beaucoup, du reste. Monsieur le Préfet, sur votre sollicitude éclsirée pour faciliter la transition du régime ancien au régime inauguré par le nouveau décret ; mais, si vous rencontriez dans l'application quelques difQcultés qui vous tissent désirer d'avoir Favis du Comité consultatif des arts et manufactures, vous pourriez m'en référer, et vous ■e trouverez dispo^ à vous faciliter la solution des questions que vous aurez à résoudre au début de ce nouveau régime pour l'industrie du gaz.

Veuillez m'accuser réception de cette circulaire, etc. . .

Suit le décret:

DÉCRET Napoléon,.... etc.

Vu l'ordonnance royale du 27 janvier 1846, concernant les établissements d'éclairage par le gaz hydrogène ;

Vu le décret du 31 décembre 1866 ;

Vu l'avis du Comité consultatif des arts et manufactures.

Avons décrété etc. :

Article premier. — Les usines et ateliers de fabrication du gaz d'éclairage et de chauffage pour l'usage public et les gazomètres qui en dépendent sont soumis aux conditions ci-après.

Art. 2. — Les usines sont fermées par un mur d'enceinte ou une clôture solide en bois, de trois mètres de hauteur au moins; les ateliers de fabrication et les gazomètres sont à la disiance de trente mètres au moins des maisons d'habitation voisines.

Art. 3. — Les ateliers de distillation et tous les bâtiments y attenant seront construits et couverts en matériaux incombustibles.

Art. 4. — La ventilation desdits ateliers doit être assurée par des ouvertures suffisamment larges et nombreuses, ménagées dans les parois latérales et à.la partie supérieure du toit.

Art. 5. — Les appareils de condensation sont cHablis en plein air, ou dans des bâtiments dont la ventilation est assurée comme celle des ateliers de distillation.

Art, 6. — Les appareils d'épuration sont placés vers le centre de l'usine, en plein air ou dans des bâtiments dont la ventilation est assurée comme celle des ateliers de distillation et de condensation.

Art. 7. •» Les eaux anunoniacales et les goudrons produits par la distillation, qu'on n'en-

lèTenit pas imnoMiatdment» seront recaeillis dans des citernes exactement closes et qui devront être parfaitement élancbes.

ArU 8. — L épuration sera pratiquée et conduite avec les soins et précautions nécessaires pour qu'aucune odeur incommode ne se répande en dehors de l'enceinte de l'usine. La chaux 4m les laits de chaux, s*il en est fait usage, seront enlevés chaque jour, dans des vases ou tombereaux f rmant hermétiquement, et transportés dans une voirie ou dans un local désigné par Tautorité municipale.

Art, 9. — Les eaux de condensation peuvent être traitées dans Tusine elle-même pour en •extraire les sels ammoniacaux qu'elles contiennent, à la condition que les ateliers soient établis vers la partie centrale de Tusine, et qu'il n'en sorte aucune exhalaison nuisible ou incommode pour les habitants du voisinage, et que Técoulement des eaux perdues soit assuré sans inconvénient pour le voisinage.

ArU 10. — Les goudrons ne pourront être brdiés dans les cendriers et dans les fourneaux •qu'autant qu'il n'en résultera à l'extérieur ni fumée, ni odeur.

ArU it. — Les bassins dans lesquels plongent les gazomètres seront complètement étanches ; ils seront construits en pierres ou briques à bain de mortier hydraulique, en tôle ou en fonte.

ArL 13. — Les gazomètres seront établis à l'air libre; la cloche de chacun d'eux sera maintenue entre des guides fixes solidement établis de manière que, dans son mouvement, son axe ne s'écarte pas de la verticale. La course ascendante en sera limitée de telle sorte que, lors<iue la cloche atteindra cette limite, son bord Inférieur soit encore à un niveau inférieur de 0",30 au moins au bord du bassin ou cuve.

La force élastique du gai dans l'intérieur du gazomètre sera toqjours maintenue au-dessus de la pression atmosphérique ; elle sera indiquée par un manomètre ti'ès-apparent.

Art. 13. — Les usines et appareils mentionnés ci-dessus pourront, en outre, être assujettis aux mesures de précautions et dispositions qui seraient reconnues utiles dans l'intérêt de la sûreté et delà salubrité publiques, et qui seraient déterminées par un règlement dadminis* tration publique.

Art. 14. — Les usines et ateliers régis par le présent décret seront soumis à l'inspection ^e l'autorité municipale chargée de veiller à ce que les conditions prescrites soient observées.

Art. 15. — Les dispositions de l'ordonnance du S7 janvier 1846 sont et demeurent rapportées.

Art, 16. — Notre ministre, secrétaire d'Etat au département de l'agriculture, du commerce et des travaux publics, est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera inséré au Bulletin 4e t LûiM.

Fait au palais des Tuileries, le 0 février 1867.

Signé: NapoUjx.

IL Le gaz d*éclaira6e sur la toig publique. Le gaz d'éclairage tenu en réserve dans le gazomètre est distribué aux consommateurs au moyen de tuyaux de conduite. Les conduites principales qui sont établies suivant les grandes voies des villes sont en fonte, et elles sont enfouies dans la terre, à une profondeur de 60 centimètres à 1°>,60 ; les petites conduites ou tuyaux de distribution qui amènent le gaz dans les maisons sont généralement en fer forgé fort. Les premières $*encbâs.sent les unes dans les autres au moyen du manchon ou tête qui se trouve à l'une de leurs extrémités dans laquelle pénètre l'extrémité non élargie de la conduite qui précède. Les tuyaux de conduite s'embranchent sur les eonduites principales au moyen d'un ajutage ou petit tube avec manchon court. Malgré tout le soin que Ton porte au rejoinlage de ces divers tuyaux, malgré remploi d*un mastic approprié et la précaution de s'assurer préalablement de leur imperméabilité, il est impossible d'éviter la perte d'une certaine quantité de gaz qui se répand dans le sous-sol de la voie publique et devient ainsi une cause sérieuse d'insalubrité.

Le calcul suivant permettra de se rendre compte de l'importance qu'il faut ■attacher à cette question d'hygiène publique. Avec le meilleur système de canalisation il faut admettre que la perte annuelle de gaz constitue 7 pour 100 de la production annuelle. Dans certaines usines à gaz, le coulage s'élève même à 15 ou 20 pour 100.

104 6ÂZ D'ÉCLAIRAGE.

A Paris, avec une population de 1 989000 habitants, avec une superGcie de 60 kilomètres carrés, une consommation annuelle de 150 000 000 de mètres cubes de gaz, et avec une perte annuelle évaluée en moyenne à 10 pour 100 , on trouve qu'il s'y brille 78 mètres cubes de gaz par habitant et qu'il se perd dans le sot de cette ville environ 15000000 de mètres cubes ; ce qui fait 250000 mètre» cubes par kilomètre carré.

A Londres, avec une population de 3255000 habitants, avec une superficie de 217 kilomètres carrés, avec une consommation annuelle de 404 782 000 mètre> cubes de gaz et une perte moyenne par an de 40 478200 mètres cubes, il se brûle 124 mètres cubes de gaz par habitant et il se perd, par kilomètre carré de surface, 186536 mètres cubes de gaz environ.

Si on limite cette perte considérable aux parties plus spécialement éclairées, on voit que cette infection du sol des villes par les conduites du gaz d'éclairage est un résultat inévitable dont l'administration doit se préoccuper à juste titre. Cette infection qui va croissant dans certaines grandes villes, malgré tous les moyens proposés et essayés pour la combattre, peut avoir des conséquences désastreuses sur la santé publique, soit directement par les émanations qui eu résultent, soit indirectement en portant atteinte à certaines mesures générales d'assainissement.

Mais il est un côté de la question sur lequel je veux insister, avant d'aborder les considérations afférentes à cette infection du sol. Il s'agit de l'influence que les travaux seuls d'installation du gaz dans une ville ont sur le développement ou l'apparition, dans cette ville, de véritables épidémies de fièvres d'accès, d'origine tellurique. Cette action est telle, que l'on peut sans exagération accuseï l'industrie du gaz d'éclairage d'avoir importé dans les villes la « grande endémie )> des campagnes. La nécessité de creuser le sol, de le fouiller et de le remuer d'un bout à l'autre d'une ville, pour le placement des conduites, a presque toujours provoqué l'explosion de fièvres intermittentes ou de fièvres revêtant, suivant l'état antérieur de souillure du sous-sol, un caractère particulièrement infectieux. Nous citerons seulement ler. faits qui se sont passés à Marseille, à plusieurs reprises, lors de l'introduction du gaz dans cette ville, et par la suite, avec l'accroissement de sa distribution. Bertulus, qui en a fait le sujet d'un trèsintéressant mémoire, accuse,*dès le principe, les émanations sulfhydriques provenant delà décomposition de l'humus organique mis en présence des résidus des savonneries, qui, de tout temps, ont infecté le sol de Marseille.

Mais, en dehors de toute cause spéciale de souillure du sol d'une ville, il n'est pas douteux que le seul fait de bouleverser le terrain pour mettre en place, enlever ou réparer un réseau distributeur de gaz, provoque la manifestation de l'endémie paludéenne.

A Rochefort, dont l'assainissement progressif se constatait depuis un certain nombre d'années par la diminution du chiffre des fièvres intermittentes, on a vu celles-ci, en 1876, reparaître plus fréquentes et plus tenaces, à la suite des travaux d'installation exécutés par une nouvelle compagnie, avec laquelle Le ville avait passé un marché.

A côté de ces faits qui ont bien leur importance, se placent maintenant tous ceux qui se rapportent à l'infection spéciale inhérente aux infiltrations du gaz dans le sol. Cette infection est surtout due à la filtralion, à travers les conduites ou les siphons, des hydrocarbures qui s'y sont condensés.

Dès 1846, dans un Mémoire sur plusieurs réactions chimiques qui inte-

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ressent Vhy^ène des cités populeuses^ Clievreul 8*ëtaii occupé de cette cause d*ijisalubrité. c II y aurait un trèa-grand avantage» dit ce saiant, à placer les conduites d*eau et les conduites du gaz propre à Téclairage dans les égouts. Dès lors le sol ne serait plus exposé à être infecté par les vapeurs liquéfiables que le gaz entraîne avec lui et, lorsqu^il y aurait des réparations de fuites de gaz à faire, l'atmosphère des rues et des maisons qui les bordent ne deviendi*aientplus infecte, comme cela arrive si souvent aujourd*hui ; et les réparations de ces fuites, aussi bien que celle des tuyaux qui conduisent les eaux, n'auraient plus pour conséquences les fouilles de la chaussée des rues qui embaiTassent si souvent la voie publique, il serait facile d'établir un système de ventilation au moyen duquel on préviendrait le danger des détonations occasionné par ces fuites de gaz. »

Ainsi, dès le principe, Chevreul abordait la question par son véritable coté hygiénique : ne plus enfouir les conduites dans le sol et ne plus se trouver ain^i dans l'obligation de bouleverser la voie publique. Selon nous, en eflet, le seul drainage nécessaire et vraiment salubre à opérer dans le sous-sol d'une ville, c'est le drainage d'évacuation ou de départ par des conduites ou des canaux d'égouts. Quand une pareille canalisation existe et qu'il est possible d*en tirer profit pour éviter les travaux toujours insalubres de l'entretien de ce qu'on peut appeler une canalisation d*apport^ les exigences de la salubrité publique commandent que l'on s'en préoccupe sérieusement.

On a cherché à remédier en partie au mal signalé de différentes manières. Oa a proposé, par exemple, d'astreindre les compagnies, toutes les fois qu'elles feraient réparer ou renouveler les conduites sur la voie publique, à substituer des terres saines aux terres infectées par le gaz qui seraient extraites des tranchées. Ce moyen atteindrait certainement le but, mais il est inexécutable eu pratique. On a doue conseillé de prescrire aux compagnies de substituer dans lu tranchée, aux terres imprégnées de gaz, une couche superficielle de sable de O'BySO de hauteur, mesurée à partir de la surface supérieure de la chaussée pavé2. D'autre part, on a essayé la désinfection, au moyen de marnes calcaires, de gypses ou de plâtras ; mais tous ces moyens n'ont pas produit le résultat qu*on pouvait en attendre.

Ce qu'il faut, c'est un procédé plus radical qui rende les tuyaux imperméables, ou qui permette de rassembler le gaz échappé dans un conduit particulier qui limite ses infiltrations et le rejette dans Tatmospiièi e.

Ce n'est point, en effet, par les seules émanations qu'il dégage qu'un sol infecté de celte façon peut agir sur la santé. Les protluits liquéfiés qui suintent à travers les conduites peuvi nt altérer les eaux potables des puits voisins. Le gaz lui-ménie s'infiltre à travers la maçonnerie des puits et devient une cause de danger pour les ouvriers puisatiers. Enfin, l'influence nuisible que les terrc> dinsi imprégnées ont sur les plautations urbaines n'est pas la moins importante des raisons qui militent en laveur d'un changement à apporter dans 1© mode d'installation des tuyaux distributeurs. C'est au point que dans les villes, éclairées depuis longtemps au gaz et où l'on ne trouve presque plus un endroit du sol qui ne soit souillé, les arbres ne résistent qu'avec une grande difficulté ; et a mesure qu'il s'agit de les remplacer un éprouve plus de peine à sauver les jeunes plants.

On a fait un certain nombre d'expériences pour se rendre compte de cette influence du gaz sur la végétation. Celles de Haecker, Schumann et Wagner, ont porté particulièrement sur l'action des sulfocyanures que contient ordinairement

le sulfate d*aminoniaque des usines à gaz. Il a été ainsi constaté que les effets •de ces sulfocyanures sont on ne peut plus nuisibles à la végétation ; l'orge 8*en ressent plus vivement que le froment. On les voit dépérir, se rapetisser, alor* <]ue les sulfocyanures ou les cyanures ne se trouvent que dans la proportion de un quarante millième dans le sol.

Des expériences ont été faites pareillement au jardin botanique de Berlin : on a conduit au pied d*un érable et de deux tilleuls des tuyaux en fer munis d*une toile métallique à leur extrémité ouverte et communiquant avec un gazomètre. Au bout de cinquante joui*s, Térable devint malade, et Tun des tilleuls ne tarda pas également à dépérir ; au bout de deux mois, on constata que toutes les fines radicelles étaient mortes. L'expérience fut interrompue après quatre mois et demi d'action du gaz : l'érable était moi*t, les deux tilleuls se folièrent encore, mais ils étaient dans un état complet de dépérissement. Bohm insiste tout particulièrement sur l'action spéciale que le gaz d'éclairage a sur les extrémités radiculaires des arbres (Chim. Centralblatt, 1873).

Des expériences faites sous la direction de la municipalité d^Erlangen (Bavière) ont prouvé que vingt-cinq pieds cubes de gaz d'éclairage, répandu chaque jour dans 576 pieds cubes de terrain, tuent les radicelles des arbres; que plus le sol est compacte, plus rapidement les fâcheuses conséquences de l'infiltration du gaz se montrent; que l'acacia et le bois divin sont beaucoup plus sensibles à son action que le hêtre et l'érable ; enfin que cette influence est beaucoup moins funeste pendant la période de végétation que pendant l'hiver (Eulenbergj in Cewerbe-HygieinCy p. 600). En hiver, en efl'et, la surface du sol est coropacle, durcie par le froid; autour des racines des arbres, la température est plus élevée, et il se fait vers elle une sorte d'aspiration du gaz infiltré dans les couches voisines du sol.

Déjà en 1862, H. Girardin avait analysé, à Lille, deux échantillons de terre pris, l'un au pied d'un peuplier d'Italie qui dépérissait, l'autre au pied d'un arbre voisin de même espèce qui paraissait en pleine vigueur. La première terre était imprégnée d*huiles empyreumatiques, de sulfures alcalins, de sels anunoniacaux ; l'autre ne contenait rien de semblable. Les conduites de gaz étaient en poterie goudronnée et paraissaient intactes; on les remplaça par des tuyaux en fonte (Figuier, Année scientifique^ 1862).

Mais ces derniers ne sont pas beaucoup moins sujets aux fuites; et l'on a signalé ce fait qu'à Hambourg, où les tuyaux étaient en fonte, un grand nombre d'ormes et de tilleuls qui décoraient les places publiques ont été tués par le gaz d'éclairage.

Un système de tuyaux dont l'emploi s*est considérablement propagé est celui de M. Gliameroy. Ces tuyaux sont en tôle étamée ou plombée à Tintérieur et recouverts extérieurement d'une couche de mastic bitumineux incrusté de sable ; *ils sont réunis au moyen de vis et d'écrous en alliage coulés sur les tuyaux eux-mêmes. Ces tuyaux coûtent moins cher que ceux de fonte et parai<^ sent moins sujets aux fuites.

En Allemagne, on a surtout cherché à rendre imperméables les conduites. Un des systèmes le plus généralement employé consiste à envelopper la conduite d'une couche d'argile, de quelques centimètres d'épaisseur, bien tassée contre les tuyaux. Mais il est rare que des fissures ne se forment pas et que le gaz ne se fraye pas un passage sur un point ou sur un autre.

En somme, le meilleur procédé pour mettre le sol à l'abri de toute infection

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ooiisble à renfermer les conduites dans un canal étanche en maçonnerie, de telle sorte que les fuites de gaz restent emprisonnées entre les parois de ce canal et celles de la conduite.

Cet espace annulaire est mis en communication avec les réverbères ou candélabres des rues à Taide d*un petit conduit qui vient déboucher au niveau de leur socle et par où le gaz s'échappe.

On peut ainsi s'apercevoir d*une fuite et se remettre à sa recherche pour la réparer. On a adopté cette disposition en plusieurs endroits. C'est grâce à elle que les arbres delà promenade du Prado, à Marseille, qui dépérissaient autrefois, sont devenus magnifiques. A Lyon, sous les nouvelles plantations du Parc, les tuyaux sont renfermés dans une conduite en poterie, munie de tubes d'évent. U. Charles de Freycinet, à qui nous empruntons la plupail de ces détails, dit qu'à l'étranger on trouve un certain nombre d'exemples d'enveloppement des conduites par des canaux en maçonnerie bien étanches. Il cite entre autres la place verte d'Anvers, les plantations du quai d'Âvray à Liège, certaines parties du Bois à La Haye, etc. Partout, ajoute-t-il, le moyen a parfaitement réussi, et aucun doute ne s'est élevé sur les bons services qu'on peut en attendre ; mais il a l'inconvénient d'être fort coûteux à établir et d'entraîner de doubles réparations, car il faut chaque fois démolir la maçonnerie pour arriver à la conduite. Aussi y a-t-on renoncé dans beaucoup de circonstances où l'on reconnaissait entendant l'utilité de remédier à Tinfeclion.

A Paris, à défaut d'enveloppes étanches, on s'en tient aux dispositions prescrites par un arrêté préfectoral de 1856. C'est encore là le moyen palliatif le plus pratique. Voici cet arrêté :

AbBÊTÉ préfectoral BH DATB du 8 ATBIL 1856, SDR LES DIFILTEATIOKS DE OAZ

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